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11/12/2014

Une si grande amabilité

Le groupe Canal+ adore visiblement Nicolas Sarkozy. Ou, en tout cas, il table sur sa victoire à l'élection présidentielle de 2017, et donc essaie d'emblée de se faire bien voir par lui.

Pour preuve, sa chaîne de télé D8 diffuse ce soir «Little french songs in America». Il s'agit d'un documentaire sur les coulisses de la tournée aux Etats-Unis de Carla Bruni. Nicolas Sarkozy lui-même y apparaît, bien sûr. Et, évidemment, sous un jour éminemment favorable, bien dans le ton dominant du documentaire: si aimable.

Il y a un an, déjà, la même chaîne D8 avait diffusé, en prime time, un documentaire sur le couple Sarkozy-Bruni, signé par une amie intime de l'ex-Première Dame: la réalisatrice et ex-top model Farida Khelfa. Le film – le publi-reportage, devrait-on plutôt écrire – relatait la vie quotidienne et familiale du célèbre couple. Il dégoulinait tellement de complaisance envers l'ex-Président qu'à l'époque, il avait fait beaucoup jaser.

Bis repetita, donc, ce soir. A nouveau, Canal contribue au «story-telling» sarkozyste.

Le procédé devient si voyant qu'on ne trouverait pas complètement idiot que le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) enfin se prononce sur la chose. Ces publi-reportages successifs de D8 ne doivent-ils pas être pris en compte dans le calcul du temps d'antenne consacré par cette chaîne à la droite sarkozyste?

23/09/2014

Un concours de vacheries

C'était comique, hier, de voir Alain Juppé, sourire ironique aux lèvres, se dire «sensible aux paroles aimables à (son) égard» prononcées la veille au soir, à la télé, par Nicolas Sarkozy. L'ex-Président avait eu ces mots, le concernant: «Alain Juppé, je l'ai connu quand j'avais 20 ans. C'est un partenaire, c'est un ami, c'est un compagnon, c'est quelqu'un pour qui j'ai même de l'admiration. Et j'aurai besoin de lui». Sauf que ces échanges amicaux cachent évidemment un vrai concours de vacheries.

Ainsi, ce «Je l'ai connu quand j'avais 20 ans». C'est bien sûr une façon, pour Nicolas Sarkozy, de taper sur le clou du grand âge du maire de Bordeaux (69 ans), une ancienneté qu'en privé, les sarkozystes n'arrêtent pas de dénigrer. Quand on est soi-même quasi sexagénaire et qu'on précise, comme si de rien n'était, avoir fait la connaissance de quelqu'un il y a quarante ans, cela renvoie implicitement cette personne à un âge canonique.

De même, ce «J'aurai besoin de lui» sarkozyste: derrière son vernis amical, c'est d'une grande condescendance envers Alain Juppé. En effet, cela connote une relation hiérarchique: il a besoin de lui, comme l'on a besoin d'un collaborateur ou d'un adjoint. C'est d'ailleurs bien pour cela que le Bordelais, hier, sourire crispé, a rétorqué par un plus égalitaire «Nous aurons tous besoin les uns des autres», histoire de tenter de remettre les deux rivaux sur le même pied.

En tout cas, vu comme c'est d'emblée parti entre eux deux, cela promet d'ici à la présidentielle de 2017.

22/09/2014

Un apprentissage estival bien utile

Personnalités, Culture, Littérature, SarkozyPour compléter le sujet de vendredi, le rapport de Nicolas Sarkozy avec la culture, signalons l'écho que l'intéressé a distillé à son retour de vacances, puis a bien veillé à faire circuler – comme s'il sentait lui-même qu'il avait encore un vieux problème d'image à régler, en la matière. A en croire cette indiscrétion, l'ex-Président aurait profité de sa pause estivale pour... lire Dostoïevski. Cela vous pose évidemment son homme, à la plage, de bouquiner «Les Frères Karamazov», «Le Joueur» ou «L'Idiot».

En plus, Nicolas Sarkozy aurait lu cet auteur... en anglais.

Très bien. Cela lui permettra, si d'aventure il est élu à la présidentielle de 2017, de ne pas commettre à nouveau cette mémorable bévue linguistique qui l'avait ridiculisé, le jour où il avait reçu Hillary Clinton à l'Elysée. Sur le perron du palais présidentiel, après avoir accueilli son invitée avec un baise-main, il s'était excusé auprès d'elle pour la météo maussade du jour, en lui lançant... «Sorry for the time» – alors que c'est évidemment le terme "weather" qu'il aurait dû utiliser, s'agissant du temps climatique et non temporel.

19/09/2014

Un grand «retour», un gros défi

Dans l'attente de l'officialisation du grand «retour» de Nicolas Sarkozy en politique. Retour écrit entre guillemets, puisque, dans les faits, depuis sa défaite de mai 2012, il n'avait évidemment jamais quitté la politique. Si le coming out de l'ex-Président n'intervient pas dès ce vendredi, ce devrait être fait ce week-end.

Week-end qui, en France, est aussi celui... des Journées du patrimoine. C'est balot, les grands communicants sarkozystes n'avaient pas pensé à cette conjonction d'actualités. Or, c'est précisément un des gros défis qui attend leur mentor. Ne pas paraître fossilisé dans le patrimoine républicain. Faire en sorte que son retour ne soit pas réduit à juste de la redite d'une histoire politique qui balbutie. Essayer donc d'apporter un peu de sang neuf, voire un coup de jeune, à sa personne, à ses idées et à ses troupes. Sous peine de donner une impression, si peu emballante, de déjà-vu.

Des Journées du patrimoine qui, en plus, cette année, auront la culture pour thème. C'est piquant. Alors que, le même week-end donc, officialiserait son come-back celui qui, à l'Elysée, n'a cessé d'être brocardé comme un être particulièrement inculte – Roland Barthes confondu avec le footeux Fabien Barthez, «La princesse de Clèves» dénommée «Clévês», etc., etc. Là aussi, il ne lui sera pas inutile de donner une impression de nouveauté.

 

03/07/2014

Un étonnement ou l'autre

Personnalités, Sarkozy, Valls, Langue française, Justice, Communication«Dans les yeux». Le grand retour radiotélé de Nicolas Sarkozy, hier soir, nous a fait sursauter au moins sur un point. Quand, regardant ses intervieweurs bien droit «dans les yeux», il leur a assuré qu'il n'avait rien à se reprocher. On aurait été lui qu'on se serait bien gardé d'utiliser une telle expression. Si connotée en politique française, depuis que, «les yeux dans les yeux» de toute la classe politique et médiatique, pendant des mois, l'ex-ministre PS Jérôme Cahuzac assura ne pas détenir un compte bancaire non-déclaré à l'étranger. Avant de finir par devoir reconnaître les faits, mettant piteusement son mensonge sur sa «part d'ombre». Pas sûr, dès lors, que Nicolas Sarkozy avait vraiment intérêt à proclamer son innocence «dans les yeux» de ses interlocuteurs, et à travers eux dans ceux des Français

Le matin même, déjà, on avait au moins autant sursauté, à l'écoute cette fois de Manuel Valls. En entendant le Premier ministre lâcher, à propos de Nicolas Sarkozy: «Les faits sont graves». Or, à ce stade, il n'y a pas de «faits»: juste des présomptions pesant sur l'ex-Président, des indices graves et concordants. Ce dérapage faisait furieusement penser à celui qu'avait commis, en juillet 2003, un certain... Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur. Quand il avait annoncé «l'arrestation de l'assassin» en cavale du préfet de Corse, Claude Erignac. Alors qu'Yvan Colonna, à ce moment-là et par la force des choses, n'avait pas encore été jugé et encore moins condamné, donc était présumé innocent. Manuels Valls a beau détester être comparé à Nicolas Sarkozy, là, pour le coup, il lui a fameusement ressemblé, dans son écart de langage.

A la fin de cette journée, d'ailleurs, il était assez stupéfiant de constater que ces deux étrangetés de communication avaient été le fait de deux hommes politiques qui sont pareillement censés être de très grands experts en com', et qui sont à longueur de journées entourés et conseillés par des hauts communicants supposés de choc.

C'est à n'y plus rien comprendre.

01/07/2014

Une première après l'autre

Justice, Personnalités, SarkozyUn ex-Président après l'autre. Fin 2007, Jacques Chirac était entré dans l'Histoire, en devenant le premier ancien chef d'Etat à être mis en examen. Ce mardi, son successeur à l'Elysée, Nicolas Sarkozy, est carrément devenu le premier ex-hôte de l'Elysée placé en garde à vue. Dans le cadre des soupçons de trafic d'influence qui pèsent sur lui.

La réforme en cours de la garde à vue, qui crée des nouveaux droits pour le justiciable, n'entrera en vigueur qu'en 2015. Dès lors, le justiciable Nicolas Sarkozy ne pourra, dès à présent, en bénéficier. S'il y a une logique dans tout cela, il n'en sera nullement chagriné, puisque son propre parti, l'UMP, a toujours bataillé contre un tel assouplissement, jugé «laxiste», de cette mesure de privation de liberté.

En revanche, la réforme de la garde à vue de 2011 (ici) s'applique bel et bien à l'ex-Président. Elle permet notamment à l’avocat de s’entretenir pendant 30 minutes avec son client avant son placement en garde à vue, de consulter ses procès-verbaux d’audition, voire d'assister aux interrogatoires. Léger problème, dans le cas d'espèce: le propre avocat de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog, est... lui aussi et au même moment, dans un bureau différent de la police judiciaire, gardé à vue: dans ce même dossier de trafic d'influence présumé.

Rien n'est jamais simple, décidément, dans les «affaires» des partis politiques français.

10/06/2014

Un amalgame, de l'autre côté cette fois

Activisme, Personnalités, Valls, Sarkozy «NI VALLS NI LE PEN». C'est l'inscription en lettres capitales et en format géant qu'un quidam a laissée, ce week-end, sur le rideau métallique d'un commerce du boulevard Richard Lenoir, dans notre onzième arrondissement.

Comme on aperçoit ce tag depuis la fenêtre de notre bureau, on peut témoigner que bon nombre de passants, le découvrant, tombent en arrêt. S'interpellent à son sujet. Se marrent ou s'offusquent. Voire le prennent en photo. Bref, il ne passe pas inaperçu.

Cela rappelle ces affiches qui, pendant la campagne présidentielle de 2007, avaient, une nuit, fleuri sur les murs de Paris. Elles disaient «Votez Le Pen», mais, sous ce slogan, montraient... le visage de Nicolas Sarkozy. Manière, pour les associations de gauche à l'origine de cette campagne, de dénoncer l'ultra-droitisation du candidat de la droite. A l'époque, cet amalgame entre droite et extrême droite avait fait grand bruit.

Pour la petite histoire, Nicolas Sarkozy y avait plutôt habilement réagi. Au lieu de monter lui-même au créneau – ce qui aurait donné encore plus d'écho à cette initiative –, il avait envoyé au front l'auteur du cliché utilisé sur ces affiches: un grand photographe de mode. Qui avait menacé les associations d'un procès, pour avoir utilisé l'image sans en détenir ni les droits d'auteur, ni l'autorisation de son créateur. Craignant d'être condamnés à des dommages et intérêts astronomiques, les anti-sarkozystes avaient dû mettre fin à leur campagne d'affichage – son visuel n'en avait pas moins connu un grand succès sur le net.

Une demi-douzaine d'années plus tard, donc, rebelote. Avec cette fois, le nom Le Pen qui se réfère non au père, mais à la fille. Et qui est accolé à une personnalité étiquetée non plus à droite, mais à gauche. Pas sûr que l'intéressé d'aujourd'hui appréciera davantage que celui d'hier.

27/05/2014

Un grand train de vie

Elections présidentielles, Justice, Economie, Sarkozy, Gastronomie Les comptes de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012 auraient donc été truqués, et pas qu'un peu. Le but de la manoeuvre? Eviter que ces dépenses électorales n'explosent trop, au risque de dépasser le plafond légal des dépenses maximales autorisées (22 millions d'euros, concernant chacun des deux participants au second tour). Certaines de ces dépenses auraient donc été payées, non sur le budget de campagne du candidat, mais par son parti: l'UMP. Qui, pour ce faire, aurait commis pour une dizaine de millions d'euros de fausses facturations.

Hier soir, dans une mémorable confession télévisée (ici), le directeur adjoint de la campagne du candidat Sarkozy, et en même temps bras droit du patron (démissionnaire) de l'UMP, Jean-François Copé, a personnellement confirmé l'existence d'un tel mécanisme. Et l'a justifié par «les dérives» des dépenses électorales sarkozystes de 2012. En substance, elles partaient tant en vrille qu'il fallait absolument trouver une solution comptable – fût-ce illégale – pour les ramener artificiellement à la baisse.

Le candidat Sarkozy a-t-il donc été exagérément dispendieux, il y a deux ans? A-t-il jeté l'argent par les fenêtres, lors de sa campagne élyséenne? En tout cas, on se souvient qu'à l'époque, on avait été frappé combien cette campagne menait grand train de vie.

Elections présidentielles, Justice, Economie, Sarkozy, Gastronomie Pour ne prendre que ce seul exemple – pas forcément représentatif de l'ensemble –, c'était saisissant pour tout ce qui concernait les dépenses relatives aux réceptions, aux traiteurs, à l'intendance, etc. On l'avait raconté dans ce blog, à l'époque (relire ): côté Sarkozy, c'était petits fours, miniardises et mets fins alors que, côté Hollande, c'était beaucoup plus frugal.

Si le restant du budget de sa campagne a été dépensé à l'avenant, l'ex-Président a du souci à se faire. Et on n'a pas fini d'entendre parler de cette affaire.

23/05/2014

Un énervement (un peu) moindre

Personnalités, Sarkozy, Elections européennes, Presse, Publicité, LuxeNicolas Sarkozy est un peu moins énervé. Visiblement, l'état de l'Europe le met (un peu) moins en rogne que les juges qui sont à ses trousses. En témoignent les points d'exclamation contenus dans la tribune sur les élections européennes qu'il a publiée hier, dans le magazine «Le Point». On y dénombre sept signes de ponctuation de ce type. Ce n'est pas rien, mais c'est moins que les huit points d'exclamation de sa volcanique tribune dans «Le Figaro», à la fin mars: quand avait été révélée sa mise sur écoutes, par des juges (relire ).

L'ex-Président gagne donc (un peu) en tempérance. Ses électeurs apprécieront – ou pas, on verra.

En attendant, il est douteux qu'en ouvrant «Le Point», hier, Nicolas Sarkozy ait apprécié la facétie qu'a occasionnée le plan publicitaire de ce numéro du magazine. En effet, il a fait juxtaposer l'apothéose de cette tribune (L'Europe, «ne laissons ni aujourd'hui ni demain détruire ce trésor!») avec une grande pub. Vantant les dernières créations d'un horloger joaillier suisse, dont une montre («mouvement manufacture réalisé à la main») à 2790€. Soit, tout de même, plus de deux mois de salaire minimum.

Nicolas Sarkozy possède certainement des toquantes encore plus onéreuses. Il n'empêche, il a dû grimacer, à la vue d'un tel catapultage entre pub et rédactionnel. Lui qui n'a jamais réussi à faire oublier sa grande période Rolex, Ray-Ban, bling bling etc.

21/03/2014

Un signe patent d'agitation

Huit. On les a comptés: il y a huit points d'exclamation, dans la tribune au vitriol – au bazooka, même – que Nicolas Sarkozy publie ce matin, dans «Le Figaro». Ce fameux texte où il compare les procédés des magistrats l'ayant mis sur écoutes (dans le cadre des enquêtes judiciaires le concernant) aux agissements de la Stasi: la sinistre police politique de l'ex-Allemagne de l'Est.

Passons vite sur cette analogie, tant elle est excessive. Et indigne envers les victimes de la Stasi. Cette comparaison à l'emporte-pièce ne fait sans doute que traduire l'état de confusion et d'agitation du signataire du texte.

Un texte qui donc, sur ses quelques milliers de caractères, comprend huit points d'exclamation. Un signe de ponctuation qui, auparavant, n'était pas du tout fréquent, dans le langage écrit des hommes politiques. Ceux-ci, pour paraître posés et sereins, responsables donc, ont toujours privilégié l'assertion à l'exclamation. Les seuls à faire exception à cette règle implicite, ce sont les partis d'extrême droite et d'extrême gauche: leurs communiqués, par nature vindicatifs, ont toujours regorgé de points d'exclamation. Depuis un petit temps maintenant, l'UMP sarkozyste y a aussi un ample recours, dans sa communication. Vendredi, donc, son mentor a montré qu'il était parfaitement au diapason de cette évolution stylistique. Au risque que cela soit pris par le lecteur comme révélateur surtout du fait que, décidément, l'intéressé n'a pas changé: il peine toujours autant à se tempérer.

C'était Laurent Fabius, croit-on se souvenir, qui, lors d'une campagne présidentielle, avait dit cela, concernant Nicolas Sarkozy: «Avant de vouloir présider, il faut se présider». Par son texte, et rien que sur la forme – sans même s'occuper de son fond –, le peut-être futur candidat de la droite à la présidentielle de 2017 montre qu'en la matière, il a encore une marge de progression.

05/03/2014

Une «comédie humaine»

Nicolas Sarkozy a donc bel et bien été enregistré à son insu. Par celui qui, à l'Elysée, était son haut conseiller idéologique: le sulfureux Patrick Buisson. La révélation du contenu (pas mirobolant, à ce stade) des premiers de ces enregistrements suscite évidemment une agitation médiatico-politique considérable. Mais, comme toujours, le buzz a la mémoire courte. En effet, en matière de hauts conseillers qui déballent (ou balancent, comme on veut), existe un fameux précédent. Qui remonte à plus de vingt ans.

Personnalités, Institutions, Histoire, Sarkozy, Mitterrand, LittératureQuand, en 1993, Jacques Attali avait entamé la publication de ses «Verbatim». Par cette démarche, ce haut conseiller de François Mitterrand entendait relater «aussi honnêtement mais aussi crûment que possible, les faits, les impressions, les dialogues» des «épisodes singuliers de la comédie humaine», au plus haut sommet de l'Etat. A l'époque, ce récit non-autorisé «de réussites et d’erreurs, de mesquineries et de grandeurs» avait ulcéré les piliers de la Mitterrandie (les Fabius, Lang, Mauroy, Badinter, etc.). Le Président lui-même avait dit son courroux. En deux phrases mémorables, il avait raillé «le guillemet facile» de l'auteur, et le fait qu'il était «peut-être plus soucieux du nombre de ses lecteurs que de vérité historique».

Néanmoins, la série des «Verbatim» avait connu un grand succès de librairie. Au point que, habituelle rançon de la gloire, un pastiche avait vu le jour. «Aboitim, neuf années dans les secrets de François Mitterrand», c'était son titre. Et son auteur, anonyme, avait choisi Baltique pour pseudonyme: le nom du labrador du Président.

A l'inverse de la chronique des années Sarkozy par Patrick Buisson, ce récit-là, au moins, était marrant.

17/12/2013

Un pilier de la Sarkozie

C'est un pilier du système Sarkozy qui, depuis ce matin, avec Claude Guéant (ex-ministre de l'Intérieur et ex-n°2 de l'Elysée), est interrogé dans les locaux de la police judiciaire. A propos des soupçons pesant sur le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007.

Même s'il est beaucoup moins connu à l'étranger que Claude Guéant, cet homme est pourtant un très proche de l'ancien Président. Son nom: Michel Gaudin.

Au n°77 de la rue de Miromesnil, dans le huitième arrondissement de Paris – là où Nicolas Sarkozy a installé ses bureaux, depuis qu'il a quitté l'Elysée –, c'est ce même Michel Gaudin qui dirige le cabinet particulier de l'ancien Président. A ce titre, il a la haute main sur son agenda, et connaît tous les secrets et les coulisses des multiples rencontres que Nicolas Sarkozy ne cesse d'avoir avec des personnalités. Auparavant, Michel Gaudin a été rien de moins que grand patron de la Police nationale (2002-2007), puis préfet de police de Paris (2007-2012).

A ce dernier poste, il régna d'une main de fer, ne lésinant notamment jamais sur les déploiements policiers impressionnants et sur les interpellations – ils s'en souviennent bien, tous ceux qui, pendant le quinquennat Sarkozy, ont manifesté dans Paris. Le voilà donc à présent, à son tour, placé en garde à vue: contraint de s'expliquer pendant des heures devant des policiers. Fameux retournement de situation.

09/12/2013

Une concorde, pour la galerie

François Hollande et Nicolas Sarkozy donc côte à côte, demain: aux funérailles de Nelson Mandela. Puisque l'ancien Président a accepté l'invitation que lui a faite son successeur, ce week-end.

Les deux hommes trouvent un intérêt dans cette apparition ensemble. Pour François Hollande, c'est l'occasion de battre (un peu) en brèche le procès en «sectarisme» et en «anti-sarkozysme primaire» que la droite lui fait, depuis qu'il a accédé à l'Elysée. Quant à Nicolas Sarkozy, cela ne peut faire de mal à son image que, pour une fois, il soit vu sur la scène internationale autrement qu'à l'occasion des conférences grassement rémunérées qu'il donne devant le gotha mondial de la finance.

L'impression de concorde nationale que donnera l'apparition ensemble des deux rivaux de la présidentielle de 2012 sera évidemment très factice, voire hypocrite. Et rien ne dit qu'elle durera davantage qu'une journée, y compris sur un sujet aussi consensuel qu'est le grand homme d'Etat africain. Lundi prochain, en tout cas, on aura l'occasion de voir si l'harmonie républicaine est encore de mise.

Quand, au conseil municipal de Paris, le maire socialiste, Bertrand Delanoë, soumettra au vote des élus sa proposition de baptiser du nom de Nelson Mandela le futur jardin des Halles réaménagées. C'est peu dire qu'un éventuel vote unanime gauche-droite sur la question trancherait fameusement avec l'âpreté du climat politique actuel, dans la capitale: alors que la campagne fait rage en vue des élections municipales de mars prochain.

22/03/2013

Une ligne de défense pas forcément très habile

On se l'est dit dès hier soir, vers 23 heures. En prenant connaissance de la tonalité de certaines parmi les premières réactions de personnalités de droite, à l'annonce de la mise en examen de Nicolas Sarkozy, pour abus de faiblesse. Si d'aventure et par extraordinaire cela vous a échappé, des indices graves et concordants pèsent donc sur l'ex-Président – qui demeure, bien sûr, présumé innocent. En 2007, il aurait pu avoir abusé de la faiblesse de la milliardaire Liliane Bettencourt: en lui soutirant des fonds ayant pu frauduleusement financer sa campagne présidentielle de cette année-là.

C'est l'ultra-sarkozyste député-maire de Nice Christian Estrosi, qui, le premier hier soir, a cru bon d'utiliser cet angle de contre-attaque: il a accusé la justice de «méthodes au relent politique évident». Ce matin, plusieurs cadors de l'UMP ont poursuivi dans cette veine, sous-entendant l'existence d'une espèce de complot politique de magistrats, visant l'ex-chef d'Etat.

Ils ont évidemment parfaitement le droit de penser cela. Mais ils auraient peut-être pu/dû y réfléchir à deux fois, avant de lancer une telle charge dans tous les médias. Car cette ligne de défense est exactement la même – y compris jusqu'au recours à certains termes précis – que celle utilisée (cette semaine encore) par une autre personnalité politique ayant des soucis avec la justice, dans un autre pays. La situation de ces deux hommes, bien évidemment, n'est absolument pas comparable. Mais cette similitude de ligne de défense pourrait conduire une partie des Français à faire l'analogie entre eux deux, dans une sorte de rapide raccourci. Auquel cas, ce serait vraiment tout sauf à l'avantage de Nicolas Sarkozy.

Cette autre personnalité à laquelle on a immédiatement pensé hier soir, entendant ses arguments recyclés dans la bouche de Christian Estrosi, c'est un certain... Silvio Berlusconi. Et son éternel refrain sur les juges pourris: agissant davantage à des fins politiques que judiciaires.

23/11/2012

Une (autre) comparaison?

personnalités,justice,sarkozy,bande dessinéepersonnalités,justice,sarkozy,bande dessinéeNicolas Sarkozy qui donc, hier, pendant plus de douze heures d’affilée, a été entendu par les juges d’instruction chargés de l’«affaire Bettencourt». A l’issue de cette audience-marathon, il s’est vu notifier le statut de témoin assisté – il est parvenu à éviter une mise en examen.

 

Cela signifie que, de l’avis des magistrats, seuls des soupçons pèsent sur l’ex-Président. Et non des indices graves et concordants. Des soupçons d’avoir soutiré des centaines de milliers d’euros à Liliane Bettencourt, en 2007. Pour, possiblement, financer sa campagne électorale présidentielle.

 

Liliane Bettencourt : héritière de l’empire mondial de cosmétiques L’Oréal, femme la plus riche de France,.multi-milliardaire. A ce stade, Gilles Bouleau, dont on parlait hier, notre tintinophile et éminent confrère du 20 Heures de TF1, n’a pas encore comparé l’«affaire Bettencourt» à l’album «Les bijoux de la Castafiore».

13/11/2012

Un prix (pour rien?)

Hollande, Sarkozy, Personnalités, Médias, Art de vivreCe mardi en France, c'est donc la «Journée de la gentillesse» – mais oui, cela existe: les autres jours, on a le droit d'être méchant. Le hasard a voulu que ce mardi soit aussi le jour où François Hollande organise la première des conférences de presse semestrielles que, lors de sa campagne présidentielle, il avait promis de tenir, s'il était élu. Pas sûr que cette coïncidence de dates incitera les journalistes du tout-Paris à être aimables avec lui. A n'être pas trop teigneux envers un Président qui, en plus, vient de se voir décerner le premier... «Prix de la Gentillesse en politique» – mais oui, cela existe.

Nicolas Sarkozy, lui, n'a pas bénéficié de la moindre des voix décernées par les vénérables membres qui composaient le jury de cette distinction (des vedettes du journalisme parisien). Que l'on sache, le prédécesseur de François Hollande à l'Elysée n'a pas prévu, pour autant, d'organiser une conférence de presse ce mardi, pour protester contre ce deuxième échec cuisant essuyé face à son rival de mai 2012. Et pour cause: Nicolas Sarkozy est aujourd'hui à l'étranger, à Moscou plus précisément, pour y faire un discours probablement très grassement rémunéré.

Sans doute a-t-il parfaitement raison. En matière de gros sous comme de haute politique, la gentillesse, cela n'a jamais rapporté grand-chose. Pour ce qui est de la vie quotidienne, on vous laisse juges.

17/10/2012

Un menu appétissant (suite)

Santé, Art de vivre, Gastronomie, Institutions, Histoire, Personnalités, Mitterrand, Giscard, Chirac, Hollande, Sarkozy7 millions de Français sont obèses. Et 15 millions sont en surpoids. Si l'on en croit une étude publiée hier, on continue à manger trop et/ou mal dans l'Hexagone. Même si l'obésité y est comparativement moindre qu'aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, et même si sa progression, en France, semble ralentir – mais pas chez les jeunes de 18 à 24 ans.

Malgré ces chiffres pas réjouissants, reparlons gastronomie, aujourd'hui. Et partons à nouveau dans les coulisses de l'Elysée, côté cuisines – qu'on évoquait l'autre jour (relire ici). Car, depuis la rédaction de cette note, on a retrouvé, dans le fin fond de nos archives, un long papier qu'on avait jadis rédigé sur la petite histoire du palais présidentiel: il y dix ans, à l'occasion des élections présidentielles de 2002. On y a trouvé quelques détails complétant utilement ce sujet aussi prestigieux qu'appétissant.

Ainsi, l'Elysée a beau avoir toujours compté parmi les meilleures tables de France, y travailler comme cuisinier doit être stressant. En effet, les exigences du protocole sont souveraines. L'une d'elles, par exemple, impose qu'un dîner d'Etat soit obligatoirement servi en 55 minutes chrono: pas une minute de plus.

En outre, bien évidemment, les chefs travaillant au palais doivent satisfaire les caprices culinaires du locataire des lieux. Nicolas Sarkozy, par exemple, soucieux de sa ligne – ce qui ne l'empêchait pas d'avoir toujours du chocolat sur son bureau –, avait banni le fromage de la table présidentielle. Fromage qui, paraît-il, a fait sa réapparition dans les menus de l'Elysée depuis que François Hollande y a été élu, en mai. Un quart de siècle plus tôt, François Mitterrand avait l'habitude, dit-on, de commander du homard à ses cuisiniers, à toute heure du jour voire de la nuit. Jacques Chirac, lui, c'est bien connu, carburait plus modestement: aux plats régionaux – la fameuse tête de veau – arrosés de bière mexicaine. Quant à Valéry Giscard d'Estaing, la légende élyséenne assure qu'il avait fait interdire les décorations de gâteaux et de pâtisseries en forme de roses, qui lui rappelaient trop l'emblème du Parti socialiste.

Deux anecdotes encore, issues elles du livre «L'Elysée – Histoire secrète et indiscrète des origines à nos jours», de l'historienne Claude Pasteur (Editions Tallandier, 2002).

santé,art de vivre,gastronomie,institutions,histoire,personnalités,mitterrand,giscard,chirac,hollande,sarkozyD'un point de vue culinaire, Valéry Giscard d'Estaing «se démarquait de ses prédécesseurs, en n'attachant pas la même importance aux plaisirs de la table. En dehors des repas officiels, il se contentait volontiers de fruits et de légumes». Quant à François Mitterrand, il fit «moderniser les grandes cuisines de l'Elysée, sans que cette modernisation ait fait disparaître les cuivres traditionnels, gravés du monogramme de Louis-Philippe ou de l'aigle impériale de Napoléon III».

La pompe, le faste, et le respect de la tradition, jusque dans les moindres détails.

06/06/2012

Un état «normal»

Cela vaut mieux, pour un Président qui vient à peine d'être intronisé. Et c'est sans doute normal, s'agissant d'un «homme normal». Hier soir, un très bref communiqué du service médical de l'Elysée a indiqué que «l'examen médical et biologique», «clinique et para-clinique», qui avait été réalisé sur François Hollande, à sa demande, s'était «révélé normal».

Anecdotique? Si ce n'est que, précédemment, tous les bulletins de santé concernant un Président socialiste français avaient été... totalement mensongers.

Le 20 mai 1981, dix jours après l'élection de François Mitterrand, le Dr Gubler, ancien externe des hôpitaux de Paris, et son médecin personnel depuis les années 1970, avait signé le premier bilan clinique rendu public, relatif à l'état de santé du nouveau Président. Il disait ceci: «Les différents tests biologiques pratiqués ne montrent aucune anomalie des paramètres habituellement contrôlés au niveau chimique et hématologique. L'état général est tout à fait satisfaisant, et aucune anomalie n'est décelable». Le 7 novembre de la même année, François Mitterrand avait subi une série d'examens à l'hôpital militaire parisien du Val-de-Grâce – pour la petite histoire, il y avait été admis sous un nom d'emprunt: Albert Blot. Neuf jours plus tard, le Pr Albert Steg, spécialiste mondial du cancer de la prostate, lui avait annoncé qu'il était atteint d'un cancer: déjà largement diffusé dans les os. Mais l'opinion publique n'en fut pas informée. A peine, le 15 décembre 1981, un communiqué de l'Elysée annonça-t-il que François Mitterrand souffrait d'«arthrose légère au cou». Le mensonge d'Etat perdura plus de dix ans: précisément jusqu'au 16 septembre 1992. Ce jour-là, après cinq jours d'hospitalisation à l'hôpital Cochin, le chef de l'Etat annonça qu'il était atteint d'un cancer de la prostate. Mais là encore, la dissimulation était de mise. Son affection y était qualifiée de «bénigne».

Sinon, et dans un registre moins dramatique, François Hollande innove par rapport à ses deux prédécesseurs. Car, malgré les engagements qu'il avait pris lors de sa campagne, Nicolas Sarkozy cessa rapidement (dès 2010) de communiquer sur son état de santé. Et car Jacques Chirac ne le fit jamais, estimant que ces matières relevaient du secret médical, et avaient donc un caractère confidentiel.

25/05/2012

Une lente progression

Serait-elle pertinente, finalement, cette métaphore animalière beaucoup utilisée dans les médias ces derniers mois, qui compare François Hollande à une tortue? L'homme, en tout cas, semble progresser lentement (et sûrement?), en termes de popularité.

Ainsi, le dernier sondage en date de l'institut CSA, publié ce vendredi, évalue à 58% sa cote de confiance. Jamais le nouveau Président n'avait été évalué aussi haut, dans une enquête d'opinion. Ce score est même proche de celui dont CSA créditait Nicolas Sarkozy en 2007 à la même période, juste après son élection: 59%.

Consolation, pour la droite: autant en 2007, au tout début de son mandat, Nicolas Sarkozy séduisait un part (minoritaire) de l'électorat de gauche, autant son successeur, lui, a une «structure de popularité très clivée politiquement». En clair, il est très populaire à gauche, mais reste impopulaire à droite. En revanche, plus préoccupant pour les sarkozystes: la popularité du nouveau chef de l'Etat «est relativement homogène en termes sociodémographiques». Il est majoritaire aussi bien chez les classes socioprofessionnelles élevées que parmi les classes plus moyennes, les retraités, et les ouvriers. Ces derniers affichent le taux de confiance le plus élevé: 64%.

Mais tout cela va-t-il durer? On ne mettrait pas notre main au feu. L'intéressé non plus, sans doute.

09/05/2012

Un net progrès

A Paris, François Hollande en 2012 a fait beaucoup mieux que Ségolène Royal en 2007. Il y a cinq ans, le «ségolénisme», idéologiquement assez baroque, avait dérouté les Parisiens de (centre-) gauche. Et le maire socialiste, Bertrand Delanoë, avait soutenu avec des pieds de plomb la candidate. Qui, certes, s'était imposée dans 11 des 20 arrondissements. Mais, au global, pour l'ensemble des suffrages de la capitale, elle avait été battue, fût-ce de peu, par Nicolas Sarkozy: 50,19% contre 49,81%.

Dimanche, en revanche, François Hollande l'a emporté à Paris: du jamais vu pour le PS dans cette ville, à une présidentielle.

55,6% des voix: le socialiste y a devancé Nicolas Sarkozy de plus de 11 points, bien plus que l'écart national. Il s'est imposé dans 13 arrondissements: les 11 où Ségolène Royal l'avait emporté en 2007, plus deux arrondissements pourtant assez bourgeois: le neuvième et, surtout, le cinquième (le Quartier latin, fief de l'ex-maire de Paris Jean Tiberi, etc.)

Ses plus beaux scores, François Hollande les a réalisés dans les arrondissements du nord-est, les moins aisés: 67,6% dans le 19ème, 70,3% dans le 18ème, 71,8% dans le 20ème. Les bobos parisiens l'ont également plébiscité: 67,8% dans notre 11ème, 69,4% dans le 10ème (le canal St-Martin, etc) et 61,4% dans le troisième (le Haut-Marais).

Nicolas Sarkozy, lui, comme il se doit, a réalisé ses meilleurs scores dans les arrondissements à la fois les plus cossus et les plus traditionnellement à droite: 78% dans le 16ème, 72,5% dans le 7ème (l'arrondissement de Rachida Dati). Ces résultats impressionnants n'en sont pas moins en recul par rapport à il y a cinq ans. En 2007, le candidat de la droite avait fait 80,8% et 74,7% dans ces deux arrondissements, respectivement.

Nicolas Sarkozy a aussi régressé dans le très chic 6ème: 57,7%, contre 61,2% en 2007. Qui sait les électeurs de ces quartiers ont-ils été blessés par ce qui fut un leitmotiv de sa campagne: dans la plupart de ses meetings, le «candidat du peuple» a fustigé Saint-Germain des Prés, présenté comme l'exemple même de ces «élites parisiennes bien-pensantes» et abhorrées.