27.04.2012
Un «humour» vraiment pénible
Ce qui est parfaitement admissible et même franchement comique dans la bouche d'un humoriste-imitateur (relire ici) ne l'est pas du tout dans celle d'un politique. On l’a bien vu hier.
Le député sarkozyste Lionnel Luca (figure de proue de l'aile la plus à droite de l'UMP) s'en est pris, lors d'un meeting, au présidentiable socialiste en ces termes: «Hollande, qui a retrouvé une femme: Valérie "Rottweiler". Et c'est pas sympa pour le chien, ça!» Cette tirade en suivait d’autres, du même acabit sexiste et machiste, visant d'anciennes ministres sarkozystes et la candidate écologiste à la présidentielle. «Fadela Amara, ben moi j'ai toujours préféré Rachida Dati, d'abord parce qu'elle est moins moche et parce qu'elle a fait campagne pour le Président ». Eva Joly, «le seul truc à récupérer chez elle, c'est ses lunettes, elles sont modernes. Eva Joly, ouverte, généreuse... J'ai une pensée émue pour ceux qui sont passés entre ses mains».
Nicolas Sarkozy en personne, hier soir à la télé, s’est dit «désolé» de ce dénigrement de la compagne de son adversaire. Auparavant, plusieurs caciques de l’UMP, assez gênés, avaient déploré des propos qui «ne sont pas du niveau d'une campagne électorale». Et la propre porte-parole du candidat UMP, Nathalie Koscisuko-Morizet, avait sèchement rappelé que «misogynie et insultes ne peuvent tenir lieu d'argumentaire politique».
Le plaisantin n’a pas du tout apprécié d’être ainsi désavoué dans et par sa propre famille politique. «Cinq minutes de plaisanteries, sur 1h20 de conférence!», a-t-il fulminé. «Si on ne peut plus faire de l'humour, même si on le trouve discutable, la France est vraiment mal barrée!», s'est-il indigné.
C'est surtout «La France forte» qui, avec d'aussi pénibles individus, nous semble vraiment mal barrée. En termes de dignité.
10:11 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : elections présidentielles, personnalités, femmes, humour
23.04.2012
Un nouveau candidat
François Hollande a davantage séduit les Parisiens que Ségolène Royal en 2007, et la capitale française vote beaucoup moins Front national que le reste du pays. On reviendra plus tard sur ces deux leçons parisiennes du premier tour présidentiel. En attendant, quelque chose de beaucoup plus léger – pour se détendre un peu, dans ce contexte si sérieux.
Ce week-end, un nouveau candidat à l'Elysée est apparu sur les panneaux électoraux, dans notre quartier Bastille. Ses affiches colorées ont recouvert celles, beaucoup plus sobres, des autres candidats. Le projet présidentiel de ce dénommé M. Pansa? Une version exotique du pain et des jeux de jadis: Pan & Fiesta.
On en connaît beaucoup, parmi les politiques et parmi les journalistes qui les suivent, qui en ont plus qu'assez de cette campagne, et donc qui voteraient bien volontiers pour un tel programme. On ne s'abstiendrait pas, nous non plus. Du moins si ce candidat Pansa autorise une cinquantaine d'heures de sommeil réparateur avant sa grande nouba d'intronisation.
11:47 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : elections présidentielles, personnalités, humour
10.04.2012
Une impasse?
La campagne électorale officielle pour la présidentielle ayant débuté hier lundi, c'est le retour des panneaux électoraux dans les rues de Paris, comme dans tout le pays. Mais, dans notre quartier du onzième arrondissement, les gens s'arrêtent moins devant ces panneaux tout gris et les bobines qu'ils arborent, Nathalie Arthaud, Jean-Luc Mélenchon ou Nicolas Sarkozy, que devant les affichettes qui ont été malicieusement apposées sur les plaques de l'une ou l'autre rue – dans cet arrondissement comme dans d'autres.
C'est notamment le cas Boulevard Richard Lenoir. Qui, depuis quelques jours, a été rebaptisé «Impasse Sarkozy». L'imitation de la plaque est si bien faite qu'on s'y croirait. Sous le nouveau nom allégué du boulevard, a été inscrite la mention «Ancien Président de la République 2007-2012».
A moins que cela nous ait échappé, les auteurs de ce détournement n'ont toujours pas été identifiés, et n'ont pas encore révélé leur identité. On en est donc réduit aux supputations. Militants agissant pour le compte d'un présidentiable concurrent du Président sortant? Activistes radicaux? Artistes urbains? Simples plaisantins? Ils ont réussi leur coup, en tout cas: dans la rue, sur le net et dans les réseaux sociaux, on parle énormément de ces fameuses impasses Sarkozy.
Mais l'électorat jugera-t-il lui aussi qu'avec un tel Président, le pays est dans l'impasse? Réponses les 22 avril et 6 mai prochains.
11:40 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : elections présidentielles, activisme, humour, personnalités, paris
06.03.2012
Un déguisement
A défaut d'être en tête des sondages pour l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy figure au moins en bonne place dans... la vitrine du magasin de farces et attrapes de notre quartier Bastille.
Il y a plusieurs semaines déjà qu'on avait vu cela, dans ce commerce du boulevard Beaumarchais, mais on a remarqué ce matin que cela y figurait toujours. Au milieu des masques de carnaval, des serpentins, des boas et des cotillons, trône une parure d'un personnage intitulé «Mister Bling Bling». Elle comprend, outre un masque à l'effigie de l'hôte de l'Elysée, d'inévitables lunettes solaires imitation Ray-Ban.
Jusqu'à la fin de son quinquennat, décidément, et au-delà des postures électorales du moment (le candidat du «peuple», etc.), le Président sortant aura traîné comme un boulet l'image qu'ont donnée de lui les frasques de son début de mandat: le dîner au «Fouquet's» avec les plus gros revenus du CAC 40, le séjour sur le yacht «Paloma» du milliardaire Vincent Bolloré, etc.
Juste: si les chiffres de vente de ce masque de «Mister Bling Bling» sont à la hauteur de la popularité de l'intéressé, notre commerçant du boulevard Beaumarchais ne fait pas de bonnes affaires.
Commerçant qui, pour appâter le client, a aussi mis en vitrine un masque à l'effigie de François Hollande. Parmi les déguisements de carnaval, le candidat socialiste trône, lui, souriant. Et il n'est affublé d'aucun sobriquet dénigrant.
Mais sûr que, s'il est élu en mai, il n'échappera pas davantage que son prédécesseur aux caricatures, dans les magasins de farces et attrapes et partout ailleurs. Sans doute est-ce la rançon de la gloire: le prix à payer pour le pouvoir.
11:47 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : elections présidentielles, perosnnalités, sarkozy, hollande, humour
29.02.2012
Une imitation, si drôle
«Si on vient me chercher, on me trouve». François Hollande dixit, ce matin sur une radio. Le candidat socialiste à l'Elysée a répété combien Nicolas Sarkozy avait, selon lui, été «inélégant» et «discourtois» en s'en prenant à sa compagne: la journaliste de télé Valérie Trierweiler – on en parlait hier, dans ce blog.
Valérie qui? «Valérie Rottweiler» Ainsi l'intéressée a-t-elle été rebaptisée par... Ségolène Royal.
Mais, précisons tout de suite: pas par la Ségolène Royal dans la vraie vie. Par Ségolène Royal telle qu'elle est imitée par Nicolas Canteloup. L'humoriste prend un plaisir facétieux à camper une Ségolène Royal en marâtre insupportable, d'une mauvaise foi crasse, aigrie comme jamais à l'égard de François Hollande, donc ne manquant pas une occasion d'écorcher le nom de la femme qui, désormais, partage la vie de son ex.
Et cela ne rate jamais: chaque fois qu'on entend cette Ségolène Royal-là, dans la bouche de Nicolas Canteloup, on s'esclaffe. Chaque fois que, dans son imitation, revient cet impayable «Valérie Rottweiler», on pouffe. Chaque fois, ce faisant, on culpabilise (un peu). Le portrait dressé par cette imitation est vraiment odieusement caricatural. C'est très moyen de se moquer ainsi de la vie privée des gens, et a fortiori de leurs chagrins d'amour. Et on est là dans un registre clairement sexiste: ce n'est jamais François Hollande qui est imité en train de pester contre les nouvelles liaisons de son ex. Donc, c'est vraiment très incorrect.
Mais on ne peut pas s'en empêcher: on trouve ce surnom canin si bien trouvé et cette voix de Ségolène Royal – son timbre: tellement particulier – si bien imitée que, chaque fois, on est mort de rire.
Dans une autre vie, c'est promis, on expiera ces ricanements si peu charitables.
11:40 Publié dans Dans la peau | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, femmes, personnalités, hollande, sarkozy, elections présidentielles
14.12.2011
Une disgrâce
Depuis hier, Renaud Donnedieu de Vabres est donc devenu la première personnalité politique arrêtée puis placée en garde à vue et déférée dans le scandale politico-financier dit du «Karachigate». Si vous n'aviez pas suivi cela, il s'agit de soupçons de financement politique illicite de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, en 1995 – via des commissions occultes versées en marge de la vente de sous-marins français au Pakistan, en 1994.
Ce n'est pas n'importe qui, ce Donnedieu: ex-UDF puis UMP, il fut ministre aux Affaires européennes en 2002, puis ministre de la Culture et de la Communication entre 2004 et 2007. Ce mercredi, il n'en sera probablement pas moins, comme le premier quidam venu, mis en examen.
Si on l'évoque aujourd'hui dans ce blog, ce n'est pas pour ses démêlés judiciaires. C'est pour rappeler le sens de l'humour qui était le sien, à l'occasion. Ainsi, il eut l'insigne honneur d'être nominé à la dernière édition du Prix «Humour et Politique», décerné chaque année par le Press Club de France.
La petite phrase savoureuse qui lui valut cette nomination dit à merveille, trouve-t-on, la disgrâce qui est celle de ces ministres remerciés à l'occasion de remaniements, ces éminences qui, du jour au lendemain, perdent tout: dégringolent des ors et honneurs des palais nationaux à... plus rien. Dixit ce Renaud Donnedieu de Vabres, donc, cela donnait ceci: «Passer de ministre à promeneur de son chien suppose un énorme travail sur soi-même».
On ne sait si, pour autant, l'intéressé a pris avec humour la nuit qu'il vient de passer au cachot – enfin, en garde à vue, mais cela revient à peu près au même.
11:02 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : personnalités, humour, justice
14.11.2011
Une cour de récréation
Nicolas Sarkozy se dope. Comme beaucoup de sportifs de haut niveau, de cadres supérieurs surmenés, et de leaders politiques en fin de campagne électorale. C'est ce que l'on pouvait déduire des propos du ministre Luc Chatel, hier soir sur une radio, où il était l'invité d'une grande émission politique dominicale. Il se dope, puisque, révélait ce ministre, le chef de l'Etat a... «une potion magique»!
Et puis non, finalement, il ne se dope pas. Car, précisait l'intervenant, la potion magique du chef de l'Etat, ce n'est pas un produit remontant illicite. C'est un élixir magique qu'il a en lui, de manière innée: l'élixir de l'énergie, de la ténacité, du volontarisme, et blablabla. D'ailleurs, ajoutait ce ministre un peu fayot, s'il fallait comparer Nicolas Sarkozy à un personnage de BD, ce serait assurément au Gaulois Astérix. En revanche, le socialiste François Hollande, ce serait plutôt «Babar, le roi des éléphants».
Ce matin sur une autre radio, un proche du candidat socialiste à l'Elysée ne décolérait pas. «Franchement... Quand on est ministre de l'Education, on n'est pas dans une cour de maternelle!», s'époumonait-il. «Cette campagne présidentielle doit avoir une autre tenue », et cette histoire de Babar «en dit long sur la situation de la droite».
Un niveau de cour d'école? L'an dernier, un éminent baron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, n'avait rien trouvé de mieux que de moquer le côté «un peu balourd, un peu gauche» du chef de file des députés UMP, Christian Jacob, en le rebaptisant Rantanplan, du nom du cabot niais de Lucky Luke.
De part et d'autre, donc, encore bravo.
11:23 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : élections présidentielles, personnalités, politique, bande dessinée, humour
24.06.2011
Une distinction
Un peu d'humour, pour bien terminer la semaine. Et car il est plus que temps d'en parler, s'agissant d'un prix qui a été décerné à Paris il y a quatre jours déjà – soit il y a une éternité, au rythme effréné où se déroule l'actualité. La distinction en question, c'est le «Prix Humour et Politique» millésime 2011, prix dont on a déjà parlé dans ce blog auparavant (voir ici, là, là ou encore là).
Cette année, c'est l'ex-Premier ministre socialiste Laurent Fabius qui a été récompensé. Pour ce commentaire à propos de la Tontonmania ayant entouré la commémoration, le 10 mai dernier, des 30 ans de l'élection de François Mitterrand à l'Elysée: «Mitterrand est aujourd’hui adulé, mais il a été l’homme le plus détesté de France. Ce qui laisse pas mal d’espoir pour beaucoup d’entre nous…».
Pas mal, en effet.
Parmi les quinze perles, volontaires ou non, qui avaient été présélectionnées par le jury, on aimait assez celle du porte-parole du gouvernement, François Baroin, sur son ex-collègue MAM alors en plein scandale à propos de ses vacances tunisiennes: «Michèle Alliot-Marie conserve toute sa légitimité à Saint-Jean-de-Luz» (la circonscription basque de l'intéressée). Ou cette métaphore naturaliste, si mignonne, de François Bayrou: «Rassembler les centristes, c’est comme conduire une brouette pleine de grenouilles: elles sautent dans tous les sens». De même que ce constat de Gabriel Cohn-Bendit, le frère de Dany l'écologiste: «Les Verts sont capables du meilleur comme du pire; mais c’est dans le pire qu’ils sont les meilleurs». Mais, aurait-on fait partie du jury que peut-être aurait-on récompensé, ex-aequo avec Laurent Fabius, l'ex-ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, pour sa réflexion amère mais si lucide, dans ce monde impitoyable qu'est la courtisanerie politique: «Passer de ministre à promeneur de son chien suppose un énorme travail sur soi-même».
Encore bravo à tous. Et merci: en politique, en France comme ailleurs, mais en France particulièrement ces derniers temps, on a si peu l'occasion de (sou)rire.
12:18 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, personnalités, fabius, gouvernement
18.05.2011
Un défoulement
Ce matin enfin, on a eu/pris/ le temps d'aller traîner un peu sur le net, pour voir ce qu'il s'y disait sur cette fameuse «affaire DSK». Et on n'a pas été surpris de constater que, trois jours plus tard, c'y était toujours la folie. Folie des plaisanteries grivoises, des pastiches, des chansons, des jeux de mots, parodies, complots ou autres moqueries à deux balles. Du genre, et pour s'en tenir à ce qui est mentionnable dans un tel blog: «La débandade», «DSK dans de sales draps», «Il a cassé sa pipe», «Le festival de Kahn» ou «Dominique nique nique»...
Il y a sans doute plusieurs lectures possibles à ce défoulement planétaire.
La première est lénifiante. Ce défoulement n'illustre jamais qu'un certain côté potache d'internet, auquel il ne faut pas prêter plus d'attention ni accorder plus d'importance que cela.
La deuxième lecture est plus psychologisante. On ne cesse de l'entendre et de le lire dans les médias français, depuis trois jours: cette «affaire DSK», si hors-norme, si spectaculaire, si inattendue et si violente dans sa représentation visuelle, a de quoi créer, en France singulièrement, «un traumatisme». Rien que par la symbolique, ce n'est tout de même pas rien de voir quelqu'un passer, du jour au lendemain, du statut d'ex-futur Président à celui de prisonnier le plus célèbre de la planète. Vu sous cet angle, ce défoulement généralisé sur la toile permettrait, pour certains, d'évacuer le traumatisme. Il aurait valeur et fonction d'exutoire. Tourner en dérision un événement permet de le dédramatiser, de se sentir moins touché par lui, de se rassurer.
Troisième lecture possible à ce défoulement généralisé, elle carrément déprimante. Par nature, l'être humain est mauvais, moqueur, méchant. Il saisit la moindre occasion qui se présente pour déverser son fiel. Chez l'homme, le cynisme l'emporte, par nature, sur la compassion.
Il y a des moments où on regrette (un peu) de n'être que journaliste. Et pas psy ou sociologue, ce qui nous aurait permis d'appréhender plus finement ce phénomène. Mais pourquoi donc un tel défoulement? Là, franchement, on ne sait pas.
Ce qu'on sait, en revanche, c'est qu'internet n'est pas l'unique média servant de défouloir. Depuis dimanche, les plaisanteries graveleuses – ou comiques, c'est selon – circulent y compris dans les médias traditionnels et les rédactions des journaux les plus respectables. Les journalistes sont des êtres humains comme les autres.
11:33 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : internet, humour, presse, médias, personnalités, strauss-kahn
17.05.2011
Une vulgarité
«On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui», disait Pierre Desproges. Ne pas rire avec n'importe qui: sans doute, oui. Mais rire de tout, vraiment? On n'en est encore moins sûr qu'avant, depuis hier. Depuis que, sur une radio, on a entendu Laurent Gerra.
Comme il fallait s'y attendre, l'«humoriste», l'imitateur en tout cas, a fait ses choux gras de l'affaire DSK. Et on a trouvé particulièrement gras, lourd et pénible, voire pour tout dire assez minable, qu'il rie à la fois d'un homme à terre et du crime abominable que constitue le viol – que l'intéressé l'ait commis ou pas, peu importe ici, pour ce point précis. Cela donnait notamment, singé avec la voix de DSK: «Excusez-moi, mais je dois filer à JFK, là: sinon je vais rater mon viol». Avec, diffusés à l'antenne, les éclats de rire, tout aussi gras, suscités par cette tirade dans le studio de «la première radio de France» (RTL, pour ne pas la nommer), où l'imitateur officiait en direct.
Au risque de passer à nouveau pour ultra-politiquement correct, on n'a absolument pas trouvé cela drôle: plutôt confondant de vulgarité et de mauvais goût. Mais les Français doivent apprécier ce genre d'humour, puisque la chronique de Laurent Gerra fait partie des programmes les plus écoutés de la tranche radio matinale.
11:23 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : humour, radio, médias, personnalités, strauss-kahn
05.05.2011
Un peu de détente
Les politiques et les journalistes s'amusent, en ce moment. Histoire d'un peu relâcher la pression. En cette période déjà si nerveuse de précampagne électorale présidentielle, où ils ont si peu l'occasion de se détendre – et cela ne fait que commencer: on en a encore pour un an. On a donc été bien amusé, nous aussi, ce matin, au saut du lit. En entendant, sur une radio, le dernier pastiche en date de slogan de campagne électorale suggéré par les facétieux à Dominique Strauss-Kahn.
Ce slogan détourne le fameux et mémorable «La Force tranquille», de François Mitterrand. Appliqué à DSK, il devient... «La Porsche tranquille». Si d'aventure cela vous avait échappé: lors de son dernier passage à Paris, le probable candidat à l'investiture socialiste à l'Elysée s'est fait paparazzier, avec Anne Sinclair, en train de sortir d'une rutilante Porsche. Pour les connaisseurs, une Panamera S: «une voiture à 10 plaques!», paraît-il. Ledit bolide n'appartient pas au patron du FMI, mais à un de ses amis, a précisé l'entourage de DSK. Il n'empêche, ce cliché volé tombe vraiment mal, pour un politique qui peine à se défaire d'une certaine image bling-bling: le ryad à Marrakech, l'appartement place des Vosges, l'immense fortune de son épouse, etc. C'est même une erreur de com' de béotien, qui n'a pas fini de faire jaser, venant d'un DSK pourtant censé coaché en permanence par une escouade de communicants de haute volée.
Dans le camp DSK toujours, un autre slogan fait fureur, paraît-il. L'inspiration, cette fois, n'est pas mitterandienne mais nord-américaine. Comme Obama a conquis l'Amérique avec son «Yes we can», certains strauss-kahniens s'encouragent en scandant des... «Yes we khan»...
Pour l'anecdote, il se raconte aussi que, dernièrement, a vu le jour, dans un autre état-major de présidentiable, une autre déclinaison hexagonale du fameux slogan d'Obama. Il s'agit cette fois de Nicolas Hulot. Dernièrement, ses collaborateurs lui ont offert un tee-shirt. Sur lequel figurait le slogan... «Yes I kite». En référence à la passion de l'animateur télé pour le kite-surf...
On a gardé le meilleur pour la fin: la perle langagière de la semaine. Elle émane d'un ponte de l'UMP, Marc-Philippe Daubresse. Mardi, soit très fatigué, soit lui aussi très facétieux, ce cacique du grand parti sarkozyste a commis un gros lapsus. Il concernait à nouveau DSK. On vous le donne tel quel: «Nicolas Sarkozy a bien fait de proposer Nicolas Strauss-Kahn comme président du FMI, à l'époque». Merveilleux.
11:47 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : personnalités, élections présidentielles, luxe, art de vivre, langue française, humour, strauss-kahn, sarkozy, hulot
26.11.2010
Un cliché sexiste
S'il existait une palme hebdomadaire de la petite phrase sexiste, Alain Minc l'obtiendrait, cette semaine. L'autre jour, ce proche de Nicolas Sarkozy est revenu sur la tirade de ce dernier, lancée en «off» à des journalistes. Si d'aventure cela vous avait échappé: le chef de l'Etat, s'estimant accusé en dépit du bon sens par les médias d'être mêlé au «Karachigate», a traité ses interlocuteurs de «pédophiles». Pour montrer l'absurdité, à ses yeux, des accusations lancées contre lui par des journalistes.
Le financier et essayiste à succès s'est empressé d'aller défendre à la radio et à la télé la «plaisanterie» de son ami. Sans même revenir sur le fond de l'affaire – la façon dont les médias travaillent, les emportements décidément si fréquents du Président, le bien-fondé ou non d'avoir rendu publics ses propos en «off», etc – , sur la forme, la petite phrase d'Alain Minc étaient, mine de rien, d'un rare sexisme. Ainsi, a-t-il dit, «les journalistes, vous êtes tous pareils. Vous êtes dans une bulle très protectrice et donc vous avez une peau de jeune fille, pardonnez-moi ce mot. Les journalistes, même à la plus légère plaisanterie, se sentent agressés!»
Par «peau de jeune fille», Alain Minc voulait dire, on imagine, peau sensible, donc sensibilité à fleur de peau, du coup corporation journalistique exagérément susceptible, au point de ne pouvoir supporter le moindre trait d'humour sarkozyste. Il ne serait jamais venu à l'idée d'Alain Minc de dire: «Les journalistes, vous êtes tous pareils. Vous avez une peau de jeune garçon». Cela montre bien que cette tournure de phrase – comme ses variantes: «une pudeur de jeune fille», «un teint de jeune fille», etc. – , est sexiste. Puisqu'elle fait passer la susceptibilité et la sensibilité outrancières pour des caractéristiques par nature féminines.
Sexiste et passablement idiote. Car, au vu du monde qu'il fréquente dans les dîners en ville, Alain Minc devrait bien savoir qu'il existe des femmes qui, tout en étant très féminines, ne sont pas le moins du monde exagérément susceptibles. Et des hommes qui, sans être le moins du monde efféminés, ont une sensibilité à fleur de peau au point d'être extrêmement susceptibles. Et ce, que ces femmes ou hommes soient journalistes ou pas.
12:05 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes, langue française, humour, sarkozy, médias
19.11.2010
Une indignation (sélective)
C'est l'affiche de cinéma dont on a parlé, cette semaine en France. On y voit un homme, présenté comme un huissier de justice, apeuré: ligoté et bâillonné dans une baignoire. C'est l'affiche du film «Dernier étage gauche gauche»: une comédie sortie mercredi dans les salles en France, qui narre les mésaventures d'un huissier pris en otage dans une cité de banlieue où il était venu faire une saisie. L’affiche d’une comédie donc, mais tout le monde ne l’a pas trouvée drôle.
Ainsi, la Chambre nationale des huissiers a (ici) saisi la justice. Selon elle, vu «l'augmentation des situations de violence auxquelles les huissiers de justice sont de plus en plus souvent confrontés», «on ne peut pas laisser passer l'idée que les agressions commises sur eux sont sans gravité». Le distributeur et le producteur du film ont donc été assignés en référé, et le retrait de l'affiche demandé. Au grand effarement (là) d'associations comme la Ligue des droits de l'homme, la Société des réalisateurs de films ou la Fédération des professionnels de l'art contemporain. Pour qui la corporation des huissiers «confond la représentation d'une situation imaginaire avec une attaque physique, amalgame un personnage fictif à une catégorie socio-professionnelle réelle, et confond ainsi réalité et fiction». Sa procédure ne serait donc rien d'autre qu'une «menace à la liberté de création». Finalement, le tribunal de grande instance de Paris, hier après-midi, a débouté les huissiers. Il a jugé que le film, présenté «comme une comédie et non comme un drame», ne suscitait pas de «trouble illicite à l'ordre public».
Cette affaire rappelle un peu l'émoi, l'été dernier, de la profession des policiers à propos de la campagne en faveur des... poulets fermiers de Loué. Sur ces affiches-là, on voyait par exemple un policier torse nu, normalement musclé, censé symboliser un poulet élevé en plein air, aux côtés d'un autre policier lui hideusement bodybuildé et gonflé à la testostérone, supposé représenter un poulet élevé en batterie. Le premier syndicat de gardiens de la paix s'était indigné (ici) que la profession policière, en étant assimilée à des volailles, soit «dénigrée d'une manière la plus vulgaire et simpliste», et ce au moment «où les policiers sont particulièrement exposés dans l'exercice de leur profession».
Comme quoi, dans la pub comme dans la vie, l'humour est une question de goût, et le second degré n'est pas toujours apprécié. Cela dit, si souvent en ville, on voit des campagnes d'affichage autrement plus choquantes, mais qui, elles, n’ont pas l’air de susciter la moindre indignation. Ainsi, dans notre onzième arrondissement en ce moment, on voit sur les murs des affiches en faveur d'un bouquin intitulé «La mafia juive: les grands prédateurs internationaux». Des affiches donc faisant, sur l'espace public, la promo d'un opuscule véhiculant les clichés antisémites les plus éculés, sur la prétendue implication de cette communauté dans les pires trafics: «traite des blanches, proxénétisme, blanchiment, meurtres sous contrat, trafic de diamants», etc. A quand une démarche de la Chambre des huissiers pour faire constater le caractère haineux et donc illégal d'une telle campagne d'affichage, et dès lors exiger son arrêt immédiat?
15:32 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, justice, humour, publicité, police, racisme
17.11.2010
Une décontraction
Le tout nouveau gouvernement s'est réuni ce matin, pour la première fois, en Conseil des ministres. Autour de la table: un couple. Puisque le député Patrick Ollier, le compagnon de longue date de la ministre d'Etat Michèle Alliot-Marie, a lui aussi été nommé ministre dimanche: en charge des relations avec le Parlement. Ces derniers jours, tant MAM que... POM (le surnom donné à Patrick Ollier, comme Patrick Ollier-Marie) ont dit toute leur joie de pouvoir enfin travailler ensemble. Au sein d'une cohabitation gouvernementale qui, à les en croire, constituerait le nec plus ultra de la modernité décontractée.
On se demande ce que le socialiste François Hollande pense de cette décontraction dans les usages de la République. Lui qui, en vertu de la règle implicite qui était en vigueur avant cette innovation, a été réduit à ronger son frein en dehors du gouvernement pendant toutes ces années où Ségolène Royal était ministre. Non parce qu'il n'avait pas les compétences pour entrer au gouvernement, mais simplement parce que sa compagne de l'époque y siégeait déjà.
Michèle Alliot-Marie, en tout cas, a fait elle-même preuve de la plus grande décontraction l'autre jour. Aux médias qui l'interrogeaient sur la portée de cette innovation conjugale et gouvernementale, elle a apporté une nuance. En substance: «Oui, c'est une première que cette présence de deux conjoints au Conseil des ministres. Une première, du moins s'agissant de conjoints officiels...» Et la n°2 du gouvernement de s'en aller en pouffant de rire, laissant les journalistes interloqués.
Une répartie qui, donc, tout le monde l'aura compris, faisait allusion aux couples ministériels illégitimes: à la présence, pas rare, de maîtresses et d'amants parmi les gouvernants – présents, passés et futurs. En entendant ce trait d'humour de MAM, les gens ont dû s'imaginer qu'il s'en passait décidément de belles, dans les coulisses voire les alcôves du pouvoir. Nous, en tout cas, on l'a trouvée assez cocasse et bienvenue, cette soudaine décontraction dans le chef d'une ministre d'habitude si péniblement raide.
12:09 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes, gouvernement, humour
03.09.2010
Une sélection
Sourions un peu, pour bien terminer la semaine. Car hier, le Press Club de France a dévoilé sa sélection des nominés à son Prix annuel récompensant la personnalité politique qui, dans l'année écoulée, s'est distinguée par une tirade (volontairement ou non) magistralement comique – Prix qu'on a déjà évoqué à plusieurs reprises dans ce blog, ces dernières années (relire ici, là ou là).
Le millésime 2010 n'est pas mal. Pour notre part, si on était membre du jury, notre palmarès serait le suivant. Sur la troisième marche du podium, l'eurodéputée écologiste et ex-juge de choc Eva Joly, pour cette répartie qui fit hurler (hurler de rage, pas de rire) ses alliés socialistes: «Je connais bien Dominique Strauss-Kahn : je l'ai mis en examen». La médaille d'argent, on l'octroierait bien volontiers au ministre de la Culture Frédéric Mitterrand: ex-star de la télé, dont le débauchage par Nicolas Sarkozy fit jadis grand bruit, mais qui, depuis, se révèle être un ministre un peu pâlichon. Sa petite phrase nominée pourrait d'ailleurs être prise comme un aveu implicite: «Quand on m'appelle Monsieur le ministre, j'ai toujours l'impression que Jack Lang va surgir derrière moi!» Notre Grand Prix de l'humour politique, on le décernerait sans une seconde d'hésitation à la si bling bling ex-ministre de la Justice Rachida Dati, désormais exilée à Strasbourg mais dont on continue à voir la bobine à peu près chaque semaine dans les kiosques de Paris, au rayon des magazines de papier glacé. Rachida Dati donc, selon nous Médaille d'or pour cette impayable déclaration: «Je n'ai jamais cherché à attirer l'attention des médias».
Espérons en tout cas que la petite phrase cocasse qui l'emportera cette année sera aussi mémorable que celle qui, l'an dernier, avait été couronnée: la réflexion si désabusée mais si réaliste du maire de Paris, Bertrand Delanoë: «Le vrai changement au PS, ce serait de gagner».
11:01 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, politique, dati, joly, delanoë, mitterrand
26.05.2010
Un trophée
Après le sujet un peu sinistre d'hier, une note d'humour aujourd'hui. Car, parfois, sans doute vaut-il mieux réagir à la crétinerie par l'humour et la dérision. C'est en tout cas la conviction des «Indivisibles». Ce collectif lutte contre les préjugés ethno-raciaux et contre la dévalorisation voire la négation de l'identité nationale des Français issus de l'immigration. Chaque année, il remet un trophée à la personnalité qui, à ses yeux, s'est distinguée par des propos ayant alimenté les stéréotypes ou le dénigrement des «Français non-Blancs». Ce prix, c'est le «Y'a bon award» – en référence au slogan et au visuel si controversés de la marque de boisson chocolatée Banania. Et il sera décerné demain soir à Paris.
Parmi les nominés, on trouve nombre de personnalités ayant dit des stupidités assez effarantes. Ainsi, la ministre de la Famille Nadine Morano, avec sa fameuse tirade sur le «jeune musulman» qui, «quand il est Français» et «aime son pays», y «trouve un travail», «ne parle pas le verlan» et «ne met pas sa casquette à l'envers». Ou Jacques Séguéla – le publicitaire bling-bling convaincu que «quand on n'a pas de Rolex à 50 ans, c'est qu'on a raté sa vie» –, pour sa réflexion sur «la force de l'Africain, c'est de savoir garder cette part enfantine que les autres adultes effacent». Ou encore l'ineffable député UMP Eric Raoult, qui avait déjà remporté haut la main le concours en 2009 (voir ici), pour cette si fine observation selon laquelle «en Outre-mer, on a le sang chaud». Difficile donc de départager tous ces gens: chacun mériterait un prix. Sans parler du ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, évidemment nominé lui aussi pour sa mémorable petite blague adressée à un jeune Maghrébin rebaptisé Auvergnat: «Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes».
De tout cela, mieux vaut rire que pleurer, pensent donc les «Indivisibles». A moins que, comme disait Desproges, l'on puisse rire de tout certes, mais pas avec n'importe qui.
10:40 Publié dans Dans la peau | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : immigration, racisme, humour, activisme
28.12.2009
Un avis
Des nouvelles d’un produit roboratif du terroir hexagonal, en cette période de bonne bouffe. Des nouvelles aussi d’une des campagnes de pub les plus controversées de cette année en train de s’achever. On veut parler de… Chantal et du cantal.
Pour ceux qui n’auraient pas suivi, il s’agit donc d’une campagne publicitaire télévisée sur le thème «Oublier le cantal, c’est fatal», produite par le syndicat d'appelation de ce fromage. Ces spots racontaient les mésaventures d’une certaine Chantal: brave fille un peu godiche, considérée par son mec comme une boniche. Pour la punir d’avoir oublié d’emporter le fameux fromage, il la rejetait à chaque fin de spot: l’abandonnait sur le bord de la route ou en rase campagne, refusait de l’épouser le jour de son mariage, etc. Le tout était accompagné du slogan «Le Cantal, ça peut être fatal». L’association féministe des «Chiennes de garde» avait vu rouge: avait dénoncé une campagne cautionnant selon elle la violence machiste, la pauvre Chantal renvoyant aux femmes tombant sous les coups des hommes. Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, avait embrayé. Et demandé le retrait d'une publicité allant à ses yeux «à l'inverse de l'évolution des mentalités, vers le partage des tâches et la non-violence à l'égard des femmes». Un gros débat, donc. Sur lequel les professionnels de la publicité viennent de prendre position.
Dans un avis récent, l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité considère que «ces spots humoristiques et caricaturaux à souhait ne (peuvent) pas s’interpréter au premier degré». Il faut donc «faire le pari de l’intelligence du public et de sa capacité à ne pas tout prendre au degré zéro». Les régulateurs du secteur le concèdent: cette campagne sur Chantal et le cantal «fait peut-être plus le pari du message mnémotechnique que celui du bon goût». Mais ils bottent en touche: «Nous ne sommes pas arbitres des élégances». Et concluent en enfonçant les portes ouvertes de la banalité: «Une nouvelle fois, finalement, se pose la difficile question de l’humour. La seule certitude à ce sujet est qu’il est difficile de faire rire tout le monde sur les mêmes blagues».
Pas de désaveu de la campagne par la profession, donc: féministes et communistes en sont pour leurs frais. L’histoire ne dit pas si l’instance qui a statué compte des femmes en son sein, ou si elle est composée uniquement d'hommes. A supposer qu’on y dénombre des femmes, on ignore aussi si les mésaventures de la pauvre Chantal les ont fait s'écrouler de rire. Enfin, reste à voir si, depuis ces spots controversés, les femmes françaises consomment davantage de cantal.
15:43 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : publicité, femmes, humour, gastronomie
17.11.2009
Un «vieux fond»
On parlait la semaine dernière du tollé suscité par le député UMP ayant exigé de la lauréate du Goncourt, Marie NDiaye, qu'elle respecte un «devoir de réserve» et s’abstienne désormais de critiquer Nicolas Sarkozy. Depuis, quelque 80 écrivains ont signé une pétition de soutien à leur collègue. Ils s’y disent «choqués» par le traitement que lui a réservé ce baron du parti au pouvoir. Et s’indignent de «la prudence ponce-pilatienne» du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, qui s’est bien gardé de condamner l’élu UMP. Parmi les premiers signataires, on trouve Marie Desplechin, Christophe Honoré, Nancy Huston, Gérard Mordillat, Marie Nimier, Tatiana de Rosnay ou Valérie Zenatti.
A propos de cette affaire, la lecture l’autre jour de l’édito du «Monde» faisait froid dans le dos. Le quotidien vespéral faisait le lien entre l’affaire NDiaye et d’autres incidents récents, causés par les tirades douteuses de certains ministres relatives à l’immigration. Et en déduisait qu’en France, le climat actuel à l’égard des étrangers devenait «malsain et inquiétant», «détestable même». Selon lui, «tout se passe comme si l'affaiblissement de l'extrême droite avait levé les tabous. Et redonnait libre cours à un vieux fond, refoulé, plus nationaliste que national, facilement xénophobe».
Ce n’est pas le dernier buzz internet en date d’une prestation de Nicolas Sarkozy qui rassurera les tenants de cette thèse. C’était lors de la remise récente, par le Président, de la Légion d’honneur au comédien Dany Boon. Sortant de son discours écrit, se lançant dans une de ses digressions rigolardes dont il a le secret, le chef de l’Etat avait ironisé sur les origines en partie kabyles de l’humoriste. Il avait d'abord relevé qu'avec un tel CV, «ça commençait pas terrible»; «question rêve, on part de loin». Il avait ensuite rendu hommage à la «première vocation de balayeur» de l’intéressé: «vous aviez une juste appréciation de vos qualités spontanées». Puis, embrayant sur le choix par Dany Boon d’un pseudo plutôt que de son «très joli nom, le vrai, Daniel Hamidou», l’hôte de l’Elysée avait lancé que «ça s'aggravait de plus en plus». «Je peux me permettre, moi c'est Sarkozy. Mais Hamidou, quand même, allez faire une carrière avec ça».
Quand, l’autre matin au saut du lit, on a entendu ces propos sur une radio, on en est resté pantois. Ces réparties présidentielles étaient probablement supposées être drôles. Mais nous, en tout cas, devant notre poste de radio, on n’en croyait tellement pas nos oreilles, on avait encore tellement en tête ce «vieux fond» évoqué par «Le Monde» qu’on n’a pas ri du tout. Sans doute n’a-t-on aucun humour.
10:53 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : culture, littérature, sarkozy, humour
30.10.2009
Une «exclusivité mondiale»
Une note d’humour, d’humour très potache même, pour bien terminer la semaine. On avait déjà parlé, il y a quelques mois (ici), d’«Improvisons». Ces joyeux drilles parisiens ont déjà signé quelques happenings mémorables dans la capitale, comme «Suicide Jumper», «Les exterminateurs H1N1» ou «Piedlib», cette parodie de «Vélib» transformé en système de location en libre service de ... chaussures pour marcher en ville. Le week-end dernier, ces hurluberlus ont récidivé.
Cette fois, il s’agissait de «tourner en dérision le business écolo» et la vogue de la pub écologiquement correcte. Et particulièrement de «se moquer des entreprises qui profitent du business green. Comme les constructeurs de voiture qui présentent des produits prétendument verts, sur fond d’images de nature». Il s’agissait donc de présenter aux Parisiens un système de locomotion «100% naturel, 100% bio, 100% écoresponsable», carburant uniquement au «jambon beurre sans plomb 95».
Le nom de ce dispositif révolutionnairement vert? Le «taxi pédestre». Place du Palais Royal, l’autre jour, il a été dévoilé en «exclusivité mondiale». Concrètement, les jeunes amuseurs publics ont revêtu des livrées de taximen et proposé aux passants de les transporter… sur leurs propres pieds.
On est d’accord : c’est absurdement décalé, totalement inutile voire légèrement débile. Mais, quelque part, en ces temps de morosité automnale, cela ne fait sans doute pas de mal.
11:00 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, activisme, paris
23.10.2009
Un «fils à papa»
Cela se passe en ce moment même, dans les Hauts de Seine (banlieue chic de Paris). En marge de la réunion du conseil d’administration de l’EPAD, l’établissement qui gère le quartier d’affaires de La Défense. Le jeune Jean Sarkozy est en train d’y être élu au conseil d’administration. Ce qui, jusqu’à hier soir, était censé constituer la dernière formalité avant son arrivée, début décembre, à la tête de cette institution. L’intéressé, cela n’a pas pu vous échapper, a finalement renoncé à cette ambition. Le collectif «Sauvons les riches» n’en a pas moins maintenu la grande parodie qu’il avait prévu d’organiser ce matin à son attention.
«Sauvons les Riches»? Si par extraordinaire vous ne connaissiez pas ce collectif, assez farce, qui milite pour la sauvegarde et la défense des «fils à papa», jetez un œil, avant de poursuivre la lecture de cette note plus bas, au happening à propos de Sarkozy Jr qu’il avait déjà organisé il y a quelques mois. C’était la remise officielle, au Rotary Club, de son diplôme de «fils à papa».
Jean Sarkozy diplômé par Sauvons les riches
envoyé par Sauvonslesriches. - L'actualité du moment en vidéo.
Ce matin, sous l’œil paraît-il goguenard des CRS, «Sauvons les riches» a fait venir chaises à porteurs, manants et petits marquis dans les Hauts de Seine, pour «une grande manifestation revival de l’Ancien Régime». Pour donc singer cette «monarchie élective» qui est reprochée à la dynastie Sarkozy par ses opposants. Par une telle action, ces activistes ont voulu «voler à la rescousse de leur ami en péril, autour d’un mot d’ordre simple: Touche pas à mon népote!»
Le rebondissement survenu hier soir donne sans doute un peu moins de sel à leur happening. Mais celui-ci n’en fera sans doute pas moins les belles heures de You Tube et de Dailymotion. Ce n’est pas si anecdotique que cela. En effet, les manifestations et un collectif de ce genre, qu’on les aime ou pas, reflètent bien la tendance croissante prise ces derniers temps en France par une certaine mouvance jeune militante. Grand sens de la mise en scène, poids des mots et choc des photos, maestria dans les relations publiques, humour et culture de l’(auto)dérision – l’hymne de «Sauvons les riches» n’est autre que générique de la série télé «Dallas»…–, aspect ludique de ces mobilisations mis en valeur pour mieux soutenir le discours politique, etc. Visiblement, en termes d’audience au moins, ça marche. En France, pays où l’on parle tant des «fils à papa», ce qui est révolu, en tout cas, c’est le temps de l’activisme de papa.
10:52 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : activisme, sarkozy, jeunes, humour



