22/03/2013
Une ligne de défense pas forcément très habile
On se l'est dit dès hier soir, vers 23 heures. En prenant connaissance de la tonalité de certaines parmi les premières réactions de personnalités de droite, à l'annonce de la mise en examen de Nicolas Sarkozy, pour abus de faiblesse. Si d'aventure et par extraordinaire cela vous a échappé, des indices graves et concordants pèsent donc sur l'ex-Président – qui demeure, bien sûr, présumé innocent. En 2007, il aurait pu avoir abusé de la faiblesse de la milliardaire Liliane Bettencourt: en lui soutirant des fonds ayant pu frauduleusement financer sa campagne présidentielle de cette année-là.
C'est l'ultra-sarkozyste député-maire de Nice Christian Estrosi, qui, le premier hier soir, a cru bon d'utiliser cet angle de contre-attaque: il a accusé la justice de «méthodes au relent politique évident». Ce matin, plusieurs cadors de l'UMP ont poursuivi dans cette veine, sous-entendant l'existence d'une espèce de complot politique de magistrats, visant l'ex-chef d'Etat.
Ils ont évidemment parfaitement le droit de penser cela. Mais ils auraient peut-être pu/dû y réfléchir à deux fois, avant de lancer une telle charge dans tous les médias. Car cette ligne de défense est exactement la même – y compris jusqu'au recours à certains termes précis – que celle utilisée (cette semaine encore) par une autre personnalité politique ayant des soucis avec la justice, dans un autre pays. La situation de ces deux hommes, bien évidemment, n'est absolument pas comparable. Mais cette similitude de ligne de défense pourrait conduire une partie des Français à faire l'analogie entre eux deux, dans une sorte de rapide raccourci. Auquel cas, ce serait vraiment tout sauf à l'avantage de Nicolas Sarkozy.
Cette autre personnalité à laquelle on a immédiatement pensé hier soir, entendant ses arguments recyclés dans la bouche de Christian Estrosi, c'est un certain... Silvio Berlusconi. Et son éternel refrain sur les juges pourris: agissant davantage à des fins politiques que judiciaires.
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23/11/2012
Une (autre) comparaison?

Nicolas Sarkozy qui donc, hier, pendant plus de douze heures d’affilée, a été entendu par les juges d’instruction chargés de l’«affaire Bettencourt». A l’issue de cette audience-marathon, il s’est vu notifier le statut de témoin assisté – il est parvenu à éviter une mise en examen.
Cela signifie que, de l’avis des magistrats, seuls des soupçons pèsent sur l’ex-Président. Et non des indices graves et concordants. Des soupçons d’avoir soutiré des centaines de milliers d’euros à Liliane Bettencourt, en 2007. Pour, possiblement, financer sa campagne électorale présidentielle.
Liliane Bettencourt : héritière de l’empire mondial de cosmétiques L’Oréal, femme la plus riche de France,.multi-milliardaire. A ce stade, Gilles Bouleau, dont on parlait hier, notre tintinophile et éminent confrère du 20 Heures de TF1, n’a pas encore comparé l’«affaire Bettencourt» à l’album «Les bijoux de la Castafiore».
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13/11/2012
Un prix (pour rien?)
Ce mardi en France, c'est donc la «Journée de la gentillesse» – mais oui, cela existe: les autres jours, on a le droit d'être méchant. Le hasard a voulu que ce mardi soit aussi le jour où François Hollande organise la première des conférences de presse semestrielles que, lors de sa campagne présidentielle, il avait promis de tenir, s'il était élu. Pas sûr que cette coïncidence de dates incitera les journalistes du tout-Paris à être aimables avec lui. A n'être pas trop teigneux envers un Président qui, en plus, vient de se voir décerner le premier... «Prix de la Gentillesse en politique» – mais oui, cela existe.
Nicolas Sarkozy, lui, n'a pas bénéficié de la moindre des voix décernées par les vénérables membres qui composaient le jury de cette distinction (des vedettes du journalisme parisien). Que l'on sache, le prédécesseur de François Hollande à l'Elysée n'a pas prévu, pour autant, d'organiser une conférence de presse ce mardi, pour protester contre ce deuxième échec cuisant essuyé face à son rival de mai 2012. Et pour cause: Nicolas Sarkozy est aujourd'hui à l'étranger, à Moscou plus précisément, pour y faire un discours probablement très grassement rémunéré.
Sans doute a-t-il parfaitement raison. En matière de gros sous comme de haute politique, la gentillesse, cela n'a jamais rapporté grand-chose. Pour ce qui est de la vie quotidienne, on vous laisse juges.
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17/10/2012
Un menu appétissant (suite)
7 millions de Français sont obèses. Et 15 millions sont en surpoids. Si l'on en croit une étude publiée hier, on continue à manger trop et/ou mal dans l'Hexagone. Même si l'obésité y est comparativement moindre qu'aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, et même si sa progression, en France, semble ralentir – mais pas chez les jeunes de 18 à 24 ans.
Malgré ces chiffres pas réjouissants, reparlons gastronomie, aujourd'hui. Et partons à nouveau dans les coulisses de l'Elysée, côté cuisines – qu'on évoquait l'autre jour (relire ici). Car, depuis la rédaction de cette note, on a retrouvé, dans le fin fond de nos archives, un long papier qu'on avait jadis rédigé sur la petite histoire du palais présidentiel: il y dix ans, à l'occasion des élections présidentielles de 2002. On y a trouvé quelques détails complétant utilement ce sujet aussi prestigieux qu'appétissant.
Ainsi, l'Elysée a beau avoir toujours compté parmi les meilleures tables de France, y travailler comme cuisinier doit être stressant. En effet, les exigences du protocole sont souveraines. L'une d'elles, par exemple, impose qu'un dîner d'Etat soit obligatoirement servi en 55 minutes chrono: pas une minute de plus.
En outre, bien évidemment, les chefs travaillant au palais doivent satisfaire les caprices culinaires du locataire des lieux. Nicolas Sarkozy, par exemple, soucieux de sa ligne – ce qui ne l'empêchait pas d'avoir toujours du chocolat sur son bureau –, avait banni le fromage de la table présidentielle. Fromage qui, paraît-il, a fait sa réapparition dans les menus de l'Elysée depuis que François Hollande y a été élu, en mai. Un quart de siècle plus tôt, François Mitterrand avait l'habitude, dit-on, de commander du homard à ses cuisiniers, à toute heure du jour voire de la nuit. Jacques Chirac, lui, c'est bien connu, carburait plus modestement: aux plats régionaux – la fameuse tête de veau – arrosés de bière mexicaine. Quant à Valéry Giscard d'Estaing, la légende élyséenne assure qu'il avait fait interdire les décorations de gâteaux et de pâtisseries en forme de roses, qui lui rappelaient trop l'emblème du Parti socialiste.
Deux anecdotes encore, issues elles du livre «L'Elysée – Histoire secrète et indiscrète des origines à nos jours», de l'historienne Claude Pasteur (Editions Tallandier, 2002).
D'un point de vue culinaire, Valéry Giscard d'Estaing «se démarquait de ses prédécesseurs, en n'attachant pas la même importance aux plaisirs de la table. En dehors des repas officiels, il se contentait volontiers de fruits et de légumes». Quant à François Mitterrand, il fit «moderniser les grandes cuisines de l'Elysée, sans que cette modernisation ait fait disparaître les cuivres traditionnels, gravés du monogramme de Louis-Philippe ou de l'aigle impériale de Napoléon III».
La pompe, le faste, et le respect de la tradition, jusque dans les moindres détails.
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06/06/2012
Un état «normal»
Cela vaut mieux, pour un Président qui vient à peine d'être intronisé. Et c'est sans doute normal, s'agissant d'un «homme normal». Hier soir, un très bref communiqué du service médical de l'Elysée a indiqué que «l'examen médical et biologique», «clinique et para-clinique», qui avait été réalisé sur François Hollande, à sa demande, s'était «révélé normal».
Anecdotique? Si ce n'est que, précédemment, tous les bulletins de santé concernant un Président socialiste français avaient été... totalement mensongers.
Le 20 mai 1981, dix jours après l'élection de François Mitterrand, le Dr Gubler, ancien externe des hôpitaux de Paris, et son médecin personnel depuis les années 1970, avait signé le premier bilan clinique rendu public, relatif à l'état de santé du nouveau Président. Il disait ceci: «Les différents tests biologiques pratiqués ne montrent aucune anomalie des paramètres habituellement contrôlés au niveau chimique et hématologique. L'état général est tout à fait satisfaisant, et aucune anomalie n'est décelable». Le 7 novembre de la même année, François Mitterrand avait subi une série d'examens à l'hôpital militaire parisien du Val-de-Grâce – pour la petite histoire, il y avait été admis sous un nom d'emprunt: Albert Blot. Neuf jours plus tard, le Pr Albert Steg, spécialiste mondial du cancer de la prostate, lui avait annoncé qu'il était atteint d'un cancer: déjà largement diffusé dans les os. Mais l'opinion publique n'en fut pas informée. A peine, le 15 décembre 1981, un communiqué de l'Elysée annonça-t-il que François Mitterrand souffrait d'«arthrose légère au cou». Le mensonge d'Etat perdura plus de dix ans: précisément jusqu'au 16 septembre 1992. Ce jour-là, après cinq jours d'hospitalisation à l'hôpital Cochin, le chef de l'Etat annonça qu'il était atteint d'un cancer de la prostate. Mais là encore, la dissimulation était de mise. Son affection y était qualifiée de «bénigne».
Sinon, et dans un registre moins dramatique, François Hollande innove par rapport à ses deux prédécesseurs. Car, malgré les engagements qu'il avait pris lors de sa campagne, Nicolas Sarkozy cessa rapidement (dès 2010) de communiquer sur son état de santé. Et car Jacques Chirac ne le fit jamais, estimant que ces matières relevaient du secret médical, et avaient donc un caractère confidentiel.
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25/05/2012
Une lente progression
Serait-elle pertinente, finalement, cette métaphore animalière beaucoup utilisée dans les médias ces derniers mois, qui compare François Hollande à une tortue? L'homme, en tout cas, semble progresser lentement (et sûrement?), en termes de popularité.
Ainsi, le dernier sondage en date de l'institut CSA, publié ce vendredi, évalue à 58% sa cote de confiance. Jamais le nouveau Président n'avait été évalué aussi haut, dans une enquête d'opinion. Ce score est même proche de celui dont CSA créditait Nicolas Sarkozy en 2007 à la même période, juste après son élection: 59%.
Consolation, pour la droite: autant en 2007, au tout début de son mandat, Nicolas Sarkozy séduisait un part (minoritaire) de l'électorat de gauche, autant son successeur, lui, a une «structure de popularité très clivée politiquement». En clair, il est très populaire à gauche, mais reste impopulaire à droite. En revanche, plus préoccupant pour les sarkozystes: la popularité du nouveau chef de l'Etat «est relativement homogène en termes sociodémographiques». Il est majoritaire aussi bien chez les classes socioprofessionnelles élevées que parmi les classes plus moyennes, les retraités, et les ouvriers. Ces derniers affichent le taux de confiance le plus élevé: 64%.
Mais tout cela va-t-il durer? On ne mettrait pas notre main au feu. L'intéressé non plus, sans doute.
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09/05/2012
Un net progrès
A Paris, François Hollande en 2012 a fait beaucoup mieux que Ségolène Royal en 2007. Il y a cinq ans, le «ségolénisme», idéologiquement assez baroque, avait dérouté les Parisiens de (centre-) gauche. Et le maire socialiste, Bertrand Delanoë, avait soutenu avec des pieds de plomb la candidate. Qui, certes, s'était imposée dans 11 des 20 arrondissements. Mais, au global, pour l'ensemble des suffrages de la capitale, elle avait été battue, fût-ce de peu, par Nicolas Sarkozy: 50,19% contre 49,81%.
Dimanche, en revanche, François Hollande l'a emporté à Paris: du jamais vu pour le PS dans cette ville, à une présidentielle.
55,6% des voix: le socialiste y a devancé Nicolas Sarkozy de plus de 11 points, bien plus que l'écart national. Il s'est imposé dans 13 arrondissements: les 11 où Ségolène Royal l'avait emporté en 2007, plus deux arrondissements pourtant assez bourgeois: le neuvième et, surtout, le cinquième (le Quartier latin, fief de l'ex-maire de Paris Jean Tiberi, etc.)
Ses plus beaux scores, François Hollande les a réalisés dans les arrondissements du nord-est, les moins aisés: 67,6% dans le 19ème, 70,3% dans le 18ème, 71,8% dans le 20ème. Les bobos parisiens l'ont également plébiscité: 67,8% dans notre 11ème, 69,4% dans le 10ème (le canal St-Martin, etc) et 61,4% dans le troisième (le Haut-Marais).
Nicolas Sarkozy, lui, comme il se doit, a réalisé ses meilleurs scores dans les arrondissements à la fois les plus cossus et les plus traditionnellement à droite: 78% dans le 16ème, 72,5% dans le 7ème (l'arrondissement de Rachida Dati). Ces résultats impressionnants n'en sont pas moins en recul par rapport à il y a cinq ans. En 2007, le candidat de la droite avait fait 80,8% et 74,7% dans ces deux arrondissements, respectivement.
Nicolas Sarkozy a aussi régressé dans le très chic 6ème: 57,7%, contre 61,2% en 2007. Qui sait les électeurs de ces quartiers ont-ils été blessés par ce qui fut un leitmotiv de sa campagne: dans la plupart de ses meetings, le «candidat du peuple» a fustigé Saint-Germain des Prés, présenté comme l'exemple même de ces «élites parisiennes bien-pensantes» et abhorrées.
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08/05/2012
Un défoulement
Gros défoulement, à Paris depuis dimanche soir: sur les affiches électorales de l'ex-candidat Président. Et particulièrement dans des arrondissements comme le 11ème, où «La France forte» n'a vraiment pas fait recette, dans les isoloirs.
Le «TCHAO PANTIN» aperçu boulevard Richard Lenoir est encore le commentaire le moins désagréable de tous ceux qu'on a vus en rue. Les déclinaisons du «Casse-toi, pauv'con», du karsher, et de la racaille à nettoyer sont, bien sûr, légion. Beaucoup d'insanités, aussi. Le défoulement post-électoral passe visiblement par un langage en dessous de la ceinture.
Vu pas mal d'obscénités, aussi, sur d'autres affiches n'ayant, elles, aucun caractère électoral. C'est particulièrement frappant dans les couloirs et stations de métro, ces derniers temps. La personnalité qui en fait les frais est une vedette du show-bizz. Il s'agit de ... Johnny Hallyday.
Notre bon vieux Jean-Philippe Smet, l'autre jour, a fait savoir qu'il ne se mêlerait plus jamais de politique. Malgré ce revirement, cet ex-sarkozyste de choc semble toujours, dans l'esprit des gens, assimilé au Président sortant. Nombre de ses affiches annonçant ses prochains concerts sont maculées de slogans. Qui l'invitent à aller se faire voir – pour édulcorer... – par, chez, ou avec Nicolas Sarkozy.
L'histoire ne dit pas (encore) si elles subiront le même sort, les affiches faisant la promo d'autres artistes ayant soutenu, en 2007 ou en 2012, le candidat Sarkozy: les Faudel, Stéphane Freiss, Enrico Macias, Véronique Julie Lescaut Genest, Charlotte Rampling, ou autres Mireille Mathieu.
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04/05/2012
Une différence, ou l'autre
Mieux vaut tard que jamais. Reçu ce matin, dans la boîte aux lettres, les «professions de foi» et deux bulletins de vote aux noms des deux finalistes de l'élection présidentielle, dimanche. Ce ne sont sans doute que des détails relevant de l'anecdote, mais, rien que sur la forme de ces dépliants électoraux, sans donc s'attacher à leur fond, on a été frappé par deux, trois petites choses.
François Hollande a choisi une police et un corps de caractère très grands et lisibles. Son texte est très aéré. En une minute ou deux, on en a fait le tour. A-t-il estimé que les dés étaient jetés, jugé qu'il n'y avait donc plus grand-chose à ajouter, hormis les grandes lignes de ses principales idées? Le texte de Nicolas Sarkozy, en revanche, est beaucoup plus serré, il y a beaucoup plus à lire, et, rien que dans la police et la taille des caractères utilisés, l'accès n'est pas aisé. S'est-il dit que ce document était pour lui la dernière occasion qu'il avait d'enfin convaincre, et qu'il lui fallait donc être très complet?
Une autre différence réside dans la manière avec laquelle ces deux candidats entament leur missive. «Mes chers concitoyens», écrit François Hollande. «Mes chers compatriotes», écrit, lui, Nicolas Sarkozy.
«Le Petit Robert», dans lequel on a jeté un oeil ce matin, n'établit pas vraiment la différence entre les deux termes. Concitoyen? «Citoyen du même Etat, d'une même ville (qu'un autre)». Compatriote? «Personne originaire du même pays qu'un autre». Le dictionnaire renvoie ses lecteurs d'un terme à l'autre. Il ne fait pas état de connotations particulières qu'aurait l'un ou l'autre de ces deux mots. Mais on n'a pas été étonné en découvrant cette différence dans l'utilisation des mots. Celui renvoyant à la citoyenneté est utilisé par le candidat de gauche, celui renvoyant à la patrie et au patriotisme l'est par le candidat de droite: c'est assez conforme avec la «coloration» implicite que ces deux termes ont, dans notre esprit.
Une différence, enfin, dans l'écriture entre les deux candidats.
Nicolas Sarkozy achève son plaidoyer par quelques lignes manuscrites. On n'a aucune compétence en graphologie, mais on a trouvé que son écriture cadrait assez bien avec l'image que dégage son personnage. Ses lettres et la façon dont il les assemble forment un ensemble haché, nerveux.
On ne découvre l'écriture de François Hollande que via sa signature, qui clôt le document. Pour autant qu'on puisse en juger à cette seule signature, on semble là davantage dans le registre de la rondeur.
Mais, on le répète, sans doute ne s'agit-il là que des détails.
12:12 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : elections présidentielles, personnalités, hollande, sarkozy, langue française.
20/04/2012
Une double casquette
Nicolas Sarkozy persiste et signe. Ce matin, il a confirmé les propos qu'il avait tenus hier, au sujet de la probabilité que, dimanche, les résultats du premier tour présidentiel soient divulgués avant 20 heures: sur les réseaux sociaux, dans des médias belges ou suisses, etc. Jeudi, invoquant le fait qu'«on ne va quand même pas faire une frontière numérique entre la France et tous les autres pays du monde», Nicolas Sarkozy avait déclaré qu'il ne serait «pas choqué» si, effectivement, ces résultats étaient divulgués avant l'heure légale.
En entendant cela hier, on était assez estomaqué. Et on le reste, aujourd'hui.
Chacun est évidemment libre de penser ce qu'il veut de l'inanité ou de la légitimité de cette interdiction légale de diffusion des résultats avant 20 heures. Nicolas Sarkzoy s'exprime en tant que candidat? C'est, aussi, son droit. Mais tout de même.
Jusqu'à preuve du contraire, il est toujours et jusqu'au 6 mai coiffé d'une autre casquette: celle de chef de l'Etat. Qu'un Président admette ainsi, sans ambages, qu'il ne serait «pas choqué» qu'on viole la loi, alors qu'il est censé être le premier à faire respecter les lois, cela pose tout de même question, à notre humble avis.
Ce matin, Nicolas Sarkozy était interrogé sur l'avertissement donné hier par le parquet, qui a prévenu que toute infraction à cette loi serait systématiquement poursuivie par ses services. Le candidat UMP a répondu par une pirouette: il a ironisé sur le fait qu'il ne briguait pas le poste de procureur de la République.
Ca, au moins, c'est indiscutable. Pour le reste de l'argumentation du Président-candidat, chacun jugera.
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16/04/2012
Une façon de voir les choses
Un moment de gêne ce matin, en entendant Marine Le Pen sur une radio. C'était au sujet de cette bataille de chiffonniers que se livrent le PS et l'UMP depuis hier, sur la question de savoir qui, de François Hollande ou de Nicolas Sarkozy, a réussi à réunir le plus de militants à son meeting dominical géant.
Les chiffres avancés de part et d'autre, outre qu'ils sont invérifiables, sont complètement fantaisistes. 120.000 sarkozystes place de la Concorde? Chacun a pu y voir qu'une partie au moins de la place était encore vide quand le Président-candidat a commencé son discours. Et pour cause: il l'a débuté plus tôt que prévu. 100.000 «hollandais» face au château de Vincennes? Le chiffre a été lancé à la tribune dès le début de l'après-midi, alors même qu'un bon tiers de l'esplanade – pouvant contenir 140.000 personnes – était encore vide. Et pour cause: n'étaient pas encore arrivés une bonne vingtaine de cars, sur la centaine qu'avait affrétés le PS pour convoyer à Paris les sympathisants.
Hier soir, de retour de ce dimanche militant, constatant que cette guerre des chiffres faisait plus parler d'elle que les questions de fond, on a trouvé cela puéril. Comme deux bandes rivales d'écoliers qui, dans une cour de récréation, exhibent leurs biceps. Moment de gêne ce matin, donc. En entendant Marine Le Pen, à son tour, trouver cela... «puéril». Hier soir, on aurait dû penser en des termes moins courants, dû qualifier, dans notre tête, ce combat de titans sur les chiffres non de «puéril», mais de «vétilleux». Ce matin à la radio, Marine Le Pen n'aurait jamais pensé à utiliser ce mot-là. Trop tard. Tant pis.
Cela dit, il y a une autre façon de voir les choses, au-delà de ces broutilles d'ego et de mots. Qu'ils aient été 80.000 ou 100.000 à la Concorde et/ou à Vincennes, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont sacrifié un dimanche tranquille et bien au chaud pour, dans le froid et le vent glacial, vivre au plus près la campagne présidentielle. Alors qu'on ne cesse de dire que cette campagne n'intéresse pas et de présenter les Français comme étant complètement désabusés, politiquement.
Du coup, rien qu'en soi et au-delà des chiffres, cette affluence de masse a quelque chose de plutôt positif.
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11/04/2012
Un tabou brisé (un peu)
A chaque campagne présidentielle, on se pose la question (voir par exemple ici). Comment donc font ces présidentiables pour tenir le coup, physiquement? Ces jours-ci, d'ailleurs, à moins de deux semaines du premier tour, les marques d'épuisement sont nettement visibles, sur leurs visages. C'est à ce moment qu'un tabou commence à (très légèrement) se briser en France. Concernant un sujet ultra-délicat: le dopage en haute politique.
Ainsi, depuis lundi, on a pu entendre, voir et lire un peu partout, dans les médias français, les propos de Denis Demonpion et Laurent Léger: les auteurs d'un livre de «Révélations sur la santé des Présidents», qui vient de paraître (aux éditions Pygmalion). En marge du sujet principal (notamment l'affirmation selon laquelle François Mitterrand aurait, à sa demande, été euthanasié), ces deux journalistes ont tenu des propos qui, sauf erreur, n'avaient jamais été tenus auparavant.
Leur ouvrage étant consacré aux Présidents, leurs allégations n'ont concerné que le seul Nicolas Sarkozy, mais il n'y a bien sûr aucune raison de penser qu'il est le seul politique concerné.
Donc, cela a donné ceci, dans la bouche de ces deux journalistes. Avec l'accord de ses médecins, le Président-candidat prend «différents produits», qui «ne sont pas autorisés à la vente en France». Par exemple, des médicaments «testés par des labos, mais qui n'ont pas encore reçu le feu vert des autorités sanitaires françaises pour être mis sur le marché». Des produits en vente à l'étranger et/ou sur le net. Des «remontants». Des «substances énergisantes, que prennent en général des sportifs». Des «fortifiants très puissants». Des «produits pour être en forme», et/ou «pour se calmer un petit peu».
Remarquez comme tout cela est dit avec énormément de précautions. Et, qui plus est, sans aucune condamnation. Dixit un des deux auteurs de cet ouvrage, qu'on entendait hier sur une radio: «Après tout, le Président doit être en permanence et jour après jour en excellente forme». Remarquez aussi qu'aucun nom précis de molécule n'est cité. Et pour cause: accoler le nom de telle ou telle personnalité politique à celui de telle ou telle substance particulière, terminant en «ine» par exemple (créatine, amphétamines, et on en passe), c'est à coup sûr se prendre un procès en diffamation.
Ce débat naissant est donc extrêmement précautionneux. Mais au moins n'est-ce plus le silence complet, le tabou total.
Sans doute est-ce déjà cela.
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06/04/2012
Un dimanche qui promet
Si vous envisagiez de circuler en voiture dans Paris le dimanche 15 avril, oubliez cela. Ce jour-là, en effet, la capitale va probablement connaître des embouteillages d'anthologie, pour cause notamment de campagne présidentielle.
Le 15 avril, il y avait déjà le marathon de Paris, qui, en temps normal, chaque année entraîne pas mal d'embarras de circulation et de stationnement. Cette année, viendront s'y greffer deux manifestations électorales de masse, car on sera à une semaine du premier tour du scrutin élyséen, le dimanche 22. D'une part, comme l'intéressé l'a confirmé hier, le grand meeting de Nicolas Sarkozy sur la place de la Concorde. D'autre part, le meeting, annoncé comme aussi massif, de son rival socialiste François Hollande, lui sur l'esplanade du château de Vincennes.
Une centaine de milliers de personnes pourraient bien, au total, assister à ces deux événements. Et il faudra leur ajouter les quelques dizaines de milliers de marathoniens du jour. Dès lors, c'est peu dire qu'on va friser la crise de nerfs ce dimanche-là à la préfecture de police de Paris, à qui il reviendra de coordonner, de régenter et de gérer tout cela.
Les Parisiens coincés dans les embouteillages pourront ronger leur frein en méditant sur la connotation tout de même très sanglante de ces deux lieux de meeting choisis par les duellistes pressentis du second tour. Nicolas Sarkozy réunira ses troupes sur une place où, comme chacun sait, Louis XVI et Marie-Antoinette notamment furent guillotinés, en 1793. Quant aux fossés du château de Vincennes, devant lesquels François Hollande réunira ses partisans, Bonaparte y fit fusiller le duc d'Enghien en 1804, après un jugement expéditif et sa condamnation à mort pour conspiration.
Mais, aux dernières nouvelles, la fin de la campagne présidentielle devrait, elle, être plus pacifique.
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05/04/2012
Une incrédulité générale
«Les promesses n'engagent que ceux qui y croient», assure une vieille maxime, cynique, de la vie politique française. Manifestement, ils sont de moins en moins nombreux à y croire, dans l'opinion. C'est ce qu'indique une étude réalisée par l'institut TNS-Sofres.
On y découvre que 88% des Français considèrent que, d'une manière générale, les politiques ne respectent pas les engagements qu'ils prennent en campagne électorale. Parmi ces neuf Français sur dix incrédules, 38% des sondés affirment carrément que les intéressés ont l'habitude de ne pas du tout tenir leurs promesses.
Des dix candidats à l'Elysée, le centriste François Bayrou et le socialiste François Hollande sont perçus comme les plus crédibles dans leurs engagements. Mais, pour l'un comme pour l'autre, les sondés défiants sont plus nombreux que les confiants. La frontiste Marine Le Pen et l'écologiste Eva Joly apparaissent comme les moins fiables. Concernant Nicolas Sarkozy particulièrement – dont le leitmotiv de ses meetings de 2007, était, pour rappel: «Moi, je ne vous trahirai pas, je ne vous décevrai pas, je ne vous mentirai pas», etc. – , il ne s'en sort pas trop mal. En effet, le nombre de Français jugeant qu'il n'a ni mieux, ni moins bien tenu ses engagements que ses prédécesseurs (40%) dépasse, de peu, la proportion de Français considérant, au contraire, qu'il a plutôt moins bien respecté ses promesses qu'eux (36%).
Il n'empêche, globalement, les résultats de cette enquête d'opinions ne sont pas à l'honneur de la classe politique. Qui sait faudra-t-il se souvenir de ce sondage dans une quinzaine de jours: si d'aventure les résultats du premier tour de la présidentielle confirment ce qu'annoncent et prévoient déjà pas mal d'analystes: un très fort taux d'abstention.
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28/03/2012
Une déclaration puérile
Hier matin, on croyait que cela allait passer, donc on avait parlé d'autre chose, dans ce blog. Mais non: 24 heures plus tard, elle ne passe toujours pas, cette petite phrase d'Alain Juppé. Donc parlons-en.
Le ministre des Affaires étrangères était interrogé à propos de Mohammed Benalel Merah, le père du tueur de Toulouse et Montauban, qui a dit vouloir porter plainte contre la France «pour avoir tué» son fils lors de l'opération menée contre lui par le Raid. Dixit donc Alain Juppé: «Si j’étais le père d’un tel monstre, je me tairais, dans la honte». Variantes, pendant toute la journée d'hier: le socialiste François Hollande, qui lui aussi trouve que le père de l'assassin aurait mieux fait de «se taire», ou Nicolas Sarkozy, qui a dit son «indignation» qu'une telle plainte contre l'Etat français puisse être envisagée, de la part du père d'un individu aussi abject et auteur de crimes aussi nauséeux.
Sur la forme, d'abord, les mots ont un sens. Soyons donc «précis», comme Nicolas Sarkozy n'arrête pas de le réclamer de la part des journalistes. Mohammed Merah n'est pas «un monstre». Ni «un diable», comme on l'a aussi entendu, hier. Les «monstres» et les «diables», laissons cela aux contes pour enfants. Dans un langage non puéril mais adulte, ce tueur était, en termes idéologiques, un extrémiste fanatisé. Et, en termes psychiatriques, un psychopathe. Ce qui, bien entendu, n'enlève rien au caractère monstrueux de ses crimes.
Sur le fond, rendre un père responsable des actes de son fils quand ces actes dépassent à ce point l'entendement, relèvent du fanatisme illuminé et/ou du désordre mental, on trouve cela péniblement puéril. De la part de responsables politiques, on est en droit d'attendre des réflexions dépassant le niveau de propos du café du commerce (les «enfants bien élevés», etc.).
Et puis, qu'est-ce donc ce 2 poids, 2 mesures? D'un côté, à Paris depuis une semaine, la classe politico-médiatique s'interroge sur le déroulement de l'opération du Raid à l'issue de laquelle Mohammed Merah a été tué. On parle même d'une mission parlementaire d'information. Mais, d'un autre côté, à Alger, le père de l'intéressé, lui, aurait juste le droit de «se taire»? De ne pas poser de questions? De ne pas demander d'éclaircissements?
N'en déplaise à Nicolas Sarkozy, on trouve que ce ne n'est pas insulter la République que de demander des comptes sur les actes posés par ses corps d'élite: c'est à l'honneur de toute démocratie. Ce n'est pas douter a priori du professionnalisme du Raid que d'accepter que ses opérations fassent l'objet d'une enquête a posteriori. Ce n'est pas minimiser les crimes de Mohammed Merah ni souiller la mémoire de ses victimes que d'estimer que la France a tout à gagner à ce que les conditions de la mort du tueur soient éclaircies. En revanche, oui, refuser que la justice, en toute indépendance et impartialité, enquête sur cette mort-là, c'est prendre le risque de nourrir le soupçon qu'il y aurait des choses à cacher.
Ce qui n'empêche qu'on a parfaitement le droit, bien entendu, d'éprouver de «l'indignation» en constatant que le père du tueur, hier, n'a, que l'on sache, pas condamné les crimes de son fils. Pour cela, oui, il devrait avoir «honte».
Mais ne mélangeons pas tout. Même à moins d'un mois des présidentielles.
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14/03/2012
Un ton assez juste
Ce matin, en direct sur une radio, Nicolas Sarkozy était invité à réagir au dramatique accident de la route qui, en Suisse hier soir, a coûté la vie à une vingtaine d'enfants belges, de retour de classe de neige. Il l'a fait sur un ton assez juste, a-t-on trouvé en l'écoutant.
«Je voudrais, en tant que Président de la République, dire toutes nos condoléances à nos amis belges. Imaginons ces familles, leur douleur... Il n'y a pas de drames plus épouvantables». Et de relever que ce genre de drame humain relativisait vraiment tout le reste: toute l'actualité par ailleurs, toutes ses péripéties continuelles, toutes ses hystéries du moment, et particulièrement en France ces temps-ci, évidemment – voir l'agitation quotidienne, dans ce pays, à propos du point en plus ou en moins gagné ou perdu par tel ou tel, dans tel ou tel sondage, etc. Dans un sens, c'est évidemment très compréhensible, mais, dans un autre, tout cela est vraiment très très dérisoire.
11:23 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : belgique, transports, sarkozy
13/03/2012
Un «coup de tonnerre»
«REVONS, C'EST L'HEURE...», nous invite ce pochoir étoilé, qu'un artiste de rue a apposé sur un mur de notre quartier Bastille. Sans doute doit-il refléter l'état d'esprit régnant ce matin chez les partisans de Nicolas Sarkozy. Puisque, pour la première fois hier soir, un sondage a donné le Président-candidat vainqueur du premier tour de la présidentielle, dans 39 jours. C'est «un coup de tonnerre dans la campagne», selon «Paris Match», qui le publie ce matin. Cette étude Ifop crédite Nicolas Sarkozy de 28,5% des intentions de vote (+1,5%), contre 27% pour François Hollande (-1,5%). Jusqu'à présent, et de manière interrompue depuis son investiture, en octobre 2011, le socialiste avait toujours été donné gagnant du premier tour.
Les sarkozystes auront d'autant plus la tête dans les étoiles que, d'après les enquêtes d'opinion, l'électorat accueille de manière pareillement favorable les propositions contre «l'Europe-passoire» faites par leur mentor dimanche, lors de son monumental meeting de Villepinte.
Sûr, cependant, que les stratèges de campagne du Président, eux, attendront tout de même encore un peu avant de se mettre à rêver. Les autres instituts de sondage, ces prochains jours, seront-ils à l'unisson de l'Ifop? Ce ne serait pas la première fois qu'ils divergent, lors de cette campagne. Du reste, outre le fait que les indications fournies par les enquêtes d'intentions de vote n'ont pas forcément de valeur prédictive sur le résultat le Jour J, Nicolas Sarkozy est toujours donné largement battu au second tour.
11:34 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : elections présidentielles, personnalités, hollande, sarkozy
06/03/2012
Un déguisement
A défaut d'être en tête des sondages pour l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy figure au moins en bonne place dans... la vitrine du magasin de farces et attrapes de notre quartier Bastille.
Il y a plusieurs semaines déjà qu'on avait vu cela, dans ce commerce du boulevard Beaumarchais, mais on a remarqué ce matin que cela y figurait toujours. Au milieu des masques de carnaval, des serpentins, des boas et des cotillons, trône une parure d'un personnage intitulé «Mister Bling Bling». Elle comprend, outre un masque à l'effigie de l'hôte de l'Elysée, d'inévitables lunettes solaires imitation Ray-Ban.
Jusqu'à la fin de son quinquennat, décidément, et au-delà des postures électorales du moment (le candidat du «peuple», etc.), le Président sortant aura traîné comme un boulet l'image qu'ont donnée de lui les frasques de son début de mandat: le dîner au «Fouquet's» avec les plus gros revenus du CAC 40, le séjour sur le yacht «Paloma» du milliardaire Vincent Bolloré, etc.
Juste: si les chiffres de vente de ce masque de «Mister Bling Bling» sont à la hauteur de la popularité de l'intéressé, notre commerçant du boulevard Beaumarchais ne fait pas de bonnes affaires.
Commerçant qui, pour appâter le client, a aussi mis en vitrine un masque à l'effigie de François Hollande. Parmi les déguisements de carnaval, le candidat socialiste trône, lui, souriant. Et il n'est affublé d'aucun sobriquet dénigrant.
Mais sûr que, s'il est élu en mai, il n'échappera pas davantage que son prédécesseur aux caricatures, dans les magasins de farces et attrapes et partout ailleurs. Sans doute est-ce la rançon de la gloire: le prix à payer pour le pouvoir.
11:47 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : elections présidentielles, perosnnalités, sarkozy, hollande, humour
29/02/2012
Une imitation, si drôle
«Si on vient me chercher, on me trouve». François Hollande dixit, ce matin sur une radio. Le candidat socialiste à l'Elysée a répété combien Nicolas Sarkozy avait, selon lui, été «inélégant» et «discourtois» en s'en prenant à sa compagne: la journaliste de télé Valérie Trierweiler – on en parlait hier, dans ce blog.
Valérie qui? «Valérie Rottweiler» Ainsi l'intéressée a-t-elle été rebaptisée par... Ségolène Royal.
Mais, précisons tout de suite: pas par la Ségolène Royal dans la vraie vie. Par Ségolène Royal telle qu'elle est imitée par Nicolas Canteloup. L'humoriste prend un plaisir facétieux à camper une Ségolène Royal en marâtre insupportable, d'une mauvaise foi crasse, aigrie comme jamais à l'égard de François Hollande, donc ne manquant pas une occasion d'écorcher le nom de la femme qui, désormais, partage la vie de son ex.
Et cela ne rate jamais: chaque fois qu'on entend cette Ségolène Royal-là, dans la bouche de Nicolas Canteloup, on s'esclaffe. Chaque fois que, dans son imitation, revient cet impayable «Valérie Rottweiler», on pouffe. Chaque fois, ce faisant, on culpabilise (un peu). Le portrait dressé par cette imitation est vraiment odieusement caricatural. C'est très moyen de se moquer ainsi de la vie privée des gens, et a fortiori de leurs chagrins d'amour. Et on est là dans un registre clairement sexiste: ce n'est jamais François Hollande qui est imité en train de pester contre les nouvelles liaisons de son ex. Donc, c'est vraiment très incorrect.
Mais on ne peut pas s'en empêcher: on trouve ce surnom canin si bien trouvé et cette voix de Ségolène Royal – son timbre: tellement particulier – si bien imitée que, chaque fois, on est mort de rire.
Dans une autre vie, c'est promis, on expiera ces ricanements si peu charitables.
11:40 Publié dans Dans la peau | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, femmes, personnalités, hollande, sarkozy, elections présidentielles
28/02/2012
Une vision de la femme
Les ex et la campagne présidentielle. Hier soir, sur une télé d'info continue, c'était le thème de l'édito politique quotidien. Cecilia ex-Sarkozy qui, deux fois ces derniers jours, a dit aux médias combien elle croyait aux chances électorales de son ex. Et Ségolène Royal qui, ce mardi pour le deuxième jour consécutif, arpente le Salon de l'agriculture où elle va croiser son ex, François Hollande, dont elle ne manquera pas de faire à nouveau l'éloge. Le confrère éditorialiste en déduisait qu'au moins la course à l'Elysée avait ça de bon de ramener la paix dans des ménages hier brouillés à mort.
En l'entendant, on trouvait tout de même assez macho cette vision utilitariste de la femme, prise comme faire-valoir d'un homme.
Une heure plus tard sur une autre chaîne, François Hollande s'en prenait au «manque d'élégance» de Nicolas Sarkozy. Qui, le matin même, sur une radio, avait ironisé sur l'actuelle compagne du socialiste, Valérie Trierweiler. Parce qu'elle travaille pour une télé de Vincent Bolloré, ce milliardaire qu'on a beaucoup reproché à Nicolas Sarkozy de fréquenter.
Là encore, on avait un mouvement de recul. Devant cette vision de la femme soit punching-ball (s'en prendre à son adversaire en ciblant sa compagne), soit pauvre créature à défendre (Valérie Trierweiler elle-même ayant réagi dès hier matin à la pique sarkozyste, a priori il n'y avait pas besoin d'en rajouter).
On repensait à tous ces «merveilleux!» et autres «fabuleux!» que Carla Bruni avait lancés, il y a dix jours aux micros et aux caméras, en guise de commentaires des prestations de campagne de son mari désormais candidat. Le faire-valoir, à nouveau.
On réalisait alors que, la semaine prochaine comme tous les 8 mars, c'était la Journée internationale des Femmes. On se demandait si, en France, en haut lieu y compris, on n'avait pas encore des progrès à faire, en termes de vision des intéressées.
11:39 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : elections présidentielles, personnalités, femmes, sarkozy, hollande, télévision



