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09/03/2015

Une attaque, si improbable

On avoue que, quand l'info nous est parvenue, ce week-end, on a d'abord cru à un gag. Cela paraissait si improbable. Et puis non, finalement. Le groupe Etat islamique s'est bel et bien attaqué à... Velib.

Samedi, sur le blog du système de location de vélos en libre service de la ville de Paris, en lieu et place des informations habituelles, on trouvait le drapeau noir de Daech, la mention «Hacked by Islamic State» (piraté par l'Etat islamique) et un poème en langue arabe chanté a capella. Manifestement, il ne s'agit pas d'un petit piratage, mais d'une opération d'envergure, qui donne du fil à retordre aux informaticiens de la mairie. Pour preuve, tout au long de la journée, de la soirée puis de la nuit de samedi à dimanche, le blog a affiché «Site en maintenance» comme seul message. Dimanche, il s'est contenté d'un «Le Blog Velib revient lundi. Merci pour votre compréhension». Mais, ce lundi matin, il n'avait toujours pas été remis en état: le même message continuait à s'y afficher.

Ces dernières semaines, déjà, des centaines de sites web français ont été hackés par les égorgeurs d'Irak et de Syrie.

On ignore si, en paralysant cette fois le site de Velib, ils ont l'impression d'avoir fait avancer leur cause de manière décisive. Pour notre part, en tout cas, on peine un peu à comprendre à la fois l'intérêt jihadiste de cette action, pour ses auteurs, et l'importance stratégique de cette cible en particulier.

15/01/2015

«Un héros», à nouveau

Etrangers, Immigration, Médias, Internet C'est l'homme qui affole le web et les réseaux sociaux, en ce moment. En quelques jours à peine, une pétition en sa faveur a réuni un nombre considérable de signatures – elles étaient près de 280.000, ce matin.

Il s'appelle Lassana Bathily. 24 ans, de nationalité malienne et de confession musulmane. Vendredi, lors de la prise d'otages dans l'hypermarché casher de Paris, il a réussi à sauver plusieurs clients du magasin, qu'il a cachés dans la chambre froide. Pour le collectif d'associations blacks (CRAN) qui a lancé la pétition en sa faveur, c'est «un héros» et «un modèle». Lui, le musulman, a sauvé des juifs. Qui eux-mêmes, auparavant, l'avaient sauvé de la mort sociale, en lui proposant un job dans leur magasin. Le CRAN y voit donc «une formidable leçon sur les bénéfices de l'entraide et de la fraternité, ce qui est le sens profond de toute vraie religion».

Les médias, le web et les réseaux adorent bien sûr ce genre de si belles histoires. D'où le succès rencontré par la pétition demandant à l'Etat de faire un geste envers ce jeune sans-papiers. Les autorités, à moins que cela nous ait échappé, n'ont pas encore réagi.

En juin dernier, déjà, un autre «héros» sans-papiers avait fait parler de lui, et avait affolé les médias.

Etrangers, Immigration, Médias, Internet Mohssen, Tunisien, âgé de 26 ans. Lors d'un très violent incendie qui avait ravagé un immeuble d'habitations à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis, banlieue Nord de Paris), n'écoutant que son courage, il avait réussi à sauver plusieurs personnes des flammes. Vu l'intensité du brasier, auraient-elles dû attendre l'arrivée des pompiers qu'elles auraient probablement péri.

Leur bienfaiteur avait été légèrement blessé, dans les secours qu'il avait portés. Le gros écho médiatique donné à son exploit avait conduit les autorités à réagir. Mohssen avait été invité et reçu à la préfecture. Elle lui avait assuré que son dossier de demande de régularisation serait désormais étudié avec la plus grande bienveillance, «en récompense de sa bravoure». Au final, effectivement, le «héros» a obtenu un titre de séjour.

 

Actualisation 15h34 AFP Lassana Bathily sera naturalisé Français mardi 20 janvier, annonce jeudi le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

04/06/2014

«Un nouveau territoire»

C'est un hasard de l'actualité, mais il ne tombe pas mal. En ces jours où toute la France se passionne pour les identités régionales – à la faveur du fameux projet de redécoupage de l'Hexagone des Régions, qu'a esquissé François Hollande hier. Ce soir, la maire de Paris lance les premiers noms de domaine en .paris. Et elle n'est pas peu fière que la «Ville lumière» soit «l’une des toutes premières capitales au monde à pouvoir créer des adresses internet à son nom, dans le cadre d’un processus lancé en 2012 par l’ICANN». Les «pionniers» qui seront les premiers à disposer d'un site web dont l'adresse s'achève par un .paris «deviendront les ambassadeurs de Paris et participeront avec la Ville à la construction de ce nouveau territoire numérique» de demain.

Pourquoi pas. Mais l'identité régionale vaut-elle également pour une ville qui est si cosmopolite et mondialisée? Les Parisiens ont ils, eux aussi, le sens du terroir? Autant que les Auvergnats, les Bretons ou les Bourguignons? Alors que la majorité des habitants de la capitale ne sont pas des Parisiens de souche (issus de générations entières ayant vécu sans discontinuer dans cette ville), mais des ex-immigrés venus d'autres Régions – et qui, d'ailleurs, prennent souvent soin d'entretenir leurs racines non-parisiennes. On verra cela, notamment à l'aune du succès – ou pas – de ce nouveau nom de domaine si fièrement parigot.

En tout cas, le projet paraît moins passéiste et régionalo-franchouillard que celui qu'a réaffirmé hier, avec force, l'ineffable Geneviève de Fontenay qui, décidément, n'en rate pas une (relire ). Interrogée sur la nouvelle carte de France redessinée par François Hollande, la dame au chapeau a protesté. «Les gens sont attachés à leurs racines! Pourquoi il y a tant de monde qui veut venir en France? Parce que, justement, on a notre folklore, notre terroir, notre tradition. Nous, en tout cas, on continuera à faire des Miss Quercy, des Miss Centre-Val de Loire, des Miss Artois: ce qui fait la France!»

On n'est pas sûr que ce soit une très bonne nouvelle pour les femmes modernes, du Quercy et d'ailleurs.

24/04/2013

Un nouveau surnom

Cinq. Ils sont donc cinq, les députés qui, hier après-midi, ont appuyé sur le mauvais bouton, au moment du vote du projet de loi sur le «mariage gay». Pour la postérité, il s'agit de Marcel Bonnot, Luc Chatel, Alain Chrétien, Marianne Dubois et Henri Guaino. Ils auraient voulu voter non; ils ont voté oui. Les erreurs de scrutin parlementaire ne sont pas rares, en France comme dans d'autres pays. C'est dû au fait que, si le moment du vote est annoncé longuement à l'avance (par une sonnerie retentissant dans toute l'Assemblée nationale, actionnée par le président de séance), l'opération de vote proprement dite, elle, est très rapide. Comme le règlement de l'hémicycle permet que l'on vote, outre pour soi, au nom d'un collègue absent, pendant les quelques secondes, pas plus, que dure le scrutin, certains – et pas seulement des députés de droite, bien sûr – s'emmêlent les pinceaux: appuient sur le mauvais bouton.

Le plus cocasse est que, parmi ces étourdis, ait figuré Henri Guaino: l'ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l'Elysée. En effet, il est est un des plus virulents contempteurs du «mariage pour tous». Parce que ce serait trop long, on s'abstiendra d'énumérer ici ses innombrables diatribes contre une réforme qui, si on l'a bien compris, va à peu près précipiter la civilisation entière vers le cataclysme terminal.

Hier, le net et les réseaux sociaux ont, évidemment, beaucoup ri de la mésaventure électorale électronique survenue à Henri Guaino. A qui, moins d'une heure après le vote fatidique, ils ont trouvé un nouveau surnom: Henri Gayyes. Gai-no, Gay-yes.

Sans doute l'intéressé ne l'a-t-il pas volé.

17/04/2013

Une étourderie ministérielle

Gouvernement, Personnalités, Economie, Communication, Internet1,4 million. C'est le Premier ministre Jean-Marc Ayrault lui-même qui a donné le chiffre, sur une radio ce matin. Les pages du site web du gouvernement où est mis à nu le patrimoine des ministres – ce qu'on évoquait hier – ont accueilli 1,4 million de visiteurs, en 24 heures. Une telle affluence d'internautes sur un site web officiel, c'est du jamais vu dans les annales. Chacun jugera si est naturelle ou malsaine, cette curiosité du grand public pour le contenu du portefeuille de ses hauts dirigeants.

L'opération, en tout cas, a permis au moins de mettre au jour l'une ou l'autre curiosité. Ainsi, deux ministres du gouvernement – qu'on aura la charité de ne pas nommer – sont en infraction avec la loi. Et c'est l'étalage de leur patrimoine qui a permis de le constater.

En effet, ces éminences ont chacune deux livrets A, détenus dans deux établissements bancaires différents. Or, s'agissant de ces livrets d'épargne réglementés, de tels doublons sont désormais strictement interdits – c'est expliqué par exemple ici. Dès lors, si on leur applique la loi, ces ministres étourdis devraient être sanctionnés: se voir infliger une amende fiscale égale à 2% de l'encours du livret surnuméraire. Voire, en cas de fraude aggravée (des doublons de plusieurs produits d'épargne réglementés), être contraints de rembourser tous les intérêts indument accumulés.

Le montant du manque à gagner que cette rectification représenterait pour ces deux membres du gouvernement serait ensuite, bien sûr, défalqué de leur déclaration de patrimoine...

05/04/2013

Une cruauté/créativité

Personnalités, Humour, Médias, InternetUn peu d'humour, pour bien terminer la semaine. Dont l'actualité française principale a évidemment été reprise, détournée et parodiée, sitôt qu'elle est survenue: sur le net, et dans les réseaux sociaux. On veut bien sûr parler de l'«affaire Cahuzac».

Le ministre déchu de François Hollande, en aveu d'évasion fiscale, a visiblement beaucoup inspiré les plaisantins. Ces derniers jours, on a vu son visage apparaître dans des fausses pubs détournant des campagnes en faveur, par exemple, d'une eau minérale («Cahuzac, source d'emmerdes») ou d'une banque privée en ligne («Mon banquier, c'est moi»). On son image être recyclée dans des pastiches d'affiches de films de cinéma. Des films venant de sortir en salles: ainsi, le biopic du braqueur-convoyeur de fonds Tony Musulin, désormais réalisé par Renaud Van Ruymbeke, un des deux juges instruisant le dossier Cahuzac. Ou des films cultes du septième art français – voir ce détournement du fameux «L'Aveu», de Costa Gavras. Le gros défoulement, donc.

Les gens sont cruels, tout de même. Ou créatifs, c'est selon.

23/01/2013

Une suggestion lexicale

"Hashtag". Mot très disgracieux, a-t-on toujours trouvé – mais, les goûts et les couleurs... Terme qui, si d'aventure et par extraordinaire cela vous avait échappé, s'utilise, s'agissant de la plateforme de microblogging Twitter, pour regrouper tous les messages parlant d'un même sujet. Dans son édition de ce matin, le très sérieux Journal officiel recommande (ici) de préférer, à ce "hashtag", un terme français.

A savoir, non pas "mot-clé", comme il serait immédiatement venu à l'idée, mais le plus subtil "mot-dièse". En référence au signe # ou dièse, qu'un hashtag d'office comporte.

"Dièse". Mot si musical, et qui nous a toujours semblé délicieusement hexagonal. Quitte à le prendre en grippe, quand un automate l'ânonne en boucle dans des formules pré-enregistrées du type «Pour revenir à tout moment au menu de départ, appuyez sur la touche dièse», etc.

"Mot-dièse". On aime plutôt bien. Mais les férus de médias électroniques ne risquent-ils pas de trouver ce terme trop peu techno, voir un rien suranné?

31/01/2012

Un toupet

Nicolas Sarkozy n'est donc pas encore officiellement candidat à un nouveau mandat. Dimanche soir, à la télé, il a répété que sa priorité devait continuer à aller à la conduite du pays, par ces temps de crise. Mais, le moment venu, «je ne me déroberai pas», a-t-il aussi confirmé, et ce moment «approche». Aucune surprise à attendre, dès lors.

Nicolas Sarkozy n'est pas encore officiellement candidat, mais la page web intitulée http://www.nicolassarkozy2012.fr/, elle,existe déjà. Et elle est squattée par une intruse. La dame officie dans un tout autre domaine que la haute politique. Mais, avec un toupet assez comique, elle a manifestement jugé que cette usurpation de nom de domaine lui serait profitable, en termes de pub.

Cela fait des semaines, voire des mois, que l'effrontée sévit à cette page. Au vu et au su de tout le monde politique, et donc y compris des services de l'Elysée. Il n'empêche, malgré tout ce temps, les pandores (électroniques) ne l'ont visiblement pas encore délogée de cette adresse hautement fatidique.

D'où la question qui, plus que jamais, s'impose: mais que fait la police?

05/08/2011

Une absence (bien involontaire)

Pendant une vingtaine d'heures, «Paris Libre» a complètement disparu du monde (du web). En effet, dans la nuit de jeudi à vendredi, une opération de maintenance technique de la plateforme Blogspirit, donc bien indépendante de notre volonté – et qui avait été annoncée comme totalement inoffensive – , a... réduit ce blog à néant. À son issue, ne s'affichait plus qu'une très vieille version: au look vintage et au contenu rédactionnel remontant aux années 2006-2007.

 

Les choses, paraît-il, sont rentrées dans l'ordre à présent. Jusqu'au prochain bug?

 

On a pris le parti de ne pas/plus s'énerver pour cela. Mais décidément, cela dit juste en passant, ils nous fatigueront toujours, ces caprices récurrents de l'électronique. Qui semblent toujours imprévisibles et qui, quand ils surviennent, paraissent décontenancer y compris les spécialistes en la matière. Au risque de passer définitivement pour has been, on ne s'y fera sans doute jamais, à ce monde-là.

24/05/2011

Une suspension

sinclairDSK.jpgQuatre lignes, rédigées hier. «Vous avez été très très très nombreux à m'adresser des messages. Je ne peux répondre à chacun mais sachez qu'ils m'ont touchés et aidés. Vous comprendrez que les circonstances m'imposent de suspendre temporairement ce blog. Je vous dis simplement: à bientôt». Quatre lignes signées Anne Sinclair. Qui, hier donc, a annoncé que son blog serait désormais aux abonnés absents.

Les commentaires devant être modérés avant d'être publiés, aucun n'apparaît encore, et n'apparaîtra sans doute jamais, sous cette note d'au revoir. Ce blog, l'épouse de DSK l'avait lancé en 2008. Elle y intervenait assez régulièrement. C'est notamment par cet outil qu'elle avait dit son soutien à son mari lorsque, à Washington, un précédent scandale, sexuel déjà, l'avait déstabilisé. En revanche, plus récemment, elle n'y avait touché mot de l'anecdote de «La Porsche tranquille». La dernière note publiée, avant celle d'hier, remontait au 12 mai. C'était un jeudi soir. Trente-six heures plus tard, au Sofitel de New York, le destin de son mari allait basculer, et le retentissant scandale éclater.

Anne Sinclair juge donc avoir désormais d'autres chats à fouetter que d'alimenter son blog. Personne, effectivement, ne lui en tiendra rigueur. Avec la procédure si longue et périlleuse telle qu'elle s'annonce pour son mari, on peut d'ailleurs se demander si ce blog reprendra bel et bien un jour.

18/05/2011

Un défoulement

ALAFOLIE.jpgCe matin enfin, on a eu/pris/ le temps d'aller traîner un peu sur le net, pour voir ce qu'il s'y disait sur cette fameuse «affaire DSK». Et on n'a pas été surpris de constater que, trois jours plus tard, c'y était toujours la folie. Folie des plaisanteries grivoises, des pastiches, des chansons, des jeux de mots, parodies, complots ou autres moqueries à deux balles. Du genre, et pour s'en tenir à ce qui est mentionnable dans un tel blog: «La débandade», «DSK dans de sales draps», «Il a cassé sa pipe», «Le festival de Kahn» ou «Dominique nique nique»...

Il y a sans doute plusieurs lectures possibles à ce défoulement planétaire.

La première est lénifiante. Ce défoulement n'illustre jamais qu'un certain côté potache d'internet, auquel il ne faut pas prêter plus d'attention ni accorder plus d'importance que cela.

La deuxième lecture est plus psychologisante. On ne cesse de l'entendre et de le lire dans les médias français, depuis trois jours: cette «affaire DSK», si hors-norme, si spectaculaire, si inattendue et si violente dans sa représentation visuelle, a de quoi créer, en France singulièrement, «un traumatisme». Rien que par la symbolique, ce n'est tout de même pas rien de voir quelqu'un passer, du jour au lendemain, du statut d'ex-futur Président à celui de prisonnier le plus célèbre de la planète. Vu sous cet angle, ce défoulement généralisé sur la toile permettrait, pour certains, d'évacuer le traumatisme. Il aurait valeur et fonction d'exutoire. Tourner en dérision un événement permet de le dédramatiser, de se sentir moins touché par lui, de se rassurer.

Troisième lecture possible à ce défoulement généralisé, elle carrément déprimante. Par nature, l'être humain est mauvais, moqueur, méchant. Il saisit la moindre occasion qui se présente pour déverser son fiel. Chez l'homme, le cynisme l'emporte, par nature, sur la compassion.

clownbis.jpgIl y a des moments où on regrette (un peu) de n'être que journaliste. Et pas psy ou sociologue, ce qui nous aurait permis d'appréhender plus finement ce phénomène. Mais pourquoi donc un tel défoulement? Là, franchement, on ne sait pas.

Ce qu'on sait, en revanche, c'est qu'internet n'est pas l'unique média servant de défouloir. Depuis dimanche, les plaisanteries graveleuses – ou comiques, c'est selon – circulent y compris dans les médias traditionnels et les rédactions des journaux les plus respectables. Les journalistes sont des êtres humains comme les autres.

25/02/2011

Un terme officiel

Aujourd'hui, une note à l'attention plus spéciale des visiteurs de ce blog qui seraient un peu «geeks» et/ou qui voudraient être «de bons Français», comme disait Eric Besson quand il était ministre de l'Identité nationale – ou, en tout cas, qui voudraient parler un «bon français». Ils ont intérêt à soigner leur langage, mercredi: ce 2 mars, qui est aussi le jour où Apple devrait dévoiler son nouvel iPad2. En France, en effet, depuis dimanche dernier, il n'est plus question d'appeler n'importe comment ce joujou branché. Puisqu'il existe désormais un terme officiel pour le dénommer.

Car, le 20 février, au Journal Officiel, a été publiée la décision de la «Commission générale de terminologie et de néologie» relative aux gadgets du type de l'iPad. Placée sous l'autorité du Premier ministre, cette commission gère «l'enrichissement de la langue française». Concrètement, elle décide de la matière dont il faut dénommer, en «bon français», les innovations, technologiques notamment. Dès qu'ils ont été publiés au Journal Officiel, les termes et définitions qu'a adoptés cet organisme deviennent «d'un emploi obligatoire pour le service de l'État et ses établissements publics». Le grand public, lui, est fortement invité à se conformer à ses avis – sans obligation, toutefois, en ce qui le concerne. Quelques jours avant le jour J, cela tombe bien, ladite commission vient donc de très officiellement recommander un terme français pour l'iPad et ses concurrents .

Premier rappel de ces sages de la langue française: «Les noms de marque tels que «iPad» ou «iSlate» ne doivent pas être utilisés pour désigner de façon générale ces ordinateurs». Proscrits aussi sont les mots étrangers comme «pad(en), tablet(en), touch screen tablet(en)». Tout «bon Français», dès lors, pour parler d'un «ordinateur portable et ultraplat, qui se présente comme un écran tactile et qui permet notamment d’accéder à des contenus multimédias», utilisera dorénavant le terme «ardoise» ou «ardoise électronique» – mais «tablette» ou «tablette tactile» sont également admis.

Dire «ardoise électronique» donc, et non plus «iPad». Le premier terme compte une demi-douzaine de syllabes, contre deux seulement pour le second. Du coup, réussira-t-il à s'imposer dans le langage courant? Pas sûr. Premiers éléments de réponse dès mercredi. Puisque les médias du monde entier ne manqueront pas, une fois de plus, de faire plein de pub gratuite pour Apple.

15/11/2010

Une belgitude?

Il y a comme une certaine belgitude dans le processus ayant abouti hier soir à la formation du nouveau gouvernement français – le gouvernement Fillon V dit-on, Fillon XIII en fait, si l'on calcule bien tous les mini-réajustements ministériels intervenus depuis l'accession de l'intéressé à Matignon, en 2007. Une belgitude? C'est en tout cas ce qu'estimait, dès hier midi, l'influent, l'omniprésent en tout cas, commentateur politique Alain Duhamel. Qui, à la télé, jugeait (s'effarait?) en substance que ce remaniement ministériel français ait «des airs de remaniement belge». Puisque ce qui caractérisait selon lui cette opération, c'était la longueur des tractations l'ayant précédée, digne d'un système politique non majoritaire mais à la proportionnelle, où chaque famille a l'habitude de longuement négocier ses aires d'influence.

Ce qui est sûr et était spectaculaire, en tout cas, c'est que la France, ce week-end, a vécu avec un gouvernement en régime d'affaires courantes. Ce qui est très habituel en Belgique, mais est rarissime dans l'Hexagone.

En haut lieu, d'ailleurs, on ne semble pas encore tout à fait remis de cette innovation. Ainsi, en milieu de matinée ce lundi, sur le portail web officiel du Premier ministre (ici), à la sous-rubrique "Composition du gouvernement", la liste de l'équipe au pouvoir ne comportait encore et toujours, comme toute la journée dimanche, ... qu'un seul et unique nom. Celui de François Fillon, seul à avoir été confirmé dès dimanche matin dans ses fonctions. Aucune trace, en revanche, des 30 collègues du Premier ministre. Officiellement donc, électroniquement en tout cas, le gouvernement français est constitué en tout et pour tout d'une seule personne...

Sans doute le webmaster de Matignon n'a-t-il pas entendu son réveil, ce matin.

17/06/2010

Une provocation

L'extrême droite a de la suite dans les idées. Hier après-midi, la préfecture de Police de Paris a interdit l'apéro géant «Saucisson & pinard» (clairement exclu aux musulmans, donc) que des groupes identitaires comptaient organiser vendredi dans le quartier parisien (à forte population issue de l'immigration) de la Goutte d'or. Quelques heures plus tard, cependant, ces jeunes «patriotes» en lutte contre «l'islamisation de la France» – qui se retrouvent notamment sur Facebook (pas envie de faire ici un lien: les lecteurs que cela branche trouveront bien) – ont réagi. Des tentatives d'organisation de rassemblements du même acabit ont essaimé ça et là en France. Ainsi, un autre apéro géant de ce type est annoncé à Toulouse, Place du Capitole. Un apéro baptisé «Rosette & Pinard» est programmé à Lyon. On parle même d'un «Apéro géant Saucisson & Bières» à Molenbeek – commune bruxelloise à forte densité immigrée.

A Paris, ne reculant pas devant une nouvelle provocation, les identitaires appellent désormais leurs sympathisants à se réunir vendredi soir à la place de l'Etoile. En cette veille de commémoration de l'appel du 18 juin lancé par le général de Gaulle, ils prennent soin de préciser que ce lieu de manifestation n'a pas été choisi au hasard. A cet endroit du quartier des Champs-Elysées, en effet, «le 11 novembre 1940, malgré la publication d’un communiqué de la préfecture de police affirmant qu’aucune démonstration publique ne sera tolérée, 2000 lycéens et étudiants eurent le courage de se réunir pour défier l’occupant». En se réunissant place de l'Etoile 70 ans plus tard, les activistes d'extrême droite entendent symboliser leur «entrée en résistance face à l'islamisation de la France».

Le lien est donc fait, par et dans ces pauvres esprits, entre l'Occupation nazie d'hier et l'immigration musulmane d'aujourd'hui. Entre la Résistance et leur résistance. Minable.

09/12/2009

Une adresse

Habiter Paris aujourd’hui, c’est chic – enfin, malheureusement pas pour tout le monde: voir la note d’hier. Demain, le dernier chic consistera-t-il à habiter la capitale française et, en plus, à avoir une adresse internet qui se termine par «.Paris»? La mairie semble en être persuadée. Pour preuve ce mercredi soir, elle lance une grande «campagne de mobilisation» en faveur du nom de domaine «.Paris».

 

Dès juin 2008, la capitale française avait répondu à l’appel à candidatures qu’avait lancé un an plus tôt l’ICANN, l’organisme international qui gère toutes ces affaires électroniques. Appel en vue de la création des nouveaux noms de domaine qui sont amenés à prendre le relais des noms de domaine actuels. Les autorités locales, en effet, sont habilitées à se porter candidates. Ce soir donc, afin de donner un peu plus d’écho à cette initiative municipale – qui a probablement dû échapper au Parisien moyen –, le maire,  Bertrand Delanoë, organise un grand raout à l’Hôtel de ville. Où, à partir de 19h30 (avis aux geeks qui, par extraordinaire, liraient ce blog), du beau monde est annoncé: le fondateur de Twitter, Jack Dorsey, le pdg de l’ICANN, Rod Beckström, ainsi que, c'est merveilleux, des tas de «personnalités mondiales du web». Sera notamment lancée une grande pétition populaire en faveur de la création de ce «.Paris».

 

Sinon, tant qu'on y est, cette autre info relative à internet en France, qui est assurément plus terre-à-terre mais en dit peut-être long sur ce qu’est, aussi, la vie en la matière, dans ce bon vieux pays. A en croire une récente étude de Médiamétrie, en cette fin d’année 2009, près d’un tiers des Français (30,7%) ne se sont encore jamais connectés au web! Il s’agit principalement de femmes, de plus de 65 ans et d’inactifs. Au total, à l'échelle du pays, ces aliens des nouvelles technologies représentent 16,4 millions de personnes, ce qui n’est tout de même pas rien. On ne sait pas si on en croise à Paris.

29/09/2009

Un «coup de semonce»

Baroud d’honneur pour les opposants à la pénalisation du téléchargement illégal sur internet. Hier soir, le PS a introduit un recours devant le Conseil constitutionnel contre la fameuse loi Hadopi 2, que le Parlement a récemment et définitivement adoptée. Si vous étiez sur une autre planète ces derniers mois, cette loi condamne à de lourdes sanctions les internautes qui téléchargent illégalement des contenus culturels sur internet. C’était déjà un recours identique de l’opposition qui, il y a quelques mois, avait humilié le gouvernement en le contraignant à revoir sa copie.

 

Dans ce dossier, précisément, un vieux concept d’action politique vient de resurgir en France: la désobéissance civile, que Gandhi en personne avait théorisé et appliqué jadis en Inde. En effet, la «Ligue Odebi», qui regroupe des opposants à cette réforme, vient de lancer à «tous les citoyens, quelles que soient leurs opinions politiques», un «appel à la désobéissance civile» contre cette loi.

 

Concrètement, on ne voit pas trop comment un pauvre ado poursuivi pour avoir téléchargé illégalement de la musique ou des jeux vidéo pourrait bien, tout seul face aux pandores, désobéir et entrer valeureusement en résistance. La Ligue n'éclaircit d’ailleurs pas les modalités pratiques d’une telle désobéissance civile. En revanche, ces deux derniers dimanches en région parisienne, on a pu assez clairement voir que le combat contre Hadopi ne laissait pas totalement indifférent dans des chaumières.

 

En effet, à la faveur d’une élection législative partielle dans les Yvelines (banlieue Ouest de Paris), un nouveau parti s’est, pour la première fois, présenté aux suffrages des électeurs. C’est le Parti pirate, une des émanations hexagonales de la formation du même nom fondée en 2006 en Suède et qui, aux dernières élections européennes de juin, y réussit à décrocher un siège d’eurodéputé à Strasbourg. En France comme dans les autres pays où il est présent, ce parti prône «un accès libre et égal pour tous à la culture, la connaissance et l'information», y compris sur internet. Dans les Yvelines au premier tour, ces flibustiers ont tout de même recueilli quelque 2% des voix. Et au second tour, dimanche, la candidate écologiste (parti qui s'était farouchement opposé à Hadopi) a manqué à… 5 voix près d’être élue dans ce fief de la droite – on ne parlait que de cela hier à Paris, dans les états-majors des partis.

 

Le Parti Pirate en déduit que les électeurs internautes ont, à l’occasion de ce scrutin, adressé «un coup de semonce» au gouvernement, un «premier avertissement en direction d’un gouvernement qui traite par-dessus la jambe les questions technologiques qu’il prétend maîtriser». «Depuis longtemps, nous avons averti nos élus que le vote de telles lois peut peser lourdement sur les échéances électorales», insistent les corsaires du net. Pour qui le résultat de dimanche apporte «une preuve éclatante» de la justesse de leur prévision.

 

Le Parti Pirate prend-il ses désirs pour des réalités? Ou, au contraire, les citoyens seraient-ils prêts à confier leur représentation politique à de tels nouveaux venus sur la scène politique? Première réponse sans doute aux élections régionales du printemps prochain. Auxquelles ces forbans en lutte contre des lois «liberticides» pourraient bien vouloir participer.

29/04/2009

Une guerre

Grande journée au Parlement, ce mercredi. C’est aujourd’hui, en effet, que revient à l’ordre du jour la fameuse Hadopi: la loi qui, en son volet le plus controversé, punit (par la coupure de l’accès à internet) le téléchargement illégal de contenus culturels. Ce dispositif fait, depuis des mois, l’objet d’une guerre acharnée entre partisans et opposants, notamment sur le net,  où elle alimente d’innombrables forums et blogs passionnés. La dernière escarmouche en date, aussi spectaculaire que surréaliste, s’est déroulée l’autre jour à l’Assemblée nationale. A quelques voix près et à la stupéfaction générale, cette loi a été rejetée: les rares députés UMP qui étaient présents au Parlement ce jour ont été surpris par l’afflux inopiné, dans l’hémicycle au moment du vote, de députés de gauche qui s’étaient auparavant… cachés dans les coulisses.

 

Cette guerre pour ou contre la répression des pirates du net oppose aussi les artistes, stars et autres people. Mais, sur ce champ de bataille-là, il n’y a pas photo. En effet, les partisans de Hadopi sont nettement plus nombreux que les opposants. Rapide passage en revue des forces en présence.

 

Aux côtés de la majorité UMP, on trouve bien sûr les grands amis people du Président Sarkozy (Johnny, Jean Reno, Liane Foly, etc.). Qui considèrent comme lui que «le créateur est propriétaire de sa création» et qu’«il n’est pas question de légaliser le vol au supermarché de la création». Mobilisé par les sociétés d’auteurs (ici, notamment), le gratin du show bizz figure dans ce camp pro-Hadopi . Les chanteurs Etienne Daho, Francis Cabrel, Raphaël, Jean-Jacques Goldman, Patrick Fiori, Eddy Mitchell, Françoise Hardy, Patrick Bruel, Yves Simon ou Michel Jonasz. Les acteurs Guillaume Canet ou Gérard Jugnot. Les cinéastes Jean-Jacques Beineix, Jean-Jacques Annaud ou Alain Corneau. Un beau casting, donc. Qui comprend aussi des artistes notoirement plutôt à gauche: les Bertrand Tavernier, Costa Gavras, Agnès Jaoui, Cédric Klapisch, Philippe Lioret ou Coline Serreau. Récemment d’ailleurs, ces artistes de sensibilité progressiste ont adressé une lettre ouverte à la patronne du PS, Martine Aubry. Pour lui dire combien ils étaient «atterrés» et «en colère» contre l’opposition de ce parti à Hadopi. Car, selon eux, «le développement de l’ère numérique ne peut se faire sans respect des droits de propriété littéraire et artistique».

 

Et puis, face à cette armada impressionnante de personnalités, il y a un petit bataillon d’artistes qui (ici, notamment) fait de la résistance. Leur force de frappe est infiniment plus petite que celle de leurs adversaires. Mais ce camp compte tout de même quelques noms connus. Les acteurs Catherine Deneuve, Louis Garrel, Chiara Mastroianni, Victoria Abril ou Jeanne Balibar. Les réalisateurs Chantal Akerman, Christophe Honoré ou Gaël Morel. Eux plaident «pour une alternative au tout répressif». Considèrent que la loi création et internet ne répond ni aux «défis du numérique», ni à la «crise des modèles traditionnels de diffusion et de production cuturels dans le monde de la culture». Cette loi, selon eux, ne répond en fait qu’à un seul objectif : «assurer le maintien des positions monopolistiques des acteurs les plus puissants de l'industrie culturelle, sans créer aucun nouveau soutien aux plus menacés». Ces opposants au gouvernement assurent ne «pas cautionner le piratage». Mais, «plutôt que de stigmatiser les consommateurs et d’envisager de couper des millions d’accès à internet», ils veulent que l’on réfléchisse à un système permettant «une diffusion des œuvres compatible avec les intérêts et les libertés de chacun, en assurant à la fois un accès à la culture pour le plus grand nombre et un financement équitable pour les artistes/créateurs».

 

Les deux camps sont sans doute, à ce stade en tout cas, irréconciliables. Tant le débat est passionnel. Et passionnant. Suite ce mercredi et ces prochains jours au Parlement.

14/01/2009

Un filon

tgv.jpgOn parlait hier matin dans ce blog de l’augmentation de 3,5% en moyenne des tarifs de la SNCF. Cet énième renchérissement, en tout cas, va avoir la conséquence bien particulière d’accroître encore un peu plus le succès fulgurant remporté depuis quelque temps en France par un mode de commerce assez récent: les sites internet d’achat, d’échange ou de troc de billets de train d’occasion.

 

Ces sites (ici, ou encore ) sont utilisés à la fois par des usagers devant annuler à la dernière minute leur voyage mais ne pouvant se faire rembourser leurs billets non échangeables ni remboursables, et par des candidats au voyage qui s’y prennent un peu tard et sont confrontés à des réservations complètes ou à des tarifs prohibitifs. Mis en relation sur ces sites, souvent communautaires, ces deux publics y trouvent un intérêt mutuel. Surtout, en ces temps de crise, «ce service est une aubaine pour le pouvoir d’achat», rappelait malicieusement mardi, le jour de l’augmentation des tarifs SNCF, zePASS.com, qui revendique 65.000 membres et «plusieurs milliers de billets revendus chaque mois». A titre d’exemple, «les billets de train proposés sur le site au mois de décembre 2008 pour le trajet Paris-Lyon en seconde classe ont été revendus en moyenne 29 euros. Dans le même temps, le billet plein tarif Loisirs en période normale valait 61 euros au guichet SNCF».

 

29 euros au lieu de 61, c’est tout de même une belle économie. Trop beau pour être vrai? Prudence, en tout cas, avant d’exploiter ce filon. En effet, certains rachats ou trocs de billets de train sont interdits. C’est le cas des billets imprimés à domicile, des billets pour l’Eurostar et des billets nominatifs (délivrés à des abonnés, par exemple). Dès lors, l’utilisation de billets de ce type rachetés ou échangés via ces sites –  qui se targuent de respecter la réglementation, mais proposent aussi des «astuces» pour la contourner – peut exposer à des amendes.

 

Au fond, que pense la SNCF de l’engouement du public pour ce second marché de vente et d’achat de billets de train? Elle qui gagne évidemment un magot avec les billets réservés à l’avance mais pas utilisés et/ou avec les billets achetés à la dernière minute et donc au prix fort? On peut penser que la compagnie de chemins de fer apprécie modérément l’activité et le succès de ces sites. «Pas du tout», assure cependant son service de communication. L’entreprise publique n’a «aucun avis particulier sur ce sujet». Elle se borne à «mettre les voyageurs en garde contre les conséquences de l’utilisation irrégulière de titres de transport» et les invite donc à être «précautionneux» dans le recours à ce marché. Pour le reste, «cela ne nous regarde pas. A chacun son travail. On est en France et donc vive la liberté». C’est merveilleux.

26/11/2008

Une disparition

Cela doit être la première mesure prise par Martine Aubry, qui a été proclamée hier soir nouvelle patronne du Parti socialiste.

 

Hier encore, en fin d’après-midi, sur le site d’enchères eBay.fr, on pouvait trouver un objet intitulé «Parti socialiste, peu utilisé, vendu sans capitaine» mis en vente par un petit plaisantin. Il était classé dans la catégorie «Sports collectifs». Annoncé «de couleur rouge» ainsi qu’à l’«état d’occasion». «Le vendeur n'accepte pas les retours pour cet objet», était-il précisé dans l’annonce. Mais la livraison était entièrement gratuite. L’objet avait été mis en vente le 16 novembre, soit au lendemain du calamiteux congrès de Reims. Son prix, à l’époque, avait été fixé à un euro. Depuis, il avait suscité 20 enchères, qui avaient fait grimper sa valeur jusqu’à 10 millions d’euros.

 

Rebondissement. Ce matin, sur la même page d’eBay, plus rien. Plus de PS mis aux enchères. Disparu. Volatilisé comme par enchantement. N’y subsistent que de misérables et cafardeux jeux de cartes, pin’s, cravates et autres gadgets logotés socialistes. Autant d’objets qui, visiblement, n’intéressent personne. Ce matin,  les 22 articles référencés socialistes proposés sur eBay n’avaient totalisé qu’une demi-douzaine d’enchères. Et personne ne surenchérissait même sur de merveilleux pin’s de la fédération du Nord, le fief de Martine Aubry, proposés 3 euros la pièce. Si ça tombe bien demain matin, pour laver cet affront, les grands communicants de la rue de Solférino les auront dicrètement fait disparaître d’eBay.

24/11/2008

Un nombre

42. C’est donc, avant les recomptages et éventuelles corrections de ce lundi, le nombre de voix d’avance de Martine Aubry sur Ségolène Royal pour la direction du PS. Quelques heures à peine après l’achèvement du psychodrame de vendredi soir, cette référence historico-politique avait déjà été ajoutée à la rubrique consacrée à ce chiffre par Wikipédia. «L’encyclopédie libre» et participative du net a beau voir sa fiabilité régulièrement contestée, au moins donc sait-elle à l’occasion faire preuve d’une belle réactivité. En plus, si on la lit bien, cette notice encyclopédique sur le 42 renvoie à des tas de choses qui, par analogie, conviendraient bien à la situation au PS.

 

Ainsi, 42 est, à une centaine de mètres près, le nombre de kilomètres d’un marathon. Voilà qui ne pouvait mieux tomber, s’agissant au PS d'une interminable course de succession. C’est aussi «le numéro atomique du molybdène, un métal de transition». Mais après cela, elle ne va pas être facile la transition, dans ce parti. 42 est également «le nombre de types distincts de fromages requis dans le sketch de la fromagerie des Monty Python». D’un sketch comique à l’autre, cela méritait d’être rappelé. A moins qu’au PS, on ne soit pas en présence d’une comédie mais d’une tragédie? Auquel cas, il n’y a qu’à demander, Wiki fournit illico une référence: «Dans 'Roméo et Juliette', la potion que donne Frère Laurent à Juliette la maintient 42 heures dans un état de mort». Menacé à terme de mort, le PS a, depuis vendredi soir, le feu peu ou prou à tous ses étages. Normal: 42 est «le titre original et la durée approximative en minutes de l’épisode 'Brûle avec moi' de la série Doctor Who». C’est encore «le nombre d’années de mariage des noces de nacre». Mais de toute évidence, les aubrystes et les royalistes ne sont pas prêts de les célébrer, ces épousailles.

 

 

 

PS: Pour que nos lecteurs n’aient décidément pas perdu leur journée, signalons que 42 est également «le numéro de l’inode du répertoire root dans un système de fichier resiser4», le nom donné «par les chercheurs d’Umbrella à la plante gigantesque occupant le poste de garde dans le jeu 'Resident Evil'», ou «le nombre de portes protégeant 'Le grimoire des secrets' dans l'épisode 13 des 'reflets d’Acide'». Décidément, toutes ces sous-cultures et toutes les connaissances encyclopédiques auxquelles elles donnent lieu chez leurs initiés sont assez fascinantes.