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07/07/2006

Un flottement

medium_karcher.jpgOù est donc Nicolas Sarkozy? Le grand patron de l'UMP, d'habitude médiatiquement si omniprésent, est un peu absent de toute l'agitation politico-médiatique autour du Mondial de foot. Ainsi, à l'inverse de Chirac et Villepin, on ne l'a pas encore vu parader dans les tribunes officielles des stades ou poser pour les paparazzi et les caméramen avec la sacrosainte écharpe des Bleus autour du cou.
Officiellement, l'intéressé fait son métier de "premier flic de France": il évite que les soirées de liesse populaire ne dégénèrent trop. Certains murmurent toutefois que le ministre de l'Intérieur a été victime de la prudence exagérée de ses conseillers en communication. Dès le début du Mondial, ceux-ci lui auraient conseillé de ne pas trop associer son image au parcours des Bleus, qu'on croyait à l'époque peu prometteur, et d'axer plutôt sa com estivale sur le tour de France, sportivement moins risqué. Le ministre peinerait à présent à inverser cette stratégie médiatique qui s'est avérée trop pessimiste.
Une autre thèse circule pour illustrer sa discrétion. Depuis les violences urbaines de l'automne et ses dérapages au karcher, Sarkozy est fâché avec l'un ou l'autre pilier bleu, Lilian Thuram singulièrement. La popularité de la sélection française dans les banlieues prendrait un peu trop à contre-pied celle de Nicolas Sarkozy et expliquerait ses flottements de communication. Un calicot brandi l'autre jour sur les Champs, et filmé par toutes les télés de France, a bien résumé la difficulté du travail d'image actuel du ministre. Il disait: "Les racailles vont vous ramener la coupe du monde. C'est pas magnifique?".
Le ministre peut d'autant plus être embarrassé qu'il doit se coltiner en ce moment le délicat dossier des jeunes sans-papiers promis à l'expulsion, et qui sont pour une bonne part de la même origine que ces footballeurs "black-beur" adulés par l'opinion. Dans la gestion de ce dossier, d'ailleurs, Sarkozy cafouille. Début de semaine déjà, il avait dû remettre au pas son médiateur national Arno Klarsfeld, qui s'était imprudemment engagé à ce que, à la prochaine rentrée scolaire, pas une chaise d'écolier ne soit inoccupée dans les salles de classe. Hier à nouveau, il a dû corriger un haut fonctionnaire de la préfecture de police cette fois, qui avait assuré que plusieurs milliers de familles seraient régularisées.
Deux gros flottements politico-médiatiques en Sarkozie, en quelques jours seulement. Cest assez rare pour être souligné. Et cela témoigne peut-être, effectivement, d'un certain malaise de l'intéressé.
B.DL.