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05/05/2011

Un peu de détente

dskporsche.jpgLes politiques et les journalistes s'amusent, en ce moment. Histoire d'un peu relâcher la pression. En cette période déjà si nerveuse de précampagne électorale présidentielle, où ils ont si peu l'occasion de se détendre – et cela ne fait que commencer: on en a encore pour un an. On a donc été bien amusé, nous aussi, ce matin, au saut du lit. En entendant, sur une radio, le dernier pastiche en date de slogan de campagne électorale suggéré par les facétieux à Dominique Strauss-Kahn.

Ce slogan détourne le fameux et mémorable «La Force tranquille», de François Mitterrand. Appliqué à DSK, il devient... «La Porsche tranquille». Si d'aventure cela vous avait échappé: lors de son dernier passage à Paris, le probable candidat à l'investiture socialiste à l'Elysée s'est fait paparazzier, avec Anne Sinclair, en train de sortir d'une rutilante Porsche. Pour les connaisseurs, une Panamera S: «une voiture à 10 plaques!», paraît-il. Ledit bolide n'appartient pas au patron du FMI, mais à un de ses amis, a précisé l'entourage de DSK. Il n'empêche, ce cliché volé tombe vraiment mal, pour un politique qui peine à se défaire d'une certaine image bling-bling: le ryad à Marrakech, l'appartement place des Vosges, l'immense fortune de son épouse, etc. C'est même une erreur de com' de béotien, qui n'a pas fini de faire jaser, venant d'un DSK pourtant censé coaché en permanence par une escouade de communicants de haute volée.

Dans le camp DSK toujours, un autre slogan fait fureur, paraît-il. L'inspiration, cette fois, n'est pas mitterandienne mais nord-américaine. Comme Obama a conquis l'Amérique avec son «Yes we can», certains strauss-kahniens s'encouragent en scandant des... «Yes we khan»...

kitesurf.jpgPour l'anecdote, il se raconte aussi que, dernièrement, a vu le jour, dans un autre état-major de présidentiable, une autre déclinaison hexagonale du fameux slogan d'Obama. Il s'agit cette fois de Nicolas Hulot. Dernièrement, ses collaborateurs lui ont offert un tee-shirt. Sur lequel figurait le slogan... «Yes I kite». En référence à la passion de l'animateur télé pour le kite-surf...

On a gardé le meilleur pour la fin: la perle langagière de la semaine. Elle émane d'un ponte de l'UMP, Marc-Philippe Daubresse. Mardi, soit très fatigué, soit lui aussi très facétieux, ce cacique du grand parti sarkozyste a commis un gros lapsus. Il concernait à nouveau DSK. On vous le donne tel quel: «Nicolas Sarkozy a bien fait de proposer Nicolas Strauss-Kahn comme président du FMI, à l'époque». Merveilleux.

03/05/2011

Un gros business

HULOT.jpgLes élections présidentielles de 2012, un gros business: on en parlait hier. Elles constitueront aussi une affaire en or pour les instituts de sondages – la France n'est pas pour rien le pays au monde qui produit et consomme chaque année le plus grand nombre de sondages à caractère politique. Dès à présent, d'ailleurs, cette folie sondagière ne nous épargne rien. On en a encore eu l'illustration l'autre jour, avec cette enquête d'opinions qu'on trouve d'un niveau assez consternant.

La question? «Avec quel leader politique partiriez-vous en vacances?» L'intérêt avancé? Mesurer, «sous un angle décalé, l’intérêt que suscitent les personnalités politiques auprès des Français». L'objectif commercial probable derrière tout cela? De la pub en masse pour le commanditaire de ce sondage: un site de voyages en ligne, qui, grâce à cette enquête, a vu sa marque citée à chacune des innombrables reprises médiatiques de ce sondage.

Pour ceux que cela intéresse, Nicolas Hulot domine le palmarès des «vacanciables» politiques pour «un trek au bout du monde» ou «un safari en Afrique». Nicolas Sarkozy, en revanche, n'apparaît qu'en quatorzième position des personnalités citées par les sondés. Et Dominique Strauss-Kahn n'est pas mal placé pour les mini-trips urbains culturels et branchés.

Pour arriver à ces données si passionnantes, «1 050 internautes âgés de 18 ans et plus, représentatifs de la population française internaute (critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle et de région, source Insee)» ont été dérangés. Et ont donc été priés de donner leur avis sur une question aussi idiote (la mission des dirigeants politiques n'étant pas précisément d'être de bons compagnons de voyage) que virtuelle (aucun répondant ne bronzera évidemment jamais sur le yacht du milliardaire Bolloré en compagnie de Nicolas et Carla Sarkozy).

Plus intéressant aurait sans doute été de venir avec un sondage montrant que cet été encore, près d'un Français sur deux n'aura pas les moyens de partir en vacances. Mais cela aurait été moins glamour, moins fun et donc moins vendable – cela aurait fait moins de buzz, comme on dit.

Business is business.

(*)Pas trop désireux de rajouter encore de la pub à la pub, une fois n'est pas coutume, aucun lien dans cette note ne dirige vers ladite «enquête». Mais les lecteurs que cela passionne ne devront sans doute par chercher longtemps avant de trouver par eux-mêmes, sur le net, ses résultats.

15/04/2011

Un ton si dédaigneux

François Bayrou aurait-il besoin lui aussi d'un peu de vacances? C'est la question que l'on s'est posée hier. En entendant, sur une radio, le plus rural des présidentiables français comparer à «la saison des champignons» la multiplication, ces jours-ci, des déclarations de candidature à l'Elysée. On a toujours été bien plus urbain que rural, mais on sait tout de même que les champignons, c'est plutôt à l'automne.

On se demandait donc si le Béarnais était tombé de son tracteur, quand il a aussitôt rectifié le tir. «D'habitude, la saison des champignons c'est à l'automne. Là, on est dans la saison des champignons de printemps». On était soulagé, notre culture générale rurale n'était pas prise en défaut: la saison des champignons, ce n'est pas maintenant.

Ce n'est visiblement pas non plus la saison de la cordialité, dans la classe politique en ce moment. Témoin, cette réflexion de Dominique de Villepin, hier toujours, visant Nicolas Hulot ou Jean-Louis Borloo. «Nous sommes dans une période printanière, de kermesse politique, où l'on note beaucoup d'appétit, beaucoup de nouveaux visages. Le paysage politique va se clarifier au cours des mois».

Une «kermesse». Des «champignons». Voilà qui n'a rien de très confraternel, entre présidentiables potentiels. Et qui est même franchement dédaigneux. Quelques phrases plus tard, François Bayrou se nuançait, à nouveau: «Je n'ai pas envie de parler de manière condescendante ou méprisante des gens qui, après tout, ont bien le droit de dire qu'ils en ont envie (de l'Elysée). Mais entre en avoir envie et que la démarche choisie soit claire aux yeux des Français, alors là, il y a une très grande marge».

C'était déjà dit sur un ton plus convenable. Et cela montrait que le centriste lui-même s'en était bien rendu compte: sans cette reformulation, il serait vraiment passé, au yeux de l'auditeur moyen, pour quelqu'un de très arrogant.

14/04/2011

Un petit coup de fatigue?

Fujiyama.jpgUn petit coup de fatigue des politiques français, en ce moment? Un grand besoin de vacances? Ces derniers temps, en tout cas, s'accumulent, en haut lieu à Paris, les absences, pataquès et lapsus. Et encore aura-t-on la charité de ne pas s'appesantir sur le cas de Rachida Dati. Qui, décidément, n'en rate (verbalement) pas une, ce qui a l'air de faire rire la terre (internet) entière... Au-delà donc de l'ex-garde des Sceaux, on a eu droit, depuis le début de cette semaine, à un festival d'étourderies.

Il y a d'abord eu la (décidément impayable) ministre Nadine Morano. De grand matin en direct sur une radio, elle était interrogée sur Carlos Ghosn: le PDG de Renault, le constructeur automobile actuellement en plein scandale. Le plus sérieusement du monde, la ministre a dit ne pas connaître... une chanson d'un tel titre, du chanteur Renaud. Encore bravo. Il y a eu aussi, hier à l'Assemblée nationale, ce lapsus de François Fillon. Le Premier ministre s'exprimait sur l'exploitation des gaz de schiste. Mais sa langue a fourché: il a parlé de... «gaz de shit». Il y a eu enfin, hier toujours, cette bourde lors de la déclaration de candidature à l'Elysée de Nicolas Hulot. C'était à propos du nucléaire. L'animateur télé lui-même n'a pas évoqué le sujet – ce qui, au passage, était un peu curieux. Mais l'hôte de son grand raout médiatique, maire écologiste d'une ville de la banlieue parisienne, a, lui, fait allusion à la catastrophe de Fukushima. Il en a même parlé à deux reprises. Mais au lieu de dire Fukushima, il a chaque fois prononcé... Fujiyama. Ce qui n'a évidemment rien à voir: c'est le nom de Fuji-san, la montagne sacrée et le symbole du pays du soleil levant. Encore bravo, là aussi, venant qui plus est d'un élu Vert...

Fujiyama, pour Fukushima. Cela nous a rappelé ce lapsus qu'avait commis naguère le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer. Il prononçait un petit discours de bienvenue à l'attention d'une délégation de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, qu'il accueillait ce jour-là. Cette délégation était conduite par un Turc, un certain Mevlüt Cavusoglu. Mais Bernard Accoyer avait écorché son nom. Et l'avait rebaptisé Mevlüt... «Ceaucescu», du nom de l'ex-dictateur roumain...

22/01/2007

Une décision

Malgré le décès inopiné de l’abbé Pierre, quelques heures plus tôt, il y avait la grande foule ce matin au Palais de la Découverte, à la conférence de presse de Nicolas Hulot. Quelque 170 journalistes s’y étaient inscrits, et une cinquantaine de confrères supplémentaires y ont accouru à la dernière minute.
Une grande agence de publicité parisienne avait été chargée d’organiser les relations presse de l’événement. La discipline était de mise. Avant que l’animateur télé monte sur scène – velours bleu (la couleur notoirement la plus télégénique) et voilages blancs (symbole de virginité politicienne?) -, un de ses conseillers a militairement prévenu les journalistes qu’ «un maximum de silence» était requis d’eux pendant la déclaration de l’intéressé. Les photographes aussi ont été sommés de ne pas immortaliser Nicolas Hulot avant que celui-ci soit bien «mis en situation» derrière son pupitre de verre, ni d’utiliser de flashs pendant son discours.
A 10h44 précisément, l’animateur a, une fraction de seconde, suspendu son discours. Puis, la voix nouée par l’émotion, a confirmé qu’il ne serait pas candidat à l’Elysée. L’un ou l’autre «Oh!» ont été entendus dans l’assemblée. Une jeune femme, visiblement inconsolable, a fondu en longs et silencieux sanglots. Quelques applaudissements sobres et polis ont salué la fin de son intervention.
A son issue, contrairement à ce qui était pressenti, Nicolas Hulot a accepté de répondre à une poignée de questions. De nombreux journalistes présents, il est vrai, avaient fait savoir qu’ils apprécieraient peu d’être transformés en scribes dociles, l’exclusivité des commentaires de l’animateur ayant à l’origine été réservée au 20 Heures de TF1, son employeur.
Le décès de l’abbé Pierre (qui réduira vraisemblablement l’espace réservé par ce JT à Nicolas Hulot) au moins autant que la sollicitude humble de l’homme de télé, ostensible ce matin, expliquent sans doute la modification de dernière minute de son plan de com.
B.DL.