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16/07/2012

Une remontrance, cinglante

Télévision, Journalisme, Femmes, Santé, ObésitéLe Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) vient d'adresser un rappel à l'ordre à M6. Et sa remontrance est rédigée d'un ton sec, assez peu habituel venant de cet organisme.

La chaîne de télé privée est fustigée pour un programme qu'elle a diffusé cet hiver, en prime time. Intitulée «Zita, dans la peau d’une obèse», cette émission «avait pour objet de suivre une journaliste qui se mettait à la place d’une personne confrontée à l’obésité».

A l'époque déjà, le programme avait fait froncer les sourcils de responsables du ministère de la Santé. Et à raison, estime le CSA. Ce soir-là, juge-t-il, les téléspectateurs ont eu droit à «un amalgame entre obésité et hyperphagie», et à un fatras «d'images ou de témoignages susceptibles d’humilier les personnes». La chaîne aurait dû «éviter la complaisance dans l’évocation de la souffrance humaine, ainsi que tout traitement avilissant ou rabaissant l’individu au rang d’objet». En plus, elle a pris des «précautions insuffisantes pour informer les téléspectateurs sur le caractère mis en scène et médicalement encadré de cette expérience». Et elle aurait dû l'assortir d'«un discours pédagogique davantage développé»: «sur l’obésité, notamment sur les facteurs génétiques qui y contribuent».

Mais sans doute ces exigences éthiques pèsent-elles de peu de poids, face au business de l'audimat.

Et, si ça tombe, le soir de sa diffusion, «Zita, dans la peau d’une obèse» a été entrecoupé de pubs très lucratives au profit... de produits exagérément gras ou sucrés, soit ceux-là mêmes qui favorisent l'obésité. La boucle serait ainsi bouclée – assez minablement, nul besoin de le préciser.

Encore bravo.

19/07/2010

Un rejet

kfc.jpgEn cette période de départ assez généralisé à la plage, au-delà d'actualités plus fondamentales, un des sujets de préoccupation du Français moyen doit sans doute être la silhouette et, pour tout dire, les kilos superflus. Reparlons donc aujourd'hui de la lutte contre l'obésité et plus précisément des fast-foods. Car, l'autre jour, est passé assez inaperçu le rejet par le Parlement d'une proposition de restriction qui aurait pu concerner ce type de restauration

Deux députés du Nouveau Centre (l'appendice centriste de l'UMP) voulaient «instaurer une mesure très concrète pour lutter contre l’obésité, véritable pandémie du 21ème siècle». Cela concernait les écoles. Dans le prolongement de l'interdiction des distributeurs de friandises et de boissons sucrées en milieu scolaire, en vigueur depuis 2005, il s'agissait cette fois interdire l’implantation de fast-foods dans un rayon de 200 mètres autour des lieux de scolarisation. Dans les Etats américains où pareille restriction existe, elle donnerait des résultats: «le nombre des enfants obèses (y) est inférieur de 5 %» par rapport aux Etats où les fast-foods sont autorisés à proximité des écoles.

Mais cette proposition a fait l'objet d'un tir de barrage de l'UMP, et a donc été rejetée.

Ces fast-foods «s’installeront à 201 mètres» des écoles, a soupiré une députée sarkozyste . Et «la liberté d’entreprendre»?, s'est épouvanté un de ses collègues. Pour qui, de toute manière, s'agissant d'obésité, au lieu de «désigner des boucs émissaires», on ferait mieux d'«arrêter de stigmatiser» les fast-foods, «la cause principale des problèmes alimentaires de notre pays ne résidant pas là». Car en France, «notre mode de consommation n’a rien à voir avec le mode de consommation américain. Nous ne grignotons pas. Nous n’allons dans les fast-foods qu’une fois par mois. Et, lorsque nous y allons, c’est pour consommer un repas complet». De même, a assuré un député – qui avait visiblement été briefé par les lobbyistes de McDo ou de Quick –, «les fast-foods distribuent une fois par semaine des sachets de fruits!». Enfin, si une telle restriction s'appliquait aux abords des écoles, on en arriverait à terme à «interdire les fast-foods à proximité des édifices publics, des églises, etc.  Les choses pourraient devenir bien compliquées!»

mcdonalds.jpgLe ministre de l'Agriculture a applaudi à toutes ces critiques. Et fait rire l'Assemblée en relevant que, si une telle interdiction était votée, les fast-foods seraient mis sur le même pied que... les sex-shops, eux déjà prohibés aux abords des écoles. Et de conclure: «Je n’imaginais pas que (nous allions être) amenés à faire des comparaisons entre McDonald’s et sex-shops! Tout d’un coup, j’en viens à voir différemment l’enseigne «M» du McDonald’s, mais peut-être ai-je l’esprit mal tourné...»

Ha ha ha.

01/02/2010

Un (sur)poids

airfrance.jpgEn ce premier jour de février, devait normalement entrer en vigueur la pénalité financière imaginée par Air France pour ses passagers en surpoids. Pour l'achat à partir de ce lundi d'un billet pour un vol effectué à partir du 1er avril 2010, un voyageur incapable, vu son obésité, de s'asseoir dans un seul siège, payerait, s’il voyage dans un avion rempli, en plus du prix complet pour le premier siège occupé, 75 % du prix d'un second siège, soit son prix total excepté les taxes et surcharges. L’annonce de cette innovation de poids, c’est le cas de le dire, avait créé un tel émoi que la compagnie aérienne française avait dû se corriger. Elle avait soutenu n’avoir jamais eu l’idée d’obliger «les passagers à forte corpulence», comme elle dit, de payer un second siège. Au contraire, avait-elle assuré, «la seule nouveauté que la compagnie propose à compter du 1er février est, en cabine économique, si celle-ci n’est pas complète, le remboursement du second siège que le passager à forte corpulence aurait choisi d’acheter».

 

«Aurait choisi d’acheter», donc. Aurait pu acheter, aurait dû acheter? Et quid si la cabine est complète? Dès la formulation même du communiqué d’Air France, les choses restent assez obscures. Et, dans cette affaire, la compagnie peut difficilement affirmer avoir été victime d’un procès d’intention. En effet, avant que la polémique éclate, son site internet avertissait clairement les passagers dont le tour de taille est supérieur à 135 cm qu'ils avaient obligation de réserver un second siège. Ajoutant noir sur blanc que «si le vol est complet et que vous n´avez pas réservé de second siège, l´accès à bord pourra vous être refusé, pour des raisons de sécurité, si votre corpulence ne vous permet pas de vous asseoir sur un seul siège». Quand la polémique avait éclaté, Air France avait discrètement et rapidement effacé cet avertissement de son site.

 

En tout cas, si la compagnie nationale française, visiblement toujours à la recherche du moindre euro de gagné, souhaite tirer profit des passagers un peu différents des autres, quitte au passage à les stigmatiser et discriminer, on peut lui proposer de faire payer davantage, à l'avenir, les femmes enceintes, les petits vieux affublés de béquilles ou de cannes prenant trop de place, ou les passagers incontinents utilisant davantage les toilettes de l'avion que les autres. A l’inverse, les passagers anorexiques seraient théoriquement en droit de lui réclamer de payer moins cher, puisqu’ils ne touchent pas à leur plateau repas.

 

En matière de lutte contre l’obésité, en tout cas, aux velléités punitives d’Air France, on trouve plus sympathique l’initiative préventive lancée ce même jour par la mairie de Paris. Il s’agit d’une vaste campagne de sensibilisation à l’obésité infantile, émaillée d’actions concrètes comme la distribution de fruits dans les écoles. Une campagne qui, du reste, n’est pas un luxe: dans la capitale française, un enfant sur six est considéré comme étant en surpoids.

16/06/2008

Une idée

024811b4e329a650a78569235ddbff19.jpgLe bac commence aujourd’hui, avec l’épreuve de philo ce matin. Pour les très exactement 615.625 candidats bacheliers de cette édition 2008, les jours et les semaines à venir seront synonymes de stress.

 

Dans la foulée de la note de vendredi, ces deux chiffres: en France, 14,3% des enfants de 3 à 17 ans sont en surpoids et 3,5% souffrent d’obésité. Un des plus grands chefs français, le multi-étoilé Alain Ducasse, vient de lancer une idée originale. Son objectif est de mettre le bac à contribution dans la lutte contre les kilos en trop et pour la sensibilisation aux réflexes de bonne alimentation dès le plus jeune âge. Concrètement, les élèves partenaires de ce projet se verraient proposer de signer un contrat santé. Celui-ci jouerait sur deux ans. A l’issue de cette période, si ces candidats bacheliers sont parvenus à maintenir leur poids en équilibre, ils gagneraient  des points supplémentaires au bac.

 

Le grand chef va soumettre sa petite idée aux ministères de la Santé et de l’Education. Ce dernier, en attendant, a fait distribuer ce matin une barre chocolatée au quelque demi-million de candidats bacheliers planchant sur la philo, histoire de leur fournir un peu d’énergie nécessaire mais aussi beaucoup de glucides supplémentaires.

13/06/2008

Une aggravation

Les chiffres sont tombés cette semaine, et ils sont encore plus mauvais que ce qu’on redoutait. Ils émanent d’une vaste enquête médicale menée entre 2005 à 2007 auprès de 4.800 Français âgés de 35 à 74 ans, résidant dans les régions de Lille, Toulouse et Strasbourg. Et ces données le confirment sans le moindre doute: les Français sont trop gros. Et d’année en année, ils prennent de plus en plus de poids. En France, selon cette enquête scientifique, 67% des hommes et 50% des femmes sont en surcharge pondérale. Ce sont des chiffres beaucoup plus alarmants que tout ce qu’on avait imaginé jusqu’à présent. Les précédentes études, en effet, évaluaient à 30% environ la population française en surpoids. Elles chiffraient aussi à quelque 17% la prévalence de l’obésité chez les adultes. Les données publiées cette semaine rehaussent ce chiffre à 20%.

Cela dit, quand on voit ce que les Français mangent, ces chiffres n’ont rien d’étonnant. Deux illustrations.

Selon des données du ministère de l’Agriculture dévoilées récemment, entre 1997 et 2005 en France, les achats de fruits frais ont reculé de 12% et ceux de légumes de 14%. Les Français ne mangent plus en moyenne que 340 grammes de fruits et légumes frais par jour, soit même pas la dose quotidienne de 400 grammes recommandée par l’Organisation mondiale de la santé. Pour justifier leur faible consommation de fruits et légumes, les Français évoquent souvent le prix prohibitif de ces produits. C’est en partie vrai. Sur un an, les prix des fraises, des kiwis, des pommes, des asperges ou des endives ont augmenté respectivement de 4,6%, 35,7%, 5,7%, 13% et 15,7%. Mais, dans le même temps, le prix d’autres produits frais ont baissé: les carottes (-5,8%), les concombres (-15,3%) ou les tomates (-5,6%). Et, comme le rappelait l’autre jour une professionnelle du secteur, le produit le plus cher n’est pas toujours celui qu’on croit: «Avec un kilo de cerises à 5 euros, vous avez un dessert pour cinq ou six personnes. C’est moins cher que la majorité des produits de l’industrie agroalimentaire» - qui eux sont en majorité trop gras et trop sucrés.

En outre, en rue, les tentations de malbouffe se multiplient. Dans n’importe quelle grande ville de n’importe quel grand pays du monde, ou presque, vous trouverez sans trop de difficultés des pommes, des bananes ou des produits laitiers dans les distributeurs automatiques installés sur la voie publique. En France, en revanche, la plupart de ces distributeurs ne proposent encore que des friandises ou des boissons qui toutes font invariablement grossir. Jusqu’à la caricature. Il y a quelques mois (relire ici), des distributeurs automatiques de frites ont vu le jour dans le Nord-Pas de Calais et dans certaines stations balnéaires du Languedoc-Roussillon. A présent, c’est un autre type de distributeur qui semble faire fureur, en banlieue parisienne cette fois. On en trouve déjà à Levallois-Perret (Hauts de Seine) et à Aubergenville (Yvelines). Et on en trouvera demain à Bagneux et à La Garenne-Colombes (Hauts de Seine). Des distributeurs à… pizzas! Ces automates sont baptisés «Pizza’Lib», comme «Vélib’». Et ils préparent des pizzas en en 3 minutes, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.

Bienvenue au pays de la grande gastronomie.

26/09/2007

Un comble

137dac7ce19cfe411284c9b00a5690f8.jpgC’est vraiment un comble, cela. La même semaine où une étude montre que les Français mangent de moins en moins de fruits, de légumes et de poissons – parce qu’ils trouvent que ces produits sont devenus trop chers –, on apprend qu’ont fait leur apparition en France… les distributeurs automatiques de frites!

 

Des distributeurs de ce type ont récemment été installés dans le Nord-Pas de Calais (dans les villes de Valenciennes, Cambrai et Anzin particulièrement) ainsi que dans le Gard (au Grau-du-Roi). Fabriquées en Espagne et commercialisées en France par une société bretonne, ces machines proposent des barquettes de 150 grammes de frites cuites en 120 secondes dans de l’huile chauffée en continu. La barquette, évidemment, est livrée avec la dose ad hoc de mayonnaise.

 

Selon les statistiques officielles, plus de 20 millions de personnes en France sont actuellement en situation de surpoids, dont 6 millions peuvent être considérées comme obèses. La situation française est particulièrement préoccupante en ce qui concerne l’obésité infantile. En la matière, estiment les plus grands spécialistes, l'Hexagone pourrait avoir rejoint le niveau des Etats-Unis en 2020.

 

Ah oui, ce détail encore. Les statistiques en matière d’obésité montrent des disparités régionales: des zones comme le Nord et le Languedoc sont plus touchées par ce fléau que d’autres. Tiens, quel merveilleux hasard, il s’agit précisément des régions où ces distributeurs automatiques de frites ont vu le jour.

 

Que fait Roselyne Bachelot, ministre de la Santé paraît-il?

26/09/2006

Un «dérapage»?

medium_aff_avida_une.jpgOn a beaucoup vu cette affiche ces derniers temps sur les grands boulevards parisiens. Elle présente, en gros plan stylisé, un ventre d’obèse. C’est l’affiche du dernier film de Benoît Délépine et Gustave Kervern, «Avida».
Ce film a été généralement plutôt bien accueilli par la critique. Le Bureau de vérification de la publicité (BVP), l’organe qui veille en France à «l’autodiscipline publicitaire», vient cependant, dans son dernier avis, de foudroyer ses réalisateurs et producteurs.
Selon lui, en effet, cette représentation de la nudité, même si elle «peut sans doute être présentée par certains comme esthétique», constitue un «dérapage». Car «la question de la stigmatisation des personnes en surpoids se pose de façon de plus en plus aiguë» en France. Et car «la représentation en affichage et en gros plan d’un bas ventre et donc d’un pubis pose clairement un problème de décence». Le BVP, à cet égard, dit charitablement sa compassion à tous les «passants ébahis» à qui l’affiche a été infligée.
Cet avis ne calmera pas le vieux débat autour de la pudibonderie prêtée au BVP, qui s’est déjà illustré dans le passé par ses condamnations de campagnes de publicité pour de la lingerie féminine.
Il serait peut-être plus utile et/ou neuf de s’interroger sur la croisade un peu à deux vitesses menée par cet organe en faveur de la protection de minorités tournées en dérision par des camelots en mal d’inspiration.
Il n’y a pas si longtemps, en effet, le BVP a laissé diffuser sur toutes les chaînes télévisées de France, et ce pendant des semaines, une pub effarante pour une marque de voiture. Elle présentait un transsexuel de manière particulièrement caricaturale et mettait sur le même pied une opération de changement de sexe et l’échange d’un produit de grande consommation.
Mais cette campagne, sans doute, ne constituait pas un «dérapage».
B.DL.

19/09/2006

Une bêtise de poids

medium_04_39_09_646123000_00788193.jpgLes Français ont donc grossi. Selon une enquête publiée ce matin, portant sur le poids et la taille de 20.000 foyers, on dénombre 12,4% d’obèses dans le pays, soit 9% de plus qu’en 2003. L’obésité morbide, qui met le plus en danger la santé des patients, progresse elle aussi. Elle touche 0,8% de la population. «Cela veut dire que vous avez en France 400.000 personnes qui, pour une taille moyenne de 1,65m ou 1,70 m, pèsent entre 110 et 120 kilos», commentait ce matin un nutritionniste affolé.
On n’a pas été trop étonné à la lecture de ces résultats. Pour constater cette évolution ces dernières années, il suffisait d’un peu ouvrir les yeux dans la rue, de voir ce que les gens mangent au restaurant, ou d’avoir régulièrement fréquenté les piscines publiques de Paris.
Hier soir, en revanche, on a été littéralement effaré en regardant le «Soir 3». Ici aussi, il était question de masse graisseuse, mais dans le sens inverse. On y parlait de la polémique sur les mannequins trop maigres écartés d’autorité des podiums des défilés de Madrid, ce week-end.
Karl Lagerfeld était l’invité de Marie Drucker. C’était une bonne idée. Mais l’homme affichait la moue boudeuse de la starlette qui râle d’avoir vu sa soirée gâchée par un plateau télé qui l’ennuie. Du coup, plus hautain que jamais, il a d’emblée assassiné le «politiquement correct» qui, selon lui, est à l’origine de la décision madrilène. Et, se la jouant très grand artiste incompris et censuré par la bêtise des profanes, a décrété que si cette attitude avait été de mise à l’époque, il n’aurait jamais pu, dans les années 80, lancer Inès de la Fressange.
Pas un mot sur ces mannequins décharnés, blafards et cernés. Pas un signe de compassion pour la souffrance physique et mentale de tous ces ados qui se laissent mourir de faim. Pas une allusion à l’éthique dans le business de la mode. Son propos et son attitude étaient insupportables de suffisance et d’égoïsme.
B.DL.