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17/03/2016

Un "retour d'expérience"

Le Bataclan et ses alentours interdits d'accès par les policiers, ce matin. Sans que, pour autant, ce quartier du onzième arrondissement soit complètement bouclé, comme les médias français le prédisaient en boucle, ces dernières vingt-quatre heures. Pour preuve, la circulation automobile sur le boulevard Voltaire n'a pas été interdite.Les riverains apprécieront certainement ce dispositif policier mesuré, eux qui n'en peuvent plus, depuis quatre mois, de voir leur vie quotidienne perturbée par les suites des attentats.

Cette agitation du jour, au Bataclan, est due à la venue des parlementaires qui composent la commission d'enquête mise en place à l'Assemblée nationale. Leur visite des lieux n'est bien sûr en rien une reconstititution, dans le sens judiciaire du terme: c'est l'apanage de la justice, et non du pouvoir législatif. En revanche, ces élus ont tenu à se rendre physiquement sur le théâtre de la tuerie, pour mieux appréhender ses circonstances ainsi que la manière dont les autorités l'ont gérée, le soir du 13 novembre (intervention des unités d'élite, gestion du périmètre de sécurité, prise en charge des blessés, etc.).

Terrorisme, Paris, Sécurité, Institutions, ParlementLa commission parlementaire, en effet, a pour mission, non d'enquêter sur les faits, leurs auteurs et leurs complices – c'est l'objet des enquêtes pénales en cours –, mais de dresser un "retour d'expérience": de tirer les leçons de ce qui a été bien ou mal fait, en ce terrible soir du 13 novembre (voir , par exemple). Puis, de tout mettre en oeuvre pour que, si de telles tueries se reproduisent, elles soient gérées de la manière la plus optimale possible.

Etant entendu qu'il semble faire peu de doutes que, dans une ville française ou l'autre, à un moment ou à un autre, dans une configuration ou l'autre, des actualités similaires se reproduiront – et la France, en la matière, n'est bien sûr pas le seul pays concerné.

15/03/2016

Un vrai changement d'échelle

 Terrorisme, Institutions, GouvernementPuisque ce blog revenait hier sur les attentats du 13 novembre, ce chiffre qui a été rendu public il y a quelques jours, mais qu'on n'a pas encore eu l'occasion d'évoquer, ici. 2.200.

Soit le nombre de demandes d'indemnisation qui ont déjà été introduites par les victimes de ces si mémorables tueries perpétrées à Paris et Saint-Denis. Et encore, ne s'agit-il pas, à ce stade, d'un chiffre définitif. Selon le gouvernement, le nombre total de victimes du 13 novembre «pourrait aller jusqu'à 4.000».

C'est un très officiel Fonds de garantie qui indemnisera ces personnes. Cet organisme a été mis sur pied après les vagues d'attentats qui ont ensanglanté la France, dans le milieu des années 80. Il est chargé d'évaluer les préjudices (physiques, moraux ou économiques) subis par les blessés ainsi que par les ayants-droits des personnes décédées. Puis, il verse les indemnisations auxquelles ces personnes ont droit. Puisque les compagnies d’assurance traditionnelles ne couvrent pas ce type de préjudices liés au terrorisme, ne prenant en charge que les dommages matériels causés.

Il y a un mois, 1.200 dossiers de victimes du 13 novembre avaient déjà été traités par ce Fonds. Ce qui a donné lieu au versement de 18 millions d'euros d'indemnisations, à titre provisoire. L'organisme a à sa disposition une dotation d'1,2 milliard d'euros. Il «n’aura aucune difficulté à faire face» aux demandes des victimes du 13 novembre, assure en boucle le gouvernement.

Il n'empêche, c'est un vrai et fameux changement d'échelle, auquel les autorités sont confrontées. Etant donné la gravité sans précédent des tueries qui ont été commises dans la capitale, il y a quatre mois. Pour preuve, ces 4000 personnes qui devront probablement êtres indemnisées, cela correspond au nombre total de victimes que ce Fonds de garantie a eu à indemniser tout au long de sa trentaine d'années d'existence.

10/03/2016

Une vulgarité ordinaire

Les ministres femmes, victimes de la vulgarité machiste des parlementaires, suite (et certainement pas fin). Interpellée à l'Assemblée nationale, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, a fait l'objet d'une répartie bien grasse, lancée par un député de l'opposition. Elle parlait du délai de «quinze minutes» (quinze jours, en fait: petit lapsus de sa part) que le gouvernement s'est donné, avant de présenter en Conseil des ministres cette réforme si controversée. «Quinze minutes, douche comprise!», lui a lancé un député, hilare. Si l'on en croit le compte rendu de la séance, le mufle ne s'est même pas fait rappeler à l'ordre pour le caractère sexiste de sa tirade. «Il est inutile de crier!», lui a juste lancé le président de séance.

Précédemment, déjà, la même ministre avait eu droit aux plaisanteries douteuses d'un autre député de l'opposition, orfèvre en la matière. Il avait rebaptisé sa loi El Khomri, « loi El Connerie». Puis, anticipant sur les retouches que le gouvernement va probablement apporter au texte, avait lancé: la loi «va être castrée, et je parle en urologue!». Même "Le Figaro", c'est dire, a jugé ses propos vulgaires.

Sans remonter jusqu'à Edith Cresson, au cours de cette législature-ci, dans le même hémicycle, Cécile Duflot et Najat Vallaud-Belkacem, déjà, avaient subi pareil traitement. La première, alors qu'elle répondait à l'interpellation d'un parlementaire, avait eu droit à des quolibets moqueurs, visant la robe qu'elle portait ce jour-là. Et la seconde avait fait l'objet d'un tweet graveleux, qu'un député avait envoyé en pleine séance: «NVB suce son stylo très érotiquement».

Les mâles de cette espèce font décidément honte au genre masculin. Et à l'image de la classe politique, accessoirement.

08/03/2016

Une beauferie ordinaire

Comme tous les 8 mars, la Journée internationale pour les droits des femmes, ce mardi. A Marseille, c'est l'occasion qu'a choisie un festival «d'art et d'humour au féminin» pour organiser un spectacle de... Jean-Marie Bigard. L'humoriste bien connu pour ses sketches toujours si infiniment délicats envers les femmes – notamment pour son hélas célèbre «lâcher de salopes».

Cette invitation sidère une grande partie de la mouvance féministe . Selon ces opposantes (, notamment), «mettre en lumière un humoriste qui a fait des blagues sexistes sa marque de fabrique et qui insulte constamment les femmes dans ses sketches nous semble consternant. Le sexisme ne nous fait pas rire et contribue à banaliser les violences machistes». L'organisatrice du festival, elle, se justifie. «Dans son (dernier) spectacle, "Nous les femmes", il se met justement dans la peau d’une femme pour les défendre et leur rendre hommage pour leur courage et leur volonté… Quoi de mieux pour honorer cette journée de la femme?»

Chacun(e) jugera.

Sinon, toujours dans le registre de la beauferie ordinaire, "Les Chiennes de garde" ont remis, dernièrement, leur prix annuel récompensant le macho de l'année. C'est un sénateur de la droite sarkozyste qui a été primé. L'an dernier, dissertant sur la pénurie de médecins qui frappe de nombreuses régions rurales françaises, il l'avait expliquée notamment par la féminisation de la profession médicale, «puisque 75% des nouveaux diplômés sont des femmes. Or, nonobstant l’égalité, elles sont quand même là pour faire des enfants».

Cela dit, la misogynie n'a jamais empêché d'aller loin et haut, dans ce pays – dans d'autres pays non plus, du reste.

Pour preuve, ce même mardi est aussi le jour de la prestation de serment de Laurent Fabius, en tant que nouveau président du Conseil constitutionnel, la juridiction suprême française. Le même Fabius qui, en 2006, lorsque Ségolène Royal avait annoncé sa candidature à la présidentielle de 2007, avait eu cette répartie si fine, en allusion au couple que l'intéressée formait alors avec François Hollande: «Ségolène Royale candidate? Mais qui va garder les enfants?».

Encore bravo à tous.

11/02/2016

Une collision douloureuse

Le projet de révision constitutionnelle adopté en première lecture hier, par les députés. A une majorité assez large, mais le fameux article relatif à la déchéance de nationalité pour actes terroristes, lui, est passé vraiment ric-rac: avec 14 voix d'avance seulement, sur quelque 300 votants. Cela promet, pour la suite du parcours parlementaire de ce texte.

Dans cette affaire de nationalité, il est frappant de constater combien, dans de nombreux cas, l'histoire personnelle et familiale vient entrer en collision avec l'histoire de la République en train de s'écrire. Un choc douloureux, qu'ont notamment exprimé trois élus, pour ne citer qu'eux, ces derniers jours.

Ainsi, ce député centriste (ici) qui, à la tribune de l'hémicycle, a peiné à retenir ses larmes. A l'évocation de son grand-père. Lui aussi député, qui avait voté contre les pleins pouvoirs au maréchal Pétain (grand utilisateur de la déchéance de la nationalité) et qui, parce qu'il était dans la Résistance, était «qualifié de terroriste, par l'occupant nazi». Ou cet autre élu (), lui eurodéputé sarkozyste, qui, sur un plateau de télé, brandit une copie d'un décret publié au Journal officiel en 1941, sous Vichy. Le décret qui priva de sa nationalité son grand-père, amiral dans les Forces françaises libres. Ou encore ce député socialiste (ici), descendant d'une famille ayant, en 1957, «fui l'Egypte parce que juifs». Et dont la propre mère fut longtemps apatride, «avant d'être naturalisée française, comme toute la famille».

Rarement avait-on vu autant d'élus, dans un laps de temps aussi court, évoquer d'une telle manière leur histoire personnelle.

Signe que, au-delà des stratégies parlementaires, des postures politiques et des clivages traditionnels, ce projet de réforme se distingue vraiment des autres. Car il ravive des souvenirs, rouvre des plaies, remue les âmes. Et remet en lumière les complexités de l'histoire nationale.

Ce que François Hollande et Manuel Valls, à l'évidence, n'avaient pas mesuré.

10/02/2016

Une «hauteur» de vues, vraiment ?

Institutions, Langue française, Gouvernement, Parlement«Etre à la hauteur». C'est ce que Manuel Valls ne cesse de réclamer à la classe politique, depuis les attentats du 13 novembre. Il le fit encore en boucle tout au long du débat parlementaire qui, ce mercredi, se conclut (provisoirement) par le vote des députés (en première lecture, seulement) sur le projet de révision constitutionnelle (déchéance de la nationalité pour les condamnés pour terrorisme, etc.) . Mais, dans le camp même du Premier ministre, on n'est pas toujours «à la hauteur». Deux exemples, issus des échanges que les députés ont eus cette semaine, à propos de ce cette réforme.

D'abord, les quolibets, dignes d'une cour d'école, que deux députés socialistes ont lancés à un de leur collègue sarkozyste. Qui venait de nuancer de la sorte «l'état de guerre» sans cesse invoqué par Manuel Valls, pour justifier ce texte: «La guerre étrangère désigne les conflits entre États-nations, auxquels nous ne sommes pas confrontés actuellement, grâce à Dieu». Sacrilège: invoquer le divin (fût-ce en une tournure de phrase très commune en langue française) dans le temple républicain de la laïcité qu'est l'Assemblée. Cela lui a valu des «Calotin!» et autres «À bas la calotte!».

Ensuite, la réplique qui a été faite à un autre député de droite, qui, lui, faisait l'analogie entre ce texte de loi et «un mauvais film, dont le titre est "Il faut sauver le soldat Hollande"». Puis prévenait le chef du gouvernement: «Ne comptez pas sur moi ni sur un nombre important de parlementaires de droite et de gauche pour être les figurants de ce film». Le chef de file des députés PS, piqué au vif, lui a lancé: «Il y a les soldats et les planqués, Monsieur!», «Planqué!».

Réduire ses contradicteurs à des tire-au-flanc. A des déserteurs, en somme. A des traîtres à la patrie, donc – alors même que l'on parle de déchéance de la nationalité. Outre que ce n'est pas «à la hauteur», le recours à de tels arguments d'autorité a un nom, et il est particulièrement malvenu, dans le contexte. Puisque ce n'est rien d'autre que du terrorisme intellectuel.

Encore bravo.

28/01/2016

Un remerciement fleuri

«Afin de remercier Madame Taubira d'avoir défendu avec force, conviction et passion l'égalité pour tous, déposons une rose rouge devant le ministère de la Justice, ce vendredi 29 janvier à partir de 18h».

C'est le message qui, hier, après l'annonce de la démission de la garde des Sceaux, a été posté sur Facebook. L'"event" est organisé par deux hommes; donc probablement deux bénéficiaires de la loi Taubira de 2013, qui a ouvert le mariage à tous les couples.

Ce matin, près de 500 participants à cette initiative s'étaient annoncés. C'est encore loin de représenter la grande popularité de l'ex-ministre, dans le communauté gay – où, il y a deux ans, furent même créés... des tee-shirts "Team Taubira". Mais si, demain, tous ces participants annoncés joignent effectivement le geste à l'engagement virtuel, cela fera tout de même un joli amoncellement de roses, devant son ex-ministère.

D'autres fleurs, cela dit, pourraient bien se joindre à cet hommage. Plus funèbres.

En effet, sur les réseaux sociaux, circule l'idée d'apporter demain plutôt des chrysanthèmes. En témoignage, là, de peine et de regret. Concernant, par exemple, le renoncement de François Hollande à "la PMA pour toutes" (procréation médicalement assistée). Ou les restrictions frappant les mariages de couples gays composés de Français et de ressortissants étrangers.

18/09/2015

Un succès pas garanti

Cela fait rêver. Un concours dont les lauréats gagneront... une photo dédicacée par François Hollande.

Ses communicants l'ont annoncé (ici) ce matin, à la veille des Journées du patrimoine. Ce week-end, les visiteurs de l'Elysée seront invités à partager les photos de leur visite du palais présidentiel, les partager via Instagram et Twitter, à l'aide du hashtag #ElyseeJEP. «Une sélection de ces photos sera affichée sur le site jep.elysee.fr. Cinq d’entre elles seront choisies pour être imprimées par le service photo de l’Elysée et dédicacées par le Président de la République». Cerise sur le gâteau, «le public pourra participer à l'opération "Ma photo à l’Elysée", qui permettra de se faire prendre en photo par les photographes officiels de la Présidence, dans la cour d’honneur du Palais de l'Elysée».

Quel merveilleux week-end en perspective.

L'histoire ne dit pas si les Français, dont les trois quarts sont mécontents de leur Président (voir , par exemple), vont se bousculer pour avoir son autographe.

04/09/2015

Une première, mine de rien

Gouvernement, Femmes, Institutions, PersonnalitésNe pas achever la semaine sans le signaler. En catimini, la France vient de franchir une étape symbolique vers l'égalité hommes-femmes. Du moins, elle a franchi un cap dans l'affichage politique de cette égalité – ce qui n'est pas la même chose, en termes de portée.

Cela s'est produit mercredi, à la faveur du remplacement du précédent ministre de l'Emploi et du Travail, François Rebsamen. C'est une femme qui lui a succédé: Myriam El Khomri, ex-secrétaire d'Etat, ayant bénéficié d'une promotion éclair, qui a surpris tout le monde – vu son jeune âge, son inexpérience ministérielle, et le fait que, jusqu'à présent, elle ne passait pas particulièrement pour une experte de ces matières sociales.

Il n'empêche, désormais, chaque mercredi matin, dans le salon de l'Elysée où se réunit le Conseil des ministres, on comptera autour de la table davantage de femmes que d'hommes. Neuf ministres féminins, pour huit ministres masculins.

Jamais auparavant un tel cas de figure ne s'était présenté. Jamais dans aucun gouvernement de la Ve République (ni, a fortiori, dans ceux des Républiques précédentes), les hommes n'avaient ainsi été en minorité. Certes, si l'on prend en compte également les secrétaires d'Etat (qui ne participent pas au Conseil), le gouvernement Valls 2 est toujours majoritairement masculin, mais de peu: 17 hommes, pour 16 femmes.

Une première, donc. Même si, bien sûr, en cette matière comme dans d'autres, la quantité (= le nombre de ces éminences) compte sans doute moins que la qualité (leurs talents et compétences éventuels).

14/07/2015

Un apanage assez récent

Le kaki et le bleu marine plus que jamais couleurs dominantes, à Paris ce 14 juillet. Dans le défilé militaire bien sûr, mais aussi dans le dispositif de sécurité qui l'entoure – vu le contexte d'alerte anti-terroriste. Pas moins de 11.200 membres des forces de l'ordre sont mobilisés pour assurer la sécurité sur la voie publique. Rien que le long du parcours du défilé, 3000 policiers vont veiller au grain, dont bon nombre d'agents en civil. Sans compter que, pour contenir la foule, encadrer ses allées et venues et empêcher les stationnements de véhicules, 10.000 barrières métalliques, carrément, ont été déployées. Soit l'équivalent d'une longueur totale de «près de 25 kilomètres», a calculé la préfecture de police de Paris.

C'est donc peu dire que, ce mardi, on ne va pas déambuler où et quand on veut, sur les Champs et à leurs alentours.

Une artère que le grand public associe d'office à cette "kaki pride" estivale annuelle, or, pour la petite histoire, elle n'a pas toujours eu l'apanage de ce défilé.

Ce n'est même que depuis l'année 1980 que celui-ci se déroule systématiquement sur la «plus belle avenue du monde». De 1974 à 1979, en revanche, sous le septennat Giscard donc, le lieu de célébration de la parade militaire a varié. Les Parisiens eurent ainsi droit à des défilés de 14 juillet au Cours de Vincennes (1975), à l'École militaire (1977), et même sur l'axe majeur de notre bon vieux onzième arrondissement, pourtant à l'origine – il y a vraiment très longtemps – une terre de gauche pas rarement antimilitariste. Ainsi, en 1974, le défilé se déroula entre Bastille et République. Et, en 1979, dans le sens inverse, il partit de "Répu" pour aboutir à Bastille.

François Hollande, lui, en matière de défilé du 14 juillet, reste donc les deux pieds bien plantés dans la tradition post-giscardienne – n'en déplaise à son grand slogan de campagne de 2012 («Le changement, c'est maintenant»).

13/07/2015

Une précaution, élémentaire

«Il ne s’agit pas d’un défilé au rabais». C'est ce que dit et répète en boucle, depuis des jours, le ministère de la Défense. A propos du défilé militaire de fête nationale, demain sur les Champs-Elysées. Cette "kaki pride" sera plus courte (d'un quart d'heure) que les éditions précédentes. Sa phase motorisée sera «quelque peu raccourcie» (25 à 30% en moins). Certains fleurons de l'équipement militaire tricolore (les chars de combat AMX Leclerc, par exemple) brilleront par leur absence. Et les «présentations publiques» du matériel à la population, menées habituellement dans l’après-midi et «prolongeant le lien armée-Nation», n’auront pas lieu.

C'est «la conséquence de l’engagement actuellement très intense des militaires», sur le terrain et en France même: l'opération "Sentinelle", en cours depuis les attentats de janvier. C'est aussi dû au degré d'alerte et de vigilance anti-terroriste: à son niveau maximum en ce moment, en région parisienne notamment. Nul besoin de prendre encore des risques supplémentaires, en faisant s'éterniser les rassemblements de foule sur la voie publique.

Défense, Armée, Institutions, Folklore, HistoireEn termes de risques, après un long bras de fer, il a été décidé de ne pas en faire courir aux invités d'honneur de ce défilé: les trois forces de réaction aux attentats (GIGN, Raid et BRI), qui s'illustrèrent en janvier.

Elles insistaient pour que leurs membres défilent cagoulés, afin que leur anonymat soit protégé. Mais, en termes de symbole, cela paraissait un peu difficile. Un compromis a donc été trouvé. Ces unités d'élite défileront coiffées de leurs casques avec visières de protection, ce qui rend leurs membres difficilement reconnaissables. Et l'on peut imaginer que des instructions ont été données en haut lieu aux réalisateurs de télé qui filmeront le défilé, pour qu'ils ne zooment pas sur les intéressés.

On doit cette prudence à un précédent mémorable, qui remonte à plus de dix ans. Il avait suivi le plus haut fait d'armes du GIGN.

A savoir, en décembre 1994, sur le tarmac de l'aéroport de Marignane (Marseille), l'assaut donné au commando du GIA algérien qui s'était emparé de l'Airbus Air France assurant la liaison Paris-Alger. Après cette mission réussie, les membres du GIGN avaient été reçus en grandes pompes à l'Elysée, et les médias les avaient amplement photographiés, dans les salons comme sur le perron du palais présidentiel. Ces clichés, plus tard, avaient été découverts, placardés aux murs d'une cellule islamiste qui avait été démantelée. Et certaines de ces photos étaient même assorties de la mention de l'identité et d'adresse des intéressés, que les islamistes étaient parvenus à retrouver sur base des photos des visages. Ce qui avait évidemment fait de ces hommes des cibles potentielles toutes désignées.

11/06/2015

Une contrition tardive

Gouvernement, Valls, Sports, Economie, InstitutionsTirer sur l'ambulance n'étant jamais très charitable, on ne va pas en faire des tonnes sur Manuel Valls.

Qui, ce matin, a donc fini par faire son mea culpa, à propos de son extravagant aller-retour en Falcon gouvernemental, samedi soir – avec deux de ses enfants –, pour aller voir un match de foot à Berlin. Le Premier ministre mettra la main à la poche. Il remboursera une part des frais que cette escapade footballistique a occasionnés au contribuable.

Juste, donc, signaler deux choses.

D'abord, noter qu'il a fallu cinq jours (cinq!) au chef du gouvernement, pour qu'il réalise et admette sa grosse faute de goût. C'est très long, comme délai de réflexion et de contrition. Et encore heureux qu'un sondage assez catastrophique pour lui a été diffusé hier soir, sinon, les Français auraient sans doute été quitte pour quelques jours d'attente supplémentaires.

Ensuite, remettre tout de même les choses à leur place. Cet aller-retour footeux a coûté quelque 20.000 euros à la République. Dans un pays dont le déficit public se monte, selon le dernier décompte disponible (), à... 59,8 milliards d'euros. On est donc là dans le registre du symbole.

Mais parfois, en politique comme ailleurs, ça compte, les symboles.

27/05/2015

Une éternité encore à attendre

Vingt ans que cela n'était plus arrivé. Ce mercredi, les cendres de deux femmes, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion, entrent au Panthéon. Elles figurent parmi les quatre héros de la Résistance qu'a choisi d'honorer François Hollande. La dernière fois qu'une femme avait été panthéonisée, c'était le 20 avril 1995. François Mitterrand avait alors fait entrer Marie Curie – et son époux, Pierre Curie – au Panthéon.

Ce soir et d'un seul coup, le nombre de femmes reposant dans ce temple républicain des «grands hommes» aura carrément doublé. Puisque, jusqu'à aujourd'hui, elles n'étaient que deux à y figurer: Marie Curie, donc, et Sophie Berthelot – et encore, cette dernière y repose en qualité d'épouse du chimiste Marcellin Berthelot. Au total, parmi ces honorables sépultures, on compte à peu près 17 fois plus d'hommes que de femmes.

A l'époque où François Hollande avait fait connaître son choix (relire par exemple ici ou ), les féministes avaient dit leur satisfaction. Il n'empêche, au rythme d'une panthéonisation par Président, on vous laisse calculer le nombre de quinquennats qu'il faudra encore, avant que la parité hommes-femmes règne également dans cette institution.

11/05/2015

Une faute de goût réparée

L'initiative se justifie bien sûr en soi, mais elle peut aussi être vue comme l'implicite réparation d'une grosse faute de goût.

L'Assemblée nationale vient de lancer le cycle de cérémonies commémorant Olympe de Gouges (1748-1793): grande figure de la Révolution, guillotinée sous la Terreur. C'est à elle que l'on doit la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, et notamment cette formule célèbre: «La femme a le droit de monter à l'échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune». Il y a quelques mois, des énergumènes des services de l'Assemblée avaient cru bon, pour rendre hommage à cette féministe, de réaliser à son effigie... un tablier de cuisine (). Intégré à la boutique en ligne de l'Assemblée, l'article n'y était resté que quelques heures, puis en avait été retiré vu le tollé. On a encore vérifié ce matin, en parcourant en vitesse les rayons de ce magasin, on n'y trouve désormais plus trace de cette initiative si douteuse, ni du moindre article pouvant paraître péniblement sexiste.

En lieu et place de cette bévue, le président de l'Assemblée a, l'autre jour, dans un discours solennel, vanté les qualités et le legs de cette «femme extraordinaire, qui eut l'audace, dans cette période troublée de la Révolution, de réclamer des droits pour les esclaves, les indigents et les femmes». Et d'annoncer qu'en octobre prochain (à l'occasion de la célébration du 70e anniversaire de l'élection des premières femmes députées), un buste de cette figure historique serait officiellement installé, dans l'enceinte de l'Assemblée.

Il n'est jamais trop tard pour bien faire, 222 ans après la mort de l'intéressée.

31/03/2015

Une absence (pour le moment)

Pas un seul. Dimanche, en région parisienne, le Front national n'a pas réussi à faire élire un seul conseiller départemental. Pourtant, c'est peu dire qu'en banlieue de Paris, ne sont pas absents les thèmes sur lesquels le FN prospère, électoralement: la précarité, le chômage, le déclassement social, les tensions intercommunautaires, l'insécurité, etc. Mais, autant au premier tour, dans nombre de cantons de la petite ou de la grande couronne parisienne, les candidats lepénistes n'ont pas rarement atteint les 30% des voix, voire ont frisé ou même dépassé les 40%, autant aucun n'a réussi à s'imposer au second tour.

C'est dû pour partie à la stratégie d'isolement choisie par le Front. Au premier tour, elle est très rentable pour lui. En effet, elle lui permet de ratisser tous les mécontents, en mettant la droite et la gauche (l'«UMPS») dans le même sac d'incompétence connivente – «les copains et les coquins», répète en boucle Jean-Marie Le Pen, depuis des décennies. Mais au second tour, sans le moindre allié à ses côtés, il est extrêmement difficile de dépasser la barre fatidique des 50%, et donc de s'imposer.

Cela dit, cette absence d'élus FN parisiens est due aussi, et pas marginalement, aux particularités du mode de scrutin départemental, pénalisantes pour les partis qui sont dans la configuration du FN. Aux élections régionales de décembre, en revanche, ce sera autre chose. En effet, il s'agira là d'un mode de scrutin très différent (forte dose de proportionnelle, prime octroyée au parti arrivé en tête, etc.). Dès lors, il serait très étonnant – et même a priori assez improbable – que, dans ce cadre-là, le Front ne parvienne pas à faire élire de candidats, à Paris et dans sa banlieue.

Ce n'est donc sans doute plus qu'une question de mois. Avant que la Région parisienne, à son tour, se mette à l'unisson d'un pays qui, un scrutin après l'autre, voit grandir le nombre d'élus d'extrême droite.

10/03/2015

Une machine bien huilée

Institutions, Présidence, Communication, Médias, PersonnalitésC'est vers 3 heures du matin qu'a été diffusé le communiqué officiel de François Hollande rendant hommage aux huit Français – dont trois sportifs de haut niveau – victimes hier de l'accident d'hélicoptère qui a endeuillé le tournage de la prochaine émission de téléréalité de TF1, en Argentine.

Cela ne signifie toutefois pas forcément que le chef de l'Etat lui-même ait été tiré du lit par cette actualité, cette nuit.

A l'Elysée, un «Service permanence et information» se charge de la veille des actualités survenant tardivement. Il a pour référent celui ou celle de la dizaine de hauts conseillers du Président qui, à tour de rôle, est d'astreinte cette nuit-là. C'est ce conseiller qui reçoit les premières alertes provenant des aides de camp chargés de surveiller en continu les actualités, puis qui lance la machine à communiquer.

Le conseiller de François Hollande qui coordonne sa communication (Gaspard Gantzer) est tenu d'être joignable et mobilisable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Un communiqué officiel signé par le chef de l'Etat ne doit pas nécessairement être relu et approuvé par lui, avant d'être envoyé aux médias. Le secrétaire général de la présidence (Jean-Pierre Jouyet), son adjoint (Boris Vallaud), le chef d’Etat-major particulier (le général Benoît Puga) et le directeur de cabinet (Thierry Lataste) ont reçu mandat de ce faire.

De manière impérative, l'hôte de l'Elysée est bien sûr systématiquement réveillé si et quand, la nuit, surviennent des événements qui engagent la sécurité nationale (attentats, etc.), des actualités graves concernant des Français à l'étranger (prises d'otages, détournements d'avion, etc.) ou des événements diplomatiques majeurs (décès de chefs d'Etat, etc.). Dans les autres cas (disparitions de personnalités, etc.), c'est au haut conseiller de permanence cette nuit-là qu'il revient de décider de reveiller ou non le grand patron, après en avoir référé à l'un ou l'autre des quatre membres de sa garde rapprochée.

Institutions, Présidence, Communication, Médias, PersonnalitésSous François Hollande, toutefois – comme c'était déjà le cas sous Nicolas Sarkozy –, ces règles habituelles de fonctionnement sont régulièrement bousculées par l'intéressé lui-même. Boulimique de travail, ultra-connecté, drogué d'actualité, il ne se coupe jamais complètement d'elle, quelle que soit l'heure. Très souvent, dès lors, quand survient le coup de fil du permanencier de l'Elysée censé l'informer de tel ou tel événement nocturne, il en est déjà au courant.

Cette nuit, donc, François Hollande lui-même a très bien pu piloter la réaction de l'Elysée au tragique événement.

26/02/2015

Un goût douteux

Femmes, InstitutionsC'est le magazine féminin "Causette" qui a repéré la faute de goût, sur la boutique en ligne de l'Assemblée nationale – mais oui, cela existe: on y vend notamment des besaces ou des trousses de toilette affublées d'une cocarde tricolore, des boutons de manchette à emblèmes, des badges ou des briquets clamant fièrement «Pour», «Contre», «Oui» ou «Non», des porte-clés en plexi à l'effigie de Marianne, etc.

Dans cette boutique, donc, dernièrement, est apparu un nouvel article. Un tablier de cuisine. Vendu 24€. Illustré par la photo d'une femme l'arborant. Et baptisé «tablier Olympe de Gouges». En référence à la grande révolutionnaire française (1748-1793), rédactrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, et qui mourut sur l'échafaud.

Voilà donc une Assemblée législative encore majoritairement composée d'hommes, qui, via sa boutique, de manière subliminale, renvoyait les femmes aux fourneaux. Tout en se référant à celle qui fut une icône du féminisme avant l'heure. Et ce, alors qu'approche la Journée internationale des droits de la femme, le 8 mars.

L'affaire a évidemment fait grincer des dents, sur les réseaux sociaux notamment. Du coup, peu après le buzz lancé par "Causette", le fameux tablier de cuisine a été retiré de la boutique. Désormais, quand on fait un copier-coller de l'adresse qui conduisait à cet article, s'affiche le message «Erreur. Désolé, mais le produit que vous avez demandé n'a pas été trouvé».

Un autre message d'«erreur», s'excusant pour cette initiative commerciale si discutable, n'aurait sans doute pas été de trop.

Encore bravo.

05/02/2015

Un homme «changé» (?)

On nous a changé François Hollande. Ce matin, le chef de l'Etat tenait sa grande conférence de presse semestrielle. La cinquième, depuis son arrivée à l'Elysée. La première, depuis la dramatique actualité de janvier. «J'ai forcément changé, à la suite de ces événements. Tout comme ces épreuves ont aussi changé notre pays», a-t-il assuré. Et effectivement, sur un point au moins, le changement présidentiel – tel qu'il était affiché, en tout cas – était saisissant, ce matin.

François Hollande? C'est «M. Petites blagues», l'avait un jour dénigré Laurent Fabius. C'est apparemment fini, cela. Raide comme un piquet, martial, surjouant dans la solennité qu'impose la gravité de l'actualité, l'hôte de l'Elysée a attendu près d'une demi-heure avant de desserrer les dents. Avant d'esquisser un (très léger) sourire, qui tenait d'ailleurs davantage du rictus. Ses quatre conférences de presse précédentes avaient été un festival de vannes et de bons mots, d'allusions plutôt drôlatiques et de petites piques très sardoniques. Là, rien, ou quasiment. A peine une ou deux rapides petites boutades, visiblement maîtrisées, puis retour express à une présidentialité tout en gravité.

Bien sûr, nul ne s'attendait à le voir ce matin dans le registre badin. Cela aurait d'ailleurs été très déplacé, étant donné le contexte. Du reste, à en croire tous les sondages depuis le début de son mandat, il partait de très bas en termes d'incarnation de l'autorité présidentielle, telle qu'elle est perçue par l'opinion. Dès lors, il ne pouvait que progresser, en la matière. Mais, pour autant, l'on ne s'attendait pas forcément à ce que l'ampleur de son changement de ton soit aussi frappante.

Derrière tout cela, évidemment, il y a une bonne part de posture et de calcul politique. Une bonne dose de com', autrement dit. Il n'empêche, dans la forme, ce personnage du nouvel Hollande était plutôt bien interprété, ce matin.

Reste à voir s'il va convaincre ses concitoyens.

03/12/2014

Une petite musique

personnalités,institutions,musique,hollande,internationalOn aura décidément tout vu à l'Elysée, sous François Hollande. Tout vu et même tout entendu, en l'occurrence.

Hier soir, en effet, dans les salons du palais présidentiel, le prestigieux orchestre de la Garde républicaine a carrément joué... du ABBA. Les valeureux militaires mélomanes y sont notamment allés d'un «Fernando» endiablé, qui, paraît-il, restera dans les annales des soirées élyséennes. C'était à l'occasion du dîner d'Etat donné en l'honneur du roi Carl XVI Gustaf et de la reine Silvia, en visite cette semaine en France. Le dîner a réuni quelque 200 convives, qui donc ont festoyé en se trémoussant (un peu) sur ABBA.

Cela change fameusement par rapport aux notes d'Albéniz, le célèbre pianiste et compositeur espagnol, qui, il y a sept ans, avaient retenti dans le palais présidentiel. Lors de la cérémonie d'investiture du prédécesseur de François Hollande, un Nicolas Sarkozy à l'époque époux de Cécilia Attias, arrière-petite fille d'Isaak Albéniz.

La Garde républicaine jouant du ABBA à un dîner d'Etat: on imagine sans peine la moue des déclinologues et autres contempteurs de François Hollande. Sans doute auraient-il préféré qu'en lieu et place du groupe kitsch-pop des années 70, l'Elysée opte pour les vocalises de la grande mezzo-soprano suédoise Anne Sofie von Otter.

Auquel cas, cela aurait permis à François Hollande de vanter, au passage, le «made in France». Puisqu'un des derniers disques de l'artiste, intitulé précisément «Douce France», rend hommage à la mélodie et à la chanson tricolores, de Saint-Saëns à Debussy en passant par Barbara, Ferré, Trénet ou Moustaki.

Mais sans doute aucun haut communicant de l'Elysée n'y avait-il pensé.

27/11/2014

Un progrès, mais très incomplet

Femmes, Institutions, Parlement, Histoire, Personnalités, MédiasNeuf femmes. L'Assemblée nationale qui, il y a quarante ans jour pour jour, examina la loi Veil sur la dépénalisation de l'IVG comptait en tout et pour tout, dans ses rangs, neuf femmes. Siégeant aux côtés de 481 hommes – l'Assemblée n'avait à l'époque que 490 sièges (contre 577, aujourd'hui). Simone Veil elle-même estima, un jour, que cette si criante inégalité homme-femme qui caractérisait alors la représentation nationale n'avait pas peu contribué au caractère extrêmement tendu – et agressif à son égard – des débats parlementaires à propos de cette loi. «Ils voulaient se payer une femme...», confia-t-elle jadis, lors d'une interview télé.

Plusieurs médias, hier, ont rediffusé ce passage de son interview. Tout comme, en boucle et pendant toute la journée, ils ont insisté sur ces seules neuf députées qui, à l'époque, siégeaient dans cette Assemblée si mâle – et si âgée et blanche, ajoutera-t-on.

Si ces mêmes médias avaient voulu être parfaitement complets, s'ils s'étaient montrés soucieux de ne pas risquer de donner l'impression qu'il s'agit d'une ère sexiste désormais complètement révolue, ils auraient pu signaler, au passage, quelle est la part de femmes que compte, aujourd'hui, le Parlement.

A l'Assemblée, elles sont 155. Pour 422 hommes. Au Sénat, elles sont 87. Pour 261 hommes.

Femmes, Institutions, Parlement, Histoire, Personnalités, MédiasDes progrès ont donc été accomplis, en la matière.

Ce qui n'empêche pas que, quarante ans après le vote de la loi Veil, la représentation parlementaire française reste très majoritairement mâle – et âgée, et blanche, ajoutera-t-on. Puisque, en gros, elle est à 75% masculine.

Mais dans quarante autres années, qui sait, ce sera la parité.