30.04.2012
Un différence de traitement (culinaire)
On n'a pas gardé de souvenir de cela pour la campagne présidentielle de 2002. Mais, par contre, on se souvient bien qu'on s'était déjà fait la réflexion pendant celle de 2007. Côté coulisses, dans le genre donc très anecdotique, il y a une nette différence dans la manière dont les journalistes sont traités par les présidentiables. Une différence de traitement... culinaire.
Tous les candidats à l'Elysée ont l'habitude de garnir les salles de presse de leurs meetings de victuailles diverses et variées. Destinées sans doute à éviter que des journalistes y tombent d'inanition (ces meetings terminent souvent tard), ou qu'ils soient affamés/assoiffés au point que leurs compte-rendus de meeting s'en ressentent négativement. Or, entre les buffets de presse de Nicolas Sarkozy et ceux de François Hollande, il y a un monde de différence. Comme les buffets sarkozystes de 2007 n'avaient rien à voir avec ceux de Ségolène Royal.
Côté Sarkozy: les petits plats dans les grands. Petits fours et zakouskis. Miniardises et canapés garnis. Petites salades diététiques très chics. Macarons et viennoiseries venus des plus grandes pâtisseries. Cela sent la qualité comme l'opulence à plein nez. Et c'est servi par du personnel en livrée.
Rien de tel côté Hollande. Là, c'est la bonne franquette. Des sodas, du café, de l'eau, des jus de fruits, des chips, des biscuits standards: petits beurres, barquettes aux fraises, ou madeleines industrielles. L'essentiel y est, mais on ne passe pas des heures au buffet: on se sert son coca et, basta, on s'en va.
D'un strict point de vue culinaire (rien de politique là dedans), on préfère nettement la seconde formule. Lors des meetings sarkozystes, on n'ose à peine approcher le buffet des journalistes. Impression désagréable de jouer les pique-assiettes. Sensation dérangeante de se laisser cajoler. A la limite de la culpabilité.
Mais on ne jurerait pas que tel est aussi l'avis d'une majorité des journalistes couvrant cette présidentielle.
14:05 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : elections présidentielles, gastronomie, art de vivre, journalisme, médias, presse
16.03.2012
Une réputation injustifiée, l'autre pas
Puisqu'on parlait des femmes hier, un des clichés qui leur collent à la peau, en France comme ailleurs, est le fait qu'elles conduiraient mal, et nettement plus mal que les hommes. Et bien non. La préfecture de police de Paris l'a confirmé, dernièrement: «Les statistiques prouvent qu’il faut en finir avec l’adage "Femme au volant, la mort au tournant"».
Des chiffres? Les femmes représentent la moitié des conducteurs, mais «elles occasionnent en moyenne trois fois moins d’accidents que les hommes». Pour preuve, à Paris ces cinq dernières années, ce sont des hommes, et non des femmes, qui ont été responsables de la majorité des accidents causés à la fois à des scooters ou motos (86%), à des vélos (70%), et à des voitures (75%).
En revanche, la proverbiale incivilité des automobilistes parisiens, elle, ne relève pas du cliché.
C'est ce qu'a encore confirmé une enquête réalisée il y peu par «Auto Plus», sur la façon de conduire dans dix villes de l'Hexagone. En est sorti un classement (voir ici, notamment) allant de la ville «la plus cool» du pays à la ville «la plus inhospitalière» en termes de conduite automobile. Le résultat «ne tord pas vraiment le cou aux clichés, au contraire», reconnaît le magazine. Ainsi, «la conduite à Lille, ville réputée pour sa chaleur humaine, a été de tout repos». «A l'inverse, sur la côte méditerranéenne (Marseille et Nice) et à Paris, sauve-qui-peut!» La capitale et les deux villes méridionales se partagent donc le podium de l'incivilité routière. Dans la «Ville lumière», à en croire cette étude, les conducteurs se soucient très peu des piétons, refusent souvent aux autres automobilistes de changer de file, et ne sont pas «relax au feu» – en clair: klaxonnent dès que le feu passe au vert.
On n'est plus motorisé, depuis qu'on habite à Paris – ville où moins d'un habitant sur deux, désormais, possède une voiture. Mais, comme par hasard, ils nous semblent assez familiers, les comportements que prête cette étude aux automobilistes parisiens.
11:12 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, transports, femmes, art de vivre
09.02.2012
Une pagaille d'anthologie (suite)
C'est certainement très anecdotique par rapport à la marche du monde et de la France, par ailleurs. Mais parlons tout de même de ce dernier rebondissement en date survenu dans la grande pagaille qui régit les taux de TVA en France, depuis leur modification en janvier. Parlons-en, parce qu'on trouve que cette anecdote illustre assez joliment la pesanteur, dans ce pays, d'une certaine technocratie.
On avait donc vu cela le mois dernier (relire ici): des taux de TVA différents s'appliquent désormais à un sandwich et à un panini, à un cornet de glace artisanale et à un cône glacé industriel, à un sandwich garni avec ou sans mayonnaise, ou à une quiche consommée chez le boulanger ou achetée à emporter. Encore plus fort: bientôt, existeront deux taux de TVA différents pour le chocolat, selon le type de chocolat.
On a entendu cela hier, sur une radio (là): «C'est une situation saugrenue: un taux de TVA différent pour le chocolat au lait et le chocolat noir. En effet, la hausse de la TVA ne concerne pas les produits alimentaires de base, qui eux, bénéficient d'un taux réduit de 5.5%. Sauf le chocolat au lait! Le prix de la tablette de chocolat au lait devrait donc augmenter en octobre. Le projet de loi de finances rectificative doit être présenté mercredi en conseil des ministres. Il prévoit notamment une hausse du taux de TVA de 19,6% à 21,2%».
Le chocolat au lait étant notoirement plus gras et plus sucré que le chocolat noir, donc le premier faisant davantage grossir que le second, au moins les nutritionnistes de France se réjouiront-ils de cette nouvelle trouvaille de l'administration. Sans doute est-ce déjà cela.
12:04 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : economie, gouvernement, gastronomie, art de vivre
01.02.2012
Un irrespect grandissant
Cinq ans ce mercredi, jour pour jour, que la France a étendu l'interdiction de fumer notamment à tous les lieux de convivialité (bars, restos, boîtes, etc.). Cinq ans plus tard et d'année en année, cette loi paraît de moins en moins bien appliquée. A en croire un sondage, 32% des Français ont subi la fumée d'autrui dans de tels établissements. Un pourcentage qui grimpe à 60% pour le tabagisme passif enduré aux terrasses de cafés ou de restaurants.
Ce contournement de la loi, on en est témoin chaque jour quasiment, dans notre onzième arrondissement. Il est particulièrement flagrant, pour ne prendre que ce seul exemple, à l'heure des courses: tiercé, quarté et autres quinté plus. Dans les bars-PMU de quartiers populaires, a fortiori s'ils sont équipés d'écrans géants, au moment où les chevaux prennent le départ, la tabagie y est souvent à la hauteur de l'excitation des parieurs: à son comble.
Théoriquement, fumer en terrasse est autorisé uniquement lorsque celle-ci est complètement ouverte. Quand donc elle n'est pas recouverte en tout ou en partie par ces auvents de bâches en plastique transparent que l'on installe si souvent à Paris, dès que la belle saison est finie. Dans la plupart des cas, dans le onzième comme dans d'autres arrondissements, vous trouverez des fumeurs dans de tels espaces, même si ceux-ci sont entièrement clos.
Au passage, à propos des terrasses à Paris, une constatation qu'on a faite, cet hiver.
On y trouve toujours autant de braseros – a fortiori par ces temps de grand froids. Or, l'an dernier, la mairie avait parlé de progressivement interdire ces installations. Les parasols chauffants, en effet, s'ils assurent un confort aussi douillet qu'appréciable aux clients en terrasse, sont extrêmements énergivores, et donc peu écologiques. En outre, ils polluent énormément. Et dégageraient un air qui ne serait pas excellent pour la santé.
Un an plus tard, donc, exactement comme on en avait fait le pari à l'époque (relire ici), on n'a pas progressé d'un iota en la matière, à Paris.
12:06 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tabac, santé, environnement, art de vivre, paris
23.01.2012
Un mésusage
Non, on n'a pas subitement adhéré à une ligue moraliste et/ou anti-alcool. Mais, vivant dans un coin de Paris très fréquenté par les fêtards et autres noctambules – et où, donc, la boisson coule à flots –, on a été assez impressionné par les chiffres sur l'alcool dans la capitale, que vient de donner la préfecture de police.
L'alcool désinhibe, c'est bien connu – et c'est souvent cela qui est assez drôle. Mais, parfois, cette désinhibition tourne vraiment (très) mal. Ainsi, à Paris l'an dernier, «22% des auteurs de violences sexuelles ont agi sous l’emprise de l’alcool». Ce fut aussi le cas de «19% des auteurs de violences» non motivées par des raisons crapuleuses. Dans cette catégorie, par exemple, 19% des coups et blessures volontaires ont été portés par quelqu’un qui était en état d'ébriété.
Dans un autre registre, l'alcoolémie a joué un rôle dans 28% des 50 accidents de la circulation qui, à Paris en 2011, ont tué – tué 6 piétons et 6 motocyclistes, notamment. En outre, parmi les 4.681 conducteurs qui, dans la capitale, ont vu leur permis de conduire suspendus par le préfet, 75% conduisaient en état d’ivresse (et 5% sous l’emprise de stupéfiants).
A Paris comme dans toute la France, dès le mois de mars prochain, l'éthylotest fera partie des équipements devant impérativement être présents dans chaque véhicule, à l'instar du gilet jaune fluo, du triangle de signalisation, etc. Les automobilistes ayant bu seront censés avoir soufflé dans le ballon avant de démarrer leur véhicule.
Reste à voir si cette obligation sera respectée. Et si, à Paris en 2012, le mésusage de l'alcool aura globalement moins de conséquences dramatiques que l’an dernier.
10:01 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : police, sécurité, transports, art de vivre
13.01.2012
Une double palme
S'il y avait une palme hebdomadaire de la déclaration à l'emporte-pièce, le député-maire UMP de Nice (et ex-ministre) Christian Estrosi la remporterait haut la main, cette semaine. L'autre jour, sur une radio, ce sarkozyste de choc n'a rien trouvé de mieux que de s'emporter de la sorte, revenant sur un certain dimanche soir de mai 2007: «C'est indigne de reprocher au Président de la République d'être allé dans une brasserie populaire des Champs-Elysées, ce soir-là!»
Populaire, donc, le «Fouquet's». Vu l'énormité de cette assertion, nombre de médias ont pris un malin plaisir, ces derniers jours, à se pencher sur la carte de cet établissement. Cela donne «28€ le saumon fumé de Norvège en entrée», «54€ le ris de veau braisé», ou «des menus à 80€». A l'UMP, semble-t-il, on n'a pas la même notion que dans le reste du pays de ce qui est, ou pas, accessible au peuple.
La socialiste Martine Aubry, elle aussi, a cru bon d'évoquer la brasserie parisienne préférée des sarkozystes, cette semaine. En vilipendant les «maux» d'un «quinquennat Fouquet's».
Il nous semblait que, depuis une certaine affaire Strauss-Kahn (la Porsche place des Vosges, la suite la plus chère du Sofitel, les pâtes aux truffes dans un resto chic de Manhattan, etc.), le PS n'était définitivement plus le mieux placé pour faire la leçon à la droite, question train de vie. Depuis le cas DSK, le parti à la rose a compris l'image désastreuse qu'un tel affichage de luxe a pu donner, dans l'électorat «populaire» par exemple? Les barons de ce parti la jouent modeste, à présent? Et bien pas tous, semble-t-il; on en a eu confirmation (ici) cette semaine.
Aux prochains scrutins, l'électorat «populaire» va adorer cela: la «droite-Rolex» contre la «gauche-Porsche».
Encore bravo.
12:28 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : personnalités, luxe, art de vivre, gastronomie, paris, aubry, lang, sarkozy
12.01.2012
Un «effet papillon»
C'est un exemple de la théorie selon laquelle «le monde est un village», désormais global. Une illustration de ce qui est appelé aussi l'«effet papillon»: «un battement d'aile de papillon à Paris peut provoquer quelques semaines plus tard une tempête sur New-York».
Cela se passe à Paris. Sur un sujet qui n'est pas d'un intérêt planétaire, mais qui, en un de ses aspects, renvoie à des logiques mondiales dépassant complètement le Parisien.
Cela concerne l'annonce faite en début de semaine par la mairie. Qui a déclaré la guerre... aux mégots de cigarettes. Chaque année, dans les rues ici, les services de nettoyage en ramassent... 315 tonnes. Une consoeur du «Figaro» a eu l'amabilité de faire le calcul: «Sachant qu'une cigarette pèse à peu près 90 grammes, cela représente plus de 350 millions de clopes» consommées chaque année dans Paris, leurs résidus étant ensuite jetés sur la voie publique. A terme, quiconque sera surpris en train de balancer un mégot dans le caniveau sera passible d'une amende de 35 euros.
Pourquoi pas. A ceci près que Paris diffère sur un point au moins d'autres capitales internationales qui, comme Singapour ou Tokyo, font la chasse aux fumeurs-pollueurs.
Dans la «Ville lumière», les cendriers publics sont rares. La mairie en est bien consciente, qui vient d'annoncer que, dans les mois à venir, leur nombre passera de 2.000 à 20.000.
On les trouvera sous la forme d'«éteignoirs». Il s'agit de ces petites plaquettes métalliques perforées qui sont apposées sur les cerclages supérieurs des poubelles, qui permettent de bien écraser sa cigarette, puis de s'en débarrasser dans ladite poubelle sans lui mettre le feu.
Très bien. Mais, la pollution des rues de Paris par les mégots ne datant pas d'hier, pourquoi donc les poubelles de rues ne sont-elles pas, depuis belle lurette, déjà équipées de tels «éteignoirs»? C'est ici que l'on retrouve notre «effet papillon».
Les «éteignoirs» qui figuraient jusqu'à présent sur ces poubelles n'y ont pas subsisté longtemps: en majorité, ils ont été rapidement dérobés. Pourquoi? Parce que le métal les constituant, l'inox, a vu son cours flamber sur les marchés mondiaux. Du coup, ces plaquettes métalliques a priori si anodines, et toujours très crasseuses, sont très prisées par les malandrins, qui les dérobent, les stockent, puis les revendent en masse à des grossistes profitant de la flambée des cours mondiaux de l'inox.
La mairie de Paris prévoit donc que la prochaine génération d'«éteignoirs» ne sera plus en inox. Mais dans «un matériau composite» qui aura un double avantage. D'une part, il résistera aux températures très élevées des bouts de cigarette incandescents. D'autre part, il n'aura pas la moindre valeur marchande. Ce qui permettra d'«éviter le pillage en règle» de ces écraseurs de clopes.
Rien n'est jamais simple, décidément, dans la gestion de la cité.
12:21 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, propreté, environnement, santé, tabac, economie, art de vivre
11.01.2012
Un «faible engouement»
Le début des soldes, ce mercredi. Ce matin à la radio, on entendait un «micro-trottoir» qui donnait la parole à des Parisiens ayant fait le pied de grue dès 6h30 devant les grands magasins du quartier Hausmann. Encore dans un demi-sommeil guère dynamique, on hésitait entre l'admiration envers l'énergie matinale de tous ces lève-tôt, ou l'agacement devant cette tradition consumériste qui, jusqu'au 14 février, va transformer les boutiques de Paris en champs de bataille hystérisés.
Un peu moins hystérisés que d'habitude, cela dit, peut-être.
Selon une étude de l'Observatoire des soldes – oui, ça existe –, ces soldes-ci suscitent un «faible engouement» dans le grand public. L'intérêt pour cette tradition commerciale ne serait plus en augmentation, mais en «stagnation» par rapport à cet été, voire en «décrochage» par rapport aux soldes de janvier. Pourtant, les soldes d'hiver sont «traditionnellement plus prisés que ceux de l'été». Certes, 61% des Français ont bien l’intention de sacrifier à ce rituel, «mais c’est moins que l’année dernière à la même saison (-6 points)». Et «cette baisse se constate chez toutes les catégories de Français quel que soit le sexe, l’âge et le niveau de revenu, avec une chute spectaculaire chez les jeunes (-14 points)». Dès lors, comme cela avait déjà été le cas pour les soldes «très décevants» de l'hiver 2011, «2012 pourrait suivre la même tendance».
Même si chaque Français qui fera les soldes ces prochaines semaines y consacrera un budget moyen de 221€, ce qui n'est tout de même pas rien.
11:38 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, economie, art de vivre
06.01.2012
Une pagaille d'anthologie
Difficile d'achever la semaine sans évoquer l'incroyable pagaille qui, depuis le 1er janvier, règne dans nombre de magasins – à Paris comme en province. Pagaille due au changement intervenu dans les taux de TVA, dans le cadre du dernier plan de rigueur gouvernemental. Le relèvement (de 5,5% à 7%) du taux de la TVA réduite pour toute une série de produits, mais pas pour toute une série d'autres, a plongé nombre de commerces dans une confusion considérable. A Paris ces derniers jours, c'était parfaitement notable dans les boulangeries, par exemple.
Le client doit désormais se voir facturer un taux de TVA distinct selon notamment que les aliments achetés sont destinés soit à être emportés, soit à être consommés sur place. Déjà pas trop simple à gérer au moment du passage en caisse. Exemple? La quiche emportée froide est frappée d'une TVA à 5,5%. Mais, si elle est réchauffée dans le micro-ondes de la boulangerie, sa TVA passe à 7%. Même différence entre le sandwich et le panini. Mais les chocolats ou macarons vendus dans la même boulangerie continuent, eux, à être taxés à 19,6%. «Nous sommes totalement perdus. En terme de complexité, je crois qu'on ne peut pas mieux faire», s'est énervé, dès le début de la semaine, le patron de la confédération de la boulangerie-pâtisserie française.
En milieu de semaine, constatant la pagaille, le ministère de l'Economie a sorti une note explicative (30 pages!) censée simplifier le casse-tête. Il en résulte que le cornet de glace acheté chez le glacier et le cône industriel Igloo ou Ola acheté au supermarché seraient frappés de deux taux de TVA différents. Idem pour le sandwich s'il est garni ou non de mayonnaise. Idem pour une boisson selon qu'elle est vendue dans un gobelet en carton ou en canette. En revanche, les chips et viennoiseries auraient toujours le même taux de TVA, qu'ils soient achetés ici ou là.
Tout cela au conditionnel, parce que la note de Bercy a eu l'effet exactement inverse de celui qu'elle recherchait: dans les petites commerces (ceux de notre quartier, en tout cas), le fouillis est tel que plus personne ne s'y retrouve: ni le commerçant, ni le client.
Encore bravo.
12:22 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : economie, gouvernement, gastronomie, art de vivre
05.01.2012
Une frénésie, ou pas
Rien ne change, d'une année à l'autre. Une fois de plus, en ce début d'année, notre boîte mail, à «La Libre», se retrouve complètement embouteillée, voire parfois paralysée, par les milliers de gigaoctets que pèsent les innombrables dossiers de presse rutilants que les services de com' des grands magasins parisiens se sentent obligés de nous adresser, chaque fois que les soldes approchent. Le même embouteillage électronique, dû à la même cause, avait été de mise, comme les années précédentes, au mois de décembre. Comme si on passait nos journées de travail à écrire des articles recommandant aux lecteurs d'aller acheter tel ou tel cadeau de Noël ou de profiter de telle ou telle promo au «Printemps», aux «Galeries Lafayette» ou au «BHV» ...
Cela dit, l'habituelle frénésie, voire hystérie, sera-t-elle de mise dès le lancement de ces soldes, dans les grands magasins de Paris?
A en croire un sondage (ici), près d'un Français sur deux compte diminuer son budget soldes, cet hiver. De manière plus générale, d'ailleurs, à en croire une autre étude (là), dans les mois à venir ce sont deux tiers des Français qui réduiront leurs dépenses et celles de leur famille. Mais, d'un autre côté, affluence aux caisses et dans les rayons il pourrait bien y avoir, due à un autre facteur: sept Français sur dix ont reporté certains de leurs achats, dernièrement, dans l'objectif précisément de profiter des bonnes affaires présumées de janvier.
Pendant la période des fêtes de Noël, déjà, 28% des Français avaient fait savoir (ici) qu'ils comptaient revoir à la baisse leurs dépenses pour l'occasion. Et ce malgré le fait qu'ils s'étaient serré la ceinture les moins précédents, dans l'espoir, justement, de pouvoir de ne pas trop regarder à la dépense lors de leurs achats de Noël.
Des achats qui néanmoins, malgré la crise, continuent à mobiliser un budget important. A l'occasion des fêtes de Noël, chaque foyer français a dépensé en moyenne un montant évalué (là) à 606€. C'est un budget en hausse de 1,9% par rapport à l'an dernier.
Et on trouve ce montant assez énorme. Pour mémoire, 606€ c'est, en gros, la moitié d'un salaire minimum.
12:55 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : economie, social, art de vivre, paris
21.12.2011
Une «idée reçue»
Pour en finir avec ce sujet de la communauté chinoise de Paris, et l'évoquer de manière plus positive, depuis dix ans que l'on vit dans la capitale française, nous épate le dynamisme commercial de cette communauté. Qui, dans notre onzième arrondissement, est particulièrement visible et spectaculaire.
Il y a plusieurs années déjà, les Chinois y ont massivement investi dans le secteur des grossistes de textile. Ensuite, ils ont jeté leur dévolu sur les bars-tabac. Plus récemment, ils ont repris ou créé quantité de petites boutiques d'onglerie. Dernière évolution en date: depuis quelques mois, les salons de massage asiatiques poussent comme des champignons, à tous les coins de rue presque, dans le onzième comme dans d'autres arrondissements.
A ce sujet, peut-on/faut-il/ être toujours sûr du caractère, disons, sérieux de ces salons? Ou est-on fondé à présumer que, pas rarement, y sont dispensées, disons, des prestations physiques, féminines et tarifées d'un autre ordre? Bonnes questions. Auxquelles la préfecture de police de Paris vient de répondre.
Selon ses calculs,«la capitale recense près de 400 salons de massage, qui proposent majoritairement des massages orientaux». Et, insiste la police, ils «ne sont pas, contrairement aux idées reçues, des repères de prostitution. En effet, moins d’une vingtaine de salons parisiens se livreraient à une activité prostitutionnelle».
Remarquez, toutefois, dans cette phrase, le discret usage du conditionnel...
Les dérives qu'imputent les on-dit à cette activité commerciale relèvent donc largement de l'«idée reçue». Mais elle n'en fait pas moins l'objet d'une surveillance policière attentive, «quotidienne» même.
Ainsi, nous apprend la préfecture, les «policiers patrouilleurs» surveillent notamment, du coin de l'oeil, la présence éventuelle, dans et aux alentours de ces salons, de personnes «en tenue aguichante». Pas plus tard que la semaine dernière, d'ailleurs, des enquêteurs de la police judiciaire «ont interpellé pour proxénétisme aggravé deux gérants de salons de massage et l’associé de l’un d’eux, dont les établissements étaient implantés dans les 9e, 10e et 14e arrondissements». Et, sur l'ensemble de l'année 2011, ont été recensés, dans la capitale, «treize établissements en infraction à la législation sur le travail ou sur les étrangers: personnel non déclaré ou en situation irrégulière sur le territoire, le plus souvent originaire de Chine ou de Thaïlande».
Mais il s'agit donc de cas isolés. Avis aux Parisiens amateurs de «bains de pied aux herbes chinoises» (90€, tout de même, dans les salons de notre onzième) ou de «massage ayurvédique indien, prodigué aux huiles chaudes» (55€).
On demanderait bien ça comme cadeau de Noël.
12:23 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, etrangers, art de vivre, sécurité, police, femmes
29.11.2011
Un «profond sentiment d'injustice»
Ce mardi, le gouvernement divulgue les résultats du premier «Baromètre international sur les points forts et points faibles de l’accueil des touristes en France». Un sujet important, ce pays restant, bon an mal an, la première destination touristique mondiale. Pour l'occasion, le ministre ad hoc organise ce matin un grand raout médiatique dans les salons de... Roissy. Cet aéroport qui, une enquête de satisfaction internationale après l'autre (relire ici ou là), n'en finit plus de se faire descendre en flammes.
Tout récemment encore, Roissy-CDG s'est vu décerner le titre d'«aéroport le plus détesté au monde». Cette distinction lui a été octroyée par une étude pour CNN. Si les aéroports de Los Angeles et de Londres Heathrow ne font guère mieux que lui, le premier aéroport parisien est sanctionné notamment pour la saleté de ses toilettes, la médiocrité de ses restaurants ou le manque de clarté de sa signalétique. Est également épinglé le caractère pas rarement «dédaigneux» qui serait celui de son personnel..
Aéroports de Paris (ADP), la société qui exploite Roissy et Orly, n'a pas officiellement communiqué sur cette distinction. Tout au plus une de ses porte-parole a-t-elle lâché, dans l'un ou l'autre média, que ce titre si peu enviable suscitait un «profond sentiment d'injustice» parmi le personnel d'ADP. Et d'ajouter: «Nous travaillons beaucoup pour nous améliorer».
ADP investit même aussi beaucoup, dans ce domaine. Dans les cinq ans à venir, elle consacrera un milliard d'euros à l'amélioration des installations de Roissy.
Ce chiffre, cela dit, peut prêter à deux lectures. Côté pile: il montre qu'en effet, les choses bougent. Côté face: l'ampleur de ce budget confirme à elle seule combien il y a du pain sur la planche, à Roissy-CDG, en matière de modernisation. Ce qui, finalement, n'est pas anormal, s'agissant d'un aéroport qui à la fois n'est plus tout jeune (1974) et qui, année après année, est de plus en plus sollicité (60 millions de passagers l'an dernier).
11:10 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tourisme, international, transports, gouvernement, art de vivre
15.11.2011
Une mansuétude (assez curieuse)
En ces temps de plans de rigueur successifs et de mesures d'austérité en cascade, mentionnons ce geste particulier de mansuétude fait dernièrement, en toute discrétion, par le gouvernement. Un geste en faveur du secteur du grand luxe.
Il bénéficie aux établissements hôteliers facturant plus de 200 euros la nuitée à leurs clients. En septembre, le gouvernement, soucieux d'accroître ses recettes fiscales, avait décidé de frapper chacune de ces nuitées d'une taxe supplémentaire, de 2 %. Cette taxe devait s'appliquer dès le début novembre. En fait, elle n'a vécu... qu'une semaine. En effet, le syndicat des hôteliers et des restaurateurs a obtenu (ici) la promesse de son abrogation. Le gouvernement considère que l'hôtellerie sera déjà assez touchée par la hausse (de 5,5 à 7%) du taux réduit de TVA, qui a été décidée entre-temps.
Alors, on peut parfaitement partager le souci des autorités de veiller à la bonne santé du secteur du tourisme. Puisque, d'après les chiffres du gouvernement, ce secteur «emploie directement en France un million de personnes, dans 235.000 entreprises, et un autre million indirectement».
On peut néanmoins douter que cette petite (ex-)taxe de 2% allait vraiment menacer la compétitivité de la France en la matière, l'Hexagone étant depuis belle lurette la première destination touristique mondiale. On peut douter aussi que cette contribution supplémentaire allait mener le secteur de l'hôtellerie de grand luxe à la faillite: à Paris ou à la côte d'Azur, et à longueur d'années, il affiche des taux d'occupation insolents.
Enfin, vu les tarifs que pratiquent ces palaces – en gros, plusieurs centaines d'euros la nuitée – et vu donc les moyens qu'il faut avoir pour y séjourner, on peut douter que 2% en plus ou en moins, sur le montant final de l'addition ou de la réservation, cela allait fondamentalement mettre sur la paille leurs richissimes clients, et donc les faire hésiter à la dépense.
Mais ce n'est que notre avis.
12:02 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : luxe, tourisme, economie, gouvernement, art de vivre
07.10.2011
Une descente inattendue
Comme le diable se niche parfois dans le moindre détail, la politique sarkozyste de tolérance zéro à l'égard de l'insécurité s'applique parfois y compris à des domaines où, a priori, on ne l'attendait tout de même pas trop. Ainsi, ces derniers jours à Paris, les pandores ont-ils semé une fameuse pagaille parmi... les beautiful people. Dans le milieu si mondain des défilés de mode de la «Fashion week».
Raconté par la préfecture de police, cela donne ceci. «Le groupe des taxis et transports de personnes de la direction de l’ordre public et de la circulation a organisé des opérations de contrôle et de répression visant les véhicules assurant le transport de personnes, notamment des mannequins. Parmi les quelque 860 véhicules contrôlés, ont été relevées 148 infractions, principalement liées aux différentes réglementations s’appliquant au transport de personnes à titre onéreux. Près de la moitié d’entre elles sont des délits (39) – dont 26 procédures pour travail dissimulé – et des contraventions de 5e classe (33) – dont 14 défauts de carte professionnelle et 11 non-présentations de la copie conforme de la licence de transport».
Bigre.
L'histoire ne dit pas si les Uma Thurman, Sean Lennon ou autres Inès de la Fressange, quelques-unes des personnalités ayant assisté, par exemple, au défilé Chanel, ont été privées de limousines qui auraient été irrégulières, et donc ont dû rentrer chez elles en métro, comme le vulgum pecus. On ne sait non plus si Karl Lagerfeld, qui n'a pas l'air commode, a piqué une crise de nerfs outragée à la vue d'un tel déploiement policier dans un milieu aussi privilégié.
On espère juste que Bernadette Chirac, habituée des défilés, n'a pas été placée en garde à vue pour complicité de travail dissimulé.
11:38 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, sécurité, police, transports, mode, art de vivre
06.10.2011
Un opportunisme. De bon aloi?
Cela n'a sans doute pas échappé au taggueur qui, cet été dans notre quartier, a fait sourire pas mal de passants. En détournant le message d'avertissement («Souriez, vous êtes filmés») que l'on trouve habituellement dans les commerces vidéosurveillés de Paris. Il a bien dû remarquer, notre taggueur, que les autorités policières de la capitale n'avaient pas peu saisi l'occasion des pénibles faits-divers survenus ces derniers jours dans le métro parisien pour en remettre une couche dans leur lobbying en faveur de la vidéosurveillance.
A donc été très largement communiqué à l'opinion le fait que tel ou tel voyou avait pu être retrouvé puis arrêté grâce aux données fournies par telle ou telle caméra installée à tel ou tel endroit. A donc tourné en boucle, dans les médias, l'argument selon lequel, «incontournable à l'enquête judiciaire, la vidéo permet de résoudre plus d'affaires, et plus vite, dans l'intérêt des victimes». Ont donc été dits et répétés quelques chiffres censés sans doute impressionner le Parisien moyen. Comme ces 7000 séquences vidéo qui, en 2010, ont été réquisitionnées à la SNCF ou à la RATP par les policiers de Paris. Ou ces 53 «interventions (policières) vidéo guidées» qui, rien qu'en août dernier au Forum des Halles, «ont conduit au contrôle de 172 individus, dont 56 interpellations, une majorité liées aux stupéfiants».
Rebondir sur une actualité atroce pour taper sur le clou d'un argument sécuritaire: chacun jugera si cette réactivité, cet opportunisme finalement, est de bonne guerre ou de mauvais goût.
Quant aux Parisiens inconditionnels des caméras, ils apprendront avec ravissement que le grand «Plan de vidéoprotection» de la Ville lumière «se déroule conformément aux prévisions». Ainsi, l'été prochain, «la préfecture de police disposera de 1100 caméras de voie publique dans Paris. Les fonctionnaires de police auront aussi accès aux images des 15.000 caméras des partenaires comme la RATP, la SNCF, les grands centres commerciaux ou les stades».
A l'horizon 2016, rien que dans le réseau des transports publics en région parisienne, on trouvera 18.000 caméras, dont 600 embarquées dans des rames SNCF ou RATP.
Plus que jamais donc, à Paris dans les mois et années à venir, il conviendra, si l'on est soucieux de son image, d'arborer en permanence son plus beau sourire.
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30.09.2011
Un appel à idées
Un peu d'humour, pour bien terminer la semaine. Car c'est «un ton volontairement décalé et humoristique» qu'a choisi la RATP pour sa dernière campagne de sensibilisation en date, qui s'étale en ce moment sur les panneaux publicitaires du métro de Paris et dans des pages de pub des journaux. Et on la trouve plutôt pas mal, cette campagne.
Elle vise les incivilités. Ce que la RATP définit comme «le non-respect de l’ensemble des règles du savoir voyager ensemble: manque de propreté, nuisances sonores, bousculade, absence de courtoisie, fraude». Dans les visuels de la campagne, les malotrus sont transformés... en animaux. Il y a donc un lama qui crache partout sur les quais du métro. Un gros buffle qui bouscule tout le monde en rentrant dans une rame. Une grenouille qui saute les portiques. Ou un paresseux qui se prélasse sur un strapontin alors que le wagon, en pleine heure de pointe, est bondé. Il y a une poule, aussi, qui jacasse à tue-tête sur son portable. Au passage, le choix d'un coq se pavanant avec son smartphone aurait moins alimenté le cliché sexiste de la femme incorrigiblement bavarde – comme si, dans le métro de Paris ou d'ailleurs, on ne croisait jamais de mâles insupportablement bruyants, pendus à leur téléphone...
«Cette communication veut souligner l’absurdité du comportement de celles et ceux qui commettent des incivilités dans les transports», explique la RATP. «Elle met en avant l’idée que, derrière tout acte d’incivilité, se cache une logique absurde, qui ne nuit pas seulement à la collectivité mais également à l’individu qui le commet».
C'est trop rare pour ne pas être souligné: chacun des 10 millions d'utilisateurs quotidiens des transports parisiens peut donner son avis: peut, sur le site web de la campagne, soumettre «une idée concrète à mettre en œuvre pour lutter contre les incivilités».
Si donc vous êtes usager, occasionnel ou régulier, de la RATP et êtes inspiré par le sujet, c'est ici.
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23.09.2011
Un prix moyen (?)
Le début de l'automne ce vendredi, à Paris comme ailleurs. A 11h04 précisément, paraît-il. Mais une météo si estivale aujourd'hui et toujours autant de touristes dans les rues qu'on ne trouve pas incongru de revenir sur ce qui fut le chiffre de la semaine, concernant le tourisme dans la Ville lumière. 204€. Soit le prix moyen d'une nuit d'hôtel, en chambre double, à Paris. C'est ce qui ressort d'une étude publiée ces derniers jours. Selon elle, en la matière, «la capitale française devient, avec Genève (298€) et Londres (200€), l’une des plus chères d’Europe. En comparaison, le tarif moyen hôtelier parisien coûtait à la même période de l’an dernier 26% de moins, soit 162€».
On a (un peu) sursauté en prenant connaissance de ce chiffre. Car – avis aux jeunes routards qui fréquenteraient ce blog, ou aux voyageurs de tous les âges qui ne pourraient claquer un demi-millier d'euros pour un week-end ici – , dans le Paris qu'on fréquente quotidiennement (en gros: République, Bastille, Haut Marais, etc.), il va de soi qu'on trouve quantité d'hôtels affichant des tarifs nettement moins élevés.
Ainsi, à Paris comme dans nombre de capitales, les hôtels de grandes chaînes (Ibis, Campanile, etc.) baissent leurs prix quand arrive le week-end: quand les quitte donc leur clientèle professionnelle de la semaine. Et Paris regorge bien sûr de petits hôtels de quartier: sans façon mais le plus souvent très corrects.
On se le disait encore pas plus tard qu'hier, en flânant en bordure de Ménilmontant, dans notre onzième arrondissement. Et puis l'autre jour aussi, cette fois dans le quartier Aligre. On y a vu plusieurs petits établissements qui avaient l'air charmants. Certes ni très luxueux, ni aux pieds de la tour Eiffel, mais, familiaux, simples, tranquilles, populaires. Souvent adossés à de très typiques petits bistrots ou restos du coin, ils donnaient vraiment l'impression d'être joliment en symbiose avec leur quartier. Avaient l'air de couler des jours paisibles, en harmonie avec ce Paris (un peu) hors des sentiers battus, que négligent si souvent les visiteurs étrangers pressés et/ou peu imaginatifs.
Et puis sinon, et souvent cela ne se sait pas assez à l'étranger, il y a bien sûr toujours les tarifs imbattables des auberges de jeunesse et foyers (ici), ainsi que du camping de Paris (là). Camping qui, et oui, ouvre toute l'année. Au grand air et au vert par plus de 20 degrés au thermormètre, comme aujourd'hui, cela doit même ne pas être désagréable.
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14.09.2011
Un slogan assez gonflé
On la trouve gonflée, la maison de haute couture Chanel. On se le dit chaque fois qu'on tombe sur un des nombreux panneaux publicitaires qui, à Paris en ce moment, relaient sa dernière campagne de pub. On y voit une jeune femme au saut du lit, look rebelle-cool: la chemise de son homme, pas maquillée ni coiffée, et ce slogan peinturluré au feutre sur son visage: «Il n’y a pas de mode si elle ne descend pas dans la rue!»
Chanel-rebelle descend dans la rue, donc. C'est vraiment se moquer du monde.
D'abord, vu les prix pratiqués par cette marque, on peut sérieusement douter que ses créations soient accessibles à «l'homme/la femme de la rue», comme on dit. A fortiori en ces temps de crise, faut-il le préciser.
Ensuite, il faut rappeler que cette grande maison ne descend tout de même pas dans n'importe quelle rue. On l'avait vu il y a quelques mois, à l'occasion d'une affaire qui avait fait un certain bruit dans la banlieue de Paris. Du jour au lendemain, les produits Chanel avaient purement et simplement disparu des rayons des parfumeries de plusieurs villes pas vraiment symboliques de luxe et de glamour: Bobigny, Meaux ou Chilly-Mazarin. Le porte-parole de la marque avait invoqué la «qualité insuffisante» de ces boutiques, et le non-respect de ses «critères d’exigence, en termes de présentation et d’environnement». «Nous sommes un produit de luxe. Nous avons un cahier des charges très précis avec nos distributeurs», avait-elle argumenté. A Bobigny, des responsables d'associations, «particulièrement choqués», avaient dénoncé cette décision: «Ce départ signifie que Bobigny n’est pas assez bien pour Chanel, que nous sommes des clients de seconde zone». Tentant de couper court à cette délicate polémique, l'enseigne avait assuré que, dans son esprit, il n'avait, bien sûr, «jamais été question de discriminer» quiconque.
Quelques mois plus tard, voici donc Chanel qui se la joue rebelle et descend dans la rue. Ceux et celles qui se demandent dans quelles rues et de quelles villes ont sans doute le droit d'écrire à Karl Lagerfeld pour lui poser la question.
11:19 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : publicité, luxe, art de vivre, banlieues
12.09.2011
Un progrès à faire
Retour à Paris, donc. Au risque de passer pour irrémédiablement teigneux, la première impression qu'on a eue de la France, il y a quelques jours en y posant à nouveau le pied, n'était franchement pas terrible. On s'est dit que ce pays avait décidément encore des progrès à faire en ce qui concerne l'accueil des visiteurs étrangers.
On débarquait à Roissy aux alentours de 4h15 du matin. Si vous n'avez jamais fait l'expérience, on vous l'assure: Charles de Gaulle à cette heure, c'est loin d'être techno-bling comme Orly désormais – si d'aventure le dernier gadget qui y a été inauguré cet été vous a échappé, c'est ici. Couloirs déserts, lugubres à force d'être si peu éclairés, escalators chaotiques, poubelles qui débordent, toilettes à la propreté perfectible, absence de tout personnel pour renseigner les nouveaux arrivants, fonctionnement laborieux des billetteries automatiques de la gare RER, et ces RER passablement crasseux: cela donnait assez envie de redécoller illico vers d'autres contrées.
Cela dit, 84% des usagers de CDG, paraît-il, sont satisfaits de cet aéroport. C'est ce qu'a affirmé un sondage, cet été. Les clients apprécieraient notamment le système de contrôle des bagages à mains: «organisation de la file d’attente, durée de l’attente, accueil du personnel, prévenance, sentiment de sécurité». Dans le même registre, mercredi en Conseil des ministres, le gouvernement Fillon s'est félicité du fonctionnement, à Roissy, du passage au contrôle transfrontière: «La proportion des passagers attendant moins de 15 minutes à ce contrôle est passée de 58% en septembre 2010 à 94% en mai 2011».
Peut-être. Ce qu'on n'a pas encore bien compris, en revanche, c'est l'intérêt du système d'enregistrement appliqué depuis un petit temps, à Roissy comme ailleurs, par des compagnies aériennes comme Air France.
Avant, les passagers ne faisaient qu'une fois la queue: pour accéder au comptoir qui, dans le même temps, à la fois prenait en charge leur bagage et délivrait la carte d'embarquement. A présent, on la fait deux fois, la queue. D'abord pour accéder à une borne électronique délivrant la carte d'embarquement. Ensuite pour déposer le bagage au comptoir ad hoc. Où donc est le progrès?
Air France aurait-elle eu des remarques de passagers mécontents? En tout cas, elle la ramène moins qu'avant, à propos de ce système d'enregistrement. Jusqu'à il y a peu, elle utilisait l'appellation «Dépose bagages minute». Ce qui est curieux, quand, vu la foule, on doit poireauter des dizaines de minutes pour effectivement déposer son bagage. A présent, a-t-on vu cet été, on ne parle plus à Roissy que de «Dépose bagages». Cela ne règle pas le problème, mais c'est déjà plus réaliste.
10:49 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tourisme, transports, art de vivre
19.07.2011
Un grand classique (pour la forme)
Chaque été cela revient: c'est un grand classique de la saison. Un grand classique de l'été parisien mais pas seulement: de l'été français, plus largement. On veut parler des arrêtés interdisant la vente d'alcool après une certaine heure de la soirée: mesures destinées à limiter les libations nocturnes et alcoolisées en plein air, et donc à calmer un peu la colère des riverains des quartiers noctambules qui, à cette saison, ne ferment plus l'oeil.
Ces derniers jours, les médias français ont énormément parlé d'une telle prohibition que vient de décréter la mairie de Lyon. Ils ont moins dit que, depuis plusieurs semaines déjà, à Paris, des panneaux interdisant la consommation d'alcool après 21 heures ont fait leur apparition sur les rives de notre bon vieux Canal Saint-Martin. Canal qui, chaque été, est un haut lieu parisien de pique-nique, de musique et de convivialité, jusqu'à pas d'heure. Dans la foulée, a-t-il été confirmé hier, la préfecture de police de Paris a étendu cette interdiction en amont: autour du bassin de La Villette.
Pour La Villette on ne sait pas (on n'y est pas allé ces derniers soirs), mais pour le Canal Saint-Martin et le boulevard Richard Lenoir, son prolongement jusqu'à Bastille, pas de doute: cette prohibition n'est absolument pas respectée. Jusque tard le soir, des groupes de joyeux fêtards continuent d'y refaire le monde au coin de bouteilles de vin et de canettes de bière ou de faire des parties de pétanque aussi disputées que sonores.
Ah oui, aussi, ce témoignage lu avant-hier, dans un journal du dimanche, du gérant d'un bar fameux du quai de Loire: le «Bar Ourcq». C'est là où nombre d'usagers nocturnes du Canal ont l'habitude d'aller se réapprovisionner en alcool, avant de retourner continuer à faire la fête au bord de l'eau. «C'est le flou total autour de cet arrêté» préfectoral estival, selon l'intéressé. «Il est écrit noir sur blanc que l'on ne peut plus vendre d'alcool à emporter en soirée, mais les autorités nous assurent que ce texte ne sera pas appliqué».
De qui se moque-t-on?
PS. Sinon, Canal Saint-Martin toujours, on a remarqué que, cet été, avaient été installés des urinoirs provisoires, en plein air. Bien: cela réduira les puanteurs matinales insupportables. Juste: et les demoiselles, elles font comment? Pas le moindre lieu d'aisance, comme on disait jadis, ne semble prévu pour elles. Encore bravo, Messieurs de l'Hôtel de Ville.
11:31 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, art de vivre, environnement, jeunesse, sécurité, femmes



