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04/06/2014

«Un nouveau territoire»

C'est un hasard de l'actualité, mais il ne tombe pas mal. En ces jours où toute la France se passionne pour les identités régionales – à la faveur du fameux projet de redécoupage de l'Hexagone des Régions, qu'a esquissé François Hollande hier. Ce soir, la maire de Paris lance les premiers noms de domaine en .paris. Et elle n'est pas peu fière que la «Ville lumière» soit «l’une des toutes premières capitales au monde à pouvoir créer des adresses internet à son nom, dans le cadre d’un processus lancé en 2012 par l’ICANN». Les «pionniers» qui seront les premiers à disposer d'un site web dont l'adresse s'achève par un .paris «deviendront les ambassadeurs de Paris et participeront avec la Ville à la construction de ce nouveau territoire numérique» de demain.

Pourquoi pas. Mais l'identité régionale vaut-elle également pour une ville qui est si cosmopolite et mondialisée? Les Parisiens ont ils, eux aussi, le sens du terroir? Autant que les Auvergnats, les Bretons ou les Bourguignons? Alors que la majorité des habitants de la capitale ne sont pas des Parisiens de souche (issus de générations entières ayant vécu sans discontinuer dans cette ville), mais des ex-immigrés venus d'autres Régions – et qui, d'ailleurs, prennent souvent soin d'entretenir leurs racines non-parisiennes. On verra cela, notamment à l'aune du succès – ou pas – de ce nouveau nom de domaine si fièrement parigot.

En tout cas, le projet paraît moins passéiste et régionalo-franchouillard que celui qu'a réaffirmé hier, avec force, l'ineffable Geneviève de Fontenay qui, décidément, n'en rate pas une (relire ). Interrogée sur la nouvelle carte de France redessinée par François Hollande, la dame au chapeau a protesté. «Les gens sont attachés à leurs racines! Pourquoi il y a tant de monde qui veut venir en France? Parce que, justement, on a notre folklore, notre terroir, notre tradition. Nous, en tout cas, on continuera à faire des Miss Quercy, des Miss Centre-Val de Loire, des Miss Artois: ce qui fait la France!»

On n'est pas sûr que ce soit une très bonne nouvelle pour les femmes modernes, du Quercy et d'ailleurs.

23/01/2013

Une suggestion lexicale

"Hashtag". Mot très disgracieux, a-t-on toujours trouvé – mais, les goûts et les couleurs... Terme qui, si d'aventure et par extraordinaire cela vous avait échappé, s'utilise, s'agissant de la plateforme de microblogging Twitter, pour regrouper tous les messages parlant d'un même sujet. Dans son édition de ce matin, le très sérieux Journal officiel recommande (ici) de préférer, à ce "hashtag", un terme français.

A savoir, non pas "mot-clé", comme il serait immédiatement venu à l'idée, mais le plus subtil "mot-dièse". En référence au signe # ou dièse, qu'un hashtag d'office comporte.

"Dièse". Mot si musical, et qui nous a toujours semblé délicieusement hexagonal. Quitte à le prendre en grippe, quand un automate l'ânonne en boucle dans des formules pré-enregistrées du type «Pour revenir à tout moment au menu de départ, appuyez sur la touche dièse», etc.

"Mot-dièse". On aime plutôt bien. Mais les férus de médias électroniques ne risquent-ils pas de trouver ce terme trop peu techno, voir un rien suranné?

31/01/2012

Un toupet

Nicolas Sarkozy n'est donc pas encore officiellement candidat à un nouveau mandat. Dimanche soir, à la télé, il a répété que sa priorité devait continuer à aller à la conduite du pays, par ces temps de crise. Mais, le moment venu, «je ne me déroberai pas», a-t-il aussi confirmé, et ce moment «approche». Aucune surprise à attendre, dès lors.

Nicolas Sarkozy n'est pas encore officiellement candidat, mais la page web intitulée http://www.nicolassarkozy2012.fr/, elle,existe déjà. Et elle est squattée par une intruse. La dame officie dans un tout autre domaine que la haute politique. Mais, avec un toupet assez comique, elle a manifestement jugé que cette usurpation de nom de domaine lui serait profitable, en termes de pub.

Cela fait des semaines, voire des mois, que l'effrontée sévit à cette page. Au vu et au su de tout le monde politique, et donc y compris des services de l'Elysée. Il n'empêche, malgré tout ce temps, les pandores (électroniques) ne l'ont visiblement pas encore délogée de cette adresse hautement fatidique.

D'où la question qui, plus que jamais, s'impose: mais que fait la police?

13/12/2011

Un remerciement, ou l'autre

télévisions,technologie,médias,gouvernement,publicitéOn ne l'a pas loupé, ce placard de pub du gouvernement qui, depuis plusieurs jours, s'étale en pleines pages dans tous les quotidiens de France. «Nous tenons à remercier absolument tous les Français», dit-il. Les remercier, car «la France est passée à la télévision tout numérique». «Bravo et merci à tous»: «Depuis l'arrivée de la couleur, le passage au tout numérique a été le projet le plus ambitieux de l'histoire de la télévision».

Merci? Mais de rien: nous, depuis ce basculement au numérique, on... n'a plus la télé. On avait amplement narré cette saga, à l'époque (relire notamment ici). Depuis, cela ne marche toujours pas, et on a laissé tomber. Désormais, c'est sur internet qu'on suit les seuls programmes télé que, de toute manière, on regardait sur le petit écran: les grandes émissions d'actu et les JT.

Enfin, on les regarde sur le net: quand ça marche.... Rien qu'en quelques mois d'usage, on pourrait écrire un bouquin sur la calamité qu'est, en France, la diffusion des programmes télé sur le web.

«Buffering» qui s'éternise. Vidéos indisponibles. Vidéos qui, quand elles sont dispos, sautent des passages entiers du programme, voire reviennent en arrière. Vidéos qui, si régulièrement, se figent subitement, sans raison apparente, laissant immobiles les personnages apparaissant à l'écran: bouche bée, yeux clos ou écarquillés, toujours ridicules. Sans oublier ce décalage permanent entre le son et l'image: décalage d'une petite seconde à peine, mais qui suffit à donner l'impression bizarre que tous les programmes que l'on regarde sont doublés.

Mais, c'est vrai, on l'admet, il y a une chose qui marche toujours et admirablement bien, dans la télé sur le web. C'est... la pub. Elle, elle ne subit jamais le moindre problème technique. Vous relancez trois fois la vidéo d'un JT qui patine, vous ne pourrez jamais être sûr que vous parviendrez, in fine, à la regarder. En revanche, vous pouvez être certain que la plage de pub, elle, ça oui, vous la verrez trois fois.

Rien que pour cela, donc, «bravo et merci». Cela nous manquait vraiment, dans notre vie: encore un peu de pub en plus.

14/10/2011

Un lot de consolation?

Comment et dans quelle mesure les présidentiables socialistes ont-ils utilisé les réseaux sociaux pour faire campagne et faire du buzz autour d'eux? Une étude a été consacrée à ce sujet. Même si elle n'aborde cette primaire que par le petit bout, techno, de la lorgnette, elle vient bien à point, trouve-t-on, pour achever la séquence socialiste de ce blog, cette semaine.

 

On y découvre que, sur Twitter, Martine Aubry l'emporte en termes de popularité. Qui, sur ce média, «est calculée à partir du nombre de followers, de reprise dans des listes et le nombre d'abonnés à ces listes». Elle est huit points devant Ségolène Royal, qui elle-même devance d'un point François Hollande. Martine Aubry est de nouveau sur la première marche du podium en termes d'influence: variable calculée «à partir du nombre de followers, de reprise (RT) et de la capacité à démarrer des conversations». Là, elle devance Arnaud Montebourg et Ségolène Royal. En tête toujours, Aubry (devant cette fois François Hollande Hollande et Ségolène Royal) en ce qui concerne l'engagement, «calculé à partir du nombre de tweet, de réponses aux followers et du ratio followers/réponses». La rivale de François Hollande ne cède sa première place (à Arnaud Montebourg) qu'en ce qui concerne la confiance, «calculée à partir du nombre de retweet (RT), du nombre de mentions (via @)».

 

Conclusion ? «Le team Aubry est celui qui a le mieux utilisé la toile et qui ressort en tête de presque tous les critères de l'influence. A noter notamment l'indice de popularité qui est très nettement supérieur à ceux de ses concurrents: sans doute le résultat de sa position de leader de l'opposition de fait et ancienne secrétaire générale du PS. Elle focalise, à ce titre, l'attention, et la suivre devient une sorte de passage obligé».

 

Le succès sur les réseaux sociaux ne se traduisant pas forcément dans la vraie vie, tout cela, bien sûr, n'assure ni n'annonce d'office la victoire de Martine Aubry dimanche: au second tour de cette primaire, où elle affronte François Hollande. Mais au moins, pour elle, cela constituera-t-il, probablement, un lot de consolation.

 

PS: Et puis aussi, si vous êtes branchés réseaux sociaux, cette autre étude, elle consacrée à Facebook. Elle analyse l'impact, pour les présidentiables socialistes, de leur participation aux débats télé: sur leur compte Facebook, etc.

26/09/2011

Un appel à la vigilance

paris,métro,transports,sécurité,technologieAu-delà des bouleversements affectant les hautes sphères de la politique – le basculement à gauche, hier, de cette vénérable et jusqu’à présent si conservatrice assemblée qu’est le Sénat  –, sur le terrain quotidien parisien, beaucoup plus modestement, il y a aussi des changements. Ainsi, une grande nouveauté à signaler, depuis la rentrée, à la RATP. Un nouveau message a été ajouté à ceux qui, dans les stations du réseau, sont diffusés en boucle, par haut-parleur, à l’attention des voyageurs.

 

On avait, depuis longtemps déjà, en langues étrangères parfois même, les rappels incessants de ne pas fumer dans le réseau et de surveiller ses poches, sacs, bijoux ou portefeuilles, des pick-pockets étant «susceptibles d'agir dans cette station», selon l'expression consacrée. S'ajoute désormais un appel à la vigilance destiné plus particulièrement… aux utilisateurs de smartphones, tablettes tactiles et autres gadgets techno-chics et chers. Dorénavant, un message sonore leur conseille vivement de manipuler leurs appareils avec parcimonie et discrétion.

 

C'est, bien sûr, la conséquence de la vague de vols à la tire d'appareils de ce type, dont d'innombrables usagers de la RATP ont été victimes ces derniers mois – on a déjà beaucoup évoqué cela dans ce blog (ici, par exemple), on ne développera donc pas.

 

Et ceux qui sont accros aux smartphones au point de ne pouvoir les laisser en poche le temps de quelques stations de métro? Ils auraient intérêt à se rabattre sur… la  géolocalisation. Car, dernièrement encore, dans notre onzième arrondissement, elle a grandement facilité la tâche des pandores.

 

paris,métro,transports,sécurité,technologieRaconté par la préfecture de police, cela donne ceci:«15 septembre, 1h30, 11ème arrondissement, trois hommes encerclent un passant, le bousculent et lui volent son smartphone. La victime regagne son domicile, géolocalise son bien via son ordinateur, et transmet immédiatement la position des auteurs, dans le 3ème arrondissement, au «17-Police Secours». A 2 heures, les policiers de la brigade anti-criminalité locale interpellent le trio en possession du téléphone volé. Ils ont été déférés au parquet de Paris».

 

On n'arrête décidément pas le progrès.

16/09/2011

Une (double) modernisation

gouvernement,technologie,internationalLa haute administration française qui se met au goût du jour, suite. Au début de l'année , Christine Lagarde, alors ministre de l'Economie, avait invité ses concitoyens à voyager (informatiquement) avec elle dans les nuages (relire ici). A présent, c'est au tour des Affaires étrangères de choyer «les mobinautes», comme il dit. Après Twitter et Facebook, le vénérable quai d'Orsay «arrive sur Foursquare, réseau social de micro-blogging basé sur la géolocalisation». A l’adresse foursquare.com/francediplo, l'on trouvera des «conseils pratiques selon la localisation de l’utilisateur»: recommandations aux voyageurs, coordonnées d'ambassades et de consulats, etc. Trop chouette.

 

On trouve que, pour rendre ce nouveau techno-gadget encore plus utile et attractif, les Affaires étrangères devraient l'alimenter avec les exploits de l'inénarrable Boris Boillon.

 

L'hiver dernier, ce jeune et fringant ambassadeur de France, proche de Nicolas Sarkozy, avait fait sensation. A peine nommé en Tunisie, il avait dû présenter ses excuses pour avoir publiquement rudoyé une journaliste de ce pays. Ensuite, on avait pu admirer sa plastique irréprochable grâce à une photo de lui en maillot de bain figurant sur sa page «Copains d'avant». A présent, voilà qu'il a les honneurs du «magazine people des Tunisiens»: Tunivisions. Ni speedo ni biscottos, mais un titre sublime («Le James Bond de la diplomatie»), une accroche mémorable («My name is Boillon, Boris Boillon!»), et une photo amenée à devenir mythique (le montrant posant à la manière du célèbre espion 007). Cela aussi, c’est une fameuse modernisation de la vénérable diplomatie française.

 

gouvernement,technologie,international«Boris Boillon pose façon James Bond dans le magazine people Tunivisions. Cela correspond-il à une nouvelle méthode de communication des ambassadeurs de France?» C'est la question qu'a posée, hier, un téméraire confrère au briefing de presse du porte-parole des Affaires étrangères. «Il s’agit d’un choix d’illustration photographique d’un magazine tunisien, qui consacre une édition aux relations franco-tunisiennes», a sobrement répondu le porte-silence.

 

C'est petit bras, comme commentaire. En ces temps de crise, les Français ont besoin de rêves. Fi donc de l'avarice de compliments. Boris Boillon, c'est le Roger Moore de Nicolas Sarkozy, c'est Daniel Craig from Paris.

05/08/2011

Une absence (bien involontaire)

Pendant une vingtaine d'heures, «Paris Libre» a complètement disparu du monde (du web). En effet, dans la nuit de jeudi à vendredi, une opération de maintenance technique de la plateforme Blogspirit, donc bien indépendante de notre volonté – et qui avait été annoncée comme totalement inoffensive – , a... réduit ce blog à néant. À son issue, ne s'affichait plus qu'une très vieille version: au look vintage et au contenu rédactionnel remontant aux années 2006-2007.

 

Les choses, paraît-il, sont rentrées dans l'ordre à présent. Jusqu'au prochain bug?

 

On a pris le parti de ne pas/plus s'énerver pour cela. Mais décidément, cela dit juste en passant, ils nous fatigueront toujours, ces caprices récurrents de l'électronique. Qui semblent toujours imprévisibles et qui, quand ils surviennent, paraissent décontenancer y compris les spécialistes en la matière. Au risque de passer définitivement pour has been, on ne s'y fera sans doute jamais, à ce monde-là.

11/07/2011

Un caractère bien trempé

Elle est cash, Martine Aubry, que cela plaise ou pas. Elle s'embarrasse assez peu des conventions. Au passage, ce caractère bien trempé lui vaut la mésestime de pas mal de journalistes – qu'à plusieurs reprises, elle a envoyé balader sans ménagement. Pour ses détracteurs, son côté brut de décoffrage illustre son caractère revêche, teigneux, voire acariâtre. Pour ses partisans, cette singularité de ton est rafraîchissante à l'heure où la parole politique est en permanence si formatée au consensuel par les communicants.

Toujours est-il qu'on vient encore d'avoir une illustration de son tempérament. Avec l'avis, très peu dans l'air du temps, qu'elle a donné sur les réseaux sociaux. Même si elle reconnaît qu'ils ont été utiles lors des révolutions arabes, Martine Aubry ne les aime pas. «Facebook et Twitter, j'ai horreur de ça. C'est typique de cette société où chacun pense à son nombril. Et puis, tous ces faux amis... Ce n'est pas mon truc d'expliquer mes états d'âme». Et son entourage de renchérir: elle «ne va pas utiliser Twitter pour raconter sa vie. Elle est en adéquation avec son identité politique. Aubry n'est pas dans l'autoglorification».

Ce week-end, toute la galaxie tweetée et facebookée de l'UMP a moqué cette tirade. Qui confirmerait l'incroyable ringardise d'une socialiste déjà accusée par la droite d'avoir un projet politique digne des années 80.

Une chose est sure: qu'elle les aime ou pas, Martine Aubry ne pourra faire sans les réseaux sociaux, d'ici à la présidentielle de 2012. On l'entendait ce matin encore, sur une radio, à propos de la dernière livraison du «Twittoscope»: ce baromètre mensuel des personnalités en fonction du nombre de leurs citations sur les réseaux sociaux: «C'est l’explosion de la twittosphère politique! En juin, les 140 personnalités suivies dans ce baromètre ont suscité plus de 675.000 tweets, soit 250% de plus qu’en décembre!» Neuf mois avant le scrutin, donc, les réseaux sociaux sont d'ores et déjà, et plus que jamais, «en ébullition». Et cela ne fait sans doute que commencer.

12/05/2011

Une appli, ou l'autre

appli.jpgOn parlait avant-hier de l'appli iphone assez farce lancée par le Parti socialiste pour le trentième anniversaire de l'accession de François Mitterrand à l'Elysée, le 10 mai 1981. A Paris, depuis un petit temps déjà, deux autres applications pour smartphone, n'ayant elles rien de politique, suscitent un gros débat.

La première a été baptisée du doux nom de «Stop-pervenches». Ainsi que l'on surnomme en France les contractuel(le)s qui verbalisent les automobilistes mal stationnés. Cette appli permet de consulter et de signaler en temps réel la localisation de ces agents. Histoire de donner toutes les chances aux possesseurs de smartphones d'éviter d'être verbalisés. Pour maximiser ses chances d'éviter un PV, on peut même enregistrer le lieu où sa voiture est stationnée et recevoir sur son téléphone une alerte dès qu'une «pervenche» est dans le voisinage. Les syndicats de la préfecture de police ont dénoncé ce dispositif, et demandé au préfet de police d'intervenir. Selon la CFDT-Préfecture, «cela risque de se retourner doublement contre les agents. D'une part, cela va diminuer leur rendement de PV, et ils vont donc s'exposer à des sanctions disciplinaires de la part de leur hiérarchie. D'autre part, c'est vraiment donner un bâton pour se faire battre: cela ne peut qu'accroître l'agressivité des automobilistes verbalisés envers nos agents. Qui, déjà, dans leur travail quotidien, sont de plus en plus fréquemment confrontés à des atteintes à leur intégrité physique».

La deuxième appli controversée concerne les transports publics parisiens. Cette fois, il s'agissait d'une application Android permettant aux usagers de la RATP de diffuser, sur un site (baptisé «Incidents-RATP») ou via Twitter, les problèmes qu'ils rencontraient sur les lignes de métro, bus et RER. Le particulier à l'origine de cette initiative a été sommé par la RATP d'y mettre fin. La société de transports a avancé que des informations erronées pouvaient être diffusées par ce média. Et a invoqué la violation de ses droits de propriété intellectuelle qu'entraînerait l'utilisation du sigle RATP par quelqu'un d'extérieur à la société, n'ayant donc pas droit à ce faire. Mais rien que le buzz autour de cette réaction de la société de transports a eu pour effet de faire exploser le nombre d'utilisateurs de ce site. Qui, en une seule journée, est passé de 1800 à 4000 visites. Et, depuis, des applis mobile autrement dénommées ont pris le relais. Enfin, comme pour les «pervenches», certaines permettent de localiser la présence, dans le réseau, des équipes de contrôleurs chargés de verbaliser les usagers en défaut de titre de transport...

10/05/2011

Un culte de la personnalité

rose.jpgEn l'honneur du trentième anniversaire du 10 mai 1981, jour de l'élection de François Mitterrand à l'Elysée, le PS fait très fort, en termes de marketing politique. Un parti français n'avait plus eu une idée aussi farce depuis l'été 2006. Depuis que l'UMP avait édité ses désormais légendaires tongs de plage ayant fait le bonheur de millions d'estivants: de Palavas-les-Flots à la Grande Motte, de Honfleur à Saint-Jean-de-luz, de Belle-Île à Trouville.

Mais ses merveilleuses tongs sarkozystes ne laissaient sur le sable que le logo du grand parti présidentiel. Et non le portrait du Président en personne – cela, ce sera peut-être pour l'été prochain, pré-campagne présidentielle de 2012 oblige. Le PS, lui, vient de franchir un pas supplémentaire, si délicieusement nord-coréen, dans le culte de la personnalité. Il propose carrément une appli iphone (qui a l'air gratuite, en plus) permettant rien moins que de devenir l'ami, sonore et iconographique, de François Mitterrand.

Vous secouez votre smartphone et, hop hop, vous entendez un passage célèbre d'un discours de l'ex-Président. Vous le resecouez, et hop, voici dans vos petites oreilles une autre de ses petites phrases mémorables. Grâce au parti de Martine Aubry, vous pouvez même «vous prendre en photo avec François Mitterrand»! Il vous suffit de télécharger l'application contenant les clichés fameux de l'intéressé, puis, hop hop, en un tour de main, d'afficher avec ravissement votre propre bobine à la place de celle de la personnalité qui, sur la photo, apparaît aux côtés du défunt Président. On peut donc, par exemple, se retrouver à la place d'Helmut Kohl à Verdun en 1984, sur la fameuse photo montrant ce dernier main dans la main avec François Mitterrand.

Ca fait vraiment rêver.

26/04/2011

Un grand basculement (5)

Peut-être devrait-on, un de ces soirs, convier Eric Besson à la maison. L'asseoir courtoisement dans le canapé du salon. Et l'inviter à regarder un moment avec nous la télévision. Pour le ministre de l'Industrie et de l'Economie numérique, qui vient de faire le point sur la question, l'opération de basculement des 12 millions d'habitants de la région parisienne vers la télé numérique a été un immense succès. Il en est d'autant plus ravi qu'il s'agissait d'un «défi de taille» et d'«une étape majeure dans le processus conduisant à l’extinction complète de la télévision analogique et à la généralisation de la TNT le 30 novembre 2011». Un succès, donc. Mais, pour nous, c'est un flop.

On avait raconté cela en mars (ici, , ou ), dans ce blog: dès le début, chez nous (à savoir, tout de même, en plein centre de Paris), cette TNT n'a jamais bien marché. Maintenant, c'est encore pire: on n'a carrément plus de télé. Depuis une quinzaine de jours, c'est l'écran noir. Et l'affichage de messages variables: «Pas de signal!», «Short cut in antenna circuit!», etc. Même l'achat, samedi chez Darty, d'un bidule dénommé amplificateur de signal n'a pas réglé le problème. «Vous n'êtes pas le premier à qui cela arrive», nous racontait le vendeur du magasin: «Depuis le 8 mars, les gens n'arrêtent pas de défiler: cela cafouille visiblement pas mal, cette TNT».

Depuis dix ans qu'on habite à Paris, on n'avait jamais eu le moindre problème avec la télé. Il a donc fallu le basculement à la TNT pour que, par hasard, tout commence à foirer. Débourser quelques centaines d'euros pour faire venir un antenniste, ou pour acheter un nouveau poste? Vu le niveau général des programmes et donc l'usage (à 99% informatif: professionnel) qu'on a de la télé, on n'est pas sûr de vouloir franchir le pas. Se taper une énième fois la queue chez Darty? On commence à avoir envie de faire autre chose le samedi après-midi. Qui sait si, finalement, on ne va pas se contenter désormais de regarder les JT et programmes d'info sur le net. Enfin, quand ça marche bien: là aussi, vu notre expérience de ces quinze derniers jours, il y a beaucoup à dire...

Du coup, cette mirifique «révolution numérique» pourrait bien, pour nous, se conclure plus prosaïquement. Par 1) la télé rangée à la cave, et donc plus de place et moins d'ondes électromagnétiques à la maison 2) une bonne centaine d'euros économisés chaque année, vu qu'on n'aura plus la redevance à payer.

Sans doute, dans la vie, ne fait-on jamais que les révolutions, cathodiques y compris, que l'on peut...

22/04/2011

Un champion (du gazouillis)

twittoscope.jpgIl a beau être impopulaire comme jamais un Président français ne l'a été à un an d'un scrutin présidentiel, dans ce domaine au moins, il demeure le n°1. Nicolas Sarkozy reste, et de loin, la personnalité politique la plus tweetée de France. Il totalise à lui seul un petit tiers (82.500) des 280.000 tweets enregistrés dans le dernier «Twittoscope» de la Sofres. Le chef de l'Etat fait quasiment deux fois mieux que la deuxième du classement, la frontiste Marine Le Pen (45.000).

Dominique Strauss-Kahn décroche la médaille de bronze (17.600 tweets). Six personnalités dépassent les 10.000 tweets mensuels: les socialistes Ségolène Royal et Martine Aubry, le leader de l'UMP Jean-François Copé, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, son collègue des Affaires étrangères Alain Juppé, et le bon vieux Jacques Chirac.

Nuance: un nombre élevé de tweets ne signifie pas automatiquement une forte adhésion. Car, a calculé la Sofres, quatre cinquième des tweets analysés sont de simples échanges d'information: ils se bornent à évoquer la personnalité concernée ou son actualité, sans contenir d'opinion positive ou négative à son égard. Seul un sixième (16%) des tweets sont critiques. Sans surprise, les personnalités suscitant beaucoup de tweets critiques sont les si sulfureux ministres Claude Guéant ou Eric Besson. Particularité: «les personnalités qui obtiennent des scores de tweets positifs sensiblement plus élevés que la moyenne sont toutes issues de formations de gauche». Un hasard? Non, se hasarde la Sofres. Cela «pourrait laisser à penser que l'e-démocratie trouverait plus facilement sa place à gauche, du fait d'une culture partisane plus discursive et/ou d'un personnel politique plus accoutumé au dialogue horizontal».

Ce qui est sûr, en tout cas, c'est qu'il y a de l'effervescence dans tout cela. «A un peu plus d'un an de la présidentielle, l'agora politique que constitue Twitter a largement dépassé le demi-million de tweets mensuels, sur les 140 personnalités suivies». Plus que jamais, donc, la vie politique française suscite un intense gazouillis. Et, bien sûr, cela ne fait que commencer.

19/04/2011

Un gros gaspillage

4,5 millions d'euros. C'est donc le montant qui, à Paris, a été jeté par les fenêtres. C'est la somme qui a été déboursée en vain par la RATP, par l'organisme qui gère les transports publics en région parisienne, et par les autorités régionales. 4,5 millions d'euros, c'est ce qu'avait coûté le tapis roulant ultra-rapide qui, en 2002, avait été installé à la station Montparnasse, et dont les opérations de remplacement ont débuté hier.

A l'époque, ce «trottoir roulant rapide» (TRR) avait été présenté comme un bijou technologique. Déployé dans l'interminable (180 mètres) tunnel reliant les lignes 4 et 12 du métro aux lignes 6 et 13 ainsi qu'à la gare SNCF, il atteignait la vitesse de 3 mètres par secondes. Soit 11km/h. Soit trois fois plus que la vitesse moyenne d'un tapis roulant ordinaire. Soit, pour un usager quotidien, un gain de temps potentiel de 15 minutes par semaine et de 10 heures chaque année. On croyait rêver. Et on a déchanté, raison pour laquelle ce joujou est en train d'être enlevé.

Car «le tapis roulant le plus rapide du monde» s'est avéré bien trop casse-gueule pour l'usager de base: pour le Parisien moyen, qui n'est pas forcément toujours sportif, jeune, agile ou portant des chaussures plates. C'est bien simple: au nombre de vol planés de ses utilisateurs qu'il engendra, ce tunnel de Montparnasse en vint à ressembler au plateau de tournage d'une émission style «Vidéo Gags». Les personnes âgées, les usagers ayant des bagages, ou simplement les Parisiennes aimant les chaussures à talon détestèrent rapidement ce TRR révolutionnaire. Qui, en plus, accumula les avaries techniques. Résultat des courses: pendant toutes ces années où il était censé fonctionner, le fameux trottoir roulant du futur fut plus souvent qu'à son tour... fermé et/ou boudé et/ou hors d'usage.

Officialisation donc, cette semaine, de ce retentissant fiasco technologique. Et, au passage, de ce gros gaspillage.

Encore bravo.

22/03/2011

Un grand basculement (4)

La TNT, suite et fin. Bouclons ce sujet en parlant de ce qui devrait être l'essentiel: le fond, les programmes de cette vingtaine de chaînes gratuites dont bénéficient à présent 12 millions de Parisiens et de banlieusards – du moins, quand la technique le veut bien. On en a vite fait le tour.

De la pub, de la pub de la pub. Des clips. Des jeux. Des talk-shows directement pompés de la télé américaine. Des caméras cachées idem venues d'outre-Atlantique. Des films déjà vus et revus. Du fait divers – à la Hondelatte: des «Faites entrer l'accusé» du pauvre. Des dessins animés. Des séries américaines vieillottes («Dead Zone», «Stargate SG1», etc). Et des séries françaises si improbablement franchouillardes qu'elles en deviennent involontairement comiques; la palme revenant à «Commissaire Valence» – Bernard Tapie en flic: ahlalaaaa, la fiction française... On ne risque pas de passer davantage de soirées devant la télé.

Tout, cependant, n'a pas l'air d'être à jeter. Trois chaînes d'info continue: c'est pratique quand on rentre du boulot trop tard pour les grands JT du soir – mais elles sont si répétitives, et contiennent tant de pubs et de bulletins météo... Deux chaînes parlementaires, mais elles ont l'air très très bavardes. France 4: pourquoi pas. France 5 qui ne partage plus son canal avec Arte: bien.

Et France Ô, la télé publique des DOM-TOM. Là, on est ravi. Un peu de couleur, un peu d'air! Car, et c'est le principal reproche qu'on lui ferait, cette TNT est si désespérément hexagonale, si platement franco-française. Sur la vingtaine de chaînes gratuites proposées au téléspectateur, pas une n'est en langue étrangère. Normal, sans doute, pour une audience française encore si souvent unilingue. Mais, si la télé est «une merveilleuse fenêtre ouverte sur le monde», comme il se dit parfois, là, avec la TNT, c'est raté:on n'y trouve même pas TV5 ou France 24.

Au total? La TNT «va provoquer trois phases chez le public: une euphorie, puis une déception, et enfin une habitude», avait prophétisé Frédéric Mitterrand, le ministre de la Culture de Nicolas Sarkozy. Nous, on a pris de l'avance: on a déjà zappé le premier stade.

21/03/2011

Un grand basculement (3)

TousauNUMERIQUE.jpgAprès la séquence de la semaine dernière entièrement consacrée au nucléaire, on reprend la chronique, plus anecdotique, de la vie à Paris. En revenant sur ce basculement vers la télé numérique que, le 8 mars, ont vécu 12 millions d'habitants de la région parisienne. Une dizaine de jours plus tard, on en est déjà revenu, nous, de cette TNT. Une calamité, n'est-on pas loin de penser. Et encore, sans parler du fond (on y reviendra): juste de la forme, de la technique - visiblement pas au point.

La qualité de l'image? Qui était censée préparer la télé HD (haute définition)? Une pitié. Quasiment en permanence, elle comporte des stries ou zébrures pixellisées. Pas rarement, l'écran est totalement pixellisé, le programme devenant du coup invisible. Le confort sonore? Très relatif. Les pixellisations s'accompagnent systématiquement d'une métallisation assez insupportable du son, quand le programme n'est pas carrément inaudible. La fiabilité de la technique? Risible. Rien qu'en dix jours, on a eu droit à une collection assez impressionnante d'avaries. Chaînes inaccessibles temporairement ou pendant des soirées entières alors qu'au même moment, d'autres chaînes fonctionnent parfaitement. Chaînes qui fonctionnement très bien puis qui, sans crier gare, se déconnectent subitement, affichant un «Pas de signal!» on ne peut plus agaçant. Télécommande du décodeur fréquemment inopérante: on a beau appuyer sur n'importe quelle touche, même la touche arrêt, rien ne se passe, ne reste plus qu'à débrancher puis à rebrancher l'appareil en espérant que cela aille mieux après, ce qui n'est pas forcément toujours le cas. Et on en passe.

Les autorités et les médias se réjouissant à l'unisson du «grand succès» du passage de la région parisienne à la TNT, on s'est dit qu'on n'avait juste pas de chance: que, peut-être, il y avait un gros problème de réseau dans la rue ou dans l'immeuble. On s'est donc renseigné. Et bien non, pas du tout: officiellement, tout va bien. .

Ce qui n'a pas empêché TF1, l'autre soir, de diffuser, dans un JT de 20 Heures, un petit sujet consacré à ces «plusieurs milliers de foyers» qui, en France, depuis leur basculement au numérique, sont confrontés aux mêmes problèmes que nous. Problèmes qui, si on a bien compris, dériveraient du réseau, de l'antenne télé collective, et/ou du câble reliant celle-ci aux prises télé dans les logements. Et qui, pour être résolus, nécessitent la visite d'un antenniste (facturée quelques centaines d'euros), à moins que l'on préfère l'installation d'une parabole (idem).

Encore bravo.

18/03/2011

Une surveillance

Une semaine jour pour jour, ce vendredi, que les événements dramatiques au Japon replongeaient la terre entière, la France y compris, dans, à tout le moins, l'interrogation à propos du nucléaire. Une énergie qui est surveillée également en dehors des centrales atomiques. Et y compris au coeur de Paris et de sa banlieue. Le montre bien le chapitre que le rapport annuel de l'Autorité de sûreté nucléaire (l'ASN, dont on parlait hier) consacre à la capitale française et à sa région.

Aucune centrale nucléaire n'est située à Paris – on ne voit pas très bien où on trouverait la place d'en construire une ... – ni dans sa banlieue. Pour autant, ils ne chôment pas, les 22 agents de la division parisienne du «gendarme du nucléaire» français. En effet, leur incombe la surveillance d'innombrables activités qui sont regroupées sous le vocable de «nucléaire de proximité». A savoir: quelques dizaines de services de radiothérapie, de médecine nucléaire ou de scanographie, plusieurs milliers d'appareils de radiodiagnostic médical ou dentaire, ou une dizaine de sociétés de radiologie industrielle. Sans oublier les opérations de transport de matières radioactives, ou les travaux de recherche menés par les centres du Commissariat à l'énergie atomique qui sont situés en banlieue parisienne, à Saclay ou Fontenay-aux-Roses.

En 2009, l'équipe parisienne de l'ASN a procédé très précisément à 241 inspections. Et 78 «événements» ont été rapportés aux autorités. L'écrasante majorité de ces dysfonctionnements (71 cas) ont concerné «la radioprotection des travailleurs, des patients, du public ou de l’environnement». Les plus sérieux de ces accrocs ont été classés au niveau 2 de l’échelle d'évaluation utilisée dans ce domaine – qui compte 6 degrés de gravité. Dans quelques cas, ces «événements» ou résultats d'inspections ont amené l'ASN à prendre des sanctions.

Ainsi, à Poissy-St-Germain (département des Yvelines), l’activité d'un service de radiothérapie a été suspendue d'autorité. Car «un système important pour la radioprotection des patients ne fonctionnait plus de manière satisfaisante, depuis plusieurs mois». Idem à Corbeil- Essonnes (Essonne): l'activité du service de médecine nucléaire d'un hôpital a été suspendue pendant près d’un mois, «le temps pour le service d’effectuer les actions correctives nécessaires pour respecter la réglementation en vigueur en matière de radioprotection des travailleurs et de l’environnement».

Ces incidents survenus dans la banlieue de Paris ne sont évidemment en rien comparables, en termes de gravité et de dangerosité, avec la catastrophe qui endeuille le Japon. Néanmoins, à leur petite échelle, sans doute viennent-ils rappeler, eux aussi, l'exigence constante de professionnalisme, de prudence et d'éthique qu'impose le recours à l'énergie nucléaire.

17/03/2011

Un peu de tourisme (nucléaire)

nogent.jpgAujourd'hui, une note à l'attention des Parisiens qui souhaiteraient mieux connaître le merveilleux patrimoine des environs. Ou qui auraient été frappés par la proximité (240 km) entre la mégapole de Tokyo et la fameuse centrale de Fukushima Daiichi. En termes de proximité géographique, Paris fait mieux que Tokyo. Puisque 120 km à peine séparent la capitale française de la centrale nucléaire la plus proche.

C'est la centrale de Nogent-Sur-Seine. Elle occupe un site de 212 hectares à 1h30 de route, à tout casser, de la Ville lumière, dans le département de l'Aube. Exploitée par EDF, cette bonne vieille centrale, construite en 1982 (*), compte deux réacteurs à eau pressurisée, d'une puissance chacun de 1300 Mwe. Quelque 700 agents EDF et 200 partenaires industriels permanents y travaillent quotidiennement.La présence de ces réacteurs vaut à 20.300 habitants de 29 communes environnantes d'avoir à leur disposition des comprimés d’iode stable. Ce qui leur permet d'être «acteurs de leur protection en cas d’accident nucléaire», comme le disent si joliment les communicants d'EDF.

Assez complet, le site web de cette centrale omet cependant d'indiquer la teneur de la notice qui lui a été consacrée dans l'édition 2009 du rapport annuel de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN): le «gendarme de l'atome» dans l'Hexagone.

L'ASN y considérait que les résultats du site étaient «globalement satisfaisants», notamment dans les domaines de la sûreté ou de l’environnement. Mais elle réclamait aussi «des améliorations dans le domaine du confinement et dans la qualité des contrôles périodiques associés». Dans le détail, cela donnait ceci: «Le suivi des actions correctives n’est pas assez rigoureux, notamment dans le domaine du génie civil, où certains défauts détectés par le site il y a plusieurs années ne sont toujours pas réparés. Les échéances associées aux actions correctives définies à la suite des événements significatifs ou des inspections de l’ASN sont souvent dépassées, malgré les multiples relances au service Sûreté Qualité du site EDF, qui n’ont pas été prises en compte. Cette année encore, les inspections de chantiers réalisées lors de la visite décennale ont révélé des lacunes en matière de propreté radiologique, de sécurisation des chantiers, d’évacuation des déchets et de la lutte contre l’incendie».

Cela n'a pas empêché 4000 touristes d'un jour de visiter la centrale de Nogent, l'an dernier. Si une telle excursion touristique vous tente, pour un de ces prochains week-ends de printemps, un numéro vert (appel gratuit depuis un poste fixe en France) est à votre disposition: 0800 37 94 27. D'ores et déjà, on vous souhaite une excellente visite.

(*) Centrale construite en 1982, donc. Du coup, notons que, si Nogent se trouvait non en France mais en Allemagne, sa centrale aurait, cette semaine, frisé la fermeture. Puisque les autorités allemandes ont décidé de suspendre les activités de toutes les centrales les plus vieilles, à savoir celles ayant été construites avant et jusqu'en 1980...

10/03/2011

Un grand basculement (2)

matélé.jpgTrois jours plus tard, on n'a toujours pas découvert le monde mirifique de la télé numérique. Pas le temps, ni l'envie, de se prendre la tête avec de la technique après les journées de boulot; on verra cela calmement ce week-end. En revanche, on a eu le temps de s'étonner. S'étonner, car autant on a eu droit à un concert de louanges des autorités sur la grande réussite, paraît-il, de ce passage de la région parisienne à la TNT, autant elles ont peu évoqué, trouve-t-on, les arnaques qui accompagnent ce basculement de la France vers la télé du futur.

Pourtant, des tas d'individus peu scrupuleux s'en mettent plein les poches, à la faveur de cette révolution télévisuelle. Au détriment singulièrement de personnes âgées, souvent complètement dépassées par ces questions techniques.

Ainsi, racontait «France Soir» fin février, ce retraité qui s'est laissé convaincre de prendre un crédit pour acquérir un décodeur d'une valeur de... 5000€  –  on en trouve chez Darty dès 30€ . Le démarcheur de la société, qui s'est aujourd'hui volatilisée, lui avait certifié que, sans cet appareil, il ne pourrait plus regarder la télé. Depuis, en plus, ce décodeur hors de prix ne fonctionne plus. Mais le service après vente de la société qui le lui a vendu ne répond pas: la ligne téléphonique n'est plus attribuée.... Ou cette petite vieille qui a dépensé 250€ pour faire régler l'antenne-râteau sur son toit, alors que, bénéficiant d'une parabole, elle aurait pu se passer de ce réglage: l'antenniste venu chez elle s'est évidemment bien abstenu de le lui signaler... Ou encore, dénonçait l'autre jour «Que Choisir», ces antennistes qui, en région parisienne, ont facturé jusqu'à 2000€ la vérification de la compatibilité des antennes-râteau de copropriétés, alors que cette opération est «normalement facturée de 300 à 500 euros pour un immeuble standard»...

Sans oublier cette énormité dénoncée (ici), il y a plus d'un an déjà, par cette même association de consommateurs. «Des centaines de milliers d'adaptateurs TNT imparfaitement configurés ont été mis sur le marché». Ces 300.000 à 500.000 adaptateurs défectueux n'ont pas tenu compte de l'évolution de la table de numérotation des chaînes télévisées. Dès lors, quand cette nouvelle table entrera en vigueur, soit ces appareils «seront complètement perdus, dans l'incapacité de retrouver les chaînes». Soit «les chaînes ne seront plus numérotées correctement». Soit «une partie seulement d'entre elles continueront d'être reçues». Encore bravo.

07/03/2011

Un grand basculement

Ce soir, c'est le grand soir pour une douzaine de millions d'habitants de la région parisienne. Pas le grand soir révolutionnaire. N'en déplaise à Marine Le Pen, qui, hier, commentant ce fameux sondage l'ayant placée en tête du premier tour des prochaines présidentielles, y a vu un «signe du réveil des peuples français», qu'elle a implicitement comparé au réveil des peuples arabes. Nicolas Sarkozy mis sur le même pied que Ben Ali, Moubarak ou Kadhafi... on aura décidément tout entendu. Pas le grand soir révolutionnaire donc, mais le grand soir télévisuel. Puisque, ce soir à minuit, tous les écrans de télé de la région capitale vont s'éteindre. Pour, normalement, se rallumer dans la matinée de mardi en ayant basculé de l'hertzien au numérique – des détails, si cela vous passionne, ici.

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on n'est ni très optimiste, ni très enthousiasmé par ce basculement.

Pas très optimiste sur le fait que notre télé marchera encore demain matin. Déjà, ces derniers jours, alors pourtant qu'on avait pris la précaution d'être épaulé par de bonnes âmes moins technophobes que nous, on n'a même pas réussi à relier ce poste au décodeur de l'offre triple-play qui, depuis qu'on y a souscit, traînait dans le placard. Malgré ce décodeur pourtant censé assurer le basculement au numérique, malgré deux aller-retours chez Orange, malgré d'innombrables euros dépensés à son service d'assistance téléphonique, malgré tout cela, cela ne marche pas: on a l'image numérique, mais un grésillement incessant en guise de son. On va donc se taper la queue ce midi chez Darty pour acheter un décodeur TNT proprement dit, sans même beaucoup d'espoir que lui au moins fonctionne. Et, ce soir, on va encore passer trop de temps à essayer de gérer cela.

En maugréant sans doute un peu. Car elle ne nous fait pas grimper au rideau d'enthousiasme, cette si mirifique télé numérique. On en serait bien resté à nos six chaînes nationales en hertzien, en fait. Vu l'usage, essentiellement informatif, qu'on a de la télé – Drucker, Ardisson-Ruquier-Zemmour, «D&Co» ou «Les Experts»: on a autre chose à faire. Et ce ne sont pas les programmes des «19 chaînes nationales et, dans certaines zones, les 7 chaînes locales» que promet la campagne de pub en faveur de la TNT qui, a priori, nous emballent.

Mais bon, sans doute est-cela le grand progrès sociétal, en France en 2011: le basculement à la télé numérique.