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27/10/2015

Une bonne nouvelle, annonciatrice?

Une hirondelle ne faisant jamais le printemps – a fortiori en plein automne... – ne pas s'emballer. Mais, tout de même, ne pas passer cela sous silence.

La bonne nouvelle a surpris tout le monde, hier soir. En septembre, la France a connu sa plus forte baisse mensuelle du chômage (-24000 chômeurs) depuis... huit ans. Ce n'est vraiment pas anodin. En 2015, ce n'est que la troisième fois que de tels chiffres mensuels positifs tombent. Et c'est le sixième mois seulement de baisse du chômage depuis que François Hollande est arrivé à l'Elysée, il y a 41 mois. En plus, et concernant là plus précisément l'objet de ce blog, une fois n'est pas coutume, la tendance à Paris et dans sa région est encore meilleure que dans le reste du pays.

Une baisse d'1,2% du nombre de demandeurs d'emplois y a été enregistrée, à comparer à la diminution de 0,7% à l'échelle nationale. Ce qui titille surtout les analystes, c'est l'envolée de l'intérim, dans la "Ville lumière" et sa banlieue. Or, les chiffres de ce type d'emploi sont généralement considérés comme prédictifs de l'évolution à venir, à quelques mois de distance, de l'emploi au sens large. Si tel le cas, la région parisienne peut avoir tous ses espoirs. Le mois dernier, en effet, l'intérim y a crû carrément de 6%. Cela a concerné aussi bien l'industrie (+10%) que le commerce (+9%) et les transports (+6%). Le mouvement a bénéficié à la fois aux travailleurs non-qualifiés (+13%) et aux cadres et professions intermédiaires (+9%). Surtout, il n'a pas laissé de côté les départements parisiens les plus frappés par le chômage, le chômage des jeunes en particulier. Ainsi, l'intérim a bondi de 21% le mois dernier en Seine-Saint-Denis, et de 12% en Essonne.

Malgré cette bonne nouvelle nationale – et donc parisienne encore plus – , la France compte toujours 5,7 millions de chômeurs, toutes catégories confondues. Ce qui n'est tout de même pas rien.

25/09/2015

Une pierre, deux coups

Transports, Sécurité, Social, Emploi, Paris, Banlieues20 milliards d'euros. Ce n'est pas rien, et c'est le montant total de l'engagement financier que la Région parisienne va prendre, sur cinq ans, envers la SNCF et la RATP. Le chiffre a été rendu public hier, à l'occasion de la présentation des projets de contrats de plan que ces instances s'apprêtent à signer.

Un gros volet de ce plan est consacré au renforcement de la présence humaine dans l'ensemble du réseau de transports publics de Paris et sa région. Un demi-millier d'agents supplémentaires vont y être déployés «pour renforcer l’accueil et la sécurité des voyageurs». Concrètement, des «équipes d’accompagnement» vont patrouiller dans les bus de nuit, des dizaines de médiateurs vont être embauchés, et une «présence humaine effective jusqu’au dernier train» est promise dans les grandes gares. Dans les petites gares, cette présence sera assurée par des «équipes mobiles attitrées à 4 à 6 gares maximum». Au total, espèrent la SNCF et la RATP, tout cela ne pourra que rehausser le «niveau de sécurité sur l’ensemble du réseau».

En tout cas, cette gestion de la sécurité avec l'accent mis sur le personnel – et non plus seulement sur le matériel: caméras de vidéosurveillance, portiques, grillages, etc. – ne pourra pas faire de mal à l'emploi, dans la capitale et sa région. C'est d'autant moins superflu que la situation en la matière n'est pas terrible. Les derniers chiffres mensuels en date, rendus publics hier soir, l'ont encore confirmé: le nombre de chômeurs continue à croître, à Paris et en banlieue. A un rythme mensuel de 1,6%, pour une hausse de près de 5% (4,6%) en un an.

21/05/2014

Une «reprise mitigée»

Paris, Economie, Emploi, Social, TourismeL'autre jour, dans ce blog, on écrivait combien les bons chiffres de la fréquentation touristique à Paris étaient importants, s'agissant d'un secteur économique vital pour la «Ville lumière». C'est ce que met également en lumière la dernière note de conjoncture que l'Insee (Institut français de la statistique) a publiée hier, consacrée à l'emploi à Paris et dans sa banlieue. A sa lecture, on perçoit combien ces chiffres corrects de la fréquentation touristique sont une bonne nouvelle, tant les derniers mois de 2013 n'avaient pas été folichons. Ainsi, «entre juillet et décembre 2013, les nuitées ont diminué de 0,6% par rapport à l’an passé. L’activité pâtit de la forte diminution de la fréquentation hôtelière de la clientèle française (-9,1% en un an sur la période de juillet à décembre 2013), qui n’est pas entièrement compensée par la fréquentation plus importante de la clientèle étrangère (+6,3%)».

Malgré cette fréquentation hôtelière «en demi-teinte fin 2013», «le secteur de l’hébergement (touristique) et de la restauration reste dynamique (1700 emplois supplémentaires, soit +0,6% en un an)». Cela tombe d'autant mieux que, dans nombre de secteurs de l'économie parisienne, cela patine. Dans le commerce, l'emploi «se stabilise», guère plus. Dans la construction neuve, «l’activité est orientée à la baisse». Dans l'industrie, «l'emploi continue de reculer» (61.000 postes perdus ces six dernières années).

Au total, à la fin 2013 et tous secteurs confondus, l’emploi n'a progressé que de 0,3%, dans la capitale. Logiquement, «la progression du nombre de demandeurs d’emploi n’a que faiblement ralenti», les chiffres du nombre de demandeurs d'emploi parisiens (875.000) dépassant même «les niveaux record enregistrés au cours des quinze dernières années». Ce qui place le taux de chômage parisien à 8,6%, en diminution trimestrielle très infime (-0,1). Conclusion? La capitale ne bénéficie que d'une «reprise mitigée» de son économie.

Et il n'est pas sûr que les Parisiens s'en consoleront en apprenant qu'en province, la situation de l'emploi est encore moins enviable (il y a régressé de 0,4%), et/ou que le taux de chômage en France métropolitaine dans son ensemble (9,8%) est encore plus élevé qu'à Paris.

14/05/2008

Une pétition

Quelques semaines à peine après le mea culpa du patron de la SNCF à propos du niveau déplorable du service offert aux voyageurs de la ligne RER D (ici), c’est au tour des usagers du RER A de ne plus accepter d’être traités comme du bétail. Cela ne va peut-être pas parler à beaucoup de lecteurs de ce blog, mais, quantitativement, cela concerne énormément de monde. Le RER A, en effet –  qui, sur 76 kilomètres de long, traverse la région parisienne d’est en ouest et inversement –, est une des lignes de transport urbain les plus fréquentées au monde: en moyenne un million de personnes au bas mot l’empruntent chaque jour. Et, visiblement, elles endurent une galère insupportable.

Sous la houlette d’une association d’usagers, une pétition vient d'être lancée pour l’amélioration de cette liaison. Ce matin, sa version internet avait recueilli 750 signatures. Et aux heures de pointe devant les gares, lorsqu’elle est soumise aux voyageurs, elle fait paraît-il un tabac: jusqu’à 200 signatures par heure. Cette pétition réclame notamment la mise en circulation de davantage de rames à deux étages. Ce qui, en attendant l’augmentation du nombre de trains, permettrait déjà que les usagers soient un peu moins entassés les uns sur les autres. Ce n’est pas anecdotique. Dans les trains du RER A, les gens sont tellement compressés que l’on dénombre 400 malaises de voyageurs par an.

Il y a un an déjà, le directeur des RER à la RATP avait reconnu une «situation difficile» sur ce RER A, due notamment à l’accroissement de 15% du nombre de ses utilisateurs entre 2003 et 2006. Depuis, à l’évidence, la situation ne s’est guère améliorée. Pour s’en convaincre, il suffit de lire les récits de voyageurs, par témoignages écrits ou par vidéos interposées, figurant sur les nombreux blogs tenus par des usagers de transports en commun parisiens qui n’en peuvent plus (ici ou ).

Hier encore, une utilisatrice racontait pourquoi elle avait renoncé au RER A. Marre d’y transpirer, même en plein hiver, «comme une grosse vache» vu la densité de la foule. Marre d’avoir envie de «pleurer» dès que les galères s’accumulent. Marre des reproches de son patron à chaque retard au boulot indépendant de sa volonté. Marre de «se sentir totalement prisonnier» de ces transports urbains à l’état si désastreux. Tandis qu’un autre banlieusard disait son exaspération pour le Parisien moyen, «gonflé d'orgueil, de suffisance et d'égoïsme», qui oublie tout savoir-vivre dès qu’il emprunte les transports en commun, qui «cherche l'importance là où on peut: la bousculade, le déni des autres».

On a pris l’habitude de visiter de temps en temps ces blogs d’usagers en colère. Parce qu’ils viennent utilement rappeler combien sont nombreux les gens qui n’ont pas le privilège comme nous d’habiter et de travailler en plein cœur de Paris et combien, du coup, leur vie quotidienne n’est pas toujours facile. A fortiori en ces périodes de fortes chaleurs sur la capitale, quand rien que l’idée de s’entasser dans un RER bondé a de quoi faire suer. A la radio locale, ce matin encore, un banquier travaillant dans le quartier d’affaires de La Défense disait son ras-le-bol de voyager en costume cravate «dans des rames à 40 degrés». Ce qui le faisait arriver au boulot non seulement trempé, avec la seule envie de prendre illico une douche et de se changer, mais aussi déjà très en retard et bien trop stressé – alors pourtant que sa longue journée de travail ne fait que commencer. Un jour occasionnellement cela va, mais à longueur de journées, de mois et d'années, cela doit être insupportable.

09/05/2008

Un raccourci

Rues vides, commerces en grand nombre fermés, parcs et jardins bondés de gens s’adonnant au farniente: la plupart des Parisiens – et, au-delà, la majorité des Français – sont visiblement en congé aujourd’hui. Il faut dire que cette année, le pont du 8 mai s’apparente à un viaduc, le Lundi de Pentecôte étant redevenu un jour férié.

Du coup évidemment, comme invariablement chaque année à cette période des congés de mai, on lit, voit et entend un peu partout ces sempiternelles analyses un brin culpabilisatrices, selon lesquelles les Français seraient les champions du monde de la paresse. Ce jugement doit vraiment être nuancé.

Certes, une récente étude comparative menée dans huit pays montre que les travailleurs salariés français se voient accorder chaque année 37 jours de congé. C’est bien plus que les jours de repos dont bénéficient les travailleurs en Espagne (31), Allemagne (27), Grande-Bretagne (26), Autriche (28), Italie (33), Pays-Bas (28) et Etats-Unis (14). La même étude révèle que seuls 20% des salariés français acceptent de ne pas prendre la totalité de leurs jours de congé sur l’année. Ici encore, la France fait exception dans le paysage. A part en Allemagne, dans tous les autres pays analysés, un bien plus grand nombre de travailleurs acceptent d’abandonner des jours de congé à leur entreprise. Selon les chiffres de l’OCDE, le nombre d’heures travaillées en France est inférieur de 7% à la moyenne européenne et de 15% par rapport à la situation aux Etats-Unis. Cela veut dire qu’en gros, le Français moyen passe chaque année quelque 1.500 heures de sa vie au boulot, contre 1.800 heures pour l’Américain moyen.

Les Français travaillent peu, donc. C’est la conclusion implicite de toutes ces études internationales. Cette assertion relève néanmoins du raccourci, voire du cliché. En effet, ces dernières années dans l’Hexagone, la productivité horaire n’a cessé de grimper, au point d’être maintenant une des plus fortes au monde. Et selon une enquête menée dans 80 pays, la France pointe au trentième rang (soit devant les Etats-Unis et la Grande-Bretagne) en ce qui concerne l’appétence des salariés au travail.

En gros, dès lors, s’il fallait résumer toutes ces données, on pourrait dire que les Français travaillent peu mais qu’ils travaillent bien. Qu'en penser? C'est le verre à moitié vide ou à moitié plein. L’idéal, dans le système économique actuel, aurait sans doute été que les Français travaillent beaucoup et bien. Mais ils auraient pu aussi travailler peu et mal…

22/11/2006

Une question de profil

C’est un «testing» géant: 6461 vrais-faux CV envoyés en réponse à 1340 offres d’emploi, pour servir à l’élaboration d'un baromètre national sur la discrimination à l’embauche: une première en France. Les résultats de cette enquête viennent de tomber. Ils sont édifiants.
Ils indiquent notamment que parmi tous les profils discriminants fermant la porte à l’emploi, le pire est celui de l’âge. Ainsi, dès 48 ans, un candidat reçoit trois fois moins de réponses positives à ses demandes d’embauche et a seulement 32% de chances d’être convoqué à un entretien. Juste devant lui: le candidat au patronyme maghrébin, qui n'a qu'un rien plus de chances (36%) d’être convoqué. Le candidat handicapé, la femme mariée ayant trois enfants et le demandeur d’emploi souffrant d’un physique désavantageux sont eux un peu moins mal lotis sur la grande échelle de la discrimination.
Le baromètre ne parle pas des mères de famille quinquagénaires, d’origine maghrébine, affublées d’un handicap et d’un physique disgracieux. Statistiquement, pourtant, leurs chances de trouver un emploi ou simplement de décrocher un entretien d’embauche doivent être... proches de zéro.
B.DL.

10:55 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Social, Emploi