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15/04/2016

Un prix à payer

Paris, Banlieues, Economie, Social, Art de vivreParis, ville magnifique. Ville agréable à vivre, aussi, globalement. Mais ville chère, décidément. Une étude vient de quantifier cela de manière précise.

8,8%. Selon les calculs de l'Institut de la statistique (Insee), c'est le surcoût moyen des prix pratiqués en région parisienne, par rapport à la moyenne nationale. C'est dû en grande partie au coût des loyers, qui y sont supérieurs de près de 50% par rapport au reste du pays. Plus largement, les dépenses relatives au logement (eau, entretien, gaz, électricité, etc.) sont plus élevées de 24,7% à Paris et et dans sa banlieue qu'en province. Cet écart vaut aussi pour la santé (des dépassements d'honoraires médicaux plus fréquents dans la capitale qu'ailleurs, par exemple), pour les loisirs, la culture et l’hébergement. Ainsi que, dans une mesure un peu moindre, pour l’alimentation, la restauration, les transports, les meubles et les vêtements.

Ce coût de la vie moins abordable est toutefois pondéré. Par la différence de rémunération: «le salaire horaire net moyen d’un ouvrier ou d’un employé est de l’ordre de 8% à 10% plus élevé» dans la région-capitale qu’en province.

Oui, mais cela ne vaut que pour les Parisiens et les banlieusards qui bénéficient d'une rémunération digne de ce nom. En revanche, pour les exclus, les précaires, les chômeurs en fin de droit, les travailleurs condamnés aux petits boulots à temps partiel, les jeunes peu aidés par leurs parents, les seniors ne touchant que de petites retraites, et pour tous ceux qui peinent à boucler leur fin de mois, le coût de la vie dans la capitale et sa région devient rapidement prohibitif. D'où, sans doute, le succès de la mobilisation actuelle contre la précarité, à Paris. Où, proportionnellement, ce mouvement semble rencontrer davantage d'écho qu'en province – même s'il y a fait tache d'huile.

11/04/2016

Une cible privilégiée

 Social, Activisme, Economie, Paris Pas toujours facile, depuis dimanche, de retirer de l'argent aux distributeurs de billets de notre quartier du onzième arrondissement. Samedi, en effet, en marge d'une nouvelle journée de manifestations contre le projet de réforme du Code du travail, nombre de ces automates ont été pris pour cible. Taggués, maculés de peinture ou de stickers, dégradés.

C'est peu dire que, dans le quartier, pas mal d'agences bancaires ont, au-delà des DAB apposés sur leurs façades, subi un mauvais quart d'heure. On ne compte plus les vitrines recouvertes de slogans, endommagées, voire brisées. «Non au retour à Germinal. Vive la grève générale!», «Loi El Khomri -Vie pourrie» ou «Occupy SG» sont quelque-uns de ces slogans qu'on a pu lire. La SG mentionnée étant la banque Société Générale, et la référence à l'occupation faisant allusion aux mouvements du style "Occupy Wall Street".

Parmi les portraits des personnalités qui ont souvent été apposés sur ces banques, affiches gratifiées de commentaires peu agréables pour les intéressés, le visage de Pierre Gattaz revient souvent. Le très libéral "patron des patrons", leader du Medef (première organisation d'employeurs), accusé par les manifestants de prôner «la loi de la jungle» sociale et de s'en prendre aux «sans-dents» aux pauvres, ainsi que François Hollande les dénommerait s'il faut en croire son ex, Valérie Trierweiler.

Dans les stations de métro des arrondissements de l'Est parisien, pareillement, il était difficile, ce matin, de trouver un affichage publicitaire pour une banque qui n'avait pas été badigeonné d'invectives («VOLEURS!», etc.). Là aussi, c'est la Société générale surtout qui a vu ses campagnes de pub prises pour cible.

 Social, Activisme, Economie, Paris Pourquoi elle particulièrement, et non la BNP Paribas ou d'autres grandes banques françaises? C'est sans doute dû à son implication présumée dans le scandale mondial des "Panama Papers", relatif aux paradis fiscaux, qui a été révélé la semaine dernière.

Cela a d'ailleurs valu à une des agences parisiennes de cet établissement bancaire d'être peinturlurée, par les activistes, d'une déco toute en couleurs exotiques et chatoyantes. Qui ressemblait bien à ce que l'on imagine être un coucher de soleil au Panama.

07/04/2016

Une reprise qui se fait attendre

Morose, se confirme-t-il, le climat des affaires dans le secteur du tourisme, à Paris. Alors que, normalement, en cette période pascale, l'affluence étrangère devrait être à son comble.

D'après les chiffres qui circulent, le secteur continue, cinq mois plus tard, d'être touché de plein fouet par l'impact des attentats de la mi-novembre. Les réservations d'hôtels affichent toujours une baisse de 15% depuis le début de l'année, et c'est encore pire pour les établissements de très grand luxe et autres palaces (jusqu'à 20% de manque à gagner, par rapport à l'an dernier). Même le créneau particulier, et habituellement très rentable, du tourisme d'affaires (congrès, salons professionnels, séminaires, etc.) accuse le coup. C'est préoccupant pour la capitale, car ce type de tourisme représente à lui seul 40% des nuitées hôtelières, rapportant chaque année plus de 5 milliards d'euros de retombées économiques à la ville et à sa région.

Pour, toutefois, ne pas dresser un tableau trop sombre, noter l'une ou l'autre éclaircie qui semble se profiler, dans la "Ville lumière". Ainsi (voir par exemple ici), après plusieurs mois qui, là aussi, furent dévastateurs, un rebond de fréquentation paraît se confirmer concernant les salles de spectacle, les cinémas et les restaurants – fût-ce de manière inégale pour ces derniers, notamment en fonction du quartier concerné.

En somme, les touristes étrangers tardent toujours à revenir, mais les Parisiens se sont remis à sortir.

Sans doute est-ce déjà cela.

31/03/2016

Une éternité à attendre

Transports, Economie, Social, BelgiquePlus de 400 km cumulés de bouchons en région parisienne, ce matin. En ce jeudi qui est un jour de grèves et de manifestations contre le projet de réforme du Code du travail.

L'occasion de faire écho à cette étude parue dernièrement, qui a calculé le temps que les automobilistes parisiens perdent chaque année dans les embouteillages.

Plus de 45 heures, en moyenne. Soit deux jours entiers à ronger son frein derrière son volant.

En la matière, Paris est championne de France, devant Lyon, Toulon, Bordeaux, Toulouse et Strasbourg. Dans le classement des capitales européennes les plus embouteillées, la "Ville lumière" pointe à la quinzième place, Londres trônant en tête (101 heures passées chaque année dans les bouchons, par ses automobilistes). Si l'on examine la situation pays par pays, la France est le septième Etat européen dont le réseau routier est le plus saturé, ses conducteurs perdant chaque année 28 heures dans les bouchons. C'est la Belgique qui, triste privilège, arrive en tête de ce palmarès (44 heures d'embouteillages).

En France, cela dit, comme dans nombre de pays européens, l'an dernier, la congestion routière a globalement diminué, si l'on en croit cette étude. «Cela peut s’expliquer en partie par une économie européenne ralentie», explique-t-elle. Généralement, en effet, «le ralentissement de l’économie et le taux de chômage élevé réduisent le nombre de conducteurs, et donc conduisent à un trafic moindre».

Vu sous cet angle, donc, il n'y aurait pas lieu de trop se plaindre des bouchons: ils seraient juste le signe que l'économie va plutôt bien. Sûr que cela ira droit au cœur des centaines de milliers d'automobilistes qui, en région parisienne aujourd'hui, vont pas mal s'énerver.

30/03/2016

«Une double peine»

La sécurité sera «maximale» en France, lors de l'Euro 2016 de football – dont le coup d'envoi sera donné le 11 juin. C'est ce que François Hollande a assuré, hier (voir , notamment).

Et, en effet, les autorités sont visiblement prêtes à mettre le paquet, en termes de précautions prises. Ainsi, à Saint-Denis, de la mi-mai à la mi-juillet, un mur de 2,4 mètres de haut, carrément, sera érigé. Il s'ajoutera à tous les périmètres de protection et autres grillages de sécurité qui entourent déjà le Stade de France, en temps normal. Ce mur aura pour objectif de canaliser la foule et de limiter à quatre le nombre de portes d'accès à l'enceinte – et donc d'endroits à faire contrôler (fouille des spectateurs, etc.).

Oui, mais un tel dispositif va couper une bonne part des commerces environnants de la clientèle qui est attendue à cet événement. Car les fans de foot, pressés de rejoindre les rares points d'accès de l'enceinte, ne s'attarderont pas dans les bars et restaurants situés tout au long de cette barrière de sécurité. En lieu et place, ils gagneront le périmètre protégé, puis c'est là qu'ils consommeront: dans les espaces de restauration qui sont partenaires officiels de l'événement. Les commerçants du coin ont fait leurs calculs: cette reconfiguration sécuritaire du quartier les privera du chiffre d'affaires de 15.000 spectateurs venus par le métro, de 25.000 ayant emprunté le RER D, et d'une bonne partie des 25.000 autres débarquant du RER B. D'où la crainte, dans le quartier, de nombreux dépôts de bilan de commerces, dès la fin de la compétition.

Au-delà de ces soucis financiers, il y a aussi un symbole, qui vient se heurter de plein fouet à ce mur de sécurité.

Car nombre de riverains du Stade de France voient dans cet Euro de foot l'opportunité de tourner une page douloureuse. Celle des attentats du 13 novembre. Puisque, ce soir-là, les terroristes ont frappé, non pas seulement à Paris, mais aussi à Saint-Denis. Quelques mois plus tard, ces 2,40 m de clôture qu'ils vont devoir subir pendant deux mois donnent à une grande part des habitants du quartier le sentiment qu'ils seront «exclus» symboliquement – et même coupés de lui, physiquement – de ce grand événement populaire. Condamnés, en somme, à «la double peine: les attentats, puis le mur».

25/03/2016

Un gros impact, mais une renaissance en vue

Ils n'ont échappé à personne, cette semaine, dans notre quartier du onzième arrondissement: celui du Bataclan. Les signes d'une renaissance à venir.

Il y a quelques jours, des échafaudages ont commencé à être montés tout au long de la façade de la salle de spectacles. lls s'élèvent désormais sur plus de trois étages, y compris dans l'allée adjacente. Au passage, cela montre bien l'ampleur des dégâts que la tuerie du 13 novembre y a causés, et donc l'importance des travaux de rénovation qui vont devoir être menés à bien. Afin que l'établissement soit à nouveau accessible au public, ce qui devrait être chose faite à la fin de l'année.

Le Bataclan rouvert, ce sera tout bénéfice pour l'économie du quartier. A cet égard, la préfecture de Paris vient de donner quelques chiffres qui montrent combien les attentats perpétrés il y a quatre mois ont eu de lourdes conséquences, pour le climat des affaires dans la capitale.

Ainsi, pas moins de 325 entreprises situées en région parisienne ont, après le 13 novembre, fait appel à l'Etat, pour lui demander un soutien financier. Dans plus d'un cas sur trois, elles étaient implantées dans les dixième et onzième arrondissements – ceux que les terroristes ont frappé. Les principaux secteurs d'activité qui ont vu leur chiffre d'affaires dégringoler par la baisse de fréquentation due à cette sinistre actualité ont été les commerces de proximité, les hôtels, cafés et restaurants, ainsi que les lieux de spectacle.

La nature des aides qui leur ont été accordées? L'octroi du statut d'entreprise en activités partielles, par exemple. Il autorise les employeurs, «en cas de suspension d'activité due à un sinistre ou à des intempéries provoquant de façon subite l'arrêt de l'activité», de déclarer leur personnel, ou une partie de celui-ci, comme étant en chômage partiel ou technique, indemnisé par l'Etat. Les entreprises mises en difficultés ont aussi bénéficié de facilités et délais de paiement des cotisations sociales ou charges fiscales. La Banque publique d'investissement a également été mobilisée, en cas de reports de prêts bancaires. Ces aides ont été d'autant plus indispensables que, très souvent, les commerces et sociétés impactés par cette tragique actualité n'avaient pas souscrit d'assurances indemnisant la chute de chiffres d'affaires induite par de telles circonstances.

11/03/2016

Une double image à rehausser

Publicité, Tourisme, Economie, International, Art de vivreAir France a choisi ce jour de vendredi, magnifiquement doux et ensoleillé à Paris, pour divulguer les nouveaux visuels de sa dernière grande campagne de promotion en date. "Air France, France is in the air" (agence BETC), ainsi qu'elle est dénommée.

Une campagne vraiment très réussie, à notre humble avis: drôle, pétillante, dynamique, etc. – elle met même en scène un... "French kiss".

Parmi ces nouveaux visuels, une image d'Epinal de la "Ville lumière": celle de la belle Parisienne attablée en terrasse. Le cliché a été sélectionné «afin d'inviter au voyage à Paris». Il se veut «un témoignage positif, relayant auprès du public mondial une image symbolique de la France».

Cet «esprit French touch» se retrouvera dans les messages qui, à partir d'aujourd'hui en France, seront diffusés dans la presse papier, le digital et sous forme de panneaux publicitaires. Dans le même temps, la campagne de promo se développera dans les médias de six des dix «grands marchés prioritaires» de la compagnie aérienne française: Allemagne, Brésil, Canada, Chine, Espagne, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Singapour.

Air France ne peut pas se rater, avec une telle campagne. Il lui incombe, en effet, de redresser deux images particulièrement dégradées.

Publicité, Tourisme, Economie, International, Art de vivreL'image de Paris, d'abord, après les attentats de janvier et de novembre 2015 – qui ont fait dégringoler la fréquentation touristique internationale.

L'image de la compagnie aérienne elle-même, ensuite. Puisque, l'an dernier, la mésaventure survenue à ses deux infortunés directeurs, poursuivis par une horde de grévistes jusqu'à en perdre leur chemise, a été filmée et diffusée par les télés du monde entier. Et cet incident, de même que son retentissement, n'ont pas peu écorné la conception du "French art de vivre" que l'on a de l'Hexagone, à l'étranger.

01/03/2016

Un changement qui prit tant de temps

 Paris, Transports, Tourisme, EconomieComme quoi, des choses changent tout de même, en France. Pays qui est si souvent critiqué pour son allergie supposée aux réformes. Pour preuve, ce lundi, entre en vigueur une mesure dont la région parisienne parlait depuis des années – peut-être même depuis dix ans, au total.

Finie, l'insécurité tarifaire dont se plaignaient les clients des taxis voyageant entre Paris et ses deux grandes plateformes aéroportuaires: Roissy CDG et Orly. Après d'innombrables hésitations, lenteurs et protestations (relire par exemple ici ou ), c'est désormais acquis: sur ces tronçons, le prix de la course sera forfaitaire.

Pour info aux habitué(e)s de ce blog à qui il arriverait de préférer le taxi au RER entre Paris et Roissy/Orly, ou dans le sens inverse, voici le détail de ces nouveaux tarifs dorénavant fixes. Concernant Orly, 35 de ou vers Paris rive droite et 30 pour Paris rive gauche. S'agissant de Roissy, 50 de ou vers la rive droite et 55 pour la rive gauche.

Cette réforme est supposée contribuer à la dynamisation du tourisme, en région parisienne. L'histoire ne dit pas (encore) si le sourire et l'amabilité du conducteur sont compris dans ces forfaits de taxi.

26/02/2016

Une envolée délirante

Sports, Football, EconomieC'est la classique loi de l'offre et de la demande. Mais là, tout de même, cela va loin. Plus de trois mois séparent encore la France du coup d'envoi de l’Euro 2016 de football. Mais, déjà, les tarifs des hôtels s'envolent, dans les dix villes qui accueilleront la compétition.
Du moins, s'il faut en croire les relevés effectués par une association de consommateurs. Elle a passé au crible 440 établissements, essentiellement des deux et trois étoiles, en comparant les tarifs en vigueur les soirs de match avec ceux affichés le même jour de la semaine qui précède. Résultat? En novembre, les tarifs avaient progressé en moyenne de 45%. Mi-décembre (après le tirage au sort des rencontres), la hausse globale était de 67%. Depuis le début de l'année, des envolées à trois chiffres sont carrément constatées.
Ainsi, à Marseille, «le jour du premier match, le 11 juin au stade Vélodrome (Angleterre-Russie), le prix de la chambre du Best Western Aéroport (un 3 étoiles) culmine à 1000€, contre 80,75€ la semaine précédente! Une augmentation de 1138%, qui dit mieux?» Idem, ou à peu près, dans d'autres villes du pays: +307% pour le Formule1 de Bordeaux Nord, +936 % pour l’Ibis Stade Ouest de Saint-Denis, etc.
Cet Euro 2016 est censé constituer «une fête populaire», qui «rassemble les Français partout sur le territoire» et au-delà de leurs moyens financiers. Encore heureux, dès lors, que le gouvernement a eu le nez fin. Lui qui a réservé d'emblée (relire ) 20.000 billets d'entrée gratuits, à l'attention des publics moins favorisés.
Sans doute était-ce la moindre des choses.

16/02/2016

Un an à attendre

Paris, Musique, Culture, Economie, TerrorismeLes "Eagles of Death Metal" de retour sur scène à Paris, ce mardi soir. A l'Olympia. près de trois mois jour pour jour après leur concert endeuillé du Bataclan, le 13 novembre.

A propos de la salle de spectacles du onzième arrondissement, précisément, on en sait un peu plus sur le moment où elle pourrait rouvrir ses portes. «Nous ferons tout notre possible pour accueillir à nouveau des spectacles avant la fin de l'année 2016», ont annoncé, ainsi, l'autre jour, ses directeurs et le propriétaire des lieux: le groupe Lagardère.

Le délai de la fin novembre a été évoqué (, par exemple). Les travaux de rénovation – lourds –, cela dit, n'ont pas encore débuté. Le site web officiel (en sommeil) du Bataclan n'en confirme pas moins cette décision de principe de rouvrir ses portes au public.

Le jour venu, ce sera assurément tout bénéfice pour l'animation de cette partie de l'arrondissement – qui peine un peu, depuis le 13 novembre. En outre, cela fera un grand bien à la vie économique locale, lourdement impactée par la fermeture de ce lieu où, chaque soir ou presque, convergeaient des centaines de personnes et travaillaient des dizaines d'autres (relire ).

03/02/2016

Une coquette somme

64,9 milliards d’euros. Le montant a été dévoilé dernièrement, par le gouvernement (). Il correspond aux achats que les Français ont effectués sur internet, en 2015. C'est une hausse de 14,3% en un an. Quelque 835 millions de transactions (+19%) ont été totalisées. Et 2,3 millions de nouveaux acheteurs supplémentaires recensés. En outre, à en croire la fédération française de l'e-commerce et de la vente à distance, «en 2015, le taux de satisfaction des clients a été de 98%» , autre chiffre record.

Tout irait donc bien et même dans le meilleur des mondes, pour l'e-commerce français. Mais ce tableau mirifique doit être doublement nuancé.

D'abord, comme nul ne l'ignore plus, une part importante de ces e-achats est réalisée auprès de filiales françaises de multinationales qui, grâce à de savants mécanismes d'optimisation fiscale, continuent de payer, dans l'Hexagone, un montant ridiculement peu élevé d'impôts et de taxes. Ensuite, ce boom de l'e-commerce français en 2015 est en partie artificiel, et même dramatiquement conjoncturel: lié aux attentats de la mi-novembre. Car, à Paris comme en province, ils ont vidé les grands magasins traditionnels, de nombreux acheteurs jugeant plus prudent de faire leur shopping de fin d'année sur le net.

Il n'en demeure pas moins que, à en croire un récent sondage, les Français imaginent le commerce de demain à la fois fortement dématérialisé et connecté. Pour sept sondés sur dix, on comptera beaucoup moins de magasins physiques en 2030 qu’aujourd’hui. Et près de huit Français sur dix considèrent que, dans ces rares commerces non virtuels qui subsisteront, les caisses physiques auront été remplacées par des systèmes de paiement dématérialisés.

Sans doute faut-il juger cette perspective merveilleuse.

23/12/2015

Un classique de fin d'année

Art de vivre, Gastronomie, Economie, Sécurité, PoliceLes années passent, mais certaines choses tardent visiblement à s'améliorer, en France. C'est ce qui ressort des résultats de la campagne de contrôles menée en ce moment par la direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

Chaque hiver, à la période des fêtes de fin d'année – temps de bonne bouffe nationale, s'il en est – , les pandores de cet organisme effectuent des descentes dans les commerces de bouche et les restaurants. Ils y traquent à la fois les défauts d'hygiène alimentaire (vérification des températures de conservation, des dates limite de consommation, de la propreté des locaux, etc.) et les informations déloyales données aux consommateurs (relatives aux appellations d’origine, aux promotions, aux labels etc.). Et cet hiver, une nouvelle fois, un taux pas négligeable d'anomalies ou de manquements a été mis au jour: 26%. Autrement dit, un aliment sur quatre vendu en cette période ne respecte pas les normes – normes qui, il est vrai, en France particulièrement, sont innombrables et tatillonnes. Ce taux de 26% est dans l'étiage de ceux relevés les hivers précédents (relire , par exemple), donc aucun progrès en la matière, visiblement.

Les vérifications ne sont pas inutiles non plus dans un autre secteur, tout aussi de saison: celui des jouets et jeux d'enfants. Là, les inspections ont montré que le taux de produits non conformes et dangereux s’élevait à 10,3%. Ont notamment été épinglées des peluches-bouillottes «qui peuvent occasionner de graves brûlures sur la peau des enfants» et des «planches à roulettes transversales dotées de moteurs électrique type hoverboard» dangereuses (on a un peu de mal à imaginer ce que c'est, mais on prend note).

Malgré ces résultats peu emballants, les Français vont tenter de passer d'excellentes fêtes ils en ont bien besoin, après l'année qu'ils viennent de vivre.



PS: Ceci étant dit/écrit, ce blog lui aussi va prendre ses quartiers d'hiver, et donc faire une petite pause. Il rouvrira ses portes en janvier. Bonnes fêtes à toutes et tous.

16/12/2015

Un impact qui se confirme

Un bon mois après les attentats du 13 novembre, on commence à voir un peu plus clair sur leur impact économique. Et il se confirme qu'il est lourd.

Cela a été annoncé hier: les aéroports parisiens ont, en novembre, accueilli 120.000 passagers en moins qu'à la même période de l'an dernier. C'est davantage que le recul de 0,1% du trafic passager qui avait suivi les attentats de janvier. L'hôtellerie française, pour sa part, a vu son son chiffre d'affaires dévisser de 9,3%, depuis le 13 novembre. Ce sont surtout les palaces parisiens qui ont été touchés. Et l'hébergement des dignitaires étrangers et de leurs délégations venus à Paris participer à la grande conférence de l'Onu sur le climat n'a compensé cela qu'à la marge.

Au global, en novembre, la fréquentation touristique de la "Ville lumière" et ses retombées économiques ont chuté de plus de 20%, par rapport à novembre 2014. A en croire le dernier baromètre de conjoncture en date, «74% des professionnels du tourisme interrogés estiment que leur activité est en baisse par rapport au mois de novembre 2014, et même 81% des professionnels parisiens». Le secteur des congrès et de l'événementiel évalue à 5,7 millions d’euros les pertes entraînées par cette sinistre actualité. Et le comité régional du tourisme considère que les perspectives pour le mois de décembre et les fêtes de fin d'année «ne sont pas encourageantes».

Du coup, malgré cette période habituellement si propice aux achats, le secteur du commerce et de la distribution craint le pire, en termes de recettes. D'autant que le contexte sécuritaire l'a contraint à augmenter ses budgets consacrés à la protection et à la sécurisation (vidéosurveillance, détecteurs de métaux, agents de surveillance, etc.). Le Centre national des centres commerciaux chiffre ce surcoût à 50% de plus que l’an dernier, et a calculé qu'il pourrait «atteindre 100 millions d'euros, sur l'année».

Bref, au-delà des pertes humaines qui ont été déplorées, l'économie parisienne et, au-delà, celle de l'ensemble du pays, clairement, n'ont pas fini de payer le prix de la tragédie du mois dernier.

23/11/2015

Un coup de massue

Paris, Terrorisme, Economie, Culture, International, TourismeOn l'avait déjà vu après les attentats de janvier, qui avaient plombé une bonne partie des soldes, et on le voit à nouveau en cette fin novembre: les Parisiens n'ont pas la tête au shopping. D'où, depuis dix jours, une nette chute de la fréquentation et du chiffre d'affaires des commerces de la "Ville lumière".

La semaine dernière, au Printemps et aux Galeries Lafayette, la fréquentation a reculé carrément de 30% et 50% respectivement. Dans certains secteurs particuliers, c'est la dégringolade: 50% de clients en moins dans les commerces du secteur de l'habillement depuis les attentats, et le secteur de la chaussure qui a vu son chiffre d'affaires s'écrouler de 70%. Ce week-end, les choses se sont un peu améliorées. La baisse de fréquentation des grands magasins a été limitée à quelque 15%, et leurs ventes réalisées ont été moindres de 5% par rapport à un week-end normal à cette période de l'année.

Mais un marasme identique est de mise dans le secteur culturel. La semaine dernière, les grands musées nationaux parisiens ont enregistré un recul de 30% de leur fréquentation, dans le même ordre de grandeur qu'en janvier (relire ). Certains musées en particulier ont été particulièrement frappés: -50% à Orsay, par exemple. De même, c'est un vrai coup de massue qui s'est abattu sur le secteur hôtelier. La semaine dernière, 57% des nuitées qui avaient été réservées dans des hôtels parisiens ont été annulées.

Paris, Terrorisme, Economie, Culture, International, TourismeCela dit, le précédent de janvier a montré que cette dégringolade temporaire de la fréquentation touristique de la "Ville lumière" n'avait pas eu d'impact global majeur sur son attractivité internationale, à l'année (relire ). La question est donc de savoir si l'effet de répétition ne va pas, cette fois, jouer contre Paris.

En début d'année, la ville avait vu son tissu économique se relever après avoir été durement frappé. Car, du monde entier, les clients avaient fini par revenir. La voilà à nouveau touchée par d'identiques événements dramatiques, et même d'une ampleur encore pire. Une deuxième fois, l'impact de cette actualité ne sera-t-il que passager? Ou, à force de se répéter, l'image de la capitale et donc son attractivité vont-elles être structurellement sapées?

15/11/2015

Un impact économique, aussi

Vision frappante ce matin, boulevard Richard Lenoir. Sur le terre-plein central où d'habitude, chaque dimanche dès tôt le matin, se tient l'immense marché qui s'étend jusqu'à Bastille. Rien. Pas un étal ouvert. Personne, ou presque. Pas un client en vue, juste l'un ou l'autre joggueur, promeneur de chien, ou passant. Jamais, depuis bien quinze ans qu'on habite cette partie du onzième arrondissement de Paris, on n'avait vu cela.

Comme tous les marchés à Paris depuis samedi, celui de Richard Lenoir a été interdit d'ouvrir ce dimanche, sur ordre des autorités. Pareillement, dans toute la ville, il est frappant de voir combien la vie habituelle est perturbée. Là aussi, sauf erreur, c'est sans précédent: les écoles, les bibliothèques, les centres sportifs, les piscines, les musées, tout est absolument fermé. Des cinémas et des grands magasins sont même restés volets baissés, hier. Idem, bien sûr, pour la tour Eiffel et Le Louvre.

Le dimanche, d'habitude, des milliers de gens, au minimum, font leurs courses au marché Richard Lenoir, qui est vraiment le lieu dominical de socialisation de tout le quartier. Même si les considérations d'ordre économique ne sont pas forcément les plus prioritaires du moment, en ce temps de recueillement, l'arrêt de ce marché – jusqu'à quand ? – va lourdement peser sur l'économie locale.

Idem pour le Bataclan. Cette salle de spectacles était le poumon économique du quartier. Plusieurs soirs par semaine, depuis des lustres, elle attirait des centaines de spectateurs. Ouvreurs, serveurs, vestiairistes, techniciens, éclairagistes, vigiles, régisseurs, administrateurs: tous ces emplois sont désormais mis entre parenthèses, jusqu'à ce que la salle rouvre (quand?). Sans compter autant d'emplois induits (traiteurs, fournisseurs, etc.), tout autant précarisés par cette dramatique actualité. De même, la grande brasserie attenante à la salle de spectacles, le Bataclan Café, ne désemplissait pas, à longueur de journées. Là aussi, sa fermeture va créer un vide, non seulement en termes de convivialité et d'animation, mais aussi pour l'économie du quartier.

Paris, Terrorisme, Economie, Art de vivreEt cela ne vaut pas seulement pour cette partie de l'arrondissement. A Charonne hier soir, c'était saisissant. Avant les tueries de vendredi, c'était, avec Bastille ou Oberkampf, un des quartiers les plus animés et festifs de l'Est parisien. Mais là, hier, Charonne la noctambule n'était plus que l'ombre d'elle-même. La foule y était au minimum deux fois moins dense qu'en temps normal. De nombreux bistrots n'avaient même pas ouvert. Et, dans les restos, on trouvait facilement une table même sans réservation préalable – là aussi, on n'avait jamais vu cela dans ce quartier, un samedi soir.

C'est l'évidence – même si, on le répète, ce ne doit pas être la préoccupation majeure de l'instant – : les attentats perpétrés vendredi dans ces quartiers de l'Est de Paris vont lourdement peser sur leur économie. Et il leur faudra du temps, pour se relever.

09/11/2015

Une hostilité qui perdure

Transports, Tourisme, Paris, Gouvernement, Economie Cela fait des mois – voire des années – qu'on en parle à Paris – relire , notamment. Finalement, la mesure pourrait entrer en vigueur le 1er mars prochain. Soit à quelques semaines de la grande arrivée des touristes venus du monde entier dans la capitale française, pour la saison estivale. L'imposition aux taxis d'un tarif forfaitaire pour les courses de ou vers la "Ville lumière", à destination ou au départ des deux grands aéroports de la région: Roissy et Orly.

Le gouvernement a enfin franchi le cap. Fin de la semaine dernière, il a publié un décret qui fixe le montant de tels forfaits. Selon que l'on se rende ou que l'on parte rive gauche ou rive droite, ce serait de 30 à 35 euros pour Orly, et de 50 à 55 euros pour Roissy. Et le coût de la réservation d'une voiture deviendrait lui aussi forfaitaire: 7 ou 4 euros maximum, selon que la réservation est faite à l’avance (plus d’une heure avant la course) ou non.

Le tout écrit au conditionnel, car les organisations syndicales de taxi (ici ou ) sont toujours vent debout contre ces forfaits. Selon un de leurs représentants, «le gouvernement achève un peu plus les chauffeurs. Une fois les charges déduites, il ne nous restera que 10€ dans la poche», après une telle course entre Paris et ses aéroports. Accusant l'équipe Valls de «passer en force» sur le sujet, les syndicats vont attaquer en justice son décret.

Parmi les arguments des taxis opposés à cette forfaitarisation, le problème que posent les embouteillages chroniques qui, à certaines heures, ralentissent considérablement le trafic sur ces voies d'accès aux aéroports. Ces bouchons rallongent la durée de la course, ce qui rend évidemment ces forfaits encore moins rentables pour les chauffeurs. Dans son décret, le gouvernement se contente de prévoir que, «pour les périodes où la marche du véhicule est ralentie», le forfait peut être remplacé par «un prix maximum horaire», mais il n'en précise pas le montant. Ce n'est pas de nature à calmer ses opposants.

Transports, Tourisme, Paris, Gouvernement, Economie Qui, en plus, sur ce point de leur argumentation, ont été servis par l'actualité.

En effet, le lendemain même de la publication du décret gouvernemental, la région parisienne a connu... son record historique d'embouteillages, à l'heure de sortie des bureaux. 499 kilomètres de ralentissements, précisément, soit encore davantage que le record précédent (483 km, début octobre).

04/11/2015

Une semaine à 653.700€

Un peu de sport aujourd'hui, une fois n'est pas coutume dans ce blog. Puisque le tournoi de tennis du Palais omnisports de Paris-Bercy bat son plein, depuis dimanche matin.

La plupart des grands noms du tennis mondial y participent. Sa dotation, pourtant, ne s'élève qu'à 3,2 millions d'euros. C'est infiniment moins que celle de son prestigieux confrère parisien de Roland-Garros: 28 millions. Pour preuve qu'on ne joue pas là dans la même catégorie, au niveau financier en tout cas, dimanche à Bercy, le vainqueur de la finale du simple touchera une prime de 653.700€, 320.500€ allant à son adversaire battu. A comparer au montant qu'a empoché le dernier vainqueur en date de Roland: 1,8 million d'euros (relire ). Qui sait cet écart s'explique-t-il en partie par les investissements très coûteux qui ont dû être consentis à Bercy, notamment pour le "BNP Paribas Masters" (le nom officiel de ce tournoi de tennis). Le site a subi près de deux années de travaux de rénovation, qui ont coûté plus de 135 millions d'euros.

Cela dit, 653.700€ à l'issue d'une semaine de compétition, c'est tout de même, à la grosse louche, l'équivalent de 45 années de salaire minimum.

Sinon, pour l'anecdote, à l'échelon inférieur de ce tournoi, le joueur participant au premier tour des qualifications aura droit, lui, à une prime de... 1370€. Dans ces conditions, l'important est sans doute et avant tout de participer, comme disait l'autre.

27/10/2015

Une bonne nouvelle, annonciatrice?

Une hirondelle ne faisant jamais le printemps – a fortiori en plein automne... – ne pas s'emballer. Mais, tout de même, ne pas passer cela sous silence.

La bonne nouvelle a surpris tout le monde, hier soir. En septembre, la France a connu sa plus forte baisse mensuelle du chômage (-24000 chômeurs) depuis... huit ans. Ce n'est vraiment pas anodin. En 2015, ce n'est que la troisième fois que de tels chiffres mensuels positifs tombent. Et c'est le sixième mois seulement de baisse du chômage depuis que François Hollande est arrivé à l'Elysée, il y a 41 mois. En plus, et concernant là plus précisément l'objet de ce blog, une fois n'est pas coutume, la tendance à Paris et dans sa région est encore meilleure que dans le reste du pays.

Une baisse d'1,2% du nombre de demandeurs d'emplois y a été enregistrée, à comparer à la diminution de 0,7% à l'échelle nationale. Ce qui titille surtout les analystes, c'est l'envolée de l'intérim, dans la "Ville lumière" et sa banlieue. Or, les chiffres de ce type d'emploi sont généralement considérés comme prédictifs de l'évolution à venir, à quelques mois de distance, de l'emploi au sens large. Si tel le cas, la région parisienne peut avoir tous ses espoirs. Le mois dernier, en effet, l'intérim y a crû carrément de 6%. Cela a concerné aussi bien l'industrie (+10%) que le commerce (+9%) et les transports (+6%). Le mouvement a bénéficié à la fois aux travailleurs non-qualifiés (+13%) et aux cadres et professions intermédiaires (+9%). Surtout, il n'a pas laissé de côté les départements parisiens les plus frappés par le chômage, le chômage des jeunes en particulier. Ainsi, l'intérim a bondi de 21% le mois dernier en Seine-Saint-Denis, et de 12% en Essonne.

Malgré cette bonne nouvelle nationale – et donc parisienne encore plus – , la France compte toujours 5,7 millions de chômeurs, toutes catégories confondues. Ce qui n'est tout de même pas rien.

21/10/2015

Un budget considérable

59 milliards d'euros. C'est le montant que les Français dépensent chaque année dans les restaurants, cafés, brasseries, traiteurs, snacks, sandwicheries, kebabs, fast-food et autres cantines. Le chiffre est cité par une étude publiée cette semaine, relative à l'évolution de la consommation alimentaire dans l'Hexagone. 59 milliards d'euros: cela confirme le poids économique énorme que pèse la consommation dans le secteur de la restauration. Et cela permet de comprendre pourquoi ce secteur a si souvent été cajolé par les gouvernements. Voir, pour ne citer que ce seul exemple, la baisse très controversée (car ruineuse pour les finances publiques) de la TVA sur la restauration, que Nicolas Sarkozy décida en 2009 – avec des effets nettement moindres qu'espéré sur l'emploi.

Ces 59 milliards d'euros dépensés chaque année par les Français dans les snacks et restaurants représentent plus du quart (26%) de leur budget alimentaire. A titre de comparaison, en 1960, cette part du budget n'était que de 14%. Ces cinquante dernières années, le budget resto des Français s'est donc envolé, «sous l'effet des hausses de prix successives». Car, comme tout le monde l'aura sans doute remarqué – et à Paris a fortiori – , «manger à l'extérieur coûte de plus en plus cher. Depuis 1960, les prix y ont augmenté de 5,9% par an en moyenne, soit davantage que les prix de l'alimentation au domicile (+4,0% par an)».

Au risque d'enfoncer des portes ouvertes, l'étude confirme que «de fortes disparités de dépenses existent» évidemment dans ce secteur, en fonction de la catégorie socio-professionnelle à laquelle appartiennent les clients qui le fréquentent. Ceux qui consacrent une plus grande part de leur budget aux repas pris à l'extérieur sont, sans surprise, «les ménages dont la personne de référence est cadre ou exerce une profession libérale, a moins de 35 ans, habite une grande ville ou a un niveau de vie élevé». Et c'est encore plus vrai en période de crise économique et en ces temps de précarisation sociale grandissante. Car «les évolutions annuelles de l'alimentation hors domicile sont très volatiles: plus facilement arbitrable, cette dépense est sensible aux variations de prix et aux fluctuations de revenus».

16/10/2015

Un quart d'heure de travail

Paris, International, Economie, Art de vivre, TechnologiesParis, première ville du monde en termes de qualité de vie et d'accessibilité. C'est, en tout cas, ce qu'atteste une étude internationale publiée hier. Elle se fonde notamment sur la densité des sites culturels, historiques et traditionnels parisiens situés en plein centre-ville et donc rapides et faciles d’accès. Cette étude positionne également la capitale française au troisième rang mondial en termes d'attractivité économique.

Puisqu'on en est aux classements internationaux, cette autre étude, parue dernièrement, qui, elle, compare les prix, les salaires et le pouvoir d’achat dans 71 villes mondiales. Il en ressort que, si l'on prend en compte un panier standardisé de 122 biens et services, Zurich, Genève et New York sont les cités les plus chères de la planète. On y découvre aussi combien de temps il faut travailler, selon que l'on réside dans telle ou telle capitale, pour acheter un kilo de pain et de riz, ou... un Big Mac et un iPhone 6.

Résultat? Trois heures de travail nécessaires à Nairobi pour acheter un burger, contre neuf minutes à peine à Hong Kong. A Paris, c'est 15 minutes. Pour le smartphone à plus de 600 euros de la marque à la pomme, c'est 21 heures de travail à Zurich, trente fois plus à Kiev, et 42 heures à Paris. Ville où il ne faut bosser que 9 minutes pour pouvoir se payer un kilo de riz, à comparer aux 4 minutes nécessaires à Oslo et aux 73 minutes de New Delhi. Quant à un kilo de pain, aliment de base pour 98% des Français, il coûte 10 minutes de travail au Parisien moyen – comme au Lyonnais, d'ailleurs. C'est le double des 5 minutes seulement qu'il requiert à l'habitant de Genève. Mais c'est huit fois moins que les 83 minutes de travail requises à Manille.

L'étude, émanant d'une grande banque suisse – donc par nature pro-consumériste –, ne se hasarde pas à se prononcer sur la question de savoir si, dans ce si merveilleux monde contemporain, un burger de McDo ou un joujou branché d'Apple sont désormais à considérer comme des produits de première nécessité, à l'égal du riz ou du pain.