Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

26.04.2012

Un grand gaspillage

Dimanche, on se l'est encore dit: quel énorme gaspillage de papier que chaque élection en France. Enorme gaspillage, dû simplement au Code électoral

En effet, il impose à l'électeur d'entrer dans l'isoloir avec, en main, au moins deux bulletins de vote différents, puisés dans les piles de bulletins aux noms de chacun des candidats que l'on trouve à l'entrée du bureau de vote. Au moins deux bulletins, car, avec un seul, chacun présent dans le bureau à cet instant saurait pour qui l'électeur s'apprête à voter, et donc le caractère secret du vote serait enfreint. En effet. Mais 44 millions d'électeurs prenant chacun et chaque fois au moins un bulletin en trop, cela donne au minimum 44 millions de bulletins retrouvés chiffonnés dans les poubelles des bureaux de vote, à la fin de la journée.

C'est le si curieux candidat Jacques Cheminade – lanterne rouge du scrutin, dimanche: 0,25%, pas même 90.000 suffrages – qui a fait cette proposition pourtant elle très sensée: changer complètement ce système, pour, justement, moins gaspiller.

L'électeur voterait sur une feuille de format A4 où figureraient les noms de tous les candidats. Il cocherait le nom de son choix. Puis plierait deux fois la feuille et la glisserait dans l'urne. Du coup, plus besoin de prendre des bulletins qu'on n'utilise pas. Et donc autant d'économies de papier. Plus besoin même de prévoir la petite enveloppe bleue dans laquelle on met son bulletin de vote avant de la glisser dans l'urne. Et donc autant de manipulations épargnées, et autant de temps gagné dans le dépouillement.

D'innombrables pays (dont la Belgique) votent de cette manière depuis d'innombrables années, et cela fonctionne très bien. Pourquoi pas la France?

19.04.2012

Un coût raisonnable

49 millions d'euros. C'est ce que coûte, pour l'Etat, l'envoi aux électeurs, par La Poste, des «professions de foi» des dix présidentiables: ces dépliants électoraux, dont on parlait hier. A cela, il faut ajouter le coût de la mise sous pli de ces tracts. Elle s'effectue dans les municipalités. Qui, pour ce faire, embauchent des vacataires, les rémunérant à raison de 18 à 20€ (bruts) de l'heure. Ces émoluments, plus le coût de la location des salles où s'effectuent ces mailings, cela rajoute 51 millions à la facture.

Mais les dépenses ne s'arrêtent pas là. Une autre cinquantaine de millions est nécessaire pour le remboursement partiel, par l'Etat, des frais de campagne engagés par les candidats – du moins, les candidats ayant atteint la barre des 5% des suffrages: le pourcentage plancher exigé pour être remboursé. Et encore une autre cinquantaine de millions est nécessaire pour la confection des affiches des présidentiables et le collage de celles-ci sur les panneaux électoraux, dans tout le pays.

Au total, pour l'Etat français, et donc pour le contribuable, la facture de ces élections présidentielles s'élève à 228 millions d'euros.

Enorme? Ce sera toujours un montant trop élevé, aux yeux de tous les Français qui ne croient plus en la politique, voire sont dégoûtés par elle. Mais, si on divise ces 228 millions par le nombre d'habitants, cela ne revient jamais qu'à 3€50 par citoyen français.

A Paris, c'est à peine le prix d'un sandwich.

13.04.2012

Une machine

On a été sondé sur la présidentielle, hier en fin d’après-midi. On n'avait vraiment pas que cela à faire, mais, bonne poire, on a accepté. Au téléphone, l'institut LH2. Plus précisément, nous saluait une prénommée «Claire». Que l'on trouvait charmante, mais qui avait une voix légèrement métallique. Et pour cause: c'était... une machine.

 

Les instituts de sondages utilisent donc des automates pour interroger l'électeur moyen sur ses intentions de vote. Cela marche bien, notez. Comme quand on achète un billet de train ou d'avion par téléphone, il suffit juste d'articuler distinctement. Donc, au lieu par exemple de dire «réservation», on dit «abstention». Au lieu de choisir couloir ou fenêtre, on opte pour premier et/ou second tour. Au lieu de réserver pour Tokyo ou Miami, on prend date pour Hollande ou Sarkozy. Et la machine répond chaque fois, très poliment: «J’ai bien pris note de votre réponse». Le vote, un produit de grande consommation comme un autre?

 

Culotté, ce remplacement d'humains par des machines, de la part d'instituts de sondage qui, en cette période électorale, gagnent de l’or en barres grâce aux innombrables enquêtes qu'ils réalisent ? En fait, contrairement à ce que l'on croit généralement, les sondages électoraux pèsent très peu dans le chiffre d'affaires de ces instituts. Qui se font bien plus d'argent avec, par exemple, les enquêtes-qualité et/ou de satisfaction de la clientèle concernant tel ou tel article commercial, les études sur l'image de marque de telle ou telle enseigne, etc. Car tous ces sondages-là sont facturés à des montants bien plus élevés que les enquêtes électorales, d'autant que celles-ci sont souvent réalisées pour des clients pas forcément fortunés, comme la presse quotidienne. En revanche, les sondeurs compensent cela avec la notoriété que ces études électorales apportent à leur marque. Puisque ces sondages bénéficient d'une grande couverture médiatique, et donc d'une large audience.

 

Mais cet avantage-là, visiblement, n'est plus suffisant – chez LH2, en tout cas – pour que des moyens humains leur soient consacrés. Place aux automates, donc.

 

Encore bravo.

04.04.2012

Une «vague» impressionnante

S'il y a bien un secteur de l'économie française qui, en ce moment, malgré le marasme économique général, doit se frotter les mains, faire de plantureuses affaires, grâce à la campagne présidentielle, c'est celui de l'imprimerie. Les chiffres ont de quoi donner le tournis.

Ainsi hier, les militants écologistes ont distribué dans toute la France un million d'exemplaires du journal de campagne des Verts: «Écologie Hebdo». Dans un communiqué ce matin, le QG d'Eva Joly s'est félicité du succès de cette «vague verte». Sans préciser si les imprimés en question avaient été réalisés, ou non, en papier recyclé – on imagine que oui.

Précédemment, l'UMP avait fait tirer... 21 millions de tracts carrément: vantant le bilan du Président-candidat Nicolas Sarkozy et/ou attaquant le programme du candidat socialiste François Hollande. Depuis janvier, quelque 16,5 millions de ces tracts sarkozystes ont été distribués, sans compter tous ceux diffusés par internet. Quant au PS, il affirme avoir déjà écoulé... 28 millions de tracts: des tracts thématiques (sur le pouvoir d'achat, la «République exemplaire», etc.) ou 15 millions de livrets sur le projet présidentiel «hollandais».

Au moins tout cela contribue-t-il, probablement, à créer de l'emploi dans les imprimeries du pays.

Juste que, jusqu'à présent, aussi étonnant que cela puisse paraître, on n'a pas encore eu en mains le moindre de ces dizaines de millions de tracts. Pas un seul. On ne doit pas vivre dans une circonscription jugée prioritaire par les militants. Ou ne pas avoir une tête d'électeur moyen.

27.02.2012

Un (gros) raté

paris,transports,economie,personnalités,elections présidentielles,journalisme«Raté!» Nathalie Kosciusko-Morizet en a convenu au micro illico: aussitôt après avoir commis le gros raté qui, ce week-end, a dû faire rire – ou s'effarer, c'est selon – pas mal de Parisiens. C'était vendredi soir, en direct sur une radio. L'ex-ministre des Transports était interrogée sur le prix du ticket de métro à Paris. Grand classique de campagne présidentielle en France, depuis qu'Edouard Balladur, en 1995, sécha sur la question. NKM fit pareil. Elle situa le prix de ce ticket à... 4€. Or, c'est 1€70. «Quand on est ministre, on prend rarement le métro, et, quand on le prend, c'est gratuit», a-t-elle tenté de se justifier. Sans évidemment parvenir à empêcher le «buzz» de démarrer, et d'enfler pendant tout le week-end.

Week-end que l'intéressée mit à profit pour essayer de se rattraper. Disant qu'elle avait confondu avec les 4€65 que coûte le billet de RER entre Paris et sa ville de Lonjumeau, en banlieue. Contestant aussi le bien-fondé de cette «question pour touriste anglais en vacances en France»: rappelant qu'en Région parisienne, les habitués du métro n'achètent pas de ticket à la pièce, mais au minimum par carnets de dix billets, voire ont le plus souvent un abonnement.

C'est vrai. C'est vrai aussi que c'est agaçant, ces journalistes qui croient malin de transformer des interviews de fond en quizz télé inquisitoriaux, style «Questions pour un champion». Comme si la valeur de telle ou telle personnalité politique pouvait se réduire à son aptitude à répondre, ou non, à telle ou telle question-piège sur le quotidien de l'électeur moyen.

paris,transports,economie,personnalités,elections présidentielles,journalismeIl n'empêche, autant on était agacé au moment où on entendait cette question tarte à la crème, autant, après avoir entendu la réponse, on s'est dit que ce n'était peut-être pas une mauvaise idée.

Car, 4€ au lieu d'1€70: elle n'y était pas du tout, là. Ce qui pose question, pour une ex-ministre des Transports.

En plus, que la porte-parole de campagne d'un Nicolas Sarkozy se présentant comme le «candidat du peuple» puisse ne serait-ce qu'imaginer le ticket de métro à 4€, soit à un tarif exorbitant et donc hors de portée de ce même «peuple», cela laisse songeur.

13.02.2012

Une rage

economie,international,activisme,parisCa ne faisait pas Athènes – nulle trace, ici, de bris de vitres, de mise à sac, et/ou d'incendie. Mais c'était assez saisissant. La mine, ce week-end, de cette banque du boulevard Beaumarchais, dans notre onzième arrondissement. Sur sa devanture, avait été barbouillé un «VOLEUR» énorme: éclatant de rage, en lettres capitales et peinture fluo criarde.

Ladite banque fait partie des trois établissements français qui, il y a peu, ont été dégradés par les agences internationales de notation, pour êtres mouillés dans les dettes souveraines de pays européens frisant la faillite. Et, lors de la grande crise bancaire mondiale, cette banque, comme d'autres, avait abondamment bénéficié du plan gouvernemental de soutien au secteur.

A l'époque, déjà, à Paris comme en banlieue, on avait vu nombre d'agences bancaires de cette enseigne et d'autres maculées de slogans rageurs du même acabit.

Rien ne changerait, donc.

09.02.2012

Une pagaille d'anthologie (suite)

Economie, Gouvernement, Gastronomie, Art de vivreC'est certainement très anecdotique par rapport à la marche du monde et de la France, par ailleurs. Mais parlons tout de même de ce dernier rebondissement en date survenu dans la grande pagaille qui régit les taux de TVA en France, depuis leur modification en janvier. Parlons-en, parce qu'on trouve que cette anecdote illustre assez joliment la pesanteur, dans ce pays, d'une certaine technocratie.

On avait donc vu cela le mois dernier (relire ici): des taux de TVA différents s'appliquent désormais à un sandwich et à un panini, à un cornet de glace artisanale et à un cône glacé industriel, à un sandwich garni avec ou sans mayonnaise, ou à une quiche consommée chez le boulanger ou achetée à emporter. Encore plus fort: bientôt, existeront deux taux de TVA différents pour le chocolat, selon le type de chocolat.

On a entendu cela hier, sur une radio (là): «C'est une situation saugrenue: un taux de TVA différent pour le chocolat au lait et le chocolat noir. En effet, la hausse de la TVA ne concerne pas les produits alimentaires de base, qui eux, bénéficient d'un taux réduit de 5.5%. Sauf le chocolat au lait! Le prix de la tablette de chocolat au lait devrait donc augmenter en octobre. Le projet de loi de finances rectificative doit être présenté mercredi en conseil des ministres. Il prévoit notamment une hausse du taux de TVA de 19,6% à 21,2%».

Le chocolat au lait étant notoirement plus gras et plus sucré que le chocolat noir, donc le premier faisant davantage grossir que le second, au moins les nutritionnistes de France se réjouiront-ils de cette nouvelle trouvaille de l'administration. Sans doute est-ce déjà cela.

07.02.2012

Un avis (tranché)

International, Personnalités, Social, Economie, Transports, Banlieues, ActivismeAngela Merkel était donc à Paris lundi, pour soutenir Nicolas Sarkozy en vue des présidentielles. Ecrivant hier sur le sujet, pour «La Libre» version papier, on expliquait que cet appui de la chancelière allemande n'allait pas forcément aider le Président français à réduire le fossé qui, d'après les sondeurs, le sépare des classes populaires et ouvrières. Il y a quelques semaines, un sondage TNS-Sofres a témoigné de cette défiance d'une partie pas marginale de l'électorat populaire envers le couple franco-allemand et envers son fonctionnement.

Ainsi, près d'un ouvrier français sur cinq (21%) voit l'Allemagne avant tout comme un pays «concurrent», 9% de cette catégorie de la population considérant carrément cet Etat comme «un adversaire». Et 69% des ouvriers ne font pas confiance au tandem Sarkozy-Merkel pour résoudre la crise.

La même réticence serait-elle de mise en banlieue de Paris? L'autre jour, en tout cas, prenant le RER A puis débarquant dans une gare quelques stations plus tard, on n'a pu que constater que la plupart des panneaux publicitaires y avaient été maculés par un(e) anonyme. Maculés d'un seul et même slogan. Qui, à défaut d'être d'un goût exquis, était au moins très visible et très parlant: «Pas besoin de sexe en 2012 SARKO-MERKEL nous baisent déjà A SEC».

Certes, un slogan isolé ne fait jamais une opinion. Et, même lorsqu'ils sont peinturlurés dans toute une station, ils ne traduisent pas forcément le sentiment de l'électorat de l'ensemble d'une région. Mais enfin, dans certains coins de la banlieue de Paris en tout cas, vis-à-vis de certains électeurs, il semble y avoir comme un déficit d'explications et de persuasion de l'Elysée, sur cette question...

06.02.2012

Une année faste

C'est un peu dur à écrire, alors que deux quotidiens («France Soir» et «La Tribune») viennent de disparaître des kiosques, mais, malgré tout, 2011 fut une année faste pour la presse quotidienne nationale (PQN) en France. Au passage, cela n'a pas l'air d'avoir été le cas en Belgique, où, si l'on se souvient bien d'une dépêche vue en coup de vent la semaine dernière, les chiffres relatifs à la diffusion payante des journaux ont, une fois de plus, été mauvais.

Dans l'Hexagone, en revanche, les quotidiens nationaux ont cessé de perdre des lecteurs (+0,04%). Dans le détail (voir ici ou ), cela donne +1,34% pour «Le Figaro», +2% pour «Le Monde», +3,3% pour «Les Echos», ou carrément +5,4% pour «Libération». L'autre jour, le directeur de ce journal, Nicolas Demorand, y est allé d'un cocorico (ici). Selon lui, cela indique «qu’il n’y a pas de fatalité. Qu’un titre de presse peut reconquérir des lecteurs, sur tous les supports. Qu’il peut faire entendre sa voix dans un paysage médiatique saturé».

En tout cas, cela indique qu'en 2011, l'actu a été porteuse pour la «grande presse». Ainsi, c'est la saga DSK qui a permis à «Libé» de réaliser ses dix meilleurs ventes de l'année. Au-delà de cette rocambolesque affaire et rien qu'au plan franco-français – sans rappeler donc les révolutions arabes, la crise mondiale, etc – l'an dernier, l'actu chaude, ici, n'a pas arrêté. Le «Karachigate», les procès Chirac et Villepin, l'«affaire Bettencourt-Woerth», la libération des deux journalistes otages des talibans, les élections cantonales, les déboires tunisiens de Michèle Alliot-Marie, le scandale sanitaire du «Mediator», les primaires socialistes, etc, etc.

Bref, les journalistes PQN de France n'ont pas arrêté, l'an dernier. Le public a suivi, donc. Tant mieux (pour eux); quitte à bosser...

20.01.2012

Une flambée

paris,logement,economie,social,gouvernement164%. Le chiffre est sorti hier (ici), et il est saisissant. +164%: c’est l’évolution qu’ont connue les prix de l’immobilier à Paris, ces dix dernières années.

 

Dans la «Ville lumière», l’ère de l’euro aura donc été «particulièrement favorable aux propriétaires», en termes de plus-values en cas de revente de leurs biens, se réjouit l'agence immobilière en ligne Efficity. C’est une façon de voir les choses. Une autre est de prendre le point de vue des candidats-acquéreurs. Vu sous cet angle, «depuis 2000, l'écart entre l'augmentation des prix des logements et celle des revenus des ménages ne cesse de se creuser (+ 86% contre + 25% sur la période 2000-2009). La solvabilité des ménages français s'est donc nettement dégradée. Une famille qui se serait endettée sur 14 ans en 2000 aurait dû s'endetter sur 31 ans en 2008».

 

Avec des prix désormais situés entre, en gros, 6000 et 12000 euros le mètre carré, selon l’arrondissement, faut-il encore se demander pourquoi, en dix ans, Paris est devenue une ville de bobos? Du reste, selon la même étude, cette flambée de l’immobilier n’a pas concerné que la capitale. Ainsi, depuis 2000, «les prix ont progressé de 136% à Lille, 118% à Toulouse et 111% à Marseille».

 

Les sondages, de longue date (voir par exemple ici), indiquent que 65% des Français jugent difficile de trouver un logement. Cette proportion passe à 71% chez les 18-29 ans. 64% des primo-accédants ont rencontré des difficultés pour trouver un logement correspondant à leurs attentes. Ils sont presque aussi nombreux (57%) à avoir peiné à trouver un financement correspondant à leurs besoins, pour acquérir ce logement.

 

paris,logement,economie,social,gouvernementNotez que, malgré cette situation critique, le gouvernement ne compte pas même, en son sein, de ministre du Logement de plein exercice: juste un secrétaire d’Etat. Et, après cela, certains s’étonnent que, dans les sondages, les gens disent que leurs préoccupations premières ne sont pas assez prises en compte par leurs dirigeants... 

12.01.2012

Un «effet papillon»

Paris, Propreté, Environnement, Santé, Economie, Art de vivreC'est un exemple de la théorie selon laquelle «le monde est un village», désormais global. Une illustration de ce qui est appelé aussi l'«effet papillon»: «un battement d'aile de papillon à Paris peut provoquer quelques semaines plus tard une tempête sur New-York».

Cela se passe à Paris. Sur un sujet qui n'est pas d'un intérêt planétaire, mais qui, en un de ses aspects, renvoie à des logiques mondiales dépassant complètement le Parisien.

Cela concerne l'annonce faite en début de semaine par la mairie. Qui a déclaré la guerre... aux mégots de cigarettes. Chaque année, dans les rues ici, les services de nettoyage en ramassent... 315 tonnes. Une consoeur du «Figaro» a eu l'amabilité de faire le calcul: «Sachant qu'une cigarette pèse à peu près 90 grammes, cela représente plus de 350 millions de clopes» consommées chaque année dans Paris, leurs résidus étant ensuite jetés sur la voie publique. A terme, quiconque sera surpris en train de balancer un mégot dans le caniveau sera passible d'une amende de 35 euros.

Pourquoi pas. A ceci près que Paris diffère sur un point au moins d'autres capitales internationales qui, comme Singapour ou Tokyo, font la chasse aux fumeurs-pollueurs.

Paris, Propreté, Environnement, Santé, Economie, Art de vivreDans la «Ville lumière», les cendriers publics sont rares. La mairie en est bien consciente, qui vient d'annoncer que, dans les mois à venir, leur nombre passera de 2.000 à 20.000.

On les trouvera sous la forme d'«éteignoirs». Il s'agit de ces petites plaquettes métalliques perforées qui sont apposées sur les cerclages supérieurs des poubelles, qui permettent de bien écraser sa cigarette, puis de s'en débarrasser dans ladite poubelle sans lui mettre le feu.

Très bien. Mais, la pollution des rues de Paris par les mégots ne datant pas d'hier, pourquoi donc les poubelles de rues ne sont-elles pas, depuis belle lurette, déjà équipées de tels «éteignoirs»? C'est ici que l'on retrouve notre «effet papillon».

Les «éteignoirs» qui figuraient jusqu'à présent sur ces poubelles n'y ont pas subsisté longtemps: en majorité, ils ont été rapidement dérobés. Pourquoi? Parce que le métal les constituant, l'inox, a vu son cours flamber sur les marchés mondiaux. Du coup, ces plaquettes métalliques a priori si anodines, et toujours très crasseuses, sont très prisées par les malandrins, qui les dérobent, les stockent, puis les revendent en masse à des grossistes profitant de la flambée des cours mondiaux de l'inox.

Paris, Propreté, Environnement, Santé, Economie, Art de vivreLa mairie de Paris prévoit donc que la prochaine génération d'«éteignoirs» ne sera plus en inox. Mais dans «un matériau composite» qui aura un double avantage. D'une part, il résistera aux températures très élevées des bouts de cigarette incandescents. D'autre part, il n'aura pas la moindre valeur marchande. Ce qui permettra d'«éviter le pillage en règle» de ces écraseurs de clopes.

Rien n'est jamais simple, décidément, dans la gestion de la cité.

11.01.2012

Un «faible engouement»

Le début des soldes, ce mercredi. Ce matin à la radio, on entendait un «micro-trottoir» qui donnait la parole à des Parisiens ayant fait le pied de grue dès 6h30 devant les grands magasins du quartier Hausmann. Encore dans un demi-sommeil guère dynamique, on hésitait entre l'admiration envers l'énergie matinale de tous ces lève-tôt, ou l'agacement devant cette tradition consumériste qui, jusqu'au 14 février, va transformer les boutiques de Paris en champs de bataille hystérisés.

Un peu moins hystérisés que d'habitude, cela dit, peut-être.

Selon une étude de l'Observatoire des soldes – oui, ça existe –, ces soldes-ci suscitent un «faible engouement» dans le grand public. L'intérêt pour cette tradition commerciale ne serait plus en augmentation, mais en «stagnation» par rapport à cet été, voire en «décrochage» par rapport aux soldes de janvier. Pourtant, les soldes d'hiver sont «traditionnellement plus prisés que ceux de l'été». Certes, 61% des Français ont bien l’intention de sacrifier à ce rituel, «mais c’est moins que l’année dernière à la même saison (-6 points)». Et «cette baisse se constate chez toutes les catégories de Français quel que soit le sexe, l’âge et le niveau de revenu, avec une chute spectaculaire chez les jeunes (-14 points)». Dès lors, comme cela avait déjà été le cas pour les soldes «très décevants» de l'hiver 2011, «2012 pourrait suivre la même tendance».

Même si chaque Français qui fera les soldes ces prochaines semaines y consacrera un budget moyen de 221€, ce qui n'est tout de même pas rien.

06.01.2012

Une pagaille d'anthologie

Difficile d'achever la semaine sans évoquer l'incroyable pagaille qui, depuis le 1er janvier, règne dans nombre de magasins – à Paris comme en province. Pagaille due au changement intervenu dans les taux de TVA, dans le cadre du dernier plan de rigueur gouvernemental. Le relèvement (de 5,5% à 7%) du taux de la TVA réduite pour toute une série de produits, mais pas pour toute une série d'autres, a plongé nombre de commerces dans une confusion considérable. A Paris ces derniers jours, c'était parfaitement notable dans les boulangeries, par exemple.

Le client doit désormais se voir facturer un taux de TVA distinct selon notamment que les aliments achetés sont destinés soit à être emportés, soit à être consommés sur place. Déjà pas trop simple à gérer au moment du passage en caisse. Exemple? La quiche emportée froide est frappée d'une TVA à 5,5%. Mais, si elle est réchauffée dans le micro-ondes de la boulangerie, sa TVA passe à 7%. Même différence entre le sandwich et le panini. Mais les chocolats ou macarons vendus dans la même boulangerie continuent, eux, à être taxés à 19,6%. «Nous sommes totalement perdus. En terme de complexité, je crois qu'on ne peut pas mieux faire», s'est énervé, dès le début de la semaine, le patron de la confédération de la boulangerie-pâtisserie française.

En milieu de semaine, constatant la pagaille, le ministère de l'Economie a sorti une note explicative (30 pages!) censée simplifier le casse-tête. Il en résulte que le cornet de glace acheté chez le glacier et le cône industriel Igloo ou Ola acheté au supermarché seraient frappés de deux taux de TVA différents. Idem pour le sandwich s'il est garni ou non de mayonnaise. Idem pour une boisson selon qu'elle est vendue dans un gobelet en carton ou en canette. En revanche, les chips et viennoiseries auraient toujours le même taux de TVA, qu'ils soient achetés ici ou là.

Tout cela au conditionnel, parce que la note de Bercy a eu l'effet exactement inverse de celui qu'elle recherchait: dans les petites commerces (ceux de notre quartier, en tout cas), le fouillis est tel que plus personne ne s'y retrouve: ni le commerçant, ni le client.

Encore bravo.

05.01.2012

Une frénésie, ou pas

economie,social,art de vivre,parisRien ne change, d'une année à l'autre. Une fois de plus, en ce début d'année, notre boîte mail, à «La Libre», se retrouve complètement embouteillée, voire parfois paralysée, par les milliers de gigaoctets que pèsent les innombrables dossiers de presse rutilants que les services de com' des grands magasins parisiens se sentent obligés de nous adresser, chaque fois que les soldes approchent. Le même embouteillage électronique, dû à la même cause, avait été de mise, comme les années précédentes, au mois de décembre. Comme si on passait nos journées de travail à écrire des articles recommandant aux lecteurs d'aller acheter tel ou tel cadeau de Noël ou de profiter de telle ou telle promo au «Printemps», aux «Galeries Lafayette» ou au «BHV» ...

Cela dit, l'habituelle frénésie, voire hystérie, sera-t-elle de mise dès le lancement de ces soldes, dans les grands magasins de Paris?

A en croire un sondage (ici), près d'un Français sur deux compte diminuer son budget soldes, cet hiver. De manière plus générale, d'ailleurs, à en croire une autre étude (là), dans les mois à venir ce sont deux tiers des Français qui réduiront leurs dépenses et celles de leur famille. Mais, d'un autre côté, affluence aux caisses et dans les rayons il pourrait bien y avoir, due à un autre facteur: sept Français sur dix ont reporté certains de leurs achats, dernièrement, dans l'objectif précisément de profiter des bonnes affaires présumées de janvier.

Pendant la période des fêtes de Noël, déjà, 28% des Français avaient fait savoir (ici) qu'ils comptaient revoir à la baisse leurs dépenses pour l'occasion. Et ce malgré le fait qu'ils s'étaient serré la ceinture les moins précédents, dans l'espoir, justement, de pouvoir de ne pas trop regarder à la dépense lors de leurs achats de Noël.

economie,social,art de vivre,parisDes achats qui néanmoins, malgré la crise, continuent à mobiliser un budget important. A l'occasion des fêtes de Noël, chaque foyer français a dépensé en moyenne un montant évalué (là) à 606€. C'est un budget en hausse de 1,9% par rapport à l'an dernier.

Et on trouve ce montant assez énorme. Pour mémoire, 606€ c'est, en gros, la moitié d'un salaire minimum.

22.12.2011

Une société «qui marche sur la tête»

Hier après-midi à notre kiosque à journaux favori, place St-Ambroise, dans le onzième. Le kiosquier oscille entre satisfaction et irritation. En moins de deux heures, sa pile de journaux «Le Parisien» a été épuisée: autant d'invendus de moins à gérer. Mais, si ce journal s'est si bien vendu, c'est grâce à un sujet de Une pour le moins léger, sur le fond, par rapport à l'avenir du monde, etc: l'arrivée prochaine du footeux-modeux David Beckham au PSG.

Le beau David y gagnera 800.000€ par mois. Bruts, tout de même, les 800.000. Notre copain kiosquier trouve ce salaire éhontément et ridiculement exagéré. «Ce monde est vraiment mal fichu. Cette société marche sur la tête», maugrée-t-il. En pointant du doigt vers une pile de tracts figurant sur son comptoir, que, le matin même, on lui a apportée pour qu'il les mette à disposition de ses clients. C'est une pétition du personnel du service de pneumologie de l'Hôpital St-Antoine: le grand hôpital public de l'Est parisien. En 2012, ce service va fermer et être transféré. Ainsi l'exigent l'Assistance publique et son plan de restructuration et d'assainissement financier. «Diminution du nombre de lits d'hospitalisation», lit-on. «Suppressions d'emplois». Rideau tiré sur «une équipe médicale et paramédicale qui, pendant les vingt dernières années, a développé des compétences reconnues permettant la prise en charge de patients atteints d'un cancer bronchopulmonaire». «D'un côté, on dépense 800.000€ par mois et, de l'autre, on ferme des lits d'hôpitaux. Ca ne va vraiment pas», s'irrite notre interlocuteur.

Il est le premier à convenir que les deux événements n'ont absolument rien à voir l'un avec l'autre, et qu'ils ne peuvent donc être mis en rapport. Mais trouve tout de même extrêmement fâcheuse la simultanéité de ces deux actualités. «Cette société marche sur la tête», donc.

Comme ça, d'emblée, on ne trouve pas trop d'arguments percutants à lui opposer. De toute manière, aujourd'hui comme hier et comme demain, on est pressé: pas le temps de refaire le monde dans de grandes discussions. Et puis, finalement, nous aussi, on le trouve assez malencontreux, ce hasard ayant conduit à la collision, le même jour, de ces deux actualités. Et, nous aussi, on le trouve assez indécent, le montant de ce salaire mirobolant. Pas trop envie, donc, de contre-argumenter, d'expliquer par A+B à notre kiosquier que, non, non, elle ne marche pas sur la tête, «cette société».

On se contente donc d'opiner, de le saluer, et de lui souhaiter, malgré tout, une bonne journée.

09.12.2011

Une augmentation impressionnante

paris,transports,economie,gouvernementC'est la mauvaise nouvelle de la semaine, pour les Parisiens utilisant les transports en commun. Le gouvernement a refusé d'exonérer les transports publics de Paris du passage de 5,5% à 7% du taux réduit de TVA, que le Parlement a récemment voté dans le cadre du dernier plan de rigueur en date. Du coup, les tarifs de ces transports vont eux aussi, dès début janvier, être augmentés: de 1,5%. En haut lieu, on n'a rien voulu entendre de l'argument de la majorité (de gauche) au pouvoir au Conseil régional, selon lequel «les transports publics font partie des produits de première nécessité, comme le chauffage ou l'alimentation», et auraient donc dû continuer à bénéficier d'une TVA à 5,5%.

Au total, quelques 8,5 millions de personnes sont concernées par cette augmentation. En juillet dernier déjà, comme chaque année à cette date, les tarifs des transports avaient été revus à la hausse. Et ce sera à nouveau le cas en juillet prochain – la mesure entrant en vigueur en janvier se superposant, bien sûr, aux augmentations annuelles.

Cela nous mettra le carnet de 10 billets à 12€70, et le billet à l'unité à 1€70.

Pour illustrer l'augmentation impressionnante des tarifs des transports publics en région parisienne, ce pourcentage, qui est confirmé par le STIF, l'autorité organisant ces transports. 42,8%. Avant même cette hausse de TVA, le prix du carnet de métro dans la capitale a crû de 42,8% entre 2000 et 2010.

C'est cela aussi, la vie quotidienne à Paris.

15.11.2011

Une mansuétude (assez curieuse)

luxe,tourisme,economie,gouvernement,art de vivreEn ces temps de plans de rigueur successifs et de mesures d'austérité en cascade, mentionnons ce geste particulier de mansuétude fait dernièrement, en toute discrétion, par le gouvernement. Un geste en faveur du secteur du grand luxe.

Il bénéficie aux établissements hôteliers facturant plus de 200 euros la nuitée à leurs clients. En septembre, le gouvernement, soucieux d'accroître ses recettes fiscales, avait décidé de frapper chacune de ces nuitées d'une taxe supplémentaire, de 2 %. Cette taxe devait s'appliquer dès le début novembre. En fait, elle n'a vécu... qu'une semaine. En effet, le syndicat des hôteliers et des restaurateurs a obtenu (ici) la promesse de son abrogation. Le gouvernement considère que l'hôtellerie sera déjà assez touchée par la hausse (de 5,5 à 7%) du taux réduit de TVA, qui a été décidée entre-temps.

Alors, on peut parfaitement partager le souci des autorités de veiller à la bonne santé du secteur du tourisme. Puisque, d'après les chiffres du gouvernement, ce secteur «emploie directement en France un million de personnes, dans 235.000 entreprises, et un autre million indirectement».

On peut néanmoins douter que cette petite (ex-)taxe de 2% allait vraiment menacer la compétitivité de la France en la matière, l'Hexagone étant depuis belle lurette la première destination touristique mondiale. On peut douter aussi que cette contribution supplémentaire allait mener le secteur de l'hôtellerie de grand luxe à la faillite: à Paris ou à la côte d'Azur, et à longueur d'années, il affiche des taux d'occupation insolents.

Enfin, vu les tarifs que pratiquent ces palaces – en gros, plusieurs centaines d'euros la nuitée – et vu donc les moyens qu'il faut avoir pour y séjourner, on peut douter que 2% en plus ou en moins, sur le montant final de l'addition ou de la réservation, cela allait fondamentalement mettre sur la paille leurs richissimes clients, et donc les faire hésiter à la dépense.

Mais ce n'est que notre avis.

08.11.2011

Une rapacité

social,economieParfois – souvent? –, l'homme est décidément un loup pour l'homme. Ou un requin, ou une hyène, comme on veut. Il s'acharne sur lui y compris quand il est au plus bas, quand il est à terre. C'est ce qu'on s'est dit la semaine dernière. Comme chacun sait, c'était la semaine de la Toussaint, et une étude très d'actualité a confirmé la rapacité de certaines pratiques commerciales, au détriment de clients pourtant déjà particulièrement fragiles, et donc vulnérables.

Cela concerne le secteur des pompes funèbres. Selon l'association de consommateurs UFC-Que Choisir, nombre de professionnels funéraires en France ne respectent pas leurs obligations légales. Ainsi, «plus de six mois après l’entrée en vigueur de l’arrêté fixant un modèle de devis obligatoire, dans 18% des cas, nos enquêteurs sont repartis sans le moindre devis! Pire, seuls 3% des devis récoltés respectent les modèles de devis obligatoires, et 39% s’en rapprochent sans être conformes pour autant». Or, bien évidemment, «sans modèle de devis universel, il est impossible pour les familles endeuillées de comparer les services fournis par différents opérateurs funéraires».

Cette opacité est «un terreau fertile pour renchérir les prestations». Et elle est d'autant plus malvenue que, sur le terrain, le coût d'obsèques peut considérablement varier. Selon cette enquête, hors caveau et concession, ce coût «s’établit à 3098 euros en moyenne. Mais d’un opérateur à l’autre, pour une demande similaire, la facture totale peut considérablement varier: de 1300 euros pour le plus économique à plus de 6101 euros pour le plus onéreux». Un «grand écart tarifaire» qui est notamment dû à la surfacturation, par les sociétés de pompes funèbres, des démarches et formalités administratives, qui sont pourtant des opérations standardisées.

L'Office de la répression des fraudes est donc prié de se bouger: de multiplier ses contrôles et de sanctionner les contrevenants. D'autant qu'on est évidemment là dans le secteur commercial par excellence où l'on peut parler de clients captifs, l'enterrement étant une transaction à laquelle, le moment venu, on ne peut échapper – à l'inverse de la plupart des autres dépenses de la vie courante.

07.11.2011

Un air du temps

Sans doute y a-t-il plus motivant pour débuter la semaine, mais c'est comme cela: à Paris, ce lundi est entièrement placé sous le signe de l'austérité. Ce midi, en effet, le Premier ministre François Fillon détaille un nouveau plan de rigueur, destiné à économiser une bonne demi-douzaine de milliards d'euros. C'est le deuxième plan de la sorte en trois mois seulement, un premier tour de vis budgétaire (lui pour une dizaine de milliards) ayant été annoncé cet été.

L'annonce de ces mesures d'austérité survient alors que, ce week-end, un sondage (ici, ou ) est venu confirmer qu'en France également, la population ressent les effets du marasme économique ambiant.

A en croire cette étude, désormais deux Français sur trois (68%) subissent les effets de la crise économique dans leur vie personnelle et celles de leurs proches. Le nombre de sondés déclarant être «beaucoup» affectés par cette crise a crû de 21 à 30% depuis février 2009. Comme toujours, les catégories socio-professionnelles moyennes (artisans, commerçants, employés, etc.) sont davantage touchées que les cadres supérieurs, ce qui est aussi le cas des femmes par rapport aux hommes.

Plus neuf, et toujours s'il faut en croire les enquêtes d'opinion (ici): aux yeux des Français, la dette et les déficits publics constituent désormais le problème le plus important pour le pays (33% de citations), loin devant le pouvoir d’achat (23%) et l’emploi (23%).

C'est bien dans l'air du temps.

26.10.2011

Un contraste médiatique

Economie, Social, Presse, Médias, Gouvernement, Personnalités, MitterrandC'est le contraste médiatique de la semaine. Et il illustre une fois de plus le grandissant hiatus qui existe dans le secteur de la presse écrite – en France mais aussi dans d'autres pays – : hiatus entre une presse quotidienne qui, de plus en plus, boit le bouillon et une presse magazine qui, elle, se porte plutôt mieux.

 

Cette semaine donc, il y a d'un côté «Les Inrocks». Qui, ce mercredi, fête en grandes pompes son 25ème anniversaire. C'est incontestablement une belle réussite dans le marché, disons, de la presse périodique culturelle bobo urbaine branchée (pour faire court). Un marché où l'on a déjà connu tant d'échecs retentissants ces dernières années – voir, pour ne prendre que ce seul exemple, le sort qui fut celui du défunt «Zurban».

 

Et, d'un autre côté, deux jours plus tôt, on a eu cette opération coup de poing qui a été menée lundi matin à Paris par certaines sections du syndicat CGT de la presse. Quelque 15.000 exemplaires de quotidiens ont été déversés sur la chaussée, devant le siège du patronat de la presse quotidienne nationale, rue La Fayette. L'objectif était de protester contre les plans de licenciement ou de restructuration qui touchent nombre d'organes de presse écrite, en ce moment: «Le Parisien», «La Tribune», les journaux régionaux du groupe Le Midi ou «France Soir» surtout – qui, bientôt, ne paraîtra plus dans sa forme papier et sera diffusé exclusivement sur le net. «Cette action est symbolique, car on veut mettre le papier à la rue comme à «France Soir» et à «La Tribune»! C'est un gâchis!», fulminait un syndicaliste, lundi.

 

Economie, Social, Presse, Médias, Gouvernement, Personnalités, MitterrandDernièrement, au Parlement, Frédéric Mitterrand, encore lui, était invité par des députés de l'opposition à se bouger un peu plus pour préserver le pluralisme et la diversité de la presse écrite. «Le paysage de la presse française ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui» sans l'action du gouvernement, a rétorqué, piqué au vif, le ministre de la Communication. Pour qui «aucun gouvernement ne fait autant pour la presse que celui-ci!»

 

Au vu du nombre de plans de réduction de l'emploi qui sont à l'oeuvre ou sont envisagés dans ce secteur, les résultats de cet activisme gouvernemental allégué n'ont pas l'air d'être au rendez-vous – pas complètement, en tout cas.