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10/04/2015

Un ministre un brin décalé

Télévision, International, Art de vivre, Gouvernement, Personnalités, Fabius, TerrorismeL'agenda ministériel toujours délicieusement décalé de Laurent Fabius – sujet éternel d'émerveillements, pour ce blog (relire par exemple ici ou ).

Quelques heures à peine avant que TV5 Monde, hier, soit attaquée par les hackers du groupe Etat islamique – qui ont réussi à la paralyser pendant près d'une journée –, le ministre des Affaires étrangères était au siège de cette télé francophone internationale. Il lui rendait une petite visite, pour rehausser de sa présence le lancement, par ce groupe, d'une nouvelle chaîne thématique. Dédiée... à l'art de vivre.

Mais oui. Baptisée «TV5MONDE Style HD», sous-titrée en anglais, en mandarin et en arabe, cette chaîne sera diffusée dans un premier temps au Moyen-Orient/Maghreb et en Asie-Pacifique. «Sa programmation sera consacrée à l'art de vivre français et francophone dans toutes ses dimensions», s'extasie le quai d'Orsay. Pour qui cette télé, «vitrine de nos savoir-faire et de l'excellence de nos créateurs et de nos entreprises, s'inscrit pleinement dans les objectifs du ministère des Affaires étrangères, en termes d'influence, de diplomatie économique et d'attractivité touristique de la France».

C'est merveilleux. Et cela détend assurément l'atmosphère, dans ce contexte d'actualités internationales si délétères.

Sauf que, donc, les égorgeurs d'Irak et de Syrie ont complètement parasité le lancement de ce bijou télévisuel HD, que le monde entier envie certainement à la France.

L'histoire ne dit pas si, du coup, Laurent Fabius va une nouvelle fois se rendre au siège de TV5, pour y faire la promo du bon goût hexagonal. Ou si, non, une fois mais pas deux, il va à présent se consacrer à des matières diplomatiques et internationales plus essentielles.

02/02/2015

Un business florissant

Gouvernement, Gastronomie, Economie, International, Personnalités, FabiusCe lundi, c'est carrément lors d'une cérémonie au ministère des Affaires étrangères que sont décernées les récompenses gastronomiques annuelles du Guide Michelin. Que les salons lambrissés du quai d'Orsay servent de cadre, si officiel, à une telle manifestation, c'est une première. Mais elle n'est pas si étonnante que cela.

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, en effet, n'a que les mots «diplomatie économique» à la bouche. Il s'est transformé en super-représentant de commerce de l'Hexagone. Or, la gastronomie et tout ce qui y est lié, en amont et en aval, c'est évidemment un atout de taille, pour le tourisme et le commerce extérieur tricolores. Comme s'en gargarise le quai d'Orsay, «avec190 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2013 et 12.000 entreprises (dont 98% de PME de moins de 250 salariés), l'agriculture et l'agroalimentaire constituent un secteur économique majeur, à l'origine du deuxième excédent de notre balance commerciale après l'aéronautique. Trois secteurs – les vins et spiritueux, les céréales et les produits laitiers – constituent 38% du total des exportations» françaises.

A la mi-janvier, d'ailleurs, en pleine semaine qui avait suivi les attentats de Paris – donc alors que le pays et sa classe politique se trouvaient dans un état d'agitation considérable –, Laurent Fabius s'était éclipsé un moment, histoire de s'offrir une petite pause gastronomique. Malgré le contexte ultra-tendu, il n'avait pas bouleversé son agenda et, comme il était prévu, était allé rehausser de sa présence une réunion... du «Club de la table française», à Paris. Cette escapade culinaire ministérielle était passée largement inaperçue des médias, pourtant elle était assez éclairante: quelles que soient les circonstances – et, en l'occurrence ici, même les plus tragiques –, le business ne s'arrête jamais.

07/10/2014

Une volonté de ne pas se mouiller

International, Gouvernement, Personnalités, FabiusLes choses commencent visiblement à rentrer dans l'ordre, à Hong Kong. Ne pas laisser refermer cette parenthèse, tout de même, sans remarquer combien on a peu entendu la France, tout au long de ces dix jours de «Révolution des parapluies».

Dans une classe politique qui tweete à longueur de journées sur tout et n'importe quoi, et souvent sur n'importe quoi, à peine une poignée de messages de soutien aux jeunes manifestants ont été envoyés, par des personnalités – que ce soit d'ailleurs de la majorité ou de l'opposition. Dans cet Hexagone auto-proclamé «pays des droits de l'homme», on peine à trouver l'une ou l'autre déclaration officielle forte qui aurait été prononcée, sur ce dossier. L'autre jour, d'ailleurs, à un briefing de presse du porte-parole des Affaires étrangères, on a bien pu voir combien Paris n'avait aucun désir de s'en mêler. «Est-ce que vous avez quelque chose à dire sur la situation à Hong Kong?», a-t-il été demandé au communicant du quai d'Orsay. «Comme le ministre (Laurent Fabius) l'a indiqué, "la France et la Chine sont deux pays amis et nous sommes attachés à la stabilité et à la prospérité de Hong Kong"», a-t-il répondu. Avant de conclure: «Nous suivons avec attention la situation, et nous espérons qu'un dialogue constructif et pacifique va permettre un accord qui soit conforme à la loi fondamentale de Hong Kong». Point final.

Profil bas, donc. Plus que jamais. Laurent Fabius n'ayant que les mots «diplomatie économique» à la bouche, ne pas prendre le moindre risque de fâcher Pékin. Ne pas bouger le moindre petit doigt qui pourrait froisser le gigantesque partenaire commercial chinois.

Au choix, on trouvera une telle attitude parfaitement cohérente et responsable. De la vraie real-politik, en somme: pleinement consciente des intérêts et des enjeux. Surtout, ne pas mordre la main qui vous nourrit.

Mais on pourra aussi juger une telle posture cauteleuse et pleutre, bref très peu glorieuse.

24/06/2011

Une distinction

medaille.jpgUn peu d'humour, pour bien terminer la semaine. Et car il est plus que temps d'en parler, s'agissant d'un prix qui a été décerné à Paris il y a quatre jours déjà – soit il y a une éternité, au rythme effréné où se déroule l'actualité. La distinction en question, c'est le «Prix Humour et Politique» millésime 2011, prix dont on a déjà parlé dans ce blog auparavant (voir ici, , ou encore ).

Cette année, c'est l'ex-Premier ministre socialiste Laurent Fabius qui a été récompensé. Pour ce commentaire à propos de la Tontonmania ayant entouré la commémoration, le 10 mai dernier, des 30 ans de l'élection de François Mitterrand à l'Elysée: «Mitterrand est aujourd’hui adulé, mais il a été l’homme le plus détesté de France. Ce qui laisse pas mal d’espoir pour beaucoup d’entre nous…».

Pas mal, en effet.

Parmi les quinze perles, volontaires ou non, qui avaient été présélectionnées par le jury, on aimait assez celle du porte-parole du gouvernement, François Baroin, sur son ex-collègue MAM alors en plein scandale à propos de ses vacances tunisiennes: «Michèle Alliot-Marie conserve toute sa légitimité à Saint-Jean-de-Luz» (la circonscription basque de l'intéressée). Ou cette métaphore naturaliste, si mignonne, de François Bayrou: «Rassembler les centristes, c’est comme conduire une brouette pleine de grenouilles: elles sautent dans tous les sens». De même que ce constat de Gabriel Cohn-Bendit, le frère de Dany l'écologiste: «Les Verts sont capables du meilleur comme du pire; mais c’est dans le pire qu’ils sont les meilleurs». Mais, aurait-on fait partie du jury que peut-être aurait-on récompensé, ex-aequo avec Laurent Fabius, l'ex-ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, pour sa réflexion amère mais si lucide, dans ce monde impitoyable qu'est la courtisanerie politique: «Passer de ministre à promeneur de son chien suppose un énorme travail sur soi-même».

Encore bravo à tous. Et merci: en politique, en France comme ailleurs, mais en France particulièrement ces derniers temps, on a si peu l'occasion de (sou)rire.

27/11/2006

Un détail ou l'autre

medium_21_03_59_176141000_00870790.jpgDans les congrès de parti comme dans la vie de tous les jours, il y a des petits détails qui parfois en disent long. Ainsi, hier matin à la Mutualité:
-Ségolène Royal a laissé aux «éléphants» le rituel des bousculades médiatiques. Sans doute pour encore mieux se distinguer d’eux, elle a préféré une arrivée discrète en voiture et une entrée par une porte dérobée aux quelques pas dans la cohue des caméras.
-à la façon dont ils avaient été placés dans la salle (à plusieurs rangées de sièges de la star du jour) ou à l’indifférence télégénique suscitée par leur arrivée, de nombreux ex-ministres jospinistes (Guigou, Trautmann, Glavany, etc.) ont pu constater qu’ils étaient définitivement «has been». A l’inverse, le congrès a consacré le retour d’anciennes stars (Edith Cresson, Yvette Roudy, Jean-Louis Bianco, etc.), qui avaient complètement disparu de la circulation. C’est le fait du Prince.
-Ségolène Royal a tendu la main à Laurent Fabius, mais celui-ci lui a fait la bise. Elle avait fait la même chose avec Lionel Jospin à La Rochelle.
-Le même Laurent Fabius est resté assis lors de l’ovation debout que le congrès a dédiée à François Hollande.
-Anne Sinclair, si omniprésente ces dernières semaines, n’était pas là.
-A l’issue de son discours, François Hollande, par quelques petits gestes discrets, a tenté de faire monter toutes les stars du parti sur l’estrade pour une grande et belle photo de groupe autour de l’héroïne du jour. Raté: celle-ci s’est fait acclamer seule.
-Dominique Strauss-Kahn est apparu complètement abattu à la fin du congrès, lorsque la caméra qui filmait l’événement pour le retransmettre sur écran géant effectuait un ultime travelling dans la salle. Visage sombre et dramatiquement fermé, endossant sa veste d’un geste las, physiquement totalement seul dans des premiers rangs déjà désertés. Il semblait littéralement atterré.
B.DL.

27/10/2006

Un présage

medium_11_15_43_318991000_FRANCE_SOCIALISTS_PAR102.jpgEn campagne à nouveau, jusque tard sans doute ce soir, avec Laurent Fabius, à Lille cette fois. On s’en est souvenu ce matin: les deux dernières occasions où l’on a suivi des hiérarques socialistes en campagne dans la capitale du Nord, cela ne leur a pas porté chance.
La dernière fois, c’était quelques jours avant le référendum européen de 2005. Tous les dignitaires du PS en faveur du Oui (Hollande, Lang, Mauroy, Aubry, etc.) s’étaient réunis dans une salle du centre ville pour un meeting vibrant, convaincu et confiant sur l’Europe, auquel avaient même été invités plusieurs responsables socialistes étrangers. Quelques jours plus tard, la direction du PS se prenait une déculottée avec l’écrasante victoire du Non.
La fois précédente, c’était peu avant le premier tour des présidentielles de 2002. Dans un immense chapiteau planté dans les faubourgs de la ville, Lionel Jospin avait tenu un meeting mémorable par sa taille: une demi-douzaine de milliers de socialistes au moins, venus de tout le pays, y avaient assisté. A la tribune, la voix nouée, le candidat avait déclaré avoir senti dans cette foule et dans l’humeur du pays un irrépressible mouvement en sa faveur. Les militants lui avaient fait un triomphe. On sait ce qu’il advint finalement le 21 avril.
Lille donc a l’air de porter la poisse aux socialistes. Laurent Fabius le constatera-t-il à ses dépens? Réponse le 16 novembre, jour du premier tour du scrutin pour l’investiture.
B.DL.

20/10/2006

Un symbole, ou l'autre

En campagne ce soir avec Laurent Fabius en Picardie. Le candidat (probablement malheureux) à l'investiture socialiste pour 2007 rehausse de sa présence le verre de l'amitié donné à l'occasion de l'inauguration de la maison départementale des socialistes à Creil, dans l'Oise.
-Le vin servi aux militants n'est franchement pas terrible, mais c'est un vin rouge;
-L'ancien Premier ministre a revêtu une veste pareillement rouge écarlate;
-Et dans l'escalier menant aux bureaux des camarades, trône un grand et beau portrait stylisé de Mitterrand avec cette phrase: "Nous avons tant fait ensemble".
Tous ces symboles suffiront-ils à enrayer la machine Ségolène? Même en ce fief fabiusien, ce soir, les "royalistes" semblent si nombreux.
B.DL.

17/10/2006

Un exercice plutôt sain

Il est plus que temps. Il est même un peu tard pour ce faire, mais les journées n’ont que 24 heures. On commence à harceler les états-majors des trois présidentiables socialistes afin d’organiser les innombrables et inévitables reportages de campagne qui seront publiés dans le quotidien – on ne va pas chômer, ces prochaines semaines.
Chez Dominique Strauss-Kahn, on est courtois mais un peu sec, ou plutôt visiblement speedé, n’ayant manifestement que quelques secondes à peine à consacrer aux interlocuteurs au téléphone. L’entourage de l’ex-ministre des Finances voudrait donner l’impression qu’il est débordé par «le frémissement» dans la campagne diagnostiqué en sa faveur par l’intéressé qu’il ne se comporterait pas autrement.
Chez Laurent Fabius, on est charmant. Courtois, prévenant, à l’écoute, souriant, ayant semble-t-il tout son temps. C’est assez appréciable. Mais cela donne un peu l’impression que l’ancien Premier ministre pleure pour avoir des journalistes à ses côtés sur les marchés.
Chez Ségolène Royal, on se montre parfaitement affable, blagueur même. Très disponible, comme si l’intéressée avait une équipe de campagne pléthorique et hyper-organisée - ce qui est sans doute le cas. Très optimiste aussi: ainsi, on promet que d’ici peu (à la prochaine étape, en déduit-on), une équipe sera spécialement chargée des journalistes étrangers en poste à Paris.
Ce serait une fameuse nouveauté. La presse internationale basée ici, en effet, du moins lorsqu’il ne s’agit pas de CNN ou du «Financial Times», n’a jamais été «la priorité de communication» des personnalités politiques. Du coup, elle est reléguée loin derrière la presse parisienne puis la presse régionale dans l’octroi des précieuses accréditations aux meetings et autres déplacements de campagne.
Dans un sens, c’est plutôt bien: être journaliste redevient donc un exercice permanent d’humilité et de volontarisme.
B.DL.

03/10/2006

Un peu d’humour

Comme leurs homologues belges, loin de l’image de tristes sires qu’ils traînent parfois, les hommes politiques français, en privé, sont souvent assez drôles.
Cette année cependant, le dernier prix «Humour et Politique» du Press Club vient de distinguer des personnalités qui ne sont pas précisément connues pour leur côté facétieux et dont on n’avait pas encore eu l’occasion de tester le sens de l’humour sur le terrain. Ainsi, Ségolène Royal, pour cette phrase: «Même quand je ne dis rien, cela fait du bruit». Ou Laurent Fabius pour «Je préfère dire ‘Voici mon projet’ que ‘Mon projet c’est Voici’». Concouraient aussi Philippe de Villiers («Docteur Sarko et Doc Gynéco, c’est la com et la came») et Patrick Devedjian («Les coupures de presse sont celles qui cicatrisent le plus vite»).
On trouve finalement le millésime 2006 de ce Prix assez faiblard. En 2005, Nicolas Sarkozy avait été justement récompensé pour l’hilarant «Je ne suis candidat à rien». Le sommet avait été atteint en 2004 par le président de l’Assemblée nationale Jean-Louis Debré, pour une réflexion aussi mémorable qu’impayable sur la Corse: «Je n’imagine pas un instant cette île séparée du continent».
Gageons que, année de campagne électorale aidant, le cru 2007 du Press Club sera excellent.
B.DL.