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02.01.2012

Un traitement de faveur

Rien ne change, d'une année à l'autre. Une fois de plus, dans le «Top 50 Ifop-JDD» des personnalités préférées des Français, publié hier, Yannick Noah arrive en tête. Sur le fond, ce hit-parade de la popularité n'est pas la plus intéressante des enquêtes d'opinion. Car, comme des pommes et des poires, elle fait se côtoyer, au titre de nominés, aussi bien des personnalités de la politique que des vedettes des médias, du sport ou du show-bizz. Car le critère pour arbitrer ce match très inégal (le fait que les Français les «aiment» et qu'ils ou elles «comptent» pour eux) est plus affectif que rationnel. Et car c'est typiquement le genre de classement sur lequel influent les engouements du moment – voir la percée, cette année, du comédien Omar Sy, due au succès du film «Intouchables».

Il n'empêche, en ce début d'année présidentielle qu'est 2012, on peut y remarquer que les deux favoris pour l'Elysée, François Hollande et Nicolas Sarkozy, occupent deux des trois dernières places du classement...

Sinon, Yannick Noah, donc. Symbole sans doute, aux yeux de l'opinion, d'une certaine coolitude métissée, de bon aloi.

Ce statut de chouchou des Français lui vaut un traitement de faveur de la part des médias. Chacune de ses prestations médiatiques, télévisuelles surtout, est un comble de complaisance doucereuse et aimable. Ainsi, dans leur écrasante majorité – hormis l'un ou l'autre titre, comme «Le Canard Enchaîné» –, les médias français ont toujours fait l'impasse sur le gros contentieux qui, depuis des années, oppose l'ex-tennisman au fisc: une vieille histoire de redressement fiscal contesté datant des années 90, lorsque la star s'était fiscalement exilée en Suisse.

Alors, comme tout contribuable, Yannick Noah a parfaitement le droit de tenter de faire valoir ses droits face à l'administration. Mais tout journaliste digne de ce nom a aussi le droit de s'interroger sur le professionnalisme, ou non, de tous ces intervieweurs qui, face à lui, n'ont jamais évoqué cette si délicate question. Et, à la lecture de ce top 50, l'on est en droit de se demander l'impact qu'aurait, ou non, cette affaire sur la popularité du chanteur, si les Français en avaient connaissance.

22.12.2011

Une société «qui marche sur la tête»

Hier après-midi à notre kiosque à journaux favori, place St-Ambroise, dans le onzième. Le kiosquier oscille entre satisfaction et irritation. En moins de deux heures, sa pile de journaux «Le Parisien» a été épuisée: autant d'invendus de moins à gérer. Mais, si ce journal s'est si bien vendu, c'est grâce à un sujet de Une pour le moins léger, sur le fond, par rapport à l'avenir du monde, etc: l'arrivée prochaine du footeux-modeux David Beckham au PSG.

Le beau David y gagnera 800.000€ par mois. Bruts, tout de même, les 800.000. Notre copain kiosquier trouve ce salaire éhontément et ridiculement exagéré. «Ce monde est vraiment mal fichu. Cette société marche sur la tête», maugrée-t-il. En pointant du doigt vers une pile de tracts figurant sur son comptoir, que, le matin même, on lui a apportée pour qu'il les mette à disposition de ses clients. C'est une pétition du personnel du service de pneumologie de l'Hôpital St-Antoine: le grand hôpital public de l'Est parisien. En 2012, ce service va fermer et être transféré. Ainsi l'exigent l'Assistance publique et son plan de restructuration et d'assainissement financier. «Diminution du nombre de lits d'hospitalisation», lit-on. «Suppressions d'emplois». Rideau tiré sur «une équipe médicale et paramédicale qui, pendant les vingt dernières années, a développé des compétences reconnues permettant la prise en charge de patients atteints d'un cancer bronchopulmonaire». «D'un côté, on dépense 800.000€ par mois et, de l'autre, on ferme des lits d'hôpitaux. Ca ne va vraiment pas», s'irrite notre interlocuteur.

Il est le premier à convenir que les deux événements n'ont absolument rien à voir l'un avec l'autre, et qu'ils ne peuvent donc être mis en rapport. Mais trouve tout de même extrêmement fâcheuse la simultanéité de ces deux actualités. «Cette société marche sur la tête», donc.

Comme ça, d'emblée, on ne trouve pas trop d'arguments percutants à lui opposer. De toute manière, aujourd'hui comme hier et comme demain, on est pressé: pas le temps de refaire le monde dans de grandes discussions. Et puis, finalement, nous aussi, on le trouve assez malencontreux, ce hasard ayant conduit à la collision, le même jour, de ces deux actualités. Et, nous aussi, on le trouve assez indécent, le montant de ce salaire mirobolant. Pas trop envie, donc, de contre-argumenter, d'expliquer par A+B à notre kiosquier que, non, non, elle ne marche pas sur la tête, «cette société».

On se contente donc d'opiner, de le saluer, et de lui souhaiter, malgré tout, une bonne journée.

11.02.2011

Un déménagement?

Grosse agitation dans les milieux sportifs parisiens, en ce moment. Car, ce week-end, se joue le sort d'une institution du sport de la capitale française: Roland Garros. Dimanche, en effet, la Fédération française de tennis se prononce sur l'éventuel déménagement en banlieue du mythique stade de tennis de la porte d'Auteuil.

Pour faire court, «Roland», comme disent les gens (un peu) chics à Paris, se sent à l'étroit en bordure du Bois de Boulogne. Il estime que, pour pouvoir continuer à rivaliser avec les autres stades mondiaux des tournois du grand chelem, la superficie occupée par ses infrastructures doit passer de 8 à 14 hectares. Problème? Cela supposerait notamment d'empiéter sur le site contigu des Serres d'Auteuil, un magnifique ensemble architectural et botanique. Un site classé, et pour la sauvegarde duquel se sont mobilisés nombre de riverains, les Verts ainsi que quelques people (Françoise Hardy, etc.). Du coup, pour régler ces problèmes de place, c'est carrément la délocalisation de Roland Garros qui est envisagée. Trois sites ont remis un dossier à la Fédération de tennis: Marne-la-Vallée (où est déjà implanté Disney), Gonesse (près de l'aéroport de Roissy), et Versailles (dont la candidature, d'après les connaisseurs du dossier, tient la corde). En 1992 déjà, un gros débat avait eu lieu à Paris sur ce manque d'espace préjudiciable à Roland Garros, qui avait finalement reçu l'autorisation de s'agrandir.

Le maire de Paris bataille évidemment pour le maintien du stade à son emplacement actuel, et jure que c'est possible sans toucher à l'essentiel des Serres d'Auteuil. Les gros sponsors du tournoi parisien veulent eux aussi son maintien dans la capitale. Les stars du sport, elles, sont partagées.

Dans le camp des partisans du déménagement, outre Amélie Mauresmo, on trouve notamment Guy Forget («La proximité du château de Versailles serait un atout considérable»), Roger Federer («On a besoin de plus de place»), ou Lilian Thuram (qui, dans «Le Monde» d'hier soir encore, s'enthousiasmait pour la candidature de Marne-la-Vallée). En revanche, des sportifs comme Rafael Nadal ou Marion Bartoli n'imaginent pas un Roland Garros autre part qu'à Paris. C'est aussi le cas de Yannick Noah. Qui, ce matin, sur toutes les radios de France ou à peu près, jugeait inimaginable que des stars du tennis mondial puissent un jour devoir jouer «à Trifouillis-les-Oies», et non plus à Paris. Pour lui, «ce serait vraiment pas cool»..

Nous, en tout cas, en entendant au saut du lit le ton avec lequel l'ex-vainqueur de Roland Garros disait cela, c'était son parisianisme méprisant qu'on ne trouvait pas trop cool.

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Actualisation, dimanche

Le tournoi de tennis de Roland-Garros restera à Paris. La Fédération française de tennis a décidé dimanche matin du maintien du tournoi de Roland-Garros à Paris. La candidature de la capitale a obtenu la majorité des deux-tiers au vote de l'assemblée générale. (AFP)

16.11.2010

Une championne

karategirl.pngPour la première fois depuis longtemps, la France dispose, depuis dimanche soir, d'un ministre des Sports à part entière, et non plus d'un simple secrétaire d'Etat. Contre toute attente, ce n'est pas l'ex-judoka David Douillet qui a été nommé. Le double champion olympique s'est fait coiffer sur le poteau par une femme: l'ex-secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno: treize fois championne de France de karaté – dans la discipline de katas par équipe, pour les lecteurs à qui cela dirait quelque chose. Au printemps dernier, la désormais ministre-karateka était remontée sur le dojo après douze ans d'arrêt de sa discipline, et avait conquis un nouveau titre.

 

C'est donc une mère de famille de 41 ans qui l'a emporté par ippon sur un colosse d'1,90 mètre, s'amuse le tout-Paris politico-sportif depuis 48 heures. Dans la même métaphore sportive filée, l'ex-groupie de Bernadette Chirac et de ses pièces jaunes s'est pris en somme, en pleine face, un mawashi geri (coup de pied circulaire fouetté) digne de ceux qu'a popularisés jadis une scène-culte du film «Les Bronzés». S'est carrément pris, irait-on jusqu'à dire, un yoko tobi geri: le légendaire coup de pied latéral sauté qui fait se pâmer tous les pratiquants d'arts martiaux.

 

«Je suis sur un petit nuage. Le sport est ma passion. J'ai un rapport addictif au sport», a réagi Chantal Jouanno: «Je vais enfin pouvoir aller m'entraîner en ayant l'impression de travailler». Pour gagner ce nouveau combat, cela dit, l'intéressée aura bien besoin de ce mélange si subtil d'ultra-concentration mentale et d'hyper-décontraction physique exigé de tout karateka qui se respecte. En effet, le budget des sports qui a été voté pour 2011 est... le plus maigre depuis près de dix ans (-15% par rapport à 2010).

 

Evidemment, c'est moins ce chiffre que le palmarès de la ceinture noire de ministre que, depuis dimanche soir, les communicants de l'Elysée – et les médias – mettent en avant.

07.06.2010

Un contraste

Le sport et l'argent. C'était le grand débat hier ici, à propos des joueurs de foot de l'équipe de France engagés dans la Coupe du Monde et qui, en Afrique du Sud en ce moment, sont hébergés dans un palace à multiples étoiles. La secrétaire d'Etat aux Sports, Rama Yade, conteste le bon goût de ce choix d'hébergement. Précédemment, avait déjà fait débat le montant colossal des primes financières qui seront attribuées aux footballeurs français (pourtant déjà si bien rémunérés) pendant cette compétition. Dimanche, cela dit, aux portes de Paris, le monde du sport amateur a donné l'exemple d'un tout autre rapport à l'argent. Qui contrastait assez agréablement.

 

Cela se déroulait en bordure de Paris, à Sèvres précisément. C'était «La Course des Héros». C'était une course à pied de 6 kilomètres, à laquelle ne pouvaient participer que des sportifs qui, préalablement, avaient collecté sur le web, auprès de leurs proches et amis, un minimum de 300€ au profit de l'association caritative de leur choix. De la Croix Rouge à Amnesty International, de la Fondation Nicolas Hulot à Action contre la Faim, de SOS Villages d'Enfants à l'Association Laurette Fugain, plusieurs dizaines d'associations étaient engagés dans cet événement caritativo-sportif. Et hier, un demi-millier de coureurs ont pris le départ. Préalablement, ils étaient parvenus à collecter... près de 300.000€, auprès de quelque 7000 donateurs. Au moment de franchir la ligne d'arrivée, des organisateurs déguisés en Super-Héros (Superman, Batman, etc.) accompagnaient, dans leurs dernières foulées, ces anonymes ayant décidé, sans pour autant la ramener malgré ce statut dominical un peu mégalo de «héros», de consacrer un peu de temps et d'énergie aux autres.

 

C'était vraiment bien, cette course. C'était un peu le téléthon de toutes les causes, les paillettes de la téloche en moins, l'engagement physique en plus. Cela donnait du sport une image autrement plus sympathique que celle, égoïste, capricieuse et friquée, si souvent véhiculée par le sport de haut niveau.

18.05.2010

Une gratuité

«La femme est l'avenir de l'homme», assurait Aragon. En France comme ailleurs, est-ce également vrai dans le milieu encore assez machiste que sont le sport en général et le foot en particulier? Plus précisément, les femmes peuvent-elles constituer une partie de la réponse au fléau du hooliganisme et de sa violence bestiale – majoritairement mâle cette violence, cela dit. Autant de questions qui seront posées à Paris ce mardi, jour où le PSG présente son grand «plan de pacification» du Parc des Princes.

 

En effet, le club de foot parisien (endeuillé ces dernières années par la mort de deux de ses supporteurs) semble avoir pensé qu'augmenter la présence de femmes dans les tribunes au moment des matchs contribuera à y pacifier le climat. Du coup, à en croire les journaux qui, comme «L'Equipe», faisaient leurs choux gras de cette innovation ce matin, le club parisien a décidé d'instaurer la gratuité d'entrée au stade pour les femmes. Dans le même objectif de diversifier son public, afin que les éléments violents y soient numériquement minorisés, les enfants bénéficieront d'un droit d'entrée réduit (6€) et des «espaces famille» seront spécialement aménagés dans l'enceinte et les tribunes du Parc des Princes.

 

La femme comme remède à la violence, donc. Voilà qui contraste avec le maelstrom médiatique auquel on a assisté en France ces derniers mois, la plupart des télés, radios et journaux ayant inondé leurs publics avec d'innombrables reportages alarmistes (et probablement alarmants) sur la recrudescence de la violence des filles, singulièrement des jeunes filles des quartiers difficiles des banlieues.

26.11.2009

Une bassesse

L’homme, parfois, peut décidément être odieux. A fortiori lorsqu’il est en groupe, où là il ne tombe pas rarement dans la bassesse. On vient encore de le voir dans le milieu du foot en France – ce qui ne veut évidemment pas dire que ce milieu ait l’apanage des comportements indignes. On l’a vu dans une affaire sur laquelle se penche aujourd’hui  la commission de discipline de la Ligue de football professionnel. Cette commission pourrait décider de sanctions contre l’Olympique de Marseille, qui pourrait même faire l’objet de poursuites judiciaires.

 

Cela s’est passé l’autre jour, dans une tribune du stade Vélodrome, lors du match OM-PSG. Des hurluberlus parmi les supporters du club marseillais n’ont rien trouvé de mieux que de déployer deux banderoles particulièrement odieuses.

 

La première disait «Trois ans sans Julien, trois ans qu'on est bien». Par allusion à Julien Quemeneur. Il y a trois ans (c’était le 23 novembre 2006), ce jeune supporter parisien avait été accidentellement tué par un policier, en marge d’un match de coupe de l’UEFA. Outre cette banderole salissant sa mémoire, pendant le match, à en croire des supporters parisiens, des chants contre le jeune Julien ont été entendus dans la tribune des Marseillais.

 

La deuxième banderole disait «Auteuil, c'est renversant». Allusion moqueuse cette fois à un autre jeune supporter parisien prématurément et tragiquement décédé. C’était le mois dernier, lors des incidents ayant suivi l’annulation de la rencontre du match OM-PSG pour cause de grippe A-H1N1. Le jeune homme, membre du groupe des supporters d’Auteuil, avait succombé après avoir été renversé (d’où, sur la banderole, le terme «renversant») par une voiture. Pour que tout le monde comprenne bien que c'était ce drame que la banderole visait, un autre calicot, à côté d'elle, montrait un supporter du PSG en train de s’encourir à toutes jambes devant une voiture.

 

C’est d'une telle bassesse, cela en dit tellement long sur le niveau de crétinerie atteint par certains groupes de supporters que cela en devient vraiment affolant. Quitte à se pencher jusqu’à la logorrhée sur les dérives du foot, comme ces derniers temps à propos de la main de Thierry Henry, parler de cela dans les médias n’aurait pas été inintéressant.

13.10.2009

Une cause

Difficile de passer à côté de la chose en ce moment, tant les spots à la radio sont omniprésents. Ces jours-ci en France, a lieu "Octobre Rose", une grande campagne de prévention contre le cancer du sein. Et pour cause. Chaque heure qui passe dans ce pays, une femme meurt des suites de cette maladie. Qui, entre 45 et 65 ans, est carrément responsable d’un décès sur deux. Des chiffres d’autant plus effarants que 90% des cancers du sein sont guérissables s'ils sont diagnostiqués et traités à temps.

 

Dans cinq arrondissements de l’Est parisien, une campagne de promotion de la mammographie se décline également...  dans les boulangeries. Désormais, quand on y achète une baguette, elle est emballée dans un sachet où est indiqué «Dès 50 ans, c’est tous les deux ans». Plus de 600.000 sachets à baguettes ornés de ce slogan ont été imprimés et seront distribués par les boulanger(e)s dans les jours à venir. Le but de cette déclinaison parisienne de la campagne nationale est de sensibiliser notamment dans les quartiers populaires de la capitale. Où, par manque d’informations ou par crainte d’un diagnostic défavorable, seulement 24% des femmes ont recours au dépistage organisé et gratuit, un pourcentage beaucoup plus bas que celui de tous les autres départements français.

 

A propos, sur le même sujet, l’autre jour au Bois de Vincennes, se déroulait Odyssea: la grande course et marche à pied qui, à Paris chaque année, est organisée au profit de la lutte contre le cancer du sein. Quelque 14.000 athlètes confirmés ou sportifs du dimanche y ont participé, ce qui a permis de récolter 175.000 euros. C’était vraiment bien, d’ailleurs, cette course à pied. Elle a rassemblé beaucoup de femmes évidemment mais aussi énormément d’hommes, ce qui était réjouissant. A notre goût, le speaker de service, qui officiait au micro, en a un peu trop rajouté dans le pathos, avec en boucle des tirades du genre: «Regardez ce flot immense d’hommes et de femmes qui s’engagent pour cette cause! Il n’y a pas de mots assez forts pour décrire notre émotion!», «Quel merveilleux témoignage de solidarité et de fraternité!», et bla bla bla. N’empêche, l’ambiance était particulièrement chaleureuse. Ainsi lorsque, au moment de franchir la ligne de départ, tous les coureurs étaient invités à lever les bras bien haut vers le ciel, en signe de solidarité avec les malades, présents ou à venir.

 

Courir, quand c’est pour son propre plaisir, cela fait déjà beaucoup de bien. Quand, en plus, cela sert aussi à autrui, on a tendance à allonger encore un peu la foulée et à beaucoup moins sentir le poids des kilomètres. C’est donc encore mieux.

28.11.2008

Un cadeau de Noël

parfum.jpgSi l’on en juge aux nombreux paquets dont ils sont affublés en rue ou dans le métro, les Parisiens ont déjà commencé à sacrifier au rite annuel des courses pour les fêtes de fin d’année. Il est donc plus que temps de les informer de la sortie ces jours-ci d’un cadeau qui pourrait bien devenir un must dans certains milieux parisiens. On veut parler de la nouvelle game de produits de beauté et de cosmétique aux couleurs du Paris-Saint-Germain – le parfum du footballeur, en somme. Commercialisé par une société au nom merveilleux de «Brume de Rêve».

 

Alors, on entend déjà d’ici les rires moqueurs: les sarcasmes des anti-footeux primaires se demandant quel peut bien être l’intérêt de se parfumer avec des senteurs de sueur, des odeurs de vestiaires, des effluves de gazon mouillé ou des relents de merguès grillés. Mais non, pas du tout. "L’eau de sport" du PSG permet «aux fervents supporteurs de partager l’intimité de leur équipe préférée». C’est même carrément un parfum «magique». En effet,  «une touche de cette fragrance transforme les soirées parisiennes en une fête avec les plus jolies filles de la capitale. Cela sent déjà bon au Parc ou sur les Champs».

 

Parce que c’est Noël, dans "la trousse supporter", on trouve aussi un shampooing: «une vraie fraîcheur matinale aux couleurs de PARIS. Testé et approuvé par les joueurs du club après tous les matchs, pour mieux vivre ton club au quotidien». Il y a encore un gel coiffant: «un gel fruité plein de vigueur et de force pour mieux ressembler à Jérôme ROTHEN!»

 

rothenlabonne.jpgEt puis, tant qu’on y est et parce qu'il n'y a pas de mal à se faire du bien, c’est l’occasion rêvée d’aller refaire un tour dans la si splendide e-boutique du PSG. Plein de très belles choses nous y attendent, idéales pour déposer aux pieds du sapin de Noël et qui feront le bonheur des petits et des grands. Une vénéneuse «nuisette PSG Sport blanc rouge-Femme-PSG 13 euros». Un très chouette «lot 2 paires chaussettes PSG blanc bleu-Junior-PSG 4euros50». Et bien sûr la «médaille PSG logo argent-PSG 40 euros». D’accord, 40 euros, ce n’est pas donné. Mais, c’est «l’indispensable!» 

20.11.2008

Un gag?

C'est annoncé pour demain soir dans le Marais, dans un lieu encore tenu secret mais proche de Bastille. C’est tellement curieux comme événement qu’à ce stade, on ne sait pas trop s’il aura vraiment lieu ou s’il ne s’agit que d’un gag propagé par le net,  voire d’une trouvaille de marketing et de promo à des fins donc bassement mercantiles. C’est une course à pied. Mais une course un peu spéciale. Réservée aux femmes, elle se court exclusivement… en escarpins.

 

Sur la ligne de départ, sont annoncées 32 équipes composées chacune de trois filles. Ces dames s’affronteront dans un relais de 3x60 mètres. Le règlement stipule qu’elles devront impérativement être chaussées d’escarpins dont les talons ont au moins 8 centimètres de haut. Les équipes engagées portent des noms aussi olé-olé que «Les follasses sur échasses», «Les Shoes Addiiiict», «Les piqueuses de talons» ou les «S.H.O.E.S», pour «Satyres hautement obsédées par les escarpins sophistiqués». Sur le site web de la course, des coaches recommandent aux participantes de s’entraîner en courant les magasins et les apéros mondains chaussées d'escarpins. «Cette course folle est avant tout un bon moyen de fuir la sinistrose ambiante», précisent les organisateurs.

 

A première vue, quand on a découvert l’existence de cette course à pied décidément pas comme les autres, on trouvait cela plutôt farce. Une touche de légèreté, de dérision et d’esprit ludique bienvenue dans un monde de la compétition sportive qui se prend si au sérieux. Une féminisation salutaire de l’univers souvent si péniblement macho qu’est le sport. Et puis, en y repensant, on n‘est plus trop sûr que ce genre d’événement (s’il ne s’agit pas d’un gag, encore une fois) grandirait vraiment l’image de la femme. On n’a jamais essayé cela, mais, en tant qu’adepte de la course à pied, on ne l’imagine que trop bien: rien que par la posture du corps, piquer un sprint en hauts talons ne peut que donner lieu à un spectacle hautement ridicule. Avec probablement à la clé de spectaculaires gadins – la Croix Rouge sera d’ailleurs présente à l'événement. Du coup, on frémit d’avance à l’idée de demoiselles chaussées sur des escarpins effilés qui se rétament en masse et misérablement sur le bitume, sous les rires bien gras d’un public évidemment majoritairement mâle.

 

Dans ce cas de figure, cette course à pied se rapprocherait des matchs de catch féminin et de leurs variations les plus glauques (combats de femmes dans la boue, etc.). Qui, avec leurs déclinaisons light estivales (genre, les concours miss tee-shirt mouillé),  constituent tout de même le sommet de la beauferie sexiste ordinaire.

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