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03/02/2016

Une coquette somme

64,9 milliards d’euros. Le montant a été dévoilé dernièrement, par le gouvernement (). Il correspond aux achats que les Français ont effectués sur internet, en 2015. C'est une hausse de 14,3% en un an. Quelque 835 millions de transactions (+19%) ont été totalisées. Et 2,3 millions de nouveaux acheteurs supplémentaires recensés. En outre, à en croire la fédération française de l'e-commerce et de la vente à distance, «en 2015, le taux de satisfaction des clients a été de 98%» , autre chiffre record.

Tout irait donc bien et même dans le meilleur des mondes, pour l'e-commerce français. Mais ce tableau mirifique doit être doublement nuancé.

D'abord, comme nul ne l'ignore plus, une part importante de ces e-achats est réalisée auprès de filiales françaises de multinationales qui, grâce à de savants mécanismes d'optimisation fiscale, continuent de payer, dans l'Hexagone, un montant ridiculement peu élevé d'impôts et de taxes. Ensuite, ce boom de l'e-commerce français en 2015 est en partie artificiel, et même dramatiquement conjoncturel: lié aux attentats de la mi-novembre. Car, à Paris comme en province, ils ont vidé les grands magasins traditionnels, de nombreux acheteurs jugeant plus prudent de faire leur shopping de fin d'année sur le net.

Il n'en demeure pas moins que, à en croire un récent sondage, les Français imaginent le commerce de demain à la fois fortement dématérialisé et connecté. Pour sept sondés sur dix, on comptera beaucoup moins de magasins physiques en 2030 qu’aujourd’hui. Et près de huit Français sur dix considèrent que, dans ces rares commerces non virtuels qui subsisteront, les caisses physiques auront été remplacées par des systèmes de paiement dématérialisés.

Sans doute faut-il juger cette perspective merveilleuse.

23/12/2015

Un classique de fin d'année

Art de vivre, Gastronomie, Economie, Sécurité, PoliceLes années passent, mais certaines choses tardent visiblement à s'améliorer, en France. C'est ce qui ressort des résultats de la campagne de contrôles menée en ce moment par la direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

Chaque hiver, à la période des fêtes de fin d'année – temps de bonne bouffe nationale, s'il en est – , les pandores de cet organisme effectuent des descentes dans les commerces de bouche et les restaurants. Ils y traquent à la fois les défauts d'hygiène alimentaire (vérification des températures de conservation, des dates limite de consommation, de la propreté des locaux, etc.) et les informations déloyales données aux consommateurs (relatives aux appellations d’origine, aux promotions, aux labels etc.). Et cet hiver, une nouvelle fois, un taux pas négligeable d'anomalies ou de manquements a été mis au jour: 26%. Autrement dit, un aliment sur quatre vendu en cette période ne respecte pas les normes – normes qui, il est vrai, en France particulièrement, sont innombrables et tatillonnes. Ce taux de 26% est dans l'étiage de ceux relevés les hivers précédents (relire , par exemple), donc aucun progrès en la matière, visiblement.

Les vérifications ne sont pas inutiles non plus dans un autre secteur, tout aussi de saison: celui des jouets et jeux d'enfants. Là, les inspections ont montré que le taux de produits non conformes et dangereux s’élevait à 10,3%. Ont notamment été épinglées des peluches-bouillottes «qui peuvent occasionner de graves brûlures sur la peau des enfants» et des «planches à roulettes transversales dotées de moteurs électrique type hoverboard» dangereuses (on a un peu de mal à imaginer ce que c'est, mais on prend note).

Malgré ces résultats peu emballants, les Français vont tenter de passer d'excellentes fêtes ils en ont bien besoin, après l'année qu'ils viennent de vivre.



PS: Ceci étant dit/écrit, ce blog lui aussi va prendre ses quartiers d'hiver, et donc faire une petite pause. Il rouvrira ses portes en janvier. Bonnes fêtes à toutes et tous.

16/12/2015

Un impact qui se confirme

Un bon mois après les attentats du 13 novembre, on commence à voir un peu plus clair sur leur impact économique. Et il se confirme qu'il est lourd.

Cela a été annoncé hier: les aéroports parisiens ont, en novembre, accueilli 120.000 passagers en moins qu'à la même période de l'an dernier. C'est davantage que le recul de 0,1% du trafic passager qui avait suivi les attentats de janvier. L'hôtellerie française, pour sa part, a vu son son chiffre d'affaires dévisser de 9,3%, depuis le 13 novembre. Ce sont surtout les palaces parisiens qui ont été touchés. Et l'hébergement des dignitaires étrangers et de leurs délégations venus à Paris participer à la grande conférence de l'Onu sur le climat n'a compensé cela qu'à la marge.

Au global, en novembre, la fréquentation touristique de la "Ville lumière" et ses retombées économiques ont chuté de plus de 20%, par rapport à novembre 2014. A en croire le dernier baromètre de conjoncture en date, «74% des professionnels du tourisme interrogés estiment que leur activité est en baisse par rapport au mois de novembre 2014, et même 81% des professionnels parisiens». Le secteur des congrès et de l'événementiel évalue à 5,7 millions d’euros les pertes entraînées par cette sinistre actualité. Et le comité régional du tourisme considère que les perspectives pour le mois de décembre et les fêtes de fin d'année «ne sont pas encourageantes».

Du coup, malgré cette période habituellement si propice aux achats, le secteur du commerce et de la distribution craint le pire, en termes de recettes. D'autant que le contexte sécuritaire l'a contraint à augmenter ses budgets consacrés à la protection et à la sécurisation (vidéosurveillance, détecteurs de métaux, agents de surveillance, etc.). Le Centre national des centres commerciaux chiffre ce surcoût à 50% de plus que l’an dernier, et a calculé qu'il pourrait «atteindre 100 millions d'euros, sur l'année».

Bref, au-delà des pertes humaines qui ont été déplorées, l'économie parisienne et, au-delà, celle de l'ensemble du pays, clairement, n'ont pas fini de payer le prix de la tragédie du mois dernier.

23/11/2015

Un coup de massue

Paris, Terrorisme, Economie, Culture, International, TourismeOn l'avait déjà vu après les attentats de janvier, qui avaient plombé une bonne partie des soldes, et on le voit à nouveau en cette fin novembre: les Parisiens n'ont pas la tête au shopping. D'où, depuis dix jours, une nette chute de la fréquentation et du chiffre d'affaires des commerces de la "Ville lumière".

La semaine dernière, au Printemps et aux Galeries Lafayette, la fréquentation a reculé carrément de 30% et 50% respectivement. Dans certains secteurs particuliers, c'est la dégringolade: 50% de clients en moins dans les commerces du secteur de l'habillement depuis les attentats, et le secteur de la chaussure qui a vu son chiffre d'affaires s'écrouler de 70%. Ce week-end, les choses se sont un peu améliorées. La baisse de fréquentation des grands magasins a été limitée à quelque 15%, et leurs ventes réalisées ont été moindres de 5% par rapport à un week-end normal à cette période de l'année.

Mais un marasme identique est de mise dans le secteur culturel. La semaine dernière, les grands musées nationaux parisiens ont enregistré un recul de 30% de leur fréquentation, dans le même ordre de grandeur qu'en janvier (relire ). Certains musées en particulier ont été particulièrement frappés: -50% à Orsay, par exemple. De même, c'est un vrai coup de massue qui s'est abattu sur le secteur hôtelier. La semaine dernière, 57% des nuitées qui avaient été réservées dans des hôtels parisiens ont été annulées.

Paris, Terrorisme, Economie, Culture, International, TourismeCela dit, le précédent de janvier a montré que cette dégringolade temporaire de la fréquentation touristique de la "Ville lumière" n'avait pas eu d'impact global majeur sur son attractivité internationale, à l'année (relire ). La question est donc de savoir si l'effet de répétition ne va pas, cette fois, jouer contre Paris.

En début d'année, la ville avait vu son tissu économique se relever après avoir été durement frappé. Car, du monde entier, les clients avaient fini par revenir. La voilà à nouveau touchée par d'identiques événements dramatiques, et même d'une ampleur encore pire. Une deuxième fois, l'impact de cette actualité ne sera-t-il que passager? Ou, à force de se répéter, l'image de la capitale et donc son attractivité vont-elles être structurellement sapées?

15/11/2015

Un impact économique, aussi

Vision frappante ce matin, boulevard Richard Lenoir. Sur le terre-plein central où d'habitude, chaque dimanche dès tôt le matin, se tient l'immense marché qui s'étend jusqu'à Bastille. Rien. Pas un étal ouvert. Personne, ou presque. Pas un client en vue, juste l'un ou l'autre joggueur, promeneur de chien, ou passant. Jamais, depuis bien quinze ans qu'on habite cette partie du onzième arrondissement de Paris, on n'avait vu cela.

Comme tous les marchés à Paris depuis samedi, celui de Richard Lenoir a été interdit d'ouvrir ce dimanche, sur ordre des autorités. Pareillement, dans toute la ville, il est frappant de voir combien la vie habituelle est perturbée. Là aussi, sauf erreur, c'est sans précédent: les écoles, les bibliothèques, les centres sportifs, les piscines, les musées, tout est absolument fermé. Des cinémas et des grands magasins sont même restés volets baissés, hier. Idem, bien sûr, pour la tour Eiffel et Le Louvre.

Le dimanche, d'habitude, des milliers de gens, au minimum, font leurs courses au marché Richard Lenoir, qui est vraiment le lieu dominical de socialisation de tout le quartier. Même si les considérations d'ordre économique ne sont pas forcément les plus prioritaires du moment, en ce temps de recueillement, l'arrêt de ce marché – jusqu'à quand ? – va lourdement peser sur l'économie locale.

Idem pour le Bataclan. Cette salle de spectacles était le poumon économique du quartier. Plusieurs soirs par semaine, depuis des lustres, elle attirait des centaines de spectateurs. Ouvreurs, serveurs, vestiairistes, techniciens, éclairagistes, vigiles, régisseurs, administrateurs: tous ces emplois sont désormais mis entre parenthèses, jusqu'à ce que la salle rouvre (quand?). Sans compter autant d'emplois induits (traiteurs, fournisseurs, etc.), tout autant précarisés par cette dramatique actualité. De même, la grande brasserie attenante à la salle de spectacles, le Bataclan Café, ne désemplissait pas, à longueur de journées. Là aussi, sa fermeture va créer un vide, non seulement en termes de convivialité et d'animation, mais aussi pour l'économie du quartier.

Paris, Terrorisme, Economie, Art de vivreEt cela ne vaut pas seulement pour cette partie de l'arrondissement. A Charonne hier soir, c'était saisissant. Avant les tueries de vendredi, c'était, avec Bastille ou Oberkampf, un des quartiers les plus animés et festifs de l'Est parisien. Mais là, hier, Charonne la noctambule n'était plus que l'ombre d'elle-même. La foule y était au minimum deux fois moins dense qu'en temps normal. De nombreux bistrots n'avaient même pas ouvert. Et, dans les restos, on trouvait facilement une table même sans réservation préalable – là aussi, on n'avait jamais vu cela dans ce quartier, un samedi soir.

C'est l'évidence – même si, on le répète, ce ne doit pas être la préoccupation majeure de l'instant – : les attentats perpétrés vendredi dans ces quartiers de l'Est de Paris vont lourdement peser sur leur économie. Et il leur faudra du temps, pour se relever.

09/11/2015

Une hostilité qui perdure

Transports, Tourisme, Paris, Gouvernement, Economie Cela fait des mois – voire des années – qu'on en parle à Paris – relire , notamment. Finalement, la mesure pourrait entrer en vigueur le 1er mars prochain. Soit à quelques semaines de la grande arrivée des touristes venus du monde entier dans la capitale française, pour la saison estivale. L'imposition aux taxis d'un tarif forfaitaire pour les courses de ou vers la "Ville lumière", à destination ou au départ des deux grands aéroports de la région: Roissy et Orly.

Le gouvernement a enfin franchi le cap. Fin de la semaine dernière, il a publié un décret qui fixe le montant de tels forfaits. Selon que l'on se rende ou que l'on parte rive gauche ou rive droite, ce serait de 30 à 35 euros pour Orly, et de 50 à 55 euros pour Roissy. Et le coût de la réservation d'une voiture deviendrait lui aussi forfaitaire: 7 ou 4 euros maximum, selon que la réservation est faite à l’avance (plus d’une heure avant la course) ou non.

Le tout écrit au conditionnel, car les organisations syndicales de taxi (ici ou ) sont toujours vent debout contre ces forfaits. Selon un de leurs représentants, «le gouvernement achève un peu plus les chauffeurs. Une fois les charges déduites, il ne nous restera que 10€ dans la poche», après une telle course entre Paris et ses aéroports. Accusant l'équipe Valls de «passer en force» sur le sujet, les syndicats vont attaquer en justice son décret.

Parmi les arguments des taxis opposés à cette forfaitarisation, le problème que posent les embouteillages chroniques qui, à certaines heures, ralentissent considérablement le trafic sur ces voies d'accès aux aéroports. Ces bouchons rallongent la durée de la course, ce qui rend évidemment ces forfaits encore moins rentables pour les chauffeurs. Dans son décret, le gouvernement se contente de prévoir que, «pour les périodes où la marche du véhicule est ralentie», le forfait peut être remplacé par «un prix maximum horaire», mais il n'en précise pas le montant. Ce n'est pas de nature à calmer ses opposants.

Transports, Tourisme, Paris, Gouvernement, Economie Qui, en plus, sur ce point de leur argumentation, ont été servis par l'actualité.

En effet, le lendemain même de la publication du décret gouvernemental, la région parisienne a connu... son record historique d'embouteillages, à l'heure de sortie des bureaux. 499 kilomètres de ralentissements, précisément, soit encore davantage que le record précédent (483 km, début octobre).

04/11/2015

Une semaine à 653.700€

Un peu de sport aujourd'hui, une fois n'est pas coutume dans ce blog. Puisque le tournoi de tennis du Palais omnisports de Paris-Bercy bat son plein, depuis dimanche matin.

La plupart des grands noms du tennis mondial y participent. Sa dotation, pourtant, ne s'élève qu'à 3,2 millions d'euros. C'est infiniment moins que celle de son prestigieux confrère parisien de Roland-Garros: 28 millions. Pour preuve qu'on ne joue pas là dans la même catégorie, au niveau financier en tout cas, dimanche à Bercy, le vainqueur de la finale du simple touchera une prime de 653.700€, 320.500€ allant à son adversaire battu. A comparer au montant qu'a empoché le dernier vainqueur en date de Roland: 1,8 million d'euros (relire ). Qui sait cet écart s'explique-t-il en partie par les investissements très coûteux qui ont dû être consentis à Bercy, notamment pour le "BNP Paribas Masters" (le nom officiel de ce tournoi de tennis). Le site a subi près de deux années de travaux de rénovation, qui ont coûté plus de 135 millions d'euros.

Cela dit, 653.700€ à l'issue d'une semaine de compétition, c'est tout de même, à la grosse louche, l'équivalent de 45 années de salaire minimum.

Sinon, pour l'anecdote, à l'échelon inférieur de ce tournoi, le joueur participant au premier tour des qualifications aura droit, lui, à une prime de... 1370€. Dans ces conditions, l'important est sans doute et avant tout de participer, comme disait l'autre.

27/10/2015

Une bonne nouvelle, annonciatrice?

Une hirondelle ne faisant jamais le printemps – a fortiori en plein automne... – ne pas s'emballer. Mais, tout de même, ne pas passer cela sous silence.

La bonne nouvelle a surpris tout le monde, hier soir. En septembre, la France a connu sa plus forte baisse mensuelle du chômage (-24000 chômeurs) depuis... huit ans. Ce n'est vraiment pas anodin. En 2015, ce n'est que la troisième fois que de tels chiffres mensuels positifs tombent. Et c'est le sixième mois seulement de baisse du chômage depuis que François Hollande est arrivé à l'Elysée, il y a 41 mois. En plus, et concernant là plus précisément l'objet de ce blog, une fois n'est pas coutume, la tendance à Paris et dans sa région est encore meilleure que dans le reste du pays.

Une baisse d'1,2% du nombre de demandeurs d'emplois y a été enregistrée, à comparer à la diminution de 0,7% à l'échelle nationale. Ce qui titille surtout les analystes, c'est l'envolée de l'intérim, dans la "Ville lumière" et sa banlieue. Or, les chiffres de ce type d'emploi sont généralement considérés comme prédictifs de l'évolution à venir, à quelques mois de distance, de l'emploi au sens large. Si tel le cas, la région parisienne peut avoir tous ses espoirs. Le mois dernier, en effet, l'intérim y a crû carrément de 6%. Cela a concerné aussi bien l'industrie (+10%) que le commerce (+9%) et les transports (+6%). Le mouvement a bénéficié à la fois aux travailleurs non-qualifiés (+13%) et aux cadres et professions intermédiaires (+9%). Surtout, il n'a pas laissé de côté les départements parisiens les plus frappés par le chômage, le chômage des jeunes en particulier. Ainsi, l'intérim a bondi de 21% le mois dernier en Seine-Saint-Denis, et de 12% en Essonne.

Malgré cette bonne nouvelle nationale – et donc parisienne encore plus – , la France compte toujours 5,7 millions de chômeurs, toutes catégories confondues. Ce qui n'est tout de même pas rien.

21/10/2015

Un budget considérable

59 milliards d'euros. C'est le montant que les Français dépensent chaque année dans les restaurants, cafés, brasseries, traiteurs, snacks, sandwicheries, kebabs, fast-food et autres cantines. Le chiffre est cité par une étude publiée cette semaine, relative à l'évolution de la consommation alimentaire dans l'Hexagone. 59 milliards d'euros: cela confirme le poids économique énorme que pèse la consommation dans le secteur de la restauration. Et cela permet de comprendre pourquoi ce secteur a si souvent été cajolé par les gouvernements. Voir, pour ne citer que ce seul exemple, la baisse très controversée (car ruineuse pour les finances publiques) de la TVA sur la restauration, que Nicolas Sarkozy décida en 2009 – avec des effets nettement moindres qu'espéré sur l'emploi.

Ces 59 milliards d'euros dépensés chaque année par les Français dans les snacks et restaurants représentent plus du quart (26%) de leur budget alimentaire. A titre de comparaison, en 1960, cette part du budget n'était que de 14%. Ces cinquante dernières années, le budget resto des Français s'est donc envolé, «sous l'effet des hausses de prix successives». Car, comme tout le monde l'aura sans doute remarqué – et à Paris a fortiori – , «manger à l'extérieur coûte de plus en plus cher. Depuis 1960, les prix y ont augmenté de 5,9% par an en moyenne, soit davantage que les prix de l'alimentation au domicile (+4,0% par an)».

Au risque d'enfoncer des portes ouvertes, l'étude confirme que «de fortes disparités de dépenses existent» évidemment dans ce secteur, en fonction de la catégorie socio-professionnelle à laquelle appartiennent les clients qui le fréquentent. Ceux qui consacrent une plus grande part de leur budget aux repas pris à l'extérieur sont, sans surprise, «les ménages dont la personne de référence est cadre ou exerce une profession libérale, a moins de 35 ans, habite une grande ville ou a un niveau de vie élevé». Et c'est encore plus vrai en période de crise économique et en ces temps de précarisation sociale grandissante. Car «les évolutions annuelles de l'alimentation hors domicile sont très volatiles: plus facilement arbitrable, cette dépense est sensible aux variations de prix et aux fluctuations de revenus».

16/10/2015

Un quart d'heure de travail

Paris, International, Economie, Art de vivre, TechnologiesParis, première ville du monde en termes de qualité de vie et d'accessibilité. C'est, en tout cas, ce qu'atteste une étude internationale publiée hier. Elle se fonde notamment sur la densité des sites culturels, historiques et traditionnels parisiens situés en plein centre-ville et donc rapides et faciles d’accès. Cette étude positionne également la capitale française au troisième rang mondial en termes d'attractivité économique.

Puisqu'on en est aux classements internationaux, cette autre étude, parue dernièrement, qui, elle, compare les prix, les salaires et le pouvoir d’achat dans 71 villes mondiales. Il en ressort que, si l'on prend en compte un panier standardisé de 122 biens et services, Zurich, Genève et New York sont les cités les plus chères de la planète. On y découvre aussi combien de temps il faut travailler, selon que l'on réside dans telle ou telle capitale, pour acheter un kilo de pain et de riz, ou... un Big Mac et un iPhone 6.

Résultat? Trois heures de travail nécessaires à Nairobi pour acheter un burger, contre neuf minutes à peine à Hong Kong. A Paris, c'est 15 minutes. Pour le smartphone à plus de 600 euros de la marque à la pomme, c'est 21 heures de travail à Zurich, trente fois plus à Kiev, et 42 heures à Paris. Ville où il ne faut bosser que 9 minutes pour pouvoir se payer un kilo de riz, à comparer aux 4 minutes nécessaires à Oslo et aux 73 minutes de New Delhi. Quant à un kilo de pain, aliment de base pour 98% des Français, il coûte 10 minutes de travail au Parisien moyen – comme au Lyonnais, d'ailleurs. C'est le double des 5 minutes seulement qu'il requiert à l'habitant de Genève. Mais c'est huit fois moins que les 83 minutes de travail requises à Manille.

L'étude, émanant d'une grande banque suisse – donc par nature pro-consumériste –, ne se hasarde pas à se prononcer sur la question de savoir si, dans ce si merveilleux monde contemporain, un burger de McDo ou un joujou branché d'Apple sont désormais à considérer comme des produits de première nécessité, à l'égal du riz ou du pain.

12/10/2015

Un procédé un peu cavalier

Ce n'est pas tous les jours que notre boîte mails perso reçoit un message d'un PDG d'une société de plus de 50.000 salariés, mais c'est ce qu'il lui est arrivé ce week-end. Un message du grand patron d'Air France.

Frédéric Gagey, c'est son nom, y fait savoir que les fameux incidents ayant émaillé le comité d'entreprise de lundi dernier – lors duquel deux cadres de la compagnie ont été molestés –, «ce n’est pas Air France». «Soyez en convaincus, ces violences ont été le fait d'individus isolés et ne reflètent ni la réalité ni l’ambition de votre compagnie». Et de vanter les «mesures courageuses» envisagées pour «assurer son avenir dans le peloton de tête des compagnies aériennes à vocation mondiale». Nulle part, il n'est fait mention des 2900 emplois menacés: à l'origine de la colère syndicale qui a dérapé de la sorte, il y a une semaine.

Pour diffuser cette communication de crise, Frédéric Gagey a donc utilisé le fichier clients d'Air France. Soit plusieurs millions d'adresses électroniques, habituellement réservées à l'envoi d'offres commerciales de la compagnie ou au suivi de dossiers de voyages de particuliers ou de sociétés. Un procédé un peu curieux, voire cavalier: en tant que client lambda d'Air France, on n'a pas le souvenir de lui avoir donné notre accord pour recevoir également ce genre de communications-là.

Mais on ne doute bien sûr pas que, par souci d'équité, Frédéric Gagey va à présent autoriser les syndicats des pilotes de ligne, du personnel navigant, et des agents au sol d'Air France à utiliser, à leur tour, ce fichier. Histoire de bien veiller à ce que, sur ce conflit social, la clientèle bénéficie d'une information absolument complète, et non du tout unilatérale.

 

PS. Dans le cadre de cette communication de crise, la compagnie a réalisé une vidéo de promo. Un petit film parfaitement aimable, délicieusement souriant, mais qui se prend pas mal de commentaires acerbes, voire carrément teigneux. Du genre: «Ca coûte combien de faire une vidéo aussi vide que ça?», «C'est une honte, de la pure propagande d'une autre époque», «Putain même sur les photos officielles de Corée du Nord, les sourires sont moins grincants», ou même... «Aucun DRH n'a été maltraité durant ce tournage».

05/10/2015

Une indépendance freinée

logement,jeunes,paris,banlieues,social,economieC'est une des conséquences de la crise du logement à Paris et dans sa région, que ce blog évoquait vendredi. Le "syndrome Tanguy", comme l'on pourrait le dénommer. En référence au film français à succès d'il y a une dizaine d'années.

Dans la capitale et sa banlieue, les jeunes tardent de plus en plus à quitter le domicile parental. Les 20-29 ans subissent de plein fouet l'envolée des loyers des petites surfaces. Ainsi, à en croire l'Observatoire des loyers, entre 2001 à 2011, les loyers des studios ont bondi de 49% à Paris et de 44% en banlieue. Plus globalement, la crise économique de 2008 a «freiné l'indépendance résidentielle» de ces jeunes. C'est ce que confirme une étude qui vient de sortir.

Aujourd’hui, un jeune de plus de 25 ans sur deux vivant et né en région parisienne habite toujours chez ses parents. En moyenne, ces jeunes de la capitale ne quittent papa et maman qu'à l'âge de 24 ans et neuf mois, soit beaucoup plus tardivement que les jeunes de province (22 ans).

Ces "Tanguy" sont, pour beaucoup, des étudiants (76% des étudiants de la région parisienne sont dans ce cas) et des chômeurs (62%, + 10 points par rapport à 1999). Mais beaucoup de jeunes actifs en emploi se retrouvent également dans la situation du héros du film d'Etienne Chatiliez. C'est même le cas de près de quatre de ces jeunes actifs sur dix (39%, +6) .

C'est évidemment dû à la précarité de l'emploi que ces jeunes occupent: difficile, sinon quasi impossible, de voir son dossier de candidat locataire retenu, quand on ne bénéficie pas d'un contrat à durée indéterminée. Pour preuve, deux tiers des jeunes actifs parisiens travaillant en CDI ont leur propre logement, alors qu'un jeune en CDD (contrat à durée déterminée) sur deux habite toujours chez ses parents. C'est aussi le cas de deux jeunes intérimaires, apprentis ou stagiaires sur trois.

03/09/2015

Un chaos évité (pour l'instant)

Le pire avait été annoncé aujourd'hui, en termes de circulation et de déplacement dans Paris et sa région. En effet, un millier de tracteurs d'agriculteurs et d'éleveurs en colère, venus de tout le pays, ont convergé vers la capitale, dans le but de bloquer complètement son accès. Et bien non, finalement: comme déjà lors de manifestations de ce type organisées ces dernières années (relire par exemple ici ou ), ce n'est pas le chaos annoncé. Pas au moment d'écrire ces lignes, en tout cas.

Car les Parisiens et banlieusards motorisés ont très largement appliqué les consignes de la préfecture de police. Elle avait instamment recommandé que, dans la mesure du possible, ils laissent leur véhicule au garage, ce jeudi. Résultat, on a dénombré ce matin infiniment moins de bouchons qu'à l'habitude, dans la capitale et à ses alentours. Une cinquantaine de kilomètres de retenues seulement, environ (voir ). C'est quatre voire cinq fois fois moins qu'en temps normal.

Mais c'est peu dire que les autorités demeurent sur les dents. Car le restant de la journée ne va pas forcément se dérouler sans mal.

Localement, et à l'échelle de notre onzième arrondissement parisien, l'accumulation de tous ces tracteurs place de la Nation – qui était leur lieu final de destination – risque de ne pas être facile à gérer. Principalement, Manuel Valls reçoit ce midi les manifestants. Son gouvernement va faire un geste en leur faveur, mais évidemment pas leur lâcher les trois milliards d'euros qu'ils réclament. Or, certains parmi ces agriculteurs ont déjà prévenu que, s'ils n'obtenaient pas gain de cause, ils ne retourneraient pas ce soir dans leurs campagnes. Mais resteraient à Paris, le temps qu'il faudrait.

C'est là que la situation pourrait finir par s'échauffer.

27/08/2015

Un quart d'«anomalies» estivales

Consommation, Tourisme, Economie, Sécurité, Art de vivre, GastronomiePuisque ce blog évoquait hier la saison touristique, un premier bilan de la grande «Opération Interministérielle Vacances 2015», que fait mener le gouvernement de la mi-juin à la mi-septembre. Elle vise à s'assurer que les vacanciers bénéficient de «prestations commerciales sûres et loyales», ce qui «contribue à la confiance des consommateurs envers les professionnels et à l’attractivité de l’offre touristique française».

Concrètement, il s'agit de vérifier notamment que les règles de sécurité applicables aux produits et aux services sont respectées et que le consommateur est bien informé sur la nature des prestations qui lui sont offertes. Tous les corps de contrôle de l’Etat sont mobilisés: policiers, gendarmes et douaniers bien sûr, mais aussi agents de la répression des fraudes, services vétérinaires, inspecteurs du ministère de la Jeunesse et des Sports (pour les colonies de vacances, par exemple), etc. Cet été, sont particulièrement inspectés les «nouvelles formes de consommation, notamment celles de l’économie collaborative» (hébergement chez l’habitant, location de voitures entre particuliers, etc.) ainsi que, bien sûr, «les commerces soumis à un pic saisonnier d’activité» (restaurants, festivals, événements sportifs ou culturels, etc.).

Résultat? Moyen. Précisément, 21.660 entreprises ont, à ce jour, été inspectées. Dont 6.800 restaurants, 2.200 grandes et moyennes surfaces, 3.700 marchés, 2.600 sites d’hébergements, et un millier de sites de réservation en ligne. Quelque 22% de ces contrôles ont mis au jour des «anomalies», et donc ont donné lieu à des «mesures pédagogiques, correctives ou répressives». C'est dans l'étiage habituel pour ce genre d'opérations de protection des consommateurs (relire par exemple ).

Deux manières de lire ce bilan. Trois quarts de l'offre de produits et de services proposés cet été aux vacanciers en France respectent parfaitement la réglementation. Mais dans quasiment un cas sur quatre, des problèmes se posent. Ce qui n'est tout de même pas rien.

26/08/2015

Un attrait confirmé, mais précaire?

C'était loin d'être gagné d'avance (relire par exemple ici ou ), mais il semble qu'en fait, la fréquentation touristique internationale de Paris ne souffre pas des attentats de janvier, ni du climat d'alerte terroriste qui y est de mise depuis. C'est ce qu'indiquent, en tout cas, les dernières statistiques en date, diffusées récemment.

Ainsi, au premier semestre, et en dépit de cette sinistre actualité, la fréquentation touristique a encore augmenté dans la "Ville lumière" et sa région: +1,6%, soit 15,9 millions d’arrivées hôtelières. Certaines clientèles particulières ont même connu un boom spectaculaire (+48,9% pour les touristes chinois). Du coup, les autorités s'attendent à ce que, à l'échelle du pays tout entier, 2015 soit une année exceptionnelle en termes de fréquentation. L'Hexagone devrait confirmer haut la main sa place de première destination touristique au monde. Et même la conforter, avec plus de 85 millions de visiteurs étrangers accueillis.

Ombre au tableau: cet attrait confirmé pour les destinations France et Paris est parfois dû à des facteurs purement conjoncturels. Par exemple, la situation au Maghreb (attentats en Tunisie, etc.) a dissuadé nombre de candidats au voyage dans ces pays à y passer leurs vacances, ce qui a pu bénéficier à la France. Dans ce pays même, c'est la crise économique persistante qui a poussé nombre de Français à privilégier des vacances à domicile plutôt qu'à l'étranger. Dès que la situation globale s'améliore, ils pourraient donc très bien se remettre à bouder la France, au profit de destinations de vacances plus lointaines. Et il faudra mesurer aussi, à terme, l'impact, sur la fréquentation chinoise, du ralentissement de la croissance dans ce pays et des récentes dévaluations de sa monnaie.

En outre, a contrario de l'optimisme suscité à Paris par ces bons chiffres touristiques, certaines études internationales, elles, ont une vision plus sombre de la situation. Témoin, l'édition 2015 du classement de 140 villes qu'a publié le cabinet britannique The Economist Intelligence Unit, dernièrement. Il fait état d'un déclin de la qualité de vie – et donc de l'attractivité potentielle – des villes européennes, dû au climat économique morose qui les affecte et au contexte sécuritaire pesant qui est désormais le leur. Dans ce classement, Paris chute de la 20e à la 29e place, précisément en raison de la dramatique actualité qu'elle a endurée au début de l'année.

08/07/2015

Un succès improbable

C'est le succès le moins attendu de l'été, dans les librairies de France. A en croire hier la direction du "Guide du Routard", depuis quelques semaines, les ventes de l'ouvrage de cette collection qui est consacré à la Grèce, ne reculent pas, non, mais... s'envolent. Le bond constaté par rapport aux ventes de l'été dernier serait même de plus de 20%.

Les touristes français ne seraient donc pas du tout inquiétés par la crise financière que traverse ce pays, et par son impact pourtant très sonnant et trébuchant: la limitation des possibilités de retrait d'argent aux distributeurs automatiques, et les problèmes de liquidités que vont incessamment connaître les banques locales – elles seront bientôt à cours de cash.

Qui sait même la fronde d'Alexis Tsipras contre «l'Europe austéritaire» fait-elle de son pays, aux yeux de certains Français, une destination tendance? A moins que ces touristes voient dans leur choix d'y partir en vacances une façon de soutenir la population?

 

PS: La même collection n'a pas précisé l'état des ventes de son guide relatif à la Tunisie. Là, vu les récents attentats, il n'y a sans doute aucune surprise de librairie à attendre – ce sera assurément la Bérézina.

02/07/2015

Un mets très en vogue

Les dernières nouvelles du «pays de l'exception culturelle» que se targue d'être la France, y compris et a fortiori en matière gastronomique. Des nouvelles à propos d'un mets qu'on ne trouve pas trop de saison, par ces temps de canicule, mais, après tout, chacun ses goûts.

A en croire une étude parue dernièrement, en 2014, il s'est vendu 1,07 milliard de burgers dans l'Hexagone. C'est près de 10% de plus qu'en 2013. Analyse des professionnels de la restauration: «Traditionnellement perçus comme emblématiques de la cuisine américaine, les burgers représentent aujourd'hui un marché important de la restauration rapide en France. À l'opposé du phénomène de la malbouffe, les points de vente de burgers se multiplient, appuyés par la création de réseaux de franchise dont certains se démarquent par leurs qualités gustatives haut de gamme et l'efficacité de leur concept».

Populaires, donc, les burgers. Cela n'a pas empêché les élus de Paris, mardi, de se prononcer contre le projet d'installation d'un McDonald's en plein coeur du Boboland parisien: à l'angle des rues Réaumur et des Petits-Carreaux, dans le quartier Montorgueil (2e arrondissement). Pour le maire (écologiste) de cet arrondissement, «avec l'arrivée d'un restaurant de 160 places, c'est tout le travail qui a été fait dans le quartier sur la qualité alimentaire et la protection de l'artisanat qui risque de s'effondrer comme un château de cartes».

Par trois fois, déjà, la Ville a refusé les demandes de permis de construire déposées par McDo pour ce projet. Et, en mai, une centaine de riverains ont manifesté contre son arrivée dans le quartier.

L'histoire ne dit pas si les gamins de ces manifestants, qui passent sans doute leurs journées au MacDo ou au Burger King, faisaient partie, ou non, du cortège.

29/06/2015

Un tarif qui devient prohibitif

arts,culture,musées,gouvernement,economieUn peu de culture, pour bien débuter la semaine. Mais, en l'occurrence, une mauvaise nouvelle. En provenance du Louvre – qui, décidément, n'en rate pas une (relire ici, ou ). A partir de mercredi, le prix du billet d'entrée y passera à 15€. Contre 12€ aujourd'hui.

L'institution argumente que, de la sorte, les expositions temporaires deviendront, bien plus qu'aujourd'hui, la «porte d'entrée vers le musée». Car ce billet à 15€ donnera accès aussi bien aux collections permanentes qu'aux expositions. Et elle fait valoir que c'est même une diminution de tarifs: aujourd'hui, le billet jumelé (donnant accès aux expos et aux collections) est à 16€. Il n'empêche, dans les faits, la majorité des quelque 9 millions de visiteurs annuels du Louvre choisissant de visiter soit ses collections, soit une expo, la plupart du temps, ils paieront davantage qu'auparavant.

Derrière ces arguments spécieux, se cache en fait une nécessité beaucoup plus prosaïque. Vu les baisses des dotations que lui verse l'Etat, Le Louvre doit, comme les autres musées, accroître sa part d'autofinancement. Et il estime que cela passe notamment par une hausse de ses tarifs.

Ces trois euros de plus n'incommoderont sans doute pas exagérément les touristes étrangers, qui constituent 70% de sa clientèle. En revanche, pour une famille nombreuse venue de province passer quelques jours de vacances dans la capitale, 15€ par personne, cela commence à faire cher – a fortiori que les audioguides, bien sûr, ne sont pas compris dans le tarif.

A part cela, en 2012, le candidat François Hollande avait notamment promis, s'il était élu à l'Elysée, de «soutenir l'accès à la culture et à la création artistique».

Encore bravo.

25/06/2015

Un (léger) désir

Personnalités, Strauss-Kahn, Justice, Economie, FemmesIls sont minoritaires dans l'opinion, mais tout de même pas en nombre négligeable. A en croire un sondage rendu public ce jeudi, 38% des Français souhaitent un retour de Dominique Strauss-Kahn dans la vie publique. L'électorat de gauche est partagé à parts égales sur cette éventualité, qui est majoritaire (54%) chez les sympathisants socialistes.

Une part de ces inconditionnels de DSK doit sans doute considérer qu'il a été victime d'une machine médiatico-judiciaire qui, pendant trois ans, l'a broyé, pour finalement le relaxer. En revanche, à moins que le scabreux, voire le glauque, soit devenu tendance en France, il est plus douteux que cette envie de lui soit stimulée par l'aperçu de sa vie privée qu'a donné ses comparutions judiciaires. On peut d'ailleurs noter que les femmes (33%) sont moins nombreuses que les hommes (44%) à vouloir son retour.

Sans doute, donc, est-ce avant tout l'économiste Strauss-Kahn qui est regretté par ses supporteurs. Qui ont la «nostalgie de sa parole économique», dixit le sondeur Bernard Sananès.

C'est parfaitement leur droit, mais c'est tout de même assez piquant, et doublement.

D'une part, et principalement, autant plus grand monde au PS ne se réclame de l'homme Strauss-Kahn – jugé définitivement trop sulfureux – , autant la ligne politico-économique qu'il incarne (le social-libéralisme, pour dire vite) est majoritaire, dans ce parti comme au gouvernement. Les Valls, Macron et autres Sapin font-ils autre chose que du strauss-kahnisme? On ne peut donc pas dire qu'il y ait un vide doctrinal à combler, en la matière. D'autre part, et accessoirement, les hasards de l'actualité veulent que ce sondage tombe au lendemain de la publication des derniers chiffres mensuels en date du chômage, qui, une fois de plus, sont mauvais. Et donc illustrent bien l'efficacité très perfectible de cette ligne économique social-libérale.

16/06/2015

Un million d'emplois, au moins

Le gouvernement Valls consacre énormément d'énergie au secteur économique du tourisme. L'autre jour, il a adopté un plan destiné à le développer. Et pas plus tard qu'hier, le ministre Laurent Fabius a reçu et fait les yeux doux au PDG d’AirBnb, Brian Chesky. La France est la destination touristique la plus recherchée par les voyageurs qui utilisent ce service. Depuis sa création, en 2008, il a envoyé quelque 4 millions d'étrangers loger chez l'habitant, dans l'Hexagone.

Des statistiques parues ce matin () détaillent le poids de ce secteur économique. Il génère à lui seul quelque 1,3 million d'emplois à l'année. A savoir, 1 million d’emplois locaux liés à la présence de touristes (hébergement, restauration, etc.), et 0,3 million liés à la préparation du voyage et à sa réalisation (agences de voyage, sociétés de transports, etc.).

C'est dans les centres urbains – bien davantage qu'en zones rurales, littorales ou montagneuses – que l'emploi lié au tourisme est le plus massif et le moins lié aux fluctuations saisonnières. Et cela profite bien sûr au premier chef à Paris et à sa région, qui ont la chance d'accueillir treize des vingt sites français les plus visités (Disneyland Paris, le Louvre, Versailles, etc.). Ainsi, à elle seule, la zone capitale concentre près du tiers de la richesse dégagée par le tourisme en France métropolitaine et des emplois qu'il y crée.

Le gouvernement se dit donc sans doute que cela mérite bien quelques courbettes, faites à des piliers du tourisme mondial comme AirBnb. Même si, dans le même temps, d'autres niveaux de pouvoir, sinon grimacent face aux agissements de ces sociétés, du moins tentent de les cadrer. Voir les efforts déployés par la mairie de Paris (, par exemple), pour que le statut de «capitale mondiale de la location entre particuliers» dont jouit la «Ville lumière» ne nuise tout de même pas trop ni au logement résidentiel, ni au secteur hôtelier traditionnel.