14.05.2008
Une pétition
Sous la houlette d’une association d’usagers, une pétition vient d'être lancée pour l’amélioration de cette liaison. Ce matin, sa version internet avait recueilli 750 signatures. Et aux heures de pointe devant les gares, lorsqu’elle est soumise aux voyageurs, elle fait paraît-il un tabac: jusqu’à 200 signatures par heure. Cette pétition réclame notamment la mise en circulation de davantage de rames à deux étages. Ce qui, en attendant l’augmentation du nombre de trains, permettrait déjà que les usagers soient un peu moins entassés les uns sur les autres. Ce n’est pas anecdotique. Dans les trains du RER A, les gens sont tellement compressés que l’on dénombre 400 malaises de voyageurs par an.
Il y a un an déjà, le directeur des RER à la RATP avait reconnu une «situation difficile» sur ce RER A, due notamment à l’accroissement de 15% du nombre de ses utilisateurs entre 2003 et 2006. Depuis, à l’évidence, la situation ne s’est guère améliorée. Pour s’en convaincre, il suffit de lire les récits de voyageurs, par témoignages écrits ou par vidéos interposées, figurant sur les nombreux blogs tenus par des usagers de transports en commun parisiens qui n’en peuvent plus (ici ou là).
Hier encore, une utilisatrice racontait pourquoi elle avait renoncé au RER A. Marre d’y transpirer, même en plein hiver, «comme une grosse vache» vu la densité de la foule. Marre d’avoir envie de «pleurer» dès que les galères s’accumulent. Marre des reproches de son patron à chaque retard au boulot indépendant de sa volonté. Marre de «se sentir totalement prisonnier» de ces transports urbains à l’état si désastreux. Tandis qu’un autre banlieusard disait son exaspération pour le Parisien moyen, «gonflé d'orgueil, de suffisance et d'égoïsme», qui oublie tout savoir-vivre dès qu’il emprunte les transports en commun, qui «cherche l'importance là où on peut: la bousculade, le déni des autres».
On a pris l’habitude de visiter de temps en temps ces blogs d’usagers en colère. Parce qu’ils viennent utilement rappeler combien sont nombreux les gens qui n’ont pas le privilège comme nous d’habiter et de travailler en plein cœur de Paris et combien, du coup, leur vie quotidienne n’est pas toujours facile. A fortiori en ces périodes de fortes chaleurs sur la capitale, quand rien que l’idée de s’entasser dans un RER bondé a de quoi faire suer. A la radio locale, ce matin encore, un banquier travaillant dans le quartier d’affaires de La Défense disait son ras-le-bol de voyager en costume cravate «dans des rames à 40 degrés». Ce qui le faisait arriver au boulot non seulement trempé, avec la seule envie de prendre illico une douche et de se changer, mais aussi déjà très en retard et bien trop stressé – alors pourtant que sa longue journée de travail ne fait que commencer. Un jour occasionnellement cela va, mais à longueur de journées, de mois et d'années, cela doit être insupportable.
10:30 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Transports, Paris, Activisme, Banlieues, Emploi, Blogs
09.05.2008
Un raccourci
Du coup évidemment, comme invariablement chaque année à cette période des congés de mai, on lit, voit et entend un peu partout ces sempiternelles analyses un brin culpabilisatrices, selon lesquelles les Français seraient les champions du monde de la paresse. Ce jugement doit vraiment être nuancé.
Certes, une récente étude comparative menée dans huit pays montre que les travailleurs salariés français se voient accorder chaque année 37 jours de congé. C’est bien plus que les jours de repos dont bénéficient les travailleurs en Espagne (31), Allemagne (27), Grande-Bretagne (26), Autriche (28), Italie (33), Pays-Bas (28) et Etats-Unis (14). La même étude révèle que seuls 20% des salariés français acceptent de ne pas prendre la totalité de leurs jours de congé sur l’année. Ici encore, la France fait exception dans le paysage. A part en Allemagne, dans tous les autres pays analysés, un bien plus grand nombre de travailleurs acceptent d’abandonner des jours de congé à leur entreprise. Selon les chiffres de l’OCDE, le nombre d’heures travaillées en France est inférieur de 7% à la moyenne européenne et de 15% par rapport à la situation aux Etats-Unis. Cela veut dire qu’en gros, le Français moyen passe chaque année quelque 1.500 heures de sa vie au boulot, contre 1.800 heures pour l’Américain moyen.
Les Français travaillent peu, donc. C’est la conclusion implicite de toutes ces études internationales. Cette assertion relève néanmoins du raccourci, voire du cliché. En effet, ces dernières années dans l’Hexagone, la productivité horaire n’a cessé de grimper, au point d’être maintenant une des plus fortes au monde. Et selon une enquête menée dans 80 pays, la France pointe au trentième rang (soit devant les Etats-Unis et la Grande-Bretagne) en ce qui concerne l’appétence des salariés au travail.
En gros, dès lors, s’il fallait résumer toutes ces données, on pourrait dire que les Français travaillent peu mais qu’ils travaillent bien. Qu'en penser? C'est le verre à moitié vide ou à moitié plein. L’idéal, dans le système économique actuel, aurait sans doute été que les Français travaillent beaucoup et bien. Mais ils auraient pu aussi travailler peu et mal…
11:00 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Social, Economie, Emploi
22.11.2006
Une question de profil
C’est un «testing» géant: 6461 vrais-faux CV envoyés en réponse à 1340 offres d’emploi, pour servir à l’élaboration d'un baromètre national sur la discrimination à l’embauche: une première en France. Les résultats de cette enquête viennent de tomber. Ils sont édifiants.
Ils indiquent notamment que parmi tous les profils discriminants fermant la porte à l’emploi, le pire est celui de l’âge. Ainsi, dès 48 ans, un candidat reçoit trois fois moins de réponses positives à ses demandes d’embauche et a seulement 32% de chances d’être convoqué à un entretien. Juste devant lui: le candidat au patronyme maghrébin, qui n'a qu'un rien plus de chances (36%) d’être convoqué. Le candidat handicapé, la femme mariée ayant trois enfants et le demandeur d’emploi souffrant d’un physique désavantageux sont eux un peu moins mal lotis sur la grande échelle de la discrimination.
Le baromètre ne parle pas des mères de famille quinquagénaires, d’origine maghrébine, affublées d’un handicap et d’un physique disgracieux. Statistiquement, pourtant, leurs chances de trouver un emploi ou simplement de décrocher un entretien d’embauche doivent être... proches de zéro.
B.DL.
10:55 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Social, Emploi



