28.03.2012
Une déclaration puérile
Hier matin, on croyait que cela allait passer, donc on avait parlé d'autre chose, dans ce blog. Mais non: 24 heures plus tard, elle ne passe toujours pas, cette petite phrase d'Alain Juppé. Donc parlons-en.
Le ministre des Affaires étrangères était interrogé à propos de Mohammed Benalel Merah, le père du tueur de Toulouse et Montauban, qui a dit vouloir porter plainte contre la France «pour avoir tué» son fils lors de l'opération menée contre lui par le Raid. Dixit donc Alain Juppé: «Si j’étais le père d’un tel monstre, je me tairais, dans la honte». Variantes, pendant toute la journée d'hier: le socialiste François Hollande, qui lui aussi trouve que le père de l'assassin aurait mieux fait de «se taire», ou Nicolas Sarkozy, qui a dit son «indignation» qu'une telle plainte contre l'Etat français puisse être envisagée, de la part du père d'un individu aussi abject et auteur de crimes aussi nauséeux.
Sur la forme, d'abord, les mots ont un sens. Soyons donc «précis», comme Nicolas Sarkozy n'arrête pas de le réclamer de la part des journalistes. Mohammed Merah n'est pas «un monstre». Ni «un diable», comme on l'a aussi entendu, hier. Les «monstres» et les «diables», laissons cela aux contes pour enfants. Dans un langage non puéril mais adulte, ce tueur était, en termes idéologiques, un extrémiste fanatisé. Et, en termes psychiatriques, un psychopathe. Ce qui, bien entendu, n'enlève rien au caractère monstrueux de ses crimes.
Sur le fond, rendre un père responsable des actes de son fils quand ces actes dépassent à ce point l'entendement, relèvent du fanatisme illuminé et/ou du désordre mental, on trouve cela péniblement puéril. De la part de responsables politiques, on est en droit d'attendre des réflexions dépassant le niveau de propos du café du commerce (les «enfants bien élevés», etc.).
Et puis, qu'est-ce donc ce 2 poids, 2 mesures? D'un côté, à Paris depuis une semaine, la classe politico-médiatique s'interroge sur le déroulement de l'opération du Raid à l'issue de laquelle Mohammed Merah a été tué. On parle même d'une mission parlementaire d'information. Mais, d'un autre côté, à Alger, le père de l'intéressé, lui, aurait juste le droit de «se taire»? De ne pas poser de questions? De ne pas demander d'éclaircissements?
N'en déplaise à Nicolas Sarkozy, on trouve que ce ne n'est pas insulter la République que de demander des comptes sur les actes posés par ses corps d'élite: c'est à l'honneur de toute démocratie. Ce n'est pas douter a priori du professionnalisme du Raid que d'accepter que ses opérations fassent l'objet d'une enquête a posteriori. Ce n'est pas minimiser les crimes de Mohammed Merah ni souiller la mémoire de ses victimes que d'estimer que la France a tout à gagner à ce que les conditions de la mort du tueur soient éclaircies. En revanche, oui, refuser que la justice, en toute indépendance et impartialité, enquête sur cette mort-là, c'est prendre le risque de nourrir le soupçon qu'il y aurait des choses à cacher.
Ce qui n'empêche qu'on a parfaitement le droit, bien entendu, d'éprouver de «l'indignation» en constatant que le père du tueur, hier, n'a, que l'on sache, pas condamné les crimes de son fils. Pour cela, oui, il devrait avoir «honte».
Mais ne mélangeons pas tout. Même à moins d'un mois des présidentielles.
11:40 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, gouvernement, personnalités, institutions, sarkozy, juppé, police, sécurité
23.03.2012
Une ambiance pesante
Rue des Rosiers, au coeur du Marais juif. Le monde et l'animation commencent à revenir, a-t-on constaté ce matin. Ces derniers jours, en revanche, au moment et dans la foulée de la tuerie antisémite de Toulouse, il était vraiment frappant de constater combien l'ambiance était pesante jusque et y compris dans ce quartier de Paris.
Des rues beaucoup moins fréquentées qu'en temps normal. Des queues beaucoup moins longues que d'habitude devant les comptoirs à falafel. Des policiers qui patrouillent. Des riverains qui, par petits groupes, conversent à voix basse, la mine grave. Rue Pavée, à deux pas, on était passé l'autre jour devant la synagogue au moment où y prenait fin une cérémonie de mariage. Ni flonflons, ni coups de klaxon, ni ostentation: là aussi, des mines graves. A leur sortie de la synagogue, le soleil printanier resplendissait, les jeunes mariés étaient beaux comme des coeurs. Mais on voyait bien que l'heure était à la retenue dans l'expression de leur bonheur.
Triste et pesante aussi, l'ambiance jusqu'à hier aux abords des écoles de notre onzième arrondissement. Des policiers en armes pour surveiller l'arrivée et la sortie des écoliers dans le quartier Oberkampf/Saint-Maur. Quartier sensible: une mosquée, une école juive, etc. Des fourgons de police aussi dans le quartier Saint-Antoine, aux abords de l'église réformée protestante. Pas un policier, par contre, devant l'école catholique à Bastille. Rien que cette répartition géographique des forces de l'ordre placées en état d'alerte maximum rappelait le caractère odieusement stigmatisant des attentats de Toulouse.
Rue des Rosiers encore, pour terminer. C'est là qu'il y a trente ans, le 9 août 1982, avait été perpétré un attentat antisémite meurtrier. Une fusillade et une grenade lancée devant le fameux restaurant juif Goldenberg. Six morts, une vingtaine de blessés.
Le restaurant a fermé. Comme tant de lieux symboliques de la mémoire juive du Marais, il a été remplacé par une boutique de fringues – une de plus. Mais la plaque commémorative en mémoire de cet attentat antisémite figure toujours sur l'immeuble.
Trente ans plus tard et particulièrement cette semaine, cela apparaît comme étant vraiment la moindre des choses.
12:19 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, police, sécurité, immigration, racisme, histoire, education
23.01.2012
Un mésusage
Non, on n'a pas subitement adhéré à une ligue moraliste et/ou anti-alcool. Mais, vivant dans un coin de Paris très fréquenté par les fêtards et autres noctambules – et où, donc, la boisson coule à flots –, on a été assez impressionné par les chiffres sur l'alcool dans la capitale, que vient de donner la préfecture de police.
L'alcool désinhibe, c'est bien connu – et c'est souvent cela qui est assez drôle. Mais, parfois, cette désinhibition tourne vraiment (très) mal. Ainsi, à Paris l'an dernier, «22% des auteurs de violences sexuelles ont agi sous l’emprise de l’alcool». Ce fut aussi le cas de «19% des auteurs de violences» non motivées par des raisons crapuleuses. Dans cette catégorie, par exemple, 19% des coups et blessures volontaires ont été portés par quelqu’un qui était en état d'ébriété.
Dans un autre registre, l'alcoolémie a joué un rôle dans 28% des 50 accidents de la circulation qui, à Paris en 2011, ont tué – tué 6 piétons et 6 motocyclistes, notamment. En outre, parmi les 4.681 conducteurs qui, dans la capitale, ont vu leur permis de conduire suspendus par le préfet, 75% conduisaient en état d’ivresse (et 5% sous l’emprise de stupéfiants).
A Paris comme dans toute la France, dès le mois de mars prochain, l'éthylotest fera partie des équipements devant impérativement être présents dans chaque véhicule, à l'instar du gilet jaune fluo, du triangle de signalisation, etc. Les automobilistes ayant bu seront censés avoir soufflé dans le ballon avant de démarrer leur véhicule.
Reste à voir si cette obligation sera respectée. Et si, à Paris en 2012, le mésusage de l'alcool aura globalement moins de conséquences dramatiques que l’an dernier.
10:01 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : police, sécurité, transports, art de vivre
18.01.2012
Une vi(ll)e barricadée?
C'est le chiffre qui a marqué, hier, et a fait parler de lui: +17%. Soit l'augmentation du nombre de cambriolages, l'année dernière en France. Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant – qui, décidément, a toujours un petit mot sympa envers les étrangers... – , a donné notamment cette explication: «Nous devons nous adapter à des phénomènes nouveaux, par exemple les cambriolages qui sont conduits par des bandes venant des pays d’Europe centrale et orientale».
Paris n'échappe pas à la tendance générale du pays. L'an dernier, très exactement 12.595 cambriolages y ont été déclarés aux autorités. Cela fait quand même plus d’un millier de vols par effraction chaque mois, près de 35 chaque jour. D'après les statistiques plus détaillées, notre cher onzième arrondissement figure dans le peloton de tête des quartiers parisiens les plus visités par les Arsène Lupin. Bien avant des arrondissements pourtant infiniment plus cossus, comme le seizième ou le septième.
A dire vrai, on n'a pas été trop étonné par ces chiffres, hier. Rien que parmi nos voisins les plus proches, trois ont été victimes d'un cambriolage, l'an dernier. L'un d'eux, habitant un duplex, a même eu la mauvaise surprise, un matin en descendant de sa chambre à coucher, de constater que tout le rez de son appart' avait été dévalisé pendant la nuit, alors qu'à l'étage, il dormait à poings fermés...
Depuis, dans le quartier, et probablement au-delà, dans Paris tout entier, la profession qui se frotte les mains, en ce moment, ce sont les installateurs de systèmes d'alarme.
Vivre barricadé. Dans une ville que l'on trouve déjà truffée de digicodes. On ne s'est pas encore fait à l'idée.
12:05 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, sécurité, police, etrangers, gouvernement
17.01.2012
Un bilan assez éclairant
18. C'est, depuis la mi-avril, le nombre de femmes qui, à Paris et dans sa proche banlieue, ont été verbalisées par les policiers pour infraction à la fameuse loi qui, depuis le printemps, interdit le port du voile intégral musulman (niqab, etc.) sur la voie publique. «Au total, il a été procédé à 28 contrôles» dans cette région, lit-on dans le dernier point qu'a fait la préfecture de police sur la question: «douze contrôles à Paris, dont six verbalisations, cinq dans les Hauts-de-Seine et autant de verbalisations, onze contrôles en Seine-Saint-Denis dont sept verbalisations, aucun contrôle ni verbalisation dans le Val-de-Marne».
18 femmes verbalisées, donc. En 10 mois d'application de la loi.
Cela relativise assez bien, trouve-t-on, les cris d'orfraie qu'avaient poussés certains ministres et parlementaires sarkozystes l'an dernier, selon lesquels le port du niqab était en train de prendre des proportions affolantes en France, et y menaçait l'ordre public.
Dommage, cela dit, que la préfecture n'informe pas davantage sur les circonstances ayant donné lieu, à Paris, à ces six verbalisations. Cela permettrait de vérifier si, parmi ces femmes verbalisées, ont figuré, ou pas, ces très riches et respectables touristes intégralement voilées venues des Emirats ou autres, qui sont les hôtes de marque réguliers des palaces multi-étoilés de la capitale ainsi que des maroquineries, joailleries et boutiques de haute couture de l'avenue Montaigne ou de la place Vendôme.
Juste pour savoir si le rétablissement de l'autorité républicaine dans les «zones de non-droit» – ainsi que les plus hautes autorités de l'Etat ont jadis désigné les banlieues difficiles – a concerné également, et équitablement, les quartiers les plus chics du pays.
11:50 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes, police, sécurité, paris, etrangers, luxe, tourisme, banlieues, gouvernement
04.01.2012
Une communication déconcertante
Rien ne change, d'une année à l'autre. Une fois de plus, en ce début d'année, on a été (un peu) déconcerté par la manière dont les autorités ont communiqué, depuis dimanche, à propos du bilan sécuritaire du réveillon du Nouvel An. Déconcerté doublement.
Déconcerté, d'abord, par les cocoricos du ministère de l'Intérieur, dus au fait que deux fois moins d'interpellations, et globalement de dégradations, ont été déplorées par rapport à l'an dernier. Certes. Mais, ce sur quoi le gouvernement se garde bien d'insister, c'est sur le fait que, pour en arriver là, il a fallu, pour la deuxième année consécutive, déployer des moyens policiers considérables: 60.000 hommes, dont 10.000 rien qu'à Paris et dans sa région. C'est une réelle inflation, en termes de mobilisation. Pour mémoire (relire ici ou là), quelque 7000 et 4000 hommes avaient respectivement été déployés à Paris les 31 décembre 2009 et 2008. Ce résultat correct, donc, apparaît tout de même comme la moindre des choses.
Déconcerté, ensuite, par cette même question de vocabulaire gouvernemental qu'on avait déjà soulevée l'an dernier à cette époque (ici). «Pas d'incidents notables»: c'est ce qu'a répété en boucle le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, ces deux derniers jours. Mais 250 personnes ont tout de même été interpellées par les policiers en une seule nuit, dont 171 rien qu'à Paris et dans sa banlieue. Or, de deux choses l'une.
Soit toutes ces personnes ont été interpellées pour avoir bel et bien été été mêlées à des «incidents notables». Auquel cas de tels incidents ont bien eu lieu, donc le gouvernement, dans sa com', enjolive la réalité.
Soit, effectivement, comme le dit le gouvernement, aucun «incident notable» n'a été déploré samedi soir. Mais alors, si ces 250 personnes ont été interpellées pour moins qu'un incident, et encore moins un incident notable, pour quoi/pourquoi l'ont-elles été? En France en 2012, on interpellerait donc pour moins qu'un incident? Pour une bricole, alors? Pour une broutille? Pour trois fois rien? Là, pour le coup, il n'y aurait pas trop lieu de s'en réjouir.
Mais ce n'est que notre avis.
12:28 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : police, gouvernement, sécurité, paris, langue française
23.12.2011
Une efficacité «pas globalement démontrée»
Plus que jamais, il faudra marcher droit, dans Paris. Cette semaine, le Premier ministre François Fillon en personne a fait le point sur le développement de la vidéosurveillance dans la capitale – ce qui, au passage, confirme que le chef du gouvernement est bel et bien déjà en campagne électorale, lui qui ambitionne de se présenter à Paris aux législatives du printemps prochain. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'Etat est plus décidé que jamais à mettre les bouchées doubles dans la «vidéoprotection», comme il dit.
Intérêt à marcher droit, donc, car, à terme, ce ne sont pas moins de 2500 policiers qui, dans les commissariats des vingt arrondissements parisiens, auront l'oeil rivé en permanence sur les écrans de télé retransmettant les prises de vues effectuées sur la voie publique. Dans les six mois qui viennent, très exactement 1105 caméras seront implantées dans Paris, sans compter les 10.000 caméras figurant déjà dans les réseaux de transport – auxquelles les autorités auront également accès en temps réel. En la matière, Paris restera loin de Londres, couverte elle par un réseau de 65.000 caméras. Il n'empêche, ce plan de «vidéoprotection» représente «un investissement très important», reconnaît-on à la préfecture de police de Paris: 90 millions à charge de l'Etat et 5 millions supportés par la ville de Paris.
Pour les autorités, une telle dépense se justifie, car «la vidéoprotection de voie urbaine permet de réduire le niveau de délinquance et a un effet préventif significatif». A la préfecture, on prend l'exemple de la flambée de vols de smartphones dans les transports publics: les caméras de surveillance lui auraient été d'une grande utilité pour la combattre et la faire diminuer.
Problème? La Cour des Comptes elle-même ne semble pas persuadée du bien-fondé d'un investissement aussi massif dans cette technologie. Ainsi, dans un rapport qui, à l'époque, fit un certain bruit, elle a considéré que l'importance des investissements en jeu «justifie que l’efficacité des dispositifs de vidéosurveillance de la voie publique soit évaluée». Or, «les différentes études conduites à l’étranger, notamment au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en Australie, ne démontrent pas globalement cette efficacité». Et «la France se caractérise par la quasi-absence d’enquête concluante sur le sujet. Une seule étude a été menée par le ministère de l’Intérieur essentiellement à partir des statistiques de la délinquance. Cependant, ses résultats contradictoires autant que sa méthode ne permettent pas d’en tirer des enseignements fiables».
Mais, aux yeux du gouvernement, peu importe et pas de doute: il faut mettre les bouchées doubles en la matière.
Marchons droit, donc. Et sourions, puisqu'on va être filmé, re-filmé et sur-filmé sous tous les angles et de tous côtés, prochainement. Sourions...ou pas, c'est selon.
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21.12.2011
Une «idée reçue»
Pour en finir avec ce sujet de la communauté chinoise de Paris, et l'évoquer de manière plus positive, depuis dix ans que l'on vit dans la capitale française, nous épate le dynamisme commercial de cette communauté. Qui, dans notre onzième arrondissement, est particulièrement visible et spectaculaire.
Il y a plusieurs années déjà, les Chinois y ont massivement investi dans le secteur des grossistes de textile. Ensuite, ils ont jeté leur dévolu sur les bars-tabac. Plus récemment, ils ont repris ou créé quantité de petites boutiques d'onglerie. Dernière évolution en date: depuis quelques mois, les salons de massage asiatiques poussent comme des champignons, à tous les coins de rue presque, dans le onzième comme dans d'autres arrondissements.
A ce sujet, peut-on/faut-il/ être toujours sûr du caractère, disons, sérieux de ces salons? Ou est-on fondé à présumer que, pas rarement, y sont dispensées, disons, des prestations physiques, féminines et tarifées d'un autre ordre? Bonnes questions. Auxquelles la préfecture de police de Paris vient de répondre.
Selon ses calculs,«la capitale recense près de 400 salons de massage, qui proposent majoritairement des massages orientaux». Et, insiste la police, ils «ne sont pas, contrairement aux idées reçues, des repères de prostitution. En effet, moins d’une vingtaine de salons parisiens se livreraient à une activité prostitutionnelle».
Remarquez, toutefois, dans cette phrase, le discret usage du conditionnel...
Les dérives qu'imputent les on-dit à cette activité commerciale relèvent donc largement de l'«idée reçue». Mais elle n'en fait pas moins l'objet d'une surveillance policière attentive, «quotidienne» même.
Ainsi, nous apprend la préfecture, les «policiers patrouilleurs» surveillent notamment, du coin de l'oeil, la présence éventuelle, dans et aux alentours de ces salons, de personnes «en tenue aguichante». Pas plus tard que la semaine dernière, d'ailleurs, des enquêteurs de la police judiciaire «ont interpellé pour proxénétisme aggravé deux gérants de salons de massage et l’associé de l’un d’eux, dont les établissements étaient implantés dans les 9e, 10e et 14e arrondissements». Et, sur l'ensemble de l'année 2011, ont été recensés, dans la capitale, «treize établissements en infraction à la législation sur le travail ou sur les étrangers: personnel non déclaré ou en situation irrégulière sur le territoire, le plus souvent originaire de Chine ou de Thaïlande».
Mais il s'agit donc de cas isolés. Avis aux Parisiens amateurs de «bains de pied aux herbes chinoises» (90€, tout de même, dans les salons de notre onzième) ou de «massage ayurvédique indien, prodigué aux huiles chaudes» (55€).
On demanderait bien ça comme cadeau de Noël.
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20.12.2011
Un exotisme, parfois dramatique
On parlait hier de la délinquance liée aux salles de jeu clandestines fréquentées par la communauté chinoise, dans notre onzième arrondissement de Paris. Cela nous a rappelé que notre quartier, il y a quelques années, avait été secoué par un fait divers qui, à l'époque, avait créé une certaine agitation parmi la population (relire ici).
C'était au printemps 2006, dans le quartier dit Popincourt. En pleine journée, une fusillade mortelle avait éclaté dans un salon de thé chinois, baptisé "La Lanterne Rouge". Le patron de l'établissement, touché par plusieurs balles tirées en pleine poitrine, y avait perdu la vie. Un client du salon de thé avait été grièvement blessé. Tous deux étaient originaires de la province chinoise de Wenhzou. A l'époque, les autorités avaient évoqué une expédition punitive, menée dans le cadre d'un règlement de comptes portant sur le partage des recettes réalisées par l'établissement. Qui, en fait, n'était pas été un salon de thé mais une salle de jeux clandestine.
Exotique et dépaysant pour le Parisien moyen, qui ne le pénètre que très rarement, cet univers des tripots chinois est donc aussi, parfois, le théâtre d'événements tragiques – outre les situations de surendettement dramatiques que décrivait la préfecture de police la semaine dernière, dans son compte-rendu du coup de filet qu'elle a opéré dans ce milieu si secret et particulier.
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19.12.2011
Un coup de filet très particulier
Paris, ville cosmopolite où cohabitent des gens venus des quatre coins du globe, etc, etc: on connaît cela. Ce côté mosaïque contribue indéniablement au charme de la capitale française. Mais il a aussi, parfois, des aspects moins réjouissants. Ainsi, l'importation de formes de criminalité et de délinquance qui sont assez nouvelles pour les forces de l'ordre, et qui les obligent à opérer sur des terrains moins connus d'elles.
On l'a bien vu l'autre jour, dans le onzième arrondissement. Notre onzième qui abrite une grande diaspora chinoise – on l'a déjà raconté, dans ce blog (relire ici ou là). C'est au sein de cette communauté qu'a eu lieu, la semaine dernière, un coup de filet assez spectaculaire (*), résultat d'«une enquête de plusieurs mois».
Précisément, un «cercle de jeux clandestin chinois» a été démantelé. «Sous couvert d’une association de commerçants», il organisait des parties de mahjong et de shuang – le «poker chinois», précise la préfecture de police. «Les parties réunissaient une douzaine de joueurs chaque soir; les dettes de certains des participants pouvaient atteindre 200.000€». Les 13 joueurs interpellés avaient sur eux «plus de 30.000 €». «Des recherches sont en cours sur des sociétés de prêt-à-porter susceptibles de blanchir une partie des gains» réalisés à l'occasion de ces soirées. Le coup de filet policier a permis la saisie de «six tables de jeu, 8600€, une cinquantaine de grammes d’herbe de cannabis, quelques grammes de cocaïne» ainsi qu'«un véhicule de luxe d’une valeur de 62.000€, payé en espèces».
Vu sous l'angle parisien-parigot-tête de veau-bobo, replacé dans le contexte du quartier, autrement dit, tout cela paraît furieusement exotique.
(*)Une opération que l'on répercute ici juste pour raconter la vie du quartier, et non, évidemment, pour stigmatiser une communauté – cela va sans dire, mais, si besoin, le voilà précisé.
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06.12.2011
Une impression d'embarras
Cachez ce mendiant roumain que je ne saurais voir. C'est ce que dirait sans doute Tartuffe s'il était un homme politique français contemporain.
Hier, la préfecture de police de Paris a étendu aux quartiers du Louvre et des grands magasins (Haussmann-Caumartin) l'arrêté qui, depuis trois mois, interdit toute mendicité sur les Champs-Elysées. Selon elle, ce dernier arrêté a déjà permis «plus de 300 contraventions», les contrevenants étant «pour la quasi-totalité, de nationalité roumaine». Hier toujours, une fois de plus, le maire de Paris a protesté. Pour Bertrand Delanoë, «combattre la pauvreté par l'amende et la répression est choquant au moment même où l'Etat ne remplit ses obligations, ni en termes de mise à l'abri des mineurs isolés, ni en matière d'hébergement d'urgence». Et cela traduit «une priorisation contestable de l'action des forces de police» au moment notamment où, dans la capitale, «les cambriolages croissent fortement». A ses yeux, cette lutte contre la mendicité n'est donc qu'une «opération de communication visant à stigmatiser une catégorie de la population, étrangère et démunie».
Plus intéressante, car plus neuve, est l'impression d'embarras qui transparaît désormais de cet éternel débat sur la mendicité roumaine. Comme, si, de part et d'autre, on ne voulait tout de même pas trop en faire sur le sujet.
Ainsi, ce matin sur le site web de la mairie de Paris, la réaction du maire ne figurait pas en page d'accueil: elle était reléguée à une page moins visible. Et, sur le site de la préfecture, on ne trouvait carrément nulle trace de ce nouvel arrêté anti-mendicité – en revanche, on pouvait tout savoir sur la participation de l'unité équestre de la préfecture au Salon du cheval, en cours au Parc des Expositions...
Dans la même veine, les autorités, préfectorales comme gouvernementales, ont accueilli avec une grande discrétion la sanction que la justice administrative, dernièrement, a infligée à une mairie ayant pris une mesure du même acabit: Nogent-sur-Marne, ville aisée contigüe à Paris, qui fit pas mal de bruit en interdisant la fouille des poubelles. Cet arrêté a été suspendu, à la suite d'un recours de la Ligue des droits de l'homme. Raisonnement du tribunal administratif? Par définition, l'espace public est public: il appartient donc à tout le monde. Dès lors, les mendiants y compris sont en droit d'«utiliser librement le domaine public, de surcroît durant la période hivernale». Conclusion de l'association: «Il convient que les maires comprennent que faire disparaître les pauvres de l'espace public est non seulement injuste, mais aussi illégal».
Visiblement, on ne partage pas cet avis à la préfecture de police de Paris.
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30.11.2011
Un lapsus (caviardé)
C'était hier après-midi à l'Assemblée nationale. Et c'était un merveilleux lapsus: autrement plus sensible politiquement que ce dérapage inflationniste de Rachida Dati qui, il y a quelques mois, suscita tant de rires gras. Ce lapsus, il a été commis par le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant – qui était visiblement plus touché qu'il ne l'affichait par les attaques socialistes sur son bilan, objectivement très mitigé, en matière de lutte contre l'insécurité.
«Monsieur le député, je ne sais pas dans quel domaine vous excellez le plus: est-ce celui de la prestidigitation ou bien celui de la mystification?» C'était le début de sa contre-attaque au député socialiste Manuel Valls. Deuxième salve: «Une fois de plus, vous essayez de nous démontrer que le bilan du gouvernement depuis 2002 est un échec et que votre échec a été un succès!» Jusque là, rien à redire. Mais, dans la phrase suivante, une lettre a suffit pour que le ministre soudain s'empêtre: «Eh bien moi, je vous répète – une fois de plus, puisque manifestement vous n’entendez pas les arguments et ne voulez pas voir la vérité – que depuis 2002, chaque année, la délinquance a recruté, alors que, sous la gauche, elle a explosé, progressant de 17%!»
«Recruté», donc. Au lieu de «reculé».
Hier soir, les télévisions se sont fait un plaisir de diffuser en boucle cette bourde. Qui, bien sûr, n'apparaît nullement dans le compte-rendu officiel de l'altercation: les petites mains du service de l'Assemblée chargé de la retranscription des débats ont corrigé les propos ministériels, et caviardé le lapsus.
L'histoire ne dit pas si ces scribes ont fait la rectification d'initiative, sur ordre du Président (UMP) de l'Assemblée et/ou sur injonction de l'entourage du ministre.
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25.11.2011
«Une hausse très significative»
Ce vendredi, comme chaque 25 novembre, c'est la «Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes». A Paris, il n'y a pas si longtemps, femmes et hommes ont manifesté contre cette plaie (relire ici) – qui nous a déjà pas mal (pré)occupé dans ce blog (relire ici ou là, par exemple).
Si on a choisi d'y revenir à nouveau aujourd'hui, c'est parce que viennent de sortir des chiffres assez mauvais en la matière. Ils confirment qu'en France, la violence envers les femmes ne recule pas, en tout cas ne recule pas fondamentalement. Alors que les autorités avaient désigné cette lutte comme étant la Grande Cause nationale de l'année 2010.
Selon la dernière enquête de victimation que vient de sortir l'Observatoire national de la délinquance, le nombre de vols (ou tentatives) avec violences ou menaces perpétrés contre les femmes a connu «une hausse très significative» en 2010. Une année au cours de laquelle 145.000 femmes en ont été victimes. Principales cibles des agresseurs de femmes: les adolescentes et les personnes âgées.
En ce qui concerne les violences sexuelles faites aux femmes, le constat est mitigé. Globalement, les taux des violences de ce type commises en dehors ou dans le cadre du ménage sont en baisse, «de façon significative, voire très significative» même. C'est sans doute le résultat des nombreuses campagnes de sensibilisation et de prévention du grand public, à la télévision notamment. Mais trois facteurs empêchent de se réjouir de ce chiffre pas trop mauvais.
D'abord, au total, la violence au sein du ménage frappe tout de même encore 560.000 femmes chaque année, ce qui n'est pas rien. Ensuite, la baisse «significative» des violences de ce type «concerne de façon très limitée les actes dont l’auteur est le conjoint». En la matière, le taux n'est passé que de 1,3% à 1,2%; c'est donc moins une amélioration qu'une stagnation. Enfin, ici encore, le chiffre total n'a rien de dérisoire. Puisqu'«on estime à près de 260.000 le nombre de femmes de 18 à 75 ans victimes de violences physiques ou sexuelles de la part du conjoint», en 2009 ou 2010.
Comme le disent et le répètent les campagnes de sensibilisation, dans l'Hexagone, une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint. L'an dernier, 146 décès de ce type ont encore été déplorés.
Pas sûr qu'une Journée internationale soit à même d'endiguer ce fléau. Mais au moins donne-t-elle l'occasion d'une fois de plus évoquer le problème, notamment dans les médias. Ce qui, sans doute, ne peut pas faire de mal.
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24.10.2011
Un comble (encore)
Pendant toute leur campagne des primaires, les présidentiables socialistes n'ont eu de cesse de railler Nicolas Sarkozy sur sa grande promesse de «République irréprochable», qu'il avait faite en 2007. Car, selon le PS, cinq ans plus tard en guise de République exemplaire, en haut lieu en France c'est le règne de l'argent facile, du copinage, des réseaux opaques et de l'impunité à tous les étages. Bref: «un système corrompu», comme l'a répété à l'envi Ségolène Royal – avec ce grand sens de la nuance qui l'a toujours caractérisée.
A cet égard, mentionnons le comportement irréprochable qu'a eu ce week-end, une semaine donc après l'issue des primaires, un des hiérarques de ce PS pour qui les dirigeants du pays ont un «devoir d'exemplarité».
Il s'appelle Jean-Paul Huchon. C'est le président socialiste de la Région Ile de France: ex-strauss-kahnien de choc ayant rallié Martine Aubry. Dimanche après-midi, sur l'autoroute A13 en direction de Paris, il circulait au volant d'une grosse Saab, véhicule de fonction du Conseil régional. Les gendarmes l'ont contrôlé. Résultat: il roulait à 171 km/h, au lieu des 130 km/h autorisés. Son permis de conduire lui a été confisqué sur le champ.
Encore bravo.
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21.10.2011
Une collision déconcertante
Difficile d’achever la semaine, dans ce blog, sans évoquer ce qui fut l'événement, dans notre quartier du onzième arrondissement. A savoir? Une... prise d'otages. Lundi midi, à deux pas du bureau: dans les locaux de l'agence pour l'emploi. Heureusement, elle s'acheva sans effusion de sang (voir ici).
Il n'empêche, pendant plusieurs heures, tout le quartier a été complètement bouclé par les forces de l'ordre. Et les embarras ont perduré pendant deux jours, pour les riverains. En effet, ladite agence de Pôle Emploi est restée fermée. Son personnel a exercé son droit de retrait, furieux qu'y compris après un tel événement, leur direction «continue de prendre à la légère la dégradation des conditions de travail». Une dégradation qui serait due à «des effectifs largement insuffisants» et qui se répercuterait «sur la qualité du service rendu aux usagers». D'où, d'après pas mal de témoignages, de fréquentes tensions entre usagers et fonctionnaires, dans cette administration.
Pendant deux jours, donc, les chômeurs du quartier ont trouvé porte close. A la vue de la mine que tiraient certains qu'on a croisés devant le volet métallique baissé, cela leur était vraiment pénible, en termes par exemple de délai d'attente avant de toucher une allocation.
Tout cela, vu de l'extérieur, donnait l'impression d'une déconcertante collision entre deux droits très légitimes. Le droit des usagers du service public d'exiger de l'administration un fonctionnement correct et efficace. Et le droit du personnel de cesser le travail quand il juge que ne sont plus réunies les conditions élémentaires de sa sécurité.
Selon une étude publiée en avril dernier par l'Inspection générale des finances, le service public de l'emploi en France est «moins doté en effectifs» que ses homologues allemand et britannique. Pour s'occuper de 10.000 chômeurs, l'Allemagne mobilise 420 fonctionnaires, le Royaume-Uni 221, et la France seulement 215. Et cette «large sous-dotation» en personnel aurait empiré avec la crise, qui a grossi le public de Pôle Emploi. Au point que, dans certaines de ses antennes locales, chaque agent devrait désormais gérer à lui tout seul rien moins que 110 demandeurs d'emploi.
14:14 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : administration, social, sécurité, paris
20.10.2011
Un comble
Cela vaut bien la peine que les petites mains du service de presse de la préfecture de police de Paris se décarcassent: envoient à longueur de journées des communiqués se félicitant de la diminution supposée de la délinquance dans la Ville lumière. Hier, tous ces beaux efforts de com' ont été largement assombris par l'annonce de la mésaventure survenue au grand patron de la pref' en personne.
Samedi, en effet, le préfet de police de Paris lui-même, Michel Gaudin, s'est fait voler son portable. Il s'apprêtait à prendre un train en gare de Paris-Lyon. Des pickpockets lui ont subtilisé son smartphone, après avoir détourné son attention en faisant mine de lui faire signer une pétition. En août dernier, déjà, à Paris toujours, un autre grand flic de la Sarkozie avait été victime de malandrins: le coordinateur national du Renseignement, Ange Mancini, s'était fait piquer son portable en terrasse d'un restaurant du huitième arrondissement.
Mais à part cela, tout va bien. Hier encore, la préfecture a annoncé triomphalement que, dans la capitale, «les violences contre les personnes ont diminué sur les neuf premiers mois de l'année 2011, avec une baisse de 7,6% par rapport à la période correspondante en 2010. Ces chiffres s'inscrivent dans le cadre d'une baisse de 2% des infractions constatées à Paris sur cette même période en 2011 par rapport à 2010 (173.435 infractions constatées contre 176.848)».
11:13 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, police, sécurité, personnalités
07.10.2011
Une descente inattendue
Comme le diable se niche parfois dans le moindre détail, la politique sarkozyste de tolérance zéro à l'égard de l'insécurité s'applique parfois y compris à des domaines où, a priori, on ne l'attendait tout de même pas trop. Ainsi, ces derniers jours à Paris, les pandores ont-ils semé une fameuse pagaille parmi... les beautiful people. Dans le milieu si mondain des défilés de mode de la «Fashion week».
Raconté par la préfecture de police, cela donne ceci. «Le groupe des taxis et transports de personnes de la direction de l’ordre public et de la circulation a organisé des opérations de contrôle et de répression visant les véhicules assurant le transport de personnes, notamment des mannequins. Parmi les quelque 860 véhicules contrôlés, ont été relevées 148 infractions, principalement liées aux différentes réglementations s’appliquant au transport de personnes à titre onéreux. Près de la moitié d’entre elles sont des délits (39) – dont 26 procédures pour travail dissimulé – et des contraventions de 5e classe (33) – dont 14 défauts de carte professionnelle et 11 non-présentations de la copie conforme de la licence de transport».
Bigre.
L'histoire ne dit pas si les Uma Thurman, Sean Lennon ou autres Inès de la Fressange, quelques-unes des personnalités ayant assisté, par exemple, au défilé Chanel, ont été privées de limousines qui auraient été irrégulières, et donc ont dû rentrer chez elles en métro, comme le vulgum pecus. On ne sait non plus si Karl Lagerfeld, qui n'a pas l'air commode, a piqué une crise de nerfs outragée à la vue d'un tel déploiement policier dans un milieu aussi privilégié.
On espère juste que Bernadette Chirac, habituée des défilés, n'a pas été placée en garde à vue pour complicité de travail dissimulé.
11:38 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, sécurité, police, transports, mode, art de vivre
06.10.2011
Un opportunisme. De bon aloi?
Cela n'a sans doute pas échappé au taggueur qui, cet été dans notre quartier, a fait sourire pas mal de passants. En détournant le message d'avertissement («Souriez, vous êtes filmés») que l'on trouve habituellement dans les commerces vidéosurveillés de Paris. Il a bien dû remarquer, notre taggueur, que les autorités policières de la capitale n'avaient pas peu saisi l'occasion des pénibles faits-divers survenus ces derniers jours dans le métro parisien pour en remettre une couche dans leur lobbying en faveur de la vidéosurveillance.
A donc été très largement communiqué à l'opinion le fait que tel ou tel voyou avait pu être retrouvé puis arrêté grâce aux données fournies par telle ou telle caméra installée à tel ou tel endroit. A donc tourné en boucle, dans les médias, l'argument selon lequel, «incontournable à l'enquête judiciaire, la vidéo permet de résoudre plus d'affaires, et plus vite, dans l'intérêt des victimes». Ont donc été dits et répétés quelques chiffres censés sans doute impressionner le Parisien moyen. Comme ces 7000 séquences vidéo qui, en 2010, ont été réquisitionnées à la SNCF ou à la RATP par les policiers de Paris. Ou ces 53 «interventions (policières) vidéo guidées» qui, rien qu'en août dernier au Forum des Halles, «ont conduit au contrôle de 172 individus, dont 56 interpellations, une majorité liées aux stupéfiants».
Rebondir sur une actualité atroce pour taper sur le clou d'un argument sécuritaire: chacun jugera si cette réactivité, cet opportunisme finalement, est de bonne guerre ou de mauvais goût.
Quant aux Parisiens inconditionnels des caméras, ils apprendront avec ravissement que le grand «Plan de vidéoprotection» de la Ville lumière «se déroule conformément aux prévisions». Ainsi, l'été prochain, «la préfecture de police disposera de 1100 caméras de voie publique dans Paris. Les fonctionnaires de police auront aussi accès aux images des 15.000 caméras des partenaires comme la RATP, la SNCF, les grands centres commerciaux ou les stades».
A l'horizon 2016, rien que dans le réseau des transports publics en région parisienne, on trouvera 18.000 caméras, dont 600 embarquées dans des rames SNCF ou RATP.
Plus que jamais donc, à Paris dans les mois et années à venir, il conviendra, si l'on est soucieux de son image, d'arborer en permanence son plus beau sourire.
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05.10.2011
Une (relative) amélioration
Un mot encore, aujourd'hui, sur l'insécurité dans les transports parisiens – pas pour inquiéter, mais pour être complet sur le sujet. Contrairement à ce qu'à pu penser le Parisien moyen vu les faits divers horribles qui y ont eu lieu ces derniers jours, l'insécurité, en fait, ne serait plus en explosion sur le réseau ferré de la capitale.
Du moins s'il faut en croire «Le Figaro», qui, l'autre jour, l'a comptabilisée. Selon lui, «le nombre de vols avec violence commis dans le métro et le RER, qui avait bondi de 36,7% l'année dernière, avec 11.665 faits constatés, marque un repli inédit, pour se stabiliser à 0,8% au cours du premier semestre 2011». Par exemple, «la courbe ascendante des vols simples et des vols à la tire mettant en scène des pickpockets a tendance à s'infléchir». A l'unisson avec les autorités, le quotidien attribue notamment cette (relative) amélioration à la vidéo-surveillance, qui s'est beaucoup répandue ces dernières années dans les transports publics, ici.
Pour Paris intramuros, les gares et stations «sous haute surveillance» sont, forcément, celles qui sont les plus fréquentées. Quelques chiffres, si vous aimez cela. Sans surprise, s'agissant d'un des noeuds de communication les plus fréquentés d'Europe, le gros point noir reste Châtelet-Les Halles. En 2010, y ont été recensés 1245 vols simples ou à la tire et 409 vols avec violence. Pour cette dernière catégorie de délit, la plus traumatisante pour les victimes, la gare de l'Est (130 cas en 2010) et la gare de Lyon (148) font mieux que la gare Saint-Lazare (232). Et beaucoup mieux que Paris-Nord (382).
382 vols avec violence par an, soit plus d'un par jour, à la gare du Nord. A la lecture de ce chiffre, les habitués du Thalys pourraient un peu s'inquiéter. Là aussi, donc, il importe de relativiser. Cette gare, une des plus grandes du monde, accueille chaque jour plusieurs millions d'usagers.
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04.10.2011
Une malheureuse coïncidence?
On a l'air (pas) malin, ce matin. Hier à peu près à la même heure, dans ce blog, on soutenait que les attaques de «pousseurs» étaient extrêmement rares, dans le métro de Paris. Il n'a pas fallu 24 heures pour que l'AFP vienne, ce matin, avec une dépêche relatant... un accident du même ordre.
Elle dit ceci. «Drame évité dans le métro parisien. Un «pousseur» a failli faire une nouvelle victime dimanche soir dans le métro parisien, à la station 'Strasbourg-Saint-Denis', relate «Le Parisien». Le déséquilibré, âgé de 30 ans, a empoigné fermement et jeté sur les rails un jeune homme de 25 ans en train de discuter avec un ami alors qu'une rame entrait dans la station. La victime est heureusement tombée dans la «fosse anti-suicide», qui n'est pas électrisée comme le reste des rails. Le conducteur de la rame a lui eu le temps de freiner pour éviter l'impact. Il s'est jeté à la poursuite du pousseur avec deux autres témoins, le déséquilibré ayant pris la fuite dans le tunnel pour rejoindre la prochaine station. Le «pousseur» a été rattrapé et livré à la police. Il a été interné à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police. La victime est, quant à elle, très choquée».
Deux méfaits censés extrêmement rares qui surviennent à quelques jours d'intervalle, donc. De deux choses l'une.
Soit les dérangés lisent les médias et sont inspirés par les faits divers de ce type, lorsqu'ils y sont relatés. Auquel cas, peut-être ferait-on mieux de moins médiatiser ce genre de drames, pour éviter de donner des idées à certains. Soit ce fait de deux «pousseurs» sévissant tour à tour et en un temps très rapproché n'est en fait rien d'autre qu'un malencontreux hasard. Qu'une malheureuse mais fortuite coïncidence. Et cela n'enlève rien au fait que, dans le métro de Paris, les actes de ce genre sont extrêmement rares.
Chacun jugera. Nous, en tout cas, davantage d'ailleurs en tant qu'usager lambda du métro qu'en tant que journaliste, on choisit la seconde hypothèse. Et on est bien résolu à ne pas commencer à surveiller du coin de l'oeil les gens derrière nous sur le quai. Ca casserait l'ambiance.
PS: Sinon, si vous voulez en savoir plus sur «la bouleversante histoire» du «héros du métro»: cet homme tué jeudi après avoir été jeté sur les voies à la station 'Crimée', c'est ici.
11:13 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : métro, paris, sécurité, médias



