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17/03/2016

Un "retour d'expérience"

Le Bataclan et ses alentours interdits d'accès par les policiers, ce matin. Sans que, pour autant, ce quartier du onzième arrondissement soit complètement bouclé, comme les médias français le prédisaient en boucle, ces dernières vingt-quatre heures. Pour preuve, la circulation automobile sur le boulevard Voltaire n'a pas été interdite.Les riverains apprécieront certainement ce dispositif policier mesuré, eux qui n'en peuvent plus, depuis quatre mois, de voir leur vie quotidienne perturbée par les suites des attentats.

Cette agitation du jour, au Bataclan, est due à la venue des parlementaires qui composent la commission d'enquête mise en place à l'Assemblée nationale. Leur visite des lieux n'est bien sûr en rien une reconstititution, dans le sens judiciaire du terme: c'est l'apanage de la justice, et non du pouvoir législatif. En revanche, ces élus ont tenu à se rendre physiquement sur le théâtre de la tuerie, pour mieux appréhender ses circonstances ainsi que la manière dont les autorités l'ont gérée, le soir du 13 novembre (intervention des unités d'élite, gestion du périmètre de sécurité, prise en charge des blessés, etc.).

Terrorisme, Paris, Sécurité, Institutions, ParlementLa commission parlementaire, en effet, a pour mission, non d'enquêter sur les faits, leurs auteurs et leurs complices – c'est l'objet des enquêtes pénales en cours –, mais de dresser un "retour d'expérience": de tirer les leçons de ce qui a été bien ou mal fait, en ce terrible soir du 13 novembre (voir , par exemple). Puis, de tout mettre en oeuvre pour que, si de telles tueries se reproduisent, elles soient gérées de la manière la plus optimale possible.

Etant entendu qu'il semble faire peu de doutes que, dans une ville française ou l'autre, à un moment ou à un autre, dans une configuration ou l'autre, des actualités similaires se reproduiront – et la France, en la matière, n'est bien sûr pas le seul pays concerné.

11/02/2016

Une collision douloureuse

Le projet de révision constitutionnelle adopté en première lecture hier, par les députés. A une majorité assez large, mais le fameux article relatif à la déchéance de nationalité pour actes terroristes, lui, est passé vraiment ric-rac: avec 14 voix d'avance seulement, sur quelque 300 votants. Cela promet, pour la suite du parcours parlementaire de ce texte.

Dans cette affaire de nationalité, il est frappant de constater combien, dans de nombreux cas, l'histoire personnelle et familiale vient entrer en collision avec l'histoire de la République en train de s'écrire. Un choc douloureux, qu'ont notamment exprimé trois élus, pour ne citer qu'eux, ces derniers jours.

Ainsi, ce député centriste (ici) qui, à la tribune de l'hémicycle, a peiné à retenir ses larmes. A l'évocation de son grand-père. Lui aussi député, qui avait voté contre les pleins pouvoirs au maréchal Pétain (grand utilisateur de la déchéance de la nationalité) et qui, parce qu'il était dans la Résistance, était «qualifié de terroriste, par l'occupant nazi». Ou cet autre élu (), lui eurodéputé sarkozyste, qui, sur un plateau de télé, brandit une copie d'un décret publié au Journal officiel en 1941, sous Vichy. Le décret qui priva de sa nationalité son grand-père, amiral dans les Forces françaises libres. Ou encore ce député socialiste (ici), descendant d'une famille ayant, en 1957, «fui l'Egypte parce que juifs». Et dont la propre mère fut longtemps apatride, «avant d'être naturalisée française, comme toute la famille».

Rarement avait-on vu autant d'élus, dans un laps de temps aussi court, évoquer d'une telle manière leur histoire personnelle.

Signe que, au-delà des stratégies parlementaires, des postures politiques et des clivages traditionnels, ce projet de réforme se distingue vraiment des autres. Car il ravive des souvenirs, rouvre des plaies, remue les âmes. Et remet en lumière les complexités de l'histoire nationale.

Ce que François Hollande et Manuel Valls, à l'évidence, n'avaient pas mesuré.

10/02/2016

Une «hauteur» de vues, vraiment ?

Institutions, Langue française, Gouvernement, Parlement«Etre à la hauteur». C'est ce que Manuel Valls ne cesse de réclamer à la classe politique, depuis les attentats du 13 novembre. Il le fit encore en boucle tout au long du débat parlementaire qui, ce mercredi, se conclut (provisoirement) par le vote des députés (en première lecture, seulement) sur le projet de révision constitutionnelle (déchéance de la nationalité pour les condamnés pour terrorisme, etc.) . Mais, dans le camp même du Premier ministre, on n'est pas toujours «à la hauteur». Deux exemples, issus des échanges que les députés ont eus cette semaine, à propos de ce cette réforme.

D'abord, les quolibets, dignes d'une cour d'école, que deux députés socialistes ont lancés à un de leur collègue sarkozyste. Qui venait de nuancer de la sorte «l'état de guerre» sans cesse invoqué par Manuel Valls, pour justifier ce texte: «La guerre étrangère désigne les conflits entre États-nations, auxquels nous ne sommes pas confrontés actuellement, grâce à Dieu». Sacrilège: invoquer le divin (fût-ce en une tournure de phrase très commune en langue française) dans le temple républicain de la laïcité qu'est l'Assemblée. Cela lui a valu des «Calotin!» et autres «À bas la calotte!».

Ensuite, la réplique qui a été faite à un autre député de droite, qui, lui, faisait l'analogie entre ce texte de loi et «un mauvais film, dont le titre est "Il faut sauver le soldat Hollande"». Puis prévenait le chef du gouvernement: «Ne comptez pas sur moi ni sur un nombre important de parlementaires de droite et de gauche pour être les figurants de ce film». Le chef de file des députés PS, piqué au vif, lui a lancé: «Il y a les soldats et les planqués, Monsieur!», «Planqué!».

Réduire ses contradicteurs à des tire-au-flanc. A des déserteurs, en somme. A des traîtres à la patrie, donc – alors même que l'on parle de déchéance de la nationalité. Outre que ce n'est pas «à la hauteur», le recours à de tels arguments d'autorité a un nom, et il est particulièrement malvenu, dans le contexte. Puisque ce n'est rien d'autre que du terrorisme intellectuel.

Encore bravo.

18/02/2015

Un pataquès, divertissant

Gouvernement, Communication, Parlement, EconomieGros bug de com', décidément, commis hier par le cabinet du ministre Emmanuel Macron. Si par extraordinaire vous n'en aviez pas entendu parler – l'affaire a fait beaucoup jaser, pendant toute la journée.

Au moment même où, à l'Assemblée nationale, Manuel Valls constatait qu'il n'avait pas de majorité pour voter la grande loi de son ministre de l'Economie, le cabinet de celui-ci envoyait un communiqué de presse à toutes les rédactions, communiqué... se félicitant du vote de ce texte. «Emmanuel Macron salue la qualité et l’intensité du travail parlementaire qui a permis l’adoption du projet de loi», se réjouissait-il.

Ce cocorico si prématuré, factuellement erroné, et politiquement très déplacé est parvenu vers 10h50, dans les boîtes électroniques des journalistes. Il a tout de même fallu plus d'1/2 heure pour que, à Bercy, quelqu'un se rende compte de la bévue, et corrige le tir. Un communiqué «RECTIFICATIF» est parvenu vers 11h30 aux rédactions.

On imagine l'énervement du ministre, l'engueulade qu'il a dû prendre de la part du chef du gouvernement, et, par conséquent, le savon monumental qui été passé à la petite main qui, au service de com' de Bercy, a malencontreusement envoyé cette communication ministérielle intempestive à tous les médias de France.

Tous nos remerciements à l'intéressé(e), néanmoins. Pour ce pataquès de com' qui fut l'unique moment de divertissement d'une journée très laborieuse.

02/12/2014

Un texte dangereux?

La fin de l'après-midi et la soirée pourraient être chaudes, ce mardi à Paris. Quelques heures après le vote, par les députés, de la résolution invitant l'exécutif à reconnaître la Palestine. Au moins 130 pays dans le monde ont déjà approuvé un tel texte, mais la chose prend une dimension particulière en France. Et pour cause: l'Hexagone accueille à la fois la population de confession musulmane la plus nombreuse d'Europe, et la troisième plus importante communauté juive au monde (après Israël et les Etats-Unis).

Selon certaines sources, le vote des députés pourrait être rapidement suivi par des rassemblements inopinés – donc interdits, car pas déclarés préalablement aux autorités. Ces attroupements seraient notamment le fait d'organisations de jeunesse sionistes ultras (Ligue de défense juive, Betar, etc.). La semaine dernière, déjà, à l'appel notamment de ces groupuscules, une manifestation tendue s'était déroulée à proximité du Parlement. Drapeaux israéliens noués autour du cou, les manifestants avaient brandi des pancartes hostiles à «une résolution qui encourage les terroristes». Plusieurs journalistes et photographes, pris à partie, insultés et menacés par des manifestants, avaient été contraints de quitter les lieux. Le même jour, dans le camp adverse cette fois, un rassemblement s'était tenu en faveur d'«un Etat palestinien dans tous ses droits». «Palestine vivra, Palestine vaincra», «Nous sommes tous des Palestiniens», avaient scandé les manifestants.

Ce texte va «jeter de l'huile sur le feu» entre les communautés, en France même: c'est le cri d'alarme qu'a lancé, ce matin, un dirigeant d'une association de lutte contre l'antisémitisme. Cela a aussi fait partie des arguments qu'ont dit et répété les opposants au texte, lors du débat parlementaire. Cet après-midi, les députés n'en approuveront pas moins la résolution, et très largement. Il faudra donc rester attentif à ses éventuelles répercussions sur le terrain, et notamment sur le terrain parisien. En effet, dans certains quartiers de la capitale française (du côté du 19e arrondissement, par exemple), les relations intercommunautaires sont déjà extrêmement tendues.

27/11/2014

Un progrès, mais très incomplet

Femmes, Institutions, Parlement, Histoire, Personnalités, MédiasNeuf femmes. L'Assemblée nationale qui, il y a quarante ans jour pour jour, examina la loi Veil sur la dépénalisation de l'IVG comptait en tout et pour tout, dans ses rangs, neuf femmes. Siégeant aux côtés de 481 hommes – l'Assemblée n'avait à l'époque que 490 sièges (contre 577, aujourd'hui). Simone Veil elle-même estima, un jour, que cette si criante inégalité homme-femme qui caractérisait alors la représentation nationale n'avait pas peu contribué au caractère extrêmement tendu – et agressif à son égard – des débats parlementaires à propos de cette loi. «Ils voulaient se payer une femme...», confia-t-elle jadis, lors d'une interview télé.

Plusieurs médias, hier, ont rediffusé ce passage de son interview. Tout comme, en boucle et pendant toute la journée, ils ont insisté sur ces seules neuf députées qui, à l'époque, siégeaient dans cette Assemblée si mâle – et si âgée et blanche, ajoutera-t-on.

Si ces mêmes médias avaient voulu être parfaitement complets, s'ils s'étaient montrés soucieux de ne pas risquer de donner l'impression qu'il s'agit d'une ère sexiste désormais complètement révolue, ils auraient pu signaler, au passage, quelle est la part de femmes que compte, aujourd'hui, le Parlement.

A l'Assemblée, elles sont 155. Pour 422 hommes. Au Sénat, elles sont 87. Pour 261 hommes.

Femmes, Institutions, Parlement, Histoire, Personnalités, MédiasDes progrès ont donc été accomplis, en la matière.

Ce qui n'empêche pas que, quarante ans après le vote de la loi Veil, la représentation parlementaire française reste très majoritairement mâle – et âgée, et blanche, ajoutera-t-on. Puisque, en gros, elle est à 75% masculine.

Mais dans quarante autres années, qui sait, ce sera la parité.

21/11/2014

Une grande fatigue, visiblement

Parlement, Institutions, Gouvernement, Personnalités, Histoire Les vacances de Noël approchent tout doucement et c'est heureux, car, au Parlement, certains commencent à fatiguer, visiblement. Du moins, s'il faut en juger aux arguments à l'emporte-pièce qu'ont brandis deux élus UMP, ces derniers jours.

Ainsi, hier, un député sarkozyste a carrément comparé la carte de la France telle que veut la redessiner François Hollande à celle, jadis, ... du maréchal Pétain. C'était lors du débat sur la réforme territoriale: le fameux projet de réduire le nombre de Régions que compte l'Hexagone. L'homme prône la réunification de la Bretagne dans ses cinq départements historiques, grâce au rattachement de la Loire atlantique et de sa capitale, Nantes – aujourd'hui dans la Région Pays de Loire. Mais tel n'est pas le projet du gouvernement. Il «confirme la décision de Vichy!» a, dès lors, tonné ce député UMP, jeudi. Historiquement, c'est effectivement sous Vichy, en 1941, que furent créés les Pays de la Loire. Mais politiquement, évidemment, un tel rapprochement, hier, a fait scandale. Dans l'hémicycle, le tumulte suscité par ce «raccourci historique» et ces propos «abjects» a été tel qu'il a fallu suspendre la séance quelques instants, pour que le calme revienne.

Vendredi, déjà, un élu UMP avait dérapé, au Sénat cette fois. Il s'agissait, là, des obligations et contrôles imposés aux parlementaires, dans le cadre de la moralisation de la vie politique: les déclarations de patrimoine et d'intérêts qui leur sont exigées, etc. Au moins quatre sénateurs et députés UMP sont dans le collimateur de la justice, à cet égard. Ils sont soupçonnés de n'avoir pas déclaré des avoirs détenus à l'étranger. Vendredi, leur collègue sénateur s'est emporté contre cette entreprise de transparence et de moralisation, mettant en garde qu'elle... ne «tombe dans un régime de Gestapo!»

Parlement, Institutions, Gouvernement, Personnalités, Histoire Vichy, la Gestapo.

Autant, bien sûr, l'on peut toujours, parfaitement, et ô combien critiquer l'action de la majorité Hollande-Valls, autant en arriver à de tels arguments historiques, aussi crétins, cela doit vraiment être le signe d'une très grande fatigue nerveuse.

 

PS: Et, charitable, l'on ne s'étendra pas outre mesure sur le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan. Qui a suggéré hier... de rouvrir le bagne de Cayenne, pour y enfermer les jihadistes revenus d'Irak ou de Syrie. Ces pauvres hommes politiques ont vraiment grand besoin d'un peu de congé.

19/11/2014

Une erreur, si improbable

Institutions, Gouvernement, Parlement Manuel Valls n'en a décidément pas fini, avec les parlementaires socialistes. On l'a encore vu hier après-midi, à l'Assemblée nationale.

Déjà, depuis sa nomination à Matignon, le Premier ministre était confronté aux états d'âme des députés PS «frondeurs». Qui, fâchés avec sa ligne social-libérale, s'abstiennent lors du vote de chaque texte important. Hier encore, sur le projet de budget 2015, 37 de ces députés – soit, en gros, un cinquième des effectifs socialistes à l'Assemblée, ce qui n'est tout de même pas rien – se sont abstenus. Mais voilà qu'en plus, à présent, l'hôte de Matignon doit compter avec... les députés PS étourdis.

Pour preuve, hier, deux socialistes ont malencontreusement voté contre ce projet de budget, alors qu'ils comptaient l'approuver. Les votes ne pouvant plus être modifiés après la clôture du scrutin, leurs suffrages sont définitivement perdus, pour le gouvernement. Tout au plus, pour la forme, les apparences seront sauvées grâce aux dispositions du règlement de l'Assemblée relatives aux opérations de vote (voir ). Elles permettent que le détail nominatif des votes, qui figure dans les annales de l'Assemblée, soit «accompagné de mises au point lorsqu’un député s’est trompé sur le sens du vote qu’il souhaitait émettre, ou lorsqu’il n’est pas parvenu à émettre son vote par erreur de manipulation».

Au passage, autant par principe l'erreur est humaine, autant, en l'occurrence là, dans des circonstances aussi solennelles et pour des textes législatifs aussi importants, on a vraiment dû mal à imaginer comment il est possible de se tromper carrément de suffrage.

Institutions, Gouvernement, Parlement Quand les députés ne votent pas à main levée, par «assis et levé» ou à l'aide d'une urne placée soit sur la tribune des orateurs, soit dans un salon contigu à l'hémicycle, ils le font grâce à un petit boîtier électronique situé devant leur pupitre. Ce boîtier comprend en tout et pour tout trois boutons poussoirs: vote pour, vote contre, abstention. Ce qui, en termes de compréhension intellectuelle et de manipulation technique, ne paraît tout de même pas la mer à boire.

Encore bravo, donc.

28/05/2014

Un règlement plus strictement appliqué?

Le règlement d'ordre intérieur de l'Assemblée nationale va désormais être appliqué avec plus de sévérité. C'est le président de l'Assemblée qui l'a annoncé aux députés, hier après-midi, lors de la séance de questions d'actualité au gouvernement. Qui, une fois de plus, a été agitée    normal: ces séances étant les seules retransmises à la tété, les parlementaires aiment s'y faire remarquer, pour capter l'attention du téléspectateur/électeur moyen.

Si cette mise en garde est suivie d'effets, les députés qui chahutent trop recevront systématiquement un courrier de rappel à l'ordre émanant du président. Dès la première récidive, ils seront sanctionnés. Sur base de l'article 71 du règlement de l'Assemblée. Il punit "tout député qui se livre à une mise en cause personnelle, qui interpelle un autre député ou qui adresse à un ou plusieurs de ses collègues des injures, provocations ou menaces". Et permet de priver le contrevenant, pendant un mois, du quart de son indemnité parlementaire.

Hier, la menace d'une telle sanction a été spécifiquement brandie contre deux députés. Le premier, socialiste, avait tempêté quand un de ses collègues sarkozystes avait fustigé la France, "pays merveilleux,où des allocations et aides sociales de toute nature permettent d’aller faire la guéguerre, en Syrie ou ailleurs" (allusion à la famille du tueur toulousain Mohamed Merah, soupçonnée d'être partie faire le jihad en Syrie). Le second député menacé de sanction, lui étiqueté UMP, avait raillé ("Blabla!") Manuel Valls alors qu'il était en train de promettre des baisses d'impôt. Et avait vivement réagi ("C'est insultant!") quand le Premier ministre avait estimé que "chacun s’honorerait" à ne pas faire du Parlement un lieu de "débat absurde et caricatural"

"Je n’accepte plus ces cris dans l’hémicycle! J’appliquerai maintenant le règlement à la lettre!", a lancé le président de l'Assemblée aux perturbateurs. Avec une irritation réelle: cela fait des mois qu'il recommande aux députés le calme et la dignité, a fortiori lors des séances qui sont télévisées. En vain.

On est curieux de voir si son coup de sang va changer quelque chose au ton général des débats. A priori, on en doute un peu.

24/04/2014

Une erreur, mémorable

Puisqu'on évoquait hier le vote par le Parlement de la loi sur le «mariage pour tous», il y a un an jour pour jour, cette anecdote de coulisses qui, à l'époque, fut assez peu rapportée par les médias français. Et dont les protagonistes ont bien veillé à ne pas se vanter. Le 23 avril 2013, la «loi Taubira» fut approuvée y compris par... des députés sarkozystes qui, pourtant, avaient défilé en tête de manifs anti-«mariage pour tous».

Les annales parlementaires de l'époque en témoignent. Au moment fatidique, 6 des 196 députés de la droite UMP ont voté le texte. Parmi eux, l'ancien ministre Luc Chatel et, surtout, l'ex-conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, Henri Guaino. Qui, tout au long du débat fiévreux ayant précédé le vote, avait été un des plus violents pourfendeurs du «mariage gay». Pourquoi, dès lors, un tel vote positif? On trouve l'explication dans les registres officiels de l'Assemblée ().

En marge de l'énumération des votants, pour ou contre, au sein de chaque groupe parlementaire, figure une «mise au point», relative à quelques députés. Elle précise que Luc Chatel et Henri Guaino notamment, «qui étaient présents au moment du scrutin ou qui avaient délégué leur droit de vote, ont fait savoir qu'ils avaient voulu voter contre». La «mise au point», toutefois, ne vaut que pour la forme. En effet, en vertu du règlement de l'Assemblée, «aucune rectification de vote n'est admise après la clôture du scrutin». Dès lors, le duo est considéré à jamais comme ayant voté ce projet de loi.

Appuyer sur le mauvais bouton, au moment du vote solennel d'un texte aussi emblématique: encore bravo.

29/01/2014

Une sanction, mais pas l'autre

Femmes, Elections, Institutions, Parlement, GouvernementLarge approbation hier après-midi, à l'Assemblée, du projet de loi sur l'égalité entre les hommes et les femmes. «Une grande loi de progrès», dixit la gauche. «Un texte fourre-tout», minimise la droite – il est vrai qu'il traite aussi bien du congé parental que de l'égalité professionnelle, des pensions alimentaires, des stéréotypes sexistes, des mini-Miss ou de l'IVG. Nombre de députés sarkozystes, toutefois, ont voté avec la majorité. Parmi eux, la candidate UMP à la mairie de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet, ainsi que les ex-ministres Valérie Pécresse et Nicole Ameline.

Un point de ce texte concerne la parité hommes-femmes dans les assemblées. La France n'en est à peu près nulle part: on ne compte que 22% de femmes au Sénat et 27% à l'Assemblée. Dès lors, le texte voté hier double la pénalité financière infligée aux partis ne respectant pas la parité aux législatives. Ces amendes, déjà, ne sont pas minces. L'an dernier, par exemple, elles ont privé l'UMP de près de 4 millions d'euros de financement public.

Pendant la discussion parlementaire, les députés Verts ont essayé de muscler ce volet du texte. Ils ont proposé de pénaliser une deuxième fois les partis. Sur base, cette fois, non du genre des candidats qu'ils présentent aux législatives, mais de la composition de la représentation parlementaire issue de ces scrutins. Dans cette optique, seraient une deuxième fois sanctionnés les partis qui comptent exagérément plus d'élus que d'élues. Le gouvernement et la majorité socialistes, cependant, ont refusé d'aller aussi loin.

«Ce ne serait pas le choix fait par les partis qui serait sanctionné, mais celui que font les électeurs. Cela pose trop de problèmes d’ordre constitutionnel», ont-ils justifié. «Le juge constitutionnel estime que ce serait en quelque sorte venir contrarier la liberté de choix des électeurs», a renchéri la ministre des Droits des femmes. Les Verts ont dû s'incliner, mais ils ont peu apprécié. A les en croire, «la parité ne sera jamais effective dans les assemblées» si on continue à uniquement sanctionner son non-respect au niveau des candidats présentés par les partis. Puisque, très souvent, «les partis continuent à proposer aux candidates de se présenter dans des circonscriptions qui ne sont pas gagnables»....

En sortira-t-on un jour?

17/09/2013

Un si piètre niveau

Cet après-midi, le Parlement français adopte définitivement la grande loi sur la transparence et la moralisation de la vie publique, séquelle de l'«affaire Cahuzac»: ce ministre socialiste déchu au printemps, pour détention de comptes bancaires non-déclarés à l'étranger. Le débat parlementaire sur ce texte n'a pas toujours volé très haut.

Ainsi, la semaine dernière, quand le député FN et ex-avocat Gilbert Collard – un fort en gueule – est monté à la tribune. Après avoir raillé une «prestidigidation» («Vous transformez une faillite morale –l’affaire Cahuzac– en une entreprise de moralisation. Chapeau! Cela vous permet, une fois encore, de nous faire la leçon alors que vous êtes dans le camp du fautif!»), il s'est référé à l'«affaire Strauss-Kahn»: «J’en arrive à me demander si, dans le cas où un député aurait déclenché un incendie, vous n’auriez pas fait voter une loi exigeant la présence d’extincteurs chez chaque député. Ou encore, dans le cas où Dominique Strauss-Kahn aurait encore été député, si vous n’auriez pas fait voter une loi de moralisation de la vie sexuelle imposant aux députés de sexe masculin d’absorber régulièrement des doses de bromure».

Tollé dans l'hémicycle. «C’est affligeant!», «Lamentable!», «On est à l’Assemblée nationale, ici, enfin!», a-t-on hurlé, sur les bancs socialistes. Plus calmement, le ministre des Relations avec le Parlement a renvoyé les lepénistes à leurs propres expériences peu reluisantes, dans les mairies qu'ils eurent à gérer: «Il me semble que ce qui s’est passé lorsque vos amis ont eu la gestion de quelques collectivités locales aurait dû vous amener à être un peu plus mesuré dans vos leçons de vertu». Ce à quoi Gilbert Collard a répondu par une nouvelle allusion à DSK: «On n’a violé personne!»

Jusqu'au bout, donc, l'outrance. Il nous coûte de risquer de donner l'impression de défendre l'homme du Sofitel, mais, que l'on sache, à ce stade, Dominique Strauss-Kahn n'a été ni jugé, ni, et encore moins, reconnu coupable de viol, que ce soit à New York, à Paris ou à Lille.

24/10/2012

Une autorisation, bucolique

Puisqu'on évoquait l'Assemblée nationale dans ce blog hier, cette autorisation qu'a donnée son nouveau président, le socialiste Claude Bartolone. Un feu vert certes infiniment anecdotique, mais néanmoins joliment bucolique. L'accord que, sur le toit du Parlement, l'on installe... des ruches.

La demande avait été faite par un député UMP, dont le suppléant est lui-même apiculteur. Pour ce parlementaire, ce faisant, «la représentation nationale, montrant comme il se doit l’exemple, participerait concrètement à la protection d’une espèce en difficulté et pourtant essentielle à la conservation de la biodiversité»: les abeilles. Ce sera donc chose faite.

L'histoire ne dit pas si ce miel provenant d'un Parlement désormais majoritairement à gauche sera, ou non, accessible à toutes les bourses. S'il sera, par exemple, plus abordable qu'un autre nectar issu lui aussi de toits parisiens fameux: le miel de l'Opéra Garnier.

Qui, à 15€ les 125 grammes, doit être le miel le plus cher et le plus chic du monde. A ce prix-là, il peut bien être bon.

23/10/2012

Un avantage maintenu

Presse, Médias, Journalisme, Parlement, EconomieLe volet recettes du projet de budget 2013 en cours d'adoption, aujourd'hui, par les députés. Avec 20 milliards d'impôts et de charges imposés aux particuliers et aux entreprises. Dans le cadre de cet effort général d'austérité, le gouvernement a sabré dans nombre de «niches fiscales» – ainsi que l'on appelle, en France, les exonérations fiscales, abattements, etc. Mais la «niche» bénéficiant aux journalistes, elle, cette année encore (relire ici), a été épargnée. Ils pourront donc continuer à déduire 7650€ de leurs revenus, au titre de l'«allocation pour frais d'emploi».

Au Parlement, une vingtaine de députés sarkozystes ont tenté de faire supprimer cette «niche», ou, au minimum, de réduire de 10% son montant. En vain. Le budget «soumet les Français à une hausse d'impôt sans précédent. Tous les Français doivent contribuer à cet effort», a-t-on justifié, sur les bancs de l'UMP. En pure perte. La gauche a refusé de toucher à cette «niche» médiatique. Argumentant que son montant n'avait pas été revalorisé depuis treize ans, et qu'il s'agissait «moins d'une aide à une catégorie professionnelle qu'à un secteur professionnel, la presse écrite: en situation très délicate, et indispensable à la démocratie», dixit le ministre du Budget. «Beaucoup de secteurs en difficulté pourraient vous dire: "Pourquoi pas nous?"», lui a répondu un député centriste.

Sur le fond de cet avantage accordé aux journalistes, on a déjà écrit (ici) ce qu'on en pensait, on ne va donc pas se répéter.

Sur l'opportunité de son maintien, on notera juste que cela a de nouveau permis à la droite d'ironiser sur les cadeaux faits par un pouvoir de gauche à une corporation journalistique présentée par l'UMP comme étant globalement de gauche – les journalistes de droite apprécieront. Au risque d'alimenter une fois de plus l'éternel soupçon, pénible, de connivence entre pouvoir et médias.

«Dans chaque niche fiscale, se cache un chien», a-t-on coutume de dire en France. A propos de ces «niches» qui, année après année, sont invariablement maintenues, le pouvoir redoutant les aboiements de leurs bénéficiaires censés féroces. «Je ne compare pas les journalistes aux chiens, mais je remarque qu'ils peuvent être, par leur plume, extrêmement mordants...», a raillé une députée UMP...

19/07/2012

Un machisme ordinaire

Cécile Duflot s'est donc pris des sifflets et des quolibets, en pleine séance à l'Assemblée nationale. Ces comportements machistes ont, une nouvelle fois (relire ici), été le fait de députés sarkozystes. Qui se sont lâchés à la vue de la robe – parfaitement décente, au demeurant – que portait la ministre écologiste du Logement.

Le compte-rendu officiel des débats (ici) fait pudiquement l'impasse sur ces dérapages. Tout au plus relate-t-il des «rires et exclamations sur les bancs du groupe UMP». Mais le confrère de l'AFP accrédité à l'Assemblée, lui, a été plus transparent (). Dès hier après-midi, l'affaire a enflammé les réseaux sociaux. Ce matin, sur une radio (), Cécile Duflot a, très dignement, trouve-t-on, tourné la page de ce si pénible incident.

Le rappeler n'est ni les minimiser, et encore moins les excuser: ces dérapages sexistes sont un grand classique de la vie parlementaire française. Pour ne prendre que ce seul exemple, la socialiste Edith Cresson en témoigna, plusieurs fois. Lorsqu'elle était Premier ministre (au début des années 90) et apparaissait en jupe dans l'hémicycle, elle se prenait régulièrement des quolibets et des sifflets. Surtout lors des reprise de séances: en début d'après-midi, vers 14h30 ou 15h, quand les députés revenaient avinés de leur pause-déjeuner.

L'homme, décidément, parfois – souvent? – , est désespérant.

09/03/2012

Un face-à-face

C'était hier soir, place de la Bastille, en marge et au terme des cortèges tenus à Paris dans le cadre de la Journée de la femme. Deux camps opposés de manifestantes ont terminé en chiens de faïence, face-à-face, se défiant avec pugnacité.

D'un côté, les féministes que l'on appelle abolitionnistes. Pour le dire vite, elles veulent voir la prostitution interdite car, selon elles, c'est le symbole par excellence de la marchandisation des corps et de l'exploitation de la femme. Selon ce point de vue, le fait qu'il y ait transaction financière entre clients et prostitué(e)s rend automatiquement impossible l'exercice libre et consenti, par les intéressé(e)s, de cette activité. De l'autre côté, des prostitué(e)s et des féministes opposées à la pénalisation du racolage et à la mise à l'amende des clients de la prostitution. Pour résumer, selon ce point de vue, il faut certes lutter contre les exploiteurs proxénètes et autres mafias du sexe, mais la liberté de disposer de son propre corps inclut l'exercice libre et consenti de la prostitution. La répression de cette activité ne fera que précariser et insécuriser encore un peu plus les «travailleurs du sexe», qui devraient être reconnus comme des travailleurs comme les autres.

Cela fait des années, voire des décennies, que le mouvement féministe français se déchire sur cette question. A Bastille hier soir, on en a eu une parfaite illustration.

Pendant les quelques dizaines de minutes qu'a duré ce face-à-face, les manifestant(e)s des deux camps ont rivalisé de slogans antagonistes. D'un côté, c'était «Ni à vendre, ni à prendre: le corps des femmes n'est pas une marchandise!». De l'autre, c'était «Où, quand, comment, combien je prends: le choix me revient, mon corps m'appartient!» Ou «Fières d'être putes!» Ou «Liberté de parole pour les travailleurs du sexe!»

Hier soir, de guerre lasse, les abolitionnistes ont fini par laisser tomber: ont laissé la place de la Bastille aux «travailleurs du sexe» et à leurs défenseurs. Leur reculade ne fait toutefois pas oublier que le camp abolitionniste a remporté une grande victoire politique, lors de cette législature qui s'achève. L'Assemblée nationale, en effet, a voté une résolution UMP-PS réaffirmant notamment que «la non-patrimonialité du corps humain est l’un des principes cardinaux de notre droit et qu’il fait obstacle à ce que le corps humain soit considéré, en tant que tel, comme une source de profit».

07/03/2012

«Une tuerie» à venir?

Toutes les télés de France, hier soir, en ont évidemment fait leurs choux gras. Les députés qui étaient présents à l'Assemblée nationale dans l'après-midi ont passé le plus clair de leur temps... à se photographier. En effet, c'était la dernière séance de la législature. Du coup, toutes celles et ceux qui ne sont pas certain(e)s d'être réélu(e)s aux législatives de juin ont hier, dans l'hémicycle, sorti leur smartphone. Pour, par précaution, immortaliser leur présence dans ces honorables travées – ce sera joli, dans l'album-photos familial.

A en croire les échos, nombre d'élus de la majorité sarkozyste ne donnent pas cher de leur peau. «Ça va être une tuerie!», aurait même confié l'un d'eux (ici) hier. Avant de prédire qu’un tiers seulement des 317 députés UMP sortants retrouveront leur siège, fin juin.

On verra. En attendant, c'est l'heure du bilan du travail législatif accompli.

Très exactement 264 lois ont été votées, ces cinq dernières années. Mais toutes sont-elles bien entrées en application? Bonne question. «Nous en sommes, à ce jour, à 88,2% des décrets d’application (des lois) publiés», s'est félicité, hier, le ministre des Relations avec le Parlement. «Il reste encore 34 mesures en instance. Au mois d’avril, nous aurons pris 90% des décrets d’application de toutes les lois votées depuis 2007. C’est le meilleur résultat obtenu par un gouvernement depuis le début de la Ve République».

Au moins ils trouveront là un motif de consolation, tous ces députés qui seront sanctionnés par l'électorat, dans trois mois. Sans doute, pour elles et eux, est-ce déjà cela.

10/10/2007

Un fatras

«Nous avons en France plus de lois que le reste du monde», constatait déjà Montaigne. Dans un pays où plus de 10.000 lois et 120.000 décrets s’appliquent aujourd’hui et où chaque année, 1000 pages de loi nouvelles sont votées, l’adage «Nul n’est censé ignorer la loi» ne correspond évidemment plus à rien. Les députés ont dès lors décidé de faire le ménage parmi quelque 126 lois et règlements considérés comme obsolètes. On trouve des petites merveilles dans ce fatras.

Ainsi:

-La loi du 26 Brumaire an IX réservant le port du pantalon aux seules femmes faisant du cheval ou du vélo et imposant à toutes les autres femmes désireuses de porter un tel vêtement de se présenter à la préfecture de police pour en obtenir l’autorisation;

-Le décret du 2 novembre 1877 permettant de poursuivre en France «tout Français qui se sera rendu coupable en Belgique de délits et de contraventions en matière forestière, rurale et de pêche»;

-La loi du 26 août 1943 autorisant l’émission de pièces de monnaie de 2 francs, 1 franc et 0,50 franc;

-La loi du 11 juillet 1906 «relative à la protection de sardines, de légumes et de prunes contre la fraude étrangère», qui interdit l’entrée en France de «boîtes de sardines étrangères d’un poids supérieur à un kilogramme»;

-La loi du 21 juillet 1932 étendant aux sirops et liqueurs de framboises, de fraises et de groseilles les dispositions de la loi sur les sirops et liqueurs de cassis;

-L’ordonnance du 24 avril 1944 limitant, «dans les zones affectées par les événements de guerre», la responsabilité des chemins de fer en cas de retard, de pertes ou d’avaries de bagages ou de marchandises;

-L’ordonnance du 16 janvier 1945 nationalisant les usines Renault ;

-Etc, etc.

Toutes ces lois sont supposées être encore en vigueur en 2007.

La France, cela dit, ne semble pas avoir le monopole du ridicule en la matière. Ainsi, seraient toujours d’application aujourd’hui aux Etats-Unis des lois interdisant de renifler dans le train, d’amener des lions dans les cinémas à Baltimore ou d’exciter les putois dans le Minnesota...

04/10/2006

Un exemple venu d'en haut

medium_CIGARETTE_651348.jpgCe matin, la mission parlementaire d’information sur le tabac remet son rapport sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Hier après-midi déjà, à l’heure où les députés s’apprêtaient à se prononcer sur le projet de loi privatisant Gaz de France, une question annexe agitait les esprits: l’annonce de la fermeture au 1er janvier 2007 du bureau de tabac de l’Assemblée nationale.
Cette décision du président de l’Assemblée, Jean-Louis Debré, ne semblait pas au goût de tous. Ainsi, tout en enfumant son entourage avec sa cigarette, le député UMP Pierre Lellouche ironisait sur la question: «Y a-t-il un domaine de la vie quotidienne qui n’ait pas encore été régulé? A quand un décret sur ce qui se passer dans les chambres à coucher?». Le centriste André Santini, président du club de fumeurs de l’Assemblée, se demandait, lui, «ce que vont devenir les 35.000 bureaux de tabacs de France si on ferme celui de l’Assemblée?» Sur le thème plus général de la cigarette dans les lieux publics, son collègue François Sauvadet (UDF) insistait sur la prévention. «Lutter contre le fumeur et faire en sorte qu’il ne fume pas dans un lieu public ne doit pas être l’unique réponse au problème du tabagisme. Il faut aussi penser à l’avenir des buralistes, qu’on leur trouve d’autres moyens d’existence».
Dans les coulisses de l’Assemblée, toutefois, les députés se bousculaient beaucoup moins pour rappeler que 5.000 personnes meurent chaque année en France du tabagisme passif.
C.G.