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30/10/2015

Une bibliothèque expurgée?

LIVRE.jpgUn peu de culture, pour bien terminer la semaine. La SNCF va nous faire... lire. On doute un peu que cela fasse partie de ses missions de service public, mais bon, au fond, pourquoi pas: cela ne l'empêche pas, dans le même temps, de veiller à la ponctualité des trains, à la propreté des gares, au bon état des voies ferrées, à la sécurité dans les wagons, ou à la lutte contre la fraude.

Depuis un petit temps déjà, il existe un "Prix SNCF du Polar" annuel. Désormais, il faut compter aussi avec un nouveau service, baptisé "SNCF e-LIVRE". Il avait déjà été testé l'an dernier, à titre expérimental, en régions Lorraine et Languedoc-Roussillon, et y a paraît-il remporté un franc succès.

Disponible via une application sous Androïd ou IOS et un site web dédié, ce service propose gratuitement aux voyageurs des trains TER et Intercités «5000 grands classiques de la littérature française», ainsi qu'une sélection «coup de cœur». Autant de livres que l'on pourra lire y compris sans connexion internet – ce qui est le plus souvent le cas, dans les trains régionaux français. La bibliothèque totalise en fait 100.000 ouvrages. «Une offre découverte permet de bénéficier de l’intégralité des livres disponibles pour une durée de 45 jours. Au-delà de cette période, il est possible de s’abonner pour 9,90€/mois pour conserver l’accès» à cette collection.

L'histoire ne dit pas (encore) si, entre deux gares ou deux trains en retard, l'usager aura également accès à la multitude d'ouvrages qui ont été publiés ces dernières années, et qui sont critiques envers la SNCF – c'est peu dire qu'on a l'embarras du choix: voir par exemple ici, ou , ou encore ici, et .

19/06/2015

Un talent qui manquera

Littérature, Culture, Personnalités, Paris, Histoire«La foule ondule et fait ressac. Soudain, elle s'égrappe, bouscule, emporte le policier, submergé par la vague. Il recule et tangue dans la débandade, le corps serré contre des édredons de poitrines, des poings prêts à cogner ou des rebonds de ventre. Il s'emboîte et se rebiffe. Mais peine perdue. Ce n'est plus lui qui gouverne. C'est le courant. C'est la mer.

Il perd la direction qui le mène. Il hume des odeurs d'aisselles, des transpirations intimes, des haleines d'oignon et de vin. Il rouspète mais il n'est rien.

La vague est plus forte. La mer est plus forte.

Il est tiré à diable et le peuple l'emporte».

Ne pas achever la semaine sans saluer la mémoire de Jean Vautrin, décédé mardi. Car, à notre sens, il fait partie des écrivains qui ont le mieux décrit Paris. Et, avec sa monumentale fresque (plus de 600 pages) «Le cri du peuple», il a inscrit en lettres d'or dans le patrimoine littéraire français le si passionnant moment historique que fut La Commune de Paris: ce soulèvement populaire qui, au printemps 1871, fit trembler la «Ville lumière», puis fut réprimé dans le sang.

Plus de dix ans déjà qu'on a lu ce livre – adapté ensuite en BD par Tardi – et on en garde encore un souvenir vivace. Incroyable roman: foisonnant, truculent, prenant. On y repense chaque fois que le hasard de nos pérégrinations dans Paris nous conduit à Butte aux Cailles ou dans d'autres quartiers ayant vécu si intensément La Commune, quartiers que Vautrin narra si bien.

Littérature, Culture, Personnalités, Paris, HistoireQuelques lignes de lui encore, donc, pour le plaisir.

«Fosses communes. Horribles fosses du square de la Tour-Saint-Jacques, du Père-Lachaise, noirs suaires, entassements de cercueils. Salle des fusillés, tombereaux de cadavres, champs de massacrés! Au pied des murs, le long des ruisseaux, devant les hôpitaux, les frères assassinés reposent.

Les minutes béquillent. La morale fane. Les corps sont blasés. En tous points de la capitale monte une horreur visible».

17/03/2015

Une disparition, si symbolique

La nouvelle avait été éventée à la fin février, et elle vient d'être confirmée: Saint-Germain des Prés va définitivement perdre ce qui a toujours été la librairie le plus célèbre de ce quartier.

La Hune avait été fondée en 1949, par des intellectuels issus de la Résistance. Longtemps située Boulevard Saint-Germain, entre les fameux cafés de "Flore" et des "Deux Magots", elle incarna, pendant des décennies, l'esprit originel de la rive gauche. Ce Paris de la culture et des lettres, renommé dans le monde entier. Ce Saint-Germain mythique, avant que, dès les années 2000, il soit grignoté puis quasi intégralement phagocyté par le business de la fripe mondialisée (les H&M, Zara, etc.).

Rachetée par Flammarion en 1976, La Hune avait quitté son siège historique en 2012, pour s'établir quelques artères plus loin: au coin de la rue de l'Abbaye. Ce qui permit à Madrigall (le groupe né du rachat de Flammarion par Gallimard) de louer à prix d'or (à Vuitton) sa surface du Boulevard. Mais la clientèle de la librairie n'a jamais vraiment suivi. L'évolution des habitudes de consommation culturelle (succès des librairies en ligne, etc.) a achevé de faire plonger le chiffre d'affaires. La direction a alors tenté de redresser les comptes, en réduisant les effectifs. Cela n'a pas suffi. Dès cet été, donc, La Hune devrait fermer ses portes. Et céder la place, possiblement, à une galerie qui vend de la photo bon marché.

Les habitants du quartier et les amateurs de littérature sont, évidemment, consternés. Comme tous ceux qui se faisaient encore une idée (passéiste?) d'un certain Paris. La maire et son équipe ont été saisies par l'opposition de gauche, houspillées pour que la Ville (propriétaire des locaux de la rue de l'Abbaye) se bouge, sur ce dossier. S'arrange pour, au minimum, «garantir la présence pérenne d'une librairie à l'emplacement de La Hune».

C'est encore loin d'être acquis. Mais sans doute serait-ce déjà cela.

28/01/2015

Une citation, bienvenue

Beau discours – ton juste, mots forts – de François Hollande, hier à Paris: au Mémorial de la Shoah. On le salue d'autant plus volontiers qu'on n'a pas l'habitude de faire les louanges de l'hôte de l'Elysée. Cela dit, rater un discours prononcé en une telle occasion, si solennelle (la commémoration de la libération d'Auschwitz), et dans un tel contexte, si dramatique (les récents attentats, notamment antisémites), cela aurait été à pleurer.

Une autre intervention officielle a marqué la journée. Celle du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, à l'Assemblée. C'est assez rare pour être souligné: à l'issue d'une interpellation d'actualité, il a consacré l'essentiel du temps de réponse qui lui était octroyé à citer un écrivain. Une citation particulièrement bien choisie, en ce jour de commémoration d'une page si sombre de l'Histoire.

Les mots sont de Primo Levi. Ils sont issus de son livre intitulé «La trêve».

«L’heure de la liberté eut une résonance sérieuse et grave, et emplit nos âmes à la fois de joie et d’un douloureux sentiment de pudeur, grâce auquel nous aurions voulu laver nos consciences de la laideur qui y régnait, et de chagrin, car nous sentions que rien ne pouvait arriver d’assez bon et d’assez pur pour effacer notre passé, que les marques de l’offense resteraient en nous pour toujours, dans le souvenir de ceux qui avaient assisté, dans les lieux où cela s’était produit, et dans les récits que nous en ferions, car personne n’a jamais pu, mieux que nous, saisir le caractère indélébile de l’offense qui s’étend comme une épidémie».

05/12/2014

Une si belle découverte

Un peu de culture, pour bien terminer la semaine. Et même une belle histoire, qui a été rendue publique cette semaine.

Elle a pour cadre, non Paris, mais Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais. Dans les fonds anciens de la bibliothèque de cette municipalité, on a retrouvé, par le plus grand des hasards, une édition originale... de William Shakespeare. Une édition rarissime, même, puisqu'elle est datée de 1623.

Littérature, Culture, International L'ouvrage a été authentifié par d'éminents spécialistes de l'auteur. Il est intitulé «Mr. William Shakespeare, comedies, histories and tragedies: First Folio: published according to the original copies». Il contient 36 pièces, qui furent imprimées sept ans après la mort du dramaturge. Il s'agit d'un «first folio», or les manuscrits de ce type sont considérés comme des références. En France, jusqu'à présent, il n'en existait qu'un seul exemplaire, conservé à la Bibliothèque nationale.

Originellement, cette pièce rare provient de la bibliothèque d'un collège de Saint-Omer, qui, à la Renaissance, accueillait des étudiants anglais. Elle a été redécouverte fortuitement, à l'occasion de recherches effectuées en vue de la préparation d'une exposition consacrée à l'histoire des relations entre la région de Calais et l'Angleterre.

L'autre jour, le porte-parole du quai d'Orsay – qui a assez peu l'occasion de s'exprimer sur des questions de littérature et de culture – a salué cette belle découverte. «Au-delà de son intérêt scientifique, (cet ouvrage) témoigne de la richesse des liens historiques entre la France et le Royaume-Uni», s'est-il félicité.

29/10/2014

Une courtoisie matinale

Moment cocasse des matinales radio-télé, ce mercredi. La précédente ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, était invitée à commenter le fait que Fleur Pellerin, qui lui a succédé à ce ministère, n'a jamais lu le moindre livre de Patrick Modiano – on évoquait cela, lundi. «Je n'ai pas à commenter l'action ou les déclarations de mon successeur. Vous comprenez bien que ce ne serait pas courtois de ma part...», a-t-elle lâché, sourire en coin.

Parce que la courtoisie a ses limites, un coup de griffe a tout de même été donné, d'une manière sournoisement – et comiquement – implicite: «Sans les livres, pour paraphraser Nietzsche, la vie serait une erreur», a relevé l'ancienne ministre. Sur un air je-dis-cela-je-dis-rien, qui, en fait, en disait long, a fortiori quand on connaît l'inimitié entre les deux femmes.

Fleur Pellerin, à cette heure en tout cas, n'a pas encore tweeté si elle avait lu ou non, ou simplement si elle connaissait ou pas, l'auteur d'«Ainsi parlait Zarathoustra».

27/10/2014

Un aveu, confondant

En matière d'inculture littéraire des hauts dirigeants politiques français, on avait déjà été pas mal servi, ces dernières années (relire , par exemple). On a néanmoins franchi un pas supplémentaire, ce week-end.

Lorsque, sur un plateau de télé, Fleur Pellerin, ministre de la Culture, a confessé n'avoir jamais lu le moindre livre... de Patrick Modiano, dernier Prix Nobel de littérature en date. «J'avoue sans aucun problème que je n'ai pas du tout le temps de lire, depuis deux ans», a-t-elle expliqué, souriante mais un peu embarrassée. «Je lis beaucoup de notes, beaucoup de textes de loi, les nouvelles, les dépêches AFP, mais je lis très peu (de littérature)», a-t-elle concédé.

On peut bien sûr difficilement reprocher aux membres du gouvernement d'être concentrés avant tout sur leur travail. Et l'on peut compatir aux horaires de dingues que celui-ci leur impose, à longueur de journées et de soirées, qui laissent peu de place aux loisirs – aux loisirs culturels, notamment.

Mais là, tout de même, on n'est pas loin de toucher le fond. Ce Prix Nobel a été décerné il y a déjà plus de deux semaines. Entre-temps, cela ne paraissait pas mission impossible, pour une ministre de la Culture, d'avoir trouvé le temps de lire ne serait-ce qu'un seul de ses livres – qui sont rarement extrêmement longs, en plus. Du reste, Patrick Modiano écrit depuis, au moins, les années 80. Autant on comprend que Fleur Pellerin, depuis deux ans, n'a plus une minute à elle, autant il est sidérant de constater que, pendant les plus de trente années ayant précédé son arrivée aux plus hautes fonctions, elle n'a jamais ouvert le moindre des livres de l'intéressé.

On espère au moins qu'elle a déjà écouté du Debussy et/ou admiré des Soulages.

10/10/2014

Un lauréat si parisien

«J'avais marché jusqu'à la fenêtre et je regardais, en contrebas, les rails du funiculaire de Montmartre, les jardins du Sacré-Coeur et plus loin, tout Paris, avec ses lumières, ses toits, ses ombres. Dans ce dédale de rues et de boulevards, nous nous étions rencontrés un jour, Denise et moi. Itinéraires qui se croisent, parmi ceux que suivent des milliers et des milliers de gens à travers Paris, comme mille et mille petites boules d'un gigantesque billard électrique, qui se cognent parfois l'une à l'autre. Et de cela, il ne restait rien, pas même la traînée lumineuse que fait le passage d'une luciole».

Patrick Modiano dixit, dans «Rue des boutiques obscures» (Prix Goncourt 1978). Jamais sans doute un Prix Nobel de littérature n'avait récompensé un écrivain plus parisien. La capitale française, en effet, est omniprésente, dans ses livres. Le Paris de l'Occupation, bien sûr, mais aussi le Paris contemporain et quotidien. Son premier roman déjà, écrit à l'âge de 22 ans, s'intitulait «La Place de l'Etoile».

Au passage, sa désignation a dû faire grimacer le déclinologue Eric Zemmour. En effet, dans son dernier essai – qui se se vend comme des petits pains – , ce triste polémiste, plus passéiste que jamais, soutient peu ou prou que, depuis Balzac ou à peu près, la littérature française n'a plus rien produit d'intéressant ni de reconnu internationalement. Le voilà spectaculairement démenti.

 

PS: Pour ne tout de même pas terminer la semaine sur un personnage aussi rance, quelques lignes encore de Modiano.

«Nous traversâmes l'esplanade du Musée d'art moderne et nous nous assîmes sur les marches. Je voyais passer les voitures, plus bas, le long de l'avenue de New York, seul indice qu'il y eût encore de la vie. Tout était désert et figé autour de nous. Même la tour Eiffel que j'aperçois là-bas, de l'autre côté de la Seine, ressemblait à une masse de ferrailles calcinées».

22/09/2014

Un apprentissage estival bien utile

Personnalités, Culture, Littérature, SarkozyPour compléter le sujet de vendredi, le rapport de Nicolas Sarkozy avec la culture, signalons l'écho que l'intéressé a distillé à son retour de vacances, puis a bien veillé à faire circuler – comme s'il sentait lui-même qu'il avait encore un vieux problème d'image à régler, en la matière. A en croire cette indiscrétion, l'ex-Président aurait profité de sa pause estivale pour... lire Dostoïevski. Cela vous pose évidemment son homme, à la plage, de bouquiner «Les Frères Karamazov», «Le Joueur» ou «L'Idiot».

En plus, Nicolas Sarkozy aurait lu cet auteur... en anglais.

Très bien. Cela lui permettra, si d'aventure il est élu à la présidentielle de 2017, de ne pas commettre à nouveau cette mémorable bévue linguistique qui l'avait ridiculisé, le jour où il avait reçu Hillary Clinton à l'Elysée. Sur le perron du palais présidentiel, après avoir accueilli son invitée avec un baise-main, il s'était excusé auprès d'elle pour la météo maussade du jour, en lui lançant... «Sorry for the time» – alors que c'est évidemment le terme "weather" qu'il aurait dû utiliser, s'agissant du temps climatique et non temporel.

04/09/2014

Une excellente affaire, probablement

Personnalités, Littérature, Economie100.000€? 250.000? 400.000? Ils sont multiples et contradictoires, les échos circulant sur le montant de l'à valoir qu'a touché Valérie Trierweiler, en guise d'avance sur les recettes de son fameux bouquin. De même, plusieurs chiffres sont cités, concernant le pourcentage du produit des ventes qui lui reviendra, au titre de droits d'auteur. L'éditeur et l'intéressée ne communiquant pas – ce qui est parfaitement leur droit – on en est réduit aux supputations. Malgré leur inévitable lot d'imprécision, elles permettent de déduire que ce coup littéraire sera probablement une excellente affaire financière, pour son auteure.

Le livre est vendu 20€. Il a été tiré à 200.000 exemplaires. Certes, rien ne dit qu'il s'en vendra autant: l'an dernier, le bouquin de Cecilia Attias ex-Sarkozy ne dépassa pas les 55.000 exemplaires vendus. Habituellement, n'importe quel quidam négociant un contrat avec un éditeur doit se contenter de droits situés sous la barre des 10% du produit des ventes, avec, souvent, une gradation à mesure que celles-ci augmentent. Par exemple: 6% des recettes pour les 10.000 premiers exemplaires vendus, 7% de 10.000 à 20.000, 8% au dessus des 20.000, et ainsi de suite. Selon les chiffres circulant, l'ex de François Hollande, elle, a négocié des droits dépassant largement les 10%, voire atteignant les 15%.

Dès lors, si l'on s'en tient à la fourchette basse, 100.000 exemplaires vendus et des droits à 10%, à raison de 20€ le livre, cela lui rapporterait 200.000€. Ce qui n'est tout de même pas rien.

Du coup, ceci (l'appât du gain) explique-t-il cela (le bouquin)? On vous laisse juges.

05/03/2014

Une «comédie humaine»

Nicolas Sarkozy a donc bel et bien été enregistré à son insu. Par celui qui, à l'Elysée, était son haut conseiller idéologique: le sulfureux Patrick Buisson. La révélation du contenu (pas mirobolant, à ce stade) des premiers de ces enregistrements suscite évidemment une agitation médiatico-politique considérable. Mais, comme toujours, le buzz a la mémoire courte. En effet, en matière de hauts conseillers qui déballent (ou balancent, comme on veut), existe un fameux précédent. Qui remonte à plus de vingt ans.

Personnalités, Institutions, Histoire, Sarkozy, Mitterrand, LittératureQuand, en 1993, Jacques Attali avait entamé la publication de ses «Verbatim». Par cette démarche, ce haut conseiller de François Mitterrand entendait relater «aussi honnêtement mais aussi crûment que possible, les faits, les impressions, les dialogues» des «épisodes singuliers de la comédie humaine», au plus haut sommet de l'Etat. A l'époque, ce récit non-autorisé «de réussites et d’erreurs, de mesquineries et de grandeurs» avait ulcéré les piliers de la Mitterrandie (les Fabius, Lang, Mauroy, Badinter, etc.). Le Président lui-même avait dit son courroux. En deux phrases mémorables, il avait raillé «le guillemet facile» de l'auteur, et le fait qu'il était «peut-être plus soucieux du nombre de ses lecteurs que de vérité historique».

Néanmoins, la série des «Verbatim» avait connu un grand succès de librairie. Au point que, habituelle rançon de la gloire, un pastiche avait vu le jour. «Aboitim, neuf années dans les secrets de François Mitterrand», c'était son titre. Et son auteur, anonyme, avait choisi Baltique pour pseudonyme: le nom du labrador du Président.

A l'inverse de la chronique des années Sarkozy par Patrick Buisson, ce récit-là, au moins, était marrant.

11/02/2014

Un scénario d'horreur

On évoquait hier le Paris de 2001 et celui de 2014. Mais qu'en sera-t-il du Paris de 2040?

«De Roissy jusqu'aux confins nord de la capitale française, s'élève un vaste bidonville, où se pressent quelque six millions d'habitants sur les vingt que compte cette mégapole». C'est une zone de non-droit, sous la coupe de bandes armées qui «se livrent régulièrement à des attaques contre les trains ou les véhicules». A l'autre extrémité de la capitale, le quartier d'affaires de La Défense n'est plus que l'ombre de lui-même. Car «les tours ont cessé d'être entretenues, à mesure que l'insécurité interdisait leur accès». En banlieue toujours, à côté d'EuroDisney, «un New Paris a été construit. Il reproduit, à l'échelle, les principaux monuments de la capitale et ses rues les plus emblématiques».

Et ce «New Paris» ne désemplit pas de touristes venus du monde entier. Car l'ancien Paris, lui, est fini. Le centre-ville, le dimanche, est «une ville morte; tout est fermé, car le travail est interdit. Ceci, outre les problèmes de sécurité, explique la fuite des touristes». Les autres jours de la semaine, pareillement, «la ville-musée est lugubre. Les rues sont à peine éclairées, conséquence d'une loi votée à l'initiative des écologistes, qui taxe très lourdement l'éclairage nocturne». Dans les grands musées de la «Ville lumière», «la sécurité des collections n'est absolument plus assurée. De très nombreux vols sont déjà intervenus». Paris n'est plus la ville de la culture, ni même celle des amoureux. Car, comme les touristes, les amants «ont déserté Paris, sous la pression de l'insécurité, des extrémistes et des fondamentalistes religieux», qui s'attaquent aux femmes dont ils jugent la tenue indécente. Du coup, le chic parisien a lui aussi vécu: les Parisiennes ne sortent plus dans la rue qu'«engoncées dans d'énormes manteaux sombres, dont la fonction est plus de les rendre invisibles que de les protéger de la pluie et du froid».

paris,personnalités,littérature,economie,histoireCe Paris imaginé en 2040, c'est celui de Nicolas Baverez. Ce très médiatique historien et économiste néo-libéral entrevoit ainsi la capitale française, dans vingt-cinq ans. Et la décrit de la sorte dans «Lettres béninoises»: la remise au goût du jour des «Lettres persanes» de Montesquieu, qu'il vient de publier chez Albin Michel.

Le portrait est sombre? Le scénario urbain est horrifique? C'est la moindre des choses. Venant du chef de file des «déclinologues». Ainsi que Dominique de Villepin, jadis, avait rebaptisé ces penseurs qui, à longueur d'essais, s'affligent d'une France qu'ils jugent en déclin tant sur les plans économique que culturel ou géopolitique.

Au moins Nicolas Baverez confirme-t-il qu'il a de la suite dans les idées. Moins attendu, il se révèle être... un très grand comique. Si l'on consent à prendre son bouquin pour une farce, tellement outrancière qu'elle en devient très cocasse.

Mieux vaut, sans doute, prendre le parti d'en rire.

08/11/2013

Un imposteur

Pour l'anecdote, sans nullement donner à la chose une importance qu'elle ne mérite pas, donc avec le sourire – pour bien terminer la semaine, en somme –, avis à qui croiserait dans les rues de Paris, ces jours-ci, un Bernard Delattre se prétendant journaliste à «La Libre». Il n'est probablement pas celui que vous croyez.

On l'a appris par des coups de téléphone ou mails reçus cette semaine, provenant de grandes maisons d'édition parisiennes. Un individu est en train d'en faire le tour, se faisant passer pour notre modeste personne. Et réclamant de ces éditeurs qu'ils lui envoient des masses d'ouvrages en service de presse (= à titre gracieux), pour prétendument les chroniquer dans «La Libre».

S'il s'agit d'un grand amateur de lecture mais qui, les temps sont durs, n'a pas les moyens de s'acheter des bouquins, on compatit bien sincèrement. Et on lui signale très amicalement qu'à Paris, des tas de librairies de seconde main vendent des livres à prix écrasés: jusqu'à moins d'un euro pièce.

Si l'intéressé n'est pas motivé par le goût de lire mais plutôt par l'appât du gain (via la revente de livres qui ne lui ont rien coûté), on se permet de lui rappeler que l'usurpation d'identité est sanctionnée par le Code pénal. En son article 226-4-1 précisément, il la punit d'une peine d'un an de prison et de 15 000€ d'amende. Ce qui, cher imposteur, serait tout de même cher payé, pour quelques bouquins volés, non?

Sinon, bonnes lectures à toutes et tous: dans ce blog ou ailleurs.

22/10/2013

Un martyr pour un autre

Paris, Histoire, Humour, Art de vivreUne petite curiosité, dans notre quartier du onzième arrondissement. Qui a fait sourire pas mal d'habitants. Notre bonne vieille rue Saint-Sébastien a été rebaptisée par des petits plaisantins. Qui y ont apposé de fausses plaques en l'honneur de Thérèse d'Avila. Avec la mention «Jouissons en extase».

Dans le quartier, nul ne comprend pourquoi donc le saint agonisant, au très mâle corps transpercé de flèches, soudain s'est ainsi fait évincer par la mystique Espagnole. Celle qui, de mémoire, était à ce point exaltée qu'elle arrivait à écrire «Je meurs parce que je ne meurs pas; je ne meurs pas parce que je meurs». La désespérance de ne pas succomber suffit à me faire trépasser; le plaisir si intense que me procure la perspective de mourir me revitalise tant qu'il m'en devient impossible d'en finir.

Un martyr pour un autre, dans le onzième. Qui sait les gais lurons à l'origine de cette substitution ont-ils voulu, par cette exhortation de rue à la jouissive extase, adresser un message à tous les partisans contemporains du retour à l'ordre moral.

Les catholiques ultras, en tout cas, n'ont pas encore réagi à cette cocasse apparition de «la folle de Dieu», sur les murs de Paris.

02/10/2013

Une étrangeté, politico-littéraire

Culture, Littérature, Histoire, Langue française, PersonnalitésRacine était-il ... d'extrême droite? Aurait-il disserté sur, par exemple, des concepts comme la «préférence nationale», le «protectionnisme raisonné» ou le «racisme anti-Blancs»? Autant de questions très anachroniques, mais que l'on s'est posées hier. A la réception d'un communiqué de presse du Front national.

Il invitait au lancement, samedi prochain à Paris, du «Collectif Racine»: «le collectif des enseignants avec Marine Le Pen». Lors de ces festivités, une poignée d'agrégés en lettres, profs de philo ou autres enseignants en droit vont présenter «le dispositif de réflexion et de propositions des enseignants du Rassemblement Bleu Marine».

La récupération de son nom, qui plus est par une telle formation, a-t-il fait se retourner dans sa tombe l'auteur d'«Andromaque» ou de «Britannicus»? Hier, sans y passer des heures, on a cherché dans des oeuvres et dans la biographie de l'intéressé ce qui pouvait bien éclairer cette appropriation lepéniste. En vain. L'homme est, bien sûr, l'archétype d'un certain classicisme à la française, mais cela suffit-il pour que le FN se sente proche de lui? Mystère. A moins que les lepénistes aient baptisé de la sorte leur nouveau collectif uniquement en raison du patronyme de l'écrivain, eux qui ne cessent de renvoyer aux «racines de la France»?

Bref, comme on n'en sortait pas dans tout ce fatras, on a été ravi de soudain tomber, dans un recueil électronique de citations, sur une phrase racinienne qui permet de passer en beauté à autre chose, sans davantage perdre de temps sur cette étrangeté politico-littéraire: «Toute l'invention consiste à faire quelque chose de rien».

27/02/2013

Un drôle de bestiaire

Justice, Littérature, Personnalités, Strauss-KahnOn risque de croiser pas mal d'huissiers dans les librairies en France, ce mercredi. Puisque, comme en a décidé hier soir le tribunal de grande instance de Paris, le livre «Belle et Bête» ne peut y être vendu sans un encart informant le lecteur qu'il attente à la vie privée de Dominique Strauss-Kahn.

Les éditions Stock ont lancé l'impression dudit encart dès le prononcé du jugement. Cela risque tout de même d'être un tour de force d'éviter que le moindre exemplaire soit vendu sans l'inséré – sous peine de 50€ d'amende par infraction constatée. Au passage, une astreinte d'un même montant avait été imposée en 2003 aux éditions Arthème Fayard. Quand la cour d’appel de Paris leur avait ordonné l’insertion d’un encart dans tous les exemplaires de «Marie, ma fille»: le livre de Nadine Trintignant, sur la mort de sa fille Marie. Cet encart rappelait le droit à la présomption d'innocence de Bertrand Cantat – qui, à l'époque, n'avait pas encore été jugé ni condamné, mais que le livre traitait à 85 reprises de meurtrier.

Plus spectaculaire avait été le jugement qui, en 2004, avait frappé l'éditeur Michel Lafon/Jean-Claude Gawsevitch. Pour le livre «Mes nuits noires dans la ville rose». Ecrit par une prostituée toulousaine, Florence Khelifi dite «Fanny», il revenait sur la rocambolesque «affaire Baudis». Du nom de l'ex-homme politique et maire de Toulouse Dominique Baudis, qui avait été faussement accusé d'avoir pris part à des ballets roses ayant donné lieu à des actes de torture et de barbarie sur des enfants.

Justice, Littérature, Personnalités, Strauss-KahnDans son bouquin, «Fanny» mettait en scène un personnage de magistrat. Qu'elle surnommait «Le Cobra», et accusait d'avoir commis des meurtres et d'être acoquiné avec le grand banditisme. La justice, saisie par un haut magistrat toulousain s'étant senti visé, avait carrément ordonné à l'éditeur le retrait de dix passages entiers du livre.

Le cobra, donc. Qui a indisposé davantage la justice que le «mi-homme-mi cochon» Strauss-Kahn – et «caniche», en prime: imaginez à quoi une telle créature peut ressembler... –, ainsi que le dépeint «Belle et Bête». Tout cela, en tout cas, nous fait un drôle de bestiaire.

26/02/2013

Un jour oui, l'autre jour non

Grosse surprise et donc grosse bousculade au Palais de Justice de Paris, ce matin. Où Dominique Strauss-Kahn est apparu en personne, pour assister à l'audience qui se déroule en ce moment, au tribunal de grande instance. L'on s'attendait plutôt à ce qu'il laisse ses avocats plaider contre l'éditeur Stock et l'essayiste Marcela Iacub. Si d'aventure et par extraordinaire cela vous avait échappé, ils vont tenter ce matin d'obtenir au minimum la publication d'un encart dans le livre «Belle et Bête» à paraître demain – qui narre la liaison entre l'auteure et DSK, en 2012 –, voire, au maximum, la saisie de cet ouvrage avant sa parution. Les avocats de DSK vont donc argumenter sur le thème de la liberté éditoriale devant impérativement être limitée par le respect de la vie privée.

Pourquoi pas. Notons tout de même, pour l'anecdote, que l'un de ces ténors du barreau qui défendent aujourd'hui DSK plaida jadis la thèse... exactement inverse. Il y a quelques années, et dans un autre contentieux relatif lui aussi à un livre à paraître.

C'était en 2008. Le livre, publié aux éditions du Cherche-Midi, s'appelait «L'avocat à abattre». Il était signé Karim Achoui: le sulfureux «avocat du milieu», comme on l'a surnommé, en raison de ses fréquentations avec des ténors du grand banditisme. Dans cet ouvrage, l'auteur mettait nommément en cause un commissaire de police, qu'il accusait d'avoir été indirectement mêlé à une tentative de meurtre contre lui, un an plus tôt. Ledit policier réclamait la saisie de l'ouvrage avant sa sortie en librairie. Les avocats de l'auteur, qui obtinrent gain de cause, avaient hurlé contre la «mesure liberticide» que constituerait la «censure» de cet ouvrage. Et un des avocats de DSK qui aujourd'hui bataillent contre Marcela Iacub et son éditeur avait alors défendu, et vigoureusement, le droit inaliénable de tout écrivain, et donc de l'auteur, à livrer «un témoignage personnel» via un livre. Droit passant y compris par celui d'y «émettre des jugements, mêmes excessifs». Cinq ans plus tard, ce mardi, c'est probablement ce genre d'arguments qui va lui être retourné, par les défenseurs de Marcela Iacub.

Sur le même sujet, ou à peu près, un jour pour, et l'autre jour contre. Avec la même éloquence, voire la même emphase. C'est parfaitement le droit des avocats. C'est même la base de leur métier. Et c'est sans doute ce qui en fait le charme.

08/02/2013

Un poète très courtisé

Un peu de culture, pour bien terminer la semaine. Et ces vers qu'on a beaucoup entendus, à Paris cette semaine: «Nous les gueux/ nous les peu/ nous les rien/ nous les chiens/ nous les maigres/ nous les Nègres/ Qu’attendons-nous/ pour jouer aux fous/ pisser un coup/ tout à l’envi/ contre la vie/ stupide et bête/ qui nous est faite?» Signé Léon-Gontran Damas. Un poète guyanais qu'adore la ministre de la Justice Christiane Taubira, elle aussi d'origine guyanaise. Poète qui – mais oui, tout arrive – a eu droit de cité... à l'Assemblée nationale.

La droite UMP, en effet, a tenté de récupérer ce chantre de la négritude. A voulu l'annexer à son combat contre le «mariage gay» et contre, plus globalement, la volonté des minorités de «chercher à imiter les majorités», dans une «volonté d’identification jusqu’à l’artificiel, jusqu’au factice». «Ce poète a très souvent exprimé l’idée que les différences entre les personnes ne devaient pas être niées, mais assumées, acceptées et promues», a ainsi plaidé le député et ex-ministre UMP Hervé Mariton. «Bref, il considérait que la différenciation était préférable à l’identification». Et d'interpeller Christiane Taubira: «Vous qui citez un poète prônant que, face à des situations différentes, l’on refuse une assimilation ne correspondant pas à la réalité des choses, pourquoi cautionnez-vous cette construction extravagante» du «mariage gay»?

Le sang de la bouillante garde des Sceaux n'a fait qu'un tour. «Je n’avais jamais assisté à tel détournement de son œuvre!», a-t-elle fulminé. «Effectivement, Damas est le poète de la différence et du respect. Mais, chez lui, jamais la différence n’est un prétexte justifiant l’inégalité des droits! Ne pas accorder l’égalité des droits, ne pas reconnaître la liberté, cela revient à dire aux Français: "Qu’attendez-vous pour jouer aux fous contre la vie stupide et bête qui vous est faite"!»

Soucieux de ne pas allonger encore un peu plus des débats qui, déjà, n'en finissent pas, le président de l'Assemblée a alors clos cette petite discussion littéraire, remerciant l'UMP d'avoir «permis la rencontre de la justice et de la poésie». Et les députés ont repris leurs travaux parlementaires, autrement plus austères.

06/12/2012

Un si grand homme

Dans une autre vie, on aurait sauté dans le premier taxi, ce matin. Après avoir été réveillé par la radio annonçant la mort d'Oscar Niemeyer. Le taxi, direction Roissy. Puis le premier avion pour Brasilia. Une dizaine d'heures plus tard, on aurait à nouveau poussé les portes de cette sublime cathédrale que le grand architecte brésilien y construisit, notamment. Sûr que, comme il y a longtemps, on aurait une fois de plus été subjugué par la lumière bleutée diffusée par ses vitraux. Un bleu si beau qu'il donne envie de croire en Dieu.

Plus prosaïquement, on sera attentif, ces prochains jours, aux annonces que fera le Parti communiste français. Puisque son chef, ce matin sur une autre radio, a promis qu'en hommage au Brésilien, il organiserait des journées portes ouvertes: pour que les Parisiens puissent visiter le siège de ce parti, place du Colonel Fabien, que l'on doit aussi à Niemeyer. Allez-y, si vous en avez l'occasion. Depuis son toit, on a l'impression d'être sur une vague gracieuse de béton, qui contemple la ville. Et, en son coeur, dans la salle du comité central, on ne peut qu'être impressionné par les dizaines de milliers de petites plaquettes métalliques qui ornent la voûte de son grand dôme.

En attendant, on a ressorti ce matin, du fin fond de notre bibliothèque, «Les Courbes du Temps»: la version française des Mémoires de l'architecte, qui parut chez Gallimard en 1999. Chacune de ses pages est agrémentée de croquis, touchants, du grand hommme. Qui y conte notamment ses années à Paris, ses rencontres avec Sartre, Genet, Aron ou Malraux, et son amour pour cette ville. Pour la Seine, aussi, qui revient plusieurs fois dans ses lignes. La Seine «qui coule tranquillement, indifférente à la vie et aux hommes», la Seine «avec ses bateaux et ses ponts, illuminée et miroitante comme un tableau de Monet».

03/04/2012

Un déclassement, si symbolique

Culture, Littérature, Gouvernement, Paris, Elections présidentielles La nouvelle est passée largement inaperçue: noyée dans l'actualité de la campagne électorale. Elle a d'autant moins fait parler d'elle qu'il s'agit d'une info relative à la Culture. Or, les questions culturelles – comme les questions de politique internationale – sont, une fois encore, absentes des débats autour de ce scrutin présidentiel.

Cette nouvelle, c'est que, depuis dimanche en France, le livre, au sens générique, est déclassé. Il n'est plus officiellement considéré comme «un bien de première nécessité». Puisque, désormais, en vertu du dernier plan de rigueur en date, approuvé à l'automne, le livre ne bénéficie plus du taux ultra-réduit de TVA à 5,5%, qui est appliqué aux produits de première nécessité (les produits alimentaires comme le pain, ou le gaz et l'électricité, etc.). Dorénavant, un taux de 7% s'applique aux livres.

Preuve qu'il n'est pas très à l'aise avec cette décision si symboliquement lourde, dans cette France qui s'enorgueillit d'être le pays de l'exception culturelle: le gouvernement a reporté de janvier à avril l'entrée en vigueur de cette hausse de 1,5% de la TVA sur l'écrit. Cela, toutefois, n'a pas dissuadé le Syndicat de la librairie française de mettre le rétablissement de la TVA à 5,5% en tête des douze propositions qu'il a faites aux présidentiables.

Culture, Littérature, Gouvernement, Paris, Elections présidentielles Et cela n'a pas non plus calmé la Ville de Paris.

Dans la capitale, les librairies peinent déjà à survivre: face à l'explosion des loyers, face au grignotage des commerces des quartiers culturels traditionnels par les boutiques de fringues, Starbucks ou autres snacks à kebab. Hier, donc, la mairie a dit (ici) «sa très vive opposition» à cette mesure.

Sur laquelle, d'ailleurs, le socialiste François Hollande a déjà dit qu'il reviendrait, s'il était élu à l'Elysée le 6 mai.