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14/06/2013

Une distinction parfaitement méritée

Personnalités, Copé, Etrangers, ReligionsOn avait débuté la semaine par un Prix, celui de l'humour en politique. On l'achève, pareillement, par une distinction, mais elle pas du tout drôle. En effet, il s'agit du palmarès 2013 des «Y'a bon awards». Ils récompensent les personnalités ayant tenu les propos alimentant le mieux les clichés discriminants et racistes – tout comme le slogan publicitaire «Y'a bon banania» exploitait l'imagerie dénigrante du brave Africain souriant, du bon vieux temps des colonies.

Plutôt que de s'appesantir sur tous ces tristes sires désormais dûment couronnés ou sur leurs propos pénibles, on s'en tiendra au seul président de l'UMP, Jean-François Copé. Qui, bien sûr, fait partie des lauréats, pour sa mémorable anecdote dite du pain au chocolat, qui anima la dernière campagne électorale présidentielle. Textuellement: «Il est des quartiers où je peux comprendre l’exaspération de certains de nos compatriotes pères et mères de famille rentrant du travail le soir, et apprenant que leurs fils s’est fait arracher son pain au chocolat à la sortie du collège: par des voyous qui lui expliquent qu’on ne mange pas pendant le ramadan».

A la suite de ses propos, le tribun sarkozyste assura en boucle que, non non, bien sûr, il n'était nullement islamophobe: s'était juste borné à faire état d'un témoignage qu'il aurait reçu d'un Français moyen, à qui serait survenue pareille mésaventure chocolatière.

On imagine bien, cependant, le tollé – autrement plus fort – que cela aurait provoqué, si, par hypothèse, dans cette fameuse phrase, le terme "ramadan" avait été remplacé par les mots "shabbat" ou "carême".

Encore bravo.

03/06/2013

Un relent xénophobe

Désagréables. Désagréables, ces commentaires entendus pendant tout le week-end, sur les suites de la vente aux enchères, jeudi et vendredi à l'Hôtel Drouot, d'une partie de la cave à vins de l'Elysée – ce dont on avait parlé dans ce blog, l'autre jour (ici). Des enchères qui ont rapporté 718.800€ à l'Etat, soit beaucoup plus que prévu. Certaines bouteilles ont trouvé acquéreurs à des prix astronomiques: 7.625€ par exemple pour un Petrus 1990, ou 4.625€ pour deux bouteilles de Château Latour, 1er grand cru classé, Pauillac, 1982.

Le problème, selon certains? Parmi les acheteurs, on a compté nombre de Chinois (voir ici, par exemple). C'était couru d'avance, vu la grande popularité des vins français dans ce pays et le pouvoir d'achat florissant de sa nouvelle bourgeoisie – moins frappée par la crise que son homologue en Europe. Du coup, en France, dans le camp de la droite souverainiste, des esprits chagrins ont d'autant plus maugréé contre cette dilapidation d'une partie du patrimoine vinicole national qu'elle est tombée en de telles mains. A les comprendre: des mains de nouveaux riches qui n'en seraient pas dignes.

Désagréables, décidément, les relents xénophobes de telles jérémiades.

28/05/2013

Un rappel, bienvenu

«Les mots ont un sens». C'est le rappel, utile, qu'a fait François Hollande, hier. A l'adresse des plus excités des anti-mariage gay. Ceux qui manifestent en scandant des slogans hostiles à un Président «dictateur» qui se trouverait à la tête d'un Etat «fasciste», ceux qui tabassent des «journalistes collabos», ceux qui se targuent d'incarner une «Résistance».

«La Résistance, c'était par rapport au nazisme, à l'Occupation. La collaboration, c'était des Français qui étaient avec l'occupant. Et le fascisme, le nazisme, la dictature, c'était une époque qui heureusement est révolue», a rappelé François Hollande. Qui a condamné cette «utilisation des mots de la seconde guerre mondiale et du nazisme à des fins qui n'ont rien à voir avec ce qu'ils ont exprimé», à l'origine.

Encore plus clairement, l'hôte de l'Elysée aurait pu dire que récupérer un tel lexique, réservé à une période historique aussi lourde, n'est pas seulement grotesque. C'est aussi indigne. Car cela insulte les souffrances qu'endurèrent les victimes, à l'époque.

La gauche, cela dit, a peu de leçons à donner à la droite, en la matière. Elle qui, sous Nicolas Sarkozy, qualifiait de «rafles» les opérations policières menées contre les étrangers sans-papiers. Certes, bien souvent, ces coups de filet se déroulaient dans des conditions choquantes. Quand, par exemple, des clandestins étaient arrêtés alors que, affamés, ils faisaient la queue pour la soupe populaire, ou quand ils attendaient leurs enfants à la sortie de l'école, ou étaient en train de se faire soigner dans un dispensaire. Il n'empêche, parler de «rafles», avec l'épouvantable passé que ce terme véhicule (les rafles de Juifs, la rafle du Vel d'Hiv, etc.), n'était pas plus admissible que de prétendre aujourd'hui incarner une «Résistance».

Les mots ont un sens.

07/02/2013

Un «grand Las Vegas», bientôt?

Société, Etrangers, Tourisme, InternationalOn l'écrivait dans ce blog, l'autre jour: quand, dans les années 70, la responsabilité parentale sur les enfants fut étendue à la mère (et plus seulement au père), à l'Assemblée nationale, sur les bancs de la droite, certains assurèrent que cette réforme allait avoir des «effets graves», voire précipiter «la dissolution de la famille». Il n'en a rien été. Dans quelques décennies, il faudra voir si s'est concrétisée, ou pas, une autre menace sociétale que la droite française brandit, en 2013 cette fois. Celle d'une France transformée en... «grand Las Vegas du mariage»: victime d'un incontrôlable «tourisme matrimonial» international.

C'est ce que certains députés UMP disent craindre, à propos d'un des volets du projet de loi ouvrant à tous le mariage et l'adoption. Il permet le mariage en France des homosexuels résidant dans des pays où cette orientation est interdite et réprimée. Pour des députés sarkozystes, cela risque de soumettre l'Hexagone à des «flux migratoires» ingérables: «La France ne peut pas accueillir tous les fiancés du monde».

«Spéculations sans aucun intérêt», a balayé la ministre de la Justice, Christiane Taubira. «Mais de quoi avez-vous peur?», ont rugi des députés de gauche. Peur «de hordes de fiancés qui viendraient nous envahir? De cortèges de voitures enrubannées en train de klaxonner à nos frontières, en attendant de se précipiter dans nos salles de mariage? Soyons raisonnables!» Et d'accuser les sarkozystes de «discours réellement très inquiétants»: «Pendant cinq ans, vous avez sans cesse invoqué les flux migratoires et la peur des immigrés. A la peur de l’étranger, vous ajoutez maintenant la peur de l’homosexuel étranger!», s'est étranglée la députée et ex-ministre communiste Marie-George Buffet. Pour qui la droite ferait mieux de trouver «formidable que la France, à travers cette loi, donne à voir au monde entier sa conception de la liberté et de l’égalité: montre que l’on peut vivre autrement que dans la répression et le harcèlement des homosexuels».

«Angélisme!», a hurlé la droite. Qui n'en démord pas: le pire (nuptial) est à venir.

L'avenir le dira. Ou pas. On verra.

31/10/2012

Un cache-misère

paris,luxe,social,pauvreté,femmes,etrangers,tourismeAprès les fins de mois difficiles qu'on évoquait hier, passons d'un extrême à l'autre, et évoquons aujourd'hui l'hôtellerie parisienne de grand luxe. Pour revenir sur ce conflit social qui agite le «Ritz» depuis un petit temps, dont on avait parlé le mois dernier (ici). Il porte sur les modalités d'indemnisation des travailleurs, pendant la fermeture (pour rénovation) du palace de la place Vendôme. Hier, la justice a tranché, et le syndicat CGT a été débouté.

Tant qu'on y est, signalons cet autre différend dont on n'avait pas encore eu l'occasion de parler, concernant lui aussi un hôtel parisien de luxe. Il s'agit cette fois du «Concorde Opéra»: un 4 étoiles situé non loin de la gare Saint-Lazare. Là, le climat est tel qu’il a donné lieu à une manifestation, tendue, des employés.

 

En cause, un incident ayant troublé la quiétude des lieux, cet été. Le jour de juillet où une jeune Ethiopienne de 24 ans, employée de maison d’une famille émiratie qui séjournait dans une suite de l'hôtel, a réussi à fausser compagnie à ses employeurs. Puis à les dénoncer à la police, comme des esclavagistes modernes (confiscation de son passeport, mauvais traitements, etc.). Ce fut notamment possible grâce à quatre membres du personnel de l'établissement, qui organisèrent cette opération de sauvetage. Mal leur en a pris. Selon la CGT (ici), ils ont ensuite été «sanctionnés» par leur direction, pour s'être mêlés d'un peu trop près de la vie privée de clients aussi fortunés. D'où la manifestation des membres du personnel devant l'hôtel, aux cris de «Non à l’esclavage, Non à la répression syndicale!»

 

La direction du «Concorde Opéra» a démenti tout «acharnement» envers les syndicalistes. Et a justifié le blâme qu'elle leur a infligé par le fait qu'ils n'avaient pas respecté la procédure interne: n'avaient pas averti leur direction avant d'appeler la police. Le litige pourrait se régler devant les juridictions du travail.

 

paris,luxe,social,pauvreté,femmes,etrangers,tourismeEn attendant, une des principales associations de lutte contre l'esclavage moderne a salué () l'action des employés du «Concorde Opéra». Et, de manière plus générale, a rappelé que l'information donnée par le personnel des palaces lui est «indispensable» pour pouvoir remplir sa mission d'aide aux victimes. Car «ce n'est pas la première fois que nous sommes avertis ainsi de situations d'esclavage domestique dans de grands hôtels» de la capitale française.

 

Comme quoi, à Paris aussi, parfois, le luxe et le raffinement peuvent servir de cache-misère, indigne, aux réalités les plus glauques.

04/09/2012

Une indifférence générale

paris,social,pauvreté,médias,gouvernement,etrangersAu cours de cet été, donc – comme on l'écrivait hier, dans ce blog –, des sommes folles ont été dépensées dans les boutiques de Paris, par des touristes étrangers de passage ici. Dans le même temps, et à l'autre bout de l'échelle, est devenu de plus en plus visible le sort, lui très peu enviable, qui est celui d'autres visiteurs étrangers, dans la capitale.

On veut parler des Roms. En banlieue et en province, les démantèlement de camps, sur ordre du gouvernement, ont occupé l'actualité pendant tout l'été. En revanche, ni les médias, ni les autorités n'ont prêté la moindre attention à la multiplication des campements de fortune de ces immigrants, à Paris même. Depuis la mi-juillet, pourtant, la progression de cette misère, en plein coeur de la «Ville lumière», est particulièrement frappante. C'est notamment le cas dans notre onzième arrondissement. Alors que, jusqu'au printemps, seuls les alentours immédiats de la place de la Bastille étaient concernés.

Ainsi, à plusieurs endroits du boulevard Richard Lenoir, désormais, des familles entières, avec femmes et enfants (et même des bébés, a-t-on vu l'autre jour), squattent le trottoir. Y mendient. Y dorment sur des vieux matelas. Y cuisinent comme elles le peuvent. Y font sécher le linge lavé aux fontaines du coin. Y survivent, en somme.

Et ce, dans une indifférence parfaitement générale.

18/01/2012

Une vi(ll)e barricadée?

Paris, Sécurité, Police, Etrangers, GouvernementC'est le chiffre qui a marqué, hier, et a fait parler de lui: +17%. Soit l'augmentation du nombre de cambriolages, l'année dernière en France. Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant – qui, décidément, a toujours un petit mot sympa envers les étrangers... – , a donné notamment cette explication: «Nous devons nous adapter à des phénomènes nouveaux, par exemple les cambriolages qui sont conduits par des bandes venant des pays d’Europe centrale et orientale».

Paris n'échappe pas à la tendance générale du pays. L'an dernier, très exactement 12.595 cambriolages y ont été déclarés aux autorités. Cela fait quand même plus d’un millier de vols par effraction chaque mois, près de 35 chaque jour. D'après les statistiques plus détaillées, notre cher onzième arrondissement figure dans le peloton de tête des quartiers parisiens les plus visités par les Arsène Lupin. Bien avant des arrondissements pourtant infiniment plus cossus, comme le seizième ou le septième.

A dire vrai, on n'a pas été trop étonné par ces chiffres, hier. Rien que parmi nos voisins les plus proches, trois ont été victimes d'un cambriolage, l'an dernier. L'un d'eux, habitant un duplex, a même eu la mauvaise surprise, un matin en descendant de sa chambre à coucher, de constater que tout le rez de son appart' avait été dévalisé pendant la nuit, alors qu'à l'étage, il dormait à poings fermés...

Depuis, dans le quartier, et probablement au-delà, dans Paris tout entier, la profession qui se frotte les mains, en ce moment, ce sont les installateurs de systèmes d'alarme.

Vivre barricadé. Dans une ville que l'on trouve déjà truffée de digicodes. On ne s'est pas encore fait à l'idée.

17/01/2012

Un bilan assez éclairant

18. C'est, depuis la mi-avril, le nombre de femmes qui, à Paris et dans sa proche banlieue, ont été verbalisées par les policiers pour infraction à la fameuse loi qui, depuis le printemps, interdit le port du voile intégral musulman (niqab, etc.) sur la voie publique. «Au total, il a été procédé à 28 contrôles» dans cette région, lit-on dans le dernier point qu'a fait la préfecture de police sur la question: «douze contrôles à Paris, dont six verbalisations, cinq dans les Hauts-de-Seine et autant de verbalisations, onze contrôles en Seine-Saint-Denis dont sept verbalisations, aucun contrôle ni verbalisation dans le Val-de-Marne».

18 femmes verbalisées, donc. En 10 mois d'application de la loi.

Cela relativise assez bien, trouve-t-on, les cris d'orfraie qu'avaient poussés certains ministres et parlementaires sarkozystes l'an dernier, selon lesquels le port du niqab était en train de prendre des proportions affolantes en France, et y menaçait l'ordre public.

Dommage, cela dit, que la préfecture n'informe pas davantage sur les circonstances ayant donné lieu, à Paris, à ces six verbalisations. Cela permettrait de vérifier si, parmi ces femmes verbalisées, ont figuré, ou pas, ces très riches et respectables touristes intégralement voilées venues des Emirats ou autres, qui sont les hôtes de marque réguliers des palaces multi-étoilés de la capitale ainsi que des maroquineries, joailleries et boutiques de haute couture de l'avenue Montaigne ou de la place Vendôme.

Juste pour savoir si le rétablissement de l'autorité républicaine dans les «zones de non-droit» – ainsi que les plus hautes autorités de l'Etat ont jadis désigné les banlieues difficiles – a concerné également, et équitablement, les quartiers les plus chics du pays.

21/12/2011

Une «idée reçue»

Paris, Etrangers, Art de vivre, Sécurité, Police, FemmesPour en finir avec ce sujet de la communauté chinoise de Paris, et l'évoquer de manière plus positive, depuis dix ans que l'on vit dans la capitale française, nous épate le dynamisme commercial de cette communauté. Qui, dans notre onzième arrondissement, est particulièrement visible et spectaculaire.

Il y a plusieurs années déjà, les Chinois y ont massivement investi dans le secteur des grossistes de textile. Ensuite, ils ont jeté leur dévolu sur les bars-tabac. Plus récemment, ils ont repris ou créé quantité de petites boutiques d'onglerie. Dernière évolution en date: depuis quelques mois, les salons de massage asiatiques poussent comme des champignons, à tous les coins de rue presque, dans le onzième comme dans d'autres arrondissements.

A ce sujet, peut-on/faut-il/ être toujours sûr du caractère, disons, sérieux de ces salons? Ou est-on fondé à présumer que, pas rarement, y sont dispensées, disons, des prestations physiques, féminines et tarifées d'un autre ordre? Bonnes questions. Auxquelles la préfecture de police de Paris vient de répondre.

Paris, Etrangers, Art de vivre, Sécurité, Police, FemmesSelon ses calculs,«la capitale recense près de 400 salons de massage, qui proposent majoritairement des massages orientaux». Et, insiste la police, ils «ne sont pas, contrairement aux idées reçues, des repères de prostitution. En effet, moins d’une vingtaine de salons parisiens se livreraient à une activité prostitutionnelle».

Remarquez, toutefois, dans cette phrase, le discret usage du conditionnel...

Les dérives qu'imputent les on-dit à cette activité commerciale relèvent donc largement de l'«idée reçue». Mais elle n'en fait pas moins l'objet d'une surveillance policière attentive, «quotidienne» même.

Ainsi, nous apprend la préfecture, les «policiers patrouilleurs» surveillent notamment, du coin de l'oeil, la présence éventuelle, dans et aux alentours de ces salons, de personnes «en tenue aguichante». Pas plus tard que la semaine dernière, d'ailleurs, des enquêteurs de la police judiciaire «ont interpellé pour proxénétisme aggravé deux gérants de salons de massage et l’associé de l’un d’eux, dont les établissements étaient implantés dans les 9e, 10e et 14e arrondissements». Et, sur l'ensemble de l'année 2011, ont été recensés, dans la capitale, «treize établissements en infraction à la législation sur le travail ou sur les étrangers: personnel non déclaré ou en situation irrégulière sur le territoire, le plus souvent originaire de Chine ou de Thaïlande».

Paris, Etrangers, Art de vivre, Sécurité, Police, FemmesMais il s'agit donc de cas isolés. Avis aux Parisiens amateurs de «bains de pied aux herbes chinoises» (90€, tout de même, dans les salons de notre onzième) ou de «massage ayurvédique indien, prodigué aux huiles chaudes» (55€).

On demanderait bien ça comme cadeau de Noël.

20/12/2011

Un exotisme, parfois dramatique

On parlait hier de la délinquance liée aux salles de jeu clandestines fréquentées par la communauté chinoise, dans notre onzième arrondissement de Paris. Cela nous a rappelé que notre quartier, il y a quelques années, avait été secoué par un fait divers qui, à l'époque, avait créé une certaine agitation parmi la population (relire ici).

C'était au printemps 2006, dans le quartier dit Popincourt. En pleine journée, une fusillade mortelle avait éclaté dans un salon de thé chinois, baptisé "La Lanterne Rouge". Le patron de l'établissement, touché par plusieurs balles tirées en pleine poitrine, y avait perdu la vie. Un client du salon de thé avait été grièvement blessé. Tous deux étaient originaires de la province chinoise de Wenhzou. A l'époque, les autorités avaient évoqué une expédition punitive, menée dans le cadre d'un règlement de comptes portant sur le partage des recettes réalisées par l'établissement. Qui, en fait, n'était pas été un salon de thé mais une salle de jeux clandestine.

Exotique et dépaysant pour le Parisien moyen, qui ne le pénètre que très rarement, cet univers des tripots chinois est donc aussi, parfois, le théâtre d'événements tragiques – outre les situations de surendettement dramatiques que décrivait la préfecture de police la semaine dernière, dans son compte-rendu du coup de filet qu'elle a opéré dans ce milieu si secret et particulier.

19/12/2011

Un coup de filet très particulier

police,sécurité,etrangers,parisParis, ville cosmopolite où cohabitent des gens venus des quatre coins du globe, etc, etc: on connaît cela. Ce côté mosaïque contribue indéniablement au charme de la capitale française. Mais il a aussi, parfois, des aspects moins réjouissants. Ainsi, l'importation de formes de criminalité et de délinquance qui sont assez nouvelles pour les forces de l'ordre, et qui les obligent à opérer sur des terrains moins connus d'elles.

On l'a bien vu l'autre jour, dans le onzième arrondissement. Notre onzième qui abrite une grande diaspora chinoise – on l'a déjà raconté, dans ce blog (relire ici ou ). C'est au sein de cette communauté qu'a eu lieu, la semaine dernière, un coup de filet assez spectaculaire (*), résultat d'«une enquête de plusieurs mois».

Précisément, un «cercle de jeux clandestin chinois» a été démantelé. «Sous couvert d’une association de commerçants», il organisait des parties de mahjong et de shuang – le «poker chinois», précise la préfecture de police. «Les parties réunissaient une douzaine de joueurs chaque soir; les dettes de certains des participants pouvaient atteindre 200.000€». Les 13 joueurs interpellés avaient sur eux «plus de 30.000 €». «Des recherches sont en cours sur des sociétés de prêt-à-porter susceptibles de blanchir une partie des gains» réalisés à l'occasion de ces soirées. Le coup de filet policier a permis la saisie de «six tables de jeu, 8600€, une cinquantaine de grammes d’herbe de cannabis, quelques grammes de cocaïne» ainsi qu'«un véhicule de luxe d’une valeur de 62.000€, payé en espèces».

Vu sous l'angle parisien-parigot-tête de veau-bobo, replacé dans le contexte du quartier, autrement dit, tout cela paraît furieusement exotique.

 

(*)Une opération que l'on répercute ici juste pour raconter la vie du quartier, et non, évidemment, pour stigmatiser une communauté – cela va sans dire, mais, si besoin, le voilà précisé.

06/12/2011

Une impression d'embarras

Cachez ce mendiant roumain que je ne saurais voir. C'est ce que dirait sans doute Tartuffe s'il était un homme politique français contemporain.

Hier, la préfecture de police de Paris a étendu aux quartiers du Louvre et des grands magasins (Haussmann-Caumartin) l'arrêté qui, depuis trois mois, interdit toute mendicité sur les Champs-Elysées. Selon elle, ce dernier arrêté a déjà permis «plus de 300 contraventions», les contrevenants étant «pour la quasi-totalité, de nationalité roumaine». Hier toujours, une fois de plus, le maire de Paris a protesté. Pour Bertrand Delanoë, «combattre la pauvreté par l'amende et la répression est choquant au moment même où l'Etat ne remplit ses obligations, ni en termes de mise à l'abri des mineurs isolés, ni en matière d'hébergement d'urgence». Et cela traduit «une priorisation contestable de l'action des forces de police» au moment notamment où, dans la capitale, «les cambriolages croissent fortement». A ses yeux, cette lutte contre la mendicité n'est donc qu'une «opération de communication visant à stigmatiser une catégorie de la population, étrangère et démunie».

Plus intéressante, car plus neuve, est l'impression d'embarras qui transparaît désormais de cet éternel débat sur la mendicité roumaine. Comme, si, de part et d'autre, on ne voulait tout de même pas trop en faire sur le sujet.

Ainsi, ce matin sur le site web de la mairie de Paris, la réaction du maire ne figurait pas en page d'accueil: elle était reléguée à une page moins visible. Et, sur le site de la préfecture, on ne trouvait carrément nulle trace de ce nouvel arrêté anti-mendicité – en revanche, on pouvait tout savoir sur la participation de l'unité équestre de la préfecture au Salon du cheval, en cours au Parc des Expositions...

Dans la même veine, les autorités, préfectorales comme gouvernementales, ont accueilli avec une grande discrétion la sanction que la justice administrative, dernièrement, a infligée à une mairie ayant pris une mesure du même acabit: Nogent-sur-Marne, ville aisée contigüe à Paris, qui fit pas mal de bruit en interdisant la fouille des poubelles. Cet arrêté a été suspendu, à la suite d'un recours de la Ligue des droits de l'homme. Raisonnement du tribunal administratif? Par définition, l'espace public est public: il appartient donc à tout le monde. Dès lors, les mendiants y compris sont en droit d'«utiliser librement le domaine public, de surcroît durant la période hivernale». Conclusion de l'association: «Il convient que les maires comprennent que faire disparaître les pauvres de l'espace public est non seulement injuste, mais aussi illégal».

Visiblement, on ne partage pas cet avis à la préfecture de police de Paris.

21/11/2011

Un campement

logement,social,pauvreté,etrangers,activisme,parisSamedi soir, sur le parvis de l’Hôtel de Ville, a été démonté un campement de tentes qu'avait installé, trois jours plus tôt, la Fondation Abbé Pierre. Ces tentes militaires étaient les mêmes que celles que l'abbé avait montées à Paris pendant l'hiver 1954, afin, déjà, de protéger des sans-abri et d'interpeller le pouvoir politique. Près de soixante ans plus tard, l'opération visait, encore et toujours, à mobiliser l'opinion sur le logement et la situation des plus démunis – en vue cette fois de la présidentielle de 2012.

«82% des Français considèrent qu’il est difficile de trouver un logement. Un sur cinq déclare avoir des difficultés à faire face au paiement de son loyer ou au remboursement de son emprunt immobilier. 69% des Français jugent que l’action des pouvoirs publics n’est pas satisfaisante pour résoudre ces difficultés», a rappelé la Fondation. Pour qui, «à quelques mois des élections présidentielles et législatives, il faut agir!» Le texte de sa «Mobilisation générale pour le logement» préconise notamment la taxation voire la réquisition des logements vacants,ou l'encadrement des loyers comme celui des des plus-values immobilières.

Ces derniers jours, les médias, locaux en tout cas, ont accordé un peu d'attention à cette manifestation devant l'Hôtel de ville. En revanche, c'est dans une indifférence générale que, place de la Bastille, depuis plusieurs semaines maintenant, quelques familles – Rom, semble-t-il – ont établi un petit campement, lui de fortune.

On est tombé en arrêt devant cela plusieurs soirs de suite dernièrement, après avoir pris le dernier métro pour rentrer à la maison et avoir quitté la station 'Bastille' par la sortie débouchant sur la rue de la Roquette. Il y a avait là des hommes, des femmes, des adolescents et même des enfants. Regroupés sur des matelas ou recroquevillés dans une cabine téléphonique, ils entamaient leur nuit.

logement,social,pauvreté,etrangers,activisme,parisAutour d'eux, la vie parisienne se poursuivait le plus normalement du monde. Les terrasses des bars étaient bondées de clients occupés à siroter des consommations bien chères, des clochards faisaient la quête, des copains se donnaient rendez-vous à la sortie du métro, des gens sortaient de la représentation de l'Opéra, des jeunes fêtards avinés braillaient, des danseurs de capoeira se donnaient en spectacle, etc.

Et, dans le même temps donc, à quelques mètres à peine, à leurs pieds pour ainsi dire, nos naufragés du logement tentaient, vaille que vaille, de trouver le sommeil dans l'agitation festive ambiante. Cette cohabitation indolente entre leur infortune et la poursuite routinière de la vie de quartier avait quelque chose de choquant.

Selon la Fondation Abbé Pierre, en France – cinquième puissance économique mondiale, comme chacun sait –, près de 10 millions de gens «sont touchés de près ou de loin par la crise du logement», dont «3,6 millions de personnes (qui sont) non ou mal logées».

03/11/2011

Un mépris affolant

Puisqu'on parlait hier d'enfantement et de bébé, ces propos d'un proche de Nicolas Sarkozy, qui datent d'il y a plusieurs jours déjà, mais dont on n'est toujours pas revenu.

Le sujet? Les Roms. L'orateur? Arno Klarsfeld, qui préside l'Office français pour l'intégration et l'immigration. Cela donne ceci – et on n'invente rien: c'était notamment dans une interview, ici. Les Roms «vivent avec huit enfants dans une pièce. Ils devraient s'abstenir d'avoir huit enfants! Lorsqu'on n'a qu'une pièce, on ne fait pas huit enfants!» Ou cela: «Pour que les enfants puissent s'intégrer, il faut que les parents puissent s'en occuper (...). (Les Roms) doivent savoir que leurs enfants vont être pris par les mafias, mis sur le trottoir». Et cette touche de psychologie du café du commerce: chez les Roms, «c'est inconscient. Ils sont de longue date les Misérables avec un grand M, chassés, pourchassés, mais ils sont aussi victimes d'eux-mêmes: responsables de ne pas avoir su susciter une véritable élite qui ne soit pas cette ploutocratie qui vit de trafics et n'a pas intérêt à sortir son peuple de l'horreur».

Donc, pour l'Office français de l'immigration, c'est clair, c'est net, c'est tranché: si on est Rom, on n'a d'office que deux possibilités, dans la vie. Soit on est «Misérable avec un grand M», victime de soi-même au point de mériter le psy, enfant de parents sexuellement obsédés et irresponsables (à stériliser, tant qu'on y est?). Soit on est mafioso-ploutocrate-proxénète-exploiteur sans scrupules. Il n'y a pas à sortir de là.

Dans la bouche d'un si haut responsable français, de tels propos auraient évidemment suscité un tollé s'ils avaient concerné non des Roms mais d'autres citoyens de l'Union européenne, et/ou d'autres groupes de population – au hasard: les Noirs, les juifs ou les arabes. Mais là, rien. Ces déclarations sont passées comme une lettre à la poste. A moins que cela nous ait échappé, pas l'ombre d'un tumulte. A peine la réaction de l'une ou l'autre association (ici).

Les Roms vus comme un sous-peuple non seulement en Roumanie et en Bulgarie, mais également en France – et en haut lieu, y compris?

 

PS: Actualisation, quelques heures plus tard. Tiens, non, en fait: cela a l'air de commencer à réagir, voire  

15/09/2011

Un vrai procès, enfin

Le procès d'un drame épouvantable s'ouvre ce jeudi, à Paris. Le procès de la catastrophe du Boulevard Auriol. En août 2005, dans cette rue du 13ème arrondissement, s'était embrasé un immeuble vétuste dans lequel s'entassaient 130 Africains en attente d'un relogement. Cet incendie avait fait 17 morts – dont 14 enfants. Il avait d'autant plus choqué l'opinion qu'à l'époque, Paris vivait une série noire d'incendies meurtriers touchant des immeubles délabrés occupés en majorité par des étrangers ou des Français issus de l'immigration.

 

En mars dernier, l'indignité était venue se rajouter à l'horreur.

 

En effet (relire ici), un premier procès de cette catastrophe s'était ouvert. Mais il avait tourné court. Car, prévu pour être expédié en deux demi-journées et se tenir en catimini dans une salle exiguë du Palais de justice, il avait provoqué la colère des familles des victimes. Qui, en larmes parfois, avaient dénoncé la désinvolture et l'improvisation de la Justice dans le traitement de leur dramatique dossier. La présidence du tribunal correctionnel avait fini par convenir que les conditions d'accueil de ce procès étaient peu dignes. Et avait reporté le début des audiences à ce jeudi.

 

Enfin, donc, ce procès du mal-logement à Paris  –  un de plus... –  peut-il à présent débuter. Six ans après les faits, ce n'est pas trop tôt.

 

Reste, tout de même, une question: ultra-délicate, mais qu'on est en droit de poser. La Justice française aurait-elle été à ce point lente, pénible et laborieuse si, à l'époque, l'incendie avait ravagé un immeuble cossu du 16ème et tué 17 Parisiens – dont 14 enfants – blancs et aisés?

13/09/2011

Un souvenir (toujours) douloureux

Sur les Champs-Elysées bientôt, il n'y aura plus de mendiants, a fortiori si ce sont des Roumains. C'est en tout cas l'engagement qu'a pris hier le ministre de l'Intérieur de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant. A la mairie de Paris, on n'y croit pas du tout. Pour l'équipe du maire socialiste, Bertrand Delanoë, «cet arrêté ne va faire que délocaliser cette délinquance. Encore une fois le ministre de l'Intérieur fait un coup de communication. Il va faire la chasse aux Roms sur les Champs-Elysées pendant un temps, comme il l'a fait pour les vendeurs à la sauvette à la Tour Eiffel, et d'ici quelques semaines, la situation sera la même. Ce type de sanction est totalement inadapté». L'avenir le dira, ou pas.

 

En revanche, sur les Champs-Elysées toujours mais dans un tout autre domaine, ce qui est sûr et certain, c'est qu'une grande enseigne va prochainement faire son retour. On en avait parlé dans ce blog au printemps (ici), quand la nouvelle avait été ébruitée. Depuis, cela a été confirmé et précisé: le goupe britannique Marks & Spencer revient donc dans l'Hexagone, dix ans après y avoir fermé, du jour au lendemain, ses 17 boutiques et licencié leurs 1700 travailleurs, en 2001.

 

L'autre jour, n'évoquant que du bout des lèvres ce pénible passé, «Le Figaro» s'est extasié sur ces projets parisiens de M&S. «L'ouverture du magasin amiral des Champs-Elysées est prévue, très stratégiquement, avant décembre et... la ruée des courses de Noël. On y trouvera mode féminine, lingerie et un rayon alimentaire, répartis sur trois étages et 1400 m2. Comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, de nouveaux magasins devraient ouvrir prochainement en France, notamment des «M&S Food», à Paris et dans ses environs».

 

«Le Figaro» ne le dit pas, mais sans doute parce que cela tombe sous le sens: sûr que toutes les caissières et autres petites mains de M&S jadis remerciées sans ménagement recevront par la poste un joli bristol les invitant personnellement à participer aux festivités d'inauguration.

03/06/2011

Un (pénible) palmarès

Exit «Y'a bon Banania», donc: on l'écrivait avant-hier. Mais les «Y'a bon Awards», eux, se portent toujours comme un charme. Pour rappel (on en avait parlé ici), ces trophées récompensent, au second degré, «les propos les plus racistes de l'année». Pour bien terminer la semaine, rendons hommage à quelques-uns parmi les (hélas si) nombreux lauréats du palmarès 2011, qui a été dévoilé il y a quelques jours,

Dans la catégorie «Finalement, c'est pas si dur d'être raciste», c'est le couturier et parfumeur Jean-Paul Guerlain qui, bien sûr, l'a emporté haut la main. Avec sa petite phrase télévisée qui suscita un tollé: «Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un Nègre. Je ne sais pas si les Nègres ont toujours tellement travaillé, enfin…». Dans la catégorie «L'Islam ne passera pas par moi», c'est Robert Ménard qui a été distingué. Cet ex-dirigeant de l'ONG «Reporters sans frontières», reconverti en polémiste télévisuel énervé, a vu cette petite phrase saluée: «Je n'ai pas envie qu'il y ait autant de mosquées que d'églises dans mon pays (…) Je n'ai pas envie qu'il y ait un minaret dans tous les villages de France».

Enfin, la «Banane» d'honneur à été décernée au brillant journaliste-polémiste Eric Zemmour, «pour l'ensemble de son oeuvre». Mais cela n'étonnera sans doute personne.

Encore bravo à tous ces lauréats. Sans doute représentants d'un certain courant de pensée si présent en ce moment en France. Et si rance.

01/06/2011

Une victoire

BANANIA.jpgOn avait évoqué cela dans ce blog (ici), à l'époque: la plainte en justice déposée par l'association antiraciste MRAP contre la société Nutrimaine, qui commercialise en France la boisson chocolatée Banania. Une plainte contre le visuel du tirailleur sénégalais figurant sur les produits de cette marque, et contre son slogan: «Y’a bon Banania». Pour le MRAP, tous deux véhiculent une image du Noir tellement caricaturale et stéréotypée qu'elle en devient «contraire aux principes de respect de la dignité humaine». Si on en reparle à présent, c'est parce que du neuf est intervenu dans cette procédure, dernièrement.

 

En effet, alors qu'elle avait été déboutée en première instance, l'association a récemment obtenu gain de cause en appel. La justice a enjoint Nutrimaine, sous peine d'astreintes, de «faire cesser, sous quelque forme et quelque soit le moyen, la fabrication et la commercialisation de toute illustration sur laquelle apparaîtrait la mention «Y'a bon» seule ainsi que la mention «Y’a bon» accompagnée de la marque Banania et/ou un personnage de couleur noire ». Le MRAP a salué un arrêt «historique». .

 

Eric Zemmour et ses amis vont encore hurler au «politiquement correct»...

29/04/2011

Une réglementation (théorique?)

muguet.jpgLa Fête du travail, dimanche. La préfecture de police de Paris vient donc de rappeler (ici) qu'était strictement réglementée la vente de muguet en rue: par les particuliers s'improvisant fleuristes d'un jour pour arrondir leurs fins de mois. Ainsi, pas question pour eux de vendre sur la voie publique à moins de 40 mètres de la boutique d'un fleuriste professionnel. Pas question non plus de proposer du muguet en pot ou en préparation florale: ils ne peuvent vendre cette fleur qu'«en l'état», pour ne pas trop concurrencer ces commerçants. «La violation de ces dispositions est passible d’une contravention de 1ère classe». Quant aux petits malins qui voudraient devancer leurs innombrables concurrents en vendant du muguet dans les rues de Paris dès samedi soir, qu'ils y réfléchissent à deux fois. Car, en dehors du jour J, «la vente du muguet sans autorisation municipale constitue une contravention de 4ème classe». Et peut valoir, outre la saisie de la marchandise, jusqu'à 6 mois de prison et 3 750 euros d’amende.

Théoriquement, en tout cas.

A cet égard, on est assez curieux de voir si, ce week-end, les forces de l'ordre vont mettre beaucoup de zèle à verbaliser les éventuels contrevenants à cette réglementation: tous ces «honnêtes pères (ou mères) de famille» (comme on dit ), qui, en ces temps si difficiles pour tant de Français, prendraient un peu leurs aises avec cette réglementation. Histoire de ramener quelques dizaines d'euros supplémentaires à la maison.

Pour le dire plus clairement: il sera intéressant de voir si ces gens vont être aussi sévèrement traités que le sont d'autres vendeurs à la sauvette. Tous ces étrangers qui, à la sortie des stations de métro, dressent des étals de fortune et proposent des fruits exotiques aux usagers de la RATP. Et qui, eux – on a déjà vu si souvent vu cela, relire par exemple ici – ne bénéficient d'aucune mansuétude de la part des policiers.

28/04/2011

Une «vaguelette»

A propos de ces Tunisiens qui campent en bordure du périph', dont on parlait hier matin: la police a procédé à une vague d'interpellations parmi eux, pour le deuxième soir consécutif, hier soir. A l'heure précise où les associations étaient en train de leur distribuer à manger – vieille technique: les clandestins de la région de Calais peuvent en témoigner. Ces coups de filet ont l'air de mettre en fureur Bertrand Delanoë. Un peu partout dans les médias, le maire de Paris répète combien il trouve «moche», voire «minable», cet activisme policier. La préfecture, elle, se justifie (*). Répond qu'elle ne fait jamais que son travail. A savoir: interpeller, placer en garde à vue, puis reconduire à la frontière tous ceux qui, faute de titre de séjour en règle, n'ont «pas vocation» – comme le dit si joliment l'administration – à demeurer sur le territoire français.

Mais à la mairie de Paris, on trouve ces interpellations policières d'autant plus «choquantes» qu'en fait de «vague» d'immigration en provenance du monde arabe, dont l'Europe se dit victime, il ne s'agirait, aux yeux de Bertrand Delanoë, que d'«une vaguelette». 20.000 à 25.000 migrants à tout casser et pour toute l'Europe, à comparer par exemple aux quelques centaines de milliers d'exilés libyens que la Tunisie, elle toute seule, a dû accueillir ces dernières semaines.

Au fond, s'agissant du poids de l'immigration en France, cette appréciation émanant d'une source (l'OCDE) qui ne passe pas pour être d'extrême-gauche, et qu'a relayée en début de semaine (ici) un média (le quotidien «Les Echos») qui ne passe pas pour être anti-sarkozyste primaire. «Avec un flux net de 100.000 personnes par an, la France est l'un des pays européens qui accueillent le moins d'étrangers». Précisément, cela donne 18 immigrés pour 1.000 personnes en Suisse, 10 en Norvège, 8 en Italie, 6 au Royaume-Uni, et... 3 en France.

(*) Préfecture de police qui, au passage, n'en fait pas des tonnes, en termes de communication, sur ces coups de filet. Alors qu'à longueur de journées, elle inonde la presse de communiqués à propos du moindre fait d'armes de ses pandores, concernant ce dossier tunisien, elle n'a pas encore (à cette heure, et sauf erreur) diffusé le moindre laïus aux médias. Le signe d'un léger malaise?