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31/10/2014

Une marotte, décidément

A chaque fois qu'une élection se profile à l'horizon, le gouvernement revient à la charge sur cette question. Tout comme il avait envisagé de le faire lors des dernières élections européennes (relire ici ou ), l'exécutif aimerait, au scrutin régional et départemental de l'an prochain, se passer d'envoyer la propagande électorale par voie postale. Cela lui ferait économiser quelque 130 millions d’euros, ce qui serait toujours ça de pris dans le contexte budgétaire actuel.

L'autre jour, à l'Assemblée, la droite UMP s'est à nouveau énervée, sur le sujet. Pour les sarkozystes, ce serait «une véritable atteinte à la démocratie, notamment pour les personnes âgées, pour nos concitoyens les plus modestes, ou pour ceux ayant des difficultés à se déplacer». Dans un pays qui est toujours marqué par une double fracture: «fracture numérique et fracture générationnelle»: «plus de 20% des Français n’ont toujours pas accès à Internet». Aux yeux de l'opposition, si l'on veut vraiment «assurer une égalité d’accès à l’information électorale», il faut impérativement que le numérique soit «utilisé en complément du papier, et non en substitution à ce dernier».

 

Interpellé, le ministre de l'Intérieur n'a pas trop fait le fier. Certes, sur le principe, il a défendu la «décision de dématérialiser la propagande électorale, par souci de modernisation et aussi – il faut le dire – d’économies». Et il a rappelé que, «dans la plupart des pays de l’Union européenne, la dématérialisation de la propagande électorale a été réalisée depuis de nombreuses années, sans que, pour autant, l’information et le taux de participation aux élections ne s’en trouvent affectés». Dans les faits, cependant, le ministre n'a pas exclu que, lors de ce scrutin à nouveau, l'on «continue à acheminer la propagande électorale par voie postale, tout en mettant en œuvre concomitamment une communication par internet. Cela permettrait d’engager une expérimentation et de tester cette mesure, en vue de sa généralisation ultérieure».

 

Au total, du coup, cette réforme pourrait bien être une nouvelle fois repoussée à plus tard. Sans que, pour autant, la droite accuse le gouvernement d'être incapable de réformer.

 

Pour une fois que majorité et opposition seraient d'accord sur quelque chose....

29/01/2014

Une sanction, mais pas l'autre

Femmes, Elections, Institutions, Parlement, GouvernementLarge approbation hier après-midi, à l'Assemblée, du projet de loi sur l'égalité entre les hommes et les femmes. «Une grande loi de progrès», dixit la gauche. «Un texte fourre-tout», minimise la droite – il est vrai qu'il traite aussi bien du congé parental que de l'égalité professionnelle, des pensions alimentaires, des stéréotypes sexistes, des mini-Miss ou de l'IVG. Nombre de députés sarkozystes, toutefois, ont voté avec la majorité. Parmi eux, la candidate UMP à la mairie de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet, ainsi que les ex-ministres Valérie Pécresse et Nicole Ameline.

Un point de ce texte concerne la parité hommes-femmes dans les assemblées. La France n'en est à peu près nulle part: on ne compte que 22% de femmes au Sénat et 27% à l'Assemblée. Dès lors, le texte voté hier double la pénalité financière infligée aux partis ne respectant pas la parité aux législatives. Ces amendes, déjà, ne sont pas minces. L'an dernier, par exemple, elles ont privé l'UMP de près de 4 millions d'euros de financement public.

Pendant la discussion parlementaire, les députés Verts ont essayé de muscler ce volet du texte. Ils ont proposé de pénaliser une deuxième fois les partis. Sur base, cette fois, non du genre des candidats qu'ils présentent aux législatives, mais de la composition de la représentation parlementaire issue de ces scrutins. Dans cette optique, seraient une deuxième fois sanctionnés les partis qui comptent exagérément plus d'élus que d'élues. Le gouvernement et la majorité socialistes, cependant, ont refusé d'aller aussi loin.

«Ce ne serait pas le choix fait par les partis qui serait sanctionné, mais celui que font les électeurs. Cela pose trop de problèmes d’ordre constitutionnel», ont-ils justifié. «Le juge constitutionnel estime que ce serait en quelque sorte venir contrarier la liberté de choix des électeurs», a renchéri la ministre des Droits des femmes. Les Verts ont dû s'incliner, mais ils ont peu apprécié. A les en croire, «la parité ne sera jamais effective dans les assemblées» si on continue à uniquement sanctionner son non-respect au niveau des candidats présentés par les partis. Puisque, très souvent, «les partis continuent à proposer aux candidates de se présenter dans des circonscriptions qui ne sont pas gagnables»....

En sortira-t-on un jour?

29/09/2011

Une sanction prévisible

C'est un jugement populaire largement injustifié, mais sans doute était-il couru d'avance avec cette actualité en France qui, depuis, la rentrée, associe si souvent la classe politique à des histoires d'enveloppes d'argent liquide, de valises de billets de banque venues d'Afrique, de commissions occultes, voire d'association de malfaiteurs. La sanction est là: selon un sondage TNS- Sofres, trois quart des Français (72%) jugent désormais que, d'une manière générale, leurs élus et dirigeants politiques sont plutôt corrompus.

 

On atteint un pic en la matière, puisque «ce jugement critique est le plus fort jamais mesuré depuis 1977, date à laquelle la question a été posée pour la première fois par TNS Sofres. Il est en outre en augmentation de 4 points par rapport à juillet 2010, qui était déjà un record». Cette défiance se retrouve majoritairement dans toutes les couches de la population, mais est proportionnellement plus élevée chez les jeunes que chez les séniors.

 

Quelques jours avant cette enquête, un autre sondage avait déjà donné une idée de l'impact que pourrait avoir ce climat délétère sur, cette fois, le résultat du premier tour de l'élection présidentielle, dans sept mois. «Marine Le Pen en nette progression»: là aussi, c'était sans doute couru d'avance. Comme le note Jérôme Sainte-Marie, de l'institut CSA, la présidente du Front national, «portée par une actualité favorable et une forte présence médiatique, progresse, passant de 15% au mois d’août à, selon le candidat socialiste testé, 18, 19 ou 20%. Ce mouvement est remarquablement élevé dans les catégories populaires et chez les jeunes».

28/03/2011

Un satisfecit

Ne reparlons pas des élections cantonales: le taux d'abstention astronomique enregistré à nouveau hier a encore confirmé que les Français eux-mêmes n'en avaient pas grand-chose à faire. Parlons d'une élection qui, en revanche, à l'époque, avait passionné le pays, elle. Et d'un scrutin dont on vient de fêter l'anniversaire. C'était le 18 mars 2001. A la suite des élections municipales, Paris basculait à gauche pour la première fois de son histoire. Le socialiste Bertrand Delanoë s'installait dans le fauteuil de maire, mettant un terme à 25 ans de chiraquie.

Dix ans plus tard, l'intéressé a fêté très discrètement cet anniversaire. Pas de cérémonie ni de flonflons: à peine un édito dans la gazette municipale. Le maire y «mesure tout ce qui reste à faire» dans la capitale, reconnaît que «trop de Parisiens doutent et souffrent» encore aujourd'hui, convient que «plus que jamais», il est nécessaire «que Paris retrouve une certaine humanité».

Début mars, un sondage Ifop a indiqué que les Parisiens lui donnaient globalement satisfectit pour ses dix ans d'action. Sa gestion est saluée par 67% des sondés – et y compris par 42% des électeurs de droite. Avec, toutefois, quatre points noirs, jugés majoritairement insatisfaisants: le logement, la circulation, la sécurité et la propreté.

En tant que Parisien moyen, on est plutôt d'accord avec ce constat. Hormis peut-être en ce qui concerne l'insécurité, qu'on ne ressent pas vraiment au quotidien – mais on vit dans un quartier central relativement aisé, et donc assez tranquille. Et hormis en ce qui concerne les embarras de circulation; on n'a pas trop d'avis sur la question vu qu'on est mauvais juge: non-motorisé, comme la majorité des Parisiens. On est plutôt d'accord avec cette évaluation sondagière, à ceci près qu'une grande absente manque, à nos yeux, dans cette liste de choses à améliorer.

C'est, au quotidien, ce qui a le plus ostensiblement empiré ces dix dernières années à Paris. Mais sans doute est-ce aussi le cas dans d'autres grandes métropoles du monde et, assurément, il serait injuste de l'imputer au seul Bertrand Delanoë: l'Etat central est le premier concerné. Cet échec si ostensible, cette horreur si présente en permanence à la vue de n'importe quel Parisien un minimum attentif à ce qui se passe autour de lui, c'est, évidemment, la pauvreté.

25/03/2011

Une expérience

électionscantotox.jpgOn vote en France dimanche. C'est le second tour des élections cantonales. Si l'on en croit les sondages, le FN en sortira renforcé. Mais faut-il vraiment prendre ces enquêtes d'opinion pour argent comptant? On n'en a jamais été trop sûr. Et, au vu de la petite expérience qu'on a faite l'autre jour, on n'en est pas davantage certain.

On était au bureau, lorsque le téléphone sonnait. Au bout du fil, un enquêteur de la Sofres, qui effectuait un sondage d'intentions de vote sur, précisement, ce second tour des cantonales. On n'avait pas que cela à faire. On ne brûlait pas spécialement d'envie de s'exprimer sur le sujet. Mais on se pliait au jeu. En se disant que notre jeune interlocuteur devrait sans doute, ce jour-là, se taper des dizaines de coups de fil similaires pour un salaire probablement pas mirobolant, et donc qu'on pouvait au moins lui rendre service. Cependant, on n'a pas été très convaincu par l'expérience. Quelques exemples.

On était d'abord prié d'indiquer notre intérêt pour ce scrutin. En choisissant entre plusieurs réponses: de mémoire, «très intéressé», «plutôt intéressé», «plutôt pas intéressé», «pas du tout intéressé», etc. On faisait remarquer que professionnellement, en tant que journaliste, oui, on était intéressé par la chose. Mais que, personnellement, on ne l'était pas du tout, puisque les Parisiens ne votent pas, dimanche – Paris a un statut départemental particulier. «Oui, mais deux réponses, ce n'est pas possible: vous devez en choisir une seule», s'entendait-on répondre. On coupait donc la poire en deux, tout en se disant que ce compromis reflétait assez imparfaitement notre sentiment. Autre question: on devait préciser pour qui on allait voter dimanche. On répétait qu'en tant que Parisien, on n'était pas appelé aux urnes. «Oui, mais il me faut une réponse», objectait notre sondeur. Qui nous suggérait donc d'indiquer pour qui on aurait voté. On s'exécutait, mais, là encore, on trouvait que cela n'avait pas grand sens. Autre question, encore: notre avis sur l'enjeu qui va motiver l'électeur moyen dimanche, dans l'isoloir: enjeu local ou enjeu national? En tant que journaliste, on savait bien que la réponse devait être nuancée: selon le type d'électorat, l'accointance politique, la région, etc. Mais, en tant que sondé, on n'avait pas le choix: il fallait répondre blanc ou noir, national ou local. Là encore, on obtempérait, mais sans davantage trouver notre réponse très représentative de notre sentiment. Et ainsi de suite.

Au bout de dix minutes, notre sondeur prenait congé. Manifestement ravi du travail accompli: un répondant de plus, au suivant. On se replongeait dans la rédaction de notre article du jour. Tout en se disant que, tout de même, pour la validité de ce sondage, la Sofres avait intérêt à ce que les 999 autres sondés de l'échantillon soient, eux, plus convaincus que nous par leur prestation.

18/06/2007

Une singularité

Sacré Parisiens: ils n’en feront toujours qu’à leur tête – politiquement y compris. Hier, à l’occasion du second tour des législatives, cela s’est doublement vérifié.

D’abord, alors que le pays dans son  ensemble a peu voté, les Parisiens eux se sont davantage mobilisés.

Ensuite et surtout, alors que l’Hexagone a voté à droite – même si c’était plus une vaguelette bleue qu’un tsunami –, Paris a voté à gauche. Plus que jamais d’ailleurs, puisque les socialistes ont remporté une circonscription supplémentaire. Une circonscription symbolique même: la huitième, qui correspond au douzième arrondissement (nos voisins de l’autre côté de Bastille, donc), qui bascule historiquement puisqu’elle avait toujours été à droite depuis 1958.

«Boboland» s’ancre à gauche: le maire Bertrand Delanoë peut dès lors voir venir les municipales de manière relativement tranquille.

Elles viendront d’ailleurs bien vite, ces élections. Dans neuf mois déjà, on y sera. C’est dire qu’à peine la grande séquence électorale de 2007 achevée, une nouvelle campagne, aussi longue et haletante que celles des présidentielles et des législatives, redémarrera dès après l’été.

Raison de plus pour, en attendant, essayer de se changer les idées.

13/06/2007

Un espace

278e54234a3e9b4569349e6ebd7339f2.jpgParis manquerait-il de lieux d’expression publique? D’endroits où afficher ses idées? D’espaces ouverts où le tout venant peut s’exprimer?  N’importe quel Parisien un minimum attentif a dû se poser la question.

Depuis le printemps, en effet, et bien plus que pendant la campagne de 2002, les murs de la capitale, déjà habituellement très bien garnis de messages en tous genres, abondent et débordent littéralement de tags et de graffitis à caractère politique.

Après les présidentielles, la campagne législative qui s’achève a encore renforcé le phénomène. Les nettoyeurs ont beau effacer plus vite que leur ombre, réapparaissent immédiatement les inscriptions appelant à voter pour tel ou tel, au contraire recommandant de ne pas voter du tout, critiquant tel ou tel aspect de la vie publique, criant tel ou tel malaise, revendiquant telle ou telle chose, prenant à témoin la ville entière, par passant anonyme interposé, de tel ou tel problème de société. Au point que ces messages soient en ce moment bien plus visibles sur les murs parisiens que ceux qui y figurent en dehors des périodes électorales: grafs, pochoirs, dessins, etc.

L’autre jour, sur un grand boulevard près de République, on a vu sur un mur, soigneusement collée, une mince et longue bandelette de papier blanc. Elle était baptisée «espace libre d’expression» et précédée comme achevée par de grands guillemets. Les gens étaient invités à y exprimer leur pensée, celle-ci étant ensuite relayée par un site web.

Mais, visiblement, cela ne marchait pas. Alors que les murs à ses côtés n’étaient pas peu tagués, personne n’avait écrit quoi que ce soit sur la bandelette. Et on ne se bouscule manifestement pas sur le site. On s’est, du coup, posé deux questions.

Favoriser une parole de rue en voulant l’encadrer, est-ce d’office l’intimider et à terme la tuer?

Pour avoir de la valeur, un espace d’expression doit-il obligatoirement être volé et non aimablement concédé?

12/06/2007

Un slogan, ou l'autre

-«Beau! Grand! Notre Président!»

-«Des cartes de crédit pour les tout petits!»

-«Johnny reviens, tu paieras moins!»

-«Mireille Matthieu, c’est pas que pour les vieux!»

-«Plus de banques, moins de saltimbanques!»

-«Sur les pavés, nos beaux souliers!»

-«Un vrai statut pour les majorettes!»

-«Viens danser avec Gilbert Montagné!»

Tels sont quelques-uns des slogans qui seront scandés cet après-midi à Paris, à l’occasion de la grande «manif de droite».

Ce happening politico-artistico-ludique décalé est organisé par la Fédération des arts de la rue et des collectifs d’intermittents, un mouvement de gauche évidemment, qui entend ici tourner (gentiment, on imagine) en dérision la France de droite. Les manifestants sont donc priés de venir déguisés en hommes et femmes de droite (jupes plissées, serre-tête, imperméables, etc.). Les slogans «portant des mots grossiers seront exclus purement et simplement du cortège». Les banderoles et pancartes devront évidemment «être soignées (faites à l’ordinateur ou en broderie, pas au marqueur»).

En 2003, lors d’une première «manif de droite» de cet acabit, quelques centaines de protestataires avaient (sagement, bien sûr) scandé des slogans comme «On aime, on aime les OGM», «Respectez les passages cloutés», «Star Academy, c’est pas si mal que ça», «Pas d’allocs pour les dreadlocks» ou «Jésus, reviens avec Jean-Pierre Raffarin».

Le plus drôle serait évidemment qu’à cette manifestation, des tas de gens vraiment de droite, mais non dénués d’humour et de second degré, participent. Et qu’elle soit suivie d’une fausse «manif de gauche» tout aussi férocement caricaturale et donc jubilatoire.

11/06/2007

Une apathie

e241e95e14b18062703dab86729f3f2c.jpgPlus de huit Français sur dix avaient voté aux élections présidentielles d’avril et mai derniers. Dimanche, au premier tour des législatives, seuls six sur dix ont pris la peine d’aller voter. Du coup, en cinq semaines à peine, l’Hexagone est passé d’un «sursaut civique» historique, unanimement salué, à un record d’abstention d’une ampleur jamais vue en Cinquième République.

En un bon mois, les électeurs de droite se sont endormis sur leurs lauriers, les électeurs de gauche sont encore visiblement en plein coma présidentiel, et les électeurs du centre se mordent les doigts: la faible participation, en effet, a rehaussé le seuil de qualification au second tour et a donc renforcé encore un peu plus la bipolarisation du paysage politique.

Dans une rue populaire du onzième arrondissement, ce grand tag avait été apposé par une main anonyme, pour inciter les électeurs à se bouger. Il vient d'être nettoyé par les services de la propreté. Si tant est que ce genre d’exhortation murale ait le moindre effet sur le passant-votant moyen, on aurait peut-être pu le laisser quelques jours de plus.

08/06/2007

Une animalité

Fin de la campagne ce soir pour les législatives. Dans le quartier, les affiches électorales les plus taguées ont sans doute été celles de… Cindy Lee.

La présidente fondatrice du «Parti du plaisir», stripteaseuse et modèle de charme dans la vie civile, déjà candidate à plusieurs élections dans le passé, milite pour «une France bien dans sa peau». Et veut être élue «pour qu’un brin d’hédonisme souffle sur l’Assemblée nationale».

Dans le programme de cette Cicciolina à la française, figurent pêle-mêle l’instauration de «cours de séduction et de confiance en soi dans les lycées, afin d’aider les jeunes à devenir des adultes décomplexés et bien dans leur peau», la mise sur pied «de villages verts en zone urbaine, pour un meilleur cadre de vie», l’imposition d’une taxation réduite pour les produits bio ou l’instauration d’«une journée nationale de l’amour, de la fraternité et de la laïcité».

Dans la septième circonscription de Paris, les affiches de cette bimbo peroxydée et siliconée n’ont pas peu détonné parmi tous les panneaux électoraux si gris. Elles ont été très souvent affublées de graffitis vulgaires, sexistes et machistes.

Qu’une candidature folklorique de cet acabit fasse sourire ou lever les yeux au ciel, soit. Qu’elle irrite par l’image de la femme et de la politique qu’elle véhicule, pourquoi pas. Mais qu’elle suscite une agressivité et une haine aussi animales, on en est resté pantois.

11:00 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : Elections, Femmes, Paris

04/06/2007

Un problème?

8640e35c39244c9ebea389c837eecd70.jpgPremier tour des élections législatives dimanche. Au fond, la France aurait-elle un problème avec les candidats députés qui sont issus de l’immigration?

Déjà, ils sont vraiment très peu nombreux à se présenter et le seront aussi peu demain à siéger– «Libé» le découvre ce matin: c’est formidable. Mais en plus, leur propagande électorale semble être particulièrement la cible des vandales.

On l’a vu l’autre jour dans le treizième arrondissement, avec les affiches lacérées d’un candidat d’origine asiatique. On l’avait constaté un peu plus tôt dans le dix-huitième, avec les inscriptions racistes et islamophobes apposées sur les panneaux occupés par une candidate maghrébine du MoDem. Et on s’en est aperçu à nouveau ce matin dans le onzième: toutes les affiches d’un candidat antillais de l’UMP ont été dégradées, alors que celles des autres candidats étaient parfaitement intactes.

A moins que ces trois cas en quelques jours seulement ne relèvent que de la coïncidence? 

30/05/2007

Un désintérêt

569215cafb9ea37e67b6f162c6d2b5a3.jpgEn meeting au Havre et à Paris respectivement, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ont tous deux tenté hier soir de mobiliser l’électeur en vue des législatives des 10 et 17 juin prochains. Ce n’est pas un luxe. Ces scrutins, en effet, semblent susciter un assez large désintérêt dans la population.

Dans le quartier, en tout cas, c’est patent. On l’a encore constaté dimanche: sur les marchés, une poignée à peine de militants tractent chacun dans leur coin en baillant – on est vraiment loin de l’ambiance électrique de la présidentielle. Dans les rues, on l’a réalisé ce matin, les trois quarts des panneaux électoraux sont encore vides. Les rares affiches placardées ça et là attirent d’autant moins l’attention qu’elles montrent des visages la plupart du temps complètement inconnus des passants.

Selon un récent sondage, 55 % des Français sont incapables de citer le nom de leur député. Ce chiffre est plus élevé chez les femmes (deux tiers d’ignorantes) que chez les hommes (un ignorant sur deux). Et il atteint des proportions affolantes chez les jeunes: 71 pc des moins de 35 ans ignorent l’identité de leur élu à l’Assemblée.

21/05/2007

Un avis

c4606c5d07d35f99d4ee88377a5d8038.jpgOn avait parlé à l’époque (ici) de cette campagne publicitaire pour une marque de lingerie qui, lors des présidentielles, avait fait hurler les associations féministes. Elle montrait une jeune femme en sous-vêtements avec deux slogans: «Enfin une candidature bien soutenue» et «Avec moi, pas d’abstention».

L’association «La Meute» avait protesté contre l’utilisation en pleine campagne électorale du vocabulaire politique pour vendre des sous-vêtements, ce qui revenait selon elle à «dévaloriser les femmes qui se présentent à nos suffrages en les associant à des corps offerts».

Le Bureau de vérification de la publicité (BVP) vient de remettre son avis sur la chose. En deux phrases, l’«Association des professionnels pour une publicité responsable» balaie d’un revers de la main les récriminations des féministes. Pour lui, «aucune ressemblance physique entre la jeune femme en lingerie et une des candidates en lice pour la présidentielle ne permettait de craindre un rapprochement douteux. Et pour ce qui concerne l’atteinte potentielle à l’image globale des femmes en politique, aurait-on soupçonné une atteinte à l’image de leurs homologues masculins si la publicité avait représenté un homme?»

Il n’en demeure pas moins que le BVP, consulté par l’agence de pub avant la diffusion de cette campagne, lui avait conseillé de modifier les deux slogans, «la référence au vote et à la politique en période électorale» suscitant ses réticences. Il n’a donc pas obtenu gain de cause.

En revanche, ses remarques sur les visuels de la campagne, au «motif de la dignité des femmes», ont été suivies. Les publicitaires, en effet, n’ont pas retenu un troisième visuel «où la jeune femme blonde était représentée allongée sensuellement sur un lit, un doigt dans la bouche et disait «Avec moi, pas d’abstention».

B.DL.