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05/10/2015

Une indépendance freinée

logement,jeunes,paris,banlieues,social,economieC'est une des conséquences de la crise du logement à Paris et dans sa région, que ce blog évoquait vendredi. Le "syndrome Tanguy", comme l'on pourrait le dénommer. En référence au film français à succès d'il y a une dizaine d'années.

Dans la capitale et sa banlieue, les jeunes tardent de plus en plus à quitter le domicile parental. Les 20-29 ans subissent de plein fouet l'envolée des loyers des petites surfaces. Ainsi, à en croire l'Observatoire des loyers, entre 2001 à 2011, les loyers des studios ont bondi de 49% à Paris et de 44% en banlieue. Plus globalement, la crise économique de 2008 a «freiné l'indépendance résidentielle» de ces jeunes. C'est ce que confirme une étude qui vient de sortir.

Aujourd’hui, un jeune de plus de 25 ans sur deux vivant et né en région parisienne habite toujours chez ses parents. En moyenne, ces jeunes de la capitale ne quittent papa et maman qu'à l'âge de 24 ans et neuf mois, soit beaucoup plus tardivement que les jeunes de province (22 ans).

Ces "Tanguy" sont, pour beaucoup, des étudiants (76% des étudiants de la région parisienne sont dans ce cas) et des chômeurs (62%, + 10 points par rapport à 1999). Mais beaucoup de jeunes actifs en emploi se retrouvent également dans la situation du héros du film d'Etienne Chatiliez. C'est même le cas de près de quatre de ces jeunes actifs sur dix (39%, +6) .

C'est évidemment dû à la précarité de l'emploi que ces jeunes occupent: difficile, sinon quasi impossible, de voir son dossier de candidat locataire retenu, quand on ne bénéficie pas d'un contrat à durée indéterminée. Pour preuve, deux tiers des jeunes actifs parisiens travaillant en CDI ont leur propre logement, alors qu'un jeune en CDD (contrat à durée déterminée) sur deux habite toujours chez ses parents. C'est aussi le cas de deux jeunes intérimaires, apprentis ou stagiaires sur trois.

12/06/2014

Un refus catégorique, réaffirmé

Sports, Gouvernement, Jeunes, BanlieuesUn peu de sport, une fois n'est pas coutume dans ce blog. Puisque c'est ce jeudi que démarre la grande folie footballistique mondiale. Si la France ne se distingue pas des autres pays dans son rapport au ballon rond, elle cultive et revendique sa singularité à propos d'un autre sport. Sport certes beaucoup moins grand public que le foot, mais furieusement tendance en ce moment auprès des jeunes, des jeunes de banlieue singulièrement. Et cette spécificité, le gouvernement vient de la réaffirmer avec force, au Parlement. Elle concerne le MMA. Ou «Mixed Martial Arts».

La France a toujours interdit la tenue, sur son territoire, de compétitions de ce sport de combat spectaculaire et ultra-violent, où pratiquement tous les coups sont permis. Mardi, le secrétaire d'Etat aux Sports a été interpellé sur la question par un député partisan de la reconnaissance du MMA. Selon cet élu, «c’est à travers la réglementation, l’organisation et la fédération des encadrants que les risques de cette pratique sportive peuvent être maîtrisés», et non par une prohibition favorisant «les pratiques clandestines». Mais le ministre l'a envoyé sur les roses. «Il faut être clair: il n’est pas question de laisser se développer ces pratiques, dans notre pays», a-t-il confirmé au député. «Si le gouvernement devait légiférer, ce serait pour interdire nettement ces pratiques dégradantes et qui portent atteinte à la dignité humaine, comme le fait de combattre dans une cage ou de frapper une personne au sol, avec le coude, les poings, les pieds».

La France en restera donc à l'encadrement et à la reconnaissance de la seule version light du MMA: le combat mixte et autres «disciplines (associées) de combat combinant des percussions, des techniques de projection et des techniques d’immobilisation ou de soumission». Du coup, il perdurera, le vide juridique et réglementaire dans lequel évoluent les associations et clubs d’arts martiaux ou de sports de combat où se pratique le MMA. Et cette discipline continuera à y être enseignée par des instructeurs n'ayant pas accès au diplôme d'Etat.

Sports, Gouvernement, Jeunes, BanlieuesLe gouvernement aurait pu opter pour une autre voie: permettre à tous les jeunes qui pratiquent ce sport de s'y adonner dans un cadre structuré et sécurisé, sous l'égide d'instructeurs dûment reconnus et donc à la fois formés et respectés. Mais non, il préfère se mettre la tête dans le sable, pratiquer la politique de l'autruche.

On ne voit vraiment pas l'intérêt d'une telle approche.

17/06/2013

Un mot très ancien

«Le langage n’est-il qu’un outil?», «La science se limite-t-elle à constater les faits?», «Peut-on agir moralement sans s’intéresser à la politique?», «Le travail permet-il de prendre conscience de soi?», «Que devons-nous à l’Etat?» Tels sont quelques-uns des sujets de l'épreuve de philo qui a lieu en France ce lundi, et consacre l'ouverture de l'édition 2013 du baccalauréat – diplôme tenté cette année par 664.709 candidats.

"Baccalauréat": ce mot a une origine très ancienne, a-t-on appris hier, à la faveur d'un JT de 20 Heures. Il vient du latin médiéval, et est à rapprocher de "bacca laurea": les baies de laurier.

Les baies, avant la couronne de laurier du vainqueur? Bon courage aux candidats, en tout cas; on préfère être à notre place qu'à la leur...

16/05/2013

Une addition, salée

«ZNAK SUITE FERAY» et «PVC95». Ainsi signaient les tagueurs qui ont été arrêtés mardi, dans le Val d'Oise (banlieue de Paris). Leurs graffitis, ils les apposaient sur des trains stationnés dans des gares parisiennes ainsi que sur des métros. La police des transports, qui recense méticuleusement – en les photographiant – tous les tags dont elle recherche les auteurs, a plongé dans ses fichiers et fait ses comptes. Facture finale? Les trois jeunes sont accusés d'avoir causé à la SNCF et à la RATP un préjudice d'un montant total de ... 560 000€. Ils sont en voie d'être déférés au parquet. C'est peu dire qu'ils n'ont pas fini de payer.

Selon la préfecture de police de Paris, lors des perquisitions menées à leurs domiciles, a été retrouvé tout le matériel ad hoc: «bombes de peinture, croquis de tags, une nouvelle encre indélébile aux techniques de nettoyage», etc. Mais aussi «deux armes: l’une de type kalachnikov neutralisée, l’autre un pistolet». Ils n'ont pas fini de payer, décidément.

15/05/2013

Une piste, pas forcément adéquate?

Santé, Economie, Jeunes, Art de vivreQuelques jours après l'étude préoccupante sur la consommation d'alcool en France (dont on parlait mardi dernier), cette piste fiscale que le Parlement explore. Le vin pourrait être soumis à une taxe spéciale, comme la bière depuis l'an dernier, et les alcools forts depuis 2011.

Ce prélèvement serait «mesuré»: quelques centimes d'euro supplémentaires par bouteille de vin. Alors que ce produit a toujours bénéficié d'une fiscalité avantageuse par rapport aux autres alcools: 4 centimes de taxe par bouteille, contre 36 centimes pour la bière et 1,90€ pour les spiritueux.

Une telle mesure, toutefois, risque de ne pas passer comme une lettre à la poste. En France, le secteur du vin au sens large occupe 500.000 emplois. C'est donc, outre un puissant lobby, un secteur économique important. Et exportateur (7,6 milliards d'euros d'excédents annuels), ce qui n'est pas rien dans un pays dont la balance commerciale est lourdement déficitaire.

Cette taxe éventuelle risque de passer d'autant plus mal que, comme l'a rappelé le rapport cité plus haut, la réduction de plus de la moitié de la consommation d'alcool enregistrée en France ces cinquante dernières années est «essentiellement imputable à la baisse de la consommation de vin». Certes, ce produit domine toujours le marché: 58% du total des alcools consommés (contre 22% pour les spiritueux et 17% pour la bière). Mais, «depuis le début des années 2000, sa part a légèrement régressé (-3 %), principalement au profit des spiritueux (+2,5 %)».

En outre, chez les 18-25 ans, depuis 2005, la part de consommateurs hebdomadaires de vin n’a pas significativement augmenté, à l'inverse de celle d'autres alcools. Chez les jeunes hommes, le vin (22,4%) est désormais dépassé par les alcools forts (29,5%) et la bière (39,3%). Chez les jeunes femmes, il reste la boisson la plus courante (14,3%), mais sa consommation augmente moins vite que celle d'alcools tels le cidre, le champagne, ou le porto.

Santé, Economie, Jeunes, Art de vivreGlobalement, donc, pour ce qui concerne leur consommation d'alcool, les jeunes en restent au «régime TGV», comme l'on dit dédaigneusement dans les milieux viticoles français: le régime tequila, gin, vodka.

Pas sûr, dès lors, qu'augmenter les taxes frappant le vin contribuera forcément à réduire la consommation juvénile d'alcool.

 

07/05/2013

Une consommation déraisonnable

Dans le pays du vin, du pastis et de la Kro qu'est la France, sans doute est-ce assez naturel que l'on apprécie les plaisirs de l'alcool. Mais ce n'est pas sans poser de problèmes. Ainsi, un ensemble d'études scientifiques publié (ici) hier soir, sous l'égide de l'Institut de veille sanitaire, a lancé un cri d'alarme. Il juge «urgent d’agir pour réduire encore la consommation d’alcool en France, afin de réduire la mortalité, et notamment la mortalité prématurée».

Car chaque Français (adulte, évidemment) consomme en moyenne 27 grammes d’alcool pur par jour. C'est infiniment moins qu'au siècle dernier (65 grammes, à la fin des années 1930). Mais cela reste beaucoup trop: l'Hexagone affiche «une des consommations d’alcool les plus élevées des 48 pays d’Europe, après l’Estonie, la République tchèque et l’Irlande». Conséquence: chaque année, 49000 décès survenant en France sont à attribuer à cette consommation excessive.

Particulièrement préoccupante est l'alcoolisation croissante des jeunes. Ainsi, «l’expérimentation de boissons alcoolisées est déclarée par 59% des élèves de 6e (primaire), elle progresse en fréquence au cours des années du collège jusqu’à concerner 83% des élèves de 3e, puis 93% des élèves en terminale». Et «la part de ceux qui déclarent avoir déjà connu une ivresse progresse nettement, passant de 17% en 4e à 69% des élèves de terminale. De même, l’usage régulier d’alcool (au moins dix fois lors du dernier mois précédant l’enquête) passe de 3% en 4e à 27% en terminale». Et il n'y a pas seulement qu'en Angleterre que l'on est confronté au «binge drinking»: «Les 18-25 ans se distinguent des personnes plus âgées par des consommations d’alcool moins régulières, mais plus excessives». Si l'on note chez eux «une stabilisation de la consommation quotidienne d’alcool», on remarque aussi «une augmentation des alcoolisations ponctuelles importantes et des épisodes d’ivresses». Concrètement, «les ivresses répétées concernent près de deux fois plus d’étudiants en 2010 qu’en 2005, et plus du double parmi les femmes».

C'était sans doute utile à rappeler, à l'approche des vacances d'été: période comme chacun sait propice aux libations – enfin se lâcher, se laisser aller: après tant et tant de mois laborieux.

27/03/2013

Un bilan «mi figue-mi raisin»

Education, Santé, Jeunes, Art de vivre, GastronomiePuisqu'on parlait de cuisine hier, il semble que la France ait encore des progrès à faire en ce qui concerne la qualité de la nourriture servie dans les cantines scolaires. C'est en tout cas l'avis de l'association de consommateurs UFC-Que Choisir. Qui, dans 606 communes et établissements scolaires du pays, a analysé la manière dont était respectée «l'obligation de qualité nutritionnelle» faite à ces établissements. Résultat? «Un bilan mi figue-mi raisin».

Côté pile: des progrès en ce qui concerne certains aliments: légumes, produits laitiers ou féculents. Et «une impressionnante montée en régime de la qualité» des repas servis à la cantine des écoles élémentaires. Côté face: la qualité n'est toujours pas au rendez-vous pour les ingrédients de menus tels que la viande rouge, le poisson, les crudités et les fruits frais. Et, autant les écoliers mangent désormais mieux, autant les collégiens et lycéens en sont souvent restés au stade de la malbouffe. «En cause, les menus avec choix, qui laissent les élèves consommer certains aliments à des fréquences très inférieures à la norme». Et le fait que, pas rarement,«la cantine traditionnelle se trouve en concurrence avec des stands de type cafétéria, fast-food ou sandwicherie, avec, en guise d’aliments, des produits fortement déséquilibrés».

Le gouvernement est donc invité à renforcer la réglementation. Par exemple, en interdisant, dans les écoles, «tout mode de restauration alternatif» aux cantines réglementées, et/ou en instaurant un «choix dirigé» quand les élèves ont la possibilité de «menus à choix multiples».

Les syndicats de lycéens, dont on doute a priori qu'ils soient d'office ravis, n'ont pas encore réagi...

01/02/2013

Une «vie hors du commun»

armée,défense,jeunes,international,publicité,communication«Bonjour, je suis le caporal Dupont. En quoi puis-je vous aider?» Ce vendredi, cela fait trois semaines jour pour jour que la France est entrée en guerre: au Mali – où, a-t-il été annoncé ce matin, François Hollande se rendra samedi. Alors que cette opération est en cours, l'armée française mène une vaste campagne de recrutement. Via notamment les services d'une petite figurine baptisée caporal Dupont, qui, sur le site web dédié, répond très cordialement à toutes nos questions.

L'armée, qui espère recruter 10.000 personnes, cible surtout les jeunes «à la recherche d'une vie professionnelle pleine de sens et hors du commun». Sa campagne «valorise l’épanouissement personnel – pour moi – tout en mettant en avant la double dimension du sens et de l’utilité de l’engagement comme soldat: pour mes camarades, pour ma famille, pour mes amis, pour mes concitoyens, pour la collectivité, pour la France – pour les autres».

Cela change de la dernière campagne, qui avait fait pas mal de bruit (relire notamment ici). «On ne peut pas parler aux jeunes comme avant», selon le général Benoît Royal, responsable du recrutement à l'armée de terre. «Le slogan "Devenez vous-même", utilisé lors de la précédente campagne, est devenu "Pour moi, pour les autres: s'engager". La quête de sens ajoutée à la promesse d'épanouissement personnel. Car les jeunes d'aujourd'hui veulent être utiles, et le métier de militaire par essence est un métier de service».

Armée, Défense, Jeunes, International, Publicité, CommunicationDes jeunes qui – un certain prince britannique en premier – sont très imprégnés par la culture et les codes des jeux vidéo, guerriers notamment. Une motivation supplémentaire pour postuler? «Ce sont les jeux vidéo qui s'inspirent de nous, pas l'inverse», a répondu le général Royal au «Figaro» qui, l'autre jour, lui a posé la question. Pour le militaire, pas de doute: «La guerre n'est pas un jeu».

Tiens, à propos, on n'a plus aucune nouvelle de la procédure disciplinaire qu'avait annoncée l'armée, récemment. Contre ce soldat français servant au Mali, qui n'avait rien trouvé de mieux que de s'y faire photographier affublé d'un masque sorti du jeu vidéo, très belliqueux, «Call of duty».

16/11/2012

Un désir de départ

Paris. Où, ces jours-ci, il fait péniblement froid et gris. Quitter Paris? Année après année, la capitale française a plutôt tendance à gagner (un peu) des habitants. Mais l'idée d'un départ chemine dans l'esprit de nombre de résidents en région parisienne. C'est ce qui ressort d'un sondage récemment publié sur la question.

A l'en croire, plus d'un habitant sur deux (54%) en région parisienne envisage de la quitter. On les retrouve surtout dans la tranche d'âge 25/49 ans. 68% des candidats au départ sont motivés par la volonté de trouver un cadre de vie plus agréable. L'agressivité ambiante est citée comme facteur de motivation dans 30% des cas. Les plus jeunes parmi tous ces volontaires pour quitter Paris invoquent beaucoup plus que les autres, bien sûr, les prix astronomiques du logement.

Les destinations rêvées par les Parisiens? Le Sud et l’Ouest. 25% des habitants de la capitale qui rêvent de s'installer en province choisiraient la Provence, 21% la Bretagne, 19% le Languedoc-Roussillon, et 18% l'Aquitaine.

Le soleil et la mer: décidément un indémodable classique. A fortiori, sans doute, en plein hiver.

30/10/2012

Une «expérience unique», jusqu'au «désastre»?

Piquante coïncidence. L'armée française, en ce moment, se débat, comme l'an dernier, avec un énorme problème de logiciel informatique. Il entraîne des retards et des erreurs dans le paiement des soldes, qui plongent d'innombrables militaires et leurs familles dans de grandes difficultés financières. Ce matin encore, sur une radio, on entendait le ministre de la Défense pester contre ce bug «invraisemblable» et «stupéfiant». De son propre aveu, «le désastre est grand». C'est néanmoins ce moment qu'a choisi l'armée pour, ce mardi, lancer... une grande campagne nationale de recrutement.

Sans doute les hauts gradés se disent-ils que, de toute manière, les 15-24 ans, «cœur de cible de cette campagne», ne suivent pas trop les infos dans les médias, et ne sont donc pas au courant de cette pénible actualité – qui ne doit pas vraiment donner envie de s'engager.

Ce recrutement 2012 est moins tapageur que celui de 2010, qui avait fait grand bruit (relire notamment ici). Il promet toutefois de faire vivre «une expérience interactive et unique» aux jeunes. En participant à un jeu vidéo baptisé «À l'épreuve de l'air», ils pourront «passer à l'action»: prendre part «à une série de missions aériennes virtuelles directement inspirées de la réalité des militaires de l'Armée de l'air».

Jeudi, sera lancée aussi une websérie, dont les ses six épisodes seront diffusés pendant tout le mois de novembre sur la chaîne MSN Divertissement. Et l'armée, qui, mais oui, est branchée, précise qu'il s'agira d'un «dispositif relayé par un plan média sur MSN®, Windows Live® et Xbox LIVE®».

Les protagonistes de cette télé-réalité kaki? Deux internautes, recrutés par casting. «Amandine et Paul ont été sélectionnés pour vivre les métiers des aviateurs en immersion totale sur une base aérienne de l’armée de l’air. Les deux candidats incarnent tour à tour un contrôleur aérien, un pompier de l’air, un mécanicien armurier ou encore un commando de l’air dans leur vie quotidienne».

On ne sait si les concepteurs de cette campagne ont poussé le souci du réalisme jusqu'à faire vivre aux participants «l'expérience unique»... des fin de mois difficiles, dues au «désastre» de l'informatique militaire: les comptes bancaires en découvert, les crédits qu'on ne peut plus rembourser, les coups de fil énervés du banquier, les coûteux agios que, bien entendu, il ne manque pas de prélever, etc.

Encore bravo.

27/03/2012

Un slogan revisité

Elections présidentielles, Personnalités, Paris, Jeunes, Education, Langue françaiseJean-Luc Mélenchon, encore lui, à nouveau en vedette, ce mardi. Car, dans le dernier sondage Ipsos-Logica, publié ce matin, le tribun populiste progresse encore. Il est désormais crédité de 13% des voix (+1,5%). Sans doute est-ce notamment l'effet du succès de son grand rassemblement à Bastille, dimanche dernier.

Mélenchon, tiens. L'autre jour, dans notre onzième arrondissement, passant devant une ribambelle d'affiches vantant le candidat du Front de gauche, on tombe sur deux ados en arrêt devant sa bobine, et qui se grattent la tête. «Heu... Le verbe prendre, avec tu et à l'impératif, t'écris ça comment? Avec d ou ds, à la fin»?, entend-on l'un des deux demander à son copain. «Ds, je dirais. Mais pas sûr», hésite le deuxième. «Ds», leur confirme-t-on charitablement en passant, avant de poursuivre notre chemin. Vingt minutes plus tard, on repasse devant les affiches. Les deux gamins ont disparu. Le slogan emblématique du Mélenchon, «Prenez le pouvoir», a été rebaptisé au gros marqueur noir. Cela donne: «Prends DU FRIC!» Et ses affiches ont été maculées d'un énorme A en lettre capitale et entouré d'un cercle: la signature des anarchistes.

Les anars recrutent décidément bien jeunes, cette année – ces deux gamins n'avaient même pas l'âge d'être lycéens: tout juste collégiens. Et, au vu de leur maîtrise de la conjugaison, ils n'avaient pas encore tout lu de Bakounine ou de Proudhon.

Mais, qui sait, l'adage sur la valeur qui n'attend pas le nombre des années vaut-il aussi pour l'activisme.

01/12/2011

Un fatras d'inepties

santé,sida,social,jeunes,parisAujourd'hui, comme chaque 1er décembre, c'est la Journée internationale de lutte contre le sida. Rappelons donc que, non, cette maladie ne se transmet ni «par une piqûre de moustique», ni «dans les toilettes publiques», ni «en buvant dans le verre d’une personne contaminée». Vous levez les yeux au ciel en vous disant que tout le monde sait cela? Et bien non, visiblement.

C'est ce qu'on avait déduit (ici) au printemps, à la vue d'une campagne d'affichage sur le sujet, dans les rues de Paris. Six mois plus tard, on a retrouvé ce constat de la permanence de telles fausses croyances dans une étude publiée cette semaine. La région parisienne est une des régions d'Europe les plus touchées par le VIH – une prévalence plus de deux fois supérieure à la moyenne française (voir ). Il n'empêche, il s'y trouve encore respectivement 21%, 13% et 6% de gens qui croient que le sida se transmet par les moustiques, dans les toilettes, ou par la salive.

Particulièrement affolant est le fait que, à Paris et dans sa région (comme dans le reste du pays), pour la première fois en 2010, «ce sont les jeunes de 18-30 ans qui maîtrisent le moins bien les mécanismes de transmission et de protection» relatifs au VIH. Tout aussi inquiétant est le constat dressé par les chercheurs, selon lequel, depuis 1998, les Parisiens sont «de moins en moins nombreux à considérer le préservatif comme tout à fait efficace» contre la maladie. A l'inverse, «de plus en plus pensent que la transmission du virus est possible lors de rapports sexuels avec un préservatif. Ces croyances sont surtout partagées par les jeunes de 18-30 ans».

Rien que la persistance de telles inepties, dans l'esprit d'une partie non négligeable de l'opinion, donne tout son sens à cette Journée internationale, même trente ans après la découverte de ce virus.

29/07/2011

Un appel à la censure

Prenant prétexte de la dramatique actualité de vendredi dernier en Norvège – on ne voit pas très bien le rapport, mais bon, passons – , un député UMP a donc demandé (voir ici) au gouvernement de prendre «des mesures» pour «censurer» les chansons de «certains groupes de musique rap issus de l'immigration». Groupes qui, selon lui, «sous couvert de la liberté d'expression», «se livrent à de véritables appels à la haine raciale et religieuse en proférant des paroles obscènes, racistes et misogynes». Hier, l'intéressé a fait le tour des médias, évidemment très interloqués par son initiative. Il y a étendu son appel à la censure à toute forme d'expression artistique qui inciterait à «la violence» et à «la remise en cause des institutions».

Il y aurait beaucoup à dire sur pareille préconisation, tout comme sur le contenu, parfois effectivement problématique, de certaines créations artistiques. On se contentera ici de suggérer à ce parlementaire de ne pas s'arrêter en si bon chemin. Et de se replonger dans le répertoire artistique de ces dernières décennies. Où il pourra, très utilement, utiliser ses ciseaux de censeur.

Car, si on suit son raisonnement, Johnny Hallyday aurait dû voir son si populaire «Allumer le feu!» frappé d'interdiction de diffusion, puisqu'il peut être compris comme une incitation à la révolte. Boris Vian n'aurait pu publier «J'irai cracher sur vos tombes»: rien que le titre de cette oeuvre est si peu respectueux. Renaud, dans les années 80, n'aurait pu chanter «Votre République, moi j'la tringle (...) Plus de slogans face aux flicards, mais des fusils, des pavés, des grenades». Idem pour Brassens, qui, trente ans plus tôt, n'aurait pu rigoler à l'idée de gendarmes tués «à grands coups de mamelle», ni confesser adorer voir des «braves pandores sous la forme de macchabées». Et sans doute peut-on multiplier les exemples à l'infini.

Bref, notre ami député sarkozyste a du pain sur la planche. Très bien: cela lui laissera moins le temps de proférer des âneries.

21/06/2011

Une violence inouïe (encore)

Cela s'est passé hier. Et cela renvoie assez bien – si l'on ose dire – à la sauvagerie contemporaine qu'on évoquait l'autre jour (ici), à propos de ces deux ados de 14 et 15 ans qui, début juin dans notre onzième arrondissement, avaient massacré à coups de marteau un passant qui venait de retirer 20 euros au distributeur. Cette fois, les faits se sont déroulés loin de Paris: devant un collège d'un village jusqu'à présent tranquille proche de Béziers, dans l'Hérault (Languedoc-Roussillon). Une écolière âgée de 13 ans a succombé après avoir été passée à tabac par le grand frère de sa copine avec laquelle elle s'était embrouillée pour une histoire de garçon – une broutille d'ado qui avait fini par s'envenimer sur Facebook. Son meurtrier présumé n'a même pas 15 ans.

Pour en revenir à la région parisienne, la préfecture de police a donné dernièrement quelques chiffres relatifs à la délinquance des mineurs. Selon ces statistiques, la part des mineurs impliqués dans les faits de délinquance recensés à Paris et dans sa banlieue a encore augmenté par rapport à l'an dernier: de 4,9%. Au cours des cinq premiers mois de 2011, près d'un crime et délit sur cinq (19%) a été commis par un mineur. Ce qui donne, sur la même période, près de 15.300 jeunes mis en cause dans des faits de délinquance.

La part prise par les filles dans cette délinquance juvénile est elle aussi en augmentation. Par exemple, la préfecture a noté l'implication de plus en plus grande de ces mineures dans des vols avec violence. C'est donc toujours ce si pénible processus vers l'égalité hommes-femmes, y compris dans la violence voire la sauvagerie, qui est en marche – on en avait parlé (ici), il y a deux mois.

10/06/2011

Un déploiement

On a encore pu le constater hier soir, en y passant par hasard: les CRS ne quittent plus la place de la Bastille. Une demi-douzaine de fourgons sont stationnés en permanence sur le flanc de l'Opéra. Les plantons montent la garde devant l'édifice. L'accès à son grand escalier extérieur, qui donne sur la place, est désormais interdit: plus question de même s'asseoir paisiblement sur les marches, comme avaient pris l'habitude de le faire, à longueur de journées/soirées et depuis nombre d'années, tant et tant de Parisiens du quartier et de touristes du monde entier.

Visiblement, les autorités craignent comme la peste que ces marches de l'Opéra deviennent une place forte des «Indignés» parisiens – qui les avaient brièvement squattées, fin mai (lire ici, par exemple). Bastille ne sera pas la Puerta del Sol.

En observant ce déploiement hier soir, on se disait qu'on avait loupé un épisode: que ces quelques «Indignés» devaient vraiment être très très dangereux, pour que l'Etat mobilise de tels moyens policiers contre eux.

On se demandait néanmoins si tous ces pandores n'auraient pas mieux à faire. Plutôt que de surveiller un bout de place vide pour prévenir son hypothétique occupation par quelques jeunes idéalistes, être déployés, pourquoi pas, dans ces deux villes de la banlieue parisienne qui ont marqué l'actualité, ces derniers jours – si vous avez loupé cela, lire ou écouter ici, par exemple. Là où une gamine de 9 ans a été grièvement blessée: victime collatérale d'affrontements entre jeunes et policiers. Et là où des écoliers ont été privés de cour de récréation à cause des tirs d’armes à feu échangés dans le voisinage par des bandes rivales.

Mais sans doute, en politique comme dans la vie en général, se donne-t-on les priorités que l'on peut/veut.

08/06/2011

«Une violence inouïe»

Sidéré, pour reprendre le mot d'hier. Sidéré, on l'est encore et toujours, non pas tant par cette si tapageuse «affaire DSK», mais par un fait divers qui s'est déroulé l'autre jour dans notre onzième arrondissement de Paris. On parle rarement, dans ce blog, de faits divers. Sauf quand, dans notre vie quotidienne de Parisien, on remarque qu'un grand nombre de gens (nous) en parlent, l'incident nous semblant prendre, du coup, une autre dimension. Très clairement, c'est le cas ici: visiblement, on n'est pas le seul à Paris à avoir trouvé ce fait divers complètement sidérant.

Il s'est déroulé à deux pas de la place de la Nation, à 1h du matin dans la nuit de jeudi à vendredi derniers. Nicolas, 30 ans et sans histoire, retire 20€ à un distributeur. Lorsque lui tombent dessus deux ados (15 et 16 ans), bien décidés à le dépouiller. Pour ce faire, ils lui fracassent le crâne... à coups de marteau. Le massacrent, littéralement. Selon les syndicats policiers, ce fut vraiment un «déchaînement de violence inouï». Interpellés peu après, les deux gamins ont été déférés pour tentative d'homicide volontaire. Très grièvement blessé, toujours en soins intensifs à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Nicolas, aux dernières nouvelles, demeure entre la vie et la mort. Pour 20€.

Que dire et écrire encore, après cela? On n'est pas sociologue: juste journaliste. On laissera donc chacun juger. Et répondre à cette double question qui, depuis bientôt une semaine, nous trotte dans la tête. Cette histoire est-elle juste, fût-ce tragiquement, anecdotique – «au mauvais endroit au mauvais moment», etc – et donc, finalement, pas très intéressante? Ou, au contraire, est-elle emblématique: d'un certain état de la société française et/ou des relations humaines, dans cette ville, dans ce pays?

18/04/2011

Une (pénible) égalité

loubarde.jpgLes «Tokyo Girls». Les «Black Boukantes». Les «Bana Danger». Les «Momi Fiuu». Ce ne sont pas les derniers groupes de musique à la mode chez les jeunes à Paris. Ce sont les noms... de bandes de filles. Les noms de bandes de jeunes délinquantes qui, dans la capitale française ou sa banlieue, donnent du fil à retordre aux forces de l'ordre.

Selon la préfecture de police de Paris, qui a fait le point sur la question l'autre jour, les premières bandes composées exclusivement de filles sont apparues ici à l'été 2009. Aujourd'hui, on en dénombre huit différentes. La plus petite ne compte qu'une dizaine de membres, mais la plus grosse regroupe jusqu'à 70 filles. Leurs membres ont en général entre 13 à 20 ans. Depuis le début 2010, 180 jeunes filles ont été interpellées en région parisienne pour des faits délictueux présumés commis dans le cadre de ces bandes. Deux tiers de ces interpellations ont donné lieu à placements en garde à vue. A l'issue de celles-ci, 60 jeunes filles ont été déférées en justice.

Entre elles, a observé la police, les membres de ces gangs féminins uitilisent des pseudonymes. Ces noms d'emprunt «répondent à des critères allant des marques de luxe (BB Dior, Bbei Prada…), aux bonbons et sucreries (Tictak Walen ; Caramel…), en passant par des comportements sociaux (l’Insolente, Kpriss, l’Explosive..), des attitudes érotiques ou comportements sexuels (Tigresse, Cochonne…) et une appartenance ethnique (Blakisha, Tissmé, Misafrow…)».

Ce qui distingue une bande de filles d'une bande de garçons? «Contrairement à leurs homologues masculins, les filles ne cherchent pas à s’approprier un territoire déterminé, mais plutôt à occuper l’espace autour d’elles par l’exubérance et le chahut, causant tapages et nuisances. La délinquance n’est pas la motivation première des rassemblements, mais elle fait partie intégrante de leur mode de fonctionnement: violences volontaires, racket, brimades, harcèlement, vols à l’étalage en sont les manifestations». Les bandes de filles «gravitent généralement autour des bandes masculines (...), constituant des sous-groupes: les crews». Ces sous-groupes «servent de passerelle pour accéder à la bande, à charge pour les filles de faire leurs preuves notamment en commettant des vols avec violences. Contrairement aux garçons, elles s’affrontent rarement entre elles, privilégiant les attaques concentrées sur une ou deux cibles. Des dérives ont été constatées depuis fin 2010, elles sont désormais impliquées dans des agressions sexuelles et des viols».

loubard.jpgZoner, faire du grabuge, harceler, brimer, racketter, voler, agresser, cogner, violer. Ce n'est donc plus l'apanage des garçons à Paris – comme sans doute ailleurs aussi. C'est donc, si l'on comprend bien, la dernière évolution en date enregistrée dans le processus d'égalité hommes-femmes. .

On aurait préféré que cette violence reste l'apanage des hommes.

13/04/2011

Une horreur

On évoquait hier les tensions ravivées en ce moment au sein de la diaspora ivoirienne de Paris. En termes de gravité, elles ne sont rien par rapport à la violence effarante qui, ici, depuis maintenant plusieurs semaines, secoue une autre population d'origine étrangère: les communautés tamouls et srilankaises vivant dans la capitale française et sa banlieue.

Des faits divers atroces s'y sont déroulés, dignes de films d'horreur les plus gore. Des agressions d'une violence extrême: à la hache, au sabre, à la batte de baseball, etc. – on vous passe les détails. Pour la police, il s'agit de rixes entre bandes rivales pour le contrôle de territoires, sur fond de trafic et de racket. Mais, entendait-on ce matin, au saut du lit, sur une radio locale (reportage podcastable ici), il y a autre chose aussi derrière tout cela. Ces drames ont également une dimension pathétiquement dérisoire, désespérément banale: celle du désoeuvrement de bandes de gamins n'ayant d'autre perspective de vie que de se faire un remake à la parisienne, improbable et extrême, de «West Side Story». Des gamins: c'est bien le mot. Car, ce qui frappe notamment, c'est l'âge des victimes et des auteurs de ces violences intra-communautaires: une vingtaine d'années, pas plus.

Au fond, l'autre jour, lorsque l'on esquissait (ici) le bilan de la situation générale à Paris dix ans après l'accession de la gauche au pouvoir, on évoquait le gros point noir, si visible au quotidien, de la pauvreté. On aurait très bien pu en mentionner un autre, tout aussi ostensible dans tant de quartiers de cette «Ville lumière» décidément parfois si mal nommée. Le sentiment qu'une partie de la jeunesse y est en train de basculer (*). Ce que, à l'Hôtel de Ville ou partout ailleurs en haut lieu, tout le monde sans doute voit, sent et sait. Mais alors, pourquoi les choses donnent-elles tant l'impression de ne pas fondamentalement s'améliorer, année après année?

(*) Pour ne prendre que ce seul exemple, si frappant au quotidien: voir l'âge, de plus en plus jeune, des gens qui quêtent dans le métro ou le RER parisiens: tentant de glaner, passant de rame en rame, quelques piècettes auprès des usagers. Là encore, bien souvent, ce sont des gamins.

23/02/2011

Un sur dix

Dominique Strauss-Kahn en personne, à la télé dimanche soir, avait fait écho à ce chiffre impressionnant. Ce chiffre qui, l'autre jour, avait fait la «Une» de l'hebdo «Marianne». En France, cinquième puissance économique mondiale comme chacun sait, «plus de 6 millions de travailleurs, un quart des salariés, gagnent moins de 750 euros par mois».

Au fond, les travailleurs de Paris et, au-delà, de la région parisienne, sont-ils mieux lotis que ceux du reste du pays? C'est la question qu'ont pu se poser les Parisiens en regardant discourir le patron du FMI, puisque la région capitale est censée être la plus riche de l'Hexagone. On a retrouvé quelques chiffres de l'Insee, assez récents, qui répondent bien à cette question.

On compte près d'un demi million de chômeurs (481 000) en région parisienne. Et 5,2 millions de gens ayant un emploi. Parmi ces derniers, «un sur dix occupe un emploi précaire»: un contrat de travail à durée déterminée ou un emploi intérimaire pour les quatre cinquièmes d'entre eux. Ce taux parisien de 10% d'actifs n'occupant qu'un emploi précaire, c'est, finalement, à peine mieux que la situation en province (12%). En revanche, rien ne change, entre la capitale et le reste du pays, dans la structuration de ces emplois précaires: à Paris comme en régions, ces emplois «sont occupés à 55% par des femmes et pour moitié par les moins de 30 ans».

De quoi confirmer à nouveau, si besoin en était, que Paris n'est décidément pas toujours la «Ville lumière», comme on dit. Pas pour tout le monde, en tout cas.

08/09/2010

Un panache?

Hier après-midi, place de la République à Paris, au départ de la grande manifestation syndicale contre le projet gouvernemental de réforme des retraites, une personnalité a bien failli passer un mauvais quart d'heure. C'est Benjamin Lancar: l'impayable président des «Jeunes Pops'», comme se surnomme la section jeunes de l'UMP. Impayable? C'est ce jeune homme de 25 ans qui, l'été dernier, avait été à l'origine de ce clip de promo assez ridicule, dans lequel des pontes de l'UMP se dandinaient en poussant la chansonnette en play-back, promettant de «changer le monde». Impayable? Ce matin encore il l'était, à la radio. Où, avec tant de nuances, il réduisait l'ensemble des nouveaux médias internet (Facebook, Twitter, etc.) à une vile et méprisable «gauchosphère».

Hier après-midi donc, ce très sarkophile jeune homme avait cru bon de s'afficher place de la République à l'instant même où y étaient réunis quelques dizaines de milliers de manifestants très sarkophobes. Insulté, sifflé, hué, il n'eut d'autre choix que de prendre ses jambes à son cou. Revenant ce matin sur cet incident, Benjamin Lancar a reproché à ses opposants d'hier d'avoir «une drôle de manière de faire de la démocratie». Et a assuré que sa présence à cet endroit-là à ce moment-là avait été purement fortuite: n'avait pas le moins du monde relevé de la provocation. Mais de quoi relevait-elle, alors? Les partisans de Nicolas Sarkozy y verront du panache. Les autres la mettront sur le compte d'une étourderie juvénile assez effarante.