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14/07/2010

Une série noire

Paris, Ville lumière si l'on en croit son surnom. Et plus que jamais en ce 14 juillet, quand les réjouissances pyrotechniques et patriotiques la font, selon l'expression consacrée, briller de mille feux? Et bien non. Pas du tout. Car, en ce moment, la capitale française ne mérite pas trop son appellation illuminée. En effet, depuis trois semaines, elle est victime d'une série noire – c'est le cas de le dire – assez spectaculaire de pannes géantes d'électricité, qui ont affecté plusieurs arrondissements du sud de la ville. La dernière en date, début de cette semaine, a encore plongé une dizaine de milliers d'habitants dans l'obscurité pendant des heures entières. Et, dernièrement, plusieurs sites parisiens emblématiques ont été victimes de perturbations de leur alimentation électrique: la tour Montparnasse, l'Hôpital Pompidou, l'Institut Pasteur et même... la fameuse prison de La Santé. Des générateurs ont dû y être déployés en urgence.

EDF invoque la météo, torride dernièrement ici: «par un temps pareil, la température du goudron de la chaussée peut monter jusqu'à 60 degrés». Les 10.000 kilomètres de câbles électriques qui courent dans le sous-sol parisien, le plus souvent enfouis juste sous la couche de bitume, sont soumis à rude épreuve. Et, fréquemment, fondent, quand ce ne sont pas les transformateurs qui carrément explosent. Les syndicats d'EDF, eux, ont une explication plus prosaïquement sonnante et trébuchante à cette série noire. A les en croire, elle ne serait que le résultat d'années de manque d'investissements dans la sécurisation du réseau électrique – ce qu'EDF dément.

Avis donc au 1,7 million de foyers de la capitale reliés à ce réseau: quand il fait chaud, il n'est pas anormal de se retrouver sans électricité. C'est comme ça. On n'y peut pas grand-chose. A ce discours officiel, les Parisiens victimes de ces pannes géantes – commerçants ayant dû fermer boutique ou simples particuliers privés d'ascenseurs et d'eau chaude ou ayant dû jeter à la poubelle le contenu de leur réfrigérateur – rétorqueront sans doute deux choses. Que 30 degrés en plein mois de juillet, ce n'est finalement pas si exagéré ni exceptionnel. Et que, tout de même, dans la cinquième puissance économique mondiale qu'est la France, cela pourrait et devrait être mieux géré.

24/11/2009

Un intouchable

Journée de grève à La Poste en France aujourd’hui, contre son prochain changement de statut. Grêve annoncée même comme possiblement illimitée à Paris – mais la dernière fois qu’on avait dit cela, le mouvement n’y avait pas duré plus de 24 heures. Dans un registre beaucoup plus léger, comme chaque année à cette période, La Poste vient de relancer un service bien particulier: le… secrétariat du Père Noël.

 

Avec un pays scandinave, la France est le seul pays du monde à proposer ce service. Chaque année à l’approche du 25 décembre, l’institution répond à tous les courriers que les enfants adressent au Père Noël. Il suffit, paraît-il, d’écrire le nom de l’intéressé sur une enveloppe dans laquelle on aura glissé sa demande de cadeaux, de ne même pas affranchir le pli ni d’indiquer une adresse, et l’envoi arrive automatiquement au service clients de La Poste, en Gironde. Où il est traité et où il lui est répondu dans les plus brefs délais, avec une carte illustrée et un dessin à colorier. Ce service existe depuis 1962 et recueille chaque année un grand succès. Pour preuve, l’an dernier, près d’1,5 millions de lettres ont été adressées au Père Noël de La Poste, provenant de 130 pays différents. Et autant de réponses ont été envoyées aux enfants.

 

A ce secrétariat du Père Noël, La Poste affecte chaque année quelque 60 personnes à temps plein pendant six semaines. Ce qui, en termes de moyens humains, logistiques voire financiers, n’est tout de même pas rien pour une opération de relations publiques. Remarquez qu’en ce moment où, dans cet organisme en pleine restructuration, tout le monde semble rechercher la meilleure affectation possible au moindre centime d’euro, jamais personne n’a, sauf erreur, remis en cause ce secrétariat du Père Noël. Qui pourtant, s’il s’agit d’une initiative charmante et populaire auprès des enfants, ne doit sans doute pas être considéré comme une mission prioritaire pour le service public postal. Théoriquement, l’effectif affecté à ce Père Noël pourrait très bien, par exemple, venir prêter main forte aux bureaux de poste et aux facteurs qui, sur le terrain, sont traditionnellement débordés par l’afflux de courriers en fin d’année. Mais ni du côté syndical, ni du côté de la direction de l’institution, personne semble-t-il n’a jamais osé proposer cela.

 

En cette période de fêtes, sans doute le Père Noël est-il, en France comme ailleurs, intouchable. Sans doute l’idée de supprimer son secrétariat est-elle trop iconoclaste et politiquement incorrecte. Sans doute, dès lors, s’agit-il d’une vieille institution hexagonale qui a encore de beaux jours devant elle.

11/04/2008

Une nouveauté

bf2ab47c24d31b2e8c080440aafcdcf0.jpgUn saut de quelques heures à la rédaction de Bruxelles, pour un recyclage informatique (on adore cela ;-). A une heure aussi affreusement matinale, on aurait sans doute été dans un état moins comateux si le bon vieux Thalys avait bénéficié du nouveau service que la SNCF a inauguré récemment dans ses trains de nuit entre Paris-Montparnasse et des destinations du Sud comme Nîmes, Montpellier, Perpignan, Saint-Jean de Luz ou Hendaye (et, à terme, Marseille).

Celle s’appelle l’«iDnight». C’est uniquement commercialisé sur internet. Cela a été conçu pour les jeunes voyageurs de 18 à 30 ans et leur est vendu sous ce slogan choc: «Ne perdez plus vos nuits à dormir!» En gros, cela consiste, pendant toute la durée du voyage jusqu’à l’arrivée à destination au petit matin, à transformer la traditionnelle voiture-bar en «dance floor» roulant, avec platines, disc-jockeys, «lounge bar», «smart drinks», et tout cela.

Les Français ne manquent décidément pas d’audace et de créativité pour inventer sans cesse de nouveaux lieux et concepts festifs. On se le disait encore l’autre jour, en entendant à la radio le DJ David Guetta raconter la fête que, l’été dernier, il avait organisée pour des centaines de clubbeurs réunis dans… un Boeing reconverti en discothèque, destination Ibiza. Ce fut une grande réussite, assurait-il. Avec juste un petit moment de stress: quand, au début de son show, le DJ a vu la masse de clubbeurs  s’agglutiner tous en même temps autour de ses platines, au point de menacer de déséquilibrer l’avion...

PS: Parlant de chemins de fer, le gouvernement pourrait donc tirer un trait sur les cartes de réduction pour les familles nombreuses, qui bénéficient aujourd’hui à 3 millions de familles. Pour raisons d’économies (70 millions d’euros l’an), ce régime devrait passer du domaine de la solidarité nationale à celui de la responsabilité commerciale de la SNCF. A charge pour l’entreprise publique de se débrouiller à l’avenir pour proposer des avantages tarifaires analogues à ses clients ayant nombre d’enfants. Rien que sur la forme, sans même donc se pencher sur le fond, l’annonce – en outre cacophonique, à nouveau –  de cette mesure d’austérité dans la foulée immédiate de la confirmation de la hausse de 5,5% des tarifs du gaz a de quoi laisser pantois. Deux si mauvaises nouvelles pour le pouvoir d’achat lâchées en une seule et même semaine: y a-t-il encore des communicants à l’Elysée et à Matignon?

02/10/2006

Un temps de retard

Le prix du timbre augmente ce lundi. Il passe à 54 centimes pour les envois nationaux et à 60 centimes pour les envois en Union européenne. C’est un peu énervant, et doublement.
D’abord, parce que, à la précédente augmentation de ses tarifs, il n’y a pas si longtemps, La Poste en avait fait des tonnes en marketing et en com sur le thème de la quasi-égalisation des prix des envois entre la France et l’Europe, présentée comme une grande avancée europhile pour l’Hexagone. Rétrospectivement donc, elle aurait mieux fait de s’abstenir.
Ensuite, parce que, quand on voit le temps que prend l’acheminement des envois en Europe, le service public n’a vraiment pas de quoi se vanter. A l’heure où le Thalys conduit de Paris à Bruxelles et inversement en moins d’une heure et demie, une lettre entre ces deux mêmes villes prend encore au minimum trois jours, plus fréquemment une semaine, assez régulièrement dix jours. Ici, donc, la France est franchement moins au temps du TGV qu’à celui de la diligence.
B.DL.