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29/04/2009

Une guerre

Grande journée au Parlement, ce mercredi. C’est aujourd’hui, en effet, que revient à l’ordre du jour la fameuse Hadopi: la loi qui, en son volet le plus controversé, punit (par la coupure de l’accès à internet) le téléchargement illégal de contenus culturels. Ce dispositif fait, depuis des mois, l’objet d’une guerre acharnée entre partisans et opposants, notamment sur le net,  où elle alimente d’innombrables forums et blogs passionnés. La dernière escarmouche en date, aussi spectaculaire que surréaliste, s’est déroulée l’autre jour à l’Assemblée nationale. A quelques voix près et à la stupéfaction générale, cette loi a été rejetée: les rares députés UMP qui étaient présents au Parlement ce jour ont été surpris par l’afflux inopiné, dans l’hémicycle au moment du vote, de députés de gauche qui s’étaient auparavant… cachés dans les coulisses.

 

Cette guerre pour ou contre la répression des pirates du net oppose aussi les artistes, stars et autres people. Mais, sur ce champ de bataille-là, il n’y a pas photo. En effet, les partisans de Hadopi sont nettement plus nombreux que les opposants. Rapide passage en revue des forces en présence.

 

Aux côtés de la majorité UMP, on trouve bien sûr les grands amis people du Président Sarkozy (Johnny, Jean Reno, Liane Foly, etc.). Qui considèrent comme lui que «le créateur est propriétaire de sa création» et qu’«il n’est pas question de légaliser le vol au supermarché de la création». Mobilisé par les sociétés d’auteurs (ici, notamment), le gratin du show bizz figure dans ce camp pro-Hadopi . Les chanteurs Etienne Daho, Francis Cabrel, Raphaël, Jean-Jacques Goldman, Patrick Fiori, Eddy Mitchell, Françoise Hardy, Patrick Bruel, Yves Simon ou Michel Jonasz. Les acteurs Guillaume Canet ou Gérard Jugnot. Les cinéastes Jean-Jacques Beineix, Jean-Jacques Annaud ou Alain Corneau. Un beau casting, donc. Qui comprend aussi des artistes notoirement plutôt à gauche: les Bertrand Tavernier, Costa Gavras, Agnès Jaoui, Cédric Klapisch, Philippe Lioret ou Coline Serreau. Récemment d’ailleurs, ces artistes de sensibilité progressiste ont adressé une lettre ouverte à la patronne du PS, Martine Aubry. Pour lui dire combien ils étaient «atterrés» et «en colère» contre l’opposition de ce parti à Hadopi. Car, selon eux, «le développement de l’ère numérique ne peut se faire sans respect des droits de propriété littéraire et artistique».

 

Et puis, face à cette armada impressionnante de personnalités, il y a un petit bataillon d’artistes qui (ici, notamment) fait de la résistance. Leur force de frappe est infiniment plus petite que celle de leurs adversaires. Mais ce camp compte tout de même quelques noms connus. Les acteurs Catherine Deneuve, Louis Garrel, Chiara Mastroianni, Victoria Abril ou Jeanne Balibar. Les réalisateurs Chantal Akerman, Christophe Honoré ou Gaël Morel. Eux plaident «pour une alternative au tout répressif». Considèrent que la loi création et internet ne répond ni aux «défis du numérique», ni à la «crise des modèles traditionnels de diffusion et de production cuturels dans le monde de la culture». Cette loi, selon eux, ne répond en fait qu’à un seul objectif : «assurer le maintien des positions monopolistiques des acteurs les plus puissants de l'industrie culturelle, sans créer aucun nouveau soutien aux plus menacés». Ces opposants au gouvernement assurent ne «pas cautionner le piratage». Mais, «plutôt que de stigmatiser les consommateurs et d’envisager de couper des millions d’accès à internet», ils veulent que l’on réfléchisse à un système permettant «une diffusion des œuvres compatible avec les intérêts et les libertés de chacun, en assurant à la fois un accès à la culture pour le plus grand nombre et un financement équitable pour les artistes/créateurs».

 

Les deux camps sont sans doute, à ce stade en tout cas, irréconciliables. Tant le débat est passionnel. Et passionnant. Suite ce mercredi et ces prochains jours au Parlement.

15/10/2008

Une vente

Les Français – enfin, des Français – seraient-ils nostalgiques de l’Ancien Régime? Mardi, en tout cas, une vente aux enchères organisée chez Christie's à Paris a fait un tabac. Il s’agissait de liquider la succession du comte et de la comtesse de Paris: Henri de France (1908-1999) et son épouse Isabelle d'Orléans-Bragance (1911-2003). La collection était constituée de 480 lots: des pièces d'orfèvrerie, des tableaux, du mobilier, des objets d'art et des bijoux. Initialement estimée entre 700.000 et un million d'euros, elle s’est envolée pour atteindre une somme record de... 2,4 millions d’euros!

Ainsi, une pochette de soie brodée par Marie-Antoinette pendant sa captivité au Temple est partie à 97.700 euros. Un pan d'une robe qu'elle portait en prison s’est vendu à 55.700 euros. Et un portrait de son fils Louis XVII incarcéré a trouvé preneur à 46.100 euros.

Plus anecdotiquement, si l’on consulte le site officiel de la vente, on peut constater que, parmi le gratin mondain réuni hier chez Christie's (dont Bernadette Chirac), il s’est trouvé des gens qui ont dépensé 1250 euros pour un petit pot à lait en porcelaine, 750 euros pour un seul et unique verre à pied en cristal, 2000 euros pour une paire de chenets de style Louis XV ou 2500 euros pour une canne en bois ayant appartenu au Roi Louis-Philippe.

En ces temps d’effondrement du CAC 40, les reliques des Rois de France seraient-elles devenues un placement refuge?

25/09/2008

Un pari

«La musique adoucit les mœurs». Elle n’est donc pas du luxe, dans ce monde si «rude» qu’est la politique. C’est Ségolène Royal qui l’assurait hier soir, à la télé, en présentant le grand «Concert de la Fraternité» qu’elle organise ce samedi au Zénith. Le programme définitif de cette manifestation est désormais connu. Sur scène, on verra des peoples qui, l’an dernier, faisaient partie de son comité de soutien (Benjamin Biolay, Ariane Mnouchkine, Patrick Fiori, Cali, etc.), des jeunes qui montent (Ridan, da Silva ou Princess Aniès) et quelques vieilles gloires sorties pour l’occasion du formol (Trust, Hervé Villard ou Georges Moustaki). Bref, des «artistes engagés», qui, tous, «évoqueront les enjeux de fraternité et de lutte collective».

L’an dernier, à l’issue de sa campagne élyséenne, Ségolène Royal avait promis d’organiser une telle fête, pour remercier tous ceux qui l’avaient épaulée. Clairement, il ne s’agit pas uniquement d’un rendez-vous artistique: l’événement a une dimension nettement politique. En tentant d’amasser les foules de supporteurs autour d’elle, la socialiste espère se relancer, elle que les sondages donnent en perte de vitesse. Singulièrement, elle entend marquer les esprits des militants socialistes, qui sont actuellement en plein processus de désignation de leur prochain dirigeant.

A cet égard, Ségolène Royal s’est lancé un fameux défi, et a pris un gros risque, en jetant son dévolu sur le Zénith. En effet, cet immense paquebot amarré aux portes de Paris peut accueillir jusqu’à une demi-douzaine de milliers de personnes. Du coup, si d’aventure, samedi soir, il devait rester à moitié vide, l’effet médiatique et symbolique de cet échec serait catastrophique pour la socialiste, et aurait un impact politique indéniable.

C’est pourquoi son équipe va probablement veiller à habilement gérer les lieux. A la télé, tous les professionnels de la com’ vous le diront, il n’y a rien de pire que des plans de gradins clairsemés. Dès lors, on peut imaginer que lorsque le public entrera dans l’énorme hall de concert du Zénith, celui-ci ne lui apparaîtra pas d’emblée dans sa configuration la plus vaste. Au contraire, son cloisonnement en différentes aires plus petites et séparées de grands rideaux noirs, comme c’est possible, permettra aux organisateurs d’ouvrir progressivement de nouveaux espaces en fonction de la densité de la foule. Et donc de toujours veiller à ce que le rendu télévisuel de la manifestation donne une image d’affluence.

Depuis des semaines, au demeurant, les comités «Désirs d’avenir» se démènent sans compter pour assurer la promo de l’événement. On peut parier que, pour assurer le succès de ce «Zénith de la fraternité», la redoutable machine logistique royaliste ne manquera pas d’affréter des cars en provenance de tous les départements. Ségolène Royal elle-même, d’ailleurs, ces derniers jours, a multiplié les courriels adressés à ses sympathisants pour les presser de se rendre à Paris samedi. Et, au besoin, pour corriger les rumeurs malveillantes que ses opposants n’ont pas manqué de faire circuler à propos de son méga-concert. Ainsi, un bruit a couru récemment, selon lequel, pour pouvoir assister à cette manifestation annoncée pourtant comme gratuite, les spectateurs, à l’entrée, seraient en fait très fraternellement mais aussi et surtout très fortement invités à s’acquitter d’un montant minimal de dix euros. Un argument potentiellement dissuasif en ces temps de préoccupation populaire pour le pouvoir d’achat. Ségolène Royal l’a bien compris. Histoire de tordre d’emblée le cou à cette rumeur, elle s’est immédiatement fendue d’un démenti catégorique, rappelant que la participation aux frais serait totalement libre.

Verdict samedi soir pour voir si cela aura suffi et si la socialiste a gagné son pari.

25/07/2008

Un bruit chic

Cela nous éloigne un peu de Paris. Mais c’est une nouvelle parfaite puisque très de saison et qui nous rapproche géographiquement de la route de la plage: il y a des bruits ploucs et des bruits chics.

A Paris par exemple, les habitants se prennent la tête pour des nuisances sonores très peu glamour: le trafic automobile un peu partout, les coups de klaxon inévitables aux carrefours,  les marteaux-piqueurs des chantiers en rue à longueur de journées, et, à la maison, le vacarme des bricoleurs, surtout le samedi matin – les marteaux-piqueurs et les bricoleurs, on prévient: on les déteste vraiment. A Saint-Tropez en ce moment, c’est une nuisance sonore en revanche un brin plus chic qui exaspère les riverains: le ballet incessant des hélicoptères qui transportent la cohorte des people, stars, jet-setteurs et autres paparazzi en villégiature dans la célèbre presqu’île.

 

Le golfe de Saint-Trop’ compte une cinquantaine d’«hélisurfaces», comme semble-t-il on appelle cela. Ce sont des aires d’atterrissage et de décollage privées aménagées dans les vignobles ou à proximité des résidences de luxe. Elles sont très pratiques pour les estivants fortunés, car on les rejoint en une vingtaine de minutes à peine depuis les aéroports de Nice, Toulon ou Monaco. Tellement pratiques que, selon les comités anti-bruit des communes de Ramatuelle, Grimaud ou Cogolin, l’été à Saint-Tropez, c’est chaque jour et pendant deux mois l’ambiance défilé aérien du 14 juillet. Les jours les plus fous, les habitants ont comptabilisé un vol d’hélico toutes les 7 minutes et ce de 7h30 à 21 heures: de quoi devenir fou.

La réglementation n’est donc, de toute évidence, pas respectée. Théoriquement, elle limite le nombre de vols quotidiens, les restreint à certaines plages horaires, et impose le respect d’une hauteur minimale de vol. Du coup, les protestataires ont menacé de faire du grabuge: rien moins que de bloquer la route des vacances menant à Saint-Tropez. L’Etat s’est aussitôt exécuté. Après avoir constaté une kyrielle d’infractions, il a imposé cette semaine la fermeture de l’hélisurface du fameux Château de Pampelonne, à Ramatuelle. Et d’autres sanctions du même type sont d’ores et déjà promises si les nuisances ne diminuent pas.

Même les plus fortunés impitoyablement sanctionnés: les gendarmes de Saint-Tropez, décidément, sont à féliciter.

PS: A propos de gendarmes et de Saint-Tropez, en ce moment la télévision M6, décidément la chaîne des daubes, programme tous les jeudis un épisode de la célèbre série des Louis de Funès – a-t-on constaté avec effarement hier soir. Un de Funès tous les dix ans, quand on est nerveusement très fatigué, soit et même volontiers. Mais chaque été la même série des «Gendarmes» invariablement reprogrammée par et sur la même chaîne: il devrait y avoir des procédures d’avertissement du Conseil supérieur de l’audiovisuel pour ce genre de fonctionnement si paresseux.

12/01/2007

Une différence

medium_couvVoici.jpgTorse musculeux, abdos d’acier, maillot de bain ultra looké, silhouette de top model: Harry Roselmack exhibe sa plastique avantageuse sur bon nombre de colonnes Morris et de devantures de kiosques de Paris, cette semaine. Il l’exhibe à son corps défendant, c’est le cas de le dire. Le joker de Patrick Poivre d’Arvor a été «paparazzié» à la plage lors de ses dernières vacances par «Voici», qui en a fait sa Une. Et a assorti le cliché ravageur de ce titre fondamental:«Harry Roselmack: plus sexy que PPDA?» (On n’a pas encore bien compris le point d’interrogation).
L’autre soir chez Denisot sur Canal, l’ex-joker de PPDA, Thomas Hugues, minaude en rosissant de plaisir alors qu'à ses côtés, sa femme, Laurence Ferrari, est en train d'assurer sans rire qu’il ressemble beaucoup à Wentworth Miller, la bombe tatouée de “Prison Break”.
Quand on voit la «pipolisation» des confrères de télé, on est décidément ravi du relatif anonymat qu’assure le journalisme de presse écrite.
B.DL.