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27/05/2014

Un grand train de vie

Elections présidentielles, Justice, Economie, Sarkozy, Gastronomie Les comptes de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012 auraient donc été truqués, et pas qu'un peu. Le but de la manoeuvre? Eviter que ces dépenses électorales n'explosent trop, au risque de dépasser le plafond légal des dépenses maximales autorisées (22 millions d'euros, concernant chacun des deux participants au second tour). Certaines de ces dépenses auraient donc été payées, non sur le budget de campagne du candidat, mais par son parti: l'UMP. Qui, pour ce faire, aurait commis pour une dizaine de millions d'euros de fausses facturations.

Hier soir, dans une mémorable confession télévisée (ici), le directeur adjoint de la campagne du candidat Sarkozy, et en même temps bras droit du patron (démissionnaire) de l'UMP, Jean-François Copé, a personnellement confirmé l'existence d'un tel mécanisme. Et l'a justifié par «les dérives» des dépenses électorales sarkozystes de 2012. En substance, elles partaient tant en vrille qu'il fallait absolument trouver une solution comptable – fût-ce illégale – pour les ramener artificiellement à la baisse.

Le candidat Sarkozy a-t-il donc été exagérément dispendieux, il y a deux ans? A-t-il jeté l'argent par les fenêtres, lors de sa campagne élyséenne? En tout cas, on se souvient qu'à l'époque, on avait été frappé combien cette campagne menait grand train de vie.

Elections présidentielles, Justice, Economie, Sarkozy, Gastronomie Pour ne prendre que ce seul exemple – pas forcément représentatif de l'ensemble –, c'était saisissant pour tout ce qui concernait les dépenses relatives aux réceptions, aux traiteurs, à l'intendance, etc. On l'avait raconté dans ce blog, à l'époque (relire ): côté Sarkozy, c'était petits fours, miniardises et mets fins alors que, côté Hollande, c'était beaucoup plus frugal.

Si le restant du budget de sa campagne a été dépensé à l'avenant, l'ex-Président a du souci à se faire. Et on n'a pas fini d'entendre parler de cette affaire.

21/05/2014

Une «reprise mitigée»

Paris, Economie, Emploi, Social, TourismeL'autre jour, dans ce blog, on écrivait combien les bons chiffres de la fréquentation touristique à Paris étaient importants, s'agissant d'un secteur économique vital pour la «Ville lumière». C'est ce que met également en lumière la dernière note de conjoncture que l'Insee (Institut français de la statistique) a publiée hier, consacrée à l'emploi à Paris et dans sa banlieue. A sa lecture, on perçoit combien ces chiffres corrects de la fréquentation touristique sont une bonne nouvelle, tant les derniers mois de 2013 n'avaient pas été folichons. Ainsi, «entre juillet et décembre 2013, les nuitées ont diminué de 0,6% par rapport à l’an passé. L’activité pâtit de la forte diminution de la fréquentation hôtelière de la clientèle française (-9,1% en un an sur la période de juillet à décembre 2013), qui n’est pas entièrement compensée par la fréquentation plus importante de la clientèle étrangère (+6,3%)».

Malgré cette fréquentation hôtelière «en demi-teinte fin 2013», «le secteur de l’hébergement (touristique) et de la restauration reste dynamique (1700 emplois supplémentaires, soit +0,6% en un an)». Cela tombe d'autant mieux que, dans nombre de secteurs de l'économie parisienne, cela patine. Dans le commerce, l'emploi «se stabilise», guère plus. Dans la construction neuve, «l’activité est orientée à la baisse». Dans l'industrie, «l'emploi continue de reculer» (61.000 postes perdus ces six dernières années).

Au total, à la fin 2013 et tous secteurs confondus, l’emploi n'a progressé que de 0,3%, dans la capitale. Logiquement, «la progression du nombre de demandeurs d’emploi n’a que faiblement ralenti», les chiffres du nombre de demandeurs d'emploi parisiens (875.000) dépassant même «les niveaux record enregistrés au cours des quinze dernières années». Ce qui place le taux de chômage parisien à 8,6%, en diminution trimestrielle très infime (-0,1). Conclusion? La capitale ne bénéficie que d'une «reprise mitigée» de son économie.

Et il n'est pas sûr que les Parisiens s'en consoleront en apprenant qu'en province, la situation de l'emploi est encore moins enviable (il y a régressé de 0,4%), et/ou que le taux de chômage en France métropolitaine dans son ensemble (9,8%) est encore plus élevé qu'à Paris.

15/05/2014

Un trésor, précieux

Paris, Economie, Tourisme, International, BelgiqueC'est le chiffre de la semaine. 29,3 millions. Soit le nombre de touristes que Paris a accueillis, en 2013. Parmi eux, 12,1 millions de visiteurs étrangers. Dont, pour l'anecdote, 281.300 Belges, en recul (-5%) par rapport à 2012. Selon l'office du tourisme de la capitale française, qui vient de publier ces données, cela confirme que la «Ville lumière» demeure bel et bien la première destination touristique mondiale. Il y a quelques mois, la question avait agité la campagne électorale pour les municipales (relire ici).

Alors, on est le premier à avoir toujours trouvé un peu agaçant, voire puéril, que Paris insiste sans cesse, aussi lourdement, et sur un ton aussi cocardier, sur son leadership mondial, sur le plan touristique. Mais, si cette ville est obligée en permanence d'en faire autant, en la matière – et notamment en termes de communication –, c'est parce que le tourisme est un secteur absolument vital, pour l'économie locale. Cette attractivité touristique mondiale et l'énorme manne financière qui en découle sont un trésor précieux, que la ville doit veiller en permanence à entretenir.

En guise d'illustration, ce chiffre, qui est généralement peu connu à l'étranger, mais que les Parisiens, eux, et au premier chef leurs élus, ne perdent jamais de vue: dans la capitale française, un emploi sur six – ce qui n'est pas rien, a fortiori en cette période de crise – dépend directement du tourisme. En d'autres termes, l'attractivité touristique mondiale de Paris viendrait à baisser, des dizaines de milliers d'emplois seraient directement menacés. Et probablement davantage encore d'emplois indirects.

23/04/2014

Un business florissant

Paris, Société, Institutions, EconomieC'était il y a un an, jour pour jour. Le 23 avril 2013, après des mois de débats fiévreux et de manifestations d'anthologie, le Parlement français adoptait de manière solennelle et définitive le «mariage pour tous».

Un an plus tard, Paris est sur la première marche du podium des villes de France où le plus grand nombre de «mariages pour tous» sont célébrés. Dans la capitale, 15% de tous les noces conclues en mairies concernent des couples de même sexe, soit trois fois plus que la moyenne nationale. Dans certains arrondissements, ce chiffre explose. Ainsi, il atteint 40% dans le quatrième arrondissement – et pour cause, il comprend le «Marais gay».

Dans ce quartier, les commerçants, depuis un an, se frottent les mains. En effet, la loi Taubira a accru encore un peu plus leur chiffre d'affaires, qui était déjà très florissant. Qu'il s'agisse des bijouteries (les alliances), des pâtisseries (les pièces montées), des agences de voyage (les voyages de noces) et même des librairies (les ouvrages sur l'homoparentalité, paraît-il, se vendent comme des petits pains, depuis avril 2013).

Le business «gay-friendly»: voilà au moins un pan de l'économie que François Hollande aura réussi à redresser, depuis son arrivée à l'Elysée.

Sans doute est-ce déjà cela.

14/04/2014

Une si maigre consolation

Paris, Tourisme, Social, Economie, PatrimoineUne adresse de grand luxe en moins à Paris, dès aujourd'hui. Puisque c'est ce lundi que le Lutetia, le célèbre hôtel de la rive gauche, ferme ses portes. Pour trois années de gros travaux – l'installation d'une piscine, en sous-sol, est notamment prévue.

On l'avait relaté, à l'époque (relire ): cette fermeture a fait l'objet d'un véritable bras de fer social. Qui a débouché sur plusieurs manifestations dans et aux abords du si sélect établissement – du jamais vu, auparavant. Le contentieux n'est d'ailleurs toujours pas réglé. A la mi-mai, le comité d'entreprise et le syndicat CGT traîneront en justice la direction de l'établissement (un grand groupe isréalien). Ils ne décolèrent pas contre «le dilemme» devant lequel, selon eux, a été placé le personnel de l'hôtel. A savoir, «accepter une baisse dramatique des salaires pendant les travaux, avec l’acceptation du chômage partiel de longue durée. Ou accepter le plan de départ "volontaire", sans certitude d’être réintégré».

En attendant, les quelque 200 employés de l'hôtel auront la consolation de pouvoir acheter à prix préférentiel... des peignoirs de bain siglés Lutetia ainsi que d'autres articles à l'effigie du célèbre établissement, avant que le tout soit mis en vente publique.

Un peignoir siglé. Quelle belle attention. Quel merveilleux signe de générosité. On croit rêver.

10/03/2014

Un éternel malaimé

Paris, Transports, Histoire, Tourisme, International, Economie Sans tambours ni trompettes, l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle vient de fêter son quarantième anniversaire. En effet, c'est le 8 mars 1974 qu'il avait été inauguré.

Quarante ans plus tard, Roissy-CDG, ce n'est vraiment pas rien, en termes de masse. Quelque 62 millions de passagers accueillis chaque année, le deuxième aéroport le plus fréquenté d'Europe (après Londres-Heathrow), le septième au monde, 150 compagnies aériennes l'utilisant, 116 mouvements d'avions chaque heure, deux avions par minute aux heures de pointe, 100.000 emplois directs et indirects.

Indéniable succès quantitatif, donc. Et... énorme problème qualitatif. Ce blog a plusieurs fois eu l'occasion de l'écrire, ces dernières années (relire ici, ou ): Roissy-CDG fait partie des aéroports les plus détestés et décriés, dans le monde entier.

Mais, a-t-on vu, lu et entendu de toutes parts, dans les médias ces derniers jours, les nouvelles infrastructures inaugurées à l'occasion de ce quarantième anniversaire sont vraiment impeccables.

On se réjouit de découvrir cela, en partant en vacances cet été – mais cela paraît encore si loin.

06/03/2014

«Une forme inquiétante d'abandon»

Social, Pauvreté, Economie80% des maires de France considèrent que, ces dernières années, la pauvreté et l’exclusion se sont étendues, dans leur commune. En 2008, ils n'étaient que 51% de cet avis. Six ans plus tard, ce constat d’une progression de la pauvreté et de l'exclusion est généralisé, quelle que soit la taille de la municipalité concernée. C'est ce qu'il ressort d'un sondage TNS-Sofres publié cette semaine. Il a été réalisé pour le Secours catholique, qui lance une campagne baptisée «Ne laissons pas disparaître la fraternité». 

Plus de neuf maires sur dix (91%) considèrent qu'au cours de leur mandat, ils se sont bougés pour renforcer le lien social dans leur commune. Pour l'ONG, cela «montre que le lien social reste une priorité pour les maires, et donc que la bataille pour la fraternité n’est pas perdue».

C'est une façon positive et optimiste de voir les choses.

Il est vrai que, pour garder le moral, mieux vaut ne pas s'étendre sur deux autres constats faits (là) par l'association.

social,pauvreté,economieD'une part, la plupart du temps, les actions anti-pauvreté des maires ne sont que «ponctuelles ou ciblées», et non précédées par une réelle «analyse des besoins sociaux» locaux. D'autre part, il y a «une disparité très forte, selon les communes, dans la prise en compte des pauvretés et leur traitement». En clair? Souvent «les communes riches sont moins investies contre la précarité». Elles pratiquent «une forme inquiétante d’abandon» de la gestion des «personnes pauvres en errance»: à savoir, les pauvres qui n'ont pas d'attache géographique particulière (demandeurs d’asile, migrants, etc.). La gestion de cette exclusion-là, ces communes aisées la relèguent aux «municipalités déjà les plus en prise avec la misère».

C'est lamentable. Mais sans doute n'est-ce pas propre à la France.

28/02/2014

Une tradition devenue très minoritaire

Un sondage particulièrement de saison, pour terminer cette semaine située en plein congé de février. Et cette enquête d'opinions confirme qu'elle est bien révolue, la tradition française des vacances de février à la neige – l'époque «Les Bronzés font du ski», en somme.

D'après l'institut Ifop, «près de huit Français sur dix (78%) n’ont pas le projet de partir en vacances pour les congés scolaires de février/mars». C'est quatre points de plus que les deux saisons précédentes. De même, 74% des sondés assurent qu'ils n'ont pas l'intention de partir à l'occasion des prochains congés scolaires de Pâques. C'est deux points de plus que l'an dernier.

Le manque d'argent (26%) et le souhait d'économiser en vue d'autres dépenses (18%) ne reviennent pas marginalement, dans les motivations citées par les sondés pour expliquer leur choix de ne pas partir au ski, ces deux semaines. Les privilégiés qui partent ont un budget moyen (962 euros) en baisse de 100 euros par rapport à l'an dernier à la même époque.

Parmi ces chanceux, la montagne reste une destination privilégiée. Cette année encore, 46% de ces vacanciers de février s'offrent les joies des sports d’hiver, contre seulement 17% et 18% qui leur préfèrent un séjour à la campagne ou à la mer, respectivement.

Bonnes vacances, où que ce soit, si vous avez la chance d'en prendre.

11/02/2014

Un scénario d'horreur

On évoquait hier le Paris de 2001 et celui de 2014. Mais qu'en sera-t-il du Paris de 2040?

«De Roissy jusqu'aux confins nord de la capitale française, s'élève un vaste bidonville, où se pressent quelque six millions d'habitants sur les vingt que compte cette mégapole». C'est une zone de non-droit, sous la coupe de bandes armées qui «se livrent régulièrement à des attaques contre les trains ou les véhicules». A l'autre extrémité de la capitale, le quartier d'affaires de La Défense n'est plus que l'ombre de lui-même. Car «les tours ont cessé d'être entretenues, à mesure que l'insécurité interdisait leur accès». En banlieue toujours, à côté d'EuroDisney, «un New Paris a été construit. Il reproduit, à l'échelle, les principaux monuments de la capitale et ses rues les plus emblématiques».

Et ce «New Paris» ne désemplit pas de touristes venus du monde entier. Car l'ancien Paris, lui, est fini. Le centre-ville, le dimanche, est «une ville morte; tout est fermé, car le travail est interdit. Ceci, outre les problèmes de sécurité, explique la fuite des touristes». Les autres jours de la semaine, pareillement, «la ville-musée est lugubre. Les rues sont à peine éclairées, conséquence d'une loi votée à l'initiative des écologistes, qui taxe très lourdement l'éclairage nocturne». Dans les grands musées de la «Ville lumière», «la sécurité des collections n'est absolument plus assurée. De très nombreux vols sont déjà intervenus». Paris n'est plus la ville de la culture, ni même celle des amoureux. Car, comme les touristes, les amants «ont déserté Paris, sous la pression de l'insécurité, des extrémistes et des fondamentalistes religieux», qui s'attaquent aux femmes dont ils jugent la tenue indécente. Du coup, le chic parisien a lui aussi vécu: les Parisiennes ne sortent plus dans la rue qu'«engoncées dans d'énormes manteaux sombres, dont la fonction est plus de les rendre invisibles que de les protéger de la pluie et du froid».

paris,personnalités,littérature,economie,histoireCe Paris imaginé en 2040, c'est celui de Nicolas Baverez. Ce très médiatique historien et économiste néo-libéral entrevoit ainsi la capitale française, dans vingt-cinq ans. Et la décrit de la sorte dans «Lettres béninoises»: la remise au goût du jour des «Lettres persanes» de Montesquieu, qu'il vient de publier chez Albin Michel.

Le portrait est sombre? Le scénario urbain est horrifique? C'est la moindre des choses. Venant du chef de file des «déclinologues». Ainsi que Dominique de Villepin, jadis, avait rebaptisé ces penseurs qui, à longueur d'essais, s'affligent d'une France qu'ils jugent en déclin tant sur les plans économique que culturel ou géopolitique.

Au moins Nicolas Baverez confirme-t-il qu'il a de la suite dans les idées. Moins attendu, il se révèle être... un très grand comique. Si l'on consent à prendre son bouquin pour une farce, tellement outrancière qu'elle en devient très cocasse.

Mieux vaut, sans doute, prendre le parti d'en rire.

06/02/2014

Une idée fixe

Musées, Culture, Arts, Economie, Tourisme, InternationalC'est la fin d'un système qui existait depuis près de quinze ans. Une remise en cause en catimini, comme embarrassée. Lundi, Le Louvre a confirmé avoir décidé que, pendant la haute saison touristique (d'avril à septembre), le premier dimanche du mois ne serait plus synonyme de gratuité d'accès à ses collections permanentes. Ce changement est formalisé sur la page de son site web détaillant les horaires et tarifs.

Pourquoi revenir sur cette gratuité dominicale mensuelle? Les agences de voyage étrangères auraient abusé. Elles auraient pris l'habitude d'organiser un grand nombre de visites précisément à ces dates-là. Cela aurait conduit à une «hyper-fréquentation» du musée, ces dimanches, au détriment de «la satisfaction des visiteurs» et des «conditions de travail» du personnel.

Les problèmes que poserait la clientèle étrangère: c'est décidément une idée fixe, au Louvre. Un tel argument avait déjà été brandi il y a quelques années, dans un débat tarifaire voisin (relire ici ou ).

Serrer la vis sur les tarifs, parce qu'il y a trop d'étrangers. Il y aurait une autre façon, plus glorieuse, de résoudre le problème présent.

Musées, Culture, Arts, Economie, Tourisme, InternationalLe personnel du musée est surchargé les premiers dimanches de mois? La qualité de la découverte artistique s'en trouve dégradée? Que ce musée prenne ses dispositions. Qu'il augmente ses effectifs ces jours-là, pour encadrer plus efficacement ces visites: les canaliser, via l'ouverture de salles supplémentaires, etc.

Certes, cela lui coûterait plus cher qu'à présent, en termes de nombre de personnels rémunérés au tarif dominical. Mais, quand on accueille plus de 9 millions de visiteurs à l'année, à un tarif payant supérieur à 10 euros par personne, on peut difficilement faire preuve de pingrerie.

03/02/2014

Un moral pas folichon

Lecteurs et lectrices de ce blog, si vous êtes Français(e) et n'avez pas trop le moral, en ce moment, vous êtes parfaitement en accord avec l'humeur ambiante. Qui, effectivement, est à la morosité. Vient de le confirmer la dernière édition en date du «Baromètre du moral des Français» – oui, cela existe (voir ici).

Près de sept sondés sur dix (69%), carrément, s'y déclarent pessimistes sur «l'avenir de la société française». Les femmes, les âgés, les classes populaires et les électeurs de droite sont proportionnellement moins enclins à l'optimisme que les sondés masculins, les jeunes, les catégories socio-professionnnelles plus élevées, et les électeurs de gauche. En ce qui concerne leur état d'esprit relatif à leur avenir personnel, les pessimistes (+9 points par rapport à décembre) sont désormais aussi nombreux que les optimistes (-8). Jamais, depuis la création de ce baromètre, il y a trois ans, les niveaux d’optimisme et de pessimisme n'avaient ainsi atteint le même score.

Commentaire de l'institut CSA: «Alors que les raisons expliquant les différentes variations du moral des Français étaient particulièrement diffuses au cours des dernières vagues et ne reposaient pas nécessairement sur un événement en particulier, mais davantage sur un contexte général morose, suscitant un sentiment de désarroi général, ce mois-ci, un événement en particulier est cité à de très nombreuses reprises par les personnes interrogées, pour justifier leur état d’esprit: la hausse du chômage». De même, la «chute plus abrupte» du moral des Français en ce qui concerne leur avenir personnel «s’explique surtout, ce mois-ci, par la forte influence du contexte économique national». Et la baisse est «générale dans l’ensemble des catégories sociales, de manière sensiblement égale».

Qu'ajouter à cela? Que ça va aller. Ou, en tout cas, que c'est sans doute ce qu'il faut se dire, dans un tel climat.

21/01/2014

Un inversement de tendance

PARISjet'aime.jpgCela a très longtemps été une tendance lourde, pour Paris. Mais il se confirme qu'à présent, cette tendance s'est résolument inversée. La «Ville lumière» a bel et bien cessé de perdre, année après année, ses habitants. Le très sérieux Institut de la statistique (Insee) vient de le confirmer, dans des études (ici ou) basées sur les résultats du dernier recensement (*).

Ces données confirment – outre que la région parisienne (11,8 millions d'habitants) reste la plus peuplée de France – que Paris a désormais une «contribution massive» dans la croissance démographique de la région, depuis 2006. Car «c’est au centre de l’agglomération parisienne que le solde naturel progresse le plus et le déficit migratoire s’accentue le moins». En chiffres, la capitale a gagné 68.600 habitants entre 2006 et 2011, ce qui représente plus de 21% de la croissance de la population régionale. Alors que, sans interruption depuis le milieu du XXe siècle jusque dans les années 80, Paris n'avait cessé de perdre des habitants. Puis, à partir de 1982, avait vu sa population tout au plus stagner (une augmentation annuelle moyenne de 0,1%).

Ce sujet est totalement absent des débats de la campagne pour les élections municipales de mars prochain. Curieusement, trouve-t-on. Cet inversement de tendance ne dit-il pas des choses, sur l'attractivité retrouvée de la ville?

 

(*) Recensement dont, cela dit, on espère qu'il s'est mieux déroulé pour les autres Parisiens que pour notre petite personne. Pour l'anecdote, en guise d'entretien avec notre agent recenseur, imposé par la procédure, on a juste eu droit... à un avis de son passage: avis trouvé un soir dans la boîte aux lettres, en rentrant du boulot. Le document nous invitait à passer à la mairie pour un entretien avec l'intéressé, celui-ci n'ayant pu nous rencontrer à domicile (sans rendez-vous préalable, et pendant les heures de bureau). Trouvant le procédé un peu léger, surtout ayant d'autres choses à faire, on n'avait jamais donné suite à cet avis. Et le recensement, nous concernant, en était resté là.

On n'est pas sûr, du coup, de faire effectivement partie des 2,274 millions de personnes qui sont désormais officiellement comptabilisés comme habitant dans les 20 arrondissements de Paris intra muros.

19/12/2013

Un secteur particulièrement surveillé

Une nouvelle bien de saison, à l'heure où toute la France s'hystérise dans les magasins pour le rituel annuel des courses de Noël. Les services chargés de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes ont été priés de se bouger: d'intensifier leurs contrôles. Afin d'éviter que, comme on dit (ici) au gouvernement, les consommateurs «soient victimes de négligences ou d’abus, durant cette période d’activité commerciale intense».

La surveillance a été renforcée notamment dans le secteur des produits alimentaires des réveillons de fin d’année. Dans le viseur des contrôleurs, à la fois les fabricants, les grossistes, les importateurs et les distributeurs. Pour les amateurs de chiffres, 13.500 vérifications ont déjà été effectuées sur des foies gras, des huîtres, des bûches, etc. Elles ont porté à la fois sur le respect des règles d’hygiène (dates limites de consommation, températures de conservation ou propreté des locaux) et sur «la loyauté de l’information mise à disposition des consommateurs» (étiquetage, véracité des labels et appellations d’origine, réalité des annonces promotionnelles, etc.). Résultat? 3.000 manquements ont déjà été relevés, soit un «taux d’anomalie» de 22 %.

L'an dernier, à cette époque, il n'était que de 18,5%. L'histoire ne dit toutefois pas (encore) si ce taux cette année plus élevé d'infractions constatées traduit un relâchement des professionnels de la filière alimentaire, ou simplement une plus grande efficacité des opérations de surveillance les concernant.

16/12/2013

Une invasion publicitaire (suite)

Publicité, Patrimoine, Paris, EconomieLa folie des achats de Noël, comme chaque année à cette époque – crise économique ou pas. Quelque 41 millions de transactions bancaires ont été effectuées samedi en France, dans les commerces et sur internet. 41.225.000, très exactement: on entendait le chiffre claironné par une radio, ce matin.

Dans les quartiers des grands magasins parisiens, on ne lésine pas pour exciter encore un peu plus la frénésie consumériste ambiante. Témoin, cette immense bâche publicitaire qui trône derrière l'Opéra Garnier, rue Scribe. Elle vante un smartphone à la mode, et recouvre en partie la façade d'un îlot en cours de restauration. Pour donner une idée de la dimension de cette réclame, elle s'étend, en hauteur, sur plus de trois étages.

Comme le long des quais de Seine, donc – on en parlait, l'autre jour: ici –, ont été allègrement contournées les réglementations relatives à la préservation esthétique, théoriquement, des zones classées. Dans ce cas, l'annonceur nargue même les anti-pub, et doublement. D'une part, une partie de l'édifice a, elle, été recouverte d'un trompe-l'oeil reproduisant les façades. Ce qui montre bien comment le cachet visuel du quartier aurait pu être un peu plus préservé: si, au lieu de cette gigantesque réclame, ce trompe-l'oeil avait été poursuivi sur tout le pourtour de l'îlot. D'autre part, un écriteau apposé sur le bâtiment informe ceux qui se sentiraient agressés visuellement par cette méga-pub que les recettes qu'elle permet de récolter contribuent au financement du chantier de rénovation.

On en est ravis, pour les finances des copropriétaires de l'immeuble – qu'on peine toutefois à imaginer sur la paille, vu le standing du quartier. Mais cela ne rend pas moins pénible cette énième invasion publicitaire XXL.

27/11/2013

Une «indignation», ou pas

Léger sourire, hier. A la lecture d'une dépêche de l'agence AFP relatant «l'indignation» suscitée à Moscou par l'installation d'«une gigantesque malle aux couleurs de la marque de luxe français Louis Vuitton, à côté du mausolée où repose Lénine, et bouchant la vue sur la place Rouge». Double sourire, en fait.

D'abord, cela ne date pas d'hier que le grand luxe (français ou pas), à l'occasion, peut être tapageur. Et donc de mauvais goût.

Ensuite, ce qui fait scandale à Moscou suscite l'indifférence à Paris. Pour preuve, sur des dizaines de mètres le long de la Seine, Quai Malaquais (à hauteur du Pont des Arts), une grande marque de luxe a entièrement emballé l'édifice qu'elle est en train de restaurer: l'a recouvert d'une immense bâche publicitaire, vantant les mérites de cette enseigne.

N'importe quelle autre capitale digne de ce nom et se disant soucieuse de son patrimoine historique n'aurait évidemment pas toléré que l'on «marchandise» ainsi, et aussi ostensiblement, un ensemble classé aux Monuments historiques. Mais là, à Paris, rien. Cela fait des semaines que cette méga-réclame publicitaire défigure une perspective fluviale et urbaine considérée comme Patrimoine de l'humanité par l'Unesco – mais que fait donc cette institution? Sans que personne ne s'en offusque. Sans qu'aucune «indignation» n'ait été relayée par l'AFP.

Ce doit être une illustration contemporaine, post-moderne en somme, de la parabole de «La paille et la poutre».

22/11/2013

Une «transhumance forcée»?

Communication, Technologies, Economie, Transports, ParisVoilà peut-être la réponse à une question que l'on se posait depuis un petit temps. Comme, sans doute, nombre de Parisiens usagers de la téléphonie mobile.

La qualité du réseau ne cesse de se dégrader, dans la capitale en tout cas. C'était notable depuis pas mal de semaines, mais, là, cela devient assez spectaculaire. Pas un jour quasiment sans échouer à envoyer des SMS depuis le métro. Alors que cela marchait très bien, auparavant. Pas une semaine ou presque sans se retrouver, en plein centre de Paris, en «zone blanche»: sans accès au moindre réseau. Comme dans le fin fond de la Creuse ou de la Corrèze. Comment expliquer cela? Une grande association de consommateurs (régulièrement en contentieux avec les opérateurs de téléphonie) vient de jeter (ici) un pavé dans la mare. Outre que, chiffres à l'appui, elle confirme la dégradation de ce réseau, elle s'est demandée si, en fait, cette dégradation n'était pas ... délibérée: voulue par les opérateurs eux-mêmes.

Explication. En ce moment, ils sont en pleine campagne de promo pour la 4G. Les voilà donc suspectés de «manœuvre»: accusés de «dégrader les conditions d’utilisation de la 3G, pour valoriser artificiellement la 4G». Afin que davantage d'usagers, dégoûtés par les difficultés actuelles du réseau, optent pour la génération suivante de téléphonie. En d'autres termes, on serait en pleine «transhumance forcée des consommateurs, de la 3G à la 4G». Et «il est à craindre que les opérateurs, faisant de la 4G un enjeu stratégique, généralisent la pratique, ainsi qu’une baisse des investissements sur les réseaux 3G». Du coup, s'il faut en croire cette thèse (complotiste? réaliste?), la qualité du réseau mobile traditionnel pourrait continuer à se dégrader.

On n'arrête décidément pas le progrès. Même et y compris à l'insu de son plein gré?

20/11/2013

Une surprise, y compris au sommet

La qualification des Bleus, hier soir, au Mondial de foot: c'est peu dire qu'y compris au sommet du pouvoir français, on n'y croyait pas du tout.

A titre d'illustration: hier soir, peu avant le coup d'envoi du match, on a interrogé sur le sujet le ministre de l'Emploi et du Travail, Michel Sapin (pilier du gouvernement, et très proche de François Hollande), à la faveur d'une rencontre qu'il avait avec des journalistes européens. Sera-t-il plus facile pour la France d'aller au Brésil, ou de réussir son pari d'inverser la courbe du chômage d'ici à la fin de l'année? «Je crains que cela lui sera beaucoup plus difficile de se qualifier au foot», avait-il répondu.

Reste à espérer, du coup, que ce ministre se révélera meilleur dans sa politique de l'emploi qu'en matière de pronostics sportifs...

18/11/2013

Une profession dégradée

Presse, Médias, Journalisme, Economie, SocialRetour de la rue Béranger, la rue du 3e arrondissement où se trouve le siège du journal «Libération». Rédaction à l'accueil de laquelle, ce matin, un individu a donc ouvert le feu. Blessant grièvement un jeune confrère photographe. Les ministres de la Culture et de l'Intérieur sont immédiatement descendus sur place, pour dire leur consternation. Vendredi matin, déjà, un individu (le même?) avait brandi un fusil (mais pas ouvert le feu) au siège de BFM, la télé d'info continue.

Les médias deviennent donc des cibles, en France. La profession journalistique n'avait vraiment pas besoin de cela, elle qui avait déjà le moral à zéro.

En a encore témoigné une étude sortie récemment. Résumée vite fait, cela donne: «Un malaise réel (règne) au sein de notre profession. On s’interroge face à la complexité d’exercer notre métier, sur ce que signifie vraiment le statut de journaliste, sur l’utilité ou non d’une carte professionnelle et sur l’avenir de cette profession au coeur d’une révolution numérique et multimédia». La Société civile des auteurs multimédia (Scam), à l'origine de cette enquête, base ce constat sur les réponses à son questionnaire qu'elle a reçues de quelque 3400 journalistes, sur les 37000 détenteurs de la carte de presse dénombrés en France.

Quantitativement, concernant les revenus de cette profession, 12% des répondants à cette enquête ne gagnent que le salaire minimum (13.000 € nets/an) ou même moins, et 18% se situent dans la tranche 13.000-20.000 € l'an. On peut donc vraiment parler d'une «détérioration des conditions d’exercice du métier de journaliste», voire d'une «précarisation réelle, notamment pour les reporters de guerre photographe ou les pigistes». Qualitativement, ce n'est guère mieux: «L’évolution du métier est jugée de façon très négative (par ses pratiquants), avec un secteur en grande fragilité, des pratiques qui se détériorent, une perte de sens et une profession discréditée».

Et en plus donc, maintenant, on sort des fusils, voire on ouvre le feu, dans des rédactions.

15/11/2013

«Un cadeau pas comme les autres»

Ne pas partir en week-end sans faire écho à ce qui fut la proposition la plus décoiffante de la semaine, faite aux Parisiens. Elle a émané, hier, du Muséum national d’histoire naturelle. Qui propose au grand public de, dès ce vendredi, parrainer... un animal.

Les habitants de la «Ville lumière» sont invités à devenir les mécènes de, au choix, D’Aramis, «superbe jaguar d’Amérique du Sud», Tinus, «l’attachant lamantin des Antilles», ou Adeline, «sympathique girafe d’Afrique de l’Ouest». Autant de futurs pensionnaires du Parc zoologique de Paris quand, en avril prochain, il rouvrira ses portes au bois de Vincennes, après de gros travaux de rénovation. Le public est donc invité à «parrainer, grâce à un don, un animal parmi une trentaine d’espèces présentes à l’ouverture du parc. Il bénéficiera ainsi d’une relation privilégiée avec l’animal de son choix; en contribuant à sa conservation et à la protection des espèces menacées dans leurs milieux d’origine. Afin d’offrir à tous la possibilité de parrainer un animal, plusieurs niveaux de dons sont proposés: 15€, 30€, 75€, 150€, 300€ et 1000€».

«Original et utile, ce parrainage est aussi un cadeau pas comme les autres, à l’approche des fêtes de Noël», assure le Muséum. En tout cas, cela change fameusement des propositions de mécénat qui, ces derniers temps, avaient été faites au grand public. Voir par exemple l'appel à dons en cours au Musée du Louvre, pour la restauration de «La victoire de Samothrace»: collecte ayant déjà permis de récolter, à ce jour, 530.000€ – ce qui n'est tout de même pas rien.

08/11/2013

Un imposteur

Pour l'anecdote, sans nullement donner à la chose une importance qu'elle ne mérite pas, donc avec le sourire – pour bien terminer la semaine, en somme –, avis à qui croiserait dans les rues de Paris, ces jours-ci, un Bernard Delattre se prétendant journaliste à «La Libre». Il n'est probablement pas celui que vous croyez.

On l'a appris par des coups de téléphone ou mails reçus cette semaine, provenant de grandes maisons d'édition parisiennes. Un individu est en train d'en faire le tour, se faisant passer pour notre modeste personne. Et réclamant de ces éditeurs qu'ils lui envoient des masses d'ouvrages en service de presse (= à titre gracieux), pour prétendument les chroniquer dans «La Libre».

S'il s'agit d'un grand amateur de lecture mais qui, les temps sont durs, n'a pas les moyens de s'acheter des bouquins, on compatit bien sincèrement. Et on lui signale très amicalement qu'à Paris, des tas de librairies de seconde main vendent des livres à prix écrasés: jusqu'à moins d'un euro pièce.

Si l'intéressé n'est pas motivé par le goût de lire mais plutôt par l'appât du gain (via la revente de livres qui ne lui ont rien coûté), on se permet de lui rappeler que l'usurpation d'identité est sanctionnée par le Code pénal. En son article 226-4-1 précisément, il la punit d'une peine d'un an de prison et de 15 000€ d'amende. Ce qui, cher imposteur, serait tout de même cher payé, pour quelques bouquins volés, non?

Sinon, bonnes lectures à toutes et tous: dans ce blog ou ailleurs.