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02/04/2010

Une insubordination

battlefield1.jpg«On ne va pas se laisser intimider. Ce ne sont pas les petites crapules qui vont faire la loi». Dixit Brice Hortefeux hier, après le caillassage d’un bus en banlieue parisienne. En entendant cette déclaration si virile à la radio, on s’est demandé illico si le ministre de l'Intérieur n’était pas un peu imprudent à jouer ainsi les matamores. En tout cas, rien que dans le métro de Paris et pour un sujet infiniment moins grave, y compris les plus hauts gradés de l’armée française ne parviennent même pas à se faire respecter.

 

Dans certaines stations de la RATP, en effet, l’armée de terre est confrontée depuis des semaines à un cas d’insubordination caractérisée. Cela concerne toujours cette campagne de pub pour un jeu vidéo belliqueux, qui plagie le slogan de la dernière campagne de recrutement des militaires. Avec un «Devenez plus que vous-mêmes» renvoyant au «Devenez vous-mêmes» de l’armée de terre – on avait évoqué le sujet dans ce blog fin février: si vous aviez loupé cela à l'époque, relire ici, et .

 

Fin février donc, l’armée, embarrassée de voir sa com’ ainsi détournée au profit d’un jeu vidéo de guerre, avait réagi. En enjoignant la société commercialisant ce jeu d’enlever immédiatement ce slogan de ses affiches. Et, en effet, quelques jours après, dans nombre de stations du métro de Paris, ce «Devenez plus que vous-mêmes» un peu trop allusif avait disparu. Mais mais mais... a-t-on pu constater de visu ces derniers jours, plus d’un mois plus tard dans l’une ou l’autre station du réseau,  sont toujours placardées des affiches qui, elles, n’ont pas été modifiées dans le sens exigé par les militaires.

 

Mais que fait la police l’armée ?

01/10/2007

Une insécurité

Magnifique dimanche d’été, hier à Paris. Avec largement plus de 20 degrés au thermomètre, les Parisiens étaient ravis. Du coup, les rues étaient aussi noires de monde que les stations Vélib’ étaient le plus souvent désespérément vides de vélos disponibles.

Tout ce petit monde de cyclistes était visiblement aux anges. Pourtant, un récent sondage, mené auprès de 748 utilisateurs occasionnels ou réguliers du vélo dans la capitale, vient de montrer que plus d’un cycliste parisien sur deux (54 %) ne se sent pas en sécurité quand il y circule. Ils sont 56 % à estimer que la sécurité s’est améliorée dans la capitale ces dernières années, mais 65 % des cyclistes souhaitent néanmoins une amélioration du plan de circulation.

Ce sentiment d’insécurité routière est malheureusement corroboré par les chiffres. Certes, les rues de la capitale sont de plus en plus sûres. Jamais le nombre global de tués de la route n’a été aussi bas à Paris. Ainsi, 23 personnes sont décédées d’un accident de circulation à Paris depuis janvier, contre 38 pendant la même période en 2006. Mais cette amélioration ne profite pas aux usagers faibles de l’espace public: les piétons et les cyclistes.

Deux illustrations. Depuis janvier, déjà trois cyclistes ont trouvé la mort à Paris (dont deux victimes de poids lourds en train de manoeuvrer), contre zéro sur les huit premiers mois de l’année en 2006. Et depuis la mi-juillet, date de lancement de Vélib’ – qui, selon les derniers décomptes, a séduit 5 millions d’utilisateurs –, le nombre d’accidents ayant impliqué des cyclistes a augmenté d’environ 25 % dans la capitale.

19/09/2007

Un test

C’est une info tellement décoiffante qu’au début, on a cru que c’était un gag. Mais non, cela a l’air vrai. C’est d’ailleurs une dépêche de la très sérieuse Agence France Presse qui la relate.

Le ministère de l'Intérieur l’a annoncé hier: il va tester un prototype de drone (avion sans pilote) ultra-léger «qui pourrait un jour être utilisé notamment pour surveiller des manifestations ou d’éventuelles violences dans les banlieues». Ce drone sera livré en décembre prochain. Il remplira trois missions: «surveillance de jour comme de nuit de rassemblements et de manifestations, aide aux forces de l’ordre lors de violences urbaines, recueil d’informations avant une intervention délicate».

Sans vouloir bien sûr fâcher les hauts gradés, juste trois questions:

1) L’annonce de ce projet militaire hier, le jour même où le Président Sarkozy adjurait la nation à conclure «un nouveau contrat social», traduit-il le pessimisme de l’état-major sur l’évolution des relations sociales dans ce pays – et singulièrement dans ses cités – ces prochains mois?

2) L’envoi à Clichy sous Bois, Juvisy, La Courneuve ou Ris Orangis d’avions militaires utilisés chaque jour contre les terroristes islamistes dans des pays aussi riants que l’Afghanistan ou l’Irak n’est-il tout de même pas, sur le plan des symboles, un geste très lourd?

3) Comme il n’arrive pas rarement que de tels avions sans pilote s’écrasent, si une telle catastrophe aérienne survenait demain dans une cité surpeuplée de banlieue, ses victimes seraient-elles reçues à l’Elysée?

16/04/2007

Une lettre

Nicolas Sarkozy ce soir au 20 Heures de TF1 a rendu hommage à la jeune femme de 23 ans qui avait été lapidée en 2004 à Marseille et dont les meurtriers, des mineurs, ont été condamnés vendredi soir à de lourdes peines. Il s’est montré ému par le calvaire enduré par cette jeune femme, «martyrisée par des barbares» parce qu’elle ne voulait pas leur donner le code de sa carte bleue. Et le candidat de l’UMP de promettre que, s’il est élu, il sera «le Président qui défendra les victimes et parlera en leur nom».
Soit. Après tout, il n’y a aucune raison qu’à quelques jours à peine des élections, le candidat de l'UMP n’ait pas le droit de faire dans le registre compassionnel qu’ont exploité nombre de ses concurrents.
Il y juste un problème. Ladite jeune fille était prénommée Ghofrane. Or, sur TF1, Nicolas Sarkozy l’a rebaptisée «Shofrane».
Les lecteurs sarkophiles objecteront, agacés: mais que diable change donc une seule lettre?
On n’est pas sûr que l’erreur aura été jugée aussi anodine par la mère de Ghofrane, qu’avait longuement rencontrée Nicolas Sarkozy dimanche. Et qui a dû être un brin décontenancée en constatant devant son poste de télé que ce candidat qui s’était montré si «bouleversé par ce qui est arrivé à sa fille», 24 heures plus tard à peine, avait déjà oublié son prénom.
B.DL.