19/12/2012
Un feu vert
Des années que le dossier trainait dans les armoires de l'administration. Et, finalement, sans crier gare, la nouvelle vient de tomber, au débotté. Le feu vert a enfin été donné au méga-projet de restructuration de "La Samaritaine": les mythiques anciens grands magasins parisiens.
Vaste sujet, dont on a déjà pas mal parlé dans ce blog – relire notamment ici ou là. Et vaste enjeu urbanistique pour le quartier, que la reconversion de cet immense vaisseau abandonné depuis tant d'années (2005), et occupant une place centrale – pour ceux qui connaissent: tout l'îlot entre le quai du Louvre, la place de l’Ecole et les rues de Rivoli, de la Monnaie et de l’Arbre Sec.
Le dossier d'urbanisme fait miroiter «un projet visant à concilier l’équilibre économique d’une opération privée avec les enjeux économiques, sociaux, architecturaux, patrimoniaux et environnementaux de la capitale». Concrètement, le nouvel ensemble totalisera très précisément 69.284 m² de surfaces. Des commerces, des bureaux, des logements sociaux, une crèche, sans oublier un hôtel, dont l’entrée principale sera sur le quai du Louvre.
Détail qui intéressera les inconditionnels de grandioses vues parisiennes: le toit-terrasse sera accessible à tous, «grâce à un accès encadré, afin de permettre au public de découvrir le panorama exceptionnel de la Seine, de l’Ile de la Cité et de la rive gauche de Paris».
En ce qui concerne le look de cette "Nouvelle Samaritaine", le maître d'oeuvre promet que ses façades feront l’objet «d’une attention particulière et d’un traitement différencié, spécifique et adapté, entre conservation et restauration du XVIIe siècle et de styles majeurs du début du XXe siècle, et création résolument contemporaine du XXIe siècle». En tout, ce sont 460 millions d'euros qu'investira le groupe de luxe LVMH dans ce projet, dont l'ouverture est annoncée pour courant 2015.
On est bien curieux de voir cela.
11:33 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : patrimoine, urbanisme, paris, economie, luxe
06/12/2012
Un si grand homme
Dans une autre vie, on aurait sauté dans le premier taxi, ce matin. Après avoir été réveillé par la radio annonçant la mort d'Oscar Niemeyer. Le taxi, direction Roissy. Puis le premier avion pour Brasilia. Une dizaine d'heures plus tard, on aurait à nouveau poussé les portes de cette sublime cathédrale que le grand architecte brésilien y construisit, notamment. Sûr que, comme il y a longtemps, on aurait une fois de plus été subjugué par la lumière bleutée diffusée par ses vitraux. Un bleu si beau qu'il donne envie de croire en Dieu.
Plus prosaïquement, on sera attentif, ces prochains jours, aux annonces que fera le Parti communiste français. Puisque son chef, ce matin sur une autre radio, a promis qu'en hommage au Brésilien, il organiserait des journées portes ouvertes: pour que les Parisiens puissent visiter le siège de ce parti, place du Colonel Fabien, que l'on doit aussi à Niemeyer. Allez-y, si vous en avez l'occasion. Depuis son toit, on a l'impression d'être sur une vague gracieuse de béton, qui contemple la ville. Et, en son coeur, dans la salle du comité central, on ne peut qu'être impressionné par les dizaines de milliers de petites plaquettes métalliques qui ornent la voûte de son grand dôme.
En attendant, on a ressorti ce matin, du fin fond de notre bibliothèque, «Les Courbes du Temps»: la version française des Mémoires de l'architecte, qui parut chez Gallimard en 1999. Chacune de ses pages est agrémentée de croquis, touchants, du grand hommme. Qui y conte notamment ses années à Paris, ses rencontres avec Sartre, Genet, Aron ou Malraux, et son amour pour cette ville. Pour la Seine, aussi, qui revient plusieurs fois dans ses lignes. La Seine «qui coule tranquillement, indifférente à la vie et aux hommes», la Seine «avec ses bateaux et ses ponts, illuminée et miroitante comme un tableau de Monet».
11:16 Publié dans Dans la peau | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arts, architecture, personnalités, paris, patrimoine, litterature
18/10/2012
«Un saccage», selon le Front national
Le Front national s'est trouvé un nouveau cheval de bataille, dans la capitale. Où, au passage, il a toujours réalisé des scores électoraux lilliputiens. La formation de Marine Le Pen est partie en guerre, hier, contre un projet d'intervention artistique spectaculaire: visiblement trop audacieux pour l'extrême droite.
Cette installation consisterait à encadrer l'Arc de Triomphe d'une monumentale structure de tubes en inox. Cet écrin d'acier, d'une cinquantaine de mètres de hauteur et de largeur, servirait de support à la projection sur le monument, la nuit tombée, des drapeaux de tous les pays ayant participé à la Première Guerre mondiale, dont on célébrera le centenaire dans deux ans. L'installation demeurerait pendant quatre ans. Son coût (entre 14 et 23 millions d'euros) serait pris en charge par des mécènes publics et privés. Selon son concepteur, le sculpteur Vincent Treu, elle pourrait attirer quelque 18 millions de curieux à Paris, et donc rapporter des rentrées économiques considérables à la capitale. Si vous voulez avoir une idée de ce que cela donnerait, une photo ici et une vidéo là.
Pour Wallerand de Saint-Just, le patron du FN de Paris, il n'est pas question de donner «un sou d’argent public pour ce projet qui enlaidira un des monuments les plus beaux et les plus symboliques de Paris». Ce projet relèverait même du «saccage». Le FN exige que le centenaire de la Grande guerre «soit célébré plus dignement, et de façon plus économe des deniers du contribuable».
Chacun est, bien sûr, parfaitement en droit d'apprécier, ou non, ce projet d'installation.
On notera juste que si, il y a un quart de siècle, on avait écouté les arguments comme ceux du FN, Paris n'aurait jamais autorisé le sculpteur Christo à empaqueter le Pont Neuf. Or, en 1985, les images de cette spectaculaire installation firent le tour de la planète. L'intervention fut assez unanimement considérée comme étant à la fois une prouesse technique impressionnante, et un geste artistique majeur, qui renouvela le regard porté par le grand public sur le plus vieux pont de Paris. Et, pendant ses trois semaines d'existence, ce Pont Neuf empaqueté de rose attira dans la «Ville lumière» d'innombrables visiteurs, venus du monde entier pour l'admirer.
12:19 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, patrimoine, histoire, arts
10/10/2012
Une fermeture «jusqu'à nouvel ordre»
Après la piscine des Halles, qu'on évoquait l'autre jour, un deuxième site très fréquenté de Paris vient d'être fermé pour une raison technique et pour une durée indéterminée. Un site cette fois historique: les Catacombes. «Un arrêt du système de ventilation» rend ces anciennes carrières de la capitale inaccessibles depuis jeudi dernier. Manifestement, les techniciens peinent à remédier à la panne. Lorsqu'ils y seront parvenus, il faudra encore procéder à des analyses de l'air circulant dans les galeries souterraines, afin de s'assurer qu'il est de parfaite qualité, tant pour les ossements entreposés que pour les visiteurs. La direction du Musée Carnavalet, qui gère l'ossuaire municipal, ne s'avance guère sur la durée de cette fermeture: «jusqu'à nouvel ordre».
Assez curieusement, le site web «Les catacombes de Paris» n'a pas l'air de faire état de cette fermeture. On peut donc imaginer que, ces jours-ci, pas mal de visiteurs (de touristes étrangers, singulièrement) ont découvert sur place seulement qu'ils ne pourraient avoir accès au site. Au rythme de 300.000 visiteurs à l'année, cela doit faire pas mal de déçus à la journée.
Sinon, pour l'anecdote, les Catacombes de Paris attirent parfois de sacrés hurluberlus. L'a illustré l'agitation qui y a régné, cet été. Par la faute de trois fêtards, âgés d'une vingtaine d'années.
Qui, un soir de la fin juillet, passablement éméchés, n'ont rien trouvé de mieux que de pimenter leur fin de soirée en s'offrant une petite balade clandestine dans ces galeries souterraines. Evidemment, ils s'y sont complètement perdus. Six groupes de recherche, totalisant 35 policiers, ont dû être mobilisés pour les retrouver. Ce qui a pris... deux jours entiers. Le troisième jour, les trois olibrius ont fini par être localisés. Et ont pu être remontés à la surface: indemnes, mais en état de choc, et passablement penauds. Chacun a écopé de 135 euros d'amende.
11:13 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, patrimoine, histoire, tourisme, sécurité
05/10/2012
Une fermeture pour une durée indéterminée
Cela n'a curieusement fait que peu de bruit dans les médias parisiens, mais... le ciel est tombé sur la tête d'usagers d'un des lieux les plus fréquentés de la capitale, cette semaine. Et il s'en est fallu d'un cheveu, si l'on ose dire, qu'il y ait des blessés. Cela s'est passé à la piscine des Halles. L'autre jour, des morceaux de béton du plafond sont carrément tombés dans l'eau – par miracle, aucun baigneur n'a été touché.
L'âge vénérable de l'établissement serait en cause. Construite (par l’architecte Paul Chemetov) dans les années 80, dans le cadre de l’aménagement du Forum des Halles, cette piscine semble vieillir assez mal. Il y a quelques années, déjà, elle avait dû être fermée pendant neuf mois: le décollement partiel de la chape et de son carrelage avait imposé la réfection complète du fond du bassin. D’autres dysfonctionnements frappèrent ensuite l’évacuation des eaux usées et les consommations électriques.
Cette fois, c'est l'atmosphère ultra-chlorée des lieux qui aurait été à l'origine de cet effondrement de morceaux du plafond: année après année, les vapeurs de chlore auraient corrodé les fers du béton armé en constituant l'ossature.
Résultat des courses, la piscine a été fermée illico, et sine die. Plusieurs longs mois de travaux risquent d'être nécessaires, pour la remettre en état. Aucune date n'a d'ailleurs été fixée pour sa réouverture.
Voilà qui va mettre pas mal de sportifs dans l'embarras. En effet, le bassin de 50 mètres sur 20 de la piscine des Halles était le seul de cette dimension disponible dans les arrondissements centraux de Paris, les cinq autres piscines parisiennes ayant un bassin 50 mètres étant, elles, plutôt excentrées. Cela assurait l'incroyable succès de la piscine des Halles. Qui, malgré des tarifs d'entrée plus élevés que ceux des piscines municipales (elle a été concédée par la mairie au secteur privé) ne désemplissait pas. Plus d'un millier de nageurs (hors public scolaire) s'y rendaient chaque jour.
12:43 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : paris, sports, patrimoine
06/07/2012
Un indétrônable trio
Une note de saison, aujourd’hui: la première vague de départ en vacances débute ce soir. Et un trio décidément indétrônable, concernant le tourisme parisien: Notre-Dame, le Sacré-Coeur, le Louvre.
Les derniers chiffres en la matière, relatifs à la saison 2011, confirment à nouveau l’attrait que ces édifices représentent pour les touristes venus du monde entier. 13,6 millions de visiteurs pour la cathédrale, 10,5 millions pour la basilique, 8,9 millions pour le plus grand musée du monde. Ces trois lieux continuent d’occuper une place dominante, dans le palmarès des visites effectuées par les 28,2 millions de touristes dénombrés à Paris l’an dernier.
28,2 millions, cela fait encore 3% de plus que l’année auparavant. A l’échelle de la France, la croissance du tourisme est au rendez-vous également: 72,6 millions de visiteurs, au total (+2,5%).
Ces chiffres sont tout sauf anodins, dans le contexte économique très déprimé du moment. Représentant 7,1% du PIB de l’Hexagone, le tourisme y emploie 975.000 personnes. Rien que dans la capitale, ses 160.000 travailleurs constituent 13% de l’activité professionnelle totale.
Reste un petit problème, toutefois, que Paris, année après année, ne parvient pas à régler. La «Ville lumière» demeure plus que jamais la première destination touristique mondiale? Certes. Mais les montants qu’y dépensent les touristes restent proportionnellement moindres que ceux dont bénéficient plusieurs de ses grandes concurrentes internationales: Londres, New York ou Barcelone, par exemple.
14:30 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, tourisme, economie, art de vivre, patrimoine
26/01/2012
Une terre de (centre-)gauche
Plus que jamais terre de gauche, notre 11ème arrondissement. Enfin, de gauche: de centre-gauche on va dire, s'agissant du PS. Parti dont le candidat à l'Elysée, François Hollande, présente ce jeudi ses 60 propositions, et il a choisi le 11ème pour ce faire. Et même un lieu emblématique de cet arrondissement si populaire jadis: la Maison des Métallos.
Laissé à l'abandon pendant les décennies où la droite chiraquienne régna sur Paris, ce temple des luttes d'ouvrières d'antan a été rénové, plutôt bien, par la mairie et la Région (toutes deux désormais socialistes, pour rappel), et est devenu un centre socio-culturel. L'automne dernier, déjà, c'est dans le 11ème que le favori à la présidentielle avait tenu le dernier meeting de sa campagne pour les primaires en vue de l'investiture socialiste. C'était à la salle de spectacles du Bataclan, boulevard Voltaire.
Mais, dans les rues de ce onzième, comme un pied de nez adressé au parti dominant de l'opposition, les petits partis de gauche ont, ces dernières semaines, collé, recollé et surcollé des tas d'affiches électorales. Cette intrusion picturale gauchiste est même assez impressionnante.
Les Parisiens du coin ont donc pu faire connaissance avec Nathalie Arthaud: qui a pris la succession d'Arlette Laguiller à Lutte Ouvrière, mais qui tarde à se faire un nom. Depuis dimanche, cela dit, les affiches de LO ont été détrônées par celles du Front de gauche. Un parti qui, au vu du nombre de ses affiches placardées sur les murs de notre quartier, y a envoyé une grosse escouade de colleurs.
On n'a pas compris, d'ailleurs, le slogan d'une de ses affiches: «C'est le moment de prendre parti pour LA RÉPUBLIQUE». Et quoi? Désormais, la formation du tribun populiste Jean-Luc Mélenchon constituerait le seul et unique parti républicain? Au printemps, les électeurs qui voteront pour un autre candidat et/ou voteront à droite ne serviront ni n'honoreront la République?
Cet accaparement, cette préemption somme toute, c'est, bien sûr, totalement abusif. Et péniblement prétentieux.
11:49 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : elections présidentielles, parti socialiste, personnalités, patrimoine, activisme
10/01/2012
Une année d'énormes travaux (encore)
Il va falloir supporter encore plus le bruit des bétonneuses et des marteaux-piqueurs, à Paris cette année – comme s'il n'y avait pas déjà assez de vacarme dans cette ville...
C'est ce qu'on s'est dit hier soir, en passant place de la République. Où, soit dit en passant, cela va aussi bouchonner, klaxonner, s'énerver et polluer encore un peu plus qu'avant, cette année.
Hier lundi, en effet, ont débuté les travaux de réaménagement de la grande place de l'Est parisien. L'idée est de la transformer en vaste et belle «esplanade piétonne arborée». «De nouveaux arbres, un bassin, un miroir d'eau», et une circulation automobile complètement chamboulée, qui ne fera plus le tour de la place, comme depuis toujours, mais sera reléguée sur un de ses flancs. Pourquoi pas. On verra. C'est au printemps 2013 qu'on jugera cela.
Le vacarme des travaux toujours, et pour encore un sacré bout de temps, au centre-ville cette fois: aux Halles.
L'immense chantier de rénovation et de réaménagement du complexe commercial et de ses alentours n'en est qu'à ses débuts: il ne sera pas achevé avant 2016. La mairie nous promet monts et merveilles. «Un nouveau jardin convivial ; un quartier piéton étendu et des voiries souterraines restructurées; un nouvel édifice inspiré de la nature, La Canopée, qui reliera la ville du dessus à la ville du dessous; des cheminements simplifiés et plus confortables; une gare RER plus vaste et plus fonctionnelle; un Forum plus lumineux et moderne; des accès au Forum réorganisés… Avec un cœur de la métropole à l’image d’une capitale accueillante, vivante et dynamique, voilà le Paris de demain qui prend forme».
Mais, dans le quartier, il y a aussi des gens (là) pour qui ce projet pharaonique (802 millions de budget) est «absurde», «hideux», «exorbitant» et «interminable»: un vrai «scand'halles», en somme. Du coup, la bagarre se fait aussi devant les tribunaux. Et, s'il fallait donner le score de cet interminable match urbanistico-juridique, on dirait que c'est égalité 1 partout.
Côté pile, le tribunal administratif a rejeté le recours qu'avait introduit le comité de quartier contre le protocole financier, juteux, passé entre la ville de Paris et le consortium privé pilotant le projet: une filiale des groupes Axa et Unibail-Rodamco.
Mais, côté face, la mairie vient de voir annulé en justice l'avenant qu'elle avait conclu avec l'architecte de la Canopée: ce toit de verre géant – péniblement verdâtre, trouve-t-on, mais les goûts et les couleurs... – qui, à 14 mètres de haut, surplombera les futures Halles.
Les juges ont estimé que cet avenant augmentait de façon exagérément importante le montant du contrat initial. Le jugement «n'a nullement pour effet de remettre en cause l'opération des Halles, ni de suspendre ou retarder le chantier de la rénovation, qui se poursuit dans le calendrier prévu», a précisé illico (ici) la mairie.
A Paris, c'est sûr, on n'a pas fini d'en parler, de ce chantier.
12:19 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, urbanisme, patrimoine, environnement, justice, transports
24/11/2011
Une croisade, une condamnation
Revenons sur le terrain strictement parigot-parisien. Pour relever que la France compte désormais un ex-Garde des Sceaux... condamné en justice. Comme elle avait déjà un ministre de l'Intérieur ayant connu le même sort (Brice Hortefeux, reconnu coupable d'injure raciale).
Cette fois, c'est de Rachida Dati dont il s'agit. Il y a quelques jours, l'ex-ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy, par ailleurs député européen et maire du septième arrondissement parisien, a été reconnue coupable de diffamation. Elle a été condamnée à une amende (avec sursis) de 2000€ et au paiement de 7000€ de dommages et intérêts et de frais de justice.
C'est le couple Clara et Marek Halter (elle artiste, lui écrivain bien connus) qui est à l'origine de ce camouflet judiciaire. En cause, le "Mur de la Paix", qu'ils ont créé sur le Champ de Mars à l'occasion des festivités pour le passage à l'an 2000. Dû au grand architecte Jean-Michel Wilmotte, inspiré librement du Mur des Lamentations de Jérusalem, il est constitué de douze panneaux de verre déclinant le mot "Paix" en 32 langues et 13 alphabets différents. Des messages peuvent être glissés dans des interstices ménagés entre les panneaux.
Rachida Dati déteste cette oeuvre. Elle a même lancé une pétition contre elle. Elle juge illégal le maintien de ce monument qui, à l'origine, n'était que temporaire. Et considère qu'il obstrue la perspective, classée, qui va de l'Ecole militaire jusqu'à la Tour Eiffel.
Dans sa croisade contre ce Mur, l'ex-ministre de la Justice a publiquement accusé les époux Halter de «méthodes et déclarations mensongères», et leur a reproché de «galvauder l'idée de Paix, en l'associant à une structure qui bafoue les lois de la République». A la suite de ses propos, les dégradations infligées au site (graffitis antisémites, etc.) ont redoublé.
En riposte à cette campagne, a vu le jour une association pour la pérennisation de l'installation. Elle regroupe quantité de personnalités du monde artistique (Anouk Aimée, Daniel Mesguich, Marie-Christine Barrault, etc.), intellectuel (Edgar Morin, Philippe Sollers, Julia Kristeva, etc.) ou politique, de gauche (comme Martine Aubry ou Lionel Jospin) et de droite (comme Jean-François Copé, les ministres Bachelot et Bertrand, ou l'ex-Premier ministre Raffarin). Tous prônent le maintien ad vitam, au Champ de Mars, de cet «hymne à la vie, dédié à un mot universel et chaque jour plus nécessaire», d'autant qu'il s'agit là «de l'unique monument pour la paix, dans un pays où abondent les monuments aux victimes des guerres».
Mais Rachida Dati n'est pas du genre à se laisser faire. Elle n'en démord pas. Dès qu'il est tombé, elle a donc fait appel du jugement la condamnant, que son avocat a qualifié de «jugement invraisemblable, fondé ni en fait ni en droit».
Dès lors, le débat va continuer de faire rage. A Paris, on n'a pas fini de s'énerver sur le sujet, dans les beaux quartiers.
12:19 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : justice, patrimoine, culture, arts, personnalités, dati
22/09/2011
Une idée farce
On la trouve drôle, parfois, Eva Joly. Dans «Le Monde» d’hier soir, la candidate écologiste à la présidentielle de 2012 y est allée d'une petite idée révolutionnaire assez farce, concernant un des lieux emblématiques du patrimoine parisien. A savoir, l'Hôtel de la Marine: l’imposant bâtiment à colonnade qui borde tout le côté nord de la place de la Concorde.
A l'horizon 2014, l'édifice sera vidé par la Défense nationale. Aux projets de réaffectation chics, chocs, voire snobs circulant dans le tout-Paris en ce moment, Eva Joly préfère, carrément, ... un Musée de la Révolution. A ses yeux, ce serait une manière, «en accord avec les idéaux des Lumières, (de) retrouver l'esprit de fête de la Révolution, pour créer un nouvel espoir d'émancipation et un nouvel horizon pour notre pays». A ses yeux, pourraient notamment y être transférées les «25 000 pièces relatives à cette époque, qui se trouvent conservées, loin des yeux du public, dans les réserves du Musée Carnavalet».
Iconoclaste? Pas du tout, selon Eva Joly. Pour qui, ce qui relèverait de «l'outrage» et «du mauvais goût», ce serait, au contraire, de faire de cet Hôtel de la Marine «un palace pour privilégiés». Etant donné que ce bâtiment «regarde la place de la Concorde, ancienne place Royale, qui fut l'un des hauts lieux de la Révolution française: symbole tout à la fois des excès de la Terreur et de la rupture fondatrice que constitua 1789 dans l'histoire nationale».
Tout de même. Célébrer l'esprit révolutionnaire dans ce haut lieu du grand luxe qu'est la place de la Concorde – où se situe aussi, faut-il le rappeler, le si select l'Hôtel de Crillon, un des palaces les plus chers de Paris –; rien que l'idée risque de faire tousser, en haut lieu.
Vénérer les sans-culottes dans cet Hôtel de la Marine qui, jadis, fut le garde-meuble de la Couronne; le Premier ministre François Fillon risque encore d'accuser l'écologiste franco-norvégienne de n'être qu'une espèce de sous-Française manquant totalement de culture et d'identité nationales.
09:15 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : paris, patrimoine, histoire, luxe, joly
03/08/2011
Un été qui va bousculer
Paris meurt, Paris se meurt, en août. C'est ce qu'il est de bon ton de se dire entre Parisiens chaque année à ce mois-ci. C'est ce qu'affirme aussi, en ce moment, une grande inscription murale taguée l'autre jour par un passant manifestement un brin chagrin, dans une ruelle pas loin de la maison. C'est à la fois vrai et pas vrai.
Vrai, car, effectivement, plus les jours passent et plus les commerces, un peu partout, baissent leur rideau métallique et y apposent le sacrosaint écriteau donnant rendez-vous en septembre. Vrai car, en effet, le trafic et donc les embouteillages et la pollution sont (un peu) moindres en ville depuis lundi. Mais pas vrai, car – on en a encore fait l'expérience hier soir – les métros aux heures de pointe sont toujours aussi insupportablement bondés et torrides. Pas vrai, car, le soir, les terrasses à Bastille et les bars dans le Marais sont toujours aussi courus. Par vrai, car il y a toujours autant de miséreux qui croupissent dans la Ville lumière, sur notre boulevard Richard Lenoir comme ailleurs.
Et pas vrai, car ils se passe tout de même encore des choses intéressantes dans cette capitale, du point de vue culturel. C'est le cas par exemple du festival «Paris Quartier d'été», qui, en plus, cet été, va assez joyeusement bousculer la tradition. Ainsi, parmi les cadres parisiens dans lesquels vont se dérouler ses spectacles, figure pour la première fois l'Hôtel national des Invalides: haut lieu de l'histoire militaire française, à la tradition sévère et rigide comme il se doit, et qui, jusqu'à présent, était plus abonné aux cérémonies martiales et solennelles qu'aux fulgurances de la création culturelle.
Du coup cet été, dans la Cour d'Honneur des Invalides, sous le regard de ses 60 canons de bronze rigoureusement alignés, une compagnie de danse style hip-hop va virevolter autour de barrières Vauban (*): ces barrières métalliques servant généralement à empêcher la foule à accéder à tel ou tel lieu. Comme le notent les organisateurs du festival, ce sera amusant de voir «comment un objet qui sert habituellement à canaliser, à limiter et à interdire peut devenir l'instrument de toutes les libertés et l'appui de tous les envols».
Ainsi encore, dans ce cadre si cocardier des Invalides, on poussera l'exotisme jusqu'à y entendre résonner les chants des Manganiyars: une communauté d'artistes venus du Rajasthan indien. Ainsi, toujours, à deux pas de l'Église du Dôme et de son tombeau de Napoléon Ier, on pourra revoir en plein air «Les Duellistes», le film de Ridley Scott: « fresque époustouflante, déroulée sur fond de guerres napoléoniennes, à admirer sous la statue de l’empereur».
Très bien, tout cela. Rien de tel, trouve-t-on, pour s'aérer l'esprit et pour avancer, que les contrastes et les confrontations – en culture comme ailleurs.
(*) Barrières dénommées de la sorte en français de France, mais, si on a bonne mémoire, appelées plutôt barrières Nadar en français de Belgique. Le français, langue plurielle: encore une illustration, après nos prunes d'hier.
11:44 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : arts, culture, paris, patrimoine
13/09/2010
Une lassitude
Le débat artistique n’évolue décidément pas beaucoup, à Paris. On en aura encore l’illustration demain, avec l’inauguration de la grande expo Murakami au château de Versailles. Il y a deux ans déjà (relire ici ou là), ce château avait fait scandale en rendant hommage à l’Américain Jeff Koons, une initiative qui avait même fait l’objet de recours en justice. A présent, suscite une identique controverse l’arrivée sous ses ors de la star japonaise de l’école «kawaï» (mignon, en japonais) – sorte de croisement coloré entre l’esthétique pop art et la culture manga. Ainsi, s’insurgeait ce week-end le prince Sixte-Henri de Bourbon, descendant paraît-il de Louis XIV, «ce nouvel art du scandale perdra le prestige de Versailles comme vitrine culturelle de la France».
On avoue qu’on a entendu avec lassitude, ces derniers jours, les discours des tenants de cette vision passéiste et poussiéreuse du patrimoine historique. Non pas qu’on soit particulièrement passionné par les créations du pape du «nouveau japonisme»: la dernière grande rétrospective parisienne en date qui avait été consacrée à ce plasticien (à la Fondation Cartier, il y a quelques années) nous avait même laissé assez froid. Mais là, au vu des premières images de son expo à Versailles vues à la télé ces derniers jours, on a vraiment envie de se laisser tenter: le contraste avec le décor royal a l’air épatant.
De même n’a-t-on pas gardé un souvenir impérissable du président de l’établissement gérant le château de Versailles, Jean-Jacques Aillagon, lorsqu’il était ministre de la Culture, sous Jacques Chirac. Mais là, on trouve qu’une fois de plus, il se défend plutôt bien. Hier dans les journaux et ce matin encore à la radio, il l’a rappelé: «On voudrait imposer à ce château une pudibonderie qui n’a jamais eu cours. Il ne faut pas oublier que Versailles a été conçu et voulu pour la fête, le bonheur, la profusion. Critiquer le fait de présenter de l’art contemporain dans un musée national est une façon de contester ce qu’ont préconisé 50 ans de politique culturelle dans notre pays. Malraux a invité Chagall à réaliser un plafond à l’opéra de Paris. Chagall a créé les vitraux de la cathédrale de Reims. Jack Lang a demandé à Daniel Buren d’intervenir dans les jardins du Palais-Royal. Notre but est de faire comprendre au public l’universalité de l’art. Des œuvres du passé peuvent dialoguer avec celles d’aujourd’hui et vice versa ».
Et, ajoutera-t-on à l’attention de ceux qui veulent faire du château versaillais «le temple de leur nostalgie politique», même le très vénérable musée du Louvre, il y a peu, s’ouvrit à l’art contemporain: il fit repeindre le plafond d’une de ses salles par le grand artiste américain Cy Twombly. Et le résultat était très bien.
En art comme en tout, rien décidément n’est plus lassant que le manque d’audace.
09:21 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : culture, patrimoine, arts, expositions
06/09/2010
Un programme
C'est certainement un sujet très accessoire, en ces temps de tension sociale à Paris et en France plus généralement. N'empêche, ce sujet nettement plus anecdotique pose questions. Il concerne le vaste programme de mécénat que vient de relancer le Muséum national d'histoire naturelle de Paris, relatif aux infrastructures du Jardin des Plantes.
Cet espace vert magnifique est fréquenté chaque année par plus de 5 millions de visiteurs. Ses allées sont parsemées de 255 bancs, qui doivent être rénovés. Le programme "Parrainez un banc du Jardin des Plantes" ambitionne donc «d'impliquer les amoureux du Jardin, de leur permettre de contribuer à la valorisation de ce lieu, et de témoigner ainsi de leur engagement en faveur d'une institution dédiée à la protection de la biodiversité et de l'environnement». En échange d'un chèque de 1800 euros (pour un banc simple) ou de 3600 euros (pour un banc double), les généreux parrains pourront donc, aux pieds du banc que leur mécénat aura permis de rénover, apposer une plaque avec leurs noms ainsi qu'une petite dédicace.
De cette initiative, on ne sait pas trop que penser. Côté pile, en effet, pourquoi pas associer les amoureux de cet espace vert à sa valorisation, a fortiori si cela peut permettre le maintien en bon état de ce fleuron du patrimoine végétal parisien. Mais, côté face, en tout cas dans un monde idéal (à savoir sans austérité budgétaire, sans déficits publics colossaux, sans crise économique, etc.), l'entretien des espaces verts et de leurs infrastructures, qui plus est si ces espaces verts sont classés, devrait tout de même incomber avant tout aux pouvoirs publics. Vu toutes les autres priorités (sociales, etc.) sans doute plus importantes de l'Etat, cette privatisation de facto de l'entretien du patrimoine est-elle, à terme, inévitable? Aujourd'hui, il ne s'agit que de privatiser l'entretien de choses aussi basiques que des bancs publics. Mais demain à Paris – comme déjà à Tokyo, par exemple –, ne pourra-t-on plus admirer une statue dans un parc ou un tableau dans un musée sans qu'à côté, figure la sempiternelle plaquette en l'honneur du mécène ayant financé sa restauration? Et, si oui, faut-il s'y résoudre, s'en réjouir ou s'en désoler?
11:49 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : patrimoine, espaces verts, economie, paris
09/06/2010
Un embellissement (impossible?)
Puisqu'on parlait hier d'architecture à Paris, le bâtiment le plus péniblement voyant (et le plus haut: 56 étages, 210 mètres) de cette ville pourrait bénéficier d'un lifting. On parle bien sûr de la tour Montparnasse. Fin mai, l'assemblée générale des (300!) copropriétaires de ce gratte-ciel a examiné un projet de rénovation prévoyant notamment le remplacement de sa façade, l'ajout de quelques centaines de m2 de bureaux, et la création, entre l'édifice et la gare Montparnasse, d'une galerie commerciale recouverte d'une verrière. Le tout étant destiné à faire de la tour et de ses environs «le moteur de la rive gauche de demain». Mais nombre de copropriétaires seraient effrayés par le coût du chantier, d'autant que l'édifice, ces dernières années, a déjà dû être désamianté. Dès lors, à supposer que l'accord à ce projet soit un jour donné, il faudra certainement encore plusieurs années avant qu'il soit mené à bien.
Les Parisiens devront donc vraisemblablement supporter longtemps encore la vue de ce mastodonte de verre et de béton. A l'époque où il avait été achevé, en 1973, il s'agissait de la plus haute tour d'Europe occidentale. Dix ans de débats houleux et autant d'années de chantier avaient précédé son inauguration. C'était André Malraux en personne, ministre de la Culture à l'époque, qui avait prôné son érection. Un gâchis urbanistique paradoxal, dans le chef de l'homme qui marqua l'histoire du patrimoine parisien en sauvant des quartiers historiques (comme le Marais) hier très dégradés et aujourd'hui si prisés? Pour Malraux, ces deux gestes n'étaient pas du tout contradictoires. Selon lui, en effet, Paris avait besoin de «nouveaux paysages», et c'était même l'indispensable contrepoint à la sauvegarde des ses quartiers anciens. Car «Paris n'a pas seulement des sites à défendre, il a des sites à créer».
A Montparnasse donc, 35 ans plus tard, on ne parle plus de «créer» mais d'embellir. Mais vu de quoi l'on part, pas sûr que l'éventuel embellissement de cette tour, aussi bien mené soit-il, parviendra à la rendre esthétiquement présentable et à la faire aimer des Parisiens.
10:47 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, architecture, urbanisme, patrimoine
02/06/2010
Une réouverture
Aujourd'hui, un sujet infiniment plus léger qu'hier. Et même carrément bucolique. Du beau monde se pressait hier soir au Jardin des Plantes. Ministres, élus parisiens, mécènes et autres personnalités diverses et variées étaient au cocktail d'inauguration de la réouverture des Grandes serres du Muséum national d'Histoire naturelle. Car ce joyau du patrimoine architectural et botanique, qui était fermé depuis six ans pour restauration, est de nouveau accessible au grand public à partir de ce mercredi. Cela ne peut pas mieux tomber, en cette Année mondiale de la biodiversité qu'est 2010.
Ces magnifiques édifices sont les dignes héritiers des orangeries et serres du Jardin du Roy, utilisées à l'époque pour conserver et acclimater les collections botaniques et les plantes rares ramenées par les naturalistes français de leurs voyages d'exploration. Il s'agit même des premières structures de métal et de verre de ce type construites dans le monde, entre 1834 et 1836. Le chantier de restauration a été long et complexe, vu que cet ensemble est intégralement classé. Les vitrages, qui étaient en très mauvais état, ont été entièrement démontés puis replacés dans les règles de l'art. Les boulons et fragments métalliques de l'ossature, parfois si mal en point qu'ils menaçaient de s' écrouler sur les visiteurs, ont eux aussi été réparés. Les lieux ont été reconfigurés pour se conformer aux règles de sécurité et être accessibles aux handicapés. Et le Muséeum a repensé le contenu botanique de l'ensemble, de manière à permettre la découverte d' «une nature imaginaire où cohabitent des plantes des quatre coins du monde; une nature bien réelle, car les plantes y poussent en pleine terre et se laissent admirer de très près». Bref, une «rencontre avec le monde végétal, le plus ancien laboratoire de la vie, tout à la fois poétique et scientifique».
«Passer de l'émerveillement (pour le patrimoine végétal présenté) à l'engagement (en faveur de l'environnement et de la biodiversité)»: tel est le voeu formulé pour les visiteurs par l'institution. Celle-ci, soucieuse de mettre ses actes en concordance avec ses discours, a veillé notamment à ce que l'énergie nécessaire au maintien à 22 degrés de la température de la serre tropicale humide provienne du reyclage de la chaleur produite par l'incinération de déchets. Autre initiative appréciable en ces temps de crise: les tarifs d'entrée pratiqués sont plutôt raisonnables: 5 euros le ticket adulte, 3 euros le billet enfant (jusqu'à 14 ans).
Tous les ingrédients sont donc réunis pour que, dès aujourd'hui et durant tout cet été – même si la canicule estivale n'est sans doute pas la meilleure période pour visiter cet endroit –, le Jardin des Plantes redevienne, auprès des touristes singulièrement, un des endroits les plus courus et donc les plus bondés de Paris.
10:44 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : patrimoine, environnement, paris
23/04/2010
Un décloisonnement
Un peu de culture, pour bien terminer la semaine. Ce sera le gros chantier culturel à Paris, ces prochaines années. Et il a été présenté cette semaine. Il concerne le Grand Palais, ce sublime édifice non loin de la Seine. Qui, après avoir longtemps vivoté et même, physiquement, pourri sur pieds, commence à trouver sa place dans le paysage culturel, pourtant déjà si vaste, de la capitale.
Mais cet immense paquebot se sent trop à l’étroit pour remplir toutes ses ambitions. Trop cloisonné surtout, lui qui est divisé entre le Palais proprement dit, les Galeries nationales et le Palais de la découverte. Le projet de rénovation présenté mercredi entend renouer avec le faste, les volumes aérés et les expositions populaires des débuts du Grand Palais, lors de l’Expo universelle de 1900. Dès lors, la nef du premier étage va être dotée de galeries d’expositions suppplémentaires. Une section spécialement dédiée aux activités numériques sera créée. Les espaces du bâtiment aujourd’hui sous-utilisés seront revus, et leur réorganisation fera l’objet d’un concours international d'architecture. Le tout permettra de doubler la capacité d’accueil de l’ensemble, la faisant passer de 10.000 à 20.000 visiteurs par jour.
Les travaux ne devraient pas être achevés avant plusieurs années. Leur budget sera de 236 millions d'euros, payé pour moitié par le ministère de la Culture. Le Grand Palais devant s'aquitter de l'autre moitié de l'addition, il prévoit l’installation en son sein de cafétéria, boutiques et autres espaces marchands – ben voyons, il faut bien trouver les fonds quelque part...
Tout aussi prosaïquement, l’amateur d’art fréquentant ce lieu, au-delà de futurs éblouissements culturels éventuels, sentira très physiquement l’amélioration de son confort de visite. En effet, le projet de rénovation prévoit «l’installation d’un système de régulation thermique dans la nef». Excellente nouvelle. Car ce n’est vraiment pas un luxe. Aujourd’hui, en effet, en dehors de la belle saison, il fait souvent péniblement froid dans cet édifice visiblement très difficile à chauffer vu ses dimensions colossales. Dès lors, son décloisonnement et l’augmentation de ses surfaces utiles étaient difficilement imaginables sans une amélioration en la matière.
11:14 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : culture, patrimoine, paris
06/04/2010
Un choix
La nouvelle a été confirmée ce week-end. C’est le fameux bureau d’architecture japonais Sanaa qui a été choisi pour restructurer un immense paquebot parisien à l’abandon: La Samaritaine, ce célèbre grand magasin vide depuis sa fermeture en 2005, et dont le projet de transformation fait débat depuis des années dans la capitale (relire ici ou là). Cette agence est internationalement reconnue; elle vient d’ailleurs de recevoir le Prix Pritzker, considéré comme le Nobel de l’architecture. Ces bâtisseurs seront d’autant plus attendus au tournant sur ce projet que, jusqu’à présent, rares sont les architectes de leur trempe internationale à s’être risqués et illustrés à Paris, dont la réglementation urbanistique et patrimoniale – à l’inverse de celle de Londres, par exemple – permet peu les prouesses architecturales.
Un choix a priori intéressant donc, voire prometteur. Mais qui ne va pas régler à lui seul tous les problèmes urbanistiques que la restructuration de La Sama ne manquera pas de poser. Il y a donc fort à parier que, d’ici à l’achèvement du chantier (fin 2013, au plus tôt), cela va encore pas mal tempêter, dans ce quartier.
Depuis un petit temps, en effet, les associations de défense du patrimoine (ici, par exemple) s’inquiètent. En jeu, l’avenir non du visage le plus connu de La Sama (l’emblématique immeuble Art Déco donnant sur la Seine, qui est classé), mais celui des édifices du grand magasin situés rue de Rivoli et dans les rues adjacentes. A cet endroit, les maîtres d'oeuvre du projet «ne s’interdisent aucun geste architectural», a déjà publiquement averti le directeur général de La Samaritaine. «Ces immeubles n’ont aucun intérêt architectural», a décrété, dans la foulée, sa directrice du patrimoine immobilier.
De passage rue de Rivoli ce week-end, et après avoir jeté un œil à ces bâtiments, on n’était pas trop sûr d’être d’office et à 100% d’accord avec ce constat en forme de condamnation. Il n’y a là rien d’architecturalement spectaculaire, en effet. Mais, tout de même, à notre humble avis, des façades assez typiquement parisiennes et s’inscrivant plutôt bien dans une perspective d’ensemble qui, depuis si longtemps, structure cette partie du boulevard. Le «façadisme» étant toujours la pire des solutions, le maintien de ces immeubles en l’état étant, paraît-il, techniquement très ardu, on est déjà assez curieux de voir la solution que ces brillants architectes japonais proposeront au quartier.
11:06 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, patrimoine, architecture, urbanisme
29/03/2010
Un renouveau
Ces derniers jours dans le quartier, en matière d’urbanisme et de patrimoine, on a beaucoup parlé de la place de la République. Dont on évoquait dans une note récente le grand projet de lifting, qui vient d’être officiellement dévoilé par la mairie (voir les photos ici). Projet ambitieux puisqu’il s’agit de faire en sorte que, d’ici au printemps 2013, «la "Répu" quitte la catégorie des places courants d'air et gaz carbonique, pour offrir la physionomie conviviale d'une grande place populaire du 21e siècle». Cela dit, en ce qui concerne le patrimoine de l’Est parisien, il est un autre chantier dont on a beaucoup moins parlé ces derniers temps mais qui, comme en catimini, vient, lui, de s’achever. On a pu le constater ce week-end, en passant là un peu par hasard: la restauration de la façade de l’Opéra Bastille est enfin terminée.
Depuis 1996, le bâtiment – qui est généralement assez détesté mais que, nous, on a toujours adoré, on le redisait cet été encore (ici) – était péniblement défiguré. Défiguré par les gigantesques filets qui l’entouraient, destinés à éviter des chutes de pierres sur la chaussée. C’était le résultat de malfaçons dues à l’achèvement précipité de l’édifice à l’époque, afin que le Président Mitterrand puisse l’inaugurer dans le cadre des cérémonies commémorant le bicentenaire de la Révolution de 1789. Le chantier de restauration , entamé en janvier 2008, a consisté à poser 28000 m2 de parements neufs (mélange de pierre, d’ardoise et de granit) en lieu et place des blocs de la façade qui, trop fragilisés, menaçaient de s’effondrer.
Le résultat fait plaisir à voir. A fortiori quand, en ces jours printaniers, le soleil éclatant fait ressortir la couleur sable des pierres de l’édifice et souligne d’autant plus les contrastes avec les parois vitrées. Quatorze ans après la pose de ses filets si disgracieux, ce monumental bâtiment peut enfin être apprécié à sa juste valeur – excellente nouvelle décidément, pour le quartier.
11:11 Publié dans Dans la peau | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, culture, patrimoine
26/01/2010
Un réaménagement
Bertrand Delanoë sur les traces du baron Haussmann. En ce début d’année, est tombée une décision qui était très attendue dans notre quartier et y avait fait l’objet de débats passionnés. Elle concerne l’avenir d’une réalisation majeure, dans les années 1850, de l’urbaniste de Napoléon III, que le maire de Paris souhaite à présent remodeler: la place de la République – «Répu», comme les Parisiens surnomment affectueusement cet endroit. On est désormais fixé. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il va y avoir du changement aux pieds de la fameuse statue aux trois si belles allégories représentant la Liberté, l’Egalité et la Fraternité.
Cette place a une superficie de 3,5 hectares, ce qui en fait une des plus vastes de la capitale. Populaire, elle n’en a pas moins un certain cachet architectural vu la qualité de nombre d’édifices qui l’entourent. Mais elle pourrait mieux fonctionner. L’espace vert et la fontaine situés en son centre pourraient être plus soignés. Et les Parisiens, d’habitude, n’aiment guère la traverser vu le flux permanent de véhicules qui tournent autour de cet immense rond-point – où, aux heures de pointe, l’on compte paraît-il plus de 2500 véhicules à l’heure.
Précisément, le pari du projet urbanistique qui a été retenu par la mairie en ce début d’année consiste à remplacer cet anneau de circulation par un seul grand axe à double-sens, qui, sur un de ses côtés, serait flanqué par une vaste esplanade. Le périmètre dédié au piéton serait «agrandi de plus de 50%», une voie serait réservée aux vélos, bus et taxis, bref «une reconquête audacieuse de l’espace public» est promise aux Parisiens à l’horizon 2013.
Pourquoi pas. Il y a toutefois une chose, dans ce projet de réaménagement, qu’on ne comprend pas trop. Déjà, dans le schéma actuel de la place, la fluidité du trafic automobile est toute relative. Si demain l’espace public dédié à cette circulation est encore réduit, comment fera-t-on pour éviter que cela se traduise avant tout par davantage d’embouteillages et donc, pour les riverains, par davantage de vacarme et de pollution? A moins que les autorités tablent sur une diminution de la circulation automobile globale à Paris d'ici à 2013 – mais sur quelles bases, une telle prévision? Sauf à penser qu'il s'agirait de forcer cette diminution voulue du trafic en dégoûtant les automobilistes par des aménagements leur compliquant sans cesse la vie. Ce qui, politiquement, pourrait encore se justifier. Mais alors, et c'est un Parisien non-motorisé qui pose la question, ne serait-ce pas plus clair et plus courageux de le reconnaître franchement?
11:15 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, urbanisme, patrimoine, voitures
07/12/2009
Un sexagénaire
Cette semaine à Paris, l’actualité se déroulera notamment en bord de Seine. Jeudi, en effet, entre le Pont Charles de Gaulle et le viaduc du métro, sera inaugurée «La Râpée», le plus énorme ponton jamais amarré sur le fleuve. Lourd de 600 tonnes, long de plus de 60 mètres, réparti sur trois niveaux, ce ponton accueillera une gare fluviale des Bateaux parisiens, où accosteront deux navettes transportant les passagers sur la Seine et sur la Marne. Une salle de réception, un restaurant ainsi qu’une vaste terrasse sont également prévus. L’ensemble est décrit comme «un projet s’intégrant parfaitement dans le développement de l’Est parisien et dans le respect de l’environnement».
Tant qu’on est dans ces parages fluviaux, et vu qu’on met tout doucement le cap sur 2010, il est plus que temps d’évoquer le soixantième anniversaire qu’a fêté cette année une véritable institution parisienne: la Société des Bateaux-Mouches. Les navires de cette compagnie font désormais tellement partie du paysage parisien qu’on a tendance à oublier qu’en 1949, lorsqu’ils virent le jour, ils étaient vraiment très novateurs, voire avant-gardistes, avec leur physionomie si particulière: entièrement vitrée et surmontée d’énormes projecteurs. Pour la petite histoire, l’appellation «bateau-mouche» qui désigne ces bateaux vient du nom du chantier naval proche de Lyon où ces navires ont été construits, entreprise baptisée les Chantiers de la Mouche.
L’histoire de la société des bateaux-mouches est vraiment une «success story» à la parisienne. Cette petite entreprise familiale a débuté il y a soixante ans en exploitant trois bateaux seulement. Aujourd’hui, les années ayant passé et le succès du concept n’ayant jamais été démenti, elle se retrouve à la tête d’une flotte de 14 navires: 5 bateaux restaurants et 9 bateaux promenades. Les croisières à bord de ces derniers peuvent être commentées dans six langues différentes – preuve qu’à Paris parfois, on sait tout de même y faire, linguistiquement, avec les touristes étrangers. Et le plan de parcours remis à l’embarquement de chaque passager est disponible en… 25 langues. En termes de fréquentation, d’ailleurs, avec ses quelque 2 millions de passagers transportés chaque année, la fameuse compagnie maritime établie aux pieds du Pont de l’Alma fait partie des sites les plus visités de la Ville lumière.
10:57 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tourisme, patrimoine, paris



