31.01.2012
Un toupet
Nicolas Sarkozy n'est donc pas encore officiellement candidat à un nouveau mandat. Dimanche soir, à la télé, il a répété que sa priorité devait continuer à aller à la conduite du pays, par ces temps de crise. Mais, le moment venu, «je ne me déroberai pas», a-t-il aussi confirmé, et ce moment «approche». Aucune surprise à attendre, dès lors.
Nicolas Sarkozy n'est pas encore officiellement candidat, mais la page web intitulée http://www.nicolassarkozy2012.fr/, elle,existe déjà. Et elle est squattée par une intruse. La dame officie dans un tout autre domaine que la haute politique. Mais, avec un toupet assez comique, elle a manifestement jugé que cette usurpation de nom de domaine lui serait profitable, en termes de pub.
Cela fait des semaines, voire des mois, que l'effrontée sévit à cette page. Au vu et au su de tout le monde politique, et donc y compris des services de l'Elysée. Il n'empêche, malgré tout ce temps, les pandores (électroniques) ne l'ont visiblement pas encore délogée de cette adresse hautement fatidique.
D'où la question qui, plus que jamais, s'impose: mais que fait la police?
12:02 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : publicité, internet, communication, technologie, femmes, arts, personnalités, sarkozy
05.08.2011
Une absence (bien involontaire)
Pendant une vingtaine d'heures, «Paris Libre» a complètement disparu du monde (du web). En effet, dans la nuit de jeudi à vendredi, une opération de maintenance technique de la plateforme Blogspirit, donc bien indépendante de notre volonté – et qui avait été annoncée comme totalement inoffensive – , a... réduit ce blog à néant. À son issue, ne s'affichait plus qu'une très vieille version: au look vintage et au contenu rédactionnel remontant aux années 2006-2007.
Les choses, paraît-il, sont rentrées dans l'ordre à présent. Jusqu'au prochain bug?
On a pris le parti de ne pas/plus s'énerver pour cela. Mais décidément, cela dit juste en passant, ils nous fatigueront toujours, ces caprices récurrents de l'électronique. Qui semblent toujours imprévisibles et qui, quand ils surviennent, paraissent décontenancer y compris les spécialistes en la matière. Au risque de passer définitivement pour has been, on ne s'y fera sans doute jamais, à ce monde-là.
17:51 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : technologie, médias, journalisme, internet
24.05.2011
Une suspension
Quatre lignes, rédigées hier. «Vous avez été très très très nombreux à m'adresser des messages. Je ne peux répondre à chacun mais sachez qu'ils m'ont touchés et aidés. Vous comprendrez que les circonstances m'imposent de suspendre temporairement ce blog. Je vous dis simplement: à bientôt». Quatre lignes signées Anne Sinclair. Qui, hier donc, a annoncé que son blog serait désormais aux abonnés absents.
Les commentaires devant être modérés avant d'être publiés, aucun n'apparaît encore, et n'apparaîtra sans doute jamais, sous cette note d'au revoir. Ce blog, l'épouse de DSK l'avait lancé en 2008. Elle y intervenait assez régulièrement. C'est notamment par cet outil qu'elle avait dit son soutien à son mari lorsque, à Washington, un précédent scandale, sexuel déjà, l'avait déstabilisé. En revanche, plus récemment, elle n'y avait touché mot de l'anecdote de «La Porsche tranquille». La dernière note publiée, avant celle d'hier, remontait au 12 mai. C'était un jeudi soir. Trente-six heures plus tard, au Sofitel de New York, le destin de son mari allait basculer, et le retentissant scandale éclater.
Anne Sinclair juge donc avoir désormais d'autres chats à fouetter que d'alimenter son blog. Personne, effectivement, ne lui en tiendra rigueur. Avec la procédure si longue et périlleuse telle qu'elle s'annonce pour son mari, on peut d'ailleurs se demander si ce blog reprendra bel et bien un jour.
10:57 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : personnalités, sinclair, strauss-kahn, médias, internet
18.05.2011
Un défoulement
Ce matin enfin, on a eu/pris/ le temps d'aller traîner un peu sur le net, pour voir ce qu'il s'y disait sur cette fameuse «affaire DSK». Et on n'a pas été surpris de constater que, trois jours plus tard, c'y était toujours la folie. Folie des plaisanteries grivoises, des pastiches, des chansons, des jeux de mots, parodies, complots ou autres moqueries à deux balles. Du genre, et pour s'en tenir à ce qui est mentionnable dans un tel blog: «La débandade», «DSK dans de sales draps», «Il a cassé sa pipe», «Le festival de Kahn» ou «Dominique nique nique»...
Il y a sans doute plusieurs lectures possibles à ce défoulement planétaire.
La première est lénifiante. Ce défoulement n'illustre jamais qu'un certain côté potache d'internet, auquel il ne faut pas prêter plus d'attention ni accorder plus d'importance que cela.
La deuxième lecture est plus psychologisante. On ne cesse de l'entendre et de le lire dans les médias français, depuis trois jours: cette «affaire DSK», si hors-norme, si spectaculaire, si inattendue et si violente dans sa représentation visuelle, a de quoi créer, en France singulièrement, «un traumatisme». Rien que par la symbolique, ce n'est tout de même pas rien de voir quelqu'un passer, du jour au lendemain, du statut d'ex-futur Président à celui de prisonnier le plus célèbre de la planète. Vu sous cet angle, ce défoulement généralisé sur la toile permettrait, pour certains, d'évacuer le traumatisme. Il aurait valeur et fonction d'exutoire. Tourner en dérision un événement permet de le dédramatiser, de se sentir moins touché par lui, de se rassurer.
Troisième lecture possible à ce défoulement généralisé, elle carrément déprimante. Par nature, l'être humain est mauvais, moqueur, méchant. Il saisit la moindre occasion qui se présente pour déverser son fiel. Chez l'homme, le cynisme l'emporte, par nature, sur la compassion.
Il y a des moments où on regrette (un peu) de n'être que journaliste. Et pas psy ou sociologue, ce qui nous aurait permis d'appréhender plus finement ce phénomène. Mais pourquoi donc un tel défoulement? Là, franchement, on ne sait pas.
Ce qu'on sait, en revanche, c'est qu'internet n'est pas l'unique média servant de défouloir. Depuis dimanche, les plaisanteries graveleuses – ou comiques, c'est selon – circulent y compris dans les médias traditionnels et les rédactions des journaux les plus respectables. Les journalistes sont des êtres humains comme les autres.
11:33 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : internet, humour, presse, médias, personnalités, strauss-kahn
25.02.2011
Un terme officiel
Aujourd'hui, une note à l'attention plus spéciale des visiteurs de ce blog qui seraient un peu «geeks» et/ou qui voudraient être «de bons Français», comme disait Eric Besson quand il était ministre de l'Identité nationale – ou, en tout cas, qui voudraient parler un «bon français». Ils ont intérêt à soigner leur langage, mercredi: ce 2 mars, qui est aussi le jour où Apple devrait dévoiler son nouvel iPad2. En France, en effet, depuis dimanche dernier, il n'est plus question d'appeler n'importe comment ce joujou branché. Puisqu'il existe désormais un terme officiel pour le dénommer.
Car, le 20 février, au Journal Officiel, a été publiée la décision de la «Commission générale de terminologie et de néologie» relative aux gadgets du type de l'iPad. Placée sous l'autorité du Premier ministre, cette commission gère «l'enrichissement de la langue française». Concrètement, elle décide de la matière dont il faut dénommer, en «bon français», les innovations, technologiques notamment. Dès qu'ils ont été publiés au Journal Officiel, les termes et définitions qu'a adoptés cet organisme deviennent «d'un emploi obligatoire pour le service de l'État et ses établissements publics». Le grand public, lui, est fortement invité à se conformer à ses avis – sans obligation, toutefois, en ce qui le concerne. Quelques jours avant le jour J, cela tombe bien, ladite commission vient donc de très officiellement recommander un terme français pour l'iPad et ses concurrents .
Premier rappel de ces sages de la langue française: «Les noms de marque tels que «iPad» ou «iSlate» ne doivent pas être utilisés pour désigner de façon générale ces ordinateurs». Proscrits aussi sont les mots étrangers comme «pad(en), tablet(en), touch screen tablet(en)». Tout «bon Français», dès lors, pour parler d'un «ordinateur portable et ultraplat, qui se présente comme un écran tactile et qui permet notamment d’accéder à des contenus multimédias», utilisera dorénavant le terme «ardoise» ou «ardoise électronique» – mais «tablette» ou «tablette tactile» sont également admis.
Dire «ardoise électronique» donc, et non plus «iPad». Le premier terme compte une demi-douzaine de syllabes, contre deux seulement pour le second. Du coup, réussira-t-il à s'imposer dans le langage courant? Pas sûr. Premiers éléments de réponse dès mercredi. Puisque les médias du monde entier ne manqueront pas, une fois de plus, de faire plein de pub gratuite pour Apple.
11:03 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, gouvernement, technologie, internet, médias
15.11.2010
Une belgitude?
Il y a comme une certaine belgitude dans le processus ayant abouti hier soir à la formation du nouveau gouvernement français – le gouvernement Fillon V dit-on, Fillon XIII en fait, si l'on calcule bien tous les mini-réajustements ministériels intervenus depuis l'accession de l'intéressé à Matignon, en 2007. Une belgitude? C'est en tout cas ce qu'estimait, dès hier midi, l'influent, l'omniprésent en tout cas, commentateur politique Alain Duhamel. Qui, à la télé, jugeait (s'effarait?) en substance que ce remaniement ministériel français ait «des airs de remaniement belge». Puisque ce qui caractérisait selon lui cette opération, c'était la longueur des tractations l'ayant précédée, digne d'un système politique non majoritaire mais à la proportionnelle, où chaque famille a l'habitude de longuement négocier ses aires d'influence.
Ce qui est sûr et était spectaculaire, en tout cas, c'est que la France, ce week-end, a vécu avec un gouvernement en régime d'affaires courantes. Ce qui est très habituel en Belgique, mais est rarissime dans l'Hexagone.
En haut lieu, d'ailleurs, on ne semble pas encore tout à fait remis de cette innovation. Ainsi, en milieu de matinée ce lundi, sur le portail web officiel du Premier ministre (ici), à la sous-rubrique "Composition du gouvernement", la liste de l'équipe au pouvoir ne comportait encore et toujours, comme toute la journée dimanche, ... qu'un seul et unique nom. Celui de François Fillon, seul à avoir été confirmé dès dimanche matin dans ses fonctions. Aucune trace, en revanche, des 30 collègues du Premier ministre. Officiellement donc, électroniquement en tout cas, le gouvernement français est constitué en tout et pour tout d'une seule personne...
Sans doute le webmaster de Matignon n'a-t-il pas entendu son réveil, ce matin.
11:31 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gouvernement, fillon, belgique, internet, technologies
17.06.2010
Une provocation
L'extrême droite a de la suite dans les idées. Hier après-midi, la préfecture de Police de Paris a interdit l'apéro géant «Saucisson & pinard» (clairement exclu aux musulmans, donc) que des groupes identitaires comptaient organiser vendredi dans le quartier parisien (à forte population issue de l'immigration) de la Goutte d'or. Quelques heures plus tard, cependant, ces jeunes «patriotes» en lutte contre «l'islamisation de la France» – qui se retrouvent notamment sur Facebook (pas envie de faire ici un lien: les lecteurs que cela branche trouveront bien) – ont réagi. Des tentatives d'organisation de rassemblements du même acabit ont essaimé ça et là en France. Ainsi, un autre apéro géant de ce type est annoncé à Toulouse, Place du Capitole. Un apéro baptisé «Rosette & Pinard» est programmé à Lyon. On parle même d'un «Apéro géant Saucisson & Bières» à Molenbeek – commune bruxelloise à forte densité immigrée.
A Paris, ne reculant pas devant une nouvelle provocation, les identitaires appellent désormais leurs sympathisants à se réunir vendredi soir à la place de l'Etoile. En cette veille de commémoration de l'appel du 18 juin lancé par le général de Gaulle, ils prennent soin de préciser que ce lieu de manifestation n'a pas été choisi au hasard. A cet endroit du quartier des Champs-Elysées, en effet, «le 11 novembre 1940, malgré la publication d’un communiqué de la préfecture de police affirmant qu’aucune démonstration publique ne sera tolérée, 2000 lycéens et étudiants eurent le courage de se réunir pour défier l’occupant». En se réunissant place de l'Etoile 70 ans plus tard, les activistes d'extrême droite entendent symboliser leur «entrée en résistance face à l'islamisation de la France».
Le lien est donc fait, par et dans ces pauvres esprits, entre l'Occupation nazie d'hier et l'immigration musulmane d'aujourd'hui. Entre la Résistance et leur résistance. Minable.
11:36 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : activisme, jeunes, immigration, racisme, internet
09.12.2009
Une adresse
Habiter Paris aujourd’hui, c’est chic – enfin, malheureusement pas pour tout le monde: voir la note d’hier. Demain, le dernier chic consistera-t-il à habiter la capitale française et, en plus, à avoir une adresse internet qui se termine par «.Paris»? La mairie semble en être persuadée. Pour preuve ce mercredi soir, elle lance une grande «campagne de mobilisation» en faveur du nom de domaine «.Paris».
Dès juin 2008, la capitale française avait répondu à l’appel à candidatures qu’avait lancé un an plus tôt l’ICANN, l’organisme international qui gère toutes ces affaires électroniques. Appel en vue de la création des nouveaux noms de domaine qui sont amenés à prendre le relais des noms de domaine actuels. Les autorités locales, en effet, sont habilitées à se porter candidates. Ce soir donc, afin de donner un peu plus d’écho à cette initiative municipale – qui a probablement dû échapper au Parisien moyen –, le maire, Bertrand Delanoë, organise un grand raout à l’Hôtel de ville. Où, à partir de 19h30 (avis aux geeks qui, par extraordinaire, liraient ce blog), du beau monde est annoncé: le fondateur de Twitter, Jack Dorsey, le pdg de l’ICANN, Rod Beckström, ainsi que, c'est merveilleux, des tas de «personnalités mondiales du web». Sera notamment lancée une grande pétition populaire en faveur de la création de ce «.Paris».
Sinon, tant qu'on y est, cette autre info relative à internet en France, qui est assurément plus terre-à-terre mais en dit peut-être long sur ce qu’est, aussi, la vie en la matière, dans ce bon vieux pays. A en croire une récente étude de Médiamétrie, en cette fin d’année 2009, près d’un tiers des Français (30,7%) ne se sont encore jamais connectés au web! Il s’agit principalement de femmes, de plus de 65 ans et d’inactifs. Au total, à l'échelle du pays, ces aliens des nouvelles technologies représentent 16,4 millions de personnes, ce qui n’est tout de même pas rien. On ne sait pas si on en croise à Paris.
10:59 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : technologies, internet, médias, paris
29.09.2009
Un «coup de semonce»
Baroud d’honneur pour les opposants à la pénalisation du téléchargement illégal sur internet. Hier soir, le PS a introduit un recours devant le Conseil constitutionnel contre la fameuse loi Hadopi 2, que le Parlement a récemment et définitivement adoptée. Si vous étiez sur une autre planète ces derniers mois, cette loi condamne à de lourdes sanctions les internautes qui téléchargent illégalement des contenus culturels sur internet. C’était déjà un recours identique de l’opposition qui, il y a quelques mois, avait humilié le gouvernement en le contraignant à revoir sa copie.
Dans ce dossier, précisément, un vieux concept d’action politique vient de resurgir en France: la désobéissance civile, que Gandhi en personne avait théorisé et appliqué jadis en Inde. En effet, la «Ligue Odebi», qui regroupe des opposants à cette réforme, vient de lancer à «tous les citoyens, quelles que soient leurs opinions politiques», un «appel à la désobéissance civile» contre cette loi.
Concrètement, on ne voit pas trop comment un pauvre ado poursuivi pour avoir téléchargé illégalement de la musique ou des jeux vidéo pourrait bien, tout seul face aux pandores, désobéir et entrer valeureusement en résistance. La Ligue n'éclaircit d’ailleurs pas les modalités pratiques d’une telle désobéissance civile. En revanche, ces deux derniers dimanches en région parisienne, on a pu assez clairement voir que le combat contre Hadopi ne laissait pas totalement indifférent dans des chaumières.
En effet, à la faveur d’une élection législative partielle dans les Yvelines (banlieue Ouest de Paris), un nouveau parti s’est, pour la première fois, présenté aux suffrages des électeurs. C’est le Parti pirate, une des émanations hexagonales de la formation du même nom fondée en 2006 en Suède et qui, aux dernières élections européennes de juin, y réussit à décrocher un siège d’eurodéputé à Strasbourg. En France comme dans les autres pays où il est présent, ce parti prône «un accès libre et égal pour tous à la culture, la connaissance et l'information», y compris sur internet. Dans les Yvelines au premier tour, ces flibustiers ont tout de même recueilli quelque 2% des voix. Et au second tour, dimanche, la candidate écologiste (parti qui s'était farouchement opposé à Hadopi) a manqué à… 5 voix près d’être élue dans ce fief de la droite – on ne parlait que de cela hier à Paris, dans les états-majors des partis.
Le Parti Pirate en déduit que les électeurs internautes ont, à l’occasion de ce scrutin, adressé «un coup de semonce» au gouvernement, un «premier avertissement en direction d’un gouvernement qui traite par-dessus la jambe les questions technologiques qu’il prétend maîtriser». «Depuis longtemps, nous avons averti nos élus que le vote de telles lois peut peser lourdement sur les échéances électorales», insistent les corsaires du net. Pour qui le résultat de dimanche apporte «une preuve éclatante» de la justesse de leur prévision.
Le Parti Pirate prend-il ses désirs pour des réalités? Ou, au contraire, les citoyens seraient-ils prêts à confier leur représentation politique à de tels nouveaux venus sur la scène politique? Première réponse sans doute aux élections régionales du printemps prochain. Auxquelles ces forbans en lutte contre des lois «liberticides» pourraient bien vouloir participer.
10:27 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : internet, culture, technologies, gouvernement, activisme
29.04.2009
Une guerre
Grande journée au Parlement, ce mercredi. C’est aujourd’hui, en effet, que revient à l’ordre du jour la fameuse Hadopi: la loi qui, en son volet le plus controversé, punit (par la coupure de l’accès à internet) le téléchargement illégal de contenus culturels. Ce dispositif fait, depuis des mois, l’objet d’une guerre acharnée entre partisans et opposants, notamment sur le net, où elle alimente d’innombrables forums et blogs passionnés. La dernière escarmouche en date, aussi spectaculaire que surréaliste, s’est déroulée l’autre jour à l’Assemblée nationale. A quelques voix près et à la stupéfaction générale, cette loi a été rejetée: les rares députés UMP qui étaient présents au Parlement ce jour ont été surpris par l’afflux inopiné, dans l’hémicycle au moment du vote, de députés de gauche qui s’étaient auparavant… cachés dans les coulisses.
Cette guerre pour ou contre la répression des pirates du net oppose aussi les artistes, stars et autres people. Mais, sur ce champ de bataille-là, il n’y a pas photo. En effet, les partisans de Hadopi sont nettement plus nombreux que les opposants. Rapide passage en revue des forces en présence.
Aux côtés de la majorité UMP, on trouve bien sûr les grands amis people du Président Sarkozy (Johnny, Jean Reno, Liane Foly, etc.). Qui considèrent comme lui que «le créateur est propriétaire de sa création» et qu’«il n’est pas question de légaliser le vol au supermarché de la création». Mobilisé par les sociétés d’auteurs (ici, notamment), le gratin du show bizz figure dans ce camp pro-Hadopi . Les chanteurs Etienne Daho, Francis Cabrel, Raphaël, Jean-Jacques Goldman, Patrick Fiori, Eddy Mitchell, Françoise Hardy, Patrick Bruel, Yves Simon ou Michel Jonasz. Les acteurs Guillaume Canet ou Gérard Jugnot. Les cinéastes Jean-Jacques Beineix, Jean-Jacques Annaud ou Alain Corneau. Un beau casting, donc. Qui comprend aussi des artistes notoirement plutôt à gauche: les Bertrand Tavernier, Costa Gavras, Agnès Jaoui, Cédric Klapisch, Philippe Lioret ou Coline Serreau. Récemment d’ailleurs, ces artistes de sensibilité progressiste ont adressé une lettre ouverte à la patronne du PS, Martine Aubry. Pour lui dire combien ils étaient «atterrés» et «en colère» contre l’opposition de ce parti à Hadopi. Car, selon eux, «le développement de l’ère numérique ne peut se faire sans respect des droits de propriété littéraire et artistique».
Et puis, face à cette armada impressionnante de personnalités, il y a un petit bataillon d’artistes qui (ici, notamment) fait de la résistance. Leur force de frappe est infiniment plus petite que celle de leurs adversaires. Mais ce camp compte tout de même quelques noms connus. Les acteurs Catherine Deneuve, Louis Garrel, Chiara Mastroianni, Victoria Abril ou Jeanne Balibar. Les réalisateurs Chantal Akerman, Christophe Honoré ou Gaël Morel. Eux plaident «pour une alternative au tout répressif». Considèrent que la loi création et internet ne répond ni aux «défis du numérique», ni à la «crise des modèles traditionnels de diffusion et de production cuturels dans le monde de la culture». Cette loi, selon eux, ne répond en fait qu’à un seul objectif : «assurer le maintien des positions monopolistiques des acteurs les plus puissants de l'industrie culturelle, sans créer aucun nouveau soutien aux plus menacés». Ces opposants au gouvernement assurent ne «pas cautionner le piratage». Mais, «plutôt que de stigmatiser les consommateurs et d’envisager de couper des millions d’accès à internet», ils veulent que l’on réfléchisse à un système permettant «une diffusion des œuvres compatible avec les intérêts et les libertés de chacun, en assurant à la fois un accès à la culture pour le plus grand nombre et un financement équitable pour les artistes/créateurs».
Les deux camps sont sans doute, à ce stade en tout cas, irréconciliables. Tant le débat est passionnel. Et passionnant. Suite ce mercredi et ces prochains jours au Parlement.
11:20 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : internet, personnalités, people, culture, gouvernement, cinéma, musique
14.01.2009
Un filon
On parlait hier matin dans ce blog de l’augmentation de 3,5% en moyenne des tarifs de la SNCF. Cet énième renchérissement, en tout cas, va avoir la conséquence bien particulière d’accroître encore un peu plus le succès fulgurant remporté depuis quelque temps en France par un mode de commerce assez récent: les sites internet d’achat, d’échange ou de troc de billets de train d’occasion.
Ces sites (ici, là ou encore là) sont utilisés à la fois par des usagers devant annuler à la dernière minute leur voyage mais ne pouvant se faire rembourser leurs billets non échangeables ni remboursables, et par des candidats au voyage qui s’y prennent un peu tard et sont confrontés à des réservations complètes ou à des tarifs prohibitifs. Mis en relation sur ces sites, souvent communautaires, ces deux publics y trouvent un intérêt mutuel. Surtout, en ces temps de crise, «ce service est une aubaine pour le pouvoir d’achat», rappelait malicieusement mardi, le jour de l’augmentation des tarifs SNCF, zePASS.com, qui revendique 65.000 membres et «plusieurs milliers de billets revendus chaque mois». A titre d’exemple, «les billets de train proposés sur le site au mois de décembre 2008 pour le trajet Paris-Lyon en seconde classe ont été revendus en moyenne 29 euros. Dans le même temps, le billet plein tarif Loisirs en période normale valait 61 euros au guichet SNCF».
29 euros au lieu de 61, c’est tout de même une belle économie. Trop beau pour être vrai? Prudence, en tout cas, avant d’exploiter ce filon. En effet, certains rachats ou trocs de billets de train sont interdits. C’est le cas des billets imprimés à domicile, des billets pour l’Eurostar et des billets nominatifs (délivrés à des abonnés, par exemple). Dès lors, l’utilisation de billets de ce type rachetés ou échangés via ces sites – qui se targuent de respecter la réglementation, mais proposent aussi des «astuces» pour la contourner – peut exposer à des amendes.
Au fond, que pense la SNCF de l’engouement du public pour ce second marché de vente et d’achat de billets de train? Elle qui gagne évidemment un magot avec les billets réservés à l’avance mais pas utilisés et/ou avec les billets achetés à la dernière minute et donc au prix fort? On peut penser que la compagnie de chemins de fer apprécie modérément l’activité et le succès de ces sites. «Pas du tout», assure cependant son service de communication. L’entreprise publique n’a «aucun avis particulier sur ce sujet». Elle se borne à «mettre les voyageurs en garde contre les conséquences de l’utilisation irrégulière de titres de transport» et les invite donc à être «précautionneux» dans le recours à ce marché. Pour le reste, «cela ne nous regarde pas. A chacun son travail. On est en France et donc vive la liberté». C’est merveilleux.
10:30 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : transports, economie, social, internet
26.11.2008
Une disparition
Cela doit être la première mesure prise par Martine Aubry, qui a été proclamée hier soir nouvelle patronne du Parti socialiste.
Hier encore, en fin d’après-midi, sur le site d’enchères eBay.fr, on pouvait trouver un objet intitulé «Parti socialiste, peu utilisé, vendu sans capitaine» mis en vente par un petit plaisantin. Il était classé dans la catégorie «Sports collectifs». Annoncé «de couleur rouge» ainsi qu’à l’«état d’occasion». «Le vendeur n'accepte pas les retours pour cet objet», était-il précisé dans l’annonce. Mais la livraison était entièrement gratuite. L’objet avait été mis en vente le 16 novembre, soit au lendemain du calamiteux congrès de Reims. Son prix, à l’époque, avait été fixé à un euro. Depuis, il avait suscité 20 enchères, qui avaient fait grimper sa valeur jusqu’à 10 millions d’euros.
Rebondissement. Ce matin, sur la même page d’eBay, plus rien. Plus de PS mis aux enchères. Disparu. Volatilisé comme par enchantement. N’y subsistent que de misérables et cafardeux jeux de cartes, pin’s, cravates et autres gadgets logotés socialistes. Autant d’objets qui, visiblement, n’intéressent personne. Ce matin, les 22 articles référencés socialistes proposés sur eBay n’avaient totalisé qu’une demi-douzaine d’enchères. Et personne ne surenchérissait même sur de merveilleux pin’s de la fédération du Nord, le fief de Martine Aubry, proposés 3 euros la pièce. Si ça tombe bien demain matin, pour laver cet affront, les grands communicants de la rue de Solférino les auront dicrètement fait disparaître d’eBay.
10:54 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, internet, aubry
24.11.2008
Un nombre
42. C’est donc, avant les recomptages et éventuelles corrections de ce lundi, le nombre de voix d’avance de Martine Aubry sur Ségolène Royal pour la direction du PS. Quelques heures à peine après l’achèvement du psychodrame de vendredi soir, cette référence historico-politique avait déjà été ajoutée à la rubrique consacrée à ce chiffre par Wikipédia. «L’encyclopédie libre» et participative du net a beau voir sa fiabilité régulièrement contestée, au moins donc sait-elle à l’occasion faire preuve d’une belle réactivité. En plus, si on la lit bien, cette notice encyclopédique sur le 42 renvoie à des tas de choses qui, par analogie, conviendraient bien à la situation au PS.
Ainsi, 42 est, à une centaine de mètres près, le nombre de kilomètres d’un marathon. Voilà qui ne pouvait mieux tomber, s’agissant au PS d'une interminable course de succession. C’est aussi «le numéro atomique du molybdène, un métal de transition». Mais après cela, elle ne va pas être facile la transition, dans ce parti. 42 est également «le nombre de types distincts de fromages requis dans le sketch de la fromagerie des Monty Python». D’un sketch comique à l’autre, cela méritait d’être rappelé. A moins qu’au PS, on ne soit pas en présence d’une comédie mais d’une tragédie? Auquel cas, il n’y a qu’à demander, Wiki fournit illico une référence: «Dans 'Roméo et Juliette', la potion que donne Frère Laurent à Juliette la maintient 42 heures dans un état de mort». Menacé à terme de mort, le PS a, depuis vendredi soir, le feu peu ou prou à tous ses étages. Normal: 42 est «le titre original et la durée approximative en minutes de l’épisode 'Brûle avec moi' de la série Doctor Who». C’est encore «le nombre d’années de mariage des noces de nacre». Mais de toute évidence, les aubrystes et les royalistes ne sont pas prêts de les célébrer, ces épousailles.
PS: Pour que nos lecteurs n’aient décidément pas perdu leur journée, signalons que 42 est également «le numéro de l’inode du répertoire root dans un système de fichier resiser4», le nom donné «par les chercheurs d’Umbrella à la plante gigantesque occupant le poste de garde dans le jeu 'Resident Evil'», ou «le nombre de portes protégeant 'Le grimoire des secrets' dans l'épisode 13 des 'reflets d’Acide'». Décidément, toutes ces sous-cultures et toutes les connaissances encyclopédiques auxquelles elles donnent lieu chez leurs initiés sont assez fascinantes.
10:54 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, royal, internet
21.11.2008
Une révélation
Il n’a pas tout perdu, Benoît Hamon: le candidat à la direction du PS qui, cette nuit, s’est fait évincer du second tour final au profit de Ségolène Royal et de Martine Aubry. Le jeune eurodéputé n’a pas tout perdu, puisque, à la faveur de cette course à la présidence, il a au moins acquis une notoriété. Aujourd’hui, si vous le googlisez, vous obtenez quasiment un demi-million de références. Certes, ce n’est rien par rapport à l’audience de ses deux rivales. Mais ce n’est tout de même pas mal pour quelqu’un qui était totalement inconnu du grand public il y a six mois à peine. Tous les ans, un prix décerné par des journalistes couronne la révélation politique de l’année. Pour 2008, le Besancenot du PS pourrait légitimement prétendre à cette distinction.
Par sa jeunesse, son style calme et cool, son look «boy next door», son talent télégénique et sans doute aussi par son discours – brut de décoffrage, les deux pieds bien sur terre, compréhensible, moins langue de bois que les autres –, Benoît Hamon n’est pas passé inaperçu sur le net non plus. Certains forums notamment ont amplement commenté sa plastique de jeune premier.
Signe d’une certaine popularité, le rugbyman amateur fait même déjà l’objet de parodies sur les sites de partage vidéo. Ainsi, ce mini-clip ci-dessous. C’est évidemment purement gratuit, les deux intéressés n’étant absolument pas liés. Par rapport aux enjeux de fond, c’est certainement très futile. Et les grincheux auront même quelques raisons de trouver cela carrément débile. Mais, on l’avoue, on a trouvé que le casting – le si avenant socialiste et la si glamour et talentueuse journaliste – était vraiment très réussi. Un couple tellement joli qu’à la vision de cette bluette imaginaire, on a trouvé ce duo charmant et on a souri.
10:50 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, internet, télévision
24.09.2008
Une réprimande
Les deux musiciens – eux aussi originaires de la banlieue parisienne, mais plutôt côté chic – assurent que le clip ne véhicule pas le moindre «message politique». Devant l’accusation de racisme, ils tombent des nues et lèvent les yeux au ciel. «Ce clip était juste l’illustration d’un morceau générant du stress, du malaise. Si on avait été Anglais en 1977, on aurait mis en scène des punks attaquant des petites vieilles ou des sosies de la reine d’Angleterre». Avant sa diffusion, la vidéo a été testée sur différents publics, y compris blacks ou beurs, sans poser de problèmes.
Il n’empêche, filmer des Noirs de banlieue attaquant des Blancs de la capitale n’allait-il pas forcément choquer? Le duo déplore une lecture raciale du film de Romain Gavras. Les jeunes voyous filmés «ne s’en prennent pas qu’à des Blancs», rappellent-ils. «La première personne qui se fait attaquer, c’est un Noir et c’est la seule à défendre une autre victime. Après, on y voit ce que l’on veut. Il n’y a pas que des Noirs dans ce clip. Non. Il n’y a que des Français. Le premier pas vers le racisme, c’est de faire une segmentation par race. Ceux qui résument le clip à cela révèlent un malaise sur le visage de la France d’aujourd’hui».
«Stress» n’a dû son formidable succès d’audience qu’à internet. Ce clip, en effet, n’a jamais été montré à la télé. Parce qu’il a été censuré par les diffuseurs, car jugé trop violent? Pas du tout, démentent Xavier de Rosnay et Gaspard Auge. «Des choses fausses ont été écrites. La vidéo n’a jamais été bannie de la télévision. Elle n’était que sur internet pour que les gens aient le choix de la voir ou pas».
De toute manière, si «Stress» leur avait été proposé, il y a fort à parier que les télés françaises y auraient regardé à deux fois avant de le diffuser. En effet, elles sont soumises à une très stricte surveillance de la part du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).
Pour preuve, tout récemment encore, le gendarme du PAF a adressé une très sèche réprimande à «Virgin 17», une chaîne de la TNT. En cause, la diffusion, un mercredi après-midi, d’un clip du fameux (et plutôt doué) rapeur américain Kanye West. Ce clip (plutôt vulgaire) illustre le morceau (plutôt moyen) «Flashing Lights». «En raison de la violence suggérée par la dernière scène», le CSA a sermonné la chaîne pour avoir diffusé ce clip accompagné uniquement d’une signalétique de catégorie II (déconseillé aux moins de 10 ans). Pour l’organe de contrôle, le clip ne doit carrément pas être diffusé en journée, et a fortiori pas le mercredi, lorsque les gosses sont en congé. Le CSA vient donc de sommer «Virgin 17» de faire preuve désormais «de davantage de vigilance» dans sa programmation muscicale, sous peine d’être sanctionnée.
Le clip controversé ci-dessous, pour que chacun puisse juger. Dans la version qui circule sur internet, il est précédé – à l’inverse de «Stress» de Justice – d’un avertissement précisant qu’il ne s’agit que d’une expression artistique et invitant le spectacteur au discernement. Comme manifestement cela ne suffisait pas, une deuxième version, soft, du clip a été tournée et est désormais diffusée sur la plupart des télés. Toute trace de violence y a disparu: on n’y voit que des bimbos sculpturales se trémoussant lascivement. Le CSA n’a pas encore réagi.
11:15 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Musique, Internet, Banlieues, Cinéma, Racisme
25.06.2008
Une parodie
On avait parlé dernièrement (ici) de cet hallucinant et si controversé clip musical de “Stress”, le tube du groupe électro-rock français “Justice”, réalisé par Romain Gavras, le fils du grand réalisateur Costa Gavras. L’affaire est désormais devant les tribunaux, qui devront déterminer si, oui ou non, ce clip véhicule un message raciste, caricatural et stigmatisant sur les habitants de la banlieue.
En attendant, le fameux clip a déjà été détourné. Une parodie (voir ci-dessous), baptisée “Justesse, No stress” a été réalisée, et va sans doute autant faire fureur que le vrai clip sur internet. Elle montre des voyous, de pacotille cette fois, qui tentent à leur tour de terroriser la ville. Ils jouent à saute-mouton par dessus des poubelles, lisent des bandes dessinées, effraient les pigeons, jouent au Uno, ne parviennent même pas à voler une voiture car ils n’ont pas le permis de conduire, réussissent vaguement à faire sauter un pétard mais échouent à enflammer un cocktail-molotov.
C’est assez bien fait (par des gens issus de la pub) et même plutôt drôle. Le clip est présenté comme signé par un certain... Charles Villeneuve. C'est évidemment un canular et c'est assez farce, s'agissant de l’ex et si viril journaliste de TF1 à l’origine de tant et tant de reportages terrorisants sur la banlieue.
10:25 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Musique, Cinéma, Internet, Banlieues, Humour
12.06.2008
Une promenade
La tribu des skateurs de Paris est aux anges – tribu très nombreuse soit dit en passant, alors qu’on a l’impression que le roller (grande mode parisienne du début des années 2000) marque un peu le pas. Aux anges, car «Skate or Die» est sorti hier en salles. Ce film d’action narre les tribulations de deux skateurs qui sont un jour les témoins involontaires d’un homicide, et qui, du coup, sont pris en chasse dans Paris par les assassins. La course-poursuite en skate dans la ville est, paraît-il, époustouflante, et les cascades impressionnantes. Les deux rôles principaux sont tenus par deux skateurs parisiens qui ont tenté leur chance à un casting et ont été choisis alors qu’ils n’avaient aucune expérience cinématographique – mais visiblement beaucoup de talent en planche à roulettes.
C’est l’occasion ou jamais, si vous avez le temps ou l’envie de vous octroyer une petite pause détente, de visionner (ci-dessous) un film amateur dénommé «Parisien», qui connaît depuis quelques mois son petit succès sur le net, où il a déjà été vu par plus de 170.000 personnes. Ce court-métrage montre un skateur élégant (look plus trentenaire BHL qu’ado baggy) en train de déambuler en skate dans les rues de Paris, lors d’une promenade qui le conduit des grands boulevards jusqu’à Montmartre en passant par les Halles, les Champs, le musée d’Orsay, le Trocadéro, le Louvre ou le Palais Royal – et même le métro.
L’escapade urbaine, joliment filmée, a une gentille bluette en fond musical, qui adoucit agréablement le vacarme de la planche sur le macadam – qu'on a toujours rangé parmi les bruits urbains les plus agressifs. Le film rappelle surtout combien, même et y compris filmé au ras du bitume et à hauteur des pots d’échappement, Paris est une ville qui a énormément de charme.
10:30 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Paris, Sports, Cinéma, Musique, Internet
06.06.2008
Une légende
Une légende de la culture française, qui d’habitude fuit les médias, sort de son silence. Et, malgré ses quelque 85 printemps, se jette avec une énergie juvénile dans la polémique musicale la plus virulente du moment. Et c’est assez réjouissant.
Cette légende, c’est Chris Marker. Le nom de ce cinéaste (mais aussi vidéaste, écrivain, éditeur, photographe, documentariste, grand voyageur, etc.: un talent multiforme donc) ne dit aujourd’hui plus grand-chose à grand monde en France, a fortiori auprès des jeunes générations. A l’étranger, pourtant, son nom est vénéré – on connaît même un bar dans les bas fonds de Tokyo qui a été baptisé “La Jetée”, en hommage au film éponyme et culte réalisé par Chris Marker en 1962. Ce génial artiste sort donc de son silence et vole au secours de “Justice”, le groupe électro-rock français dont le dernier clip musical, “Stress”, alimente une furieuse controverse.
“Stress”, pour ceux qui ne sont pas encore au courant de l’affaire ni n’ont vu ce clip qui a incendié internet (auquel cas, ils pourront le visionner en bas de cette page-ci), c’est 6 minutes 44 secondes de folie furieuse. Un clip haletant sur fond de musique électrisante, qui montre des ados en train de faire le coup de poing et laisse le spectacteur pantois par son extrême violence. Un moment hallucinant de cinéma signé Romain Gavras, le fils du grand réalisateur Costa Gavras.
“Justice” assure avoir fait ce clip non «pas pour choquer gratuitement», mais «pour ouvrir le débat, susciter des questions, comme le font régulièrement le cinéma, la littérature ou l’art contemporain». Ce film, assurent ses auteurs, «n’a jamais été envisagé comme une stigmatisation de la banlieue, comme une incitation à la violence ou, surtout, comme un moyen larvé de véhiculer un message raciste». Il n’empêche, “Justice” a été traîné devant les tribunaux par le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP). L’association reproche au groupe, outre d’avoir des accointances avec le Front national, d’avoir commis un film «porteur de stéréotypes et de clichés racistes». Et considère dès lors que cette «immonde production» propage une «vision caricaturale de la réalité des quartiers populaires et de leurs habitants».
Chris Marker donc, hier, a répliqué. Il voit dans “Stress” «un poème noir, violent, sans concession, sans alibi, magnifiquement écrit (encore faudrait-il qu’on s’intéresse à l’écriture cinématographique, vaste débat) et dans la ligne d’un certain nombre de ces poèmes qui dans toutes les langues, à un moment donné, ont dérangé et troublé, et dont certains en effet ont fini devant les tribunaux». Le film de Romain Gavras lui rappelle même «le parallélépipède que Kubrick dresse, dans “2001”, près d’un troupeau de singes endormis. Incongru, incompréhensible au point que c’est à force de n’y rien comprendre que s’éveillera l’idée qu’il y a quelque chose à comprendre. Les singes ont évolué. Les censeurs, ça reste à voir».
La question implicitement posée est celle-ci. Au moment où tout, et la culture y compris, se règle devant les tribunaux – voir cette semaine encore le rappeur Hamé, de “La Rumeur”, poursuivi pour un pamphlet jugé diffamatoire par la police –, au moment où, dans un pays, les rapports sociaux sont si tendus que la moindre représentation, y compris artistique, d’un groupe donné est connotée comme suspecte et est susceptible de mettre le feu aux poudres, dans ce contexte, un Kubrick époque “Orange Mécanique” pourrait-il encore exister, avoir sa place et créer?
10:30 Publié dans Dans la peau | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Musique, Cinéma, Internet, Banlieues, Racisme
25.02.2008
Un symbole?
Tombé sur ce graffiti dans les rues de Paris, samedi. Au moment même où, au Salon de l’Agriculture, porte de Versailles, éclatait la fameuse algarade entre un badaud et le Président Sarkozy. Depuis, on se demande un peu s’il ne faut pas voir dans cette expression murale un symbole du niveau effarant où tend à tomber, de plus en plus souvent, le débat politico-médiatique en France... Mais bon, comme tirer sur l’ambulance est peu charitable, voire franchement minable, on ne va pas ici épiloguer sur ce pitoyable incident (*). Et donc on va parler du mur et non de l’homme.
D’autant que ce graffiti en forme de rouleau de papier de toilette, sobrement signé pq, fait un tabac en ce moment, dans les rues de Paris. On le voit un peu partout. En rose, en bleu, en mauve ou en violet. Dans le quartier Beaubourg comme près du Sacré-Cœur. Et à Bastille évidemment: rue de la Roquette, dans notre cher quartier Saint-Sébastien, etc. Une version avec du joli papier à fleurs a même été collée dans une rue très passante du Marais.
Dans la blogosphère de la capitale ainsi que sur les sites web dédiés à l’art urbain parisien, on parle pas mal de ce dessin. Des internautes alertent qu’ils l’ont également vu dans les rues de Grenoble et de Marseille. Même sur les murs de Barcelone, attestent des photographies, se déroule en ce moment cet énigmatique papier de toilette.
Tout le monde s’interroge sur le message véhiculé. Pas grand monde ne comprend la symbolique utilisée. Sur la toile comme sur le trottoir, quand ils tombent nez à nez sur ce genre de dessin, les gens se posent des questions, supputent, imaginent, dialoguent, argumentent, défendent, condamnent, comparent, s’excitent. En attendant, qui sait, que l’auteur un jour se dévoile. Que son identité et son projet artistique soient peut-être révélés. Qu’ils essaiment comme une traîne de poudre sur le net. Qu’ils y disparaissent probablement rapidement, au profit d’un autre artiste de rue et d’un nouveau buzz. Et que tout le monde passe à autre chose.
C’est bien. C’est cela la ville. C’est cela Paris. Cela bouge. Cela parle. Cela change. Cela vit. Du coup, alors qu’on était dubitatif voire réservé quand on l'avait découvert, il y a quelques semaines, on commence à plutôt bien l’aimer, cet anodin mais si symbolique rouleau de PQ. Qui pendouille vaguement, dans le vent. Léger, avant de s'en aller.
(*) Incident qui en tout cas, et c’est au moins cela, amuse et passionne la planète internaute. Selon les derniers comptages, la vidéo de l’énervement présidentiel aurait été visionnée pendant le week-end par… un million de personnes! Le nom de domaine cassetoipauvrecon.com a déjà été acheté, et un quidam a mis aux enchères la petite phrase présidentielle «qui déchire le quinquennat». Dans la même veine, un site baptisé situreviensjannuletout.com existe déjà aussi. Mais, assurait la radio ce matin, le nom de domaine aveccarlacestdusérieux.com serait encore libre.
11:05 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris, Arts, Internet, Sarkozy
05.12.2007
Un service
Comme les Français sont les champions du monde des blogs, on avait à l’esprit qu’ils étaient également les premiers de la classe européenne en matière d’internet. On avait tout faux.
Si l’on en croit la dernière étude d’Eurostat, sortie hier, près d’un Français sur deux seulement (49%) a accès à Internet et un peu plus de quatre Français sur dix (43%) disposent d’une connexion à large bande. En ce qui concerne l’accès des ménages à cette technologie, l’Hexagone est donc loin derrière d’autres pays comme la Belgique, l’Allemagne, les pays scandinaves voire certains Etats de l’ex-Europe de l’Est.
En revanche, les Français sont les champions européens dans une activité effectuée sur internet: les appels téléphoniques. Il est vrai que, par rapport aux autres pays européens, la France se distingue par le faible coût des offres multimédias (forfaits ADSL, téléphone, décodeur télé, etc.) proposées par les opérateurs aux particuliers – mais pour une qualité de service souvent pitoyable, nuancent les associations de consommateurs.
Au fond, parlant d’Internet, cette nouvelle qui peut intéresser les lecteurs de ce blog voyageant souvent entre Paris et Bruxelles. Peut-être l’ont-ils remarqué: depuis la mi-novembre, le Thalys est devenu le premier train international à grande vitesse proposant à bord un accès internet à large bande, et ce y compris lors du passage du train en zones couvertes (gares, tunnels, etc.). Le dispositif est testé actuellement, à titre expérimental, dans une rame. Deux rames supplémentaires seront équipées d’ici à la fin décembre. Les 26 rames du réseau Thalys bénéficieront de cette technologie d’ici à l’été. Jusqu’à la fin des tests, en février, l’accès à internet sera gratuit dans ces trains. Ensuite, a-t-il été confirmé en début de semaine, la gratuité sera maintenue pour les voyageurs de première classe, mais le service deviendra payant en seconde. Ce sera 6€50 l’heure de connexion ou 13€ le forfait de 4 heures.
A terme, cette connexion Wifi à haut débit sera également proposée progressivement sur l’ensemble du réseau de grandes lignes SNCF, en commençant par le TGV-Est.
10:55 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Internet, Communication, Transports, Informatique, Belgique



