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15.05.2012

Une nouvelle ère (?)

Elections présidentiellesAu revoir Sarkozy, bonjour Hollande. Si d'aventure et par extraordinaire cela vous avait échappé, la France change donc de Président, ce mardi.

Exit l'homme du «travailler plus pour gagner plus», qui célébrait «le vrai travail». Place à l'homme qui a promis de «réenchanter le rêve français».

En somme, comme le dit un slogan facétieux qu'on voit pas mal sur les murs de notre onzième arrondissement de Paris, on passerait du «Métro, boulot, dodo» au «Dodo, vélo, disco».

Pas sûr, cependant, que, vu le contexte économique et social actuel, en France et en Europe, l'on soit autorisé à prendre ses désirs pour des réalités.

14.05.2012

Un (autre) candidat

L'ex-candidat Hollande sera donc investi en grande pompe, demain. Sera intronisé, en somme: le cérémonial de ces rituels républicains de passation de pouvoirs est tellement empesé que, demain, la France ressemblera plus que jamais à une monarchie républicaine. Et l'audimat des JT ou des retransmissions en direct des cérémonies montrera une fois de plus que les Français adorent cela.

L'ex-candidat Hollande s'efface donc, pour devenir le Président Hollande. Il faudra s'habituer à cette appellation.

Dans le même temps, dans les rues de Paris, les murs continuent d'être ornés d'affiches électorales appelant à voter pour... un candidat parfaitement inconnu, lui.

Personnalités, Elections présidentielles, Paris, Arts Il s'appelle Evelin Philibert. Nulle trace de lui dans les encyclopédies ou dans les dictionnaires de noms propres – à moins que cela nous ait échappé. Tout aussi inconnu au bataillon est son alter ego, dont le portrait est lui aussi affiché un peu partout sur les murs de la capitale, en ce moment: un certain Louison Rego.

Evelin et Louison. Physionomie surannée, patronymes désuets, obscurité de leur message: sur leurs affiches, pas un slogan, pas un engagement, pas un renvoi vers un site web, qui expliciterait la raison de leur présence ici, et dans une telle posture électorale.

C'est bien. C'est l'art urbain. Chacun y voit, ou pas, ce qu'il veut bien. Puis passe son chemin.

10.05.2012

Une participation en baisse

Elections présidentielles, Institutions, ParisPour en terminer avec les résultats de l’élection présidentielle dans la capitale, les Parisiens ont plutôt bien participé au scrutin. Dimanche, ils ont été environ 1 million à se rendre aux urnes, sur les quelque 1,2 million d’électeurs inscrits dans la capitale. Ce qui donne un taux de participation de 83% : légèrement supérieur à la moyenne nationale, et plus élevé qu’au premier tour, le 22 avril (80%).

 

Il n’en demeure pas moins que cette présidentielle 2012 a moins passionné les foules – à Paris comme dans le reste du pays – que celle d’il y a cinq ans. Ainsi, le 22 avril 2007, plus de 87% des Parisiens avaient voté.

 

Une participation en baisse donc, par rapport à il y a cinq ans. Dans notre 11ème arrondissement comme dans d’autres à Paris, pourtant, les derniers jours qui avaient précédé le premier tour, un collectif associatif avait placardé un peu partout sur les murs de la ville des affichettes appelant les électeurs à se réveiller et à exprimer leur volonté, via le vote.

 

«Voter est un droit, c’est aussi un devoir civique». C’est la mention qui figure sur les cartes électorales qu’utilisent, pour voter, les citoyens français inscrits sur les listes d’électeurs. On souscrirait à 100% à cette assertion si le vote blanc était non seulement reconnu comme tel mais aussi pris en compte, en France – ce qui n’a jamais été le cas.

 

Voter est un droit ? Mais on ne peut nier à l’électeur le droit de ne pas se reconnaître dans l’offre électorale qui lui est proposée, les jours d’élection. Une partie sans doute des abstentionnistes ne sont pas des inciviques: ce sont des citoyens pour qui ne pas voter est un choix conscient, responsable, et revendiqué comme tel. Mais qui, le vote blanc étant méprisé, préfèrent encore voter avec leurs pieds, pour exprimer leur point de vue. Dans ces conditions, on trouve assez moyen d’ainsi les culpabiliser.

 

Mais ce n’est que notre avis.

09.05.2012

Un net progrès

A Paris, François Hollande en 2012 a fait beaucoup mieux que Ségolène Royal en 2007. Il y a cinq ans, le «ségolénisme», idéologiquement assez baroque, avait dérouté les Parisiens de (centre-) gauche. Et le maire socialiste, Bertrand Delanoë, avait soutenu avec des pieds de plomb la candidate. Qui, certes, s'était imposée dans 11 des 20 arrondissements. Mais, au global, pour l'ensemble des suffrages de la capitale, elle avait été battue, fût-ce de peu, par Nicolas Sarkozy: 50,19% contre 49,81%.

Dimanche, en revanche, François Hollande l'a emporté à Paris: du jamais vu pour le PS dans cette ville, à une présidentielle.

55,6% des voix: le socialiste y a devancé Nicolas Sarkozy de plus de 11 points, bien plus que l'écart national. Il s'est imposé dans 13 arrondissements: les 11 où Ségolène Royal l'avait emporté en 2007, plus deux arrondissements pourtant assez bourgeois: le neuvième et, surtout, le cinquième (le Quartier latin, fief de l'ex-maire de Paris Jean Tiberi, etc.)

Ses plus beaux scores, François Hollande les a réalisés dans les arrondissements du nord-est, les moins aisés: 67,6% dans le 19ème, 70,3% dans le 18ème, 71,8% dans le 20ème. Les bobos parisiens l'ont également plébiscité: 67,8% dans notre 11ème, 69,4% dans le 10ème (le canal St-Martin, etc) et 61,4% dans le troisième (le Haut-Marais).

Nicolas Sarkozy, lui, comme il se doit, a réalisé ses meilleurs scores dans les arrondissements à la fois les plus cossus et les plus traditionnellement à droite: 78% dans le 16ème, 72,5% dans le 7ème (l'arrondissement de Rachida Dati). Ces résultats impressionnants n'en sont pas moins en recul par rapport à il y a cinq ans. En 2007, le candidat de la droite avait fait 80,8% et 74,7% dans ces deux arrondissements, respectivement.

Nicolas Sarkozy a aussi régressé dans le très chic 6ème: 57,7%, contre 61,2% en 2007. Qui sait les électeurs de ces quartiers ont-ils été blessés par ce qui fut un leitmotiv de sa campagne: dans la plupart de ses meetings, le «candidat du peuple» a fustigé Saint-Germain des Prés, présenté comme l'exemple même de ces «élites parisiennes bien-pensantes» et abhorrées.

08.05.2012

Un défoulement

Elections présidentielles, Paris, Personnalités, Chanson française, Musique, SarkozyGros défoulement, à Paris depuis dimanche soir: sur les affiches électorales de l'ex-candidat Président. Et particulièrement dans des arrondissements comme le 11ème, où «La France forte» n'a vraiment pas fait recette, dans les isoloirs.

Le «TCHAO PANTIN» aperçu boulevard Richard Lenoir est encore le commentaire le moins désagréable de tous ceux qu'on a vus en rue. Les déclinaisons du «Casse-toi, pauv'con», du karsher, et de la racaille à nettoyer sont, bien sûr, légion. Beaucoup d'insanités, aussi. Le défoulement post-électoral passe visiblement par un langage en dessous de la ceinture.

Vu pas mal d'obscénités, aussi, sur d'autres affiches n'ayant, elles, aucun caractère électoral. C'est particulièrement frappant dans les couloirs et stations de métro, ces derniers temps. La personnalité qui en fait les frais est une vedette du show-bizz. Il s'agit de ... Johnny Hallyday.

Notre bon vieux Jean-Philippe Smet, l'autre jour, a fait savoir qu'il ne se mêlerait plus jamais de politique. Malgré ce revirement, cet ex-sarkozyste de choc semble toujours, dans l'esprit des gens, assimilé au Président sortant. Nombre de ses affiches annonçant ses prochains concerts sont maculées de slogans. Qui l'invitent à aller se faire voir – pour édulcorer... – par, chez, ou avec Nicolas Sarkozy.

L'histoire ne dit pas (encore) si elles subiront le même sort, les affiches faisant la promo d'autres artistes ayant soutenu, en 2007 ou en 2012, le candidat Sarkozy: les Faudel, Stéphane Freiss, Enrico Macias, Véronique Julie Lescaut Genest, Charlotte Rampling, ou autres Mireille Mathieu.

07.05.2012

Une liesse

elections présidentielles,parisBon, on ne va pas faire le malin: on n'avait jamais vu cela.

Jamais vu, depuis la bonne dizaine d'années qu'on vit à Paris: une telle liesse, une telle foule, une telle hystérie – pour dire les choses telles qu'elles sont.

Même lors de la victoire des Bleus à la Coupe du monde de foot, en 1998, la liesse à Paris n'avait pas été telle, d'après le souvenir qu'on en a gardé.

Dans notre onzième arrondissement, dimanche soir, aux alentours de minuit, seuls faisaient la tronche les CRS. Et les sans doute rares riverains qui avaient voté Sarkozy, et donc essayaient de dormir.

Juste, si l'on peut se permettre, deux trucs qu'on a trouvés plutôt moyens, dimanche soir à Bastille.

Pour circuler librement, dans le quartier, d'une de ses zones à l'autre, il fallait montrer patte blanche: il fallait... avoir été dûment accrédité, par le PS et/ou le QG Hollande. Sinon, pas moyen, par exemple, venant de Bastille, d'accéder aux boulevards Richard Lenoir ou Voltaire: gardés par les CRS. Une telle privatisation de l'espace public, par un parti censé de (centre-)gauche qui plus est, pose questions, à notre humble avis.

elections présidentielles,parisDeuxième constatation, dimanche soir : l'élection d'un socialiste à l'Elysée a entraîné illico, dans le quartier Bastille en tout cas, ... une fameuse flambée des prix.

Rue de la Roquette et ailleurs, par exemple, la cannette de Kro tiédasse, vendue à la sauvette par des marchands ambulants, se négociait, de haute lutte, aux alentours de 3€ pièce.

Cela promet.

Ou pas.

On verra.

06.05.2012

Un dénouement

Elections présidentielles, ParisFrançois Hollande.

Ou Nicolas Sarkozy.

Réponse à 20 heures.

Comme on l'avait fait il y a deux dimanches, un petit avis à l'attention de celles et ceux qui débarqueraient sur ce blog cet après-midi, dans l'espoir d'y découvrir le nom de l'heureux élu avant l'heure fatidique: vous devriez/pourriez plutôt trouver cela sur le site de la Libre (ici).

 

Sinon, une effervescence très perceptible, depuis 48 heures, dans notre onzième arrondissement parisien – terre socialiste, s'il en est. Au kiosque à journaux vendredi, à la boulangerie samedi, et ce midi encore au marché du boulevard Richard Lenoir, on a entendu des conversations très animées: échanges passionnés entre électeurs moyens, impatients de voir arriver l'heure du grand dénouement: le résultat du match de catch de l'année – comme le présente une facétieuse affiche aperçue en rue ce matin.

C'est à Bastille que se réuniront les sympathisants et électeurs socialistes ce soir, après l'annonce des résultats. Ils auraient voulu se rassembler à République, mais cette place est en travaux. C'est à Bastille, déjà, que le 10 mai 1981, le «peuple de gauche» avait fêté l'élection de François Mitterrand.

Elections présidentielles, ParisNotre brave quartier va donc encore connaître des heures chaudes, ce dimanche. A fortiori si François Hollande est battu? Il y a cinq ans (relire ici, ou), la victoire de Nicolas Sarkozy avait été vécue chaudement, dans cette partie du onzième arrondissement. Pendant plusieurs soirées consécutives, de la casse et des déprédations avaient été déplorées.

Du reste, en passant à Bastille il y a une heure, on a pu constater qu'une bonne partie des rues aux alentours avaient été interdites au stationnement, par la préfecture de police. Aperçu aussi que pas mal de CRS avaient été déployés.

Pour l'anecdote, dans notre bureau de vote, les gens glissent leur bulletin dans l'urne sous le regard de... Nicolas Sarkozy. Pas le Sarkozy en chair et en os, bien sûr. Mais son portrait officiel de Président, accroché au mur de la classe de l'école primaire où ont été aménagés les isoloirs. La configuration des lieux a voulu que ce portrait trône juste en face de l'urne.

Même s'il ne peut être assimilé à de la propagande électorale (rigoureusement interdite dans et aux alentours des bureaux de vote), on l'aurait tout de même fait décrocher du mur, ce cadre, si on avait été président de bureau de vote. Qui sait ce regard solennel et muet a-t-il pu influencer des électeurs...

04.05.2012

Une différence, ou l'autre

Elections présidentielles, personnalités, Hollande, Sarkozy, Langue française.Mieux vaut tard que jamais. Reçu ce matin, dans la boîte aux lettres, les «professions de foi» et deux bulletins de vote aux noms des deux finalistes de l'élection présidentielle, dimanche. Ce ne sont sans doute que des détails relevant de l'anecdote, mais, rien que sur la forme de ces dépliants électoraux, sans donc s'attacher à leur fond, on a été frappé par deux, trois petites choses.

François Hollande a choisi une police et un corps de caractère très grands et lisibles. Son texte est très aéré. En une minute ou deux, on en a fait le tour. A-t-il estimé que les dés étaient jetés, jugé qu'il n'y avait donc plus grand-chose à ajouter, hormis les grandes lignes de ses principales idées? Le texte de Nicolas Sarkozy, en revanche, est beaucoup plus serré, il y a beaucoup plus à lire, et, rien que dans la police et la taille des caractères utilisés, l'accès n'est pas aisé. S'est-il dit que ce document était pour lui la dernière occasion qu'il avait d'enfin convaincre, et qu'il lui fallait donc être très complet?

Une autre différence réside dans la manière avec laquelle ces deux candidats entament leur missive. «Mes chers concitoyens», écrit François Hollande. «Mes chers compatriotes», écrit, lui, Nicolas Sarkozy.

«Le Petit Robert», dans lequel on a jeté un oeil ce matin, n'établit pas vraiment la différence entre les deux termes. Concitoyen? «Citoyen du même Etat, d'une même ville (qu'un autre)». Compatriote? «Personne originaire du même pays qu'un autre». Le dictionnaire renvoie ses lecteurs d'un terme à l'autre. Il ne fait pas état de connotations particulières qu'aurait l'un ou l'autre de ces deux mots. Mais on n'a pas été étonné en découvrant cette différence dans l'utilisation des mots. Celui renvoyant à la citoyenneté est utilisé par le candidat de gauche, celui renvoyant à la patrie et au patriotisme l'est par le candidat de droite: c'est assez conforme avec la «coloration» implicite que ces deux termes ont, dans notre esprit.

Une différence, enfin, dans l'écriture entre les deux candidats.

Elections présidentielles, personnalités, Hollande, Sarkozy, Langue française.Nicolas Sarkozy achève son plaidoyer par quelques lignes manuscrites. On n'a aucune compétence en graphologie, mais on a trouvé que son écriture cadrait assez bien avec l'image que dégage son personnage. Ses lettres et la façon dont il les assemble forment un ensemble haché, nerveux.

On ne découvre l'écriture de François Hollande que via sa signature, qui clôt le document. Pour autant qu'on puisse en juger à cette seule signature, on semble là davantage dans le registre de la rondeur.

Mais, on le répète, sans doute ne s'agit-il là que des détails.

03.05.2012

Un exercice pas si facile

A nouveau faisons dans la cuisine interne et les coulisses journalistiques, aujourd'hui. Ce n'est pas facile, pour les journalistes de quotidiens paraissant le matin, de couvrir des actualités comme le grand duel télévisé d'hier soir. Dans le feu de l'action, d'ailleurs, on s'est souvenu s'être déjà dit cela il y a cinq ans à la même époque: le soir du duel Sarkozy-Royal.

Au risque de paraître immodeste, ce ne sont pas tant les thèmes abordés dans le débat ni la technicité des sujets qui posent problème. Après deux mois de campagne électorale quasiment 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, on maîtrise les données principales, les grands enjeux, les chiffres-clé, et les argumentaires des deux côtés. La difficulté réside dans les conditions techniques dans lesquelles s'effectuent les bouclages d'éditions, dans la presse écrite quotidienne.

Hier soir, le texte pour la première édition devait avoir été envoyé à Bruxelles à 22 heures, au plus tard. Il a donc dû être rédigé alors que le duel n'avait qu'à peine commencé. Or, ce genre de débat peut, à chaque instant, complètement déraper, totalement changer de physionomie. Difficile, dès lors, de s'autoriser des pronostics sur l'issue du match, rien que sur la base de ses premiers échanges. En outre, deux actualisations du papier étaient prévues, pour les éditions suivantes: la première à 23 heures, la seconde à minuit. A ces moments, il a donc fallu faire deux choses différentes en même temps. D'une part, continuer à suivre attentivement les échanges se poursuivant: absolument ne pas louper ce qu'il se disait d'intéressant. D'autre part, rédiger tout aussi attentivement l'actualisation du papier: absolument ne pas oublier d'y inclure ce qu'il s'était dit d'intéressant, depuis la dernière version envoyée. Le cerveau coupé en deux, en somme. Et les yeux rivés en permanence sur l'heure: sur ces minutes qui, dans ces circonstances, ont toujours l'air de filer plus vite que l'éclair.

Pas simple. Assez acrobatique, même. Cela exige une concentration phénoménale et, dans le même temps, à la fois le plus grand calme et la réactivité maximale.

Mais c'est évidemment dans ces moments-là que le journalisme est le plus excitant.

02.05.2012

Une agressivité

Elections présidentielles, Médias, Journalisme, PresseQuelle que soit son issue, dimanche soir, cette campagne présidentielle de 2012 restera dans les annales notamment pour ce qui fut une de ses particularités, jamais vue à ce point précédemment: l'agressivité envers la presse.

Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, avec leurs tirades médiaphobes énervées, avaient donné le ton. Nicolas Sarkozy a embrayé sans vergogne, en rangeant les médias dans ces «corps intermédiaires» qu'il abhorre. A chacun de ses meetings, il a des phrases très peu aimables sur les journalistes, réduits peu ou prou à des bobos égotiques, indignement donneurs de leçons, et complètement coupés des réalités. Parmi les slogans scandés par la foule, lors de ses meetings, figure d'ailleurs un très ironique et aigri «La presse, avec nous!»

«Journalistes, dégagez!» Ce slogan-là, on l'a entendu scandé hier: lors du défilé du 1er mai du Front national. On y a vu certains journalistes se faire très virilement bousculer par les sbires du service d'ordre frontiste. Qui trouvaient qu'ils ne dégageaient pas assez vite quand le cortège avançait et/ou qu'ils s'approchaient un peu trop près de la famille Le Pen: pour tenter de les photographier, de les interviewer, etc. Hier aussi, cerise sur le gâteau, une journaliste du site web d'info Mediapart (très antisarkozyste, donc très détesté dans «La France forte») a affirmé avoir été violentée en marge du meeting sarkozyste du Trocadéro. Selon ses dires, des militants l'ont bousculée, traitée de «sale gauchiste», lui ont arraché le badge d'accréditation qu'elle portait au cou, ont empoigné son appareil photo et l'ont fracassé par terre.

Il est temps, décidément, que cette campagne s'achève.

30.04.2012

Un différence de traitement (culinaire)

On n'a pas gardé de souvenir de cela pour la campagne présidentielle de 2002. Mais, par contre, on se souvient bien qu'on s'était déjà fait la réflexion pendant celle de 2007. Côté coulisses, dans le genre donc très anecdotique, il y a une nette différence dans la manière dont les journalistes sont traités par les présidentiables. Une différence de traitement... culinaire.

Tous les candidats à l'Elysée ont l'habitude de garnir les salles de presse de leurs meetings de victuailles diverses et variées. Destinées sans doute à éviter que des journalistes y tombent d'inanition (ces meetings terminent souvent tard), ou qu'ils soient affamés/assoiffés au point que leurs compte-rendus de meeting s'en ressentent négativement. Or, entre les buffets de presse de Nicolas Sarkozy et ceux de François Hollande, il y a un monde de différence. Comme les buffets sarkozystes de 2007 n'avaient rien à voir avec ceux de Ségolène Royal.

Côté Sarkozy: les petits plats dans les grands. Petits fours et zakouskis. Miniardises et canapés garnis. Petites salades diététiques très chics. Macarons et viennoiseries venus des plus grandes pâtisseries. Cela sent la qualité comme l'opulence à plein nez. Et c'est servi par du personnel en livrée.

Rien de tel côté Hollande. Là, c'est la bonne franquette. Des sodas, du café, de l'eau, des jus de fruits, des chips, des biscuits standards: petits beurres, barquettes aux fraises, ou madeleines industrielles. L'essentiel y est, mais on ne passe pas des heures au buffet: on se sert son coca et, basta, on s'en va.

D'un strict point de vue culinaire (rien de politique là dedans), on préfère nettement la seconde formule. Lors des meetings sarkozystes, on n'ose à peine approcher le buffet des journalistes. Impression désagréable de jouer les pique-assiettes. Sensation dérangeante de se laisser cajoler. A la limite de la culpabilité.

Mais on ne jurerait pas que tel est aussi l'avis d'une majorité des journalistes couvrant cette présidentielle.

27.04.2012

Un «humour» vraiment pénible

Elections présidentielles, Personnalités, Femmes, HumourCe qui est parfaitement admissible et même franchement comique dans la bouche d'un humoriste-imitateur (relire ici) ne l'est pas du tout dans celle d'un politique. On l’a bien vu hier.

 

Le député sarkozyste Lionnel Luca (figure de proue de l'aile la plus à droite de l'UMP) s'en est pris, lors d'un meeting, au présidentiable socialiste en ces termes: «Hollande, qui a retrouvé une femme: Valérie "Rottweiler". Et c'est pas sympa pour le chien, ça!» Cette tirade en suivait d’autres, du même acabit sexiste et machiste, visant d'anciennes ministres sarkozystes et la candidate écologiste à la présidentielle. «Fadela Amara, ben moi j'ai toujours préféré Rachida Dati, d'abord parce qu'elle est moins moche et parce qu'elle a fait campagne pour le Président ». Eva Joly, «le seul truc à récupérer chez elle, c'est ses lunettes, elles sont modernes. Eva Joly, ouverte, généreuse... J'ai une pensée émue pour ceux qui sont passés entre ses mains».

 

Nicolas Sarkozy en personne, hier soir à la télé, s’est dit «désolé» de ce dénigrement de la compagne de son adversaire. Auparavant, plusieurs caciques de l’UMP, assez gênés, avaient déploré des propos qui «ne sont pas du niveau d'une campagne électorale». Et la propre porte-parole du candidat UMP, Nathalie Koscisuko-Morizet, avait sèchement rappelé que «misogynie et insultes ne peuvent tenir lieu d'argumentaire politique».

 

Le plaisantin n’a pas du tout apprécié d’être ainsi désavoué dans et par sa propre famille politique. «Cinq minutes de plaisanteries, sur 1h20 de conférence!», a-t-il fulminé. «Si on ne peut plus faire de l'humour, même si on le trouve discutable, la France est vraiment mal barrée!», s'est-il indigné.

 

C'est surtout «La France forte» qui, avec d'aussi pénibles individus, nous semble vraiment mal barrée. En termes de dignité.

26.04.2012

Un grand gaspillage

Dimanche, on se l'est encore dit: quel énorme gaspillage de papier que chaque élection en France. Enorme gaspillage, dû simplement au Code électoral

En effet, il impose à l'électeur d'entrer dans l'isoloir avec, en main, au moins deux bulletins de vote différents, puisés dans les piles de bulletins aux noms de chacun des candidats que l'on trouve à l'entrée du bureau de vote. Au moins deux bulletins, car, avec un seul, chacun présent dans le bureau à cet instant saurait pour qui l'électeur s'apprête à voter, et donc le caractère secret du vote serait enfreint. En effet. Mais 44 millions d'électeurs prenant chacun et chaque fois au moins un bulletin en trop, cela donne au minimum 44 millions de bulletins retrouvés chiffonnés dans les poubelles des bureaux de vote, à la fin de la journée.

C'est le si curieux candidat Jacques Cheminade – lanterne rouge du scrutin, dimanche: 0,25%, pas même 90.000 suffrages – qui a fait cette proposition pourtant elle très sensée: changer complètement ce système, pour, justement, moins gaspiller.

L'électeur voterait sur une feuille de format A4 où figureraient les noms de tous les candidats. Il cocherait le nom de son choix. Puis plierait deux fois la feuille et la glisserait dans l'urne. Du coup, plus besoin de prendre des bulletins qu'on n'utilise pas. Et donc autant d'économies de papier. Plus besoin même de prévoir la petite enveloppe bleue dans laquelle on met son bulletin de vote avant de la glisser dans l'urne. Et donc autant de manipulations épargnées, et autant de temps gagné dans le dépouillement.

D'innombrables pays (dont la Belgique) votent de cette manière depuis d'innombrables années, et cela fonctionne très bien. Pourquoi pas la France?

25.04.2012

Un choix très prévisible

Elections présidentielles, Personnalités, ParisC'est Place de Stalingrad que, dimanche, Jean-Luc Mélenchon avait invité ses partisans à le rejoindre. Pour ce qui était prévu comme une grande fête, mais qui a tourné en eau de boudin, vu la pluie et les résultats électoraux moins élevés que ce que ce candidat espérait. Et c'est Place de Stalingrad qu'il tiendra meeting, le 4 mai.

Ce choix géographique parisien à la fois était prévisible et est très explicable.

Place de Stalingrad, en effet, c'est la porte d'entrée vers les arrondissements du Nord-Est de Paris, qui sont les moins aisés de la capitale et ont beaucoup plus voté Front de gauche que le reste de la ville et du pays. Dans le 19ème, ce candidat a recueilli 15,7% des suffrages. Idem dans le 18ème: 15,3%. Son record parisien, «Méluche» l'a accompli dans le 20ème: 17,4% des voix carrément.

En revanche, sans surprise, la révélation de cette présidentielle 2012 a été très largement boudée par l'électorat des quartiers les plus aisés de Paris. Par exemple, il n'a fait que 3,5% dans le très chic 7ème (l'arrondissement de Rachida Dati) et encore moins (3,2%) dans le 16ème.

Elections présidentielles, Personnalités, ParisDe manière tout aussi prévisible, les quartiers parisiens aisés lui ont nettement préféré François Bayrou. Dans le 6ème et le 15ème, par exemple, le centriste a recueilli 11,5% des voix. Mais, dans ces quartiers, on a surtout très massivement voté Sarkozy. Dans le 16ème, plus de six votants sur dix (64,8%) ont plébiscité le Président-candidat: record parisien. Dans les 7ème et 8ème, le champion de l'UMP a frisé la barre des 60% (58,2% et 58,3% respectivement).

Les résultats de dimanche, d'ailleurs, ont une fois de plus confirmé, si besoin en était, le très gros clivage sociologique et politique qui traverse Paris. Pour preuve, dans les arrondissements parisiens les moins aisés, le Président sortant n'a recueilli les suffrages que d'à peine deux électeurs sur dix: 22,5% dans le 19ème, 19,5% dans le 18ème, et 18,2% seulement dans le 20ème. Là, il ne s'en est fallu que de 642 voix (sur 86.000 votants) pour que Nicolas Sarkozy soit dépassé par Jean-Luc Mélenchon.

23.04.2012

Un nouveau candidat

Elections présidentielles, Personnalités, HumourFrançois Hollande a davantage séduit les Parisiens que Ségolène Royal en 2007, et la capitale française vote beaucoup moins Front national que le reste du pays. On reviendra plus tard sur ces deux leçons parisiennes du premier tour présidentiel. En attendant, quelque chose de beaucoup plus léger – pour se détendre un peu, dans ce contexte si sérieux.

Ce week-end, un nouveau candidat à l'Elysée est apparu sur les panneaux électoraux, dans notre quartier Bastille. Ses affiches colorées ont recouvert celles, beaucoup plus sobres, des autres candidats. Le projet présidentiel de ce dénommé M. Pansa? Une version exotique du pain et des jeux de jadis: Pan & Fiesta.

On en connaît beaucoup, parmi les politiques et parmi les journalistes qui les suivent, qui en ont plus qu'assez de cette campagne, et donc qui voteraient bien volontiers pour un tel programme. On ne s'abstiendrait pas, nous non plus. Du moins si ce candidat Pansa autorise une cinquantaine d'heures de sommeil réparateur avant sa grande nouba d'intronisation.

22.04.2012

Une (autre) double casquette

Bonjour à celles et ceux qui, en ce dimanche électoral, débarquent sur ce blog pour y trouver avant l'heure les résultats du premier tour de la présidentielle. Comme on n'aura pas du tout le temps, dans les heures à venir, d'actualiser ce blog, ces infos seront regroupées sur le portail de Lalibre.be. Merci de votre passage ici. N'hésitez pas, pourquoi pas, à y revenir, maintenant que vous connaissez l'adresse.

 

A destination cette fois des habitués de ce blog, embrayons sur la note de vendredi, dans laquelle on s'énervait (un peu) de la manière dont Nicolas Sarkozy gère sa double casquette, concernant cette fameuse diffusion, ou non, des résultats électoraux avant l'heure légale. Pour ne rien cacher, on fait (un peu) moins le malin, deux jours plus tard. Parce que, nous aussi, on est affublé d'une double casquette pas trop glorieuse.

En tant que citoyen, on est contre cette publication prématurée des résultats. C'est d'ailleurs l'avis aussi de deux Français sur trois, selon un sondage vendredi. La loi, c'est la loi. A fortiori dans un pays dont les gouvernants professent la "tolérance zéro" à l'égard de toute infraction à la loi. Tout le monde a l'air de subitement trouver idiote cette disposition interdisant la diffusion des résultats avant 20 heures? Il fallait y penser avant. Cinq ans, au moins, qu'on aurait pu modifier cette loi.

En outre, le journalisme «réseausocialisé», en 140 signes et pas un de plus, l'hystérie de l'information, l'immédiateté des événements: c'est drôle un moment, mais cela finit par lasser. Il n'y a pas de honte, à un moment où l'autre, à vouloir prendre un peu du recul sur l'événement. A ne pas engloutir n'importe quelle info n'importe comment. Pas de honte à prendre (un peu) le temps.

Mais on n'est pas que citoyen: on est aussi journaliste. Donc, ce dimanche, on n'a pas le choix. En bon soldat, on va suivre sagement les consignes de la hiérarchie, et participer à l'hystérie informative et électorale du moment. Sans états d'âme. Chaque journaliste a un petit côté mercenaire.

20.04.2012

Une double casquette

Elections présidentielles, Droit, Personnalités, SarkozyNicolas Sarkozy persiste et signe. Ce matin, il a confirmé les propos qu'il avait tenus hier, au sujet de la probabilité que, dimanche, les résultats du premier tour présidentiel soient divulgués avant 20 heures: sur les réseaux sociaux, dans des médias belges ou suisses, etc. Jeudi, invoquant le fait qu'«on ne va quand même pas faire une frontière numérique entre la France et tous les autres pays du monde», Nicolas Sarkozy avait déclaré qu'il ne serait «pas choqué» si, effectivement, ces résultats étaient divulgués avant l'heure légale.

En entendant cela hier, on était assez estomaqué. Et on le reste, aujourd'hui.

Chacun est évidemment libre de penser ce qu'il veut de l'inanité ou de la légitimité de cette interdiction légale de diffusion des résultats avant 20 heures. Nicolas Sarkzoy s'exprime en tant que candidat? C'est, aussi, son droit. Mais tout de même.

Jusqu'à preuve du contraire, il est toujours et jusqu'au 6 mai coiffé d'une autre casquette: celle de chef de l'Etat. Qu'un Président admette ainsi, sans ambages, qu'il ne serait «pas choqué» qu'on viole la loi, alors qu'il est censé être le premier à faire respecter les lois, cela pose tout de même question, à notre humble avis.

Elections présidentielles, Droit, Personnalités, SarkozyCe matin, Nicolas Sarkozy était interrogé sur l'avertissement donné hier par le parquet, qui a prévenu que toute infraction à cette loi serait systématiquement poursuivie par ses services. Le candidat UMP a répondu par une pirouette: il a ironisé sur le fait qu'il ne briguait pas le poste de procureur de la République.

Ca, au moins, c'est indiscutable. Pour le reste de l'argumentation du Président-candidat, chacun jugera.

19.04.2012

Un coût raisonnable

49 millions d'euros. C'est ce que coûte, pour l'Etat, l'envoi aux électeurs, par La Poste, des «professions de foi» des dix présidentiables: ces dépliants électoraux, dont on parlait hier. A cela, il faut ajouter le coût de la mise sous pli de ces tracts. Elle s'effectue dans les municipalités. Qui, pour ce faire, embauchent des vacataires, les rémunérant à raison de 18 à 20€ (bruts) de l'heure. Ces émoluments, plus le coût de la location des salles où s'effectuent ces mailings, cela rajoute 51 millions à la facture.

Mais les dépenses ne s'arrêtent pas là. Une autre cinquantaine de millions est nécessaire pour le remboursement partiel, par l'Etat, des frais de campagne engagés par les candidats – du moins, les candidats ayant atteint la barre des 5% des suffrages: le pourcentage plancher exigé pour être remboursé. Et encore une autre cinquantaine de millions est nécessaire pour la confection des affiches des présidentiables et le collage de celles-ci sur les panneaux électoraux, dans tout le pays.

Au total, pour l'Etat français, et donc pour le contribuable, la facture de ces élections présidentielles s'élève à 228 millions d'euros.

Enorme? Ce sera toujours un montant trop élevé, aux yeux de tous les Français qui ne croient plus en la politique, voire sont dégoûtés par elle. Mais, si on divise ces 228 millions par le nombre d'habitants, cela ne revient jamais qu'à 3€50 par citoyen français.

A Paris, c'est à peine le prix d'un sandwich.

18.04.2012

Une discrète omission

elections présidentielles,personnalités,le pen,internationalQu'en termes élégants ces choses-là sont dites. C'est ce qu'on a pensé ce matin, en tombant, en rue, sur ce graffiti anti-Le Pen.

La détestation qu'on est en droit d'éprouver envers telle ou telle personnalité autorise-t-elle de s'en prendre à elle en des termes scatologiques? Se soucier de la bienséance des mots utilisés pour critiquer Marine Le Pen, est-ce la moindre des choses, ou de la pudibonderie déplacée? On vous laisse juges.

Sinon, à propos de Marine Le Pen, on a reçu des nouvelles d'elle, ce matin. Dans notre boîte aux lettres. En effet, y sont arrivées les «professions de foi» des candidats: leurs dépliants électoraux, qui sont envoyés à tous les électeurs avant chaque scrutin. Découvrant ces document (visible en pdf ici), on s'est empressé d'y vérifier une chose, pour voir si était confirmé ou démenti un bruit qui circulait ces derniers jours, à son propos. Et, effectivement, on a eu confirmation de cet écho. Dans ce document, on ne trouve nulle trace d'un point du projet lepéniste sur lequel, pourtant, l'intéressée a passé du temps, pendant sa campagne. A savoir, la sortie de l'euro et le retour au franc.

Sans doute cette discrète omission est-elle due aux sondages de ces dernières semaines. Qui, tous, ont montré combien l'opinion – et y compris une bonne part de l'électorat FN – redoutait les conséquences d'un éventuel retour au franc, sur le pouvoir d'achat.

elections présidentielles,personnalités,le pen,internationalMarine Le Pen a retenu la leçon. Une telle faculté d'adaptation n'est pas anecdotique. Venant d'une candidate qui, pendant toute sa campagne, n'a cessé de dénoncer tout à la fois les sondeurs, la fiabilité selon elle très discutable de leurs enquêtes, et la place à ses yeux démesurée prise par les sondages dans cette présidentielle.

 

PS: Parlant d'Europe et de Front national, on a pu encore le remarquer hier soir, lors du méga-meeting parisien de Marine Le Pen, au Zénith. Rien que dans sa scénographie, il a rappelé combien la frontiste se distingue de la plupart des autres présidentiables. A ses côtés, en effet, sur la scène, figuraient trois drapeaux. Mais uniquement des drapeaux tricolores: aucun drapeau étoilé européen.

17.04.2012

Une (laborieuse) ouverture au monde

Ce n'est qu'au moment des présidentielles que la presse étrangère basée en France peut travailler dans des conditions correctes. C'est ce qu'on s'est (re)dit dimanche, au meeting géant de François Hollande, à Vincennes.

Hors périodes de campagnes élyséennes, la presse étrangère n'est «pas la priorité de communication» des politiques français. Qui le reconnaissent d'ailleurs sans ambages. Normal: les lecteurs, auditeurs et téléspectateurs des médias étrangers ne votent pas en France. En périodes présidentielles, en revanche, cela change. Soucieux de se bâtir un minimum de stature internationale, les présidentiables sont un peu plus attentifs à la presse étrangère. François Bayrou avait été le premier à le faire, à la présidentielle de 2007, François Hollande l'a imité à celle de 2012: il a une attachée de presse spécifiquement chargée des médias internationaux. A Vincennes dimanche, on a même vu ce qu'on n'avait jamais vu lors d'aucune autre campagne présidentielle et chez aucun autre candidat.

Quelque 450 journalistes s'étaient accrédités pour couvrir l'événement. Parmi eux, l'on recensait 160 nationalités différentes. Dès lors, une (petite) section de la salle de presse était réservée à la presse internationale. Cela changeait de ces salles de presse de meetings où les journalistes étrangers ont juste le droit de passer après tous leurs collègues français, ne serait-ce que pour avoir une prise de courant, une ligne ADSL, ou simplement une chaise et un bout de table.

Cette attention des présidentiables à la presse étrangère connaît des limites, toutefois. A de très rares exceptions près, les grandes interviews restent, bien sûr, l'apanage de la presse hexagonale. Et, le plus souvent, seuls les journalistes français ont accès aux déplacements de présidentiables quand ceux-ci sont «poolés»: fonctionnent en «pools», avec un nombre minimum de journalistes, chargés ensuite de répercuter les infos auprès des confrères exclus de ces pools.

Qui sait les présidentiables français progresseront-ils dans leur ouverture au monde, à la présidentielle de 2017. Ou pas; on verra.