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07/09/2006

Un air d'été

medium_chaleur.jpgD'accord, le sujet n'est pas trop passionnant (*). Mais l'effet était saisissant. Hier à Paris, sans crier gare, on s'est retrouvé brutalement projeté deux mois en arrière.
Les terrasses des bistrots à écran plasma bondées jusque tard dans la soirée. Le silence dans les rues mais les exclamations par toutes les fenêtres ouvertes. Les "Oh!", les "Ah!", les "Ouais!", les "Nooooooon!", les "Bien joué!", les "Zidane, il va marquer!" (non, quand même). Tout un pays rivé devant le téléviseur (12 millions de téléspectateurs pour TF1). Les concerts de klaxon pour aller se coucher. Et avant cela, pendant toute la journée, le bonheur de la canicule de juillet retrouvé: 31 degrés au compteur et le retour des ventilateurs, les bermudas et les petites robes d'été, un sentiment d'infinie légèreté.
On n'est pas du genre nostalgique. Pas la nostalgie dégoulinante du Voulzy des "Derniers baisers", en tout cas ("Le soleil soudain est plus pâle/Et nous n'irons plus danser/Quand vient la fin de l'été/Sur la plage").
Il n'empêche, dix jours à peine après la rentrée, on retournerait déjà bien en juillet. Et on se le referait bien, cet été.
B.DL.

(*)Et ce n'est pas le sujet du jour, c'est clair. Mais bon, que penser de cette fusion Suez-Gaz de France?
-De ces dizaines d'heures annoncées de joutes parlementaires enfiévrées, alors que tout le monde sait très bien que l'issue des débats est pliée?
-De ce gouvernement qui présente le texte comme vital pour le pays, mais dit si peu que sans l'accord de l'Europe et des actionnaires (encore à venir), il sera réduit à néant?
-De ces syndicats qui jurent que seul le maintien de GDF dans le public empêchera une flambée des tarifs, alors que ce même statut public n'a pu empêcher une hausse de 30 % des tarifs ces deux dernières années?
-De cette droite chiraco-sarkozienne qui va batailler pour le projet, alors qu'elle avait promis en 2004 de ne jamais le mener et que nombre de ses hiérarques, en privé, confient leur scepticisme?
-De cette gauche socialiste qui va monter aux barricades, alors qu'il y a quelques années à peine, aux affaires, les Strauss-Kahn et Fabius conduisaient une politique qui, philosophiquement, menait tout droit à cette issue?
Et l'on s'étonnera que l'opinion n'y comprenne rien, ou si peu.

25/07/2006

Un "calvaire"

medium_soleil.jpgLes Parisiens n'en peuvent plus. Après trois semaines de canicule, et alors que la température dépassera à nouveau les 37 degrés dans la capitale ce mardi, ils ne parlent plus que de la chaleur et de ses inconvénients.
Il n'y a qu'à les observer un peu dans la rue pour le constater: certains commencent littéralement à se traîner, visiblement exténués par la mauvaise qualité de ces dizaines de nuits successives elles-mêmes étouffantes.
Dans le pays, le nombre de morts augmente de jour en jour et a désormais dépassé la quarantaine: record européen, à nouveau. Mais tous les experts l'assurent, à longueur de journées: on n'est pas dans une situation de catastrophe sanitaire comme en 2003. Les médias utilisent néanmoins des mots très forts, parlent notamment du "calvaire" qui va perdurer. On avait pourtant cru comprendre qu'en ce moment, le "calvaire" était plus au Liban qu'en France.
A Paris, la canicule déjoue même les plans de communication les plus aboutis. Ainsi, les organisateurs de "Paris Plage" sont, dit-on, subermergés par les plaintes d'estivants agacés par le nombre insuffisant de parasols mis à leur disposition. Et les journaux locaux déconseillent aux Parisiens d'aller jouer les plagistes sur les berges de la rive gauche, pourtant supposées l'attraction majeure de cette édition: l'ensoleillement, beaucoup plus fort que sur les berges de la rive droite, y serait insupportable.
Le soleil oblige même, parfois, à de savantes manipulations. Ainsi, les organisateurs du "Beach Volley World Tour", qui réunit jusqu'à la fin de la semaine les meilleures équipes mondiales de beach-volley sur le Champ-de-Mars -- on essayera d'aller y faire un tour, évidemment --, ont-ils dû recourir à 3 000 tonnes de sable d'un type très spécial. Ce sable a été spécialement confectionné puis tamisé de manière à ne pas trop éblouir les joueurs (et les caméras de télé), à ne coller que très faiblement à leur peau dégoulinante de sueur, et surtout à ne pas trop absorber la chaleur du soleil, afin de ne pas brûler les pieds nus des sportifs.
Se brûler les pieds nus sur le sable? Ou se consumer à petit feu dans un bureau et face à un ordinateur surchauffés? Entre ces deux "calvaires", on le sent, on ne va plus hésiter très longtemps.
B.DL.

10:55 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Canicule, Paris

20/07/2006

Une nouvelle bien de saison

medium_Pastis.jpgS’hydrater : c’est donc le mot de la semaine. On n’a lu, vu et entendu que lui, ad nauseam.
A en juger à la quantité et au contenu des verres qui trônent sur toutes les tables des terrasses des cafés, les Parisiens assoiffés qui, lors de leur pause-déjeuner ou à la sortie de leur boulot, se précipitent au bistrot pour se rafraîchir de la canicule n’ont pas toujours compris une chose: que le litre et demi de liquide qu’il convient, selon le sacrosaint conseil de l’été, d’ingurgiter quotidiennement se réfère exclusivement à une quantité d’eau – ou en tout cas à une quantité de liquide non alcoolisé.
A ce sujet, en profitant de la maigreur de l’actualité pour remettre un peu d’ordre au bureau, on vient de retomber sur une dépêche qu’on avait soigneusement mise de côté il y a quelques semaines, puis qu’on avait oubliée. Et pourtant, Dieu sait si elle relate une évolution culturelle d’importance.
Pour la première fois dans l’Hexagone, le pastis – bien sûr la boisson reine de tout été français qui se respecte – vient d’être détrôné par le whisky. Avec 112 millions de litres en 2005 (soit une progression de 3 pc), les ventes de whisky ont dépassé celles des alcools anisés (109 millions) en France.
L’honneur hexagonal n'est toutefois pas totalement perdu : le géant français Pernod Ricard représente à lui seul plus du quart des ventes de whiskys en France.
B.DL.

10:55 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Canicule, Paris

18/07/2006

Une trouvaille astucieuse

medium_eventail.jpgLes quêteurs et autres bonimenteurs du métro ont toujours un mal fou à attirer l'attention des voyageurs et à susciter leur générosité. Ces derniers jours, pourtant, ils ont beaucoup de succès.
En effet, depuis que la canicule s'est abattue sur Paris, les plus astucieux d'entre-eux ne prennent même plus la peine d'essayer de refiler aux usagers leurs éternels journaux de SDF, improbables colifichets pour sourds-muets et autres guides des restaurants pas chers de la capitale. Ils ont trouvé beaucoup mieux: ils vendent... des éventails!
Ce midi, il est vrai, dans notre train de la ligne 5, il faisait vraiment caniculaire. En temps normal à Paris, même en plein hiver, il fait toujours dix degrés de plus dans le réseau de métro qu'à l'extérieur. En ce moment, il y fait donc beaucoup plus que torride: l'atmosphère y est carrément irrespirable. Le pauvre hère qui y vendait des éventails (au prix de deux euros la pièce) était dès lors submergé par la demande. Et, dans chaque rame, voyait son maigre stock chaque fois pris d'assaut.
Pour le coup, les regards d'habitude si las voire hostiles des usagers à son endroit étaient devenus courtois, complices, bienveillants sinon carrément amicaux, et le bonhomme n'en revenait visiblement pas.
On se réjouissait d'une si improbable adéquation entre l'offre et la demande, de cette alliance aussi inattendue que baroque contre les éléments.
B.DL.

15:20 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Canicule, Paris, Métro