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27/11/2015

Une évolution marquante

 Attentats, Politique, Personnalités Une journée bleu-blanc-rouge, ce vendredi, à Paris comme dans l'ensemble du pays. Puisque François Hollande a recommandé aux Français de pavoiser, en l'honneur de la Journée nationale d'hommage aux victimes des attentats du 13 novembre.

L'initiative tricolore de l'Elysée a été très bien accueillie en général, et au Parti socialiste en particulier. Il n'y a pas si longtemps, pourtant, ce parti n'était pas si à l'aise que cela, sur un tel sujet.

Ainsi, quand, en 2007, dans la dernière ligne droite de sa campagne présidentielle, la candidate PS Ségolène Royal avait sorti de son chapeau, à l'occasion d'un meeting, la proposition que chaque chaumière de France dispose d'un drapeau tricolore à domicile. Pour pouvoir fièrement l'arborer, lors des grandes occasions de communion nationale et républicaine. A l'époque, en coulisses, tout le monde ou à peu près, au sein de l'état-major du PS, avait grimacé. Une telle incursion du parti à la rose dans le registre patriotique-cocardier – jusqu'à présent l'apanage de la droite gaulliste ou souverainiste et de l'extrême droite –, ce n'était pas précisément dans sa tradition. Mais très peu de socialistes avaient osé publiquement s'émouvoir de la trouvaille de Ségolène Royal. Tout au plus les "camarades" les plus critiques l'avaient-ils mise sur le compte du caractère décidément imprévisible de la candidate, et de son socialisme si baroque.

Il n'empêche, ce vendredi donc, moins de dix ans plus tard, François Hollande à son tour convie la nation à se retrouver autour du drapeau tricolore. Et cela ne suscite plus le moindre débat, au Parti socialiste.

Depuis deux ans, on parle beaucoup de l'évolution du socialisme au pouvoir en ce qui concerne sa politique socio-économique (son "coming out" social-libéral). Bien placé dans le palmarès des ventes d'essais politiques en ce moment, le livre d'un confrère du "Monde" qui est entièrement consacré au tournant «militaro-sécuritaire» des socialistes, depuis que François Hollande est à l'Elysée – jamais avant lui un Président de la Ve République, à ce stade de son mandat, n'avait autant envoyé la troupe guerroyer à l'étranger. Ce vendredi, donc, illustre une autre évolution marquante du premier parti de la gauche française, cette fois dans son rapport à la Nation, à ses symboles et au patriotisme.

02/09/2015

Une péripétie judiciaire, fût-ce pas banale

Justice, Sécurité, Politique, Front national, Elections municipales Pas mal d'agitation médiatique autour d'un procès – il est vrai pas banal – qui se tient ce mercredi, en banlieue de Paris. Devant le tribunal correctionnel de Meaux (Seine-et-Marne), comparaissent une demi-douzaine de personnes devant répondre d'association de malfaiteurs et de dégradation de biens. Parmi eux, un ex-responsable local du Front national. Avec ses amis, il menait des virées nocturnes dans sa ville, lors desquelles notamment il mettait le feu à des voitures. Pour ensuite mieux dénoncer l'insécurité ambiante.

Une activité criminelle (présumée) menée à des fins politiques: le FN est évidemment un peu gêné par l'affaire, même s'il a exclu l'intéressé de ses rangs et a lui-même informé la police de ses méfaits. A contrario, les adversaires du Front se réjouissent de l'embarras dans lequel le plonge ce dossier. Qui, effectivement, illustre que la "dédiabolisation" alléguée par ce parti connaît, pour le moins, quelques failles locales.

Il ne faudrait toutefois pas déduire de ce rocambolesque fait divers que les responsables locaux du FN sont tous des zozos s'empêtrant dans des agissements qui, comme cela semble le cas ici, relèvent plus de la pathologie que de la politique. Ce serait trop simple. Pour s'en convaincre, il suffit de se reporter au sondage qui, un an après les élections municipales de mars 2014, analysa le sentiment des habitants de la dizaine de villes qui sont désormais régies par le Front.

Il montra que sept habitants sur dix de ces localités étaient satisfaits de leur maire, «score supérieur à la moyenne constatée auprès de l’ensemble des habitants des communes de 10.000 à 100.000 habitants (66%)». Cette enquête confirma aussi la banalisation du FN, aux yeux d'une part grandissante de l'opinion: un «sentiment d’indifférence éprouvé par une majorité relative des personnes interrogées (42%) à l’égard du fait de vivre dans une commune dirigée par un maire frontiste» – indifférence que l'on retrouve y compris chez les sondés de gauche (37%).

Dès lors, la "lepénisation des esprits" semble bel et bien réelle. Et, au-delà de l'émoi médiatique du moment, elle ne devrait pas fondamentalement être affectée par cette péripétie judiciaire ponctuelle que le FN doit gérer – même si, évidemment, il s'en serait volontiers passé.

22/11/2012

Une comparaison

L'UMP, en ce moment – son effarante saga électorale, pour la désignation de son président –, c'est ... «Tintin et les Picaros». La comparaison, qu'on a trouvée assez farce, a été faite hier soir sur l'antenne de TF1, devant François Fillon et en direct pendant le JT de 20 Heures: par Gilles Bouleau, son présentateur – qu'on n'imaginait pas si comique.

«Tintin et les Picaros», donc. François Fillon en général Alcazar. Jean-François Copé en général Tapioca. A moins que ce ne soit l'inverse. Et tout ce qui caractérise les guérillas entre caudillos de Républiques bananières: des allégations réciproques de tripatouillages électoraux, des accusations mutuelles de putsch, des trahisons à n'en plus finir, et des lieutenants avec le couteau entre les dents.

Pour poursuivre dans la métaphore, l'avenir du grand parti sarkozyste, vu son état désormais si avancé de déréliction, c'est vraiment «L'étoile mystérieuse». Même «Les sept boules de cristal» de la meilleure voyante de France n'y suffiraient pas, pour oser lui présager des lendemains glorieux.

21/11/2012

Un préféré, à Paris en tout cas

Politique, Paris, Partis, Personnalités, FillonIl a été battu dimanche soir, à l'échelle du pays, François Fillon. Dans sa bagarre avec Jean-François Copé pour la présidence de l'UMP. Mais, à Paris au moins, il n'y a pas photo: c'est lui le chouchou, lui le préféré des sarkozystes.

Dans la capitale, en effet, l'ex-Premier ministre a recueilli 58% des suffrages des adhérents UMP, loin devant son rival. C'était assez prévisible: la plupart des barons de la droite parisienne le supportaient. Jean-François Copé ne l'a dépassé que dans trois des vingt arrondissements.

Du coup, les fillonistes les plus optimistes se remettent à rêver à une éventuelle candidature de leur mentor à Paris, aux élections municipales de 2014.

François Fillon, maire de la «Ville lumière»? Dans un premier temps, l'UMP aurait surtout intérêt à y étoffer son réseau de militants, indispensables à toute campagne. Or, le scrutin de dimanche a montré combien le grand parti de droite comptait très peu de forces vives, à Paris: quelque 12.000 adhérents UMP seulement ont participé au vote.

12.000. Sur une population de 2 millions de Parisiens. A moins de deux ans d'une échéance électorale, c'est vraiment un support militant très très maigrichon, sur lequel bâtir une éventuelle campagne.

20/11/2012

Une vie de fous

Chaudes soirées décidément, cette semaine, pour les hommes politiques français. Dont les smartphones, hier soir encore, ont chauffé jusque tard dans la nuit. Ce qui illustre bien, si besoin en était, la vie de fous que mènent ces gens: le rythme de travail infernal qui est le leur.

Ainsi, à l'UMP sarkozyste, après la nuit blanche de dimanche à lundi, on a encore joué les prolongations vespérales, hier. Jean-François Copé n'a été proclamé président que vers 22h30. Et son rival malheureux, François Fillon, a patienté une heure encore avant de réagir. Ce qui n'a pas empêché les lieutenants des deux rivaux, voire les intéressés eux-mêmes, d'être, dès potron minet ce matin, dans les studios de radio et sur les plateaux de télé.

Réactivité et agitation identiques dans le camp du gouvernement, hier soir. A 23h10, une dépêche de l'AFP, labellisée URGENT, annonce que l'agence internationale de notation Moody's, à son tour, dégrade la note souveraine triple AAA de la France. A 23h26 précisément, tombe dans notre boîte électronique la réaction officielle de l'Etat français, par la voix du ministre Moscovici. Puis, quelques secondes plus tard, un court communiqué du même: «Suite à la décision de l’agence de notation Moody’s, Pierre Moscovici, ministre de l’Économie et des Finances, vous convie à un point presse». Point presse qui s'est tenu dès 8h ce matin, à Bercy.

Une vie de fous.

19/11/2012

Une inquiétante inaptitude

Politique, Partis, Personnalités, Fillon, CopéLes sarkozystes pas vraiment plus fortiches que les socialistes. Hier soir donc, si d'aventure et par extraordinaire cela vous avait échappé, l'UMP a vécu une nuit d'anthologie. Le scrutin interne que ce parti a tenu dimanche n'a pas réussi à départager de manière incontestable François Fillon et Jean-François Copé, qui prétendaient tous deux à succéder à Nicolas Sarkozy. Ce matin, chacun revendique la victoire. Et dénonce les fraudes ayant, dans plusieurs fédérations, émaillé le scrutin.

En 2008, pareil pataquès avait été vécu par le Parti socialiste. Un identique résultat très serré et d'analogues suspicions d'irrégularités avaient rendu impossible la proclamation, le soir même, de la victoire de Martine Aubry sur Ségolène Royal. Il avait fallu attendre deux jours avant qu'elle soit officialisée, à la grande fureur des ségolénistes.

Elle est assez inquiétante, cette inaptitude dont ont successivement fait preuve les deux plus grands partis politiques de France à tenir des scrutins internes à la validité incontestable.

Au passage, le fiasco électoral d'hier et son avatar socialiste de 2008 auraient-ils eu lieu non en France mais en Belgique, on imagine déjà les railleries méprisantes qu'on aurait entendues, ici: «une histoire belge», etc.

09/10/2012

Une «boutade volontaire»

Personnalités, Humour, Politique, Royal, FemmesSégolène Royal a obtenu hier soir un prix spécial, décerné par le jury du Prix Humour & Politique 2012. Prix dont on parlait l'autre jour (relire ici), et qui a désigné grand gagnant l'ex-ministre et député UMP François Goulard («Etre ancien ministre, c'est s'asseoir à l'arrière d'une voiture et s'apercevoir qu'elle ne démarre pas»).

La socialiste, elle, a été primée pour une petite phrase qu'elle avait lancée lorsqu'elle briguait l'investiture du PS pour la présidentielle de 2012: «Ce n'est pas plus mal que ce soit une femme qui soit élue pour faire le ménage».

Petite phrase en apparence assez effarante de sexisme primaire, mais que l'intéressée, présente à la cérémonie hier soir, a recadrée. Car, oui, oui, a-t-elle certifié aux membres du jury (*), cette sortie était une «boutade» au «caractère volontaire». Et ne relevait donc pas de ces «perles involontaires» que commettent souvent les politiques. «J'avoue avoir aggravé mon cas, en appelant de mes vœux "un bon coup de balai", ustensile dont les femmes, sorcières ou ménagères, sont réputées avoir un maniement expert», a plaisanté Ségolène Royal, dans un discours qu'on trouve plutôt pas mal troussé. Citant Camus («L'humour est une disposition d'esprit qui fait qu'on exprime avec gravité des choses frivoles et avec légèreté des choses sérieuses»), elle a pris pour preuve de son propre second degré le fait que les «mouvements d'émancipation (féminins) ont (toujours) su mettre les rieuses non pas du côté du manche, mais du côté du balai moqueur».

Personnalités, Humour, Politique, Royal, FemmesLa socialiste a dédié son prix «à tous ces hommes qu'un étrange plafond de verre retient d'investir plus hardiment un champ domestique»: «Bricoler, c'est bien. Sortir le chien, c’est pas mal. Descendre la poubelle, c’est un travail musculaire. Mais un horizon plus vaste n'attend que vos talents: osez le ménage! Bravez les traditions dépassées! Traquez en vous le machisme inconscient qui inhibe votre potentiel domestique! Risquez un vrai partage des tâches à la maison!»

Ségolène Royal aurait fait preuve d'une pareille éloquence dans la défense de son projet pour la France, aux présidentielles de 2007 puis de 2012, qu'à coup sûr, elle aurait été élue.

 

(*) Jury composé de vedettes du journalisme parisien, et – tiens donc – constitué à 80% de mâles. On ne rit plus.

17/09/2012

Une année pas très drôle

Perdrait-on notre humour, avec l'âge? Ou la vie politique française deviendrait-elle de moins en moins drôle, année après année? Ou était-ce simplement l'année 2012, électorale, qui n'a pas été spécialement comique?

Toujours est-il qu'on s'est moins esclaffé que d'habitude en prenant connaissance, dernièrement, des petites phrases nominées pour la distinction annuelle «Humour & Politique». Palmarès qui, pourtant, dans le passé, nous a déjà bien fait sourire (relire ici, ou encore ).

Par exemple, on n'est pas amusé mais effaré par cette sortie de l'ex-ministre sarkozyste Nadine Morano, qui lui vaut d'être nominée: «Me faire passer pour quelqu'un de raciste, je trouve cela choquant... Ma meilleure amie est tchadienne, donc plus noire qu'une arabe». De même, on trouve consternante et non comique l'étourderie langagière de son ex-collègue Nora Berra: «Je recommande aux personnes les plus vulnérables (sans-abri, nourrissons et personnes âgées) d‘éviter de sortir». On ne trouve pas davantage malin de la part de la socialiste Ségolène Royal d'avoir lancé à la cantonade, à la veille des primaires socialistes, «Ce n‘est pas plus mal que ce soit une femme qui soit élue pour faire le ménage». Quant à la saillie du sénateur UMP Pierre Charon sur Eva Joly («C'est un pour tous, tous pour un, et deux pour cent»), on a dû mal à ne pas la ranger parmi la cohorte de remarques péniblement sexistes voire racistes que dut endurer, pendant sa campagne, la candidate écologiste à l'Elysée.

A tout prendre, sur le même sujet et concernant la même personne, on trouve Daniel Cohn-Bendit (un peu) plus drôle: «Si tu te retires, ça crée un vide. Si tu continues, tu tombes dans le vide». On aime assez également, sans pour autant s'en extasier, la remarque très douce-amère de l'ex-député et ministre villepiniste François Goulard: «Etre ancien ministre, c'est s'asseoir à l'arrière d'une voiture et s'apercevoir qu'elle ne démarre pas». Ou cet aveu du sarkozyste Thierry Mariani: «C‘est plus facile de pacifier la Libye que l‘UMP». Mais cela ne vaut tout de même pas, selon nous, les phrases les plus cultes qui firent jadis la réputation de ce prix décerné par le Press Club.

Vivement l'an prochain, donc. Pour, espérons-le, une année politique un peu plus drôle, et dès lors une distinction annuelle plus cocasse.

05/04/2012

Une incrédulité générale

Elections présidentielles, Politique, Personnalités, Sarkozy, Hollande, Bayrou, Le Pen, Joly«Les promesses n'engagent que ceux qui y croient», assure une vieille maxime, cynique, de la vie politique française. Manifestement, ils sont de moins en moins nombreux à y croire, dans l'opinion. C'est ce qu'indique une étude réalisée par l'institut TNS-Sofres.

On y découvre que 88% des Français considèrent que, d'une manière générale, les politiques ne respectent pas les engagements qu'ils prennent en campagne électorale. Parmi ces neuf Français sur dix incrédules, 38% des sondés affirment carrément que les intéressés ont l'habitude de ne pas du tout tenir leurs promesses.

Des dix candidats à l'Elysée, le centriste François Bayrou et le socialiste François Hollande sont perçus comme les plus crédibles dans leurs engagements. Mais, pour l'un comme pour l'autre, les sondés défiants sont plus nombreux que les confiants. La frontiste Marine Le Pen et l'écologiste Eva Joly apparaissent comme les moins fiables. Concernant Nicolas Sarkozy particulièrement – dont le leitmotiv de ses meetings de 2007, était, pour rappel: «Moi, je ne vous trahirai pas, je ne vous décevrai pas, je ne vous mentirai pas», etc. – , il ne s'en sort pas trop mal. En effet, le nombre de Français jugeant qu'il n'a ni mieux, ni moins bien tenu ses engagements que ses prédécesseurs (40%) dépasse, de peu, la proportion de Français considérant, au contraire, qu'il a plutôt moins bien respecté ses promesses qu'eux (36%).

Il n'empêche, globalement, les résultats de cette enquête d'opinions ne sont pas à l'honneur de la classe politique. Qui sait faudra-t-il se souvenir de ce sondage dans une quinzaine de jours: si d'aventure les résultats du premier tour de la présidentielle confirment ce qu'annoncent et prévoient déjà pas mal d'analystes: un très fort taux d'abstention.

14/02/2012

Une si belle fête

Vu ce matin, au supermarché du coin, dans notre onzième arrondissement. Au rayon dentifrices, shampoings, mousses à raser, etc., un produit particulièrement mis en valeur, cette semaine. Lancé par un fabricant dont on aura la charité de taire le nom. Un «gel-douche aphrodisiaque». A «base de gingembre». C'est complètement idiot? C'est, par excellence, un attrape-nigauds? Mais non: c'est la Saint-Valentin.

Entendu hier soir, sur une radio. Selon un sondage, plus d'un Français sur cinq juge que c'est Dominique de Villepin le candidat à l'Elysée le plus sexy. C'est effarant, de sonder les présidentiables sur un tel critère? C'est consternant, que des médias puissent dépenser des milliers d'euros pour un tel sondage? Mais non: c'est la Saint-Valentin.

Une demi-heure plus tard, hier soir toujours, à la télé cette fois. Christine Boutin renonçait à sa candidature à l'Elysée, et annonçait son ralliement à Nicolas Sarkozy. La très conservatrice et catholique ex-candidate, croisée de la lutte contre l'égalité des droits, a justifié son retrait par le refus sarkozyste de l'homoparentalité et de l'ouverture du mariage aux couples de même sexe. Accessoirement, elle a monnayé son renoncement contre la promesse que son micro-parti pourrait présenter une centaine de candidats, aux élections législatives de juin. Pas très glorieux, ce Pacs Boutin-Sarkozy? Assez rance pour tout dire, une telle alliance? Mais non, c'est la Saint-Valentin.

Quelle belle fête, décidément.

14/11/2011

Une cour de récréation

Nicolas Sarkozy se dope. Comme beaucoup de sportifs de haut niveau, de cadres supérieurs surmenés, et de leaders politiques en fin de campagne électorale. C'est ce que l'on pouvait déduire des propos du ministre Luc Chatel, hier soir sur une radio, où il était l'invité d'une grande émission politique dominicale. Il se dope, puisque, révélait ce ministre, le chef de l'Etat a... «une potion magique»!

Et puis non, finalement, il ne se dope pas. Car, précisait l'intervenant, la potion magique du chef de l'Etat, ce n'est pas un produit remontant illicite. C'est un élixir magique qu'il a en lui, de manière innée: l'élixir de l'énergie, de la ténacité, du volontarisme, et blablabla. D'ailleurs, ajoutait ce ministre un peu fayot, s'il fallait comparer Nicolas Sarkozy à un personnage de BD, ce serait assurément au Gaulois Astérix. En revanche, le socialiste François Hollande, ce serait plutôt «Babar, le roi des éléphants».

Ce matin sur une autre radio, un proche du candidat socialiste à l'Elysée ne décolérait pas. «Franchement... Quand on est ministre de l'Education, on n'est pas dans une cour de maternelle!», s'époumonait-il. «Cette campagne présidentielle doit avoir une autre tenue », et cette histoire de Babar «en dit long sur la situation de la droite».

Un niveau de cour d'école? L'an dernier, un éminent baron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, n'avait rien trouvé de mieux que de moquer le côté «un peu balourd, un peu gauche» du chef de file des députés UMP, Christian Jacob, en le rebaptisant Rantanplan, du nom du cabot niais de Lucky Luke.

De part et d'autre, donc, encore bravo.

13/10/2011

Une si grande finesse

politique,personnalités,histoire,copéIl est grand temps que ces primaires socialistes pour 2012 s'achèvent. Temps, pour... la droite. Qui, ces derniers jours, n'en finit plus de se ridiculiser avec des comparaisons particulièrement absurdes. Ainsi, ce jeudi, dans les rangs de l'UMP y compris, bon nombre n'en étaient toujours pas revenus de l'analogie faite la veille par le n°1 de ce parti, Jean-François Copé, avec le troisième candidat du premier tour de dimanche: Arnaud Montebourg.

 

Qui donc, dans la bouche du patron de l'UMP, a été comparé rien moins... qu'aux «bolcheviks de 1917». Car ces derniers, à en croire le parti sarkozyste, se seraient parfaitement retrouvés dans les deux marottes de ce socialiste: la mise sous tutelle des banques et le protectionnisme européen.

 

Alors, on peut bien sûr de ne pas du tout être convaincu par les thèses du héraut de la «démondialisation». On a parfaitement le droit de juger ce dernier concept fumeux, voire périlleux pour la France s'il venait un jour à y être mis en oeuvre. Il n'est même pas illégitime de s'interroger sur la crédibilité du travail de reprofilage d'image qui a été le sien: métamorphose qui, en gros, a transformé ce gentleman-farmer bourguignon en défenseur de la veuve et de l'orphelin. Tout cela, pourquoi pas, peut susciter d'intéressants débats.

 

Mais tout de même: les bolcheviks...

 

Vu la si grande finesse d'analyse qui semble de mise en ce moment à l'UMP, on ne serait pas autrement étonné si, dimanche soir, ce parti en venait à assimiler le candidat investi par le PS pour 2012 à... Pol Pot, le leader des khmers rouges qui, dans les années 70, génocidèrent le Cambodge.

 

Encore bravo.

29/09/2011

Une sanction prévisible

C'est un jugement populaire largement injustifié, mais sans doute était-il couru d'avance avec cette actualité en France qui, depuis, la rentrée, associe si souvent la classe politique à des histoires d'enveloppes d'argent liquide, de valises de billets de banque venues d'Afrique, de commissions occultes, voire d'association de malfaiteurs. La sanction est là: selon un sondage TNS- Sofres, trois quart des Français (72%) jugent désormais que, d'une manière générale, leurs élus et dirigeants politiques sont plutôt corrompus.

 

On atteint un pic en la matière, puisque «ce jugement critique est le plus fort jamais mesuré depuis 1977, date à laquelle la question a été posée pour la première fois par TNS Sofres. Il est en outre en augmentation de 4 points par rapport à juillet 2010, qui était déjà un record». Cette défiance se retrouve majoritairement dans toutes les couches de la population, mais est proportionnellement plus élevée chez les jeunes que chez les séniors.

 

Quelques jours avant cette enquête, un autre sondage avait déjà donné une idée de l'impact que pourrait avoir ce climat délétère sur, cette fois, le résultat du premier tour de l'élection présidentielle, dans sept mois. «Marine Le Pen en nette progression»: là aussi, c'était sans doute couru d'avance. Comme le note Jérôme Sainte-Marie, de l'institut CSA, la présidente du Front national, «portée par une actualité favorable et une forte présence médiatique, progresse, passant de 15% au mois d’août à, selon le candidat socialiste testé, 18, 19 ou 20%. Ce mouvement est remarquablement élevé dans les catégories populaires et chez les jeunes».

27/05/2011

Une chute vertigineuse

C'était à prévoir, mais cela n'en reste pas moins saisissant. Les déboires new-yorkais de Dominique Strauss-Kahn lui font perdre... plus de 30 points dans la dernière livraison du baromètre mensuel Ifop Paris-Match, qui mesure la popularité des personnalités politiques. L'ex-patron du FMI y dégringole de la première à la septième place. Et ne recueille plus que 42% de bonnes opinions – mais 52% de mauvaises. Il conserve un solde d'opinions positives chez les sympathisants de gauche et les ouvriers, mais s'effondre chez les électeurs sans sympathie partisane affirmée: à 19% seulement de bonnes opinions, contre 68% de mauvaises.

Selon une autre enquête publiée cette semaine, réalisée par le même institut, l'«affaire DSK» a dégradé l'image des politiques aux yeux d'un certain nombre de Français. En effet, à la question «Diriez-vous que cette affaire change plutôt en bien, plutôt en mal ou ne change pas l'image que vous avez des personnalités politiques en général?», 39% des personnes interrogées – ce qui n'est tout de même pas rien – répondent «plutôt en mal». Le scandale, cependant, ne modifie en rien le regard porté sur la politique par une majorité de Français (59%).

Curiosité de ce sondage: pour 2% de l'opinion, cette si glauque affaire change plutôt en bien l'image des personnalités politiques. Là, on l'avoue, on ne comprend pas.

02/05/2011

Une (autre) question de moyens

«En cette période de crise, la France n'a plus les moyens d'accepter une immigration à caractère social». Le leader de l'UMP Jean-François Copé dixit, pour justifier la fermeté du gouvernement face aux Tunisiens candidats à l'immigration en France – on en parlait mercredi dernier, dans ce blog. Cela n'a strictement rien à voir, c'est juste un hasard de calendrier, mais cette coïncidence n'est tout de même pas banale. Peu avant que cet argument de l'impécuniosité soit brandi, le Journal officiel publiait des montants qui, eux, montrent que, pour certaines choses en tout cas, la France ne manque pas vraiment de moyens.

Cela concerne le plafond des dépenses de campagne électorale qui seront permises à chaque candidat du prochain scrutin présidentiel, en 2012, et qui seront ensuite partiellement remboursées par l'Etat. Ce plafond sera précisément de 16.851 millions d'euros, par candidat. Les deux participants au second tour du scrutin, eux, pourront dépenser jusqu'à 22,509 millions d'euros chacun. Ce montant est en hausse de 4,26% par rapport à la présidentielle de 2007, année où plus de 75 millions d'euros avaient été dépensés par les candidats (dont 44 millions pris en charge par l'Etat). Ce plafond pour 2012 consacre une hausse de 23% par rapport à la présidentielle de 2002 – la plus chère de l'Histoire française: elle avait coûté quelque 53 millllions d'euros à l'Etat.

Pas de moyens d'un côté, beaucoup de moyens de l'autre. Ceux qu'embarrasserait la collision entre ces deux actualités argumenteront probablement que les dépenses de campagne électorale font partie du prix à payer pour la démocratie.

29/03/2011

Un grand vide

shadock.jpgPour compléter et achever cette évocation des dix ans de règne de la gauche à Paris, cet avis de l'opposition sur le bilan de Bertrand Delanoë. Comme on a pu le lire l'autre jour dans une tribune dans «Le Figaro», signée par le ministre et conseiller de Paris Pierre Lellouche, ce n'est que du bout des lèvres que la droite crédite le maire de quelques réussites. «Des initiatives nouvelles ont été prises, telles que le tramway ou Vélib', qui ont ouvert des perspectives en matière de transport urbain». Et «la convivialité (a été) accrue dans notre ville, par l'instauration notamment de rendez-vous festifs dont l'exemple le plus notoire est Paris-Plages». Mais, pour le reste, tout serait à jeter.

La propreté? «Très médiocre». La gestion financière? «Tout sauf optimale». L'urbanisme? «Des caprices tels le chantier pharaonique des Halles», et «des dépenses mégalomanes». Sans oublier une «politique antivoiture idéologique» et «l'absence totale d'une réflexion sur le développement économique de notre capitale». Conclusion (ici)? Delanoë, ce sont «dix ans, dix flops»  –  et peu importe que les sondés parisiens ne soient pas de cet avis.

Ce sur quoi la droite parisienne ne s'étend pas, c'est sur l'énorme vide que l'on peut constater en son sein, dix ans après le basculement à gauche de la capitale. En effet, à ce jour, Bertrand Delanoë n'a, face à lui, toujours pas la moindre personnalité de l'opposition faisant l'unanimité dans son camp et donc susceptible d'incarner l'alternance.

Françoise de Panafieu, l'adversaire malheureuse du maire aux dernières municipales? Disparue de la circulation parisienne: en attente d'être recasée à l'échelon national – on parle d'elle pour le futur poste de Défenseur des droits. L'ex-Garde des Sceaux Rachida Dati? Ce n'est pas demain qu'elle arrivera à faire l'unanimité. Le député-médecin Bernard Debré? Pareil. La ministre de l'Economie Christine Lagarde? On en a parlé, un moment, et puis on n'en parle plus du tout. Jean-Marie Cavada, l'ex-star de la télé ? Disparu de la circulation, lui aussi. Le ministre Pierre Lellouche? Il a déjà eu toutes les peines du monde à entrer au gouvernement... Sa jeune collègue des Sports, Chantal Jouanno? Pas sûr qu'elle soit très connue à Paris en dehors du microcosme politico-médiatique.

clown.jpgDu coup, pour (tenter de) faire oublier (un peu) ce vide abyssal, l'UMP en est réduite à agiter régulièrement l'épouvantail sarthois du Premier ministre François Fillon. Et, en attendant, la régence des troupes sarkozystes parisiennes est assurée par l'ex-ministre des Sports Jean-François Lamour. Qui est le seul toléré par ses pairs pour cet interrègne, parce qu'il semble évident qu'il ne s'imposera jamais comme rival de Bertrand Delanoë.

Ce dernier donc, en dix ans, a fait le vide face à lui. Pratiquement, cela n'améliore en rien le vécu quotidien des Parisiens. Mais, politiquement, ce n'est pas le moindre des acquis du maire de Paris.

25/03/2011

Une expérience

électionscantotox.jpgOn vote en France dimanche. C'est le second tour des élections cantonales. Si l'on en croit les sondages, le FN en sortira renforcé. Mais faut-il vraiment prendre ces enquêtes d'opinion pour argent comptant? On n'en a jamais été trop sûr. Et, au vu de la petite expérience qu'on a faite l'autre jour, on n'en est pas davantage certain.

On était au bureau, lorsque le téléphone sonnait. Au bout du fil, un enquêteur de la Sofres, qui effectuait un sondage d'intentions de vote sur, précisement, ce second tour des cantonales. On n'avait pas que cela à faire. On ne brûlait pas spécialement d'envie de s'exprimer sur le sujet. Mais on se pliait au jeu. En se disant que notre jeune interlocuteur devrait sans doute, ce jour-là, se taper des dizaines de coups de fil similaires pour un salaire probablement pas mirobolant, et donc qu'on pouvait au moins lui rendre service. Cependant, on n'a pas été très convaincu par l'expérience. Quelques exemples.

On était d'abord prié d'indiquer notre intérêt pour ce scrutin. En choisissant entre plusieurs réponses: de mémoire, «très intéressé», «plutôt intéressé», «plutôt pas intéressé», «pas du tout intéressé», etc. On faisait remarquer que professionnellement, en tant que journaliste, oui, on était intéressé par la chose. Mais que, personnellement, on ne l'était pas du tout, puisque les Parisiens ne votent pas, dimanche – Paris a un statut départemental particulier. «Oui, mais deux réponses, ce n'est pas possible: vous devez en choisir une seule», s'entendait-on répondre. On coupait donc la poire en deux, tout en se disant que ce compromis reflétait assez imparfaitement notre sentiment. Autre question: on devait préciser pour qui on allait voter dimanche. On répétait qu'en tant que Parisien, on n'était pas appelé aux urnes. «Oui, mais il me faut une réponse», objectait notre sondeur. Qui nous suggérait donc d'indiquer pour qui on aurait voté. On s'exécutait, mais, là encore, on trouvait que cela n'avait pas grand sens. Autre question, encore: notre avis sur l'enjeu qui va motiver l'électeur moyen dimanche, dans l'isoloir: enjeu local ou enjeu national? En tant que journaliste, on savait bien que la réponse devait être nuancée: selon le type d'électorat, l'accointance politique, la région, etc. Mais, en tant que sondé, on n'avait pas le choix: il fallait répondre blanc ou noir, national ou local. Là encore, on obtempérait, mais sans davantage trouver notre réponse très représentative de notre sentiment. Et ainsi de suite.

Au bout de dix minutes, notre sondeur prenait congé. Manifestement ravi du travail accompli: un répondant de plus, au suivant. On se replongeait dans la rédaction de notre article du jour. Tout en se disant que, tout de même, pour la validité de ce sondage, la Sofres avait intérêt à ce que les 999 autres sondés de l'échantillon soient, eux, plus convaincus que nous par leur prestation.

17/02/2011

Un langage

nombril.jpgComme tous les métiers combinant une forte notoriété publique et une grosse charge de travail, la politique nécessite une fameuse dose d'ego. Et un certain nombrilisme? C'est ce qu'on pourrait déduire d'une étude sortie il y a quelques jours, consacrée au langage des personnalités politiques françaises. On y découvre qu'en France, le mot préféré des politiques – mais sans doute est-ce la même chose dans tous les pays et dans toutes les langues – n'est autre que le terme... “je” .

Pour cette étude, les discours, interviews et autres interventions de 35 personnalités politiques françaises, prononcés entre janvier 2000 et juin 2010, ont été disséqués. Au bas mot, c'est le cas de le dire, 500.000 termes de chacune de ces personnalités ont été passés au peigne fin. Il en ressort donc que c'est le “je” qui y revient le plus souvent. A raison de 22,97 occurrences par 1000 mots, très précisément. Nicolas Sarkozy est le champion toutes catégories de l'utilisation du “je” –  comme du “moi”, d'ailleurs. Le suivent la socialiste Ségolène Royal et le centriste François Bayrou. Rien d'étonnant à cela: comme le signalent les auteurs de cette étude, ce nombrilisme lexical est «le reflet, sans doute, d'une présidentielle 2007 très axée sur la personnalité même des candidats, avec un besoin d'incarner sans doute plus fort encore qu'auparavant dans la Ve République».

Sinon, on trouve davantage de confirmations que de révélations dans ce travail. Et même quelques constatations qui enfoncent des portes ouvertes. Ainsi, rien d'étonnant à ce que les termes “immigration” ou “sécurité” soient beaucoup utilisés par les ministres de l'Immigration et de l'Intérieur respectivement. Quelques petites informations pas totalement inintéressantes, tout de même.

Ainsi, pendant la période étudiée, c'est le tribun souverainiste Philippe de Villiers qui a le plus utilisé le plus le mot “France”. La socialiste Martine Aubry, elle, est de loin celle qui emploie le plus souvent le mot “social”. La mère de la loi sur les 35 heures a aussi le plus fréquent recours au terme “travail”, mot qu'emploie beaucoup aussi Nicolas Sarkozy («réhabiliter la valeur travail», etc). Jean-Marie Le Pen adore évoquer "l'Europe" et la "nation". François Bayrou ne cesse de parler de la "démocratie" et des "citoyens". Jacques Chirac a un tic verbal – si par extraordinaire cela vous avait échappé, c'est le terme "naturellement". L'écologiste Cohn-Bendit met surtout en avant des "problèmes". Et Marine Le Pen utilise énormément le qualificatif "national" alors que son père, lui, parlait plus volontiers du "peuple".

mots.jpgEt, pour conclure sur le sujet, cette anecdote prouvant à merveille, une fois de plus et si besoin en était, combien le langage traduit/trahit décidément le locuteur. Les termes "Nicolas Sarkozy" ont été cités le plus souvent par... le jeune trotskiste Olivier Besancenot, jadis couronné dans les sondages comme étant le meilleur opposant au Président. Et ils ont été cités le moins souvent par, on vous le donne en mille, le meilleur ennemi-ami de 30 ans de l'hôte de l'Elysée: un certain Jacques Chirac.

03/09/2010

Une sélection

Sourions un peu, pour bien terminer la semaine. Car hier, le Press Club de France a dévoilé sa sélection des nominés à son Prix annuel récompensant la personnalité politique qui, dans l'année écoulée, s'est distinguée par une tirade (volontairement ou non) magistralement comique – Prix qu'on a déjà évoqué à plusieurs reprises dans ce blog, ces dernières années (relire ici, ou ).

Le millésime 2010 n'est pas mal. Pour notre part, si on était membre du jury, notre palmarès serait le suivant. Sur la troisième marche du podium, l'eurodéputée écologiste et ex-juge de choc Eva Joly, pour cette répartie qui fit hurler (hurler de rage, pas de rire) ses alliés socialistes: «Je connais bien Dominique Strauss-Kahn : je l'ai mis en examen». La médaille d'argent, on l'octroierait bien volontiers au ministre de la Culture Frédéric Mitterrand: ex-star de la télé, dont le débauchage par Nicolas Sarkozy fit jadis grand bruit, mais qui, depuis, se révèle être un ministre un peu pâlichon. Sa petite phrase nominée pourrait d'ailleurs être prise comme un aveu implicite: «Quand on m'appelle Monsieur le ministre, j'ai toujours l'impression que Jack Lang va surgir derrière moi!» Notre Grand Prix de l'humour politique, on le décernerait sans une seconde d'hésitation à la si bling bling ex-ministre de la Justice Rachida Dati, désormais exilée à Strasbourg mais dont on continue à voir la bobine à peu près chaque semaine dans les kiosques de Paris, au rayon des magazines de papier glacé. Rachida Dati donc, selon nous Médaille d'or pour cette impayable déclaration: «Je n'ai jamais cherché à attirer l'attention des médias».

Espérons en tout cas que la petite phrase cocasse qui l'emportera cette année sera aussi mémorable que celle qui, l'an dernier, avait été couronnée: la réflexion si désabusée mais si réaliste du maire de Paris, Bertrand Delanoë: «Le vrai changement au PS, ce serait de gagner».

15/06/2010

Un combat

metroDUROCK.jpgC'est l'été à Paris. Même si ce n'est pas flagrant d'un point de vue météorologique, il y a des signes qui ne trompent pas. Ainsi, a-t-on aperçu l'autre jour, la station de métro «Duroc» a été temporairement rebaptisée «Durock» et décorée, sur tous ses panneaux publicitaires en 4×3, de photos et d'affiches de groupes musicaux. Un rhabillage à l'occasion du festival «Rock en Seine».

Le lancement de la saison des grands festivals musicaux en plein air, c'est, en région parisienne comme ailleurs, le signal par excellence du début de l'été. Cette année encore, du reste, les Parisiens amateurs de rock vont se prendre la tête pour faire un choix. En effet, les deux grands festivals du début de la saison, qui tous les ans attirent chacun des dizaines de milliers de spectateurs, auront lieu le même dernier week-end de juin. Et, entre eux, ce sera le choc des titans. D'un côté, «Rock en Seine» donc, au domaine de Saint-Cloud, avec à l'affiche Stereophonics, LCD Soundsystem, The Kooks, Massive Attack, Eels ou Roxy Music. De l'autre côté «Solidays», à l’Hippodrome de Longchamp, avec Pony Pony Run Run, M, Olivia Ruiz, Ginzhu, les BB Brunes ou Vanessa Paradis.

Parlant de festivals de rock, certains ne sont pas appréciés par un certain public. L'a encore rappelé hier l'actualité judiciaire. Qui, devant le tribunal de grande instance de Nantes (Loire-Atlantique), a vu s'opposer la Confédération nationale des associations familiales catholiques de France (CNAFC) et les organisateurs du prochain festival de rock heavy metal «Hellfest».

homersimpsonnevertoooldtorock.jpgDébut avril déjà, les alliés les plus conservateurs de Nicolas Sarkozy (Christine Boutin, Philippe de Villiers, etc.) avaient protesté en vain, à l'Assemblée, contre la tenue de ce «festival sataniste» et contre son subventionnement par les pouvoirs publics. Car cette manifestation selon eux «promeut et véhicule la culture de mort». Et est dédié à une musique à même d'«influencer négativement des jeunes en fragilités psychologiques, au point de les amener à poser des actes graves et violents». Dans la foulée, l'association catholique voulait que les organisateurs d'«Hellfest» soient contraints par la justice à leur communiquer les textes des chansons qu'interpréteront les 114 artistes attendus à ce festival. A ses yeux, en effet, en présence d'un tel type de rock, le «principe de précaution» est de mise. Et celui-ci exige «de protéger en particulier les populations les plus fragiles» contre «toute atteinte aux intérêts spirituels, moraux et matériels des familles». Hier, toutefois, le tribunal a débouté l’association de ses demandes, qui selon lui auraient pu porter atteinte à la liberté d’expression.

Dans sa lutte contre le heavy metal, donc, le lobby catholique a jusqu'à présent été vaincu en France, sur les plans tant politique que judiciaire. Reste à voir si, dans ce cas, il s'agit là aussi d'un choc des titans ou plutôt d'un combat d'arrière-gardes.