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02.12.2011

Une visite de terrain?

Nicolas Sarkozy usager des transports en commun parisiens?! C'est le (gros) bruit qui a fait le tour des rédactions de la capitale, ce matin. Lundi, le chef de l'Etat pourrait bien s'offrir une escapade en métro et/ou en RER. Et profiter de l'occasion de cette visite de terrain pour s'offrir un bain de foule parmi des Parisiens moyens.

Le communiqué de l'Elysée n'annonce encore rien de tel. Il se borne à faire savoir que «le Président de la République se rendra lundi 5 décembre 2011 au CNIT (La Défense-Hauts-de-Seine) où il prononcera à 11h00 un discours sur la modernisation des transports urbains, à l’occasion de la mise en service des nouvelles rames du RER A». Mais, en haut lieu ce matin, on ne démentait pas que l'idée d'une telle visite de terrain était dans l'air.

Nicolas Sarkozy qui prend le métro et/ou le RER. Poireaute avec les usagers sur les quais. Fait le tour des petites boutiques de gare. Salue les usagers entre deux portillons. On imagine déjà le déploiement sécuritaire dantesque que cela provoquerait. On voit déjà bien la bousculade médiatique d'anthologie que cela susciterait.

Mais, à part cela, non non, le Président n'est pas en campagne pour sa réélection.

05.10.2011

Une (relative) amélioration

Un mot encore, aujourd'hui, sur l'insécurité dans les transports parisiens – pas pour inquiéter, mais pour être complet sur le sujet. Contrairement à ce qu'à pu penser le Parisien moyen vu les faits divers horribles qui y ont eu lieu ces derniers jours, l'insécurité, en fait, ne serait plus en explosion sur le réseau ferré de la capitale.

 

Du moins s'il faut en croire «Le Figaro», qui, l'autre jour, l'a comptabilisée. Selon lui, «le nombre de vols avec violence commis dans le métro et le RER, qui avait bondi de 36,7% l'année dernière, avec 11.665 faits constatés, marque un repli inédit, pour se stabiliser à 0,8% au cours du premier semestre 2011». Par exemple, «la courbe ascendante des vols simples et des vols à la tire mettant en scène des pickpockets a tendance à s'infléchir». A l'unisson avec les autorités, le quotidien attribue notamment cette (relative) amélioration à la vidéo-surveillance, qui s'est beaucoup répandue ces dernières années dans les transports publics, ici.

 

Pour Paris intramuros, les gares et stations «sous haute surveillance» sont, forcément, celles qui sont les plus fréquentées. Quelques chiffres, si vous aimez cela. Sans surprise, s'agissant d'un des noeuds de communication les plus fréquentés d'Europe, le gros point noir reste Châtelet-Les Halles. En 2010, y ont été recensés 1245 vols simples ou à la tire et 409 vols avec violence. Pour cette dernière catégorie de délit, la plus traumatisante pour les victimes, la gare de l'Est (130 cas en 2010) et la gare de Lyon (148) font mieux que la gare Saint-Lazare (232). Et beaucoup mieux que Paris-Nord (382).

 

382 vols avec violence par an, soit plus d'un par jour, à la gare du Nord. A la lecture de ce chiffre, les habitués du Thalys pourraient un peu s'inquiéter. Là aussi, donc, il importe de relativiser. Cette gare, une des plus grandes du monde, accueille chaque jour plusieurs millions d'usagers.

04.10.2011

Une malheureuse coïncidence?

métro,paris,sécurité,médiasOn a l'air (pas) malin, ce matin. Hier à peu près à la même heure, dans ce blog, on soutenait que les attaques de «pousseurs» étaient extrêmement rares, dans le métro de Paris. Il n'a pas fallu 24 heures pour que l'AFP vienne, ce matin, avec une dépêche relatant... un accident du même ordre.

 

Elle dit ceci. «Drame évité dans le métro parisien. Un «pousseur» a failli faire une nouvelle victime dimanche soir dans le métro parisien, à la station 'Strasbourg-Saint-Denis', relate «Le Parisien». Le déséquilibré, âgé de 30 ans, a empoigné fermement et jeté sur les rails un jeune homme de 25 ans en train de discuter avec un ami alors qu'une rame entrait dans la station. La victime est heureusement tombée dans la «fosse anti-suicide», qui n'est pas électrisée comme le reste des rails. Le conducteur de la rame a lui eu le temps de freiner pour éviter l'impact. Il s'est jeté à la poursuite du pousseur avec deux autres témoins, le déséquilibré ayant pris la fuite dans le tunnel pour rejoindre la prochaine station. Le «pousseur» a été rattrapé et livré à la police. Il a été interné à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police. La victime est, quant à elle, très choquée».

 

Deux méfaits censés extrêmement rares qui surviennent à quelques jours d'intervalle, donc. De deux choses l'une.

 

Soit les dérangés lisent les médias et sont inspirés par les faits divers de ce type, lorsqu'ils y sont relatés. Auquel cas, peut-être ferait-on mieux de moins médiatiser ce genre de drames, pour éviter de donner des idées à certains. Soit ce fait de deux «pousseurs» sévissant tour à tour et en un temps très rapproché n'est en fait rien d'autre qu'un malencontreux hasard. Qu'une malheureuse mais fortuite coïncidence. Et cela n'enlève rien au fait que, dans le métro de Paris, les actes de ce genre sont extrêmement rares.

 

métro,paris,sécurité,médiasChacun jugera. Nous, en tout cas, davantage d'ailleurs en tant qu'usager lambda du métro qu'en tant que journaliste, on choisit la seconde hypothèse. Et on est bien résolu à ne pas commencer à surveiller du coin de l'oeil les gens derrière nous sur le quai. Ca casserait l'ambiance.

PS: Sinon, si vous voulez en savoir plus sur «la bouleversante histoire» du «héros du métro»: cet homme tué jeudi après avoir été jeté sur les voies à la station 'Crimée', c'est ici.

03.10.2011

Un fait extrêmement rare

Un fait divers pénible, et pour tout dire horrible, dans le métro de Paris. Il s'est déroulé jeudi dernier, mais n'a été annoncé qu'en début de week-end, vendredi soir. A la station 'Crimée', un homme a été tué après avoir tenté de porter secours à une jeune femme qui se faisait importuner sur le quai. L'agresseur l'a poussé sur les voies, où il est tombé et a été électrocuté. Il a été tué sur le coup. Aux dernières nouvelles, la Brigade des réseaux ferrés, qui a été chargée de l’enquête, était toujours à la recherche de l'agresseur.

 

Ce fait divers en rappelle d'autres, du même acabit, qui ont eu pour cadre le réseau de la RATP ces dernières années. Et qui, à l'époque, n'avaient pas peu choqué les usagers.

 

Ainsi, en novembre dernier, une étudiante qui attendait sagement le métro avait, à l'arrivée de la rame, été brutalement poussée dans le dos par un déséquilibré. Elle avait réussi à éviter de chuter sur les rails, mais avait tout de même été lourdement percutée au bras par le train. Le «pousseur», qui, depuis, a été arrêté et interné, était tranquillement monté en voiture après son geste. A la station 'La Défense' il y a deux ans, un brave père de famille avait succombé dans des circonstances similaires. Précédemment, déjà – on l'avait évoqué dans ce blog (ici) – , pareilles mésaventures étaient arrivées à un jeune de 29 ans, à une dame âgée, à une étudiante de 22 ans et à un SDF – aux stations ‘Rambuteau’, ‘Saint-Lazare’, ‘Auber’ et à Boulogne respectivement.

 

Peut-on imaginer sort plus cauchemardesque que celui d'être précipité sur les voies du métro ou du chemin de fer, a fortiori à l'approche d'une rame? Difficile. Un tel rappel de ces faits divers peut, dès lors, faire froid dans le dos. C'est sans doute ici et à ce moment qu'il faut à nouveau le souligner calmement: de telles agressions sont extrêmement rares. Et statistiquement nulles, si on les compare aux 10 millions de gens qui empruntent chaque jour les transports publics parisiens sans que rien d'aussi fâcheux ne leur arrive.

 

En termes de probabilité, donc, le risque d'être confronté à une telle mésaventure est proche de zéro.

30.09.2011

Un appel à idées

transports,métro,publicité,art de vivre,parisUn peu d'humour, pour bien terminer la semaine. Car c'est «un ton volontairement décalé et humoristique» qu'a choisi la RATP pour sa dernière campagne de sensibilisation en date, qui s'étale en ce moment sur les panneaux publicitaires du métro de Paris et dans des pages de pub des journaux. Et on la trouve plutôt pas mal, cette campagne.

 

Elle vise les incivilités. Ce que la RATP définit comme «le non-respect de l’ensemble des règles du savoir voyager ensemble: manque de propreté, nuisances sonores, bousculade, absence de courtoisie, fraude». Dans les visuels de la campagne, les malotrus sont transformés... en animaux. Il y a donc un lama qui crache partout sur les quais du métro. Un gros buffle qui bouscule tout le monde en rentrant dans une rame. Une grenouille qui saute les portiques. Ou un paresseux qui se prélasse sur un strapontin alors que le wagon, en pleine heure de pointe, est bondé. Il y a une poule, aussi, qui jacasse à tue-tête sur son portable. Au passage, le choix d'un coq se pavanant avec son smartphone aurait moins alimenté le cliché sexiste de la femme incorrigiblement bavarde – comme si, dans le métro de Paris ou d'ailleurs, on ne croisait jamais de mâles insupportablement bruyants, pendus à leur téléphone...

 

«Cette communication veut souligner l’absurdité du comportement de celles et ceux qui commettent des incivilités dans les transports», explique la RATP. «Elle met en avant l’idée que, derrière tout acte d’incivilité, se cache une logique absurde, qui ne nuit pas seulement à la collectivité mais également à l’individu qui le commet».

 

transports,métro,publicité,art de vivre,parisC'est trop rare pour ne pas être souligné: chacun des 10 millions d'utilisateurs quotidiens des transports parisiens peut donner son avis: peut, sur le site web de la campagne, soumettre «une idée concrète à mettre en œuvre pour lutter contre les incivilités».

 

Si donc vous êtes usager, occasionnel ou régulier, de la RATP et êtes inspiré par le sujet, c'est ici.

26.09.2011

Un appel à la vigilance

paris,métro,transports,sécurité,technologieAu-delà des bouleversements affectant les hautes sphères de la politique – le basculement à gauche, hier, de cette vénérable et jusqu’à présent si conservatrice assemblée qu’est le Sénat  –, sur le terrain quotidien parisien, beaucoup plus modestement, il y a aussi des changements. Ainsi, une grande nouveauté à signaler, depuis la rentrée, à la RATP. Un nouveau message a été ajouté à ceux qui, dans les stations du réseau, sont diffusés en boucle, par haut-parleur, à l’attention des voyageurs.

 

On avait, depuis longtemps déjà, en langues étrangères parfois même, les rappels incessants de ne pas fumer dans le réseau et de surveiller ses poches, sacs, bijoux ou portefeuilles, des pick-pockets étant «susceptibles d'agir dans cette station», selon l'expression consacrée. S'ajoute désormais un appel à la vigilance destiné plus particulièrement… aux utilisateurs de smartphones, tablettes tactiles et autres gadgets techno-chics et chers. Dorénavant, un message sonore leur conseille vivement de manipuler leurs appareils avec parcimonie et discrétion.

 

C'est, bien sûr, la conséquence de la vague de vols à la tire d'appareils de ce type, dont d'innombrables usagers de la RATP ont été victimes ces derniers mois – on a déjà beaucoup évoqué cela dans ce blog (ici, par exemple), on ne développera donc pas.

 

Et ceux qui sont accros aux smartphones au point de ne pouvoir les laisser en poche le temps de quelques stations de métro? Ils auraient intérêt à se rabattre sur… la  géolocalisation. Car, dernièrement encore, dans notre onzième arrondissement, elle a grandement facilité la tâche des pandores.

 

paris,métro,transports,sécurité,technologieRaconté par la préfecture de police, cela donne ceci:«15 septembre, 1h30, 11ème arrondissement, trois hommes encerclent un passant, le bousculent et lui volent son smartphone. La victime regagne son domicile, géolocalise son bien via son ordinateur, et transmet immédiatement la position des auteurs, dans le 3ème arrondissement, au «17-Police Secours». A 2 heures, les policiers de la brigade anti-criminalité locale interpellent le trio en possession du téléphone volé. Ils ont été déférés au parquet de Paris».

 

On n'arrête décidément pas le progrès.

19.04.2011

Un gros gaspillage

4,5 millions d'euros. C'est donc le montant qui, à Paris, a été jeté par les fenêtres. C'est la somme qui a été déboursée en vain par la RATP, par l'organisme qui gère les transports publics en région parisienne, et par les autorités régionales. 4,5 millions d'euros, c'est ce qu'avait coûté le tapis roulant ultra-rapide qui, en 2002, avait été installé à la station Montparnasse, et dont les opérations de remplacement ont débuté hier.

A l'époque, ce «trottoir roulant rapide» (TRR) avait été présenté comme un bijou technologique. Déployé dans l'interminable (180 mètres) tunnel reliant les lignes 4 et 12 du métro aux lignes 6 et 13 ainsi qu'à la gare SNCF, il atteignait la vitesse de 3 mètres par secondes. Soit 11km/h. Soit trois fois plus que la vitesse moyenne d'un tapis roulant ordinaire. Soit, pour un usager quotidien, un gain de temps potentiel de 15 minutes par semaine et de 10 heures chaque année. On croyait rêver. Et on a déchanté, raison pour laquelle ce joujou est en train d'être enlevé.

Car «le tapis roulant le plus rapide du monde» s'est avéré bien trop casse-gueule pour l'usager de base: pour le Parisien moyen, qui n'est pas forcément toujours sportif, jeune, agile ou portant des chaussures plates. C'est bien simple: au nombre de vol planés de ses utilisateurs qu'il engendra, ce tunnel de Montparnasse en vint à ressembler au plateau de tournage d'une émission style «Vidéo Gags». Les personnes âgées, les usagers ayant des bagages, ou simplement les Parisiennes aimant les chaussures à talon détestèrent rapidement ce TRR révolutionnaire. Qui, en plus, accumula les avaries techniques. Résultat des courses: pendant toutes ces années où il était censé fonctionner, le fameux trottoir roulant du futur fut plus souvent qu'à son tour... fermé et/ou boudé et/ou hors d'usage.

Officialisation donc, cette semaine, de ce retentissant fiasco technologique. Et, au passage, de ce gros gaspillage.

Encore bravo.

07.04.2011

Une campagne (suspecte)

gardemeubles.jpgLa misogynie, revendiquée ou subliminale, dans la pub en France: un des sujets décidément inépuisables de ce blog (relire ici, ou , voire, si vous avez particulièrement le temps aujourd'hui, ici ou ). On vient encore d'en avoir une illustration dans le métro de Paris. Il s'agit, cette fois, d'une campagne de pub pour une société de garde-meubles.

Le visuel? Monsieur, aux côtés d'une armoire imposante: une antiquité, style grand siècle, dont son propriétaire semble très fier. Le slogan? «Vous l'adorez. Votre femme la déteste. Nous la stockons». C'est donc Madame qui n'a aucun goût en matière de déco, et qui, un peu tyrannique au foyer, oblige Monsieur à louer une aire de stockage. C'est Monsieur qui aurait très bien pu être illustré par cette pub comme n'aimant pas les antiquités. Mais non, c'est Madame. Sans doute un hasard, s'est-on dit en passant notre chemin après avoir froncé les sourcils devant cette affiche. Jusqu'à ce que, quelques stations de métro plus loin, on tombe sur un autre visuel de cette campagne.

Cette fois, c'est Madame qui était représentée: posant, un peu niaisement, aux côtés d'un vélo d'appartement. Le slogan le précisait: ce vélo, elle l'avait acheté mais s'en était fatigué très vite, du coup Monsieur devait à nouveau se taper le garde-meubles. C'est Monsieur qui aurait très bien être illustré par cette pub comme ayant très rapidement eu la flemme de ses altères, de sa ceinture à impulsions électriques censée dessiner les abdos, ou de sa machine à gonfler les biceps. Mais non, c'est Madame. Qui, dans ce visuel, incarne donc la légereté, l'inconstance, le manque de détermination, la futilité variant au gré du vent. Pour la deuxième fois, du coup, un slogan de cette campagne pouvait être lu/vu de manière péjorative pour les femmes.

Mais sans doute, les ans passant, est-on devenu très Parisien moyen: donc qui n'aime rien, limite teigneux. Mais, qui sait, les «créatifs» ayant conçu cette com' si brillante n'ont-ils nullement pensé à mal. Mais, peut-être, découvrira-t-on ces prochains jours, dans le métro, des visuels de cette campagne pouvant, eux, être interprétés au désavantage de l'homme.

On les cherche toujours, cela dit.

05.04.2011

Un besoin?

pubmétro.jpgOn l'avait entendue, cette réflexion à la radio. L'autre jour, en marge du grand débat sur le nucléaire qui a agité la France, comme d'autres pays, après la catastrophe de Fukushima. Et puis, on avait perdu cela de vue. Jusqu'à hier. Jusqu'à ce que, au hasard de nos pérégrinations dans le métro de Paris, on retombe sur un de ces nouveaux panneaux publicitaires qu'on a déjà pas mal évoqués dans ce blog (relire ici, ou ). Un de ces panneaux lumineux et animés qu'on trouve désormais dans d'innombrables stations ici – et qui, au passage, font (un peu) mal aux yeux (*). Ce panneau-là, pour l'anecdote, arborait un slogan rageur («NO PUB») tagué sans doute par un militant d'une association luttant contre l'invasion de la réclame.

La réflexion émanait d'un dirigeant d'une association qui, pour faire vite, milite en faveur d'une société de consommation moins énergivore. «Il serait temps de réfléchir à notre consommation d'énergie», recommandait-il. «Par exemple, on trouve en ce moment, dans le métro de Paris, des écrans publicitaires vidéo lumineux qui consomment énormément d'électricité. En a-t-on vraiment besoin pour notre bien-être?»

Bonne question.

(*) Panneaux publicitaires, qui, toutefois, à ce stade en tout cas, sont silencieux. Mais ne désespérons pas. Un de ces jours, l'un ou l'autre responsable de la régie publicitaire de la RATP proposera certainement qu'on leur ajoute le son. Ce sera vraiment merveilleux. Les dix millions d'usagers quotidiens des transports publics parisiens auront le privilège de profiter à longueur de journées de slogans publicitaires hurlés à tue-tête. Et les espaces sur ces panneaux se vendront encore plus chers aux annonceurs.

11.03.2011

Une quasi-absence

Pour bien terminer cette semaine lors de laquelle a été fêtée la Journée de la Femme, cette remarque, hier, d'un collègue journaliste lui aussi grand utilisateur du métro de Paris. Le réseau de la RATP ne compte en tout et pour tout que... 2 stations portant un nom de femme. Rien que 2, sur les 300 stations de ce réseau. Ce sont «Louise Michel» et «Marie Curie» («Pierre et Marie Curie», en fait).

 

Sa réflexion nous disait vaguement quelque chose. Et pour cause: en février 2007, dans ce blog (ici), on avait évoqué le sujet. Depuis, donc, rien n'a changé. Ni ne changera. En effet, parmi les nouvelles stations que la RATP prévoit d'inaugurer ces prochaines années (là), pas une ne portera le nom d'une femme.

 

Alors, bien sûr, la vie quotidienne des Parisiennes ne se trouverait aucunement améliorée si le métro de leur ville comptait davantage de stations portant un nom féminin. Mais, rien que sur le plan symbolique, cette quasi-absence n'est tout de même totalement anodine. Tentative d'explication: une station de métro, à Paris comme ailleurs, tire souvent son appellation du nom de la rue ou de la place où elle conduit. Peut-être cette mâle hégémonie à la RATP reflète-t-elle donc une autre domination masculine: la toponymie de la capitale honore considérablement plus d'hommes que de femmes.

 

Les usagères du métro parisien qu'irriterait ce flagrant déséquilibre méditeront sur les noms de ces quatre stations de métro, incontestablement féminins mais hors-catégorie tant ils sont connotés: «Notre-Dame de Lorette», «Notre-Dame des Champs», «Abbesses» et «Filles du Calvaire»...

04.02.2011

Un fléau

métrométro.jpgLe métro de Paris, si on s'y est toujours senti en sécurité – nous, en tout cas – , n'est pas, pour autant, le pays de Candy – ou celui des bisounours, comme on veut. Manifestement, de temps à autres, il est fréquenté y compris par des gens qui ont vraiment des problèmes. Pour preuve, cet appel que vient de lancer la préfecture de police de la capitale. Appel à l'attention de témoins et de victimes de faits survenus dans des stations de métro de l'Est parisien. Cet appel dit ceci.

«Suite à une série d’agressions sexuelles survenues (...) dans les stations «Saint-Ambroise», «Rue Saint-Maur», «Oberkampf», «Gambetta» et «Daumesnil», la préfecture de police recherche d’éventuelles victimes. Le mode opératoire était le suivant. L’agresseur repère les femmes qui ont entre 25 et 30 ans, les suit lorsqu’elles rentrent dans la station, profite de leur passage aux lignes de contrôle des titres de transport pour arriver derrière elles, passer sa main sous leur jupe et pratiquer des attouchements, avant de prendre la fuite».

Que peut-on encore ajouter à cela?

Peut-être citer quelques chiffres, émanant de la même source, et qui renvoient à la lâcheté qu'on évoquait l'autre jour dans ce blog: celle des agresseurs qui, dans les transports parisiens ou partout ailleurs, s'en prennent à des femmes. Pour rappel, en 2010, la lutte contre les violences faites aux femmes avait été érigée «grande cause nationale» en France. Ces chiffres, cependant, confirment que, malgré cette mobilisation, ce fléau n'a globalement pas régressé: pas massivement, en tout cas.

Ainsi, l'an dernier en région parisienne, 679 dossiers d'agressions sexuelles contre des femmes ont été traités par les autorités; il y en avait eu 755 en 2009. 3 242 vols avec violences ont été enregistrés contre des femmes: à peine 200 de moins que l'année précédente. Des femmes qui ont aussi porté plainte à 116 reprises pour violences volontaires (122 en 2009), et à 382 reprises pour vols à main armée (381). Enfin, «s’agissant des violences intrafamiliales, 20 homicides et tentatives (12 en 2009) ont été portés à la connaissance de la PJ et autant de viols commis à l’encontre de femmes (17 en 2009)».

métrofemmes.jpgDepuis l'été 2009 à Paris (mais sans doute ailleurs en France aussi), des «brigades de protection des familles» ont été créées au sein des services policiers dits «d'investigation de proximité». 270 policiers composent ces brigades, qui intègrent aussi des agents appelés «référents violences conjugales»: ils sont chargés d'«apporter un soutien privilégié aux victimes de ces infractions et de les orienter vers les dispositifs associatifs et institutionnels de prise en charge les mieux adaptés».

Mais, comme fait bien de le rappeler la préfecture, malgré ce dispositif et les autres lieux d'accueil et d'aide, l'un des problèmes récurrents posés par ces violences, familiales et conjugales notamment, exercées contre les femmes, c'est '«la difficulté qu’ont les victimes à déposer plainte, certaines ne souhaitant y compris pas donner suite à ces agressions même non isolées».

11.01.2011

Un âge

lemétroengris.jpg18 ans. C'est l'âge du jeune homme arrêté hier par les enquêteurs de la brigade des réseaux ferrés de Paris. Il est fortement soupçonné d'être responsable de la mort d'une jeune femme de 27 ans dans le métro: à la station 'Etienne Marcel' fin décembre – on évoquait ce drame l'autre jour, dans ce blog. Selon de nombreux témoins, les faits se seraient déroulé comme suit. Dans la rame du métro, le jeune homme tente d'abord de dérober le smartphone d'une voyageuse. Puis descend à 'Etienne Marcel' et prend ses jambes à son cou. Mais, dans l'escalier de sortie de la station, il bouscule une jeune femme qui se trouve sur son passage, et la repousse violemment. Elle tombe par terre. Dans sa chute, sa tête heurte une marche. Elle décède peu après à l'hôpital Henri-Mondor.

Aux dernières nouvelles, le jeune homme n'était pas passé aux aveux. Mais les images des caméras de vidéosurveillance ayant permis hier son interpellation l'accablent: son visage y apparaît on ne peut plus distinctement. Il n'était pas connu des services de police, ni pour des vols avec violence, ni pour le moindre méfait. Le 27 décembre, sa tentative de vol du smartphone, qui a tout déclenché, semble avoir été sa première.

18 ans. S'il est jugé et reconnu coupable, ce jeune homme de 18 ans passera vraisemblablement une bonne partie de sa vie en prison. Pour ces quelques minutes pendant lesquelles sa cupidité, son désir irrépressible de détenir lui aussi un smartphone si à la mode parmi les jeunes Parisiens, a entraîné l'irréparable. Et a coûté la vie à quelqu'un de très jeune également: 27 ans.

Sans doute n'est-ce qu'un fait divers parmi tant et tant d'autres. Mais il est décidément des jours où, à Paris, l'actualité, par sa sauvagerie et sa bêtise inouïes, a quelque chose de profondément déprimant.

07.01.2011

Une «haute tension»

pfiounouvelessaimeuf.jpgCette semaine, c'était l'occasion ou jamais, pour les autorités, de faire le point sur l'insécurité dans le métro de Paris. Occasion doublement ratée. Dans ses voeux, le préfet de police en est resté aux généralités: «Délinquance contenue, préservation de l'ordre public» dans la ville, etc. Quant à la dernière livraison de la lettre d'info de la préfecture, au lieu d'évoquer la hausse des vols à la tire dans le métro, elle a insisté sur la baisse des vols à main armée dans la région. On choisit les axes de com' que l'on peut/veut...

Pourtant, depuis une semaine, l'usager moyen du métro parisien qui serait un peu flippé a eu trois fois l'occasion de s'inquiéter, rien qu'en suivant ce que les médias ont dit à ce sujet.

Un: vendredi dernier, un flash matinal sur la radio RTL. «Une dame de 83 ans dans un état grave après une agression dans le métro». Victime d'un vol à l'arraché à la station 'Mairie de Clichy', elle a été bousculée par son agresseur, est tombée sur la tête, et a dû être plongée dans le coma artificiel. «Cette information intervient à quelques jours de la mort d'une jeune femme de 27 ans, bousculée par un pickpocket à la station 'Etienne Marcel'».

Deux: le journal gratuit 20 Minutes (très lu par les usagers du métro) s'y met à son tour, quelques jours plus tard. «La délinquance sur les réseaux ferrés est en hausse. C'est le phénomène marquant dans les transports en commun parisiens en 2010: le nombre de vols avec violences a bondi». Et «une source policière» d'y confirmer ce que l'on racontait dans ce blog début novembre (relire ici): «C'est l'iPhone 4 qui rend les agresseurs marteaux. Ils appellent ça «aller à la cueillette des pommes», en référence au logo d'Apple. Ils les volent en un clin d'œil et les revendent facilement dans la rue, entre 150 et 200 €».

pfiounouvelessaimec.jpgTrois: mardi soir, le bouquet, à la télé cette fois. Sur TF1. «Appels d'urgence», le magazine ultra-sécuritaire présenté par Carole Rousseau, est titré de la sorte: «Insécurité: le métro sous haute tension».

Mais, à part ça, à en croire les communicants officiels, la politique gouvernementale de lutte contre la délinquance et la criminalité est un grand succès.

PS: On évoquait son sort lundi: ce DJ amateur qui, le soir de la Saint-Sylvestre en banlieue de Paris, s'était fait lyncher par des fêtards à qui il avait refusé l'accès à la fête qu'il animait. Cela a été confirmé hier: il est décédé des suites de ses blessures. Il avait 33 ans et était père de deux enfants. On se permet de ne lui consacrer que quelques lignes en italique puisque, d'après le ministre de l'Intérieur (qui, à cette heure, ne s'est toujours pas corrigé), aucun «incident majeur» ne s'est produit dans la nuit du 31 décembre dans le pays. 

21.12.2010

Une double rencontre

manon.jpgCe qui est bien à Paris en ce moment, c'est qu'il ne faut pas endurer le froid des rues pour se rappeler combien cette ville est duale. Il suffit, en attendant son métro, bien au chaud, de regarder les affichages publicitaires, omniprésents dans les stations. C'est ce qu'on s'est dit hier soir, sur un quai de la ligne 6. Où on a fait une double rencontre, née du hasard de la juxtaposition de deux campagnes de pub très visibles en ce moment à Paris.

 

On a rencontré deux jeunes filles en fait, hier soir, sur notre quai de métro.

La première est une petite brune plutôt mignonne, prénommée Estelle. Elle a un patronyme de saison: elle s'appelle Estelle Noël. Et Estelle, nous apprenait le premier panneau publicitaire rencontré par notre regard, elle «aimerait fêter Noël plusieurs fois par an». Car, grâce à l'offre de Noël de l'opérateur de téléphonie mobile SFR, «avec Ovi by Nokia, découvrez l’Internet mobile en toute simplicité: Le Noël des Noël avec le webphone Nokia C7 1€ avec la souscription d’une Édition Spéciale Illimythics 5+ Webphone 2h et plus». On était bien d'accord avec Estelle: à ce prix-là, Noël cela devrait être tous les jours.

Et puis, sur le panneau juste à côté de celui d'Estelle, on apercevait Manon. Plus jeune, Manon: 4 ou 5 ans. «Manon a gribouillé sur le mur. Le reste, c'est pas elle», nous disait son panneau publicitaire à elle. Qui montrait Manon dans un appartement aux murs un peu griffonnés par des crayons de couleur qui trainaient encore par terre. Mais un appart' qui était surtout très délabré: peintures en lambeaux, taches d'humidité sur les murs, carreaux cassés, etc. Manon, hier soir, nous rappelait au passage que la France compte «600.000 enfants victimes du mal-logement». C'est le thème de la campagne de Noël de la Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés.

On avait à peine fait connaissance du regard avec Estelle et Manon que notre métro arrivait. C'était bien: chaque voyageur pouvait ainsi poursuivre tranquillement son chemin. Avec, à l'esprit, au choix, le visage d'Estelle ou celui de Manon: le souvenir de la brunette ou celui de la fillette, en somme. Ou le souvenir des deux, pourquoi pas. Ou même le souvenir ni de l'une, ni de l'autre – tout est permis: c'est Noël.

16.12.2010

Une campagne

arméedusalut.jpgCes affiches sont vraiment très très visibles depuis quelques jours, un peu partout dans les couloirs du métro de Paris. Elles montrent ce qui ressemble à une sortie de parking ou à recoin urbain sinistre. Sur le sol et sur le pignon d'un mur aveugle, une silhouette humaine dont les contours sont tracés par une ligne à la craie blanche. Un peu comme dans les «scènes de crime» des séries télé américaines. Un peu plus loin, une silhouette elle vivante, assez jeune et vue de dos, qui s'éloigne. Et un slogan en lettres capitales: «L'exclusion tue». Puis un autre, plus petit: «Votre don sauve». Et le logo de l'association qui est à l'origine de cette campagne d'affichage: la Fondation de l'Armée du Salut.

On peut préférer d'autres associations à celle-là. On peut évidemment juger qu'à un moment donné, pour cette cause comme pour toutes celles ayant atteint un degré réel de gravité, le caritatif et la générosité citoyenne atteignent leurs limites, ne suffisent plus, et que c'est bel et bien au politique de prendre ses responsabilités. Mais on ne peut que saluer la double pertinence de cette campagne, s'est-on dit il y a quelques jours, quand on est tombé pour la première fois sur ces affiches, dans le métro.

Pertinence de la forme du message. A un certain stade, les slogans jolis et les trouvailles de com' alambiquées n'ont plus lieu d'être. Il faut dire les choses ni plus ni moins, clairement, dans toute leur sécheresse. C'est ce qu'a compris cette campagne, et c'est ce qui fait son efficacité. On peut d'ailleurs noter qu'en France, les associations ont pris depuis un certain temps déjà le parti de ne pas se cacher derrière de jolis slogans. Voir «La précarité tue», que dénoncent de longue date des associations de malades. Voir aussi ce «Ni pauvres, ni soumis» qui était le slogan emblématique du collectif d'associations qui, l'an dernier, réclama (largement en vain) une revalorisation des allocations de handicapés.

Pertinence aussi du timing de cette campagne. Au moment où Paris célèbre, ces jours-ci, le quatrième anniversaire de l'installation, par «Les Enfants de Don Quichotte», du mémorable campement de tentes le long du canal Saint-Martin, dans le dixième arrondissement. Au moment où, comme chaque hiver à Paris et ailleurs en France, les SDF tombent comme des mouches. Au moment où l'association «Les Morts de la Rue», mardi soir lors d'une cérémonie d'hommage sur la terrasse du Forum des Halles, a rappelé ce chiffre effarant. Glaçant. L'âge moyen des 340 SDF déjà morts dans la rue en France en 2010. 45 ans.

14.12.2010

Une confirmation

tagpref.JPGLe mois dernier, sur base des nombreuses mésaventures de ce type survenues à des Parisiens et dont on avait eu vent, on s'était demandé dans ce blog (ici) si Paris n'était pas victime d'une recrudescence de vols de smartphones. La préfecture de police vient de confirmer et de chiffrer la chose. Selon une étude de la sous-direction régionale de la police des transports rendue publique hier, près d'un vol sur deux commis dans les transports de la capitale et sa banlieue concerne un portable.

«La mode des smartphones, dont le prix est élevé, génère une multiplication des cas de vols à l'arraché. Et le phénomène a encore pris de l'ampleur avec l'iPhone 4, très recherché», expliquait lundi, dans «Le Figaro», le directeur de la sécurité de proximité de Paris. Par exemple, concernant le seul mois d'octobre 2009, sur les 2723 vols dénoncés dans les transports parisiens, 1264 ont concerné des téléphones, loin devant les vols de portefeuilles (899). Parmi ces 1264 mobiles dérobés, 68% étaient à écran tactile – du modèle iPhone en majorité. Le pire est que ces vols à l'arraché s'accompagnent souvent de violences. Pour preuve, 75% des 991 vols violents recensés à Paris ce mois-là ont concerné des portables.

Mais ces chiffres doivent être pris avec des pincettes. Selon la préfecture, près d'un tiers des plaintes pour vol de téléphone portable seraient en fait mensongères: visant à faire rembourser par l'assurance un appareil ayant tout simplement été perdu. De plus, le caractère brutal allégué de ces vols n'est pas forcément toujours avéré: le vol avec violence étant la condition pour que les assurances remboursent, les propriétaires de smartphones peuvent être tentés de déclarer quelques gifles ou coups de pied imaginaires.

tagflic.jpgLes voleurs de smartphones, cela dit, sont parfois piégés. En témoigne cette anecdote lue dans la gazette des pandores parisiens. «Le 19 novembre, un homme se trouve en terrasse d’un restaurant du 19e arrondissement. Il est abordé par deux jeunes qui, détournant son attention, lui volent son smartphone. Mais à malin, malin et demi, et grâce à une application informatique, il parvient à suivre, via Internet, le déplacement de son téléphone. Il appelle aussitôt la police et guide, en direct, une équipe de la brigade anti-criminalité depuis la gare du Nord. Les policiers repèrent deux jeunes en train de manipuler un smartphone. Vérification faite, celui-ci est bien celui pisté».

Donc, s'extasient les policiers, les détrousseurs de smartphone ont été «géolocalisés par leur victime». On vit vraiment à une époque et dans un monde formidables.

10.12.2010

Un ratio

fouledanslemétro.jpgMieux vaut tard que jamais. Cela fait dix ans qu'en bon Parisien teigneux moyen, on se demande pourquoi on est si souvent insupportablement compressé dans le métro aux heures de pointe et pourquoi, année après année, cela ne s'améliore guère. On a enfin compris pourquoi. Parce que le ratio du nombre de voyageurs au m² pris en compte par les sociétés de transport pour déterminer si leurs rames sont ou non saturées est lui-même très inconfortable - outre qu'il est régulièrement dépassé.

 

Quatre voyageurs par m². Tel est ce fameux ratio. On l'a découvert dans le rapport de la Cour des Comptes qu'on évoquait avant-hier, au chapitre comiquement intitulé «Le confort des voyageurs». On y lit que «l'indicateur de confort à l'heure de pointe sur le métro concerne la part des voyageurs qui ont été transportés avec un taux d'occupation inférieur à 4 voyageurs par m², soit le seuil retenu contractuellement pour définir le niveau de saturation d'une rame». Ce document confirme aussi que «cet indicateur, (qui) a connu une certaine stabilité entre 2005 et 2008, s'est toutefois dégradé en 2009». S’est dégradé aussi bien dans le métro que dans le RER.

 

Non seulement donc cet indicateur de confort (supposé) n'est pas respecté, mais, en plus, il est vraiment très relatif.

 

Car à première vue, quatre personnes au m² , c'est certes un peu juste en termes d'espace vital individuel, mais c'est vivable. Dans les faits, cela ne l’est pas. Etant donné que, dans le métro parisien comme partout ailleurs, la foule est rarement standard.

 

fouledanslemétro2.jpgPrenez le métro de Paris à l'heure de sortie des bureaux et observez les trois voyageurs qui partagent le cher m² qui vous est si généreusement attribué. Vous verrez probablement que vous partagez cet espace vital avec, au choix, un collégien au sac à dos débordant de manuels, une personne à forte corpulence, un touriste débarqué de Roissy avec une valise énorme, un quêteur qui vous joue pour la 3000ème fois de l'année «Guantanamera» à la guitare, une mère de famille avec un bébé voire avec des jumeaux dans la poussette, un SDF ou un vigile avec son chien, et/ou un(e) fashionista, retour de shopping les bras chargés de paquets. Vous constaterez alors, physiquement, que ce taux d'occupation censé garantir votre confort, même s'il est respecté, vous impose tout de même une certaine promiscuité.

 

Mais sans doute ce touche-touche permanent, ce serré-collé incessant, fait-il partie des charmes du métro de Paris. Comme d’ailleurs celui des transports publics de la plupart des grandes capitales du monde aux heures de pointe.

08.12.2010

Un (lent) renouvellement

Grande nouvelle, cette semaine, pour les 850.000 Parisiens et banlieusards qui utilisent chaque jour le RER B. Ils ne s'y gèleront plus (en hiver) ou n'y étoufferont plus (en été). En effet, de nouvelles rames climatisées viennent d'être mises en circulation sur cette ligne. Après tant d'années, on croit rêver. Les rames métalliques d'origine, dépourvues du moindre système de climatisation digne de ce nom, n'avaient plus été renouvelées depuis... un quart de siècle: elles datent du début des années 80. En cet hiver glacial, cela dit, les frileux devront encore prendre leur mal en patience: le programme de remplacement des 119 rames de cette ligne par le nouveau matériel climatisé ne sera achevé... qu'en 2014.

Dans le métro de Paris aussi, cela fait des lustres que l'absence de climatisation est vraiment pénible à vivre pour les usagers – quiconque a déjà voyagé, par exemple, sur la vieille ligne 4 en plein mois d'août ne nous démentira pas. Ici aussi, les choses changent (lentement). Ainsi, les nouvelles rames mises en circulation il y a quelques mois sur la ligne 12 – et qui à terme circuleront aussi sur la 5 et la 9 – sont équipées d'un système de ventilation réfrigérée innovant, qui permet de diffuser un air rafraîchi et renouvelé.

Pour ce qui concerne les nouvelles rames du RER B, elles ont été pensées pour accélérer la vitesse de circulation des trains. Ainsi, les strapontins ont été supprimés sur les paliers: ils gênaient souvent les entrées et sorties des voyageurs. Et un système lumineux permet au conducteur de localiser précisément l'endroit du train où le frein de secours a été actionné, d'où, une détection plus rapide du problème de sécurité à résoudre avant le redémarrage du train. Et ces trains eux-mêmes rouleront plus vite: jusqu'à 140km/h en vitesse de pointe.

Cette rapidité promise, ce n'est pas un luxe. Le récent rapport de la Cour des Comptes sur les transports publics parisiens (ici), aussi volumineux que sévère, l'a encore rappelé: «l’irrégularité du RER B (périmètre RATP) s’élève à 21,8 % en 2009, avec des écarts qui varient selon les tronçons, de 12,6 % à 37,1%». Sur certaines branches de cette ligne, «le plus mauvais résultat mensuel correspond à 63 % des trains retardés ou supprimés»! Sans discussion donc, ce RER B est «l’une des lignes les moins régulières du réseau» parisien.

Mais au moins, graduellement d'ici à 2014, sera-t-elle de moins en moins inconfortable. Sans doute est-ce déjà cela.

01.12.2010

Un coup de filet

Cela ressemble un peu au «Dormez, bonnes gens» qu'autrefois, on lançait pour assurer les chaumières sur le point de s'assoupir qu'aucun brigand ne rôdait dans les parages. Depuis hier soir, tous les médias ne parlent que de cela à Paris: de ce spectaculaire coup de filet international qui a été réalisé notamment grâce aux investigations menées depuis plusieurs années par la PJ parisienne. Et qui a abouti au démantèlement du réseau mafieux responsable de «trois quarts des vols à la tire commis dans le métro parisien». Après un tel tapage médiatique, sûr que, dès ce matin, les dix millions d'usagers quotidiens de la RATP se sont sentis plus en sécurité. On verra aux prochains chiffres de la délinquance dans le métro si, effectivement, le nombre de vols à la tire est en chute libre. Si ce n'est pas le cas, il faudra en déduire qu'il s'agissait avant tout d'un bon coup de communication.

Dès à présent, cela dit, il faut évidemment se réjouir du démantèlement de ce réseau, vu notamment les méthodes de sujétion atroces (lire ici, par exemple) qui étaient les siennes pour contraindre des gamins à faire les poches des usagers du métro de Paris – et d'autres capitales européennes. La révélation d'un modus operandi aussi sinistre doit d'ailleurs, rétrospectivement, faire se culpabiliser d'innombrables usagers du métro parisien. Qui, dès qu'ils apercevaient ces gamins chapardeurs – si visibles – , les dardaient habituellement d'un regard noir: plein d'hostilité. Vu le traitement immonde qui leur était réservé, et qui donc depuis hier soir est avéré, ces enfants n'étaient rien d'autre que des victimes, qui, à ce titre, auraient davantage mérité la compassion.

PS: Face à de telles misères, c'est certainement très anecdotique, mais on le note tout de même: sur son site web, à la rubrique «Actualités», la RATP ce matin ne faisait nulle mention de ce coup de filet. Sans doute cela lui ferait trop mal d'admettre enfin que, dans son réseau, a sévi pendant des années un gang ayant détroussé des millions de ses clients. En revanche, en guise d'actualités, la RATP dit tout sur la manière de... «gagner une journée avec les handballeuses tricolores» de l'équipe de France. En matière de communication comme dans la vie en général, on n'a que les priorités que l'on se donne.

04.11.2010

Une recrudescence?

iphone4.jpgAvis aux usagers de la RATP possédant un iPhone4 et ayant l'habitude de le consulter pendant leurs déplacements en métro. La dernière chose dont on parle à Paris en ce moment, c'est de la recrudescence de vols à l'arraché dont seraient victimes, dans le métro, les détenteurs de ce téléphone. Des vols qui seraient perpétrés y compris en pleine heure de pointe, sur des lignes très fréquentées et dans des trains bondés. On n'irait pas jusqu'à avancer que le vol d'iPhone4 est devenu la dernière mode à Paris: ce serait généraliser à la légère les mésaventures dont on a eu vent en tant que Parisien moyen. Mais enfin, tant de gens parlent de cela ces dernières semaines ici que, manifestement, il y a quelque chose.

 

Si l'on en croit ces racontars, le modus operandi préféré des détrousseurs d'iPhone serait le suivant. Ils aviseraient particulièrement les amateurs du dernier gadget d'Apple qui sont en train de l'utiliser alors qu'ils se trouvent à proximité immédiate des portes de la rame: assis sur un strapontin, appuyés à la main courante faisant face aux issues, etc. Puis, au moment où retentit le signal sonore avertissant de la fermeture imminente des portes, ils arracheraient le smartphone des mains de leur détenteur puis bondiraient hors de la rame juste avant que les portes se referment derrière eux – rendant donc impossible leur poursuite par leur victime.

 

Légende urbaine? La préfecture de police de Paris, en tout cas, a relancé il y a peu (ici) une «campagne de prévention contre les vols de smartphones dans les transports en commun» de la capitale. Chaque usager du métro parisien jugera, selon sa propension plus ou moins élevée à la paranoïa.

 

Reste une question. Dans le métro, s'afficher – poser? – en toutes circonstances, à n'importe quelle heure, sur n'importe quelle ligne et donc sans la moindre précaution avec, en main, un téléphone aussi cher (entre 500 et 700 euros, paraît-il) est-il forcément et toujours très sensé?