Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

11/12/2014

Une si grande amabilité

Le groupe Canal+ adore visiblement Nicolas Sarkozy. Ou, en tout cas, il table sur sa victoire à l'élection présidentielle de 2017, et donc essaie d'emblée de se faire bien voir par lui.

Pour preuve, sa chaîne de télé D8 diffuse ce soir «Little french songs in America». Il s'agit d'un documentaire sur les coulisses de la tournée aux Etats-Unis de Carla Bruni. Nicolas Sarkozy lui-même y apparaît, bien sûr. Et, évidemment, sous un jour éminemment favorable, bien dans le ton dominant du documentaire: si aimable.

Il y a un an, déjà, la même chaîne D8 avait diffusé, en prime time, un documentaire sur le couple Sarkozy-Bruni, signé par une amie intime de l'ex-Première Dame: la réalisatrice et ex-top model Farida Khelfa. Le film – le publi-reportage, devrait-on plutôt écrire – relatait la vie quotidienne et familiale du célèbre couple. Il dégoulinait tellement de complaisance envers l'ex-Président qu'à l'époque, il avait fait beaucoup jaser.

Bis repetita, donc, ce soir. A nouveau, Canal contribue au «story-telling» sarkozyste.

Le procédé devient si voyant qu'on ne trouverait pas complètement idiot que le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) enfin se prononce sur la chose. Ces publi-reportages successifs de D8 ne doivent-ils pas être pris en compte dans le calcul du temps d'antenne consacré par cette chaîne à la droite sarkozyste?

26/05/2011

Un (autre) féminisme

marchedessalopes.jpgCarla Bruni en personne aurait donc signé la pétition féministe lancée dans la foulée de l'«affaire DSK», texte que l'on évoquait hier dans ce blog. C'est ce qu'a annoncé (ici) «Le Figaro». Ce matin, cela dit, on n'a trouvé nulle trace du nom de l'épouse de Nicolas Sarkozy dans la liste des signataires de cet appel: ni à la lettre B – le seul Bruni renseigné est un certain «Bruni Sylvain, Ingenieur» –, ni à la lettre S: aucun(e) Sarkozy en vue. Passons.

Ce qui est sûr, en tout cas, c'est que Carla Bruni n'était pas parmi les manifestantes qui, dimanche après-midi, ont défilé dans les rues de Paris avant de rendre public ce manifeste. Et qu'elle n'était pas davantage – et n'avait vraiment aucun risque d'y être – à l'autre manifestation qui, le même jour et sur le même thème, a précédé ce cortège. Il faut dire que cette manifestation-là, qui a démarré de la place de la Bastille, se voulait un tantinet plus radicale.

Rien que son nom était tout un programme: «La Marche des Salopes». En référence à une «Slut Pride» qui s'est tenue à Toronto, suite «aux déclarations d’un policier qui expliquait que, pour assurer leur propre sécurité, les femmes devraient éviter de «s’habiller comme des salopes» (et non pas d’apprendre l’autodéfense)». Dimanche, ces féministes-là ont, comme leurs concurrentes quelques heures plus tard, marché contre le sexisme, le machisme, le viol et toute forme d'agression contre les femmes. Mais elles ont aussi protesté contre «le patriarcat blanc hétéro-sexiste et sa morale bien intentionnée, (qui vient) mettre son nez dans nos placards». Elles ont revendiqué «le droit de s'habiller comme nous le souhaitons sans être stigmatiséEs et subir le comportement sexuellement agressif de certains (interpellations, sifflets, etc....)». Et, plus globalement, ont dit leur exaspération, «parce qu'il y en a assez de ces flics (de la morale ou de l’Etat) qui nous disent de ne pas nous habiller comme des catins si on ne veut pas d'ennui et se placent ainsi dans une logique de sanction de toute initiative de réappropriation de notre corps, qui passe également par le choix de nos vêtements».

lasalope.jpgExplication de texte? «En enjoignant les femmes, afin de les «protéger», à se conformer à un pseudo modèle vertueux d'un autre âge de «La-Femme»©, hétérosexuelle, blanche, avec une jupe ni trop longue ni trop courte, libérée mais pas trop, qui peut «concilier vie de travail et vie de famille» (c’est-à-dire continuer à effectuer sans sourciller 80% des tâches ménagères), les autorités ne font que ravaler celles qui ne s'y rangent pas au rang d'objet sexuel, puisque selon leur logique, une femme habillée «comme une salope» ne le fait que pour attirer l'attention des hommes, et n'a donc pas à se plaindre si ceux-ci répondent à ses «sollicitations passives».

Conclusion? «Nous revendiquons nos atours de filles de joie, notre propension à montrer ou pas nos genoux, nos bas résilles et nos oripeaux polissons, sans devoir subir de violences sexuelles, car la révolution se fait aussi en talons!»

Remarquez que, dimanche, cette manifestation féministe-là a eu un écho médiatique infiniment moindre que sa concurrente «officielle». Sans doute les médias français ont-ils jugé que le message qu'elle véhiculait n'était pas assez consensuel pour intéresser le commun des mortels.

11/05/2011

Une double palme

Décernons une double palme, aujourd'hui. Puisque, ce mercredi, s'ouvre le Festival de Cannes. Un événement auquel Carla Bruni ne participera pas en personne, mais par pellicule interposée: via sa courte apparition dans le dernier film de Woody Allen. Cette absence physique est mise officiellement sur le compte de l'agenda surchargé de l'intéressée (...). Elle ne fera évidemment que renforcer les ragots sur l'heureux événement qui serait en préparation dans le couple présidentiel. Cette double palme, précisément, à propos de la dimension politique que certains donnent à cette grossesse élyséenne éventuelle.

C'est Benoît Hamon que l'on prime. Pour les deux réflexions que ce porte-parole du Parti socialiste a faites sur ce sujet, à la faveur d'une interview le week-end dernier.

La première lui vaut «Palme de la Bienveillance, Limite Lénifiance». Ce possible nouveau-né ne serait qu'une grosse opération politique? La solution de fortune qu'aurait trouvée un Nicolas Sarkozy si impopulaire pour gagner quelques précieux points dans les sondages, et donc pouvoir encore nourrir quelque espoir d'être réélu en 2012? C'est ce que disent les mauvaises langues. Dont Benoît Hamon ne fait visiblement pas partie. Selon ce jeune père de famille lui aussi, un enfant ne peut être qu'«un acte d'amour» et rien d'autre. Et, «si cette naissance est confirmée, félicitations à eux deux». Le PS ne nous avait pas habitué à un ton aussi Bisounours envers Nicolas Sarkozy. Cela nous transporte quasiment au pays de Candy.

Seconde récompense: la «Palme de la Lucidité et du Bon Sens». Pour cette réflexion du même Benoît Hamon. «Quant aux points (de popularité dans les sondages) que cette grossesse pourrait faire gagner à Nicolas Sarkozy, si la gauche perd (en 2012) à cause d'un enfant, c'est que vraiment nous n'aurons pas été bons». Bien vu.

Et le pire – diront les lecteurs plutôt à gauche –, le mieux – diront ceux plutôt à droite –, c'est que rien, à ce stade, ne permet d'écarter d'emblée un tel scénario.

04/05/2011

Un poids (sondagier)

Puisqu'on parlait hier des sondages, la question qui agite le microcosme politico-médiatique parisien, en ce moment: depuis que bruissent les rumeurs sur un heureux événément qui serait en préparation chez Carla Bruni-Sarkozy. Cette question? Combien de points dans les baromètres de popularité vaut une grossesse annoncée et menée à bien en pleine campagne présidentielle? Bonne question. Ce week-end, dans un quotidien du dimanche, un sondeur s'est (anonymement) hasardé à répondre: «A mon avis, cinq points».

Si ce professionnel de l'opinion ne se trompe pas et si cette grossesse de Carla Bruni est avérée, Nicolas Sarkozy peut se frotter les mains, pour la présidentielle de l'an prochain. En effet, ces cinq points ne lui seront pas de trop. Lui qui, selon les sondages d'intentions de vote – qui, à ce stade, n'ont évidemment aucun sens – , aura déjà tant de mal à franchir le cap du premier tour et donc à se qualifier pour le second.

Cinq points: le poids sondagier d'un nouveau-né. Au passage, cela en dirait long sur les critères de choix politique d'un certain électorat.

En attendant, remarquons que la gestion de cette séquence par Carla Bruni lui vaut quelques piques inhabituellement acérées, dans des médias.

«Pitié, faites taire la Première Dame!», entendait-on ainsi hurler, mercredi dernier, un éditorialiste, sur une radio (ici). Le couple élyséen, dans ce domaine de com', jouerait avec le feu. Car «beaucoup de Français pourraient trouver que, pour eux, l'actualité est moins riche en heureux événements que pour ceux qui les gouvernent». Encore plus fort: «La princesse Carla, en révélant à demi-mots son état de future mère, change de statut. La petite princesse chanteuse à la voix rauque devient Reine-mère», raillait à son tour, ce lundi, un autre commentateur (là). Qui s'effarait de cette «dramaturgie» si «parfaite»: certes «totalement adaptée à notre monarchie républicaine», mais en même temps «si Disneyland». Et de lever, mine de rien, un fameux lièvre: «En jouant ce rôle de Bernadette Chirac post-moderne, (Carla Bruni) peut-elle encore rester une star de la chanson? Douloureux dilemme».

En haut lieu y compris, décidément, la vie n'est pas toujours facile, Madame.

16/02/2011

Un agacement (encore)

L'autre jour dans ce blog (ici), on s'énervait (un peu) contre une certaine dérive des médias – en France, mais pas seulement – vers l'anecdotique, vers le petit bout de la lorgnette de l'actu. Cette semaine encore, on frise l'indigestion de ce fast-food de l'info que constitue l'«infontainment». Ou la «suzanboylisation» de l'actu, comme on dit. «Paris Match», en effet, a cru bon de demander à l'opinion, via un sondage, laquelle de ces deux personnalités elle préfère: Carla Bruni-Sarkozy ou Anne Sinclair-Strauss-Kahn.

On n'a pas encore compris l'intérêt de fond d'une telle enquête d'opinion, si ce n'est bien sûr celui de vendre du papier. On voit bien l'esprit dans laquelle elle est faite: tester la popularité de deux potentielles first ladies pour l'élection présidentielle de 2012. Mais trois réserves au moins, trouve-t-on, peuvent être objectées à cette démarche médiatico-sondagière.

D'abord, les premières dames n'ont en France aucune existence constitutionnelle ni aucune légitimité démocratique, puisqu'elle ne sont pas élues. Dès lors, les tester dans les sondages, comme on le fait pour un Président, des ministres ou des parlementaires, c'est accréditer en douce un glissement. C'est officialiser mine de rien un rôle d'influence que, dans les faits, les intéressées ont peut-être, mais qui n'a pas à être ainsi reconnu voire célébré – tant, en tout cas, que la Constitution n'a pas été modifiée. Et c'est remettre une couche dans la «peoplelisation» de la politique. Ensuite, le fait même de procéder à un tel sondage est condescendant envers l'électeur: politiquement, le Français moyen en serait donc au point de choisir son prochain Président en fonction de son épouse? Enfin – surtout –, tout cela ne fait qu'alimenter une vision rétrograde de l'épouse en politique, et de la femme en général. Juste bonne à jouer la pièce rapportée, le faire-valoir, la valeur ajoutée en somme: au service docile et dévoué de Monsieur. Pénible, donc.

Mais ce n'est que notre avis.

07/04/2010

Un mot

dati&bruni.jpgRumoriste. C’est le mot du jour, ce mercredi à Paris. A en juger en tout cas au nombre de fois où on l'a entendu ce matin, à la radio. Rumoriste serait donc le nouveau terme qui, en France en ce moment, devrait remplacer celui de journaliste. Tant, dans ce pays, les journalistes en seraient de plus en plus souvent réduits, non plus à rechercher des infos et à décrypter l’actu, mais à se faire le relais plus ou moins consentant des rumeurs bruissant dans les allées du pouvoir. Précision à l’attention des lecteurs de ce blog qui auraient été sur la planète Mars ces derniers jours: on veut évidemment parler des rumeurs sur les infidélités conjugales émaillant, selon ces ragots, le couple Nicolas Sarkozy-Carla Bruni. Et des ragots selon lesquels Rachida Dati aurait joué un rôle dans la propagation de ces potins – ce qu’elle a démenti vigoureusement, ce matin.

 

Nous voilà donc devenu rumoriste. Echotier des bagatelles présumées et des complots supputés. Chroniqueur des disgrâces de Cour, des conjurations de palais et des coups de colère présidentiels, réels ou fantasmés.

 

Professionnellement, tout comme la «twitterisation» du journalisme, ce n’est pas l’évolution du métier qui nous emballe le plus.

 

Politiquement, on n’est pas sûr que cette dérive «monégasque» de la vie publique hexagonale – «monégasque», en référence à l’époque où l’actualité de la Principauté de Monaco voisine se réduisait au feuilleton de la vie intime de ses princesses – fera davantage voter les gens aux prochaines élections, ou les fera moins voter aux extrêmes.

19/09/2008

Une visite

A Paris comme partout ailleurs ce week-end, les Journées du Patrimoine. Parce que la petite histoire des grands de ce monde fait toujours recette, parce que les coulisses des lieux de pouvoir ont toujours excité la curiosité populaire, il y a fort à parier que cette année encore, la queue va être interminablement longue rue du Faubourg Saint-Honoré, devant les grilles du palais de l’Elysée.

L’an dernier, pour la première fois dans les annales, le bureau personnel du Président de la République avait été ouvert au public. Cette année, les visiteurs auront accès à trois salons supplémentaires dont le célèbre salon d’Argent, où Napoléon signa son acte d’abdication le 22 juin 1815, après avoir été défait à Waterloo. Sinon, à l’occasion de cette Journée, le chef de l’Etat a voulu «mettre l’Histoire en valeur sous un angle inédit». Du coup, dans le salon Napoléon III, seront présentés au public «les menus d’hier et d’aujourd’hui, donnés en l’honneur d’invités illustres». Et dans la Cour d’honneur, les visiteurs pourront s’extasier devant «une collection unique de voitures présidentielles des débuts de la Cinquième République».

Dans le petit dépliant de présentation du Palais qui leur sera remis à leur arrivée, les visiteurs de l’Elysée découvriront un cliché inédit du couple Sarkozy-Bruni, réalisé spécialement pour l’occasion par la grande photographe américaine Annie Leibowitz. La photo montre un couple plus amoureux et glamour que jamais, limite illu de couverture d’un bouquin de la collection «Harlequin».

Ce week-end, d’ailleurs, l’amour pourrait bien priver les visiteurs de l’Elysée du bonheur incommensurable d’une poignée de main avec le maître de maison. Nicolas Sarkozy, en effet, est attendu en début de semaine prochaine à l’Assemblée générale des Nations unies. Or, il se murmure qu’il pourrait anticiper son départ à ce week-end pour pouvoir jouir avec madame d’un merveilleux week-end en amoureux à New York.

Il n’y a pas à dire: ces gens savent vivre.

09/06/2008

Un progrès

23ec25235b1c2aab85b796c79578eab2.jpgPas plus qu’une hirondelle ne fait le printemps, un bon sondage n’assure pas forcément une popularité sur le long terme. Il n’empêche, l’enquête d’opinion parue dimanche à propos de Carla Bruni marque un spectaculaire progrès dans sa perception par le public français.

 

Au début de son idylle avec Nicolas Sarkozy, les Français étaient extrêmement réservés sur la personnalité de l’ex-mannequin. Même et y compris après son mariage, l’opinion s’interrogeait. Ainsi, selon une enquête Opinion Way effectuée après la visite d’Etat du couple Sarkozy au Royaume Uni, les sondés applaudissant Carla Bruni (40%) restaient moins nombreux que ceux refusant de se prononcer sur la question de savoir si elle représentait bien ou mal la France à l’étranger (45%). Et 15% des personnes interrogées (ce qui n’est tout de même pas rien) répondaient par la négative à cette question.

 

Dimanche, renversement complet de tendance. Selon Ifop, près de sept Français sur dix (68%) sont satisfaits de Carla Bruni comme première Dame de France. 64% trouvent qu’elle représente bien la France à l’étranger, 60% qu’elle renouvelle le rôle de Première Dame, et 52% qu’elle a une influence positive sur le chef de l’Etat.

 

Malgré des débuts très laborieux, Carla Bruni a donc incontestablement réussi son entrée en politique.

10:55 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : Bruni, Sarkozy

13/02/2008

Une avidité (suite)

31ac5a56a8627617c2f76f292de630d8.jpgDans sa première interview accordée à la presse en tant que Première Dame, Carla Bruni-Sarkozy revient cetet semaine, dans le newsmagazine «L’Express», sur la si pénible exhibition de son fils aux paparazzi, lors de son voyage à Pétra, en Jordanie, en compagnie du Président début janvier (relire cela ici). On avait parlé d’avidité et de voracité médiatiques gênantes. L’intéressée reconnaît elle-même «une erreur». Qualifie de «choquante, violente, obscène» l’image donnée par cet épisode. Et confesse que l'affaire lui «a procuré de la honte en tant que mère».

Suit une explication: «A Pétra, après quarante-cinq minutes de marche, j'étais épuisée à force de porter mon fils; Nicolas l'a pris sur ses épaules, et j'ai apprécié ce geste sans réfléchir. Quand j'ai vu les photographes qui étaient là, j'ai dit à mon fils de se cacher le visage, parce que je pensais qu'il valait mieux qu'il ne soit pas reconnaissable sur les clichés. Mon erreur a été de ne pas prendre la mesure de ce qui allait arriver, de ne pas réagir assez vite lorsque j'ai vu les 600 photographes réunis soudainement. Quelques secondes ont suffi. (…) Mon erreur la plus grande, bien sûr, a été d'emmener mon fils dans cette visite à Pétra. Ce n'est pas l'erreur de Nicolas, c'est la mienne».

Beaucoup moins consensuel, voire qui va carrément faire du bruit, est le jugement porté par Carla Bruni sur la publication récente par «Le Nouvel Obs» du fameux texto présumé de Nicolas à Cécilia Sarkozy. «A travers son site Internet, Le Nouvel Observateur a fait son entrée dans la presse people. Si ce genre de sites avait existé pendant la guerre, qu'en aurait-il été des dénonciations de juifs?»

Il y a de quoi rester pantois devant la violence hallucinante du parallèle historique ainsi établi par l'épouse du chef de l'Etat. Son interview ayant probablement été relue à l’Elysée avant publication, nul doute que ce parallèle est avalisé par Nicolas Sarkozy en personne, ce qui en dit long sur l'état de fureur de ce dernier vis-à-vis du «Nouvel Obs».

 

Comme il l’a recommandé lui-même mardi pour une autre affaire, du «calme» et du «sang-froid» seraient sans doute bienvenus ici aussi.

 

 

PS: Visiblement, la nuit porte conseil. Ce matin, Carla Bruni a fait publier sur le site de «L’Express» ses excuses pour avoir «comparé, à tort, les méthodes employées dans les sites internet avec celles employées par la presse collaborationniste. Si j'ai pu blesser quelqu'un, j'en suis extrêmement désolée. J'ai juste voulu dire tout le mal que je pense de ces attaques ad hominem, qui dégradent l'information. Et le danger potentiel qu'elles représentent» Dont acte. Il n'empêche, une bourde aussi énorme dès la première prise de parole officielle, cela promet bien du plaisir pour la suite.

08/02/2008

Un mot

«Garce». C’est donc le fameux terme qu’a utilisé «Le Parisien» mardi pour qualifier Carla Bruni. Le journal chroniquait un des nombreux ouvrages consacrés à la nouvelle Première Dame et estimait qu’il donnait d’elle l’image d’«une garce». Jeudi, le quotidien s’excusait platement. Dans un articulet intitulé «A nos lecteurs», le directeur des rédactions rappelait que la «volonté de bannir tout parti pris et de respecter la personne, quels que soient sa condition et son statut» figurait parmi les «principes intangibles» de ce journal. Il reconnaissait qu’en utilisant un terme aussi «offensant», il avait – «malencontreusement et sans volonté de nuire» dérogé à ce principe du respect des personnes. Et priait dès lors la Première Dame de bien vouloir accepter ses excuses.

 

Hier, on trouvait ce geste plutôt bien. Les journalistes ont généralement tellement d’ego et donc tant de difficultés à reconnaître publiquement leurs erreurs que, pour une fois que des excuses sont présentées, on trouvait cela assez sain. Et puis, à la mi-journée, dans l’émission de Morandini sur Europe 1, on entendait les deux chroniqueurs de service (le militant antilibéral Christophe Aguiton et le journaliste et écrivain Thierry Wolton, pour une fois d’accord) descendre en flammes ces excuses. Pas du tout nécessaires selon eux, la Première Dame n’étant «pas par essence inattaquable». Exemplatives même, à leurs yeux, de «la grande tradition de la presse française» de se coucher devant «le fait du prince», ou, au minimum, de le louer avec «complaisance».

 

On était un peu chamboulé en entendant cela, et pour tout dire on n’était pas trop d’accord. Les journalistes ont évidemment un devoir constant d’irrévérence envers le pouvoir, mais il y a, nous semble-t-il, des moyens plus subtils de l’exercer que de recourir à l’insulte. N’empêche, ce matin encore, en y repensant, on n’était pas trop sûr d’avoir raison. Et puis, un coup d’œil jeté au dictionnaire a achevé de nous convaincre que l’emploi de ce mot méritait bel et bien des excuses.

 

D’abord, parce que «garce» est un terme insultant. «Le Robert» le rappelle: il signifie «fille de mauvaise vie», «femme, fille méprisable ou méchante, dont on a à se plaindre». Par analogie, il désigne «une chose désagréable, fâcheuse: Cette garce de vie». Et le dictionnaire de renvoyer aux termes «putain», «chameau», «chipie», «vache», «salope» et «chienne».

 

Ensuite, parce que «garce» est un mot sexiste. Il est né au douzième siècle du mot «gars». Jusqu’au seizième siècle, il a même servi de féminin à ce terme. Depuis, il est exclusivement utilisé au féminin: jamais un homme ne sera traité de «garce». Mais avec sa féminisation, ce terme a pris une acception négative, insultante même, alors que son pendant masculin, lui, n’a aucune connotation péjorative. «Le Robert» toujours nous le confirme: «gars» signifie «garçon, jeune homme». A l’inverse de «garce», il ne renvoie qu’à des termes assez neutres: «mec», «type», «gaillard». Et les expressions consacrées dans lesquelles il apparaît sont (à l’exception d’«un drôle de gars») plutôt bien connotées : «un petit gars», «un brave, un bon gars», «un beau gars», «les gars de la marine» etc.

 

«Garce» fait donc partie de ces mots français par essence insupportablement sexistes. Mot que, du coup, à notre humble avis et sans vouloir donner de leçons à quiconque, les journalistes devraient se garder d’utiliser, que ce soit pour parler d’une Première Dame ou de n’importe quelle autre femme.

04/02/2008

Une concision

Vingt-six mots. C’est très exactement la longueur du communiqué que le «Service permanence et information» de l’Elysée a envoyé aux rédactions samedi à 17h44. «Madame Carla BRUNI TEDESCHI et Monsieur Nicolas SARKOZY annoncent qu’ils se sont mariés ce matin en présence de leurs familles dans la plus stricte intimité». Point barre, basta.  Le chef de l’Etat a manifestement décidé de ne plus en faire de trop sur sa vie privée. C’est sans doute l’impact de tous ces sondages qui, de semaine en semaine, et encore ce lundi, témoignent de l’irritation des Français à l’écart de la mise en avant de sa vie personnelle.

 

Autre illustration de ce revirement, les consignes rigoureuses qui ont visiblement été données aux rares participants au dîner de noce de samedi soir: pas d’échos, pas de ragots. Deux jours plus tard, du coup, les plumitifs ne sont toujours pas parvenus à faire rêver dans les chaumières avec les habituelles indiscrétions sur le menu du dîner et les grands crus servis à table, qui était assis à côté de qui, qui a offert quel cadeau de mariage, est-ce qu’elle a, en fin de soirée, poussé la chansonnette et joué de la guitare au coin du feu etc etc. Ici encore: rien, nada. Cette sobriété, cela change tout de même agréablement de tous les déballages de ces derniers mois.

 

Oui, tout de même, ce week-end, un détail de la cérémonie de mariage a fuité: écho issu de l’Elysée on imagine, donné à des médias en manque comme on jette un os à ronger aux chiens affamés. Il avait trait à la tenue des jeunes mariés. Pour lui, «costume sombre et cravate». Pour elle: «robe Hermès blanche ourlée à la hauteur des genoux d’un galon bleu marine de dix centimètres de largeur».

 

Ici aussi donc, les mots sont comptés. Ils sont très peu nombreux, mais remarquez qu’un nom de marque commerciale est néanmoins parvenu à s’y glisser. Il ne faut tout de même pas trop en demander.