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21/09/2006

Un drame oublié

C’était un 21 septembre. On s’en souvient bien.
C’était un vendredi, vers 10 heures du matin. Soudain, les dépêches balisées «URGENT» ont commencé à tomber. Les radios et les télés ont modifié leurs programmes. Les coups de téléphone affolés de la rédaction de Bruxelles n’ont plus cessé. Avec, toujours, cette même et angoissante question: un attentat ?
C’était le 21 septembre 2001, dix jours après l’effondrement des tours du World Trade Center.
Ce n’était pas un attentat. C’était «juste» une catastrophe industrielle majeure, la plus grave que la France ait jamais connue: l’explosion de l’usine AZF à Toulouse. Trente morts, 3.000 blessés, 800 personnes hospitalisées, 28.000 logements endommagés, 15.000 dossiers de réclamations corporelles ouverts, des milliers d’emplois perdus.
11 septembre oblige, cette catastrophe n’a jamais vraiment eu le retentissement médiatique qu’elle aurait amplement mérité.
On a peu dit que l’explosion avait provoqué une secousse équivalente à un séisme de 3,4 degrés sur l’échelle de Richter. On s’est modérément inquiété des conséquences du nuage toxique qui a survolé une grande partie de l’agglomération. On n’a que peu donné la parole aux 5.600 personnes qui, dans les semaines suivant le drame, ont consulté pour des symptômes apparentés à un stress aigu. On a relevé à peine que, dans la zone proche de la catastrophe, un élève sur cinq, un habitant sur dix et 15% des travailleurs ont été blessés.
A l’époque, on s’en souvient, comme il ne s’agissait pas d’un attentat, on n’avait même pas reçu ordre de partir en reportage sur les lieux du drame. On n’avait qu’à peine protesté: le week-end, il est vrai, s’annonçait si radieux à Paris.
Cinq ans plus tard, pas le moindre responsable de cette catastrophe n’a encore été jugé. Ses causes sont toujours controversées. Et nombre de sinistrés attendent encore un emploi ou un logement décent.
Les télés aujourd’hui, sans doute, en parleront un peu.
Un peu.
B.DL.