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06/05/2015

Une «maladresse», on va dire

Une chaîne de télé française rappelée à l'ordre à propos d'un commentaire déplacé relatif à des citoyens belges. Ce n'est pas si fréquent, et pourtant cela vient de se passer.

Hier soir, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a fait savoir () qu'il était intervenu auprès de LCI: la chaîne d'info continue du groupe TF1. En cause, un sujet qu'elle a diffusé en boucle, relatif au scandale d'évasion fiscale qui éclabousse la banque suisse HSBC. Le journaliste de LCI, évoquant le type de clients de la banque impliqués dans cette affaire, a cru bon de les énumérer de la sorte: «Dans cette banque-là, il y avait des trafiquants d’armes internationaux, des trafiquants de drogue. Il y avait des gens qui ont financé Al-Qaïda. Il y a des diamantaires juifs d’Anvers qui avaient des comptes très importants à Genève».

Pour le "gendarme de l'audiovisuel", «faire état de la judéité des personnes mises en cause, dans une énumération faisant référence à des trafiquants d’armes, de drogue et des personnes ayant financé Al Qaïda, peut contribuer à alimenter les amalgames et à encourager les discriminations». Or, LCI et toutes les radios et télés françaises en général sont contractuellement tenues de «respecter les différentes sensibilités politiques, culturelles et religieuses du public» de «ne pas encourager des comportements discriminatoires en raison de la race, du sexe, de la religion ou de la nationalité», et de «promouvoir les valeurs d’intégration et de solidarité».

Le CSA attribue cet écart, non à une volonté délibérée, mais à la «maladresse» du commentateur concerné. Préférons, en effet, pour le bon moral de tout le monde dans ce pays, voir les choses sous cet angle.

29/04/2015

Un «métier d'avenir» (paraît-il)

Si d'aventure ce blog est lu par des étudiant(e)s en journalisme et en communication, voilà qui va les intéresser. En France, ces secteurs sont officiellement considérés comme des «métiers d'avenir». Puisqu'ils figurent dans le volumineux rapport sur "Les métiers en 2022", qu'a publié hier le très sérieux institut "France Stratégie": le nom un peu moins technocrate qui est désormais celui de l'ex-Bureau du Plan.

Ce document examine les perspectives d’embauches par métier, d'ici à 2022. Il table sur «l’essor des métiers de la communication, de l’information, de l’art et des spectacles», étant donné la croissance attendue de la communication multimédia, des activités audiovisuelles, et de la consommation de services de loisir.

La France compte actuellement 170.000 professionnels de la communication et de l’information. 97.000 emplois supplémentaires devraient être créés dans ces métiers sur la période 2012-2022, «soit une hausse annuelle moyenne de 1,6%, bien supérieure à celle projetée pour l’ensemble des métiers (0,7%)». On n'embauchera pas spécialement dans la presse écrite, secteur «connaissant une crise depuis dix ans, en raison de la chute du nombre de lecteurs et de la mutation du modèle économique consécutive à l’avènement du numérique». En revanche, «les métiers de la communication et de la publicité, qui ont eux réussi à s’adapter au numérique», pourraient connaître des scénarios «de nature à dynamiser encore l’emploi».

Bien entendu, pour faire partie des heureux élus, il faudra avoir des «compétences numériques», qui «seront de plus en plus indispensables». Et habiter Paris plutôt que le Limousin, ces métiers étant «très concentrés géographiquement» («En 2010, l’aire urbaine de Paris regroupe 54% des professionnels de l’information et de la communication»).

Voilà donc les futurs grands communicants de demain prévenus.

 

PS: Juste, on trouve discutable d'amalgamer en une seule catégorie, comme le fait "France Stratégie", les «métiers de la communication, de l’information, de l'art et des spectacles». D'abord, que l'on sache, le journalisme est rarement de l'art. Surtout, l'associer aux spectacles donne l'impression de cautionner le désastreux engouement de la presse pour l'"infotainment" (= l'info divertissement), si misérablement racoleur.

28/04/2015

Une idée fixe, toujours aussi discutée

Musées, Culture, Arts, Economie, GouvernementAvec le printemps et les beaux jours, c'est aussi, à Paris, le retour d'une idée fixe qui, décidément, d'une année à l'autre, ne passe visiblement pas.

A savoir, la décision prise l'an dernier par Le Louvre (relire ici, par exemple) de mettre entre parenthèses, pendant la haute saison touristique, le système en vigueur depuis 1998, qui veut que l'accès aux collections permanentes de tous les musées soit gratuit chaque premier dimanche du mois. En vertu de cette réforme, ce dimanche 3 mai – puisqu'on est désormais en haute saison –, les visiteurs du plus grand musée du monde devront payer. Il faudra attendre début octobre pour retrouver la gratuité dominicale d'accès à ces collections, une fois par mois.

Pour l'association Louvre pour tous, c'est un «symbole fort et quelque part désespérant». Car, «si les conditions de visite sont ce jour-là parfois pénibles pour les visiteurs et pour les personnels, le premier dimanche du mois gratuit au Louvre est une rare réussite de cette démocratisation culturelle tant recherchée et tant vantée par les politiques de tous bords». Dès lors, une pétition () a été lancée, pour réclamer la levée de cette restriction saisonnière de la gratuité d'accès. Elle a déjà recueilli quelques milliers de signatures.

En revanche, on attend toujours de connaître l'avis sur la chose de la ministre de la Culture, Fleur Pellerin. Qui, à moins que cela nous ait échappé, ne s'est pas encore prononcée sur cette réforme si discutable. Sans doute a-t-elle d'autres chats à fouetter, qu'elle juge plus prioritaires.

22/04/2015

Une nouvelle offensive

paris,transports,tourisme,economie,environnementUne nouvelle étape, dans l'impitoyable guerre des prix que se livrent les compagnies aériennes traditionnelles et leurs rivales à bas coût. Cette fois, l'escarmouche a lieu sur le champ de bataille parisien. Elle oppose Air France à EasyJet. Et concerne le business très lucratif des navettes entre la capitale française et l'aéroport de Roissy CDG.

Aujourd'hui, seules deux possibilités s'offrent à qui n'est pas motorisé, souhaite se rendre à Roissy, mais ne veut prendre ni le RER (avec la qualité de service qu'on lui connaît), ni le taxi (dont coût, une cinquantaine d'euros). Soit le Roissybus, opéré par la RATP à un tarif analogue à celui du RER (11€). Soit les cars Air France, plus confortables mais plus chers: 17€ voire 17.50€, en fonction du lieu parisien de départ ou d'arrivée. Un gros changement est annoncé, à partir du mois prochain. Si l'on s'y prend un peu à l'avance, on pourra effectuer un tel trajet pour... six à huit fois moins cher.

EasyJet, en effet, a décidé de casser les prix, sur ce marché. Le 15 mai, sa filiale EasyBus inaugurera un service de navettes reliant directement Roissy au quartier Louvre-Palais Royal, pour un tarif de départ de... 2 euros. Ces minibus de 16 places opéreront 80 rotations par jour, à raison de deux par heure. Leur réservation se fera uniquement par internet (). En vertu du principe régissant le low cost, plus l'on réservera à l'avance, plus le tarif sera avantageux. Quelque 26.000 sièges sont d'ores et déjà mis en vente, depuis le 31 mars dernier. Ces minibus seront prioritairement destinés aux passagers voyageant sur EasyJet, mais ils seront accessibles également aux clients d'autres compagnies aériennes. La société opère déjà de telles navettes à bas coût à partir ou vers les aéroports de Genève, Gatwick, Luton et Stansted.

L'histoire ne dit pas (encore) si ces minibus carbureront ou non au diesel. Et donc s'ils contribueront ou pas à gratifier les touristes qu'ils transportent d'une atmosphère parisienne encore un peu plus polluée qu'à son habitude. En tout cas, au moment où la mairie entend interdire le centre-ville aux cars de tourisme, si polluants, les professionnels du secteur semblent avoir déjà trouvé la parade: les minibus.

08/04/2015

Un geste «exceptionnel» et «provisoire»

Paris, Social, Economie, Etrangers, Immigration, Femmes, GouvernementCela ne concerne qu'une poignée de travailleurs, mais évoquons cette nouvelle, puisqu'ils sont à l'origine d'un conflit social d'une durée qu'on n'avait plus vue depuis longtemps à Paris. Et puisque leur sort a révélé des pratiques qu'on croyait d'un autre âge – ou, du moins, cantonnées à des pays qui ne revendiquent pas d'être la cinquième puissance économique mondiale.

Ils, ou plutôt elles. Car il s'agit de femmes. Les employées d'un salon de coiffure "afro" du Bd de Strasbourg, pas loin de la gare de l'Est, dans le 10ème arrondissement. La préfecture de police de Paris et le ministère de l'Intérieur ont décidé, à titre «exceptionnel», de leur octroyer des autorisations de travail provisoires (d'une durée de trois mois).

Depuis l'été 2014 (relire , notamment), une quinzaine de ces femmes occupent leur salon de coiffure, pour dénoncer l'exploitation dont elles ont longtemps été victimes. Elles y travaillaient tout en n'étant pas déclarées par leur employeur. Etaient payées "à la tâche", ce qui est illégal. Gagnaient un salaire de misère (400 euros par mois, environ), pour des semaines de travail de 7 jours sur 7, et des journées de 9 heures à 23 heures. Ces cadences de dingues et ce statut professionnel ultra-précaire ne facilitaient bien sûr pas les démarches en vue de leur régularisation – s'agissant d'étrangères sans-papiers. Après avoir très temporairement obtenu de leur employeur la reconnaissance de leur statut de salariées, elles ont vu leur salon mis en liquidation. La justice est désormais saisie de l'affaire. Plainte a été déposée pour, excusez du peu, traite d'êtres humains, faillite frauduleuse, escroquerie, conditions de travail indignes et abus de vulnérabilité. L'an dernier, le ministre de l’Intérieur lui-même, Bernard Cazeneuve, avait dit l'«indignation» que lui suscitait cette «affaire épouvantable» de «femmes exploitées dans des conditions indignes, par des véritables réseaux de la traite des êtres humains».

Son ministère n'en vient pas moins de préciser que le geste en leur faveur ne constituait nullement une régularisation. Les personnes concernées «devront ensuite trouver un emploi déclaré, pour poursuivre la procédure» en vue de l'obtention d'un titre de séjour. Le syndicat qui défend ces travailleuses – et voit dans leur sort l'illustration d'un «système mafieux» – a décidé () de poursuivre l’occupation du salon. Au moins jusqu'à ce que les récépissés ad hoc aient bel et bien été adressés aux intéressées.

17/03/2015

Une disparition, si symbolique

La nouvelle avait été éventée à la fin février, et elle vient d'être confirmée: Saint-Germain des Prés va définitivement perdre ce qui a toujours été la librairie le plus célèbre de ce quartier.

La Hune avait été fondée en 1949, par des intellectuels issus de la Résistance. Longtemps située Boulevard Saint-Germain, entre les fameux cafés de "Flore" et des "Deux Magots", elle incarna, pendant des décennies, l'esprit originel de la rive gauche. Ce Paris de la culture et des lettres, renommé dans le monde entier. Ce Saint-Germain mythique, avant que, dès les années 2000, il soit grignoté puis quasi intégralement phagocyté par le business de la fripe mondialisée (les H&M, Zara, etc.).

Rachetée par Flammarion en 1976, La Hune avait quitté son siège historique en 2012, pour s'établir quelques artères plus loin: au coin de la rue de l'Abbaye. Ce qui permit à Madrigall (le groupe né du rachat de Flammarion par Gallimard) de louer à prix d'or (à Vuitton) sa surface du Boulevard. Mais la clientèle de la librairie n'a jamais vraiment suivi. L'évolution des habitudes de consommation culturelle (succès des librairies en ligne, etc.) a achevé de faire plonger le chiffre d'affaires. La direction a alors tenté de redresser les comptes, en réduisant les effectifs. Cela n'a pas suffi. Dès cet été, donc, La Hune devrait fermer ses portes. Et céder la place, possiblement, à une galerie qui vend de la photo bon marché.

Les habitants du quartier et les amateurs de littérature sont, évidemment, consternés. Comme tous ceux qui se faisaient encore une idée (passéiste?) d'un certain Paris. La maire et son équipe ont été saisies par l'opposition de gauche, houspillées pour que la Ville (propriétaire des locaux de la rue de l'Abbaye) se bouge, sur ce dossier. S'arrange pour, au minimum, «garantir la présence pérenne d'une librairie à l'emplacement de La Hune».

C'est encore loin d'être acquis. Mais sans doute serait-ce déjà cela.

16/03/2015

Une envie de départ

Paris, Art de vivre, Economie, EnvironnementHuit habitants sur dix de Paris et de sa région rêveraient d'habiter ailleurs: aimeraient déménager dans une autre région de l'Hexagone. C'est l'enseignement majeur, assez choc, d'une étude qui vient d'être rendue publique. Cela fait à peu près 8 millions d'habitants qui souhaiteraient aller voir ailleurs – ce qui n'est tout de même pas rien.

Ce qui motive principalement ces Parisiens et banlieusards qui sont candidats au déménagement? Une double envie: un coût de la vie moindre, et une qualité de vie meilleure. Rien d'étonnant, cela dit, à ce dernier égard, au-delà d'une certaine image de carte postale, largement surfaite, dont ont toujours bénéficié la «Ville lumière» et – moins – sa région. Dans les faits et au quotidien, la qualité de la vie y est très perfectible. Pour ne prendre que ce seul exemple – mais il y en a tant d'autres qu'on pourrait mettre en avant – , un épisode de pollution atmosphérique est à nouveau prévu (ici) pour la capitale française, demain mardi. Si l'on compte bien, ce n'est jamais que... le huitième, en moins d'un mois.

D'ailleurs, dans la dernière édition en date d'un classement annuel international sur la qualité de vie dans 230 villes du monde, publiée il y a peu, Paris n'apparaît qu'à la 27e position. Certes, elle devance nettement sa grande rivale européenne, Londres (40e). Mais elle arrive aussi très loin derrière des cités comme Vienne, Zurich, Munich, Düsseldorf, Francfort, Genève ou Copenhague.

Et on serait le dernier à parier que l'année prochaine, la «Ville lumière» occupera une position plus avantageuse, dans ce palmarès.

13/03/2015

Un coût de la vie (un peu) amoindri

Tout au long de la semaine, les médias français ont fait un grand écho (voir par exemple ici, ou ), à cette étude qui, il est vrai, a officialisé un tournant, s'agissant de Paris.

Pour la première fois depuis d'innombrables années, les loyers sont en baisse y compris dans la «Ville lumière», qui rejoint donc la tendance générale du reste de la France. Cette baisse est même de 3,5%.

Il faut toutefois nuancer cette bonne nouvelle pour les locataires. D'une part, le niveau moyen du marché immobilier parisien, locatif comme acquisitif, reste prohibitif pour le commun des mortels. D'autre part, cette baisse qui était attendue depuis si longtemps ne signifie pas que le coût de la vie, au global, soit subitement devenu abordable, dans la capitale française.

C'est même plutôt le contraire, s'il faut en croire une autre étude, elle internationale, publiée dernièrement. Elle analyse le coût moyen de quelque 160 produits et services, dans 133 villes du monde. Et là, rien ne change, par rapport à l'année dernière. Paris pointe toujours à la deuxième place de ce classement mondial. Seule Singapour affiche un coût de la vie plus élevé que celui de la capitale française. Celle-ci devance y compris des cités notoirement pas bon marché comme Oslo, Zurich ou Sydney.

Mais bon, les loyers parisiens sont donc en baisse de 3,5%. Sans doute est-ce déjà cela.

11/03/2015

Un flou artistique

La menace terroriste qui pèse sur la France demeure «élevée». C'est le constat, sans surprise, qu'a fait ce matin le Conseil de Défense. François Hollande l'a réuni à l'Elysée, pour faire le point notamment sur «les moyens de l’Etat mobilisés pour assurer la sécurité de nos concitoyens». Comme attendu, il a été décidé de «maintenir l’engagement des armées sur le territoire national à hauteur de 10.000 militaires, en soutien des forces de sécurité du ministère de l’Intérieur. 7.000 d’entre eux sont déployés dans la durée, principalement pour la surveillance et la protection de sites à caractère confessionnel particulièrement menacés».

Ces sites sensibles sont au nombre de 830. Sur le terrain, cela dit, leur protection est à géométrie variable. On l'avait noté l'autre jour, s'agissant de notre onzième arrondissement (relire ), et c'est toujours valable aujourd'hui.

Reste un point tout de même, sans doute évoqué ce matin à l'Elysée, mais sur lequel rien n'a été communiqué. Et pour cause, c'est un point délicat. Le coût de cette mobilisation sécuritaire «exceptionnelle».

L'opération «Sentinelle», puisque c'est le nom de code qui lui a été donné, engendre un surcoût d'«à peu près un million d'euros par jour», pour l'Etat. C'est le ministre de la Défense lui-même qui a donné le chiffre, dernièrement. En cours depuis la mi-janvier, elle a donc déjà nécessité plus de 50 millions dépensés. L'exécutif a assuré qu'elle se poursuivrait encore pendant «plusieurs mois». Cela renchérira l'addition au minimum d'une centaine de millions.

Pourquoi pas. Mais, à cette heure, aucune explication claire n'a encore été donnée par les autorités, sur la manière dont ces dépenses seront compensées – puisqu'il n'est pas question d'accroître les déficits publics. Dans quels budgets, dans quels délais, et au détriment de quels projets l'Etat va-t-il aller puiser tous ces millions consacrés à «Sentinelle»? Mystère. Flou artistique.

Cela promet pour ce printemps, lors du traditionnelles opérations de contrôle budgétaire.

05/03/2015

Une «position à développer»

Dans la vie, chacun sans doute a les intérêts et les préoccupations qu'il peut/veut. Cela vaut aussi pour les membres du gouvernement. Faisons donc un rapide écho à cette initiative que vient de prendre le ministre des Affaires étrangères – et du Tourisme, n'arrête-t-il pas de rappeler –, Laurent Fabius.

Les sujets de tension et conflits sanglants ne manquent pas, de par le monde? Cette semaine, néanmoins, le chef de la diplomatie française a pris sur son temps pour nommer un... «M. Croisières».

Un «Chargé de mission pour le développement des croisières maritimes et fluviales». Celui qui a été choisi pour occuper ce poste est Jacques Maillot: le fondateur et longtemps dirigeant du groupe «Nouvelles Frontières», grande gueule médiatique du monde patronal, s'il en est.

«Sur ces deux marchés touristiques en pleine croissance» que sont les croisières maritimes et fluviales, «la France occupe aujourd'hui une position en deçà de son potentiel, qu'il s'agit de développer fortement», a justifié le quai d'Orsay. Qui juge qu'avec son «expérience reconnue dans le domaine du tourisme», Jacques Maillot sera le mieux placé pour booster le «made in France», dans ce secteur économique également.

«Cette mission (confiée à l'intéressé) est bénévole», a pris soin de préciser le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Sans doute est-ce déjà cela.

03/03/2015

Un «impact moral négatif»

Tout comme notre onzième arrondissement, le neuvième (le quartier des grands boulevards, en gros) a vu, ces dix dernières années, se multiplier les commerces d'un genre particulier: les salons de massage. La chambre de commerce dénombre 115 établissements de ce type dans ce seul quartier de Paris, et pas seulement aux abords des places Pigalle, Blanche et de Clichy. Cela commence à faire beaucoup trop, aux yeux de la maire (UMP) du neuvième. Hier, donc, elle a fait voter un voeu par le Conseil d'arrondissement. Il prie la maire de Paris et le préfet de police de mettre au point une «campagne de labellisation des salons de massage respectant une charte éthique de bonne conduite».

«Un grand nombre de ces établissements sont suspectés d’être en réalité des lieux de prostitution dissimulée», justifie l'exécutif local. Qui en veut pour preuve que, rien que depuis octobre dernier, dans le neuvième, quatre établissements supposément dédiés aux soins de beauté ont été sanctionnés par les policiers de la brigade de répression du proxénétisme. Invoquant notamment la prochaine Journée internationale de la femme, le 8 mars, la maire d'arrondissement juge «intolérable» que, «dans une capitale comme Paris, des femmes soient exploitées et maltraitées par des réseaux mafieux».

Elle s'alarme aussi de l'«impact économique et moral très négatif» de ces pratiques dissimulées sur «les établissements respectables, offrant des services de massage de relaxation de qualité». Et s'inquiète de «la confusion» créée, dans l'esprit du consommateur moyen.

Sans doute. Cela dit, il ne faudrait pas non plus exagérer l'ampleur du problème. Du moins, si l'on en juge aux informations qu'avait données sur le sujet – il y a quelques années de cela, il est vrai – la préfecture de police elle-même. A l'époque (relire ), elle avait jugé bon de communiquer sur le fait que les salons de massage n'étaient «pas, contrairement aux idées reçues, des repères de prostitution». Sur les quelque 400 établissements de ce type qu'elle avait alors recensés, «moins d’une vingtaine» se livraient à une activité prostitutionnelle.

02/03/2015

Un tassement, qui se confirme

Tourisme, International, Economie, TerrorismeDe mauvais chiffres à nouveau, concernant le tourisme. Or, pour l'économie parisienne, c'est un secteur absolument vital: un emploi sur six, dans la «Ville lumière», est lié à cette activité.

Tout comme n'avaient pas été bons les derniers chiffres de la fréquentation dans la capitale (relire ), c'est à présent ceux relatifs au pays tout entier qui font état d'une baisse de 1,2% du nombre de nuitées, dans l’ensemble des hébergements touristiques. La fréquentation des hôtels, elle, régresse pour le cinquième trimestre consécutif. Ce tassement est essentiellement dû à la clientèle, non internationale, mais française – l'effet du marasme économique ambiant, sans doute.

Pour Paris, ces données sont d'autant plus préoccupantes qu'elles concernent le quatrième trimestre 2014. Donc la période avant les attentats de la mi-janvier 2015. Or, on le sait (relire ici), ceux-ci ont eu un impact sur la fréquentation touristique étrangère: ils ont fait chuter notamment le nombre de visiteurs originaires du Moyen-Orient.

Sur ce plan, d'ailleurs, les semaines ont beau passer, la situation semble tarder à s'arranger. D'après des chiffres qui circulent dans le secteur hôtelier, à Paris en février, les hôtels quatre étoiles ou plus ainsi que les palaces ont enregistré carrément un taux de 60% d’annulation de leurs réservations. Et les restaurateurs ont vu leur chiffre d'affaires régresser de 11%. A en croire les professionnels du tourisme, le redémarrage des affaires est en fait beaucoup plus lent qu'il y a vingt ans: après la vague d'attentats qu'avait perpétrés le GIA algérien dans les transports publics parisiens, en 1995.

27/02/2015

Un (si) léger embarras

Comme une gêne, cette semaine, à un des briefings de presse quotidiens du porte-parole du ministère des Affaires étrangères. A propos de l'Egypte. Pays avec lequel Paris vient de signer un très gros contrat de vente d'armements: 24 avions Rafale et leurs équipements, une frégate, et des missiles de défense anti-aérienne, soit une commande à 5,2 milliards d'euros. Mais pays qui, aussi, est gouverné d'une main de fer par le maréchal al-Sissi, qui réprime et emprisonne à tout-va.

«Quelle est la réaction des autorités françaises suite aux condamnations prononcées par un tribunal égyptien contre Alaa Abdel Fattah, une des principales figures de la révolution de 2011, condamné à cinq ans de prison, et vingt-quatre autres co-accusés, condamnés à des peines de trois à quinze ans de prison?» C'est la (bonne) question qui a été posée, l'autre jour, au porte-parole du quai d'Orsay. Réponse: «Nous avons pris connaissance avec préoccupation des lourdes condamnations prononcées. Ces décisions sont susceptibles d'appel. Nous souhaitons que les prévenus puissent bénéficier, à cette occasion, d'un procès équitable et respectueux des droits de la défense, conformément aux dispositions de la Constitution et aux engagements pris par l'Égypte sur le plan international».

Quelle merveille de novlangue accommodante.

Se serait-il agi de n'importe quel autre Etat, avec lequel donc Paris ne vient pas de signer le contrat du siècle, le quai d'Orsay aurait pas dit simplement sa «préoccupation». Il aurait fait part de sa «désapprobation». Et le «pays des droits de l'homme» ne se serait pas borné à «souhaiter» un procès équitable, pour les infortunés intéressés. Il aurait «insisté» pour que ce soit le cas. Ou, à tout le moins, l'aurait «recommandé».

Mais non. Sans doute est-ce le charme de la «diplomatie économique» si chère à Laurent Fabius. Les 500 entreprises françaises (dont les géants Dassault, Thales et Snecma) qui sont engagées dans le programme Rafale emploient plus de 7000 personnes.

18/02/2015

Un pataquès, divertissant

Gouvernement, Communication, Parlement, EconomieGros bug de com', décidément, commis hier par le cabinet du ministre Emmanuel Macron. Si par extraordinaire vous n'en aviez pas entendu parler – l'affaire a fait beaucoup jaser, pendant toute la journée.

Au moment même où, à l'Assemblée nationale, Manuel Valls constatait qu'il n'avait pas de majorité pour voter la grande loi de son ministre de l'Economie, le cabinet de celui-ci envoyait un communiqué de presse à toutes les rédactions, communiqué... se félicitant du vote de ce texte. «Emmanuel Macron salue la qualité et l’intensité du travail parlementaire qui a permis l’adoption du projet de loi», se réjouissait-il.

Ce cocorico si prématuré, factuellement erroné, et politiquement très déplacé est parvenu vers 10h50, dans les boîtes électroniques des journalistes. Il a tout de même fallu plus d'1/2 heure pour que, à Bercy, quelqu'un se rende compte de la bévue, et corrige le tir. Un communiqué «RECTIFICATIF» est parvenu vers 11h30 aux rédactions.

On imagine l'énervement du ministre, l'engueulade qu'il a dû prendre de la part du chef du gouvernement, et, par conséquent, le savon monumental qui été passé à la petite main qui, au service de com' de Bercy, a malencontreusement envoyé cette communication ministérielle intempestive à tous les médias de France.

Tous nos remerciements à l'intéressé(e), néanmoins. Pour ce pataquès de com' qui fut l'unique moment de divertissement d'une journée très laborieuse.

09/02/2015

Une campagne qui tombe mal

Sportifs de haut niveau, comédiens, personnalités du monde de la mode, vedettes du show-bizz en tout genre: de nombreux people français figurent dans la liste des évadés fiscaux qu'ont mise au jour, hier soir, les révélations sur le scandale «SwissLeaks» – le gigantesque mécanisme international de fraude fiscale, au départ de la filiale suisse de la banque HSBC. Parmi ces stars hexagonales ayant succombé aux sirènes de l'évasion fiscale, une qui tombe particulièrement mal: Gad Elmaleh, le comédien et humoriste, par ailleurs si en cour en principauté de Monaco.

Soit donc le même homme qu'on voit, depuis des mois, dans des spots de pub en faveur... d'une banque française: LCL-Crédit lyonnais. Des spots sur le thème de la banque rêvée, de la banque idéale, etc.

Gad Elmaleh aurait, depuis, régularisé sa situation envers le fisc. Grand bien lui fasse. Il n'empêche, on est curieux de voir si, maintenant que «SwissLeaks» a jeté son nom en pâture à l'opinion, ces spots de pub vont continuer à tourner, à la télé ou au ciné. Ou si, au contraire, LCL va préférer mettre discrètement la campagne en veilleuse. A fortiori que cet établissement lui-même, vu le si sulfureux passé qui est le sien, a, pareillement, pas mal de choses à se faire pardonner, en matière d'éthique et de moralité.

06/02/2015

Un indicateur éclairant

Economie, Social, Logement, Paris23,5. C'est le chiffre de la semaine, à Paris. Soit le nombre d'années qu'il faut au salarié parisien moyen pour devenir propriétaire d'un appartement de 75 m², dans la capitale.

En 1984, en revanche, il était possible d'y acquérir un bien d'une même surface en économisant pendant, non 23 ans, mais 13 ans seulement. Ces dix années de différence sont un bon indicateur de l'ampleur de la perte de pouvoir d'achat immobilier qu'ont subie les habitants de la «Ville lumière», ces trente dernières années. D'autant que le salaire net moyen, entre-temps, a bien sûr augmenté. En 1984, il se montait à l'équivalent de 7€ de l'heure et 12.000€ annuels. En 2014, on en est à 16€ et 26.000€, respectivement.

Rien d'étonnant, dès lors, à ce que les ménages aux revenus moyens aient de plus en plus de difficultés à acheter de quoi se loger, dans la capitale. «L’opération n’est plus envisageable pour un primo-accédant, à moins de gagner remarquablement bien sa vie», souligne l'association de défense des consommateurs UFC-Que choisir, à l'origine de l'étude qui révèle ces données.

On est sans doute prié de se consoler de cette situation en constatant que, en 2014 par rapport à 1984, la part de salaire moyen nécessaire à l'achat de certains produits et services a, elle, diminué – réduction toutefois très théorique, vu que ce même salaire s'est accru, dans le même laps de temps. Ainsi, une bouteille d'huile d'arachide vaut désormais 14 minutes de travail, contre 18 en 1984. Une raquette de tennis, 6 heures au lieu de 15. Et un réfrigérateur, 6 jours et non plus 14.

C'est merveilleux.

02/02/2015

Un business florissant

Gouvernement, Gastronomie, Economie, International, Personnalités, FabiusCe lundi, c'est carrément lors d'une cérémonie au ministère des Affaires étrangères que sont décernées les récompenses gastronomiques annuelles du Guide Michelin. Que les salons lambrissés du quai d'Orsay servent de cadre, si officiel, à une telle manifestation, c'est une première. Mais elle n'est pas si étonnante que cela.

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, en effet, n'a que les mots «diplomatie économique» à la bouche. Il s'est transformé en super-représentant de commerce de l'Hexagone. Or, la gastronomie et tout ce qui y est lié, en amont et en aval, c'est évidemment un atout de taille, pour le tourisme et le commerce extérieur tricolores. Comme s'en gargarise le quai d'Orsay, «avec190 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2013 et 12.000 entreprises (dont 98% de PME de moins de 250 salariés), l'agriculture et l'agroalimentaire constituent un secteur économique majeur, à l'origine du deuxième excédent de notre balance commerciale après l'aéronautique. Trois secteurs – les vins et spiritueux, les céréales et les produits laitiers – constituent 38% du total des exportations» françaises.

A la mi-janvier, d'ailleurs, en pleine semaine qui avait suivi les attentats de Paris – donc alors que le pays et sa classe politique se trouvaient dans un état d'agitation considérable –, Laurent Fabius s'était éclipsé un moment, histoire de s'offrir une petite pause gastronomique. Malgré le contexte ultra-tendu, il n'avait pas bouleversé son agenda et, comme il était prévu, était allé rehausser de sa présence une réunion... du «Club de la table française», à Paris. Cette escapade culinaire ministérielle était passée largement inaperçue des médias, pourtant elle était assez éclairante: quelles que soient les circonstances – et, en l'occurrence ici, même les plus tragiques –, le business ne s'arrête jamais.

26/01/2015

Un impact, là aussi

Comme toujours en janvier, les grandes institutions culturelles parisiennes font leurs comptes: publient leurs chiffres de fréquentation pour l'année écoulée. Et 2014 fut visiblement une bonne année pour la culture, dans la «Ville lumière».

Ainsi, à la Fondation Cartier pour l'Art contemporain, la rétrospective consacrée au sculpteur Ron Mueck, dont les créations sont spectaculaires, il est vrai (voir ), a attiré plus d'un million de visiteurs. Le Muséum d’Histoire naturelle, lui, affiche carrément «3 618 936 billets vendus». Un succès dû à la réouverture du Zoo de Paris (1,5 million de visiteurs en huit mois), mais aussi à la rénovation de la Grande Galerie de l'Evolution (), en l'honneur de ses vingt ans. Du côté des musées dépendant de la Ville de Paris, ils revendiquent eux aussi (ici) plus de 3 millions de visiteurs. Et, à Beaubourg, l'on s'attend à ce que l'expo Jef Koons connaisse une affluence d'une ampleur historique, dépassant même les succès phénoménaux remportés jadis, à Pompidou, par les rétrospectives Dali (840 000 visiteurs), Matisse (735 000), et Soulages (500 000).

2015 sera-t-elle une aussi bonne année que 2014, en matière de fréquentation des grandes institutions culturelles parisiennes? Pas sûr. En effet, ce secteur, lui aussi, souffre de l'impact de l'actualité terroriste de la première quinzaine de janvier – on n'en sort décidément jamais.

Ainsi, depuis le début du mois, la fréquentation des musées de la Ville de Paris a chuté de 38%, par rapport à la même période de 2014. Un repli «très naturel», selon la directrice de l'établissement public des musées de la capitale: «Les gens n'avaient pas la tête à la culture. Ils essayaient de comprendre (l'actualité), ils étaient en détresse».

A voir si le grand public va revenir dès les prochaines semaines dans les musées de la capitale. Ou si la chute de fréquentation sera plus longue, ce qui se répercuterait sur leurs chiffres pour l'ensemble de l'année 2015.

 

21/01/2015

Un impact saisissant

Paris, Economie, Tourisme, SécuritéRéunion de crise, ce mercredi, des instances en charge du tourisme à Paris. Et pour cause. C'était très prévisible, mais cela n'en reste pas moins saisissant dans son ampleur: les attentats de début janvier ont fait dégringoler la fréquentation touristique internationale, dans la capitale.

Le week-end dernier encore, la fréquentation hôtelière y a été 10% inférieure à celle de la même période de 2014. La chute du chiffre d'affaires du secteur est plus spectaculaire encore, depuis deux semaines. Certains jours, elle dépasse les 25%. La tendance à la baisse ou à l'annulation des réservations a été constatée dès le 8 janvier, au lendemain de l'attentat contre «Charlie Hebdo». Et ce, en dépit de l'avis que l'Office du tourisme de Paris a mis sur son site web, assurant les internautes et les candidats au voyage qu'elle était «mobilisée plus que jamais pour la sécurité des Parisiens et de ses visiteurs».

Selon les observateurs du secteur (ici, par exemple), cette chute «est globalement plus sensible dans l’hôtellerie haut de gamme, fréquentée par une clientèle internationale plus sensible aux événements géopolitiques». Ce créneau pourrait même souffrir plus durablement de la crise. En effet, la clientèle moyen-orientale, très importante dans l'hôtellerie de grand luxe (palaces, etc.) pourrait être sensible notamment au climat anti-français croissant dans le monde arabe, à la suite de la publication par «Charlie» des caricatures du Mahomet.

Paris, Economie, Tourisme, SécuritéLes professionnels du tourisme parisien espèrent toutefois pouvoir garder le moral, à la lumière des enseignements que, dans le passé, à l'étranger, on a pu tirer d'une identique actualité dramatique.

Ainsi, les attentats de masse à Londres et à Madrid avaient, pareillement, fait s'effondrer la fréquentation touristique. Mais le mouvement ne s'était pas non plus éternisé, et les choses étaient rentrées dans l'ordre après quelques mois.

Le problème est que, à Paris pour l'instant, le tourisme n'est pas le seul secteur économique qui est touché de plein fouet par l'impact des attentats. Dans la plupart des boutiques et des grands magasins de la capitale, les quinze premiers jours de la période des soldes ont été catastrophiques. Et même le secteur du divertissement peine, visiblement – la semaine dernière encore, les salles de cinéma de la «Ville lumière» ont pâti d'une fréquentation en baisse de 50%.

22/12/2014

Une vache sacrée

Economie, Tourisme, Gouvernement, EducationUne note de saison, pour bien entamer la semaine – puisque c'est celle du début des vacances scolaires. Pour remarquer que, plus que jamais, le secteur touristique est décidément la vache sacrée par excellence, dans cette France qui, pourtant, se pique de réformer à tout va.

C'était déjà très patent depuis que le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, est devenu aussi le ministre du Tourisme. Lui qui n'a que les mots «diplomatie économique» à la bouche semble avoir désormais pour préoccupation première le sort des pauvres touristes chinois privés de shopping le dimanche à Paris, les boutiques Chanel y étant fermées ce jour-là. Mais le veau d'or touristique s'impose visiblement dans l'Education aussi. Ainsi, l'autre soir, à la télévision – et hier soir encore, sur une radio – , la ministre Najat Vallaud-Belkacem a fait comme si elle avait complètement oublié la promesse d'un de ses prédécesseurs, Vincent Peillon, de réformer dès 2015 le calendrier des vacances scolaires d'été. Et, en l'occurrence, de raccourcir un peu ces vacances, tous les experts s'accordant pour juger leur longueur inadaptée aux rythmes scolaires des enfants.

Mais voilà, cela fait bien vingt ans qu'aucun gouvernement n'ose s'attaquer à ce dossier. Apeuré à l'idée de se prendre les récriminations à la fois des hôteliers et des restaurateurs, des plagistes et des campings, des chemins de fer et des compagnies aériennes, des locations de vacances ou des festivals culturels. Sans oublier le lobby des associations familiales. Et les protestations de tous les offices départementaux et régionaux du tourisme que compte l'Hexagone.

Cette frilosité, s'agissant de ce dossier, gagne d'ailleurs y compris les Vallsistes purs et durs, censés pourtant grands réformateurs devant l'éternel. Pour preuve, l'autre jour, au Parlement, le sénateur Luc Carvounas, très proche du Premier ministre, y est allé de gémissements plaintifs. Il s'est ému des «craintes légitimes» que ce sujet «délicat» et «très  sensible» suscite chez les professionnels de l’industrie du tourisme. «Il ne faut pas opposer les uns aux autres de manière démagogique», a-t-il plaidé, prônant que l'amélioration des temps scolaires des élèves se fasse «sans pénaliser la première industrie de France». Le gouvernement l'a vite rassuré, précisant avoir parfaitement «entendu les interrogations et inquiétudes des professionnels du tourisme».

Economie, Tourisme, Gouvernement, EducationL'exécutif, dès lors, va veiller à «chercher l’équilibre entre le bien-être des élèves, l’organisation de la vie familiale, et certains impératifs économiques et sociaux». Certes, officiellement, c'est toujours «l'intérêt des élèves» qui le «guide prioritairement». Car «l’école doit privilégier l’intérêt des enfants sur celui des adultes», et cela passe notamment par «une bonne adaptation du calendrier scolaire aux besoins de repos des élèves». Dans les faits, cependant, pour ménager la vache sacrée touristique, une fois encore rien ne sera fait en la matière, d'ici à l'été.

Encore bravo.