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11/03/2016

Une double image à rehausser

Publicité, Tourisme, Economie, International, Art de vivreAir France a choisi ce jour de vendredi, magnifiquement doux et ensoleillé à Paris, pour divulguer les nouveaux visuels de sa dernière grande campagne de promotion en date. "Air France, France is in the air" (agence BETC), ainsi qu'elle est dénommée.

Une campagne vraiment très réussie, à notre humble avis: drôle, pétillante, dynamique, etc. – elle met même en scène un... "French kiss".

Parmi ces nouveaux visuels, une image d'Epinal de la "Ville lumière": celle de la belle Parisienne attablée en terrasse. Le cliché a été sélectionné «afin d'inviter au voyage à Paris». Il se veut «un témoignage positif, relayant auprès du public mondial une image symbolique de la France».

Cet «esprit French touch» se retrouvera dans les messages qui, à partir d'aujourd'hui en France, seront diffusés dans la presse papier, le digital et sous forme de panneaux publicitaires. Dans le même temps, la campagne de promo se développera dans les médias de six des dix «grands marchés prioritaires» de la compagnie aérienne française: Allemagne, Brésil, Canada, Chine, Espagne, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Singapour.

Air France ne peut pas se rater, avec une telle campagne. Il lui incombe, en effet, de redresser deux images particulièrement dégradées.

Publicité, Tourisme, Economie, International, Art de vivreL'image de Paris, d'abord, après les attentats de janvier et de novembre 2015 – qui ont fait dégringoler la fréquentation touristique internationale.

L'image de la compagnie aérienne elle-même, ensuite. Puisque, l'an dernier, la mésaventure survenue à ses deux infortunés directeurs, poursuivis par une horde de grévistes jusqu'à en perdre leur chemise, a été filmée et diffusée par les télés du monde entier. Et cet incident, de même que son retentissement, n'ont pas peu écorné la conception du "French art de vivre" que l'on a de l'Hexagone, à l'étranger.

02/02/2016

Un marketing curieux (encore et toujours)

cinéma,culture,publicité,commerce,etrangers,racisme,immigrationSortie en salles, demain mercredi, du film "Chocolat". Il narre le destin de Rafael Padilla (1865-1917). «Clown nègre», premier artiste noir de la scène française, coqueluche du tout-Paris à l'époque – il inspira même Toulouse-Lautrec. Succès probable, pour ce film, ne serait-ce que parce que le personnage de "Chocolat", nom de scène de cet artiste, est campé par Omar Sy: une des personnalités préférées des Français.

Puisque c'est bien dans le sujet de la représentation «des races» – comme dirait l'ex-ministre sarkozyste Nadine Morano –, signalons la chose, au passage: la poursuite de la distribution, dans les magasins de la chaîne Monoporix, d'un produit dont le marketing avait pourtant été très contesté, il y a six mois (relire ). Des tablettes de chocolat dont l'emballage est illustré par des photographies de visages de jeunes Africains ou Antillais. Le degré de noirceur de leur peau étant censé illustrer le type de chocolat vendu: au lait ou pas, etc.

Accusé de «racisme ordinaire», Monoprix avait assuré n'avoir jamais eu «aucune intention de heurter». Puis avait annoncé qu'elle était «en train de faire évoluer ce pack» controversé. Mais on trouve toujours ces chocolats présentés de la sorte dans les rayons de tous les Monop' de France et de Navarre, ainsi que (mais en partie seulement, à première vue) sur la boutique en ligne de cette enseigne. Seule différence: les réseaux sociaux, qui s'étaient beaucoup mobilisés sur l'affaire il y a six mois, sont, depuis, passés à autre chose.

L'histoire ne dit toujours pas si les clients et consommateurs de Monop' trouvent cela appétissant.

29/10/2015

Une respiration bienvenue

Heureuse surprise, dans le métro ce matin. Ça et là, sur les quais de stations, quelques panneaux publicitaires en 4 par 3 qui accueillent, non plus de la réclame – si fatigante, à la longue –, mais de la photographie d'art.

Car la RATP a décidé de donner carte blanche au photographe Philippe Halsman (1906-1979), qui est à l'honneur en ce moment au Musée du Jeu de Paume: une exposition rétrospective lui est consacrée. Du coup, seize stations et gares du réseau de transports parisien arborent en format géant des photos d'époque, le plus souvent souriantes, de stars comme Marylin Monroe, Dali, Mohamed Ali, Jean Cocteau ou Grace Kelly. Cela change agréablement des placards de pub faisant les louanges de smartphones, de doudounes ou de lessiveuses. Au printemps, déjà, dans un nombre identique de stations, la RATP avait sacrifié des pubs au profit de photographies du Belge Harry Gruyaert.

Pour la régie publicitaire de la RATP, Metrobus, ce genre de partenariats culturels entraîne un manque à gagner, en termes de recettes. Raison pour laquelle elle ne les multiplie pas tous les quatre matins. On peut d'ailleurs se demander si de telles opérations se poursuivront, à l'avenir.

Metrobus, en effet, pourrait bientôt être contrôlée à 100% par les sociétés JCDecaux et Publicis Groupe. Elles détiennent actuellement 33% de son capital, et sont en négociations exclusives pour sa prise de contrôle totale. Or, ces deux sociétés sont des multinationales à cash: notoirement plus soucieuses de profits et de rentabilité que de respirations artistiques.

26/06/2015

Une communication très orientée

Une fois n'est pas coutume, un sujet très léger, pour bien achever la semaine. Un petit retour sur cette controverse assez ridicule qu'a provoquée Ségolène Royal, l'autre jour, à propos du Nutella – si par extraordinaire cela vous avait échappé, un résumé de cela par exemple .

De tout ce débat, les Français ont sans doute retenu qu'ils n'avaient pas à culpabiliser: pouvaient continuer à engouffrer leur pâte à tartiner préférée, au petit-déjeuner ou au goûter. A fortiori – cela leur a été dit et répété – qu'elle a un petit côté «made in France». Mais oui, le Nutella, en Normandie, ce sont des centaines d'emplois.

Oui, mais non.

Autant on peut argumenter pour ou contre le côté écologiquement correct de ce produit, ou pas, autant il est difficile de lui trouver le moindre bénéfice en termes de santé. Vu que le Nutella, c'est avant tout, et pas qu'un peu, ... du sucre et du gras.

A ce sujet, une union de consommateurs a mis en ligne une petite vidéo qui déconstruit bien la communication de Ferrero. Elle relève que les campagnes publicitaires de cette marque relatives au Nutella mettent en avant les composants de ce produit qui sont valorisants (les noisettes, le lait et le cacao). En revanche, elles ne précisent bien sûr pas que les deux tiers de la recette de la pâte à tartiner proviennent de deux ingrédients qui, eux, d'un point de vue nutritionnel, n'ont rien d'affriolant: le sucre et l'huile – qui ne contribuent pas peu à l'obésité infantile.

C'est vieux comme le monde, cette technique publicitaire. Mais cela continue à marcher, visiblement.

Longue vie, donc, au Nutella.

03/06/2015

Un marketing curieux

Publicité, Commerce, Gastronomie, Etrangers, Immigration, RacismeLes produits, depuis, ont été retirés des rayons des magasins concernés, mais, puisqu'on n'a pas encore eu l'occasion de la signaler, évoquons cette faute de goût commise par l'enseigne Monoprix, dernièrement: Monop', les supermarchés préférés des bobos parisiens.

Dans sa gamme "Monoprix Gourmet", elle n'a rien trouvé de mieux que de commercialiser des tablettes de chocolat dont l'emballage a fait grimacer des associations de lutte contre le racisme. Le paquet de chocolat noir «72% de cacao» était illustré par une photographie d’un jeune homme noir. Le «chocolat au lait fondant» arborait le visage d'une métisse. Et sur l'emballage du «chocolat blanc, morceaux de spéculoos», une belle photo d'un bon petit Français "de souche"? Au visage bien pâle? Non, non: juste la représentation de carrés de chocolat de cette couleur.

Pourquoi donc, de ces trois chocolats Monop', seul le blanc n'est-il pas incarné, sur son packaging, par une personne? Est-ce une façon équitable de présenter les choses, a fortiori pour du chocolat censé issu du commerce équitable? Y a-t-il un message subliminal que ces visuels différenciés cherchent à faire passer? Si oui, lequel et au nom de quoi? Aux internautes et usagers des réseaux sociaux qui posaient toutes ces questions, voire dénonçaient un «racisme ordinaire chez Monoprix», l'enseigne n'a pas répondu précisément. Elle a assuré n'avoir jamais eu «aucune intention de heurter». Et a annoncé qu'elle était «en train de faire évoluer ce pack» controversé.

Cela fait un petit temps déjà que l'engagement a été pris. Depuis, cependant, – on l'a encore vérifié ce matin –, la boutique en ligne Monoprix propose toujours ces chocolats, présentés de la sorte.

L'histoire ne dit pas si les clients et consommateurs trouvent cela appétissant.

02/04/2015

Une «neutralité» très discutée

La régie publicitaire de la RATP, Metrobus, fait reparler d'elle. Parce qu'elle a, une nouvelle fois, imposé une modification dans une campagne de pub destinée au réseau de transports parisien. Un réflexe décidément habituel, de sa part – se souvenir de l'émoi que Metrobus avait déjà suscité, ces dernières années, en refusant une campagne pour le Salon du mariage gay, ou en faisant supprimer toute allusion au tabac dans des affiches représentant Serge Gainsbourg ou Jacques Tati.

Cette fois, il s'agit d'une affiche pour un spectacle du groupe Les Prêtres, à l'Olympia, dont les recettes seront reversées à des actions humanitaires en faveur des chrétiens martyrisés d'Orient. Metrobus a exigé et obtenu que la mention "au bénéfice des chrétiens d'Orient" soit retirée de l'affiche. Au nom de son refus constant de «toute publicité présentant un caractère politique ou confessionnel». Au nom, également, de son obligation de respecter le «principe de neutralité du service public». Selon elle, ce principe interdit à une campagne publicitaire destinée à son réseau de «prendre parti dans un conflit, de quelque nature qu'il soit» – et au-delà du caractère légitime de «l'émotion que suscite la situation dramatique des chrétiens d'Orient»

L'évêque Di Falco Léandri, promoteur du spectacle, l'a très mal pris. «Ce n'est pas prendre parti dans un conflit à l'étranger que de vouloir venir en aide à des populations en danger, qu'elles soient chrétiennes, musulmanes ou autres», a-t-il martelé. Selon lui, refuser cette mention sur l'affiche, c'est «confondre la laïcité avec l'intégrisme laïc». Et les opposants à cette décision de rappeler que, très régulièrement, des panneaux publicitaires de la RATP affichent des campagnes d'appel à dons émanant d'associations comme le Secours islamique ou le Secours catholique.

Du coup, évidemment, sur les réseaux sociaux notamment, les milieux catholiques s'agitent. Toujours très prompts à voir de la «cathophobie» partout, ils assimilent la décision de la RATP à un acte «anti-chrétiens». L'extrême droite n'a pas tardé à relayer ce courroux. «Votre intolérance et votre absence totale de compassion sont très choquantes». C'est ce que vient d'écrire le patron du FN de Paris, dans la lettre ouverte qu'il a adressée ce matin à la haute direction de la société de transports.

09/02/2015

Une campagne qui tombe mal

Sportifs de haut niveau, comédiens, personnalités du monde de la mode, vedettes du show-bizz en tout genre: de nombreux people français figurent dans la liste des évadés fiscaux qu'ont mise au jour, hier soir, les révélations sur le scandale «SwissLeaks» – le gigantesque mécanisme international de fraude fiscale, au départ de la filiale suisse de la banque HSBC. Parmi ces stars hexagonales ayant succombé aux sirènes de l'évasion fiscale, une qui tombe particulièrement mal: Gad Elmaleh, le comédien et humoriste, par ailleurs si en cour en principauté de Monaco.

Soit donc le même homme qu'on voit, depuis des mois, dans des spots de pub en faveur... d'une banque française: LCL-Crédit lyonnais. Des spots sur le thème de la banque rêvée, de la banque idéale, etc.

Gad Elmaleh aurait, depuis, régularisé sa situation envers le fisc. Grand bien lui fasse. Il n'empêche, on est curieux de voir si, maintenant que «SwissLeaks» a jeté son nom en pâture à l'opinion, ces spots de pub vont continuer à tourner, à la télé ou au ciné. Ou si, au contraire, LCL va préférer mettre discrètement la campagne en veilleuse. A fortiori que cet établissement lui-même, vu le si sulfureux passé qui est le sien, a, pareillement, pas mal de choses à se faire pardonner, en matière d'éthique et de moralité.

22/01/2015

Une parenthèse refermée

A un moment, il faut que les affaires reprennent. C'est sans doute ce que vient de se dire le groupe JC Decaux: le géant mondial de l'affichage publicitaire et du mobilier urbain, omniprésent à Paris – comme dans tant d'autres villes et capitales.

Dans le onzième arrondissement, mais pas seulement, dès la semaine qui avait suivi la vague d'attentats, ce groupe avait temporairement suspendu une série de ses contrats d'affichage. A la place des campagnes commerciales qui étaient prévues, il avait fait placarder de grands «Je suis Charlie», sur nombre de ses panneaux publicitaires (aux arrêts de bus ou de tramway, sur les flancs de kiosques à journaux, etc.). En termes d'image, donc, l'entreprise avait jugé important de s'afficher – c'est le cas de le dire – comme étant à l'unisson de l'émotion de la population. Cela a duré une dizaine de jours.

Cette semaine, en effet, dans le onzième en tout cas, on ne voit plus ces grands placards publicitaires noirs aux lettres capitales blanches, en hommage à l'hebdo endeuillé. Sur les panneaux JC Decaux, la routine de la réclame commerciale ordinaire a repris, vantant son habituel cortège de futilités.

11:42 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, publicité

15/10/2014

Une gouvernance lymphatique

Gouvernement, Santé, Tabac, PublicitéLe Conseil des ministres de ce matin examine un vaste «Projet de loi relatif à la santé». Avec quelques mois de retard, puisqu'il était annoncé à l'origine pour juin.

Ce texte contient notamment toute une série de mesures relatives au tabac. Ainsi, l'imposition du paquet de cigarettes anonymisé, censé réduire l'attractivité de ces produits. Et des dispositions relatives à la cigarette électronique, comme l'interdiction de son usage dans les lieux publics.

Et la fin de la pub à la télé la concernant? Enfin va-t-on être fixé. Depuis le début de l'année (relire ), le gouvernement est pressé d'agir, sur la question. Depuis le printemps, il sous-entend qu'il a pris sa décision – et, effectivement, dans le sens d'une telle interdiction. Au total, donc, depuis l'apparition des premiers spots de pub pour ce produit à la télévision, il aura fallu près d'un an pour que, par hypothèse, la mesure les visant entre en application.

Curieux mode de gouvernance, décidément.

01/10/2014

Un sens de l'à-propos

Santé, Social, Economie, Publicité, TélévisionBien joué, bien vu. Hier, pendant toute la journée, tous les médias ont évoqué la grande journée de protestation des professions réglementées contre le projet de réforme les concernant, et notamment la «Journée portes closes» des pharmaciens, qui s'opposent entre autres à la vente de médicaments (sans ordonnance) en grandes surfaces. Après avoir pris note de cette actualité, les Français sont rentrés chez eux, ont allumé leur poste de télé, et... ont pu assister à la contre-offensive du groupe Leclerc.

Ce géant de la distribution (100.000 salariés et 650 magasins dans l'Hexagone) s'est livré à un véritable matraquage publicitaire. Pendant toute la soirée, sur toutes les chaînes de télé, le même spot a été diffusé. Il met en scène un couple, Madame revenant d'avoir fait les courses chez Leclerc, et Monsieur lui demandant si elle a bien pensé à y acheter ses médicaments (des patchs à la nicotine, notamment). Elle répond que non, parce que l'enseigne n'a toujours pas reçu l'autorisation d'en vendre. Pourtant, ce faisant, le consommateur pourrait «se soigner moins cher», pourtant un docteur en pharmacie ayant fait 6 ans d'études est à la tête de chacune des parapharmacies Leclerc, etc., etc. Slogan final: dans cette France qui persiste à octroyer aux pharmaciens le monopole de la vente des médocs, «on marche sur la tête!»

Il y aurait pas mal de choses à dire sur le fond de ce message publicitaire, qui se décline aussi sous forme de pétition (). Mais, sur la forme, force est de reconnaître qu'il est assez efficace. Et avoir relancé cette campagne hier précisément – et si massivement – , témoigne d'un réel sens de l'à-propos. Ou comment tenter de contrebalancer, dans la tête de dizaines de millions de téléspectateurs, tous les discours en sens inverse qu'ils ont, pendant toute la journée, lus, vus et entendus dans tous les médias, à propos de la journée d'action des pharmaciens.

Santé, Social, Economie, Publicité, TélévisionVu le tarif des spots de pub en soirée, cela dit, cette contre-offensive a dû coûter très cher. On imagine que Leclerc veillera bien à ne pas répercuter le coût de cette campagne sur les prix de vente qu'il pratique dans ses supermarchés. Sinon, pour le coup, avec ses 45 milliards d'euros de chiffre d'affaires, on marcherait vraiment sur la tête.

23/05/2014

Un énervement (un peu) moindre

Personnalités, Sarkozy, Elections européennes, Presse, Publicité, LuxeNicolas Sarkozy est un peu moins énervé. Visiblement, l'état de l'Europe le met (un peu) moins en rogne que les juges qui sont à ses trousses. En témoignent les points d'exclamation contenus dans la tribune sur les élections européennes qu'il a publiée hier, dans le magazine «Le Point». On y dénombre sept signes de ponctuation de ce type. Ce n'est pas rien, mais c'est moins que les huit points d'exclamation de sa volcanique tribune dans «Le Figaro», à la fin mars: quand avait été révélée sa mise sur écoutes, par des juges (relire ).

L'ex-Président gagne donc (un peu) en tempérance. Ses électeurs apprécieront – ou pas, on verra.

En attendant, il est douteux qu'en ouvrant «Le Point», hier, Nicolas Sarkozy ait apprécié la facétie qu'a occasionnée le plan publicitaire de ce numéro du magazine. En effet, il a fait juxtaposer l'apothéose de cette tribune (L'Europe, «ne laissons ni aujourd'hui ni demain détruire ce trésor!») avec une grande pub. Vantant les dernières créations d'un horloger joaillier suisse, dont une montre («mouvement manufacture réalisé à la main») à 2790€. Soit, tout de même, plus de deux mois de salaire minimum.

Nicolas Sarkozy possède certainement des toquantes encore plus onéreuses. Il n'empêche, il a dû grimacer, à la vue d'un tel catapultage entre pub et rédactionnel. Lui qui n'a jamais réussi à faire oublier sa grande période Rolex, Ray-Ban, bling bling etc.

06/05/2014

Une réaction, enfin

Publicité, Paris, Patrimoine, Architecture, CultureIl était grand temps. Le ministère de la Culture commence enfin à se bouger. Contre les publicités géantes qui, y compris en plein coeur du Paris historique, défigurent le patrimoine monumental classé. Alors que nombre d'exemples (relire ici, ou ) ont montré que les autorités ont été très permissives, en la matière.

C'est notamment le cas place des Vosges, une des plus belles places de Paris. Depuis 2012, une bâche publicitaire géante (110 m² de surface) vante une célèbre multinationale de l'électronique. Elle est apposée sur un hôtel particulier qui est en cours de rénovation. La régie gérant cet emplacement publicitaire très en vue espérait obtenir une nouvelle autorisation, lui permettant de conserver cette bâche jusqu'à la fin juin, voire en juillet et en août aussi. Hier soir, le ministère de la Culture a fait savoir qu'il n'en était pas question.

A en croire un fonctionnaire de la Culture cité par le quotidien «Le Parisien», «la ministre s'est penchée sur le dossier, et nous a dit: il faut la retirer, elle n'est absolument pas nécessaire. La bâche est restée suffisamment longtemps pour financer les travaux, qui ont pris du retard». La réclame devrait donc être démontée dès demain mercredi.

Il était temps.

Pas de quoi pavoiser, cela dit, pour les autorités. Elles n'ont laissé que trop longtemps ce dossier, et d'autres de cet acabit, traîner.

19/03/2014

Une intrusion électorale

Un petit parti hétérodoxe, voire iconoclaste, qui se tape l'incruste dans les locaux d'un grand média de la place, pour une conférence de presse électorale. C'est la curiosité à laquelle on pourrait assister ce midi, à Paris. Du moins, si les vigiles de la radio Europe1 y consentent – ce qui, a priori, n'est pas gagné.

Le Parti pirate, en effet, a annoncé son intention d'investir le siège de cette station, situé dans les beaux quartiers: à deux pas du George V et des Champs-Elysées. Pour la petite formation, c'est une façon de réagir à l'occupation de ses panneaux électoraux par la radio privée. Ces derniers jours, en effet, Europe avait collé des affiches de pub en faveur de ses animateurs et émissions favoris, sur des panneaux officiels de campagne pourtant censés réservés aux affiches des candidats aux élections municipales de ces deux prochains dimanches.

Les flibustiers n'ont pas du tout apprécié ce «détournement d'espace d'expression démocratique, pour des fins publicitaires». Et espèrent que la justice sanctionnera un tel «manque de respect de la chose publique», révélateur d'un «mépris marqué pour le moment démocratique que sont les élections municipales». Et attendant, ce midi, ces pirates comptent rendre la pareille à la radio: «Puisque Europe1 s'est invité unilatéralement sur nos panneaux d'affichage, nous donnons rendez-vous à la presse dans les locaux d'Europe1 pour présenter les propositions de notre parti. Puisque Europe1 invoque l'humour et la transgression, nous partons vérifier sur place jusqu'à quel point ils savent rire. Nous ne doutons pas qu’Europe1 saura faire preuve d’ouverture et d’humour en nous accueillant dans ses locaux pour cette conférence de presse et en nous donnant accès à l’antenne».

Les auditeurs d'Europe 1 seront-ils informés en direct, par leur radio préférée, de cette action de protestation et tentative d'occupation la visant? Dans la négative, cela ferait un peu Corée du Nord. Ce qui serait piquant, venant d'un média qui est politiquement étiqueté très à droite.

09/01/2014

Une invasion publicitaire (plus que jamais)

Paris, Patrimoine, PublicitéPlus que jamais la cohue dans les grands magasins parisiens, depuis l'ouverture hier des soldes d'hiver. Saluons donc ce regain d'hystérie consumériste en constatant que, dans la «Ville lumière», semble devenir une tendance lourde l'invasion publicitaire du patrimoine séculaire.

On l'avait noté il y a plusieurs mois déjà, le long des quais de Seine (relire ici). Puis, plus récemment, dans le quartier de l'Opéra Garnier (). A présent, c'est carrément une des plus belles places de Paris qui est concernée, située au coeur d'un quartier qui, pourtant, depuis Malraux, est supposé entièrement protégé, les possibilités d'atteintes (visuelles, notamment) à son cachet patrimonial étant censées être très rigoureusement limitées.

Cela n'a pas empêché la mairie de Paris et le ministère de la Culture d'autoriser que, place des Vosges, dans le Marais, soit apposée une immense bâche publicitaire, vantant un parfum masculin à la mode. Sur plusieurs mètres de largeur et de hauteur, elle recouvre entièrement la façade d'un pavillon de la place, en cours de restauration. Comme dans le quartier Garnier, le passant est avisé du fait que cette pub contribue au financement du chantier, et il est prié de se contenter d'un seul petit mètre de ladite bâche reproduisant en trompe-l'oeil la façade de l'édifice.

Encore bravo.

16/12/2013

Une invasion publicitaire (suite)

Publicité, Patrimoine, Paris, EconomieLa folie des achats de Noël, comme chaque année à cette époque – crise économique ou pas. Quelque 41 millions de transactions bancaires ont été effectuées samedi en France, dans les commerces et sur internet. 41.225.000, très exactement: on entendait le chiffre claironné par une radio, ce matin.

Dans les quartiers des grands magasins parisiens, on ne lésine pas pour exciter encore un peu plus la frénésie consumériste ambiante. Témoin, cette immense bâche publicitaire qui trône derrière l'Opéra Garnier, rue Scribe. Elle vante un smartphone à la mode, et recouvre en partie la façade d'un îlot en cours de restauration. Pour donner une idée de la dimension de cette réclame, elle s'étend, en hauteur, sur plus de trois étages.

Comme le long des quais de Seine, donc – on en parlait, l'autre jour: ici –, ont été allègrement contournées les réglementations relatives à la préservation esthétique, théoriquement, des zones classées. Dans ce cas, l'annonceur nargue même les anti-pub, et doublement. D'une part, une partie de l'édifice a, elle, été recouverte d'un trompe-l'oeil reproduisant les façades. Ce qui montre bien comment le cachet visuel du quartier aurait pu être un peu plus préservé: si, au lieu de cette gigantesque réclame, ce trompe-l'oeil avait été poursuivi sur tout le pourtour de l'îlot. D'autre part, un écriteau apposé sur le bâtiment informe ceux qui se sentiraient agressés visuellement par cette méga-pub que les recettes qu'elle permet de récolter contribuent au financement du chantier de rénovation.

On en est ravis, pour les finances des copropriétaires de l'immeuble – qu'on peine toutefois à imaginer sur la paille, vu le standing du quartier. Mais cela ne rend pas moins pénible cette énième invasion publicitaire XXL.

28/11/2013

Une campagne, contestée

Santé, Art de vivre, Publicité, Métro, ParisPuisqu'on parlait de publicité hier, un mot tout de même de cette campagne qui, dans le métro parisien, figure parmi les plus remarquées de l'année – le nombre de collégiennes qu'on a vues, ces dernières semaines, pouffer de rire à la découverte de ces affiches, sur les quais de stations. Le visuel, à notre avis plutôt bien trouvé, représente deux allumettes sur un lit, dont une vient de prématurément s'enflammer. Un slogan invite à «garder le contrôle». Garder le contrôle, dans le cadre... de rapports sexuels. Puisque c'est d'éjaculation précoce dont il s'agit ici, mais oui.

Cette démarche publicitaire a été doublement contestée. D'abord, parce qu'elle a toutes les apparences d'une campagne officielle d'éducation à la santé. Or, il s'agit d'un message à caractère strictement commercial, émanant d'un labo pharmaceutique proposant un médicament contre ce trouble. Contestée, ensuite (, notamment), parce que cette campagne prend semble-t-il des libertés avec les chiffres relatifs à la part de la population masculine qui souffre d'un tel problème sexuel. Du coup, la campagne est soupçonnée de vouloir donner une proportion démesurée à ce souci de santé, et ce à des fins purement mercantiles.

Au-delà de ces controverses, reste le contraste, cocace. Cela faisait bien longtemps que, dans les couloirs et stations de la RATP, n'avait plus été traité en un format aussi géant (des affiches de 3 mètres sur 4) un sujet aussi intime.

27/11/2013

Une «indignation», ou pas

Léger sourire, hier. A la lecture d'une dépêche de l'agence AFP relatant «l'indignation» suscitée à Moscou par l'installation d'«une gigantesque malle aux couleurs de la marque de luxe français Louis Vuitton, à côté du mausolée où repose Lénine, et bouchant la vue sur la place Rouge». Double sourire, en fait.

D'abord, cela ne date pas d'hier que le grand luxe (français ou pas), à l'occasion, peut être tapageur. Et donc de mauvais goût.

Ensuite, ce qui fait scandale à Moscou suscite l'indifférence à Paris. Pour preuve, sur des dizaines de mètres le long de la Seine, Quai Malaquais (à hauteur du Pont des Arts), une grande marque de luxe a entièrement emballé l'édifice qu'elle est en train de restaurer: l'a recouvert d'une immense bâche publicitaire, vantant les mérites de cette enseigne.

N'importe quelle autre capitale digne de ce nom et se disant soucieuse de son patrimoine historique n'aurait évidemment pas toléré que l'on «marchandise» ainsi, et aussi ostensiblement, un ensemble classé aux Monuments historiques. Mais là, à Paris, rien. Cela fait des semaines que cette méga-réclame publicitaire défigure une perspective fluviale et urbaine considérée comme Patrimoine de l'humanité par l'Unesco – mais que fait donc cette institution? Sans que personne ne s'en offusque. Sans qu'aucune «indignation» n'ait été relayée par l'AFP.

Ce doit être une illustration contemporaine, post-moderne en somme, de la parabole de «La paille et la poutre».

29/08/2013

Une curieuse apathie

Publicité, Religion, Activisme, SociétéIls sont en passe d'arriver à Paris: les «Veilleurs». Ces militants opposés au «mariage pour tous» parcourant à pied la France: pour «éveiller les consciences», «susciter l'éveil démocratique». Partis début août de Charente maritime, une vingtaine de ces «Veilleurs» randonneurs sont annoncés dans la capitale samedi matin, voire dès demain. Ils comptent se faire entendre sur le parvis de la Défense, place de la Concorde, et sur les Champs. Où notamment ils liront des textes de Camus et de Bernanos.

Ce mouvement se revendique comme pluraliste et non-confessionnel, mais est évidemment très ancré à droite politiquement, et situé dans la mouvance catholique – qui, pendant des mois, a été le fer de lance de la mobilisation contre le «mariage gay».

Dans cette mouvance, figurent les catholiques ultras de l'Institut Civitas – dont on a déjà eu l'occasion de parler, dans ce blog (relire par exemple ici). Ces dernières semaines, assez curieusement, ils n'ont pas le moins du monde réagi à une campagne de pub que l'on a beaucoup vue, sur les murs de Paris. Emanant d'une marque de mode, elle affiche, qui plus est en très grands formats, des visuels et slogans issus de la chrétienté, qu'elle détourne voire singe allègrement. Les activistes de Civitas aiment mener des opérations coup de poing contre les représentations artistiques relevant selon eux de la «cathophobie». Mais là, rien. Pas une réaction à cette campagne, pas une affiche recouverte de slogans rageurs, pas la moindre manifestation contre ces bondieuseries mercantiles. Rien.

Mais sans doute tout le monde a-t-il le droit, en cette période de l'année, à partir à la plage.

21/03/2013

Un détail qui tue

Publicité, Mode, Activisme, Environnement, InternationalC'est une affiche que l'on voit énormément sur les panneaux publicitaires de Paris, en ce moment. Un «Beau mâle» posant nu et alangui sur la banquise, pour le parfum éponyme de Jean-Paul Gaultier. La créature est très photoshopée, mais elle enjolive plutôt pas mal la grisaille de la ville. A un détail près, un détail qui tue. Elle est allongée sur une dépouille d'ours blanc.

Ce qui énerve souverainement l'association environnementaliste française «Robin des Bois». «L’authenticité de ces parties d’ours polaire à usage publicitaire n’est pas garantie, mais l’image véhicule la croyance dans les vertus du charme et de la virilité des parures animales», selon elle. Or, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction vient justement de refuser de faire figurer ce plantigrade dans sa liste des espèces particulièrement en danger. Dès lors, pour l'ONG, «cette publicité est particulièrement mal venue»; «c’est du mauvais goût total et une erreur de communication».

«C’est de l’humour au 1.000ème degré», se défendraient les communicants du couturier. Mais les Robins ne trouvent pas cela drôle. Pour eux, le styliste et tous les distributeurs de son parfum «se font les promoteurs de la chasse et du commerce international d’animaux menacés d’extinction». Et le concept de masculinité mis de telle manière en avant par cette campagne de pub est d'autant plus malvenu que, s'agissant de l'ours polaire, «la chasse vise en priorité les mâles». L'assoc appelle donc au boycott de ce produit et de cette marque.

En revanche, pas d'appel de sa part au boycott de la célèbre marinière rayée Gaultier, qui fait figure d'emblème de cette griffe. Sans doute en haut lieu aurait-on trouvé un tel appel très anti-patriotique, le ministre Arnaud Montebourg s'étant réapproprié ce vêtement si hexagonal pour sa politique de promo du «made in France».

25/02/2013

Un vieux cliché sexiste

Personnalités, Publicité, FemmesLes personnalités politiques recyclées comme argument de vente et détournées dans des campagnes de pub – suite. Cette fois, c'est sur Valérie Trierweiler que cela tombe. D'après les échos/ragots, la compagne de François Hollande a un tempérament passablement emporté, voire carrément volcanique. Du coup, depuis quelques jours, une épicerie fine en ligne «propose une sélection de Thés "Zen" pour la Première Dame». Qui n'a pas réagi: qui laisse faire, donc. Sans doute se dit-elle que demander réparation pour l'atteinte à son droit à l'image fera plus de tort que de bien: aura surtout pour effet de donner de la notoriété à cette initiative commerciale.

Parlant d'épicerie fine, on laisse chacun juger de la finesse, ou non, de cette récupération publicitaire. On remarque juste qu'une fois de plus, le fait de manquer de calme et de sérénité est associé à une figure féminine, bien conformément au vieux cliché sexiste selon lequel l'hystérie est, par nature, réservée aux femmes. La classe politique française, pourtant, ne manque pas de mâles assez régulièrement voire chroniquement énervés/agités. Autant de personnalités dont l'image, dès lors, aurait parfaitement pu être utilisée dans le cadre d'une telle campagne de publicité.

Pour l'égalité des sexes, à quand une campagne invitant Jean-Luc Mélenchon, pour ne prendre que ce seul exemple, à «Keep calm & drink tea»?