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17/06/2011

Une épreuve, des résultats

«Ressentir l'injustice m'apprend-il ce qui est juste?», «L'homme est-il condamné à se faire des illusions sur lui-même?», ou «L'art est-il moins nécessaire que la science?» Quelques-unes des questions existentielles qui figuraient donc parmi les sujets de dissertation du bac de philo, hier. Si vous voulez élire votre sujet préféré parmi ceux-ci et d'autres qui ont été proposés ces dernières années, une radio française organise une consultation: ici.

A l'occasion de ce bac 2011, la presse française, qui parfois peut être malicieuse, s'est amusée à aller retrouver les résultats qu'avaient obtenus à l'épreuve de philo les bacheliers qui, aujourd'hui, briguent ou pourraient briguer l'Elysée. Nicolas Sarkozy, décidément peu philosophe, n'a obtenu que 9/20 à cette épreuve. Jean-Louis Borloo, son ex-ministre et futur possible rival à droite pour 2012, a fait deux fois mieux: 18/20. Quant à François Hollande et Martine Aubry, aujourd'hui au coude à coude dans les sondages pour l'investiture socialiste, à l'époque déjà, ils étaient à égalité: 13/20.

Interrogé sur ses performances d'adolescent, le ministre de l'Education, Luc Chatel, a fait sangloter dans les chaumières en révélant qu'il n'avait pu passer cette épreuve de philo en juin, cette année-là. Car, à ce moment, il était hospitalisé pour une méningite foudroyante. Il passa donc le bac de rattrapage en septembre. Avec succès, mais cela ne l'a pas empêché, l'autre soir sur un plateau de télé, de sécher misérablement sur un problème figurant au programme des élèves de CM2 – pour les lecteurs non-français de ce blog: des écoliers âgés de 9 ou 10 ans. Ce n'était pourtant qu'une banale règle de trois.

Au moins ledit ministre sait ce qu'il lui reste à faire si d'aventure en 2012 il était, comme son Président, renvoyé dans l'opposition: un bon petit recyclage.

15/04/2011

Un ton si dédaigneux

François Bayrou aurait-il besoin lui aussi d'un peu de vacances? C'est la question que l'on s'est posée hier. En entendant, sur une radio, le plus rural des présidentiables français comparer à «la saison des champignons» la multiplication, ces jours-ci, des déclarations de candidature à l'Elysée. On a toujours été bien plus urbain que rural, mais on sait tout de même que les champignons, c'est plutôt à l'automne.

On se demandait donc si le Béarnais était tombé de son tracteur, quand il a aussitôt rectifié le tir. «D'habitude, la saison des champignons c'est à l'automne. Là, on est dans la saison des champignons de printemps». On était soulagé, notre culture générale rurale n'était pas prise en défaut: la saison des champignons, ce n'est pas maintenant.

Ce n'est visiblement pas non plus la saison de la cordialité, dans la classe politique en ce moment. Témoin, cette réflexion de Dominique de Villepin, hier toujours, visant Nicolas Hulot ou Jean-Louis Borloo. «Nous sommes dans une période printanière, de kermesse politique, où l'on note beaucoup d'appétit, beaucoup de nouveaux visages. Le paysage politique va se clarifier au cours des mois».

Une «kermesse». Des «champignons». Voilà qui n'a rien de très confraternel, entre présidentiables potentiels. Et qui est même franchement dédaigneux. Quelques phrases plus tard, François Bayrou se nuançait, à nouveau: «Je n'ai pas envie de parler de manière condescendante ou méprisante des gens qui, après tout, ont bien le droit de dire qu'ils en ont envie (de l'Elysée). Mais entre en avoir envie et que la démarche choisie soit claire aux yeux des Français, alors là, il y a une très grande marge».

C'était déjà dit sur un ton plus convenable. Et cela montrait que le centriste lui-même s'en était bien rendu compte: sans cette reformulation, il serait vraiment passé, au yeux de l'auditeur moyen, pour quelqu'un de très arrogant.

09/09/2006

Une évidence un peu sexiste

Arlette Chabot, la directrice de l’info de France 2, nous l’expliquait l’autre jour: la mise en congé, dès janvier, de Béatrice Schönberg de la présentation du 20 Heures, annoncée cette semaine, n’est pas du tout une «punition ». «Elle ne quitte pas la chaîne, mais il s’agit d’éviter toute gêne et tout malentendu pour elle et pour nous», précisait-elle.
C’est donc pour permettre à son ministre de mari, Jean-Louis Borloo, de poursuivre sa vie politique dans la période chaude de la campagne électorale que son épouse a accepté de mettre sa carrière entre parenthèses. En principe, elle devrait retrouver son JT une fois la présidentielle et les législatives terminées - sauf si Jean-Louis Borloo devenait Premier ministre, a précisé France 2.
Quelque part, au niveau d’une certaine éthique de l’information, cette mise en retrait est compréhensible, voire souhaitable, ne fût-ce que pour éviter tout soupçon de partialité dans le chef de la chaîne de service public.
On remarque tout de même que, dans le long débat qui a concerné ces derniers mois le sort de Béatrice Schönberg, personne n’a jamais envisagé… l’hypothèse inverse: la mise entre parenthèses de la carrière professionnelle de son mari, pour que la journaliste puisse, elle, continuer à exercer son métier. Par principe donc, le sacrifice professionnel, en l’occurrence, ne pouvait être que féminin. C’est sans doute politiquement plus réaliste. Mais n’est-ce pas, finalement, un présupposé un rien sexiste ?
A France 2, heureusement, la fiction dépasse parfois la réalité. Hier matin, on a pu se délecter des trois premiers épisodes d’une excellente série de 6 x 52 minutes dont la diffusion débutera le 27 septembre. «L’Etat de grâce» met en scène une femme (Anne Consigny, alias Grace Bellanger) qui accède au poste de Présidente de la République et tombe enceinte quelques mois après son investiture.
Sans déflorer ce petit bijou de drôlerie et d’esprit, réalisé par Pascal Chaumeil (présent déjà sur «Engrenages», la meilleure série française depuis longtemps), on retiendra ce pied de nez à notre monde machiste: une vraie/fausse «Une» de «Paris-Match» montrant Grace aux côtés de son ami, le «First man», et de son chien. Avec ce titre parfait: «Les compagnons de la Présidente».
Ségolène et François seront-ils devant leur téléviseur le 27 septembre ?
C.G.