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18.05.2012

Un progrès spectaculaire

gouvernement,femmes,activisme,personnalités«Belles, celles qui luttent», proclame un grand dessin bombé sur un mur de notre quartier du onzième arrondissement. Pendant la campagne présidentielle, les féministes avaient lutté pour la création d'un ministère des droits de la femme et pour la parité hommes-femmes au gouvernement. Elles ont doublement obtenu gain de cause.

En ce qui concerne la place des femmes dans l'équipe ministérielle, le progrès est même spectaculaire. Le gouvernement formé mercredi soir compte 17 hommes et 17 femmes. Dans sa dernière mouture, le gouvernement précédent (relire ici) comptait 24 hommes et 9 femmes.

Cependant des féministes toujours en lutte déplorent (ici) deux choses. Un seul maroquin régalien (la Justice) a été confié à une femme. Et on a vu «la reproduction du schéma consistant à confier aux femmes toujours le même type de portefeuilles (famille, personnes âgées, santé, etc.)». C'est une façon de voir les choses. L'autre est de constater qu'ont été confiées à des femmes certaines compétences qui, à en croire les sondages, correspondent aux préoccupations importantes de la population: le logement, l'environnement ou la lutte contre l'échec scolaire, par exemple.

Sinon, on peut remarquer que les premières polémiques concernant ce nouveau gouvernement visent toutes des ministres femmes.

Gouvernement, Femmes, Activisme, PersonnalitésL'écologiste Cécile Duflot, pour le jean qu'elle a osé porter au Conseil des ministres, hier (nous, on a du mal à s'en indigner). La radicale de gauche Christiane Taubira, pour son passé de militante indépendantiste (qui remonte à 30 ans: c'était en 1982). Et la socialiste Delphine Batho, pour son logement parisien à loyer modéré (dont elle est en train de déménager, a confirmé le Premier ministre, ce matin).

Trois ministres femmes aussitôt dans le collimateur: dès les premières 48 heures.

Mais sans doute n'est-ce qu'un hasard. Ou pas? On verra.

16.04.2012

Une façon de voir les choses

Elections présidentielles, Personnalités, Activisme, Sarkozy, HollandeUn moment de gêne ce matin, en entendant Marine Le Pen sur une radio. C'était au sujet de cette bataille de chiffonniers que se livrent le PS et l'UMP depuis hier, sur la question de savoir qui, de François Hollande ou de Nicolas Sarkozy, a réussi à réunir le plus de militants à son meeting dominical géant.

Les chiffres avancés de part et d'autre, outre qu'ils sont invérifiables, sont complètement fantaisistes. 120.000 sarkozystes place de la Concorde? Chacun a pu y voir qu'une partie au moins de la place était encore vide quand le Président-candidat a commencé son discours. Et pour cause: il l'a débuté plus tôt que prévu. 100.000 «hollandais» face au château de Vincennes? Le chiffre a été lancé à la tribune dès le début de l'après-midi, alors même qu'un bon tiers de l'esplanade – pouvant contenir 140.000 personnes – était encore vide. Et pour cause: n'étaient pas encore arrivés une bonne vingtaine de cars, sur la centaine qu'avait affrétés le PS pour convoyer à Paris les sympathisants.

Hier soir, de retour de ce dimanche militant, constatant que cette guerre des chiffres faisait plus parler d'elle que les questions de fond, on a trouvé cela puéril. Comme deux bandes rivales d'écoliers qui, dans une cour de récréation, exhibent leurs biceps. Moment de gêne ce matin, donc. En entendant Marine Le Pen, à son tour, trouver cela... «puéril». Hier soir, on aurait dû penser en des termes moins courants, dû qualifier, dans notre tête, ce combat de titans sur les chiffres non de «puéril», mais de «vétilleux». Ce matin à la radio, Marine Le Pen n'aurait jamais pensé à utiliser ce mot-là. Trop tard. Tant pis.

Elections présidentielles, Personnalités, Activisme, Sarkozy, HollandeCela dit, il y a une autre façon de voir les choses, au-delà de ces broutilles d'ego et de mots. Qu'ils aient été 80.000 ou 100.000 à la Concorde et/ou à Vincennes, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont sacrifié un dimanche tranquille et bien au chaud pour, dans le froid et le vent glacial, vivre au plus près la campagne présidentielle. Alors qu'on ne cesse de dire que cette campagne n'intéresse pas et de présenter les Français comme étant complètement désabusés, politiquement.

Du coup, rien qu'en soi et au-delà des chiffres, cette affluence de masse a quelque chose de plutôt positif.

12.04.2012

Un débarquement

Elections présidentielles, Personnalités, Activisme, Le PenLa droite extrême et l'extrême-droite débarquent dans notre onzième arrondissement. A toutes les élections, ces dernières années, les candidats de cette mouvance n'y ont fait que des scores ridiculement microscopiques – comme dans le reste de Paris, d'ailleurs: terre de (centre-)gauche s'il en est. Il n'empêche, les voilà donc qui débarquent au coeur de «Boboland».

Nicolas Dupont-Aignan est annoncé pour un meeting au «Bataclan», boulevard Voltaire. Ce candidat se revendique «gaulliste», affiche un look de bon père de famille jeune et dynamique, et tente de séduire les foules en prônant «un protectionnisme raisonné». Toutefois, il est plus radical qu'il n'en a l'air. Pour preuve, l'autre jour, il n'a pas hésité à déclarer que, dans le cas (très hypothétique) où il était élu à l'Elysée, il pourrait nommer... Marine Le Pen Premier ministre. Sa déclaration a fait tant de bruit que, depuis, le pauvre n'arrête pas d'essayer de faire marche arrière. A chacune de ses prestations médiatiques, il assure que oui oui, ses propos ont été déformés et sortis de leur contexte, promet que, non non, il n'a rien à voir avec le Front national, etc.

Le Front national, précisément: ces derniers jours, les lepénistes ont visiblement envoyé des escouades de militants-colleurs dans notre onzième arrondissement. Un peu partout, sur les murs, fleurissent les affiches de Marine Le Pen. Appelant à une «révolution bleu marine», s'exclamant «Oui! La France», vantant une candidate qui serait celle de «La France des oubliés». Ce débarquement lepéniste tranche avec la physionomie murale qui, jusqu'à présent, était celle de nos quartiers. Dont les façades étaient majoritairement maculées d'affiches rouges: celles du populiste Jean-Luc Mélenchon ou de la trotskiste Nathalie Arthaud.

Elections présidentielles, Personnalités, Activisme, Le PenMais les colleurs lepénistes n'ont pas toujours bien regardé où ils placardaient leur propagande.

Ainsi, boulevard Richard Lenoir, leur égérie s'affiche, comme si de rien n'était, sur une petite maison abandonnée depuis des lustres. Pourquoi pas. Mais l'immeuble est orné d'une immense fresque murale, qui représente un visage hurlant, sur fond de chaos urbain. Comme si ce visage criait sa colère contre la présence de telles affiches.

10.04.2012

Une impasse?

Elections présidentielles, Activisme, Personnalités, Activisme, Paris La campagne électorale officielle pour la présidentielle ayant débuté hier lundi, c'est le retour des panneaux électoraux dans les rues de Paris, comme dans tout le pays. Mais, dans notre quartier du onzième arrondissement, les gens s'arrêtent moins devant ces panneaux tout gris et les bobines qu'ils arborent, Nathalie Arthaud, Jean-Luc Mélenchon ou Nicolas Sarkozy, que devant les affichettes qui ont été malicieusement apposées sur les plaques de l'une ou l'autre rue – dans cet arrondissement comme dans d'autres.

C'est notamment le cas Boulevard Richard Lenoir. Qui, depuis quelques jours, a été rebaptisé «Impasse Sarkozy». L'imitation de la plaque est si bien faite qu'on s'y croirait. Sous le nouveau nom allégué du boulevard, a été inscrite la mention «Ancien Président de la République 2007-2012».

A moins que cela nous ait échappé, les auteurs de ce détournement n'ont toujours pas été identifiés, et n'ont pas encore révélé leur identité. On en est donc réduit aux supputations. Militants agissant pour le compte d'un présidentiable concurrent du Président sortant? Activistes radicaux? Artistes urbains? Simples plaisantins? Ils ont réussi leur coup, en tout cas: dans la rue, sur le net et dans les réseaux sociaux, on parle énormément de ces fameuses impasses Sarkozy.

Mais l'électorat jugera-t-il lui aussi qu'avec un tel Président, le pays est dans l'impasse? Réponses les 22 avril et 6 mai prochains.

04.04.2012

Une «vague» impressionnante

S'il y a bien un secteur de l'économie française qui, en ce moment, malgré le marasme économique général, doit se frotter les mains, faire de plantureuses affaires, grâce à la campagne présidentielle, c'est celui de l'imprimerie. Les chiffres ont de quoi donner le tournis.

Ainsi hier, les militants écologistes ont distribué dans toute la France un million d'exemplaires du journal de campagne des Verts: «Écologie Hebdo». Dans un communiqué ce matin, le QG d'Eva Joly s'est félicité du succès de cette «vague verte». Sans préciser si les imprimés en question avaient été réalisés, ou non, en papier recyclé – on imagine que oui.

Précédemment, l'UMP avait fait tirer... 21 millions de tracts carrément: vantant le bilan du Président-candidat Nicolas Sarkozy et/ou attaquant le programme du candidat socialiste François Hollande. Depuis janvier, quelque 16,5 millions de ces tracts sarkozystes ont été distribués, sans compter tous ceux diffusés par internet. Quant au PS, il affirme avoir déjà écoulé... 28 millions de tracts: des tracts thématiques (sur le pouvoir d'achat, la «République exemplaire», etc.) ou 15 millions de livrets sur le projet présidentiel «hollandais».

Au moins tout cela contribue-t-il, probablement, à créer de l'emploi dans les imprimeries du pays.

Juste que, jusqu'à présent, aussi étonnant que cela puisse paraître, on n'a pas encore eu en mains le moindre de ces dizaines de millions de tracts. Pas un seul. On ne doit pas vivre dans une circonscription jugée prioritaire par les militants. Ou ne pas avoir une tête d'électeur moyen.

15.03.2012

Un palmarès, pénible

Femmes, Personnalités, Activisme, Strauss-KahnOn parlait des femmes jeudi dernier, à la faveur de la Journée internationale du 8 mars. Mais on n'a pas encore eu l'occasion d'évoquer le prix qui a été décerné à l'occasion de cette Journée: le Prix du «Macho de l'année», que remet tous les 8 mars la remuante association féministe «Les chiennes de garde». Une fois de plus, ce palmarès donne une image peu reluisante, voire franchement déprimante, de la manière, préhistorique, dont certains hommes conçoivent et vivent leur masculinité: en sombrant dans le machisme et le sexisme crétins.

Le journaliste Jean-François Kahn, bien sûr, figure parmi les lauréats. Lui qui, avant de se confondre en excuses, avait comparé à un «troussage de domestique» le comportement de Dominique Strauss-Kahn envers Nafissatou Diallo. «Quelle banalisation du mépris pour les femmes et le féminin! Ces déclarations relèvent de la violence machiste ordinaire», estime l'association.

Récompensé également, l'ancien footballeur Eric di Meco. En octobre dernier, interrogé sur une radio à propos des accusations de harcèlement sexuel portées contre des joueurs de l'équipe de rugby d'Angleterre, il avait eu ces mots: «On a tous fait des horreurs. Ça soude le groupe. La vie de groupe, c'est d'aller sortir le chichi à la femme de ménage. On est trois, on rigole».

Femmes, Personnalités, Activisme, Strauss-KahnEnfin, le macho de l'année est un créateur de sites internet. Parlant de Tristane Banon, qui avait accusé DSK de tentative de viol, il n'avait rien trouvé de mieux que de faire ce commentaire: «La seule façon pour qu’elle la ferme, c’est la violer». Et «Les Chiennes» de s'effarer: «Cette phrase est révélatrice d’une pensée qui considère le viol comme un instrument punitif. Elle minimise le viol, alors que 75 000 femmes sont violées tous les ans en France».

En effet: tout cela absolument, et péniblement, pitoyable.

09.03.2012

Un face-à-face

C'était hier soir, place de la Bastille, en marge et au terme des cortèges tenus à Paris dans le cadre de la Journée de la femme. Deux camps opposés de manifestantes ont terminé en chiens de faïence, face-à-face, se défiant avec pugnacité.

D'un côté, les féministes que l'on appelle abolitionnistes. Pour le dire vite, elles veulent voir la prostitution interdite car, selon elles, c'est le symbole par excellence de la marchandisation des corps et de l'exploitation de la femme. Selon ce point de vue, le fait qu'il y ait transaction financière entre clients et prostitué(e)s rend automatiquement impossible l'exercice libre et consenti, par les intéressé(e)s, de cette activité. De l'autre côté, des prostitué(e)s et des féministes opposées à la pénalisation du racolage et à la mise à l'amende des clients de la prostitution. Pour résumer, selon ce point de vue, il faut certes lutter contre les exploiteurs proxénètes et autres mafias du sexe, mais la liberté de disposer de son propre corps inclut l'exercice libre et consenti de la prostitution. La répression de cette activité ne fera que précariser et insécuriser encore un peu plus les «travailleurs du sexe», qui devraient être reconnus comme des travailleurs comme les autres.

Cela fait des années, voire des décennies, que le mouvement féministe français se déchire sur cette question. A Bastille hier soir, on en a eu une parfaite illustration.

Pendant les quelques dizaines de minutes qu'a duré ce face-à-face, les manifestant(e)s des deux camps ont rivalisé de slogans antagonistes. D'un côté, c'était «Ni à vendre, ni à prendre: le corps des femmes n'est pas une marchandise!». De l'autre, c'était «Où, quand, comment, combien je prends: le choix me revient, mon corps m'appartient!» Ou «Fières d'être putes!» Ou «Liberté de parole pour les travailleurs du sexe!»

Hier soir, de guerre lasse, les abolitionnistes ont fini par laisser tomber: ont laissé la place de la Bastille aux «travailleurs du sexe» et à leurs défenseurs. Leur reculade ne fait toutefois pas oublier que le camp abolitionniste a remporté une grande victoire politique, lors de cette législature qui s'achève. L'Assemblée nationale, en effet, a voté une résolution UMP-PS réaffirmant notamment que «la non-patrimonialité du corps humain est l’un des principes cardinaux de notre droit et qu’il fait obstacle à ce que le corps humain soit considéré, en tant que tel, comme une source de profit».

08.03.2012

Un manque de panache

Femmes, Activisme, Elections présidentielles, Personnalités, Hollande, Strauss-Kahn, Parti socialisteLe prince de l'esquive. Le roi de l'évitement. Le futur Président de l'accommodement et du renoncement permanents. C'est un des portraits que la droite dresse de François Hollande. Au vu des sondages, l'opinion n'a pas l'air de trop croire à cette description. Mais hier soir, en tout cas, le candidat socialiste à l'Elysée n'a pas saisi l'opportunité qui s'offrait à lui de nuancer ce portrait peu flatteur. En faisant preuve de panache.

C'était à La Cigale: la salle de spectacles du 18ème arrondissement de Paris. On y était, et on a trouvé que c'était assez instructif sur le tempérament de l'intéressé.

En cette veille de la Journée du 8 mars, un collectif d'associations féministes avait invité les présidentiables à venir présenter aux femmes le volet de leur projet les concernant. Le populiste Jean-Luc Mélenchon s'est prêté à l'exercice, comme l'écologiste Eva Joly et l'anticapitaliste Philippe Poutou. Dès que François Hollande ouvrit la bouche, ce fut l'incident. «DSK!», «DSK!», «DSK!» Des féministes radicales, d'un mouvement né dans la foulée des «affaires Strauss-Kahn», tentèrent de déployer une banderole, et balancèrent des brassées de tracts. Tracts où l'on pouvait notamment lire l'une ou l'autre petite phrase prononcée par François Hollande au moment de cette sordide actualité. Son «Tout cela n'est pas une affaire politique, cela n'implique pas le PS», ou son «DSK fait partie des voix que l'on veut entendre».

Le candidat socialiste aurait pu en profiter pour crever l'abcès de cette vilaine affaire. Qui, au PS, donna lieu à tant de remarques déplacées envers les femmes, à tant de commentaires complaisants envers DSK. Mais non, rien. François Hollande fit semblant de n'entendre ni les sifflets, ni les huées, ni les trois initiales fatales. Il fit mine de pas voir que les trublionnes étaient expulsées sans ménagement de la salle. Il continua à discourir, comme si de rien n'était.

femmes,activisme,elections présidentielles,personnalités,hollande,strauss-kahn,parti socialistePolitiquement, dans le chef d'un candidat socialiste dont le propre état-major de campagne comprend nombre de strauss-kahniens, c'était certainement très prudent. Surtout ne pas s'étendre sur le sujet qui fâche, surtout ne pas rouvrir les plaies, surtout faire comme si, oui oui, elles sont désormais cicatrisées.

Cependant, en observant l'homme au moment de cet incident, on trouvait que, humainement, il manquait fameusement de cran.

02.03.2012

Une déferlante militante

Paris, Elections présidentielles, Communication, ActivismeDans notre onzième arrondissement, depuis quelques jours, c'est comme si le socialiste François Hollande, Monsieur «Moi mon seul ennemi, c'est la Finance!», avait déjà été élu à l'Elysée. Comme si la France avait déjà basculé à gauche.

Du côté de Bastille, figuraient déjà depuis un petit temps, en pagaille et en nombre considérable, les affiches du populiste Jean-Luc Mélenchon: sa tête des mauvais jours – c'est le seul candidat à l'Elysée qui, sur ses affiches, ne sourit pas – et un slogan très Bastille 1789: «Prenez le pouvoir». Depuis quelques jours, a explosé le nombre de stickers révolutionnaires placardés sur les murs et le mobilier urbain: bancs publics, feux de signalisation, cabines téléphoniques, entrées de métro, etc. Cette déferlante militante, cela dit, doit sans doute moins à l'engouement que provoquerait dans Paris Monsieur «Moi mon seul ennemi, c'est la Finance!», qu'au passage, mercredi dans le onzième, du cortège syndical qui a manifesté contre l'austérité.

Il n'empêche, désormais, se promener dans ce coin de Paris, c'est au moins avoir l'occasion de réviser les grands classiques de l'exhortation prolétarienne. Entre des appels au «sabotage des usines», au «combat» contre le patronat, ou à l'«expropriation des grandes fortunes», on a l'embarras du choix.

On est même tombé sur un anonyme et étrange «Voter c'est bien. Guillotiner, c'est mieux». On n'a pas encore trop compris si cela devait être pris au sérieux, si c'était un gag, ou si cela relevait de performance artistique – sur les murs de Paris, tout est possible.

Paris, Elections présidentielles, Communication, ActivismeCe sticker, aperçu pas loin de la place Léon Blum, s'il était énigmatique et anachronique, n'était pas si incongru, dans son environnement urbain.

Jadis, en effet, non loin de là, rue de la Roquette précisément, était érigée une guillotine qui servit à décapiter pas mal de malandrins.

Mais sans doute ne faut-il pas y voir un mauvais présage.

13.02.2012

Une rage

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Ladite banque fait partie des trois établissements français qui, il y a peu, ont été dégradés par les agences internationales de notation, pour êtres mouillés dans les dettes souveraines de pays européens frisant la faillite. Et, lors de la grande crise bancaire mondiale, cette banque, comme d'autres, avait abondamment bénéficié du plan gouvernemental de soutien au secteur.

A l'époque, déjà, à Paris comme en banlieue, on avait vu nombre d'agences bancaires de cette enseigne et d'autres maculées de slogans rageurs du même acabit.

Rien ne changerait, donc.

07.02.2012

Un avis (tranché)

International, Personnalités, Social, Economie, Transports, Banlieues, ActivismeAngela Merkel était donc à Paris lundi, pour soutenir Nicolas Sarkozy en vue des présidentielles. Ecrivant hier sur le sujet, pour «La Libre» version papier, on expliquait que cet appui de la chancelière allemande n'allait pas forcément aider le Président français à réduire le fossé qui, d'après les sondeurs, le sépare des classes populaires et ouvrières. Il y a quelques semaines, un sondage TNS-Sofres a témoigné de cette défiance d'une partie pas marginale de l'électorat populaire envers le couple franco-allemand et envers son fonctionnement.

Ainsi, près d'un ouvrier français sur cinq (21%) voit l'Allemagne avant tout comme un pays «concurrent», 9% de cette catégorie de la population considérant carrément cet Etat comme «un adversaire». Et 69% des ouvriers ne font pas confiance au tandem Sarkozy-Merkel pour résoudre la crise.

La même réticence serait-elle de mise en banlieue de Paris? L'autre jour, en tout cas, prenant le RER A puis débarquant dans une gare quelques stations plus tard, on n'a pu que constater que la plupart des panneaux publicitaires y avaient été maculés par un(e) anonyme. Maculés d'un seul et même slogan. Qui, à défaut d'être d'un goût exquis, était au moins très visible et très parlant: «Pas besoin de sexe en 2012 SARKO-MERKEL nous baisent déjà A SEC».

Certes, un slogan isolé ne fait jamais une opinion. Et, même lorsqu'ils sont peinturlurés dans toute une station, ils ne traduisent pas forcément le sentiment de l'électorat de l'ensemble d'une région. Mais enfin, dans certains coins de la banlieue de Paris en tout cas, vis-à-vis de certains électeurs, il semble y avoir comme un déficit d'explications et de persuasion de l'Elysée, sur cette question...

26.01.2012

Une terre de (centre-)gauche

Elections présidentielles, parti socialiste, personnalités, Patrimoine, activismePlus que jamais terre de gauche, notre 11ème arrondissement. Enfin, de gauche: de centre-gauche on va dire, s'agissant du PS. Parti dont le candidat à l'Elysée, François Hollande, présente ce jeudi ses 60 propositions, et il a choisi le 11ème pour ce faire. Et même un lieu emblématique de cet arrondissement si populaire jadis: la Maison des Métallos.

Laissé à l'abandon pendant les décennies où la droite chiraquienne régna sur Paris, ce temple des luttes d'ouvrières d'antan a été rénové, plutôt bien, par la mairie et la Région (toutes deux désormais socialistes, pour rappel), et est devenu un centre socio-culturel. L'automne dernier, déjà, c'est dans le 11ème que le favori à la présidentielle avait tenu le dernier meeting de sa campagne pour les primaires en vue de l'investiture socialiste. C'était à la salle de spectacles du Bataclan, boulevard Voltaire.

Mais, dans les rues de ce onzième, comme un pied de nez adressé au parti dominant de l'opposition, les petits partis de gauche ont, ces dernières semaines, collé, recollé et surcollé des tas d'affiches électorales. Cette intrusion picturale gauchiste est même assez impressionnante.

Les Parisiens du coin ont donc pu faire connaissance avec Nathalie Arthaud: qui a pris la succession d'Arlette Laguiller à Lutte Ouvrière, mais qui tarde à se faire un nom. Depuis dimanche, cela dit, les affiches de LO ont été détrônées par celles du Front de gauche. Un parti qui, au vu du nombre de ses affiches placardées sur les murs de notre quartier, y a envoyé une grosse escouade de colleurs.

Elections présidentielles, parti socialiste, personnalités, Patrimoine, activismeOn n'a pas compris, d'ailleurs, le slogan d'une de ses affiches: «C'est le moment de prendre parti pour LA RÉPUBLIQUE». Et quoi? Désormais, la formation du tribun populiste Jean-Luc Mélenchon constituerait le seul et unique parti républicain? Au printemps, les électeurs qui voteront pour un autre candidat et/ou voteront à droite ne serviront ni n'honoreront la République?

Cet accaparement, cette préemption somme toute, c'est, bien sûr, totalement abusif. Et péniblement prétentieux.

08.12.2011

Un bon goût discutable

Léger mouvement de recul en prenant connaissance de la dernière initiative en date d'«Action contre la Faim» (ACF). Ce n'est pas le travail de cette ONG qui est en cause, ni bien sûr l'enjeu global de l'aide aux pays du Sud. C'est le coup de com' qu'elle a monté pour sa prochaine manifestation caritative.

Il s'agit... d'«un dîner gastronomique haut de gamme». D'un dîner autour de «menus exclusifs» concoctés par ... les deux chefs finalistes de l'émission de télé à succès «Top Chef», sur M6. Les fonds récoltés à cette occasion seront reversés à l'association.

On ne la sent pas trop, cette mise en relation entre la futilité des concours culinaires télévisés et l'horreur des famines meurtrières. On le trouve d'un goût très discutable, en fait, ce cousinage entre, d'une part, des gourmets tentant de gagner la notoriété à coups de menus caloriques, télégéniques et chics, et, d'autre part, des populations dénutries au point d'en crever.

On a d'ailleurs eu un mouvement de recul assez similaire le week-end dernier. Quand, leurs défilés achevés sur TF1, les Miss France 2011 ont été appelées en renfort par les animateurs du Téléthon, sur France Télévisions. La plastique si parfaite de ces dames mise au service du buzz au profit de ces enfants au physique souvent si difficile que sont ceux du Téléthon... Là encore, le rapprochement était très bien intentionné, et il se faisait au profit d'un objectif caritatif très louable. Mais on était, comment dire..., un peu mal à l'aise.

28.11.2011

Un indicateur, si révélateur

Si d'aventure d'aucuns doutaient encore de la précarisation grandissante de toute une partie de la France – sans doute ne mettent-ils jamais le nez dehors... –, cet indicateur que l'actualité du jour vient nous apporter. Il s'agit d'un pourcentage. Et il concerne l'activité des Restos du Coeur, dont la 27ème campagne d'hiver débute ce lundi.

L'association caritative fondée par Coluche fait état de «25 % de personnes accueillies en plus au cours des trois dernières années». Rien que l'an dernier, ses 60.000 bénévoles ont distribué 109 millions de repas, à plus de 860.000 personnes – soit à 20.000 bénéficiaires de plus qu'un an auparavant. Et il ne fait guère de doutes qu'à la fin de cet hiver 2011-2012, l'association aura, une fois de plus, explosé tous ses records en termes de personnes aidées.

Pareils chiffres relativisent, pour le moins, le bilan des politiques sociales en vigueur. Lorsqu'on les interroge sur cet indicateur, si révélateur, que constitue le succès croissant remporté année après année par les Restos du Coeur, les responsables de la majorité ont l'habitude de botter en touche. Ils assurent que, dans les pays voisins, les associations analogues sont tout autant débordées, la paupérisation galopante n'étant pas l'apanage de la seule France.

Comme si un tel argument rendait le constat moins révoltant.

21.11.2011

Un campement

logement,social,pauvreté,etrangers,activisme,parisSamedi soir, sur le parvis de l’Hôtel de Ville, a été démonté un campement de tentes qu'avait installé, trois jours plus tôt, la Fondation Abbé Pierre. Ces tentes militaires étaient les mêmes que celles que l'abbé avait montées à Paris pendant l'hiver 1954, afin, déjà, de protéger des sans-abri et d'interpeller le pouvoir politique. Près de soixante ans plus tard, l'opération visait, encore et toujours, à mobiliser l'opinion sur le logement et la situation des plus démunis – en vue cette fois de la présidentielle de 2012.

«82% des Français considèrent qu’il est difficile de trouver un logement. Un sur cinq déclare avoir des difficultés à faire face au paiement de son loyer ou au remboursement de son emprunt immobilier. 69% des Français jugent que l’action des pouvoirs publics n’est pas satisfaisante pour résoudre ces difficultés», a rappelé la Fondation. Pour qui, «à quelques mois des élections présidentielles et législatives, il faut agir!» Le texte de sa «Mobilisation générale pour le logement» préconise notamment la taxation voire la réquisition des logements vacants,ou l'encadrement des loyers comme celui des des plus-values immobilières.

Ces derniers jours, les médias, locaux en tout cas, ont accordé un peu d'attention à cette manifestation devant l'Hôtel de ville. En revanche, c'est dans une indifférence générale que, place de la Bastille, depuis plusieurs semaines maintenant, quelques familles – Rom, semble-t-il – ont établi un petit campement, lui de fortune.

On est tombé en arrêt devant cela plusieurs soirs de suite dernièrement, après avoir pris le dernier métro pour rentrer à la maison et avoir quitté la station 'Bastille' par la sortie débouchant sur la rue de la Roquette. Il y a avait là des hommes, des femmes, des adolescents et même des enfants. Regroupés sur des matelas ou recroquevillés dans une cabine téléphonique, ils entamaient leur nuit.

logement,social,pauvreté,etrangers,activisme,parisAutour d'eux, la vie parisienne se poursuivait le plus normalement du monde. Les terrasses des bars étaient bondées de clients occupés à siroter des consommations bien chères, des clochards faisaient la quête, des copains se donnaient rendez-vous à la sortie du métro, des gens sortaient de la représentation de l'Opéra, des jeunes fêtards avinés braillaient, des danseurs de capoeira se donnaient en spectacle, etc.

Et, dans le même temps donc, à quelques mètres à peine, à leurs pieds pour ainsi dire, nos naufragés du logement tentaient, vaille que vaille, de trouver le sommeil dans l'agitation festive ambiante. Cette cohabitation indolente entre leur infortune et la poursuite routinière de la vie de quartier avait quelque chose de choquant.

Selon la Fondation Abbé Pierre, en France – cinquième puissance économique mondiale, comme chacun sait –, près de 10 millions de gens «sont touchés de près ou de loin par la crise du logement», dont «3,6 millions de personnes (qui sont) non ou mal logées».

04.11.2011

Une violence quotidienne

femmes,activismeDemain à Bastille, s'élancera une grande marche «contre les violences faites aux femmes». «Au pays des droits de l’Homme, où sont les droits des Femmes?», interroge le manifeste signé par les nombreuses associations appelant à cette manifestation. L'initiative n'est pas sans lien avec les pénibles scandales ayant défrayé la chronique, ces derniers mois. Car ces «affaires récentes impliquant des hommes politiques ont mis en évidence un déni profond des violences faites aux femmes. Les insultes sexistes, les propos méprisants ont fusé et occupé écrans et colonnes de journaux. A l’heure actuelle, la confusion est grande entre libertinage et violence sexuelle, entre drague et harcèlement sexuel, entre relation sexuelle et viol».

Loin de l'hyper-médiatisation de ces affaires, «les violences envers les femmes sont quotidiennes» en France également, rappellent les organisateurs de la manifestation.

«C'est la main aux fesses dans le métro et les sifflets méprisants dans la rue. C'est la fille obligée de s’habiller en jogging pour avoir la paix. C'est la femme qui rentre à 2 heures du matin et regarde sans cesse derrière elle pour voir si personne ne la suit. Ce sont les coups, injures, insultes, menaces, humiliations, viols par le conjoint. C'est la copine, au travail, harcelée constamment par son chef qui veut la faire «passer à la casserole». C'est la lesbienne qui est violée pour lui apprendre ce qu’est «un homme, un vrai». C’est la voisine qu’on entend crier et pour laquelle on hésite encore à appeler les flics. C'est la femme qui n’a jamais pu dire que son père l’a violée dans sa jeunesse et que cela a fichu sa vie en l’air». Pour ne citer que ces exemples. 

femmes,activismeDemain, les marcheuses et, espérons-le, marcheurs battront le pavé parisien pour réclamer «des campagnes d’information et de sensibilisation pérennes auprès de tous les publics», «la mise en place d’une véritable éducation non sexiste à tous les niveaux de l’éducation nationale», l'octroi du statut de réfugié «pour toute femme demandant l’asile parce que victime de violences sexistes, sexuelles ou lesbophobes», ou encore «une réelle politique de logements prioritaires pour les femmes en danger».

Les manifestant(e)s achèveront leur marche aux environs de Matignon, et ont sollicité un rendez-vous avec François Fillon.

On est curieux de voir si le Premier ministre prendra la peine d'interrompre son week-end, pour cette occasion.

31.10.2011

Une manifestation

On est tombé sur eux complètement par hasard. Samedi soir, dans le quartier de l’Opéra. On les a entendus avant de les voir, en fait: quand, couvrant les bruits du trafic et des rues bondées, ont résonné… des cantiques, puis des «Notre Père».

 

C’était une manifestation de catholiques traditionnalistes. Cela valait le coup d’œil. En tête du cortège, un prêtre en soutane brandissait un gigantesque crucifix en bois. Derrière la banderole de tête  («La France est chrétienne et doit le rester»), quelques centaines de personnes – beaucoup de vieux, mais aussi beaucoup de très jeunes – scandaient des slogans tels «France, Jeunesse, Chrétienté!» ou «Christianophobie, ça suffit!». Et une forêt de bannières du Sacré cœur.

 

Depuis dix jours, au Théâtre de la Ville, place du Châtelet, ces catholiques traditionnalistes, chaque soir, perturbent les représentations d’un spectacle qu’ils jugent blasphématoire. Dans leur cortège, samedi, probablement figuraient aussi ces quelques jeunes qui, fin juin, avaient fait de la provoc’ à la Gay Pride: retranchés, sous forte protection policière, derrière les grilles de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, l'église des intégristes de Mgr Lefebvre, ils avaient hurlé, pendant toute l'après-midi, «Nous sommes tous des enfants d’hétéros!». Sans doute dans ce cortège trouvait-on aussi les organisateurs des fameux apéros géants saucisson-pinard qui défrayèrent la chronique, l’été dernier. Voire, qui sait, ces militants «identitaires» qui, ces derniers hivers, avaient mis sur pied une soupe populaire au lard – donc interdite de facto aux SDF de confession musulmane.

 

Leur manifestation de samedi a eu pas mal de retentissement médiatique. En revanche, c’est dans une indifférence assez générale que ces mêmes catholiques ultras, depuis quelques semaines, manifestent devant l’hôpital Tenon, dans le vingtième arrondissement de Paris. Pour protester contre la réouverture annoncée du centre IVG de cet hôpital, ils viennent, chaque dimanche matin, brandir des crucifix et des pancartes avec des slogans du style : «Maman, papa... ne me tuez pas!». Puis, ni une ni deux, s'agenouillent à même le trottoir et récitent des «Notre Père»

 

A part cela, depuis quelques mois, les prières de rue sont interdites en France.

09.06.2011

Un épisode historique essentiel

tagcommune.jpgC'est le portrait d'un jeune vendeur de journaux à la criée, aperçu l'autre jour sur un mur de notre quartier Saint-Sébastien, dans notre onzième arrondissement, qui nous l'a rappelé. La capitale française célèbre, en ce moment, un anniversaire important. C'est le 140ème anniversaire de la Commune de Paris. Ce grand soulèvement populaire de 1871, contre «les Versaillais», est aussi un jalon essentiel dans l'histoire des mouvements et des idées de gauche en France. Aux lecteurs qui connaîtraient peu ce moment historique passionnant qu'a été la Commune, on conseille vivement la lecture de deux livres, parus en Poche, qui le romancent à merveille: «Le cri du peuple» de Jean Vautrin (ou la BD qu'en a tirée Tardi), et «L'insurgé» de Jules Vallès.

A Paris en ce moment, à l'initiative de gens issus notamment du milieu du cinéma – on y retrouve la comédienne Ariane Ascaride –, un projet épatant permet de se familiariser avec la Commune. C'est un projet multimédia. Un journal illustré retrace pas à pas le cheminement des événements de l'époque. Sur lesquels se penche également une émission hebdomadaire diffusée par une radio locale (pour les lecteurs parisiens: le vendredi à 15h, sur Fréquence Paris Plurielle, 106.3 FM). Surtout, des interventions de street-art sont réalisées un peu partout dans la capitale. In situ, comme on dit: aux endroits précis où ont eu lieu des événements marquants pendant la Commune.

COMMUNESTMARTIN.jpgCe projet veut valoriser un épisode «occult黫Paris s’invente une image de ville propre et policée pour mieux oublier certains épisodes de son histoire agitée. En 1871, pendant plus de deux mois, la ville se donne un gouvernement populaire, une armée civile et démocratique, expérimente la démocratie directe, et entreprend des réformes sociales».

Qu'on ne s'y trompe pas: à un an de l'élection présidentielle de 2012, une telle commémoration citoyenne d'un événement politiquement si marqué a aussi, évidemment, une dimension politique. Ainsi, les auteurs de ce projet entendent, par son biais, «impulser une réflexion sur l’actualité des thèmes développés sous la Commune, et sur le devenir de notre société». Cette société de 2011 où, à leurs yeux, «les espaces de liberté se réduisent sensiblement». Ils notent aussi que le Paris insurgé de l'époque était «accueillant pour les étrangers, qu’ils soient Italiens, Polonais ou Algériens. Encore un trait qui l’oppose au Paris de 2011».

COMMUNEGUILLOTINE.jpgChacun jugera de la pertinence, ou non, de cette mise en parallèle historique, 140 ans plus tard. En attendant, le Parisien moyen, dans ses parcours quotidiens dans la ville, a l'occasion de voir pas mal de lieux habituellement anodins qui, subitement, sont égayés par des interventions graphiques souvent réussies. Rien que cela, c'est déjà incontestablement très bien.

03.06.2011

Un (pénible) palmarès

Exit «Y'a bon Banania», donc: on l'écrivait avant-hier. Mais les «Y'a bon Awards», eux, se portent toujours comme un charme. Pour rappel (on en avait parlé ici), ces trophées récompensent, au second degré, «les propos les plus racistes de l'année». Pour bien terminer la semaine, rendons hommage à quelques-uns parmi les (hélas si) nombreux lauréats du palmarès 2011, qui a été dévoilé il y a quelques jours,

Dans la catégorie «Finalement, c'est pas si dur d'être raciste», c'est le couturier et parfumeur Jean-Paul Guerlain qui, bien sûr, l'a emporté haut la main. Avec sa petite phrase télévisée qui suscita un tollé: «Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un Nègre. Je ne sais pas si les Nègres ont toujours tellement travaillé, enfin…». Dans la catégorie «L'Islam ne passera pas par moi», c'est Robert Ménard qui a été distingué. Cet ex-dirigeant de l'ONG «Reporters sans frontières», reconverti en polémiste télévisuel énervé, a vu cette petite phrase saluée: «Je n'ai pas envie qu'il y ait autant de mosquées que d'églises dans mon pays (…) Je n'ai pas envie qu'il y ait un minaret dans tous les villages de France».

Enfin, la «Banane» d'honneur à été décernée au brillant journaliste-polémiste Eric Zemmour, «pour l'ensemble de son oeuvre». Mais cela n'étonnera sans doute personne.

Encore bravo à tous ces lauréats. Sans doute représentants d'un certain courant de pensée si présent en ce moment en France. Et si rance.

01.06.2011

Une victoire

BANANIA.jpgOn avait évoqué cela dans ce blog (ici), à l'époque: la plainte en justice déposée par l'association antiraciste MRAP contre la société Nutrimaine, qui commercialise en France la boisson chocolatée Banania. Une plainte contre le visuel du tirailleur sénégalais figurant sur les produits de cette marque, et contre son slogan: «Y’a bon Banania». Pour le MRAP, tous deux véhiculent une image du Noir tellement caricaturale et stéréotypée qu'elle en devient «contraire aux principes de respect de la dignité humaine». Si on en reparle à présent, c'est parce que du neuf est intervenu dans cette procédure, dernièrement.

 

En effet, alors qu'elle avait été déboutée en première instance, l'association a récemment obtenu gain de cause en appel. La justice a enjoint Nutrimaine, sous peine d'astreintes, de «faire cesser, sous quelque forme et quelque soit le moyen, la fabrication et la commercialisation de toute illustration sur laquelle apparaîtrait la mention «Y'a bon» seule ainsi que la mention «Y’a bon» accompagnée de la marque Banania et/ou un personnage de couleur noire ». Le MRAP a salué un arrêt «historique». .

 

Eric Zemmour et ses amis vont encore hurler au «politiquement correct»...