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29/01/2016

Une «fiction collective et poétique »

paris,arts,culture,sciencesUn peu de culture, pour bien terminer la semaine. De l'art urbain, en l'occurrence. Et du spectaculaire, en plus.

Cela se passe le long du périph' parisien, le boulevard périurbain le plus fréquenté d'Europe. Cette semaine, y a été inaugurée une installation lumineuse monumentale, destinée à y rester dix ans. Elle transforme complètement la physionomie des immenses silos de béton (40 mètres de haut, 20 mètres de diamètre) qui s'élèvent quai d'Ivry, dans le treizième. Grâce à une quarantaine de projecteurs leds installés à leurs pieds, ces édifices monumentaux, sitôt la nuit tombée, s'éclairent de couleurs qui rappellent celles des aurores boréales. "Solar Wind". C'est le nom de cette installation. Elle est due à l'artiste plasticien Laurent GrassoPrix Marcel Duchamp 2008, et qui illumina déjà, précédemment, La Samaritaine et le Palais de Tokyo.

Il s'agit ici d'une oeuvre qui se veut poético-scientifique. N'ayant jamais été très porté sur les sciences, on n'est pas sûr d'avoir parfaitement compris, mais donc, les couleurs illuminant les tours varient en intensité et en teintes en fonction de l'activité solaire et des mouvements cosmiques (voir ), un algorithme créé pour l'occasion traduisant les données recueillies par les chercheurs du Centre d'études spatiales (CNES).

paris,arts,culture,sciencesL'effet visuel créé par ce «moteur de fiction collective et poétique» paraît aussi saisissant que réussi.

Il viendra bien à point, en tout cas, pour détendre (un peu) le million d'automobilistes qui, chaque jour ou presque, pestent contre les embarras de circulation qui font la réputation de ce boulevard – et cette semaine plus que jamais, le périph' ayant été plusieurs fois bloqué par les manifestations des taxis en colère.

19/01/2016

Un simple rappel à la loi

Arts, Culture, Justice, Musées, ActivismeSa garde à vue a été longue, mais, finalement, elle s'est conclue sans aucune suite judiciaire. Hier, la femme qui, ce week-end, devant le tableau "Olympia", s'était exhibée nue au musée d'Orsay – et que ce blog évoquait, hier – ne fera pas l'objet de poursuites. Elle a bénéficié d'un simple rappel à la loi, et a été remise en liberté. «Tout ça pour ça. On a voulu lui faire peur et l'intimider», n'en a pas moins dénoncé son avocat. Selon qui il est «urgent de réformer le texte réprimant l'exhibition sexuelle, pour ne pas confondre le geste d'un pervers sexuel et celui d'un artiste».

Dans l'immédiat, en tout cas, l'intéressée s'en tire bien. Puisque, théoriquement, sa «performance artistique» aurait pu la conduire en prison. Le Code pénal, en effet, punit (ici) d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende toute «exhibition sexuelle imposée à la vue d'autrui dans un lieu accessible aux regards du public».

D'autres femmes, d'ailleurs, n'ont pas eu droit à une telle mansuétude. Ainsi, il y a un peu plus d'un an, la justice a condamné à un mois de prison avec sursis et 2000 euros d'amende une militante du groupe Femen jugée pour exhibition sexuelle. Quelques jours avant la Noël 2013, elle avait fait irruption, seins nus, dans l'église de la Madeleine, à Paris. Pour protester contre les projets de loi anti-IVG alors en préparation en Espagne. Le parquet avait requis jusqu'à quatre mois de prison (avec sursis) à son encontre. L'intéressée, à sa sortie du tribunal, s'était insurgée que son «acte militant féministe» soit qualifié d'exhibition sexuelle.

Arts, Culture, Justice, Musées, ActivismeOnt également été renvoyées en correctionnelle, pour le même motif, ses trois collègues activistes qui avaient fait sensation à l'ouverture du procès de Dominique Strauss-Kahn, en février dernier, à Lille. Elles s'étaient jetées sur sa voiture à son arrivée au palais de Justice, leurs corps maculés de slogans en faveur de la pénalisation des clients et des souteneurs des prostituées.

Rien de tel, donc, aucune poursuite en vue, concernant l'incident de ce week-end au musée d'Orsay.

Musée qui, au passage, avait vu juste. Pour sa fameuse exposition consacrée aux "Images de la prostitution, 1850-1910", celle-là même qui a servi de cadre à la «performance artistique» de samedi. Puisqu'une des affiches de promo de cette expo proclamait...: «Emmenez vos enfants voir des gens tout nus». Prémonitoire.

18/01/2016

Un samedi au musée

Une nouvelle sans doute un peu légère pour un début de semaine, mais elle est si improbable qu'on n'y résiste pas. En pensant à la tête qu'ont dû tirer les visiteurs du musée d'Orsay, ce week-end. A la vue d'une femme qui, samedi, s'est allongée... entièrement nue, devant "Olympia", le célèbre tableau d'Edouard Manet.

Adoptant la même position que le personnage du tableau, elle a revendiqué une performance artistique. «Elle portait une caméra portative, pour pouvoir filmer la réaction du public», a expliqué son avocat. Il y a deux ans, déjà, dans le même musée, l'intéressée s'était exhibée devant "L'origine du monde", de Courbet. Samedi, les agents d'Orsay ont fait évacuer la salle puis l'ont priée de se rhabiller. Devant son refus, ils ont appelé la police, qui l'a amenée et placée en garde à vue pour exhibition sexuelle - elle y est toujours, à cette heure. Son avocat y voit «l'expression d'une pudibonderie judiciaire inquiétante», selon lui de mauvais augure pour «tous les artistes performeurs qui souhaitent s'exprimer de manière trop libre dans l'espace public».

Au moins, dans ce cas présent, aucun dommage n'a été causé à la peinture. Contrairement à ce qui s'était produit à la Fondation Lambert, à Avignon, en 2007. Une jeune femme avait alors embrassé une toile du peintre américain Cy Twombly, invoquant «un acte d’amour et un acte artistique». Les traces de rouge à lèvres qu'elle avait laissées avaient nécessité la restauration du tableau. En instance puis en appel, l'"artiste" avait été condamnée à une amende, des dommages-intérêts, des travaux d’intérêt général et le remboursement des frais de restauration. "J'ai trouvé le tableau encore plus beau", avait-elle avancé, pour sa défense. Le commissaire de l'exposition, lui, avait qualifié son acte de «viol», et l'artiste s'était dit «horrifié».

07/01/2016

Un an plus tard

Paris, Terrorisme, Police, ArtsIl fut abattu comme un chien, il y a un an jour pour jour: le 7 janvier 2015. Ahmed Merabet, le policier de la brigade cycliste du commissariat du onzième arrondissement. Alors qu'il gisait boulevard Richard Lenoir. Achevé d'une balle à bout portant, tirée par les terroristes qui venaient de semer la mort à deux pas: dans les locaux de "Charlie Hebdo".

Ce matin, un an plus tard, la flamme d'une petite bougie blanche, déposée par un quidam, tremblotait sous la pluie, aux pieds de la plaque commémorative qui, depuis hier, honore sa mémoire.

A côté de cette plaque et de la couronne de fleurs déposée par François Hollande et la maire de Paris, toutes en sobriété, trône une peinture, elle très flashy, qu'un artiste de rue a réalisée sur un transformateur électrique d'EDF. Elle représente, de profil et de face, le visage du policier. Accompagné du slogan «Je suis Ahmed». C215, le nom de ce street artist, a eu cette initiative à la demande des collègues de l'intéressé, qui voulaient qu'un tel hommage lui soit rendu. Il a réalisé la fresque en une heure de temps, lundi, en présence d’une centaine de policiers, de la famille du défunt, et de ses amis. Le geste se veut «une démarche citoyenne et un hommage au civisme». Pour C125, «Ahmed, enfant de l’immigration, de l’intégration et de la police nationale, était un symbole fort du vivre ensemble».

EDF n'a pas fait effacer la fresque. Elle qui, pourtant, apprécie habituellement peu que l'on badigeonne de la sorte ses installations. La présence de François Hollande et d'Anne Hidalgo aux côtés de la peinture l'a implicitement officialisée. Et la maire l'a en quelque sorte adoubée, puisqu'elle en a tweeté la photo.

Deux hommages cohabitent donc, sur cette artère du onzième arrondissement. L'un très officiel, rendu par les plus hautes autorités de l'Etat, l'autre plus informel. Dans une coexistence toute en douceur, et mutuellement respectueuse. Bien.

25/11/2015

Une source d'inspiration inépuisable

 Paris, Terrorisme, Arts, CultureCela avait déjà été le cas après les attentats de janvier, et cela ne manque évidemment pas de se reproduire dix mois plus tard. Les murs et le macadam de Paris sont submergés de tags, graffitis et autres créations de street art se référant aux tueries du 13 novembre. C'est bien sûr particulièrement le cas dans notre quartier du onzième arrondissement, entre Charlie Hebdo et le Bataclan. Et on peut constater que, comme il y a dix mois, les agents de la propreté de la mairie ne font pas trop de zèle pour effacer rapidement ces témoignages, eux qui sont d'habitude si prompts à les recouvrir de peinture fraîche. Sans doute ont-ils reçu des recommandations de tolérance/bienveillance.

Une des figures qu'on a le plus vues, dans le quartier et ailleurs, s'inspire du "Baiser de l’Hôtel de ville", la photo sans doute la plus célèbre de Robert Doisneau, accompagnée ici des slogans «Même pas peur» ou «Même pas mal». Mais les thématiques développées par ces artistes de rue sont vraiment très diverses. L'intervention la plus visible est l'immense «Fluctuat Nec Mergitur», en lettres capitales blanches sur fond noir, apposé notamment sur une palissade de la place de la République. La devise latine de la capitale française – la cité qui flotte et ne sombre jamais –, prenant tout son sens dans un contexte aussi dramatique.

Sur les réseaux sociaux, un hashtag spécial #sprayforparis a même été créé (voir par exemple ici ou ). Il est devenu le point de ralliement de tous ces anonymes ou artistes reconnus, qui veulent faire partager leur expression relative à cette sinistre actualité.

paris,terrorisme,arts,cultureLe mouvement semble gagner y compris un terrain qui est d'habitude peu propice à l'expression artistique: la campagne électorale pour les élections régionales de la première quinzaine de décembre.

Ainsi, à partir de ce mercredi, le Parti pirate et ses mouvements associés au sein de la liste alternative FLUO (relire ) mettent leurs panneaux électoraux à la disposition des artistes. Panneaux «tels des pages blanches», qui «offrent une place à l'expression libre, à l'heure où celle-ci est de plus en plus refrénée par l'état d'urgence». C'est le photographe et plasticien francais Joachim Romain qui, cet après-midi, lancera le mouvement.

29/10/2015

Une respiration bienvenue

Heureuse surprise, dans le métro ce matin. Ça et là, sur les quais de stations, quelques panneaux publicitaires en 4 par 3 qui accueillent, non plus de la réclame – si fatigante, à la longue –, mais de la photographie d'art.

Car la RATP a décidé de donner carte blanche au photographe Philippe Halsman (1906-1979), qui est à l'honneur en ce moment au Musée du Jeu de Paume: une exposition rétrospective lui est consacrée. Du coup, seize stations et gares du réseau de transports parisien arborent en format géant des photos d'époque, le plus souvent souriantes, de stars comme Marylin Monroe, Dali, Mohamed Ali, Jean Cocteau ou Grace Kelly. Cela change agréablement des placards de pub faisant les louanges de smartphones, de doudounes ou de lessiveuses. Au printemps, déjà, dans un nombre identique de stations, la RATP avait sacrifié des pubs au profit de photographies du Belge Harry Gruyaert.

Pour la régie publicitaire de la RATP, Metrobus, ce genre de partenariats culturels entraîne un manque à gagner, en termes de recettes. Raison pour laquelle elle ne les multiplie pas tous les quatre matins. On peut d'ailleurs se demander si de telles opérations se poursuivront, à l'avenir.

Metrobus, en effet, pourrait bientôt être contrôlée à 100% par les sociétés JCDecaux et Publicis Groupe. Elles détiennent actuellement 33% de son capital, et sont en négociations exclusives pour sa prise de contrôle totale. Or, ces deux sociétés sont des multinationales à cash: notoirement plus soucieuses de profits et de rentabilité que de respirations artistiques.

14/10/2015

Une reconversion qui tarde

Paris, Terrorisme, ArtsPuisqu'on évoquait hier l'immeuble de notre quartier Saint-Sabin où était située la rédaction de "Charlie Hebdo", avant l'attentat du 7 janvier, signaler cette intervention murale – elle d'un meilleur goût – qui orne ce bâtiment, depuis un petit temps.

Un grand collage, deux immenses doigts pointés vers une de ses portes d'accès. A l'évidence, l'artiste de rue anonyme à l'origine de cette intervention s'est inspiré de Michel-Ange et de sa célèbre fresque "La Création d'Adam", qui orne la voûte de la chapelle Sixtine.

Pourquoi pas. Juste, autant on voit bien ce qui a été détruit dans cet immeuble, autant on distingue assez mal ce qui y aurait été créé. Et, si ce collage doit être lu comme une invitation artistique à un avenir meilleur et créatif pour les lieux, très bien, mais cela paraît mal parti.

Pour preuve, la mairie de Paris, qui a remis complètement à neuf les anciens locaux de la rédaction de "Charlie", tente depuis des semaines de les mettre à nouveau en location. En vain, à ce stade. Personne, visiblement, pas la moindre petite entreprise ou start up, ne souhaite emménager dans ces lieux si dramatiquement connotés.

Et cela pourrait bien durer.

12:10 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, terrorisme, arts

23/09/2015

Une évolution qui semble se confirmer

Culture, Arts, Paris, BanlieuesParis et sa région se décoincent, décidément, dans leur rapport à l'art urbain – qui y fut si longtemps méprisé, dénigré et pénalisé. Au printemps, on avait eu/vu des premiers signes de cette évolution (relire ici ou ). En ce début l'automne, ce mercredi, le mouvement, lentement mais sûrement, semble se confirmer.

Ainsi, en gare de Paris-Nord – une fois de plus –, précisément face à la voie 7, un artiste de rue, Nowart, a reçu carte blanche pour célébrer le 125ème anniversaire de la mort de Vincent Van Gogh. Sa fresque en hommage au grand peintre a été créée sur les palissades du kiosque Thalys. Van Gogh ayant passé sa vie entre la France, la Belgique et les Pays-Bas, «nous voyons cette fresque comme un cadeau fait à nos voyageurs», a commenté la direction de Thalys. «Il est dans notre ADN de favoriser les rencontres et la créativité: le démontage de notre kiosque nous a donné une belle opportunité de sortir des sentiers battus».

L'art urbain fait tout autant parler de lui, ces jours-ci, dans un lieu nettement plus éloigné du centre de Paris. En effet, le record de la plus grande fresque murale d'Europe est désormais détenu par Evry, la ville préfecture du département de l’Essonne.

Culture, Arts, Paris, BanlieuesCette fresque a 95 mètres de long et 16 mètres de haut. Signée par l'artiste de street art Speedy Graphito, elle a été réalisée en deux semaines, sur l'enceinte de l'agora de la ville. Et s'inscrit dans le cadre d'un festival que la communauté d'agglomération Evry Centre Essonne consacre à l'art urbain. A cette occasion, pendant deux ans, cinquante artistes locaux mais aussi des créateurs «d’envergure nationale et internationale» se relaient dans les six villes regroupées au sein de cette agglomération. Afin d'y enraciner la pratique culturelle et de souligner la diversité de ce territoire.

Bien.

22/09/2015

Une ouverture «au rabais»

Les musées du Louvre et d'Orsay ainsi que le château de Versailles: trois institutions culturelles parmi les plus fréquentées de Paris et de sa région, qui pourraient bien voir leur fonctionnement perturbé, ces prochains jours. Un préavis de grève reconductible a d'ailleurs été déposé à Orsay pour ce mardi. Des réunions de la dernière chance étaient prévues ce matin, pour tenter d'éviter la fermeture de l'établissement.

Les syndicats protestent contre le projet d'ouverture 7 jours sur 7 de ces trois institutions, ainsi que François Hollande l'a promis. Au lieu d'être habituellement fermés au grand public les lundis ou mardis, Le Louvre, Orsay et Versailles seraient accessibles au public scolaire, ces jours-là. Pour les syndicats, c'est «une idée séduisante, mais qui est incompatible avec la réalité».

Ils argumentent (, notamment) qu'un musée n'est jamais inactif, y compris les jours où il est fermé au grand public. Le lundi ou le mardi, c'est le moment où les chercheurs ont accès aux collections, où on en profite pour procéder à l'entretien des lieux et effectuer des réparations, où on fignole les accrochages, où on organise des visites de presse ou des formations, etc. Accessoirement, ce sont aussi les jours où ces institutions remplissent leurs caisses: en privatisant leurs espaces (pour des réceptions, des cocktails d'entreprise, etc.). Bref, accueillir en plus les scolaires au même moment «ne peut matériellement s'envisager sans dégrader fortement la conservation du patrimoine et les conditions de travail des agents».

En outre, les gamins des écoles n'auraient «aucune garantie de qualité de visite dans de bonnes conditions». François Hollande avait souhaité () que, par cette initiative, soient «offertes à la jeunesse de France toutes les conditions pour apprendre, pour s'émerveiller, pour s'émouvoir». Très bien. Mais concrètement, à en croire ces opposants, dans ces musées ces jours-là, ces jeunes pourraient bien en être réduits à des «parcours en zig-zag, pour éviter les zones balisées en opérations techniques». Etre réduits, en somme, à des visites «au rabais, dans l’ambiance bruyante et parfois poussiéreuse de chantiers divers, de travaux et de circulation d’engins et de techniciens».

C'est évidemment une perspective moins emballante.

21/09/2015

Un succès public

Paris, Arts, Culture, International, Femmes, Personnalités Un peu de culture, pour bien commencer la semaine. Et une bonne nouvelle, pour un des grands musées parisiens.

Le musée d'Orsay, en l'occurrence. Pour la deuxième année consécutive, il apparaît à la première place des musées français et européens plébiscités par le "Travellers’ Choice Musées". Ce palmarès est issu des avis laissés depuis douze ans par les utilisateurs du site TripAdvisor, commentaires qu'un algorithme a totalisés en vue de ce classement, en prenant en compte à la fois leur quantité et leur qualité. Orsay devance même Le Louvre, deuxième de ce palmarès français et troisième de son équivalent européen. L'institution de la rive gauche arrive deuxième dans le volet international du classement, derrière le Metropolitan Museum of Art de New York.

Dès demain, ce même musée d'Orsay va à nouveau faire parler de lui. Il inaugure une exposition thématique consacrée... à la représentation de la prostitution dans la peinture. Certaines sections, présentant des tableaux explicites, seront interdites aux mineurs. Précédemment, déjà, le musée avait quelque peu bousculé les convenances en consacrant une exposition au nu masculin. Sa qualité avait été discutée, mais le succès public avait été au rendez-vous.

Ce devrait être à nouveau le cas avec l'exposition qui débute demain, s'agissant d'un sujet aussi affriolant que grand public. Un sujet racoleur, grimacent certains. Pour qui Orsay, dans son but d'attirer les grandes foules, va tout de même un peu loin dans la facilité des thématiques qu'il aborde – on vous laisse juges.

Paris, Arts, Culture, International, Femmes, Personnalités Sinon, pour la petite histoire, la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, n'ira pas demain soir à Orsay, s'afficher devant des tableaux montrant des filles de joie, leurs clients et leurs maquereaux. Elle assistera plutôt, à la Comédie française, à la représentation du "Père": la pièce d'August Strindberg, mise en scène par Arnaud Desplechin. Sans doute est-ce moins sulfureux. Et plus cohérent avec les vues du gouvernement – qui, pour rappel, soutient la mise à l'amende des clients de la prostitution.

29/06/2015

Un tarif qui devient prohibitif

arts,culture,musées,gouvernement,economieUn peu de culture, pour bien débuter la semaine. Mais, en l'occurrence, une mauvaise nouvelle. En provenance du Louvre – qui, décidément, n'en rate pas une (relire ici, ou ). A partir de mercredi, le prix du billet d'entrée y passera à 15€. Contre 12€ aujourd'hui.

L'institution argumente que, de la sorte, les expositions temporaires deviendront, bien plus qu'aujourd'hui, la «porte d'entrée vers le musée». Car ce billet à 15€ donnera accès aussi bien aux collections permanentes qu'aux expositions. Et elle fait valoir que c'est même une diminution de tarifs: aujourd'hui, le billet jumelé (donnant accès aux expos et aux collections) est à 16€. Il n'empêche, dans les faits, la majorité des quelque 9 millions de visiteurs annuels du Louvre choisissant de visiter soit ses collections, soit une expo, la plupart du temps, ils paieront davantage qu'auparavant.

Derrière ces arguments spécieux, se cache en fait une nécessité beaucoup plus prosaïque. Vu les baisses des dotations que lui verse l'Etat, Le Louvre doit, comme les autres musées, accroître sa part d'autofinancement. Et il estime que cela passe notamment par une hausse de ses tarifs.

Ces trois euros de plus n'incommoderont sans doute pas exagérément les touristes étrangers, qui constituent 70% de sa clientèle. En revanche, pour une famille nombreuse venue de province passer quelques jours de vacances dans la capitale, 15€ par personne, cela commence à faire cher – a fortiori que les audioguides, bien sûr, ne sont pas compris dans le tarif.

A part cela, en 2012, le candidat François Hollande avait notamment promis, s'il était élu à l'Elysée, de «soutenir l'accès à la culture et à la création artistique».

Encore bravo.

17/06/2015

Un printemps différent

Arts, Transports, MétroC'est le printemps de l'art urbain, décidément, à Paris. Après les fresques sur la façade du ministère de la Culture puis sur le périphérique (relire ici ou ), c'est au tour des sociétés de transport de s'y mettre.

Ainsi, en l'honneur d'un des grands festivals de l'été rock parisien (), la RATP a une nouvelle fois métamorphosé la station de métro Duroc (lignes 10 et 13), dans le très chic septième arrondissement. En ce moment, les grands panneaux publicitaires en 4 par 3 qui ornent ses murs n'affichent plus de la réclame traditionnelle. Mais... des affiches «Rock’Art», imaginées spécialement pour l'occasion par des créateurs, qui y illustrent les vedettes de ce festival. Au passage, comme chaque été à cette époque, la station a changé de nom: elle a été temporairement rebaptisée «Durock».

Une quinzaine de stations plus loin, et là à une plus grande échelle, débute demain matin l'opération «Art Residence». Cela se passe à Paris-Nord, la plus grande gare d'Europe. Jusqu'au 8 juillet, elle sera le lieu de résidence de seize artistes de street art. Qu'ils viennent de France ou de l'étranger (Berlin, Londres, New York ou Barcelone), qu'ils soient créateurs vedettes confirmées ou en devenir, ils et elles ont reçu carte blanche. Pour redécorer des quais de la gare et des couloirs du métro avec des peintures, des fresques, des pochoirs et des collages.

Arts, Transports, MétroL'idée est venue d'un collectif d'usagers de Paris-Nord, né en 2013 et baptisé « Quai 36 ». Du nom d'une des voies de la gare d'où partent et arrivent les trains en direction ou en provenance du Nord, la région d'origine des initiateurs de ce projet. Ce groupe d’amis et de passionnés d'art urbain voulait revaloriser l’espace public, offrir aux centaines de milliers d'usagers quotidiens de la gare une «expérience à la fois esthétique, culturelle et profondément humaine». La SNCF, séduite par le projet, l'a validé et a même accepté de le financer.

Cela ne manque pas de piquant ni même d'un certain panache, voire d'élégance. Venant d'une société de transport qui, à longueur d'années, peste contre les tags, grafs et autres graffitis. Consacre un budget très important à leur nettoyage. Et, quand elle réussit à attraper leurs auteurs, les traîne systématiquement en justice – obtenant parfois qu'ils soient condamnés à lui verser des dommages et intérêts d'un montant considérable.

01/06/2015

Une première, spectaculaire

Arts, Culture, UrbanismeUn peu de culture, pour bien commencer la semaine. Et un peu d'art urbain, en l'occurrence.

Les choses ont l'air de bouger un peu dans ce domaine, en France. Peu après les fresques éphémères sur la façade même de l'immeuble du ministère de la Culture (relire ), un artiste a, pour la première fois, été autorisé à intervenir sur le bitume du périphérique: le boulevard périurbain le plus fréquenté d'Europe.

A la hauteur du quai d'Ivry, dans le treizième arrondissement, sur une surface de quelque 4500m², l'artiste allemand baptisé 1010, spécialiste du trompe-l'oeil en trois dimensions, a utilisé 200 litres de peinture pour créer une sorte d'immense cratère multicolore, sur le tablier central d'un échangeur promis à la démolition. Les usagers du périph' ne roulent pas sur sa création. A cet endroit, en effet, la circulation a été neutralisée, au profit d'une déviation provisoire. Il n'empêche, sur leur passage, les automobilistes peuvent avoir un aperçu de ce vertigineux cratère. Mais c'est surtout des immeubles en hauteur voisins que l'effet, paraît-il, est spectaculaire.

Là encore, le geste artistique est éphémère. Ce vieil échangeur cèdera bientôt la place à un nouveau quartier de logements, de bureaux, de commerces, d'équipements publics de proximité, et d'espaces verts.

Ce futur quartier Bruneseau Nord, c'est son nom, fait partie de l'immense projet urbanistique baptisé Paris Rive Gauche. Il consiste à revitaliser 930 hectares de terrains (soit rien de moins que le dixième de la superficie totale de la capitale), dans le Sud-Est de Paris. «Bruneseau, quartier emblématique du Paris de demain», dixit la mairie. Sa création, en tout cas, a donné lieu à une première artistique – et sans doute est-ce déjà cela.

28/04/2015

Une idée fixe, toujours aussi discutée

Musées, Culture, Arts, Economie, GouvernementAvec le printemps et les beaux jours, c'est aussi, à Paris, le retour d'une idée fixe qui, décidément, d'une année à l'autre, ne passe visiblement pas.

A savoir, la décision prise l'an dernier par Le Louvre (relire ici, par exemple) de mettre entre parenthèses, pendant la haute saison touristique, le système en vigueur depuis 1998, qui veut que l'accès aux collections permanentes de tous les musées soit gratuit chaque premier dimanche du mois. En vertu de cette réforme, ce dimanche 3 mai – puisqu'on est désormais en haute saison –, les visiteurs du plus grand musée du monde devront payer. Il faudra attendre début octobre pour retrouver la gratuité dominicale d'accès à ces collections, une fois par mois.

Pour l'association Louvre pour tous, c'est un «symbole fort et quelque part désespérant». Car, «si les conditions de visite sont ce jour-là parfois pénibles pour les visiteurs et pour les personnels, le premier dimanche du mois gratuit au Louvre est une rare réussite de cette démocratisation culturelle tant recherchée et tant vantée par les politiques de tous bords». Dès lors, une pétition () a été lancée, pour réclamer la levée de cette restriction saisonnière de la gratuité d'accès. Elle a déjà recueilli quelques milliers de signatures.

En revanche, on attend toujours de connaître l'avis sur la chose de la ministre de la Culture, Fleur Pellerin. Qui, à moins que cela nous ait échappé, ne s'est pas encore prononcée sur cette réforme si discutable. Sans doute a-t-elle d'autres chats à fouetter, qu'elle juge plus prioritaires.

13/04/2015

Un essaimage bienvenu

Un peu de culture, pour bien entamer la semaine. Et une nouvelle qui est passée assez inaperçue quand elle est tombée, le mois dernier, or elle confirme pourtant un mouvement de fond qui paraît assez réussi: l'essaimage des grandes institutions culturelles parisiennes en dehors de la «Ville lumière».

On avait déjà, ces dernières années, l'incroyable succès (relire ) remporté par le Louvre Lens – mais l'antenne du Centre Pompidou à Metz, elle, visiblement, peine à marcher aussi bien. Dans quelques mois, on aura l'inauguration du Louvre Abu Dhabi. En attendant, une autre vitrine muséale française a ouvert ses portes à l'étranger, il y a peu.

En Espagne, en l'occurrence. Et à Malaga, plus précisément. Sur le port de la ville andalouse, désormais, un bâtiment futuriste dénommé «El Cubo» (le cube), assez réussi, accueille le premier «Centre Pompidou provisoire». Pendant cinq ans, il proposera une sélection de près d'une centaine de pièces issues des prestigieuses collections de l'institution de la Place Beaubourg. Parmi elles, des Bacon, des Chagall, des Magritte, des Max Ernst, des Brancusi, et, bien sûr, des Picasso. Cette sélection sera renouvelée régulièrement. Elle sera complétée par des expositions temporaires (d'une durée de de trois à six mois), par des spectacles de danse, des représentations de théâtre, des cycles de cinéma, etc. Et, si elle attire les foules, cette expérience sera suivie d'autres du même style, dans d'autres pays voire sur d'autres continents.

Bien.

01/04/2015

Une «évolution notable», à concrétiser

culture,arts,gouvernement,personnalités,pellerinUn peu de culture, aujourd'hui. Puisque, tout arrive, le ministère de la Culture est à l'origine d'une initiative qui ressemble à un début de reconnaissance officielle d'un art à ce jour peu mis en valeur par les pouvoirs publics – en France, en tout cas – : l'art urbain, ou «street art». Pour preuve, quinze artistes urbains ont reçu carte blanche pour redécorer (temporairement) les façades du siège de ce ministère, rue Saint Honoré. Cette exposition collective, baptisée «Oxymores», présente divers styles d'art urbain (fresque, graffiti, collage, etc.) et est éphémère: elle prend fin le 26 avril.

 

«Quelques années après les arts de la rue, l’art urbain peut trouver une place dans les politiques culturelles», plaident les commissaires de l'exposition. La ministre, Fleur Pellerin, pour sa part, assure de «son attachement à toutes les formes artistiques et à leur diffusion vers le public le plus large, et notamment la jeunesse». Elle dit vouloir «conduire une politique volontariste en faveur de l'art urbain, afin de soutenir les pratiques artistiques dans toute leur diversité». A cet effet, elle promet un «Plan d'action pour l'art urbain», à la fin du mois.

 

Très bien. On lui souhaite toutefois bien du plaisir. Car, au moment où la ministre parle de «soutien aux artistes» et de «reconnaissance de leurs modes d'expression», les interventions des intéressé(e)s, à longueur de journées, à Paris comme ailleurs en France, continuent d'être détruites. Par des services municipaux de la propreté qui les assimilent à des dégradations de l'espace public. Et ces «street artists» ne sont pas rarement poursuivis en justice.

 

Ce paradoxe n'échappe évidemment pas aux commissaires d'«Oxymores». Ils notent que l'invitation faite par le ministère de la Culture à l’art urbain «marque une évolution notable de l’approche de l’État vis-à-vis de ces interventions, sans pour autant modifier le contexte juridique français, dans lequel le fait de peindre dans la rue peut déboucher sur une peine de prison. Les plus hautes distinctions valorisant des artistes renommés contrebalancent péniblement la criminalisation d’un très grand nombre de peintres».

 

Mais le gouvernement Valls va donc régler tout cela. On est curieux de voir comment il va s'y prendre.

26/01/2015

Un impact, là aussi

Comme toujours en janvier, les grandes institutions culturelles parisiennes font leurs comptes: publient leurs chiffres de fréquentation pour l'année écoulée. Et 2014 fut visiblement une bonne année pour la culture, dans la «Ville lumière».

Ainsi, à la Fondation Cartier pour l'Art contemporain, la rétrospective consacrée au sculpteur Ron Mueck, dont les créations sont spectaculaires, il est vrai (voir ), a attiré plus d'un million de visiteurs. Le Muséum d’Histoire naturelle, lui, affiche carrément «3 618 936 billets vendus». Un succès dû à la réouverture du Zoo de Paris (1,5 million de visiteurs en huit mois), mais aussi à la rénovation de la Grande Galerie de l'Evolution (), en l'honneur de ses vingt ans. Du côté des musées dépendant de la Ville de Paris, ils revendiquent eux aussi (ici) plus de 3 millions de visiteurs. Et, à Beaubourg, l'on s'attend à ce que l'expo Jef Koons connaisse une affluence d'une ampleur historique, dépassant même les succès phénoménaux remportés jadis, à Pompidou, par les rétrospectives Dali (840 000 visiteurs), Matisse (735 000), et Soulages (500 000).

2015 sera-t-elle une aussi bonne année que 2014, en matière de fréquentation des grandes institutions culturelles parisiennes? Pas sûr. En effet, ce secteur, lui aussi, souffre de l'impact de l'actualité terroriste de la première quinzaine de janvier – on n'en sort décidément jamais.

Ainsi, depuis le début du mois, la fréquentation des musées de la Ville de Paris a chuté de 38%, par rapport à la même période de 2014. Un repli «très naturel», selon la directrice de l'établissement public des musées de la capitale: «Les gens n'avaient pas la tête à la culture. Ils essayaient de comprendre (l'actualité), ils étaient en détresse».

A voir si le grand public va revenir dès les prochaines semaines dans les musées de la capitale. Ou si la chute de fréquentation sera plus longue, ce qui se répercuterait sur leurs chiffres pour l'ensemble de l'année 2015.

 

14/01/2015

Une semaine après

Paris, Presse, Journalisme, Arts Rue Nicolas Appert, ce matin. A l'heure précise où, il y a une semaine jour pour jour, a été perpétré l'attentat contre «Charlie Hebdo».

La mairie de Paris et l'ambassade des Etats-Unis en France venaient d'y faire déposer des couronnes de fleurs. Le collègue de CNN enchaînait les directs, dans lesquels, en boucle, il fustigeait la France pour les lacunes «impensables» de ses services de renseignement, dans la surveillance des trois islamistes avant qu'ils passent à l'acte. A deux pas, une jeune fille, Libanaise, précisant être de confession musulmane, posait pour les photographes avec, en main, le numéro spécial de «Charlie» qui est sorti ce matin.

Le petit carrefour donnant sur la rue Appert a été rebaptisé, par des quidams, «Place de la Liberté d'expression». Sur les murs, des touristes du monde entier sont venus apposer des petits mots de sympathie – on en a même lu en japonais. Un artiste de rue a réalisé un collage assez fort: un montage de photos des rues environnantes, maculées de taches de sang écarlates.

Dans la masse des messages, des dessins et des caricatures de soutien qui s'accumulent sur le bitume, on voit notamment un petit mot consacré au dessinateur Cabu (qui a été inhumé, ce matin): «Bon anniversaire 13 janvier 1938-13 janvier 2015. Même pas mort». On lit aussi des extraits du «Chant des partisans». Un «J'écris ton nom, Charlie». Ou un «Aimons-nous les uns les autres».

Dans le quartier, évidemment, comme dans l'ensemble de la capitale et dans le pays tout entier, dès les premières heures de la matinée, plus un «Charlie» n'était disponible en kiosque. Et, à 10 heures, dans cette partie du onzième arrondissement, on ne trouvait même plus le moindre «Libé» ni le moindre «Canard Enchaîné». Les Français, visiblement, se remettent à la lecture de la presse. Sans doute est-ce déjà cela.

Paris, Presse, Journalisme, Arts La tuerie, c'était donc il y a une semaine: le mercredi 7 janvier. Rien à voir, mais, une semaine plus tard, à quelques kilomètres à peine de là, Paris inaugure en grandes pompes, ce 14 janvier, La Philarmonie: l'immense nouvel ensemble culturel de la Porte de la Villette, dédié à la musique classique.

La musique adoucit les moeurs, assure l'adage. Pour le coup, si d'aventure il venait à s'appliquer, cela tomberait plutôt bien.

03/11/2014

Un engouement, dans l'entre-soi

Arts, Culture, Musique, Belgique, Paris, SocialUn peu de culture, pour bien débuter la semaine. Constater que, décidément, les années ont beau passer, une certaine culture belge reste tout de même furieusement à la mode, à Paris. Hier soir encore, c'est ce qu'on s'est dit.

A Garnier. Au vu de la ferveur, impressionnante, de l'ovation qui a salué – comme tous les soirs, paraît-il – «Rain»:  le spectacle que la danseuse et chorégraphe flamande Anne Teresa De Keersmaeker avait jadis créé à La Monnaie de Bruxelles, et que l'Opéra de Paris reprend, en ce moment. Un talent fou, une maestria technique hallucinante, une vitalité époustouflante, et une beauté totale (musique de Steve Reich, costumes signés Dries Van Noten, etc.). L'engouement parisien pour cette chorégraphie est tel qu'il n'y a évidemment plus une place de libre, et ce malgré des tarifs absolument prohibitifs.

A ce sujet, sans doute est-ce enfoncer une porte ouverte que d'en faire le constat, mais cela ne fait jamais de mal non plus de le souligner: à l'Opéra de Paris, cela continue à fonctionner terriblement dans l'entre-soi. A Garnier, en tout cas (c'est moins forcément systématique à Bastille), comme si souvent dans les grandes institutions culturelles parisiennes (Théâtre des Champs-Elysées, etc.).

arts,culture,musique,belgique,paris,socialOn n'a pas pu, hier, observer tous les visages de tout le public, mais, d'après ce qu'on en a vu, outre qu'il y avait très peu de jeunes (quelques trentenaires, tout au plus), il n'y avait... que des blancs. Sur un bon millier de spectateurs, à moins que cela nous ait échappé, pas un black, pas un beur. Quelques touristes asiatiques, oui, mais, pour le reste, tous des blancs.

Cela aussi, c'était assez saisissant.

30/10/2014

Une humiliation judiciaire

Justice, Transports, Métro, ArtsC'est une gifle judiciaire qui a été assénée à la RATP, hier. Le tribunal correctionnel de Paris a purement et simplement annulé les poursuites que la régie des transports parisiens avait intentées à un artiste de rue avec lequel elle est en conflit. Les juristes de la RATP avaient si mal ficelé le dossier, en termes de procédure, que les magistrats ont carrément décrété la nullité totale de leur citation.

Le justiciable en question était Thoma Vuille, un artiste-graffeur franco-suisse âgé de 37 ans. Alias «M. Chat». Depuis la fin des années 90, il dissémine son gros chat jaune et hilare (inspiré du «grinning cat» d'«Alice au pays des Merveilles») un peu partout dans l'environnement urbain. Il a acquis une notoriété internationale lorsque, en 2004, le grand cinéaste Chris Marker a consacré un «street movie» («Chats perchés») à cet artiste ainsi qu'à son personnage. Depuis, Thoma Vuille expose dans des galeries jusqu'à New York ou Hong Kong. Ce qui lui vaut d'être régulièrement dénigré par nombre de street artists, qui le jugent complètement récupéré par le système (commercial).

Mercredi, il était donc traîné en justice par la RATP. Sur la base de la loi punissant « le fait de tracer des inscriptions, signes ou dessins sans autorisation préalable sur des façades, véhicules, voies publiques ou mobilier urbain». Auparavant, il avait refusé de payer les 1.800 euros d'amende que lui réclamait la RATP. L'objet du délit? Une dizaine de têtes de matous qu'il avait dessinées en mai dernier, sur les murs de la station de métro «Châtelet-Les Halles» en cours de rénovation. «Une blague», pour «faire sourire les usagers du métro». Une intervention éphémère, présentée comme recouvrant avantageusement «des murs gris tristes» qui, de toute façon, étaient sur le point d'être recouverts de carrelage. «Je ne suis pas quelqu'un de malveillant: je respecte les gens et les lieux où je peins», s'était-il justifié. «J'ai juste humanisé un lieu, un couloir de transit complètement gris, juste mis de la couleur. Les gens qui disent que mon graffiti est sale ne prennent jamais le métro».

Justice, Transports, Métro, ArtsLa RATP n'a rien voulu entendre. Comme elle l'a fait – mais là, sans succès – avec «M. Chat», elle dépose systématiquement plainte contre X, pour dégradation, chaque fois qu'elle découvre des interventions de ce type. Plainte «sans appréciation de la qualité artistique des actes concernés». Et que ces interventions plaisent au public, ou non; dans ce dossier, 20.000 personnes ont signé une pétition en ligne de soutien à Thoma Vuille.

La société de transports consacre chaque année un budget de 20 millions d'euros – ce qui n'est tout de même pas rien – à la traque et au nettoyage des tags et autres interventions commis dans son réseau, puis à la remise en état de ses installations.