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21.05.2012

Un air penaud

La parité au sein du nouveau gouvernement: on en parlait vendredi. En revanche, l'UMP inaugure sa période d'opposition en se distinguant, une fois encore, par son non-respect des obligations légales en termes de parité hommes-femmes, pour les élections législatives de juin. Sur ses listes, ne figurent que 28% de femmes.

«Je plaide coupable avec regret», «Ce n'est pas de gaité de coeur»: le n°1 du parti sarkozyste, Jean-François Copé, était moins sûr et fier de lui que d'habitude ce lundi, alors qu'une matinale radio-télé l'interrogeait sur ce point. «C'est un arbitrage que nous avons eu à rendre et qui était difficile», a-t-il tenté de justifier, penaud. L'ex-parti majoritaire craint de perdre des dizaines de sièges, à l'Assemblée. Dès lors, dans nombre de circonscriptions, plutôt que de faire de la place à des femmes sur ses listes, il a réinvesti des candidats (mâles) sortants. «Il était extrêmement difficile de les sacrifier. Chacun doit comprendre que, dans la période qui est la nôtre, il nous faut absolument avoir le maximum de députés et que cela passe par le poids, l'ancrage local de beaucoup d'entre nous», dixit Jean-François Copé. Dont le parti, pour ne pas avoir respecté la loi, devra payer plusieurs millions d'euros de pénalités.

Globalement, les autres formations respectent mieux l'obligation légale de parité. Il n'empêche, selon le ministère de l'Intérieur, on ne compte que 40% de femmes parmi les 6.591 candidats en lice au premier tour. C'est moins qu'aux législatives de 2007, où elles avaient été 41,6%.

18.05.2012

Un progrès spectaculaire

gouvernement,femmes,activisme,personnalités«Belles, celles qui luttent», proclame un grand dessin bombé sur un mur de notre quartier du onzième arrondissement. Pendant la campagne présidentielle, les féministes avaient lutté pour la création d'un ministère des droits de la femme et pour la parité hommes-femmes au gouvernement. Elles ont doublement obtenu gain de cause.

En ce qui concerne la place des femmes dans l'équipe ministérielle, le progrès est même spectaculaire. Le gouvernement formé mercredi soir compte 17 hommes et 17 femmes. Dans sa dernière mouture, le gouvernement précédent (relire ici) comptait 24 hommes et 9 femmes.

Cependant des féministes toujours en lutte déplorent (ici) deux choses. Un seul maroquin régalien (la Justice) a été confié à une femme. Et on a vu «la reproduction du schéma consistant à confier aux femmes toujours le même type de portefeuilles (famille, personnes âgées, santé, etc.)». C'est une façon de voir les choses. L'autre est de constater qu'ont été confiées à des femmes certaines compétences qui, à en croire les sondages, correspondent aux préoccupations importantes de la population: le logement, l'environnement ou la lutte contre l'échec scolaire, par exemple.

Sinon, on peut remarquer que les premières polémiques concernant ce nouveau gouvernement visent toutes des ministres femmes.

Gouvernement, Femmes, Activisme, PersonnalitésL'écologiste Cécile Duflot, pour le jean qu'elle a osé porter au Conseil des ministres, hier (nous, on a du mal à s'en indigner). La radicale de gauche Christiane Taubira, pour son passé de militante indépendantiste (qui remonte à 30 ans: c'était en 1982). Et la socialiste Delphine Batho, pour son logement parisien à loyer modéré (dont elle est en train de déménager, a confirmé le Premier ministre, ce matin).

Trois ministres femmes aussitôt dans le collimateur: dès les premières 48 heures.

Mais sans doute n'est-ce qu'un hasard. Ou pas? On verra.

27.04.2012

Un «humour» vraiment pénible

Elections présidentielles, Personnalités, Femmes, HumourCe qui est parfaitement admissible et même franchement comique dans la bouche d'un humoriste-imitateur (relire ici) ne l'est pas du tout dans celle d'un politique. On l’a bien vu hier.

 

Le député sarkozyste Lionnel Luca (figure de proue de l'aile la plus à droite de l'UMP) s'en est pris, lors d'un meeting, au présidentiable socialiste en ces termes: «Hollande, qui a retrouvé une femme: Valérie "Rottweiler". Et c'est pas sympa pour le chien, ça!» Cette tirade en suivait d’autres, du même acabit sexiste et machiste, visant d'anciennes ministres sarkozystes et la candidate écologiste à la présidentielle. «Fadela Amara, ben moi j'ai toujours préféré Rachida Dati, d'abord parce qu'elle est moins moche et parce qu'elle a fait campagne pour le Président ». Eva Joly, «le seul truc à récupérer chez elle, c'est ses lunettes, elles sont modernes. Eva Joly, ouverte, généreuse... J'ai une pensée émue pour ceux qui sont passés entre ses mains».

 

Nicolas Sarkozy en personne, hier soir à la télé, s’est dit «désolé» de ce dénigrement de la compagne de son adversaire. Auparavant, plusieurs caciques de l’UMP, assez gênés, avaient déploré des propos qui «ne sont pas du niveau d'une campagne électorale». Et la propre porte-parole du candidat UMP, Nathalie Koscisuko-Morizet, avait sèchement rappelé que «misogynie et insultes ne peuvent tenir lieu d'argumentaire politique».

 

Le plaisantin n’a pas du tout apprécié d’être ainsi désavoué dans et par sa propre famille politique. «Cinq minutes de plaisanteries, sur 1h20 de conférence!», a-t-il fulminé. «Si on ne peut plus faire de l'humour, même si on le trouve discutable, la France est vraiment mal barrée!», s'est-il indigné.

 

C'est surtout «La France forte» qui, avec d'aussi pénibles individus, nous semble vraiment mal barrée. En termes de dignité.

16.03.2012

Une réputation injustifiée, l'autre pas

Puisqu'on parlait des femmes hier, un des clichés qui leur collent à la peau, en France comme ailleurs, est le fait qu'elles conduiraient mal, et nettement plus mal que les hommes. Et bien non. La préfecture de police de Paris l'a confirmé, dernièrement: «Les statistiques prouvent qu’il faut en finir avec l’adage "Femme au volant, la mort au tournant"».

Des chiffres? Les femmes représentent la moitié des conducteurs, mais «elles occasionnent en moyenne trois fois moins d’accidents que les hommes». Pour preuve, à Paris ces cinq dernières années, ce sont des hommes, et non des femmes, qui ont été responsables de la majorité des accidents causés à la fois à des scooters ou motos (86%), à des vélos (70%), et à des voitures (75%).

En revanche, la proverbiale incivilité des automobilistes parisiens, elle, ne relève pas du cliché.

C'est ce qu'a encore confirmé une enquête réalisée il y peu par «Auto Plus», sur la façon de conduire dans dix villes de l'Hexagone. En est sorti un classement (voir ici, notamment) allant de la ville «la plus cool» du pays à la ville «la plus inhospitalière» en termes de conduite automobile. Le résultat «ne tord pas vraiment le cou aux clichés, au contraire», reconnaît le magazine. Ainsi, «la conduite à Lille, ville réputée pour sa chaleur humaine, a été de tout repos». «A l'inverse, sur la côte méditerranéenne (Marseille et Nice) et à Paris, sauve-qui-peut!» La capitale et les deux villes méridionales se partagent donc le podium de l'incivilité routière. Dans la «Ville lumière», à en croire cette étude, les conducteurs se soucient très peu des piétons, refusent souvent aux autres automobilistes de changer de file, et ne sont pas «relax au feu» – en clair: klaxonnent dès que le feu passe au vert.

On n'est plus motorisé, depuis qu'on habite à Paris – ville où moins d'un habitant sur deux, désormais, possède une voiture. Mais, comme par hasard, ils nous semblent assez familiers, les comportements que prête cette étude aux automobilistes parisiens.

15.03.2012

Un palmarès, pénible

Femmes, Personnalités, Activisme, Strauss-KahnOn parlait des femmes jeudi dernier, à la faveur de la Journée internationale du 8 mars. Mais on n'a pas encore eu l'occasion d'évoquer le prix qui a été décerné à l'occasion de cette Journée: le Prix du «Macho de l'année», que remet tous les 8 mars la remuante association féministe «Les chiennes de garde». Une fois de plus, ce palmarès donne une image peu reluisante, voire franchement déprimante, de la manière, préhistorique, dont certains hommes conçoivent et vivent leur masculinité: en sombrant dans le machisme et le sexisme crétins.

Le journaliste Jean-François Kahn, bien sûr, figure parmi les lauréats. Lui qui, avant de se confondre en excuses, avait comparé à un «troussage de domestique» le comportement de Dominique Strauss-Kahn envers Nafissatou Diallo. «Quelle banalisation du mépris pour les femmes et le féminin! Ces déclarations relèvent de la violence machiste ordinaire», estime l'association.

Récompensé également, l'ancien footballeur Eric di Meco. En octobre dernier, interrogé sur une radio à propos des accusations de harcèlement sexuel portées contre des joueurs de l'équipe de rugby d'Angleterre, il avait eu ces mots: «On a tous fait des horreurs. Ça soude le groupe. La vie de groupe, c'est d'aller sortir le chichi à la femme de ménage. On est trois, on rigole».

Femmes, Personnalités, Activisme, Strauss-KahnEnfin, le macho de l'année est un créateur de sites internet. Parlant de Tristane Banon, qui avait accusé DSK de tentative de viol, il n'avait rien trouvé de mieux que de faire ce commentaire: «La seule façon pour qu’elle la ferme, c’est la violer». Et «Les Chiennes» de s'effarer: «Cette phrase est révélatrice d’une pensée qui considère le viol comme un instrument punitif. Elle minimise le viol, alors que 75 000 femmes sont violées tous les ans en France».

En effet: tout cela absolument, et péniblement, pitoyable.

09.03.2012

Un face-à-face

C'était hier soir, place de la Bastille, en marge et au terme des cortèges tenus à Paris dans le cadre de la Journée de la femme. Deux camps opposés de manifestantes ont terminé en chiens de faïence, face-à-face, se défiant avec pugnacité.

D'un côté, les féministes que l'on appelle abolitionnistes. Pour le dire vite, elles veulent voir la prostitution interdite car, selon elles, c'est le symbole par excellence de la marchandisation des corps et de l'exploitation de la femme. Selon ce point de vue, le fait qu'il y ait transaction financière entre clients et prostitué(e)s rend automatiquement impossible l'exercice libre et consenti, par les intéressé(e)s, de cette activité. De l'autre côté, des prostitué(e)s et des féministes opposées à la pénalisation du racolage et à la mise à l'amende des clients de la prostitution. Pour résumer, selon ce point de vue, il faut certes lutter contre les exploiteurs proxénètes et autres mafias du sexe, mais la liberté de disposer de son propre corps inclut l'exercice libre et consenti de la prostitution. La répression de cette activité ne fera que précariser et insécuriser encore un peu plus les «travailleurs du sexe», qui devraient être reconnus comme des travailleurs comme les autres.

Cela fait des années, voire des décennies, que le mouvement féministe français se déchire sur cette question. A Bastille hier soir, on en a eu une parfaite illustration.

Pendant les quelques dizaines de minutes qu'a duré ce face-à-face, les manifestant(e)s des deux camps ont rivalisé de slogans antagonistes. D'un côté, c'était «Ni à vendre, ni à prendre: le corps des femmes n'est pas une marchandise!». De l'autre, c'était «Où, quand, comment, combien je prends: le choix me revient, mon corps m'appartient!» Ou «Fières d'être putes!» Ou «Liberté de parole pour les travailleurs du sexe!»

Hier soir, de guerre lasse, les abolitionnistes ont fini par laisser tomber: ont laissé la place de la Bastille aux «travailleurs du sexe» et à leurs défenseurs. Leur reculade ne fait toutefois pas oublier que le camp abolitionniste a remporté une grande victoire politique, lors de cette législature qui s'achève. L'Assemblée nationale, en effet, a voté une résolution UMP-PS réaffirmant notamment que «la non-patrimonialité du corps humain est l’un des principes cardinaux de notre droit et qu’il fait obstacle à ce que le corps humain soit considéré, en tant que tel, comme une source de profit».

08.03.2012

Un manque de panache

Femmes, Activisme, Elections présidentielles, Personnalités, Hollande, Strauss-Kahn, Parti socialisteLe prince de l'esquive. Le roi de l'évitement. Le futur Président de l'accommodement et du renoncement permanents. C'est un des portraits que la droite dresse de François Hollande. Au vu des sondages, l'opinion n'a pas l'air de trop croire à cette description. Mais hier soir, en tout cas, le candidat socialiste à l'Elysée n'a pas saisi l'opportunité qui s'offrait à lui de nuancer ce portrait peu flatteur. En faisant preuve de panache.

C'était à La Cigale: la salle de spectacles du 18ème arrondissement de Paris. On y était, et on a trouvé que c'était assez instructif sur le tempérament de l'intéressé.

En cette veille de la Journée du 8 mars, un collectif d'associations féministes avait invité les présidentiables à venir présenter aux femmes le volet de leur projet les concernant. Le populiste Jean-Luc Mélenchon s'est prêté à l'exercice, comme l'écologiste Eva Joly et l'anticapitaliste Philippe Poutou. Dès que François Hollande ouvrit la bouche, ce fut l'incident. «DSK!», «DSK!», «DSK!» Des féministes radicales, d'un mouvement né dans la foulée des «affaires Strauss-Kahn», tentèrent de déployer une banderole, et balancèrent des brassées de tracts. Tracts où l'on pouvait notamment lire l'une ou l'autre petite phrase prononcée par François Hollande au moment de cette sordide actualité. Son «Tout cela n'est pas une affaire politique, cela n'implique pas le PS», ou son «DSK fait partie des voix que l'on veut entendre».

Le candidat socialiste aurait pu en profiter pour crever l'abcès de cette vilaine affaire. Qui, au PS, donna lieu à tant de remarques déplacées envers les femmes, à tant de commentaires complaisants envers DSK. Mais non, rien. François Hollande fit semblant de n'entendre ni les sifflets, ni les huées, ni les trois initiales fatales. Il fit mine de pas voir que les trublionnes étaient expulsées sans ménagement de la salle. Il continua à discourir, comme si de rien n'était.

femmes,activisme,elections présidentielles,personnalités,hollande,strauss-kahn,parti socialistePolitiquement, dans le chef d'un candidat socialiste dont le propre état-major de campagne comprend nombre de strauss-kahniens, c'était certainement très prudent. Surtout ne pas s'étendre sur le sujet qui fâche, surtout ne pas rouvrir les plaies, surtout faire comme si, oui oui, elles sont désormais cicatrisées.

Cependant, en observant l'homme au moment de cet incident, on trouvait que, humainement, il manquait fameusement de cran.

29.02.2012

Une imitation, si drôle

Humour, Femmes, Personnalités, Hollande, Sarkozy, Elections présidentielles«Si on vient me chercher, on me trouve». François Hollande dixit, ce matin sur une radio. Le candidat socialiste à l'Elysée a répété combien Nicolas Sarkozy avait, selon lui, été «inélégant» et «discourtois» en s'en prenant à sa compagne: la journaliste de télé Valérie Trierweiler – on en parlait hier, dans ce blog.

Valérie qui? «Valérie Rottweiler» Ainsi l'intéressée a-t-elle été rebaptisée par... Ségolène Royal.

Mais, précisons tout de suite: pas par la Ségolène Royal dans la vraie vie. Par Ségolène Royal telle qu'elle est imitée par Nicolas Canteloup. L'humoriste prend un plaisir facétieux à camper une Ségolène Royal en marâtre insupportable, d'une mauvaise foi crasse, aigrie comme jamais à l'égard de François Hollande, donc ne manquant pas une occasion d'écorcher le nom de la femme qui, désormais, partage la vie de son ex.

Et cela ne rate jamais: chaque fois qu'on entend cette Ségolène Royal-là, dans la bouche de Nicolas Canteloup, on s'esclaffe. Chaque fois que, dans son imitation, revient cet impayable «Valérie Rottweiler», on pouffe. Chaque fois, ce faisant, on culpabilise (un peu). Le portrait dressé par cette imitation est vraiment odieusement caricatural. C'est très moyen de se moquer ainsi de la vie privée des gens, et a fortiori de leurs chagrins d'amour. Et on est là dans un registre clairement sexiste: ce n'est jamais François Hollande qui est imité en train de pester contre les nouvelles liaisons de son ex. Donc, c'est vraiment très incorrect.

humour,femmes,personnalités,hollande,sarkozy,elections présidentiellesMais on ne peut pas s'en empêcher: on trouve ce surnom canin si bien trouvé et cette voix de Ségolène Royal – son timbre: tellement particulier – si bien imitée que, chaque fois, on est mort de rire.

Dans une autre vie, c'est promis, on expiera ces ricanements si peu charitables.

28.02.2012

Une vision de la femme

Les ex et la campagne présidentielle. Hier soir, sur une télé d'info continue, c'était le thème de l'édito politique quotidien. Cecilia ex-Sarkozy qui, deux fois ces derniers jours, a dit aux médias combien elle croyait aux chances électorales de son ex. Et Ségolène Royal qui, ce mardi pour le deuxième jour consécutif, arpente le Salon de l'agriculture où elle va croiser son ex, François Hollande, dont elle ne manquera pas de faire à nouveau l'éloge. Le confrère éditorialiste en déduisait qu'au moins la course à l'Elysée avait ça de bon de ramener la paix dans des ménages hier brouillés à mort.

En l'entendant, on trouvait tout de même assez macho cette vision utilitariste de la femme, prise comme faire-valoir d'un homme.

Une heure plus tard sur une autre chaîne, François Hollande s'en prenait au «manque d'élégance» de Nicolas Sarkozy. Qui, le matin même, sur une radio, avait ironisé sur l'actuelle compagne du socialiste, Valérie Trierweiler. Parce qu'elle travaille pour une télé de Vincent Bolloré, ce milliardaire qu'on a beaucoup reproché à Nicolas Sarkozy de fréquenter.

Là encore, on avait un mouvement de recul. Devant cette vision de la femme soit punching-ball (s'en prendre à son adversaire en ciblant sa compagne), soit pauvre créature à défendre (Valérie Trierweiler elle-même ayant réagi dès hier matin à la pique sarkozyste, a priori il n'y avait pas besoin d'en rajouter).

On repensait à tous ces «merveilleux!» et autres «fabuleux!» que Carla Bruni avait lancés, il y a dix jours aux micros et aux caméras, en guise de commentaires des prestations de campagne de son mari désormais candidat. Le faire-valoir, à nouveau.

On réalisait alors que, la semaine prochaine comme tous les 8 mars, c'était la Journée internationale des Femmes. On se demandait si, en France, en haut lieu y compris, on n'avait pas encore des progrès à faire, en termes de vision des intéressées.

31.01.2012

Un toupet

Nicolas Sarkozy n'est donc pas encore officiellement candidat à un nouveau mandat. Dimanche soir, à la télé, il a répété que sa priorité devait continuer à aller à la conduite du pays, par ces temps de crise. Mais, le moment venu, «je ne me déroberai pas», a-t-il aussi confirmé, et ce moment «approche». Aucune surprise à attendre, dès lors.

Nicolas Sarkozy n'est pas encore officiellement candidat, mais la page web intitulée http://www.nicolassarkozy2012.fr/, elle,existe déjà. Et elle est squattée par une intruse. La dame officie dans un tout autre domaine que la haute politique. Mais, avec un toupet assez comique, elle a manifestement jugé que cette usurpation de nom de domaine lui serait profitable, en termes de pub.

Cela fait des semaines, voire des mois, que l'effrontée sévit à cette page. Au vu et au su de tout le monde politique, et donc y compris des services de l'Elysée. Il n'empêche, malgré tout ce temps, les pandores (électroniques) ne l'ont visiblement pas encore délogée de cette adresse hautement fatidique.

D'où la question qui, plus que jamais, s'impose: mais que fait la police?

17.01.2012

Un bilan assez éclairant

18. C'est, depuis la mi-avril, le nombre de femmes qui, à Paris et dans sa proche banlieue, ont été verbalisées par les policiers pour infraction à la fameuse loi qui, depuis le printemps, interdit le port du voile intégral musulman (niqab, etc.) sur la voie publique. «Au total, il a été procédé à 28 contrôles» dans cette région, lit-on dans le dernier point qu'a fait la préfecture de police sur la question: «douze contrôles à Paris, dont six verbalisations, cinq dans les Hauts-de-Seine et autant de verbalisations, onze contrôles en Seine-Saint-Denis dont sept verbalisations, aucun contrôle ni verbalisation dans le Val-de-Marne».

18 femmes verbalisées, donc. En 10 mois d'application de la loi.

Cela relativise assez bien, trouve-t-on, les cris d'orfraie qu'avaient poussés certains ministres et parlementaires sarkozystes l'an dernier, selon lesquels le port du niqab était en train de prendre des proportions affolantes en France, et y menaçait l'ordre public.

Dommage, cela dit, que la préfecture n'informe pas davantage sur les circonstances ayant donné lieu, à Paris, à ces six verbalisations. Cela permettrait de vérifier si, parmi ces femmes verbalisées, ont figuré, ou pas, ces très riches et respectables touristes intégralement voilées venues des Emirats ou autres, qui sont les hôtes de marque réguliers des palaces multi-étoilés de la capitale ainsi que des maroquineries, joailleries et boutiques de haute couture de l'avenue Montaigne ou de la place Vendôme.

Juste pour savoir si le rétablissement de l'autorité républicaine dans les «zones de non-droit» – ainsi que les plus hautes autorités de l'Etat ont jadis désigné les banlieues difficiles – a concerné également, et équitablement, les quartiers les plus chics du pays.

21.12.2011

Une «idée reçue»

Paris, Etrangers, Art de vivre, Sécurité, Police, FemmesPour en finir avec ce sujet de la communauté chinoise de Paris, et l'évoquer de manière plus positive, depuis dix ans que l'on vit dans la capitale française, nous épate le dynamisme commercial de cette communauté. Qui, dans notre onzième arrondissement, est particulièrement visible et spectaculaire.

Il y a plusieurs années déjà, les Chinois y ont massivement investi dans le secteur des grossistes de textile. Ensuite, ils ont jeté leur dévolu sur les bars-tabac. Plus récemment, ils ont repris ou créé quantité de petites boutiques d'onglerie. Dernière évolution en date: depuis quelques mois, les salons de massage asiatiques poussent comme des champignons, à tous les coins de rue presque, dans le onzième comme dans d'autres arrondissements.

A ce sujet, peut-on/faut-il/ être toujours sûr du caractère, disons, sérieux de ces salons? Ou est-on fondé à présumer que, pas rarement, y sont dispensées, disons, des prestations physiques, féminines et tarifées d'un autre ordre? Bonnes questions. Auxquelles la préfecture de police de Paris vient de répondre.

Paris, Etrangers, Art de vivre, Sécurité, Police, FemmesSelon ses calculs,«la capitale recense près de 400 salons de massage, qui proposent majoritairement des massages orientaux». Et, insiste la police, ils «ne sont pas, contrairement aux idées reçues, des repères de prostitution. En effet, moins d’une vingtaine de salons parisiens se livreraient à une activité prostitutionnelle».

Remarquez, toutefois, dans cette phrase, le discret usage du conditionnel...

Les dérives qu'imputent les on-dit à cette activité commerciale relèvent donc largement de l'«idée reçue». Mais elle n'en fait pas moins l'objet d'une surveillance policière attentive, «quotidienne» même.

Ainsi, nous apprend la préfecture, les «policiers patrouilleurs» surveillent notamment, du coin de l'oeil, la présence éventuelle, dans et aux alentours de ces salons, de personnes «en tenue aguichante». Pas plus tard que la semaine dernière, d'ailleurs, des enquêteurs de la police judiciaire «ont interpellé pour proxénétisme aggravé deux gérants de salons de massage et l’associé de l’un d’eux, dont les établissements étaient implantés dans les 9e, 10e et 14e arrondissements». Et, sur l'ensemble de l'année 2011, ont été recensés, dans la capitale, «treize établissements en infraction à la législation sur le travail ou sur les étrangers: personnel non déclaré ou en situation irrégulière sur le territoire, le plus souvent originaire de Chine ou de Thaïlande».

Paris, Etrangers, Art de vivre, Sécurité, Police, FemmesMais il s'agit donc de cas isolés. Avis aux Parisiens amateurs de «bains de pied aux herbes chinoises» (90€, tout de même, dans les salons de notre onzième) ou de «massage ayurvédique indien, prodigué aux huiles chaudes» (55€).

On demanderait bien ça comme cadeau de Noël.

25.11.2011

«Une hausse très significative»

femmes,sécurité,policeCe vendredi, comme chaque 25 novembre, c'est la «Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes». A Paris, il n'y a pas si longtemps, femmes et hommes ont manifesté contre cette plaie (relire ici) – qui nous a déjà pas mal (pré)occupé dans ce blog (relire ici ou, par exemple).

Si on a choisi d'y revenir à nouveau aujourd'hui, c'est parce que viennent de sortir des chiffres assez mauvais en la matière. Ils confirment qu'en France, la violence envers les femmes ne recule pas, en tout cas ne recule pas fondamentalement. Alors que les autorités avaient désigné cette lutte comme étant la Grande Cause nationale de l'année 2010.

Selon la dernière enquête de victimation que vient de sortir l'Observatoire national de la délinquance, le nombre de vols (ou tentatives) avec violences ou menaces perpétrés contre les femmes a connu «une hausse très significative» en 2010. Une année au cours de laquelle 145.000 femmes en ont été victimes. Principales cibles des agresseurs de femmes: les adolescentes et les personnes âgées.

En ce qui concerne les violences sexuelles faites aux femmes, le constat est mitigé. Globalement, les taux des violences de ce type commises en dehors ou dans le cadre du ménage sont en baisse, «de façon significative, voire très significative» même. C'est sans doute le résultat des nombreuses campagnes de sensibilisation et de prévention du grand public, à la télévision notamment. Mais trois facteurs empêchent de se réjouir de ce chiffre pas trop mauvais.

D'abord, au total, la violence au sein du ménage frappe tout de même encore 560.000 femmes chaque année, ce qui n'est pas rien. Ensuite, la baisse «significative» des violences de ce type «concerne de façon très limitée les actes dont l’auteur est le conjoint». En la matière, le taux n'est passé que de 1,3% à 1,2%; c'est donc moins une amélioration qu'une stagnation. Enfin, ici encore, le chiffre total n'a rien de dérisoire. Puisqu'«on estime à près de 260.000 le nombre de femmes de 18 à 75 ans victimes de violences physiques ou sexuelles de la part du conjoint», en 2009 ou 2010.

femmes,sécurité,policeComme le disent et le répètent les campagnes de sensibilisation, dans l'Hexagone, une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint. L'an dernier, 146 décès de ce type ont encore été déplorés.

Pas sûr qu'une Journée internationale soit à même d'endiguer ce fléau. Mais au moins donne-t-elle l'occasion d'une fois de plus évoquer le problème, notamment dans les médias. Ce qui, sans doute, ne peut pas faire de mal.

04.11.2011

Une violence quotidienne

femmes,activismeDemain à Bastille, s'élancera une grande marche «contre les violences faites aux femmes». «Au pays des droits de l’Homme, où sont les droits des Femmes?», interroge le manifeste signé par les nombreuses associations appelant à cette manifestation. L'initiative n'est pas sans lien avec les pénibles scandales ayant défrayé la chronique, ces derniers mois. Car ces «affaires récentes impliquant des hommes politiques ont mis en évidence un déni profond des violences faites aux femmes. Les insultes sexistes, les propos méprisants ont fusé et occupé écrans et colonnes de journaux. A l’heure actuelle, la confusion est grande entre libertinage et violence sexuelle, entre drague et harcèlement sexuel, entre relation sexuelle et viol».

Loin de l'hyper-médiatisation de ces affaires, «les violences envers les femmes sont quotidiennes» en France également, rappellent les organisateurs de la manifestation.

«C'est la main aux fesses dans le métro et les sifflets méprisants dans la rue. C'est la fille obligée de s’habiller en jogging pour avoir la paix. C'est la femme qui rentre à 2 heures du matin et regarde sans cesse derrière elle pour voir si personne ne la suit. Ce sont les coups, injures, insultes, menaces, humiliations, viols par le conjoint. C'est la copine, au travail, harcelée constamment par son chef qui veut la faire «passer à la casserole». C'est la lesbienne qui est violée pour lui apprendre ce qu’est «un homme, un vrai». C’est la voisine qu’on entend crier et pour laquelle on hésite encore à appeler les flics. C'est la femme qui n’a jamais pu dire que son père l’a violée dans sa jeunesse et que cela a fichu sa vie en l’air». Pour ne citer que ces exemples. 

femmes,activismeDemain, les marcheuses et, espérons-le, marcheurs battront le pavé parisien pour réclamer «des campagnes d’information et de sensibilisation pérennes auprès de tous les publics», «la mise en place d’une véritable éducation non sexiste à tous les niveaux de l’éducation nationale», l'octroi du statut de réfugié «pour toute femme demandant l’asile parce que victime de violences sexistes, sexuelles ou lesbophobes», ou encore «une réelle politique de logements prioritaires pour les femmes en danger».

Les manifestant(e)s achèveront leur marche aux environs de Matignon, et ont sollicité un rendez-vous avec François Fillon.

On est curieux de voir si le Premier ministre prendra la peine d'interrompre son week-end, pour cette occasion.

02.11.2011

«Une obligation humaine»

paris,social,pauvreté,sarkozyCela nous mène évidemment très loin des fastes de Cannes, où se tient ces jours-ci le sommet du G20, qui réunit les représentants des 20 puissances les plus riches du monde. Mais c'est cela aussi, Paris – «Ville lumière» oui, mais pas pour tout le monde.

Ce week-end-end, une femme SDF, âgée de 38 ans, a accouché dans la tente qui lui servait d'abri, dans une rue du quatorzième arrondissement. Mais son bébé, une petite fille, n'a pas survécu, malgré les secours que lui ont prodigués les pompiers et une équipe du SAMU appelée en renfort. Avant leur intervention, ont précisé les agences de presse, «la maman appelait au secours et portait son enfant dans ses bras», en pleine rue.

S'il est besoin de rafraîchir les mémoires, cet engagement pris par Nicolas Sarkozy en décembre 2006, alors qu'il briguait l'Elysée: «Je veux, si je suis élu Président, que d’ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid. Parce que le droit à l’hébergement, je vais vous le dire, c’est une obligation humaine. Mes chers amis, comprenez le bien: si on n'est plus choqués quand quelqu’un n’a pas un toit lorsqu’il fait froid et qu’il est obligé de dormir dehors, c’est tout l’équilibre de la société qui s’en trouvera remis en cause».

Ce n'est pas très charitable, voire c'est assez minable, de rapprocher cette promesse non-tenue et ce drame atroce?

Difficile d'avoir des scrupules quand, l'autre jour, l'ex-ministre sarkozyste Patrick Devedjian s'est frotté les mains en faisant, si cyniquement, des spéculations électorales sur le dos de la misère. Pour lui, il sera très facile à la droite de reprendre Paris à la gauche, aux élections municipales de 2014. Il lui suffira d'«expliquer que le Paris de Bertrand Delanoë se résume, avec la flambée de l'immobilier et celle de la pauvreté, à ISF et SDF».

28.09.2011

Un respect, ou pas

femmes,gouvernement,artsOn parlait des femmes, hier. Dernièrement, dans nombre de rues de notre onzième arrondissement, un artiste anonyme a apposé des affiches sur lesquelles est dessiné un tronc de femme nue. Sans autre mention, slogan ou inscription donnant au passant une clé pour décoder son oeuvre. Juste un dessin – très beau, au demeurant.

 

Et, ce qui est vraiment frappant, c'est de voir combien, jour après jour, cette œuvre demeure, la plupart du temps, parfaitement intacte. Ni dégradée, ni arrachée, ni tagguée, ni raturée, ni recouverte par d'autres créations  – comme c’est le lot habituel, à Paris ou ailleurs, de la plupart des œuvres d’art urbain, dont la durée de vie est souvent très courte.

 

Mais là, rien. Pas grand monde ne semble toucher à cette représentation du corps féminin. Qui, dès lors, continue à fièrement embellir la vi(ll)e.

 

Hier, en le constatant une nouvelle fois dans notre quartier, on a pris le parti d'y voir un signe avant-coureur d'un plus grand respect pour les femmes, dans ce pays. Pays où, faut-il le rappeler, l'affaire Strauss-Kahn a remis en lumière l’ampleur encore, dans l'opinion, du machisme, du sexisme et du beaufisme.

 

femmes,gouvernement,artsCet accès soudain d'optimisme (mesuré), on trouvait qu'il était plutôt bienvenu, le jour de la prise de fonctions, au gouvernement, du nouveau ministre des Sports, David Douillet. Quel rapport ? Ce David Douillet eut un jour, il n’y a pas si longtemps, une petite phrase effarante d'irrespect: «On dit que je suis misogyne, mais tous les hommes le sont, sauf les tapettes».

 

Réussir, en quinze mots, à cumuler misogynie et homophobie, cela méritait assurément une promotion gouvernementale.

 

Encore bravo.

27.09.2011

Une portion congrue

Un judoka remplace une karateka au sommet de l'Etat. Ce mardi matin, en effet, Chantal Jouanno, élue dimanche au Sénat, cède son maroquin de ministre des Sports à David Douillet. On change d'art martial, mais on reste, plus que jamais, dans la portion congrue en ce qui concerne la place dévolue aux femmes dans l'équipe gouvernementale.

 

Qu'on en juge: parmi les 33 membres du gouvernement de François Fillon, on ne compte plus désormais que ...4 femmes ministres de plein exercice. 4 sur 33! Il y a bien 5 autres femmes dans l'équipe, mais elles n'ont rang que de ministre déléguée ou de secrétaire d'Etat. Même en comptant large, cela ne fait donc jamais que 9 femmes sur 33 personnes. On reste loin de l'équilibre hommes-femmes au sommet de l'Etat.

 

A part cela, en 2007, avant d'accéder à l'Elysée, Nicolas Sarkozy avait fait cette promesse: «Je constituerai un gouvernement de 15 ministres, pas un de plus. Et, bien sûr, avec la parité».

 

Bien sûr.

 

 

PS: Sinon, le nouveau Sénat élu dimanche compte royalement 22% de femmes. Les médias français, ces 48 dernières heures, ont peu dit que cette chambre restait donc très loin de la parité, insistant plutôt sur le fait que le Sénat, en la matière, faisait mieux que l'Assemblée nationale, où l'on ne compte même pas 22% de députées. C'est, évidemment, une façon de voir les choses.

28.07.2011

Un pastiche

MasTacsignature.jpgCe doit être la rançon de la gloire. Cela concerne Miss.Tic: l'artiste dont on parlait il y a deux jours, qui a participé à la confection du nouveau pochoir géant du quartier Beaubourg. Miss.Tic: la papesse du Street Art parisien, dont les pochoirs de jolies jeunes femmes délurées, aux petites réflexions spirituelles et décalées, font la pluie et le beau temps dans les rues ici, depuis le milieu des années 80. La rançon de la gloire? Miss.Tic a désormais un pastiche.

On en avait déjà entendu parler, mais on ne l'avait encore jamais constaté de visu: sur un mur ou l'autre, dans la ville. C'est désormais chose faite. L'autre soir, en effet, de retour du bureau, flânant le nez en l'air dans une ruelle de notre onzième arrondissement, on est tombé sur la soeur jumelle revendiquée de Miss.Tic: la délicieusement dénommée... Mass.Toc.

Le style des pochoirs signés Mass.Toc rappelle tant ceux de Miss.Tic qu'au début, on s'est demandé si ce n'était pas une auto-parodie de l'intéressée.

Un énième produit dérivé, en quelque sorte, imaginé par une artiste qui en a déjà tant (des fournitures scolaires à la maroquinerie, en passant par la lingerie). Une dernière trouvaille marketing d'une miss née dans la rue certes, mais à présent si institutionnalisée qu'elle figure sur des timbres-poste, est exposée dans les galeries de Saint-Germain des Prés (relire ici), ou sert d'identité visuelle à une marque de voitures de location.

masTacgrosse.jpgMass.Toc n'en est pas encore là, en termes de reconnaissance. Ses silhouettes, il est vrai, loin des sylphides de Miss.Tic, renvoient plutôt à... Beth Ditto, la gironde (et épatante) chanteuse de Gossip. Mais elles aussi aiment les jeux de mots en forme de clin d'oeil: «J'assure en chair», proclamait la dame aux formes généreuses le soir où on l'a croisée, sur son mur carrelé.

Mass.Toc: une critique de la plastique toujours si irréprochable des femmes de Miss.Tic? On lui souhaite, en tout cas, longue vie à elle aussi. Il n'y a pas de raison, trouve-t-on, que l'accès aux murs de Paris soit réservé à un certain tour de taille.

25.07.2011

Une animalité

La nouvelle de ce fait divers, qui était survenu la veille à Paris, est tombée en fin d'après-midi, vendredi. Elle y a fait un peu de bruit. Avant d'être complètement balayée par la tuerie en Norvège, il est vrai sans commune mesure en termes de gravité et de sauvagerie. Revenons-y, pourtant, à ce fait divers parisien. Qu'on ne trouve pas anodin.

Les faits se sont déroulés dans le vingtième arrondissement, entre Père Lachaise et Nation. L'AFP les a relatés de la sorte: «Une femme a été retrouvée à terre, au pied de son fauteuil roulant, rue des Orteaux. Elle a été retrouvée en bas de chez elle par un voisin, qui a prévenu la police. Elle a raconté aux policiers avoir été frappée et poussée à terre par un inconnu, qui lui a dérobé son sac à main. Elle souffre de plusieurs hématomes, a précisé la source policière. Le 2ème district de police judiciaire (DPJ) a été saisi de l'enquête»

Cette histoire a beau se terminer par quelques bleus seulement pour l'intéressée, elle en dit long, trouve-t-on. S'attaquer à une femme, à une handicapée en plus, et, pour couronner le tout, à une personne immobilisée dans un fauteuil roulant, donc peu à même de se défendre. «L'homme est un loup pour l'homme», dit l'adage. Parfois, en effet, l'humain n'est pas plus évolué que la bête. Il s'attaque d'abord et avant tout au plus faible.

20.07.2011

Une autre prohibition

Même si c'est un brin incongru vu la météo du moment, demain jeudi c'est la grande ouverture de «Paris Plage», dixième opération du nom. La préfecture de police, toujours elle – et qui, décidément, multiplie les mises en garde, ces jours-ci – vient d'en profiter pour rappeler quelques règles de bienséance aux futur(e)s estivant(e)s parisien(ne)s.

 

Textuellement: «L’été est là, le thermomètre monte, les tenues se font plus légères, mais Paris peut-il être un nouvel Eden pour Adam et Eve? Et bien non! Toute tenue qui laisserait entrevoir les parties génitales ou la poitrine constitue une exhibition sexuelle». Dès lors, toute personne n'ayant pas «un comportement conforme aux bonnes mœurs et à l’ordre public» s'expose à une amende de 38€. Voire carrément à une amende de 3 750€ et à deux mois de prison, si son «attitude équivoque» permet de soupçonner un «racolage passif».

 

Voilà prévenues notamment les adeptes du monokini.

 

Il y a quelques étés, en juillet 2006 précisément, l'écologiste Denis Beaupin, adjoint au maire Bertrand Delanoë, avait dénoncé un tel règlement vestimentaire, selon lui d’un autre âge. «Sur une plage, il est normal que les gens souhaitent profiter du soleil et porter un string ou se mettre en monokini!», s'était-il indigné. Dans la foulée, sur le site même de «Paris Plage», une poignée de manifestantes avaient, la poitrine découverte, protesté contre cette prohibition. Ce qui leur avait valu, outre une convocation à la police, un franc succès médiatique.

 

Cinq étés plus tard, pas le moindre raffut de la sorte. S'assagirait-on, à Paris?