16.05.2012
Une première conséquence?
Le départ de Nicolas Sarkozy de l'Elysée, hier – et/ou celui de François Fillon de Matignon, ce matin – pourrait avoir une conséquence très visible et concrète sur la physionomie de Paris. En effet, cela pourrait débloquer un gros dossier urbanistique contre lequel, depuis des mois, la droite faisait barrage. De toutes ses forces.
Ce vaste projet, c'est l'aménagement des berges de la Seine (photos visibles ici). Aujourd'hui et depuis des décennies, ces voies sont dédiées au trafic automobile. Le projet prévoit de réserver ces berges en partie aux piétons. Mais la préfecture de police de Paris, le «bras armé» de l'Etat central dans la capitale, a toujours freiné des quatre fers contre cette interdiction des voitures le long du fleuve. Selon elle, cela va entraîner d'inextricables embarras de circulation dans une bonne part du centre de Paris.
En janvier dernier, François Fillon en personne avait mis son veto au projet. Or, l'Etat étant propriétaire des quais de Seine, son aval est indispensable pour modifier la nature de ces voies. Furieux, le maire (PS) de Paris, Bertrand Delanoë, avait dénoncé un «diktat inacceptable» de Matignon. Et qualifié d'«acte partisan» la décision de François Fillon – qui, à la faveur des élections législatives du mois de juin, se lance dans la politique locale parisienne.
François Hollande désormais à l'Elysée et Jean-Marc Ayrault à Matignon, ce gros dossier sortira-t-il enfin du placard où on l'avait enfermé? «On espère un déblocage rapide», s'est-on félicité, le week-end dernier, à la mairie de Paris. Où l'on envisage d'ores et déjà que les berges réaménagées soient ouvertes au grand public «au printemps 2013».
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06.04.2012
Un dimanche qui promet
Si vous envisagiez de circuler en voiture dans Paris le dimanche 15 avril, oubliez cela. Ce jour-là, en effet, la capitale va probablement connaître des embouteillages d'anthologie, pour cause notamment de campagne présidentielle.
Le 15 avril, il y avait déjà le marathon de Paris, qui, en temps normal, chaque année entraîne pas mal d'embarras de circulation et de stationnement. Cette année, viendront s'y greffer deux manifestations électorales de masse, car on sera à une semaine du premier tour du scrutin élyséen, le dimanche 22. D'une part, comme l'intéressé l'a confirmé hier, le grand meeting de Nicolas Sarkozy sur la place de la Concorde. D'autre part, le meeting, annoncé comme aussi massif, de son rival socialiste François Hollande, lui sur l'esplanade du château de Vincennes.
Une centaine de milliers de personnes pourraient bien, au total, assister à ces deux événements. Et il faudra leur ajouter les quelques dizaines de milliers de marathoniens du jour. Dès lors, c'est peu dire qu'on va friser la crise de nerfs ce dimanche-là à la préfecture de police de Paris, à qui il reviendra de coordonner, de régenter et de gérer tout cela.
Les Parisiens coincés dans les embouteillages pourront ronger leur frein en méditant sur la connotation tout de même très sanglante de ces deux lieux de meeting choisis par les duellistes pressentis du second tour. Nicolas Sarkozy réunira ses troupes sur une place où, comme chacun sait, Louis XVI et Marie-Antoinette notamment furent guillotinés, en 1793. Quant aux fossés du château de Vincennes, devant lesquels François Hollande réunira ses partisans, Bonaparte y fit fusiller le duc d'Enghien en 1804, après un jugement expéditif et sa condamnation à mort pour conspiration.
Mais, aux dernières nouvelles, la fin de la campagne présidentielle devrait, elle, être plus pacifique.
11:48 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : elections présidentielles, personnalités, sarkozy, hollande, paris, histoire, transports, police
29.03.2012
Une semaine crasseuse
Semaine radieuse à Paris, en ce qui concerne la météo. Mais semaine affreuse, crasseuse, poisseuse, en termes de pollution atmosphérique. On en avait parlé lundi, et c'est de nouveau le cas ce jeudi: les seuils d'alerte risquent une fois de plus d'être dépassés dans le courant de la journée, en matière de pollution aux particules fines.
Ces derniers jours, la préfecture de police de Paris a beaucoup communiqué sur le sujet. Cela donne: 6173 véhicules contrôlés en région parisienne rien que lundi, 2461 infractions constatées pour non-respect de la vitesse de circulation réduite de 20 km/h, mais aussi pour infractions aux normes de pollution ou aux règles relatives au contrôle technique. Sur les quatre jours de mars ayant entraîné, avant lundi, des dépassements du seuil d'alerte de la pollution, plus de 20.000 véhicules ont été contrôlés, la moitié de leurs conducteurs ayant été verbalisés.
Si la préfecture communique à ce point sur le sujet, c'est parce que, au fur et à mesure que les pics de pollution se succèdent, elle est de plus en plus critiquée. Selon ses détracteurs, l'autorité qui représente l'Etat central dans la capitale brille par sa «passivité» et son «inaction» en la matière. La semaine dernière, le maire en personne avait piqué une colère contre le gouvernement. Cette semaine, ce fut autour des Verts. Munis de masques blancs et d'une banderole où l'on pouvait lire «Poumons en détresse», une cinquantaine d'élus et de militants écologistes parisiens ont (brièvement) bloqué la circulation rue de la Cité, sous les fenêtres de la préfecture.
Selon un spécialiste qu'on entendait sur une radio ce matin, les conséquences sanitaires dues à la pollution atmosphérique en région parisienne coûtent en moyenne... 6 mois d'espérance de vie à chacun de ses habitants.
Bienvenue dans la «Ville lumière».
11:37 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, santé, environnement, transports, police, gouvernement
26.03.2012
Un air (une fois encore) irrespirable
La chose est passée complètement inaperçue dans les médias ces dernières semaines, la campagne présidentielle et la tuerie de Toulouse ayant monopolisé l'actualité. Il n'empêche, à Paris au même moment, dans un registre beaucoup plus prosaïque et heureusement moins dramatique, un phénomène continue de prendre des proportions alarmantes.
On veut parler de la vague de pollution atmosphérique qui frappe en ce moment la capitale et sa région. Ces dernières semaines, jour après jour et quasi quotidiennement – et ce matin encore: voir ici – , les autorités chargées de surveiller la qualité de l'air ont dû déclencher la procédure d'alerte de la population, à cause du dépassement des seuils relatifs à tel ou tel polluant (les particules fines ou les poussières, le plus souvent). Ces alertes concernent au premier chef les personnes souffrant d'une pathologie chronique, les asthmatiques, les insuffisants respiratoires ou les cardiaques.
Vendredi, dans un communiqué énervé, le maire (PS) de Paris, Bertrand Delanoë, a sermonné le gouvernement. «Il est temps de passer de la parole aux actes. Depuis le début de l'année, le nombre de jours de pollution atmosphérique a dépassé les seuils d'alerte dans la métropole parisienne deux jours sur cinq. Face à cette situation, le gouvernement parle mais n'agit pas. C'est une illustration de la politique environnementale mise en œuvre depuis cinq ans, faite d'annonces jamais suivies d'effet». La capitale réclame notamment que, les jours d'alerte, la vitesse de circulation maximale autorisée soit baissée de 20 km/h et/ou que le trafic de transit des poids lourds soit interdit dans Paris intra muros.
Selon les relevés, en 2011, 2,7 millions d'habitants de la région parisienne ont été potentiellement exposés à des concentrations trop élevées de particules. C'est près de deux fois plus qu’en 2010. Quant à la pollution au dioxyde d'azote, elle touche 3,1 millions d'habitants, dont neuf Parisiens sur dix.
C'est cela aussi, la vie quotidienne dans la «Ville lumière»: pas tous les jours ni forcément reluisante, comme on le voit.
12:24 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, santé, transports, delanoë, gouvernement
16.03.2012
Une réputation injustifiée, l'autre pas
Puisqu'on parlait des femmes hier, un des clichés qui leur collent à la peau, en France comme ailleurs, est le fait qu'elles conduiraient mal, et nettement plus mal que les hommes. Et bien non. La préfecture de police de Paris l'a confirmé, dernièrement: «Les statistiques prouvent qu’il faut en finir avec l’adage "Femme au volant, la mort au tournant"».
Des chiffres? Les femmes représentent la moitié des conducteurs, mais «elles occasionnent en moyenne trois fois moins d’accidents que les hommes». Pour preuve, à Paris ces cinq dernières années, ce sont des hommes, et non des femmes, qui ont été responsables de la majorité des accidents causés à la fois à des scooters ou motos (86%), à des vélos (70%), et à des voitures (75%).
En revanche, la proverbiale incivilité des automobilistes parisiens, elle, ne relève pas du cliché.
C'est ce qu'a encore confirmé une enquête réalisée il y peu par «Auto Plus», sur la façon de conduire dans dix villes de l'Hexagone. En est sorti un classement (voir ici, notamment) allant de la ville «la plus cool» du pays à la ville «la plus inhospitalière» en termes de conduite automobile. Le résultat «ne tord pas vraiment le cou aux clichés, au contraire», reconnaît le magazine. Ainsi, «la conduite à Lille, ville réputée pour sa chaleur humaine, a été de tout repos». «A l'inverse, sur la côte méditerranéenne (Marseille et Nice) et à Paris, sauve-qui-peut!» La capitale et les deux villes méridionales se partagent donc le podium de l'incivilité routière. Dans la «Ville lumière», à en croire cette étude, les conducteurs se soucient très peu des piétons, refusent souvent aux autres automobilistes de changer de file, et ne sont pas «relax au feu» – en clair: klaxonnent dès que le feu passe au vert.
On n'est plus motorisé, depuis qu'on habite à Paris – ville où moins d'un habitant sur deux, désormais, possède une voiture. Mais, comme par hasard, ils nous semblent assez familiers, les comportements que prête cette étude aux automobilistes parisiens.
11:12 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, transports, femmes, art de vivre
14.03.2012
Un ton assez juste
Ce matin, en direct sur une radio, Nicolas Sarkozy était invité à réagir au dramatique accident de la route qui, en Suisse hier soir, a coûté la vie à une vingtaine d'enfants belges, de retour de classe de neige. Il l'a fait sur un ton assez juste, a-t-on trouvé en l'écoutant.
«Je voudrais, en tant que Président de la République, dire toutes nos condoléances à nos amis belges. Imaginons ces familles, leur douleur... Il n'y a pas de drames plus épouvantables». Et de relever que ce genre de drame humain relativisait vraiment tout le reste: toute l'actualité par ailleurs, toutes ses péripéties continuelles, toutes ses hystéries du moment, et particulièrement en France ces temps-ci, évidemment – voir l'agitation quotidienne, dans ce pays, à propos du point en plus ou en moins gagné ou perdu par tel ou tel, dans tel ou tel sondage, etc. Dans un sens, c'est évidemment très compréhensible, mais, dans un autre, tout cela est vraiment très très dérisoire.
11:23 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : belgique, transports, sarkozy
27.02.2012
Un (gros) raté
«Raté!» Nathalie Kosciusko-Morizet en a convenu au micro illico: aussitôt après avoir commis le gros raté qui, ce week-end, a dû faire rire – ou s'effarer, c'est selon – pas mal de Parisiens. C'était vendredi soir, en direct sur une radio. L'ex-ministre des Transports était interrogée sur le prix du ticket de métro à Paris. Grand classique de campagne présidentielle en France, depuis qu'Edouard Balladur, en 1995, sécha sur la question. NKM fit pareil. Elle situa le prix de ce ticket à... 4€. Or, c'est 1€70. «Quand on est ministre, on prend rarement le métro, et, quand on le prend, c'est gratuit», a-t-elle tenté de se justifier. Sans évidemment parvenir à empêcher le «buzz» de démarrer, et d'enfler pendant tout le week-end.
Week-end que l'intéressée mit à profit pour essayer de se rattraper. Disant qu'elle avait confondu avec les 4€65 que coûte le billet de RER entre Paris et sa ville de Lonjumeau, en banlieue. Contestant aussi le bien-fondé de cette «question pour touriste anglais en vacances en France»: rappelant qu'en Région parisienne, les habitués du métro n'achètent pas de ticket à la pièce, mais au minimum par carnets de dix billets, voire ont le plus souvent un abonnement.
C'est vrai. C'est vrai aussi que c'est agaçant, ces journalistes qui croient malin de transformer des interviews de fond en quizz télé inquisitoriaux, style «Questions pour un champion». Comme si la valeur de telle ou telle personnalité politique pouvait se réduire à son aptitude à répondre, ou non, à telle ou telle question-piège sur le quotidien de l'électeur moyen.
Il n'empêche, autant on était agacé au moment où on entendait cette question tarte à la crème, autant, après avoir entendu la réponse, on s'est dit que ce n'était peut-être pas une mauvaise idée.
Car, 4€ au lieu d'1€70: elle n'y était pas du tout, là. Ce qui pose question, pour une ex-ministre des Transports.
En plus, que la porte-parole de campagne d'un Nicolas Sarkozy se présentant comme le «candidat du peuple» puisse ne serait-ce qu'imaginer le ticket de métro à 4€, soit à un tarif exorbitant et donc hors de portée de ce même «peuple», cela laisse songeur.
11:44 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, transports, economie, personnalités, elections présidentielles, journalisme
07.02.2012
Un avis (tranché)
Angela Merkel était donc à Paris lundi, pour soutenir Nicolas Sarkozy en vue des présidentielles. Ecrivant hier sur le sujet, pour «La Libre» version papier, on expliquait que cet appui de la chancelière allemande n'allait pas forcément aider le Président français à réduire le fossé qui, d'après les sondeurs, le sépare des classes populaires et ouvrières. Il y a quelques semaines, un sondage TNS-Sofres a témoigné de cette défiance d'une partie pas marginale de l'électorat populaire envers le couple franco-allemand et envers son fonctionnement.
Ainsi, près d'un ouvrier français sur cinq (21%) voit l'Allemagne avant tout comme un pays «concurrent», 9% de cette catégorie de la population considérant carrément cet Etat comme «un adversaire». Et 69% des ouvriers ne font pas confiance au tandem Sarkozy-Merkel pour résoudre la crise.
La même réticence serait-elle de mise en banlieue de Paris? L'autre jour, en tout cas, prenant le RER A puis débarquant dans une gare quelques stations plus tard, on n'a pu que constater que la plupart des panneaux publicitaires y avaient été maculés par un(e) anonyme. Maculés d'un seul et même slogan. Qui, à défaut d'être d'un goût exquis, était au moins très visible et très parlant: «Pas besoin de sexe en 2012 SARKO-MERKEL nous baisent déjà A SEC».
Certes, un slogan isolé ne fait jamais une opinion. Et, même lorsqu'ils sont peinturlurés dans toute une station, ils ne traduisent pas forcément le sentiment de l'électorat de l'ensemble d'une région. Mais enfin, dans certains coins de la banlieue de Paris en tout cas, vis-à-vis de certains électeurs, il semble y avoir comme un déficit d'explications et de persuasion de l'Elysée, sur cette question...
11:36 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : international, personnalités, social, economie, transports, banlieues, activisme
23.01.2012
Un mésusage
Non, on n'a pas subitement adhéré à une ligue moraliste et/ou anti-alcool. Mais, vivant dans un coin de Paris très fréquenté par les fêtards et autres noctambules – et où, donc, la boisson coule à flots –, on a été assez impressionné par les chiffres sur l'alcool dans la capitale, que vient de donner la préfecture de police.
L'alcool désinhibe, c'est bien connu – et c'est souvent cela qui est assez drôle. Mais, parfois, cette désinhibition tourne vraiment (très) mal. Ainsi, à Paris l'an dernier, «22% des auteurs de violences sexuelles ont agi sous l’emprise de l’alcool». Ce fut aussi le cas de «19% des auteurs de violences» non motivées par des raisons crapuleuses. Dans cette catégorie, par exemple, 19% des coups et blessures volontaires ont été portés par quelqu’un qui était en état d'ébriété.
Dans un autre registre, l'alcoolémie a joué un rôle dans 28% des 50 accidents de la circulation qui, à Paris en 2011, ont tué – tué 6 piétons et 6 motocyclistes, notamment. En outre, parmi les 4.681 conducteurs qui, dans la capitale, ont vu leur permis de conduire suspendus par le préfet, 75% conduisaient en état d’ivresse (et 5% sous l’emprise de stupéfiants).
A Paris comme dans toute la France, dès le mois de mars prochain, l'éthylotest fera partie des équipements devant impérativement être présents dans chaque véhicule, à l'instar du gilet jaune fluo, du triangle de signalisation, etc. Les automobilistes ayant bu seront censés avoir soufflé dans le ballon avant de démarrer leur véhicule.
Reste à voir si cette obligation sera respectée. Et si, à Paris en 2012, le mésusage de l'alcool aura globalement moins de conséquences dramatiques que l’an dernier.
10:01 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : police, sécurité, transports, art de vivre
10.01.2012
Une année d'énormes travaux (encore)
Il va falloir supporter encore plus le bruit des bétonneuses et des marteaux-piqueurs, à Paris cette année – comme s'il n'y avait pas déjà assez de vacarme dans cette ville...
C'est ce qu'on s'est dit hier soir, en passant place de la République. Où, soit dit en passant, cela va aussi bouchonner, klaxonner, s'énerver et polluer encore un peu plus qu'avant, cette année.
Hier lundi, en effet, ont débuté les travaux de réaménagement de la grande place de l'Est parisien. L'idée est de la transformer en vaste et belle «esplanade piétonne arborée». «De nouveaux arbres, un bassin, un miroir d'eau», et une circulation automobile complètement chamboulée, qui ne fera plus le tour de la place, comme depuis toujours, mais sera reléguée sur un de ses flancs. Pourquoi pas. On verra. C'est au printemps 2013 qu'on jugera cela.
Le vacarme des travaux toujours, et pour encore un sacré bout de temps, au centre-ville cette fois: aux Halles.
L'immense chantier de rénovation et de réaménagement du complexe commercial et de ses alentours n'en est qu'à ses débuts: il ne sera pas achevé avant 2016. La mairie nous promet monts et merveilles. «Un nouveau jardin convivial ; un quartier piéton étendu et des voiries souterraines restructurées; un nouvel édifice inspiré de la nature, La Canopée, qui reliera la ville du dessus à la ville du dessous; des cheminements simplifiés et plus confortables; une gare RER plus vaste et plus fonctionnelle; un Forum plus lumineux et moderne; des accès au Forum réorganisés… Avec un cœur de la métropole à l’image d’une capitale accueillante, vivante et dynamique, voilà le Paris de demain qui prend forme».
Mais, dans le quartier, il y a aussi des gens (là) pour qui ce projet pharaonique (802 millions de budget) est «absurde», «hideux», «exorbitant» et «interminable»: un vrai «scand'halles», en somme. Du coup, la bagarre se fait aussi devant les tribunaux. Et, s'il fallait donner le score de cet interminable match urbanistico-juridique, on dirait que c'est égalité 1 partout.
Côté pile, le tribunal administratif a rejeté le recours qu'avait introduit le comité de quartier contre le protocole financier, juteux, passé entre la ville de Paris et le consortium privé pilotant le projet: une filiale des groupes Axa et Unibail-Rodamco.
Mais, côté face, la mairie vient de voir annulé en justice l'avenant qu'elle avait conclu avec l'architecte de la Canopée: ce toit de verre géant – péniblement verdâtre, trouve-t-on, mais les goûts et les couleurs... – qui, à 14 mètres de haut, surplombera les futures Halles.
Les juges ont estimé que cet avenant augmentait de façon exagérément importante le montant du contrat initial. Le jugement «n'a nullement pour effet de remettre en cause l'opération des Halles, ni de suspendre ou retarder le chantier de la rénovation, qui se poursuit dans le calendrier prévu», a précisé illico (ici) la mairie.
A Paris, c'est sûr, on n'a pas fini d'en parler, de ce chantier.
12:19 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, urbanisme, patrimoine, environnement, justice, transports
09.12.2011
Une augmentation impressionnante
C'est la mauvaise nouvelle de la semaine, pour les Parisiens utilisant les transports en commun. Le gouvernement a refusé d'exonérer les transports publics de Paris du passage de 5,5% à 7% du taux réduit de TVA, que le Parlement a récemment voté dans le cadre du dernier plan de rigueur en date. Du coup, les tarifs de ces transports vont eux aussi, dès début janvier, être augmentés: de 1,5%. En haut lieu, on n'a rien voulu entendre de l'argument de la majorité (de gauche) au pouvoir au Conseil régional, selon lequel «les transports publics font partie des produits de première nécessité, comme le chauffage ou l'alimentation», et auraient donc dû continuer à bénéficier d'une TVA à 5,5%.
Au total, quelques 8,5 millions de personnes sont concernées par cette augmentation. En juillet dernier déjà, comme chaque année à cette date, les tarifs des transports avaient été revus à la hausse. Et ce sera à nouveau le cas en juillet prochain – la mesure entrant en vigueur en janvier se superposant, bien sûr, aux augmentations annuelles.
Cela nous mettra le carnet de 10 billets à 12€70, et le billet à l'unité à 1€70.
Pour illustrer l'augmentation impressionnante des tarifs des transports publics en région parisienne, ce pourcentage, qui est confirmé par le STIF, l'autorité organisant ces transports. 42,8%. Avant même cette hausse de TVA, le prix du carnet de métro dans la capitale a crû de 42,8% entre 2000 et 2010.
C'est cela aussi, la vie quotidienne à Paris.
11:34 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, transports, economie, gouvernement
05.12.2011
Une concurrence, ou l'autre
On l'a trouvé un peu aigri, Bertrand Delanoë ce matin, sur une radio. Le maire de Paris, qui a son caractère, déteste qu'on lui fasse de l'ombre. Ce matin, il donne le coup d'envoi à la grande marotte de son deuxième mandat: Autolib, le service de location de voitures électriques en libre-service. Mais, au même moment, se déroule un autre grand raout médiatique concurrent: celui que Nicolas Sarkozy consacre au RER, à La Défense. N'appréciant guère cette «indélicatesse», le maire de Paris ne s'est pas fait prier pour, ce matin, faire savoir que Nicolas Sarkozy et son gouvernement n'avaient «pas mis un euro» dans ces nouvelles rames du RER que le chef de l'Etat va inaugurer en grandes pompes...
Parlant de concurrence, cet Autolib ne fait pas que des heureux. Les compagnies de taxi et les sociétés de location de voitures sont folles de rage, et ont d'ailleurs porté plainte au tribunal administratif. Selon elles, on est clairement en présence d'une distorsion de concurrence. En effet, l'opérateur privé d'Autolib (le groupe Bolloré) a été aidé à hauteur de 250 millions d'euros par les pouvoirs publics parisiens pour développer ce service.
Les risques de concurrence, c'est aussi une des raisons pour lesquelles les Verts n'adorent pas ce dispositif. Selon eux, les Parisiens, pour leurs petits trajets en ville, risquent désormais de délaisser Vélib pour Autolib. «Cela remet en cause des années d'efforts pour réduire la circulation automobile», dans un centre-ville déjà notoirement sursaturé de bagnoles.
La concurrence, toujours, c'est ce que dénonce aussi le lobby des automobilistes parisiens. Pour l'instant, on ne compte que 250 stations Autolib à Paris et dans sa proche banlieue. Mais, à terme, le nombre de ces stations à l'allure de bulles à verre sera multiplié par quatre, qui proposeront au total 3000 véhicules de location. Autant d'engins qu'il faudra bien garer quelque part, donc autant de places de stationnement en moins destinées à l'automobiliste moyen – pour qui se garer dans Paris relève déjà si souvent du cauchemar quotidien.
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02.12.2011
Une visite de terrain?
Nicolas Sarkozy usager des transports en commun parisiens?! C'est le (gros) bruit qui a fait le tour des rédactions de la capitale, ce matin. Lundi, le chef de l'Etat pourrait bien s'offrir une escapade en métro et/ou en RER. Et profiter de l'occasion de cette visite de terrain pour s'offrir un bain de foule parmi des Parisiens moyens.
Le communiqué de l'Elysée n'annonce encore rien de tel. Il se borne à faire savoir que «le Président de la République se rendra lundi 5 décembre 2011 au CNIT (La Défense-Hauts-de-Seine) où il prononcera à 11h00 un discours sur la modernisation des transports urbains, à l’occasion de la mise en service des nouvelles rames du RER A». Mais, en haut lieu ce matin, on ne démentait pas que l'idée d'une telle visite de terrain était dans l'air.
Nicolas Sarkozy qui prend le métro et/ou le RER. Poireaute avec les usagers sur les quais. Fait le tour des petites boutiques de gare. Salue les usagers entre deux portillons. On imagine déjà le déploiement sécuritaire dantesque que cela provoquerait. On voit déjà bien la bousculade médiatique d'anthologie que cela susciterait.
Mais, à part cela, non non, le Président n'est pas en campagne pour sa réélection.
14:09 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : transports, métro, paris, sarkozy
29.11.2011
Un «profond sentiment d'injustice»
Ce mardi, le gouvernement divulgue les résultats du premier «Baromètre international sur les points forts et points faibles de l’accueil des touristes en France». Un sujet important, ce pays restant, bon an mal an, la première destination touristique mondiale. Pour l'occasion, le ministre ad hoc organise ce matin un grand raout médiatique dans les salons de... Roissy. Cet aéroport qui, une enquête de satisfaction internationale après l'autre (relire ici ou là), n'en finit plus de se faire descendre en flammes.
Tout récemment encore, Roissy-CDG s'est vu décerner le titre d'«aéroport le plus détesté au monde». Cette distinction lui a été octroyée par une étude pour CNN. Si les aéroports de Los Angeles et de Londres Heathrow ne font guère mieux que lui, le premier aéroport parisien est sanctionné notamment pour la saleté de ses toilettes, la médiocrité de ses restaurants ou le manque de clarté de sa signalétique. Est également épinglé le caractère pas rarement «dédaigneux» qui serait celui de son personnel..
Aéroports de Paris (ADP), la société qui exploite Roissy et Orly, n'a pas officiellement communiqué sur cette distinction. Tout au plus une de ses porte-parole a-t-elle lâché, dans l'un ou l'autre média, que ce titre si peu enviable suscitait un «profond sentiment d'injustice» parmi le personnel d'ADP. Et d'ajouter: «Nous travaillons beaucoup pour nous améliorer».
ADP investit même aussi beaucoup, dans ce domaine. Dans les cinq ans à venir, elle consacrera un milliard d'euros à l'amélioration des installations de Roissy.
Ce chiffre, cela dit, peut prêter à deux lectures. Côté pile: il montre qu'en effet, les choses bougent. Côté face: l'ampleur de ce budget confirme à elle seule combien il y a du pain sur la planche, à Roissy-CDG, en matière de modernisation. Ce qui, finalement, n'est pas anormal, s'agissant d'un aéroport qui à la fois n'est plus tout jeune (1974) et qui, année après année, est de plus en plus sollicité (60 millions de passagers l'an dernier).
11:10 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tourisme, international, transports, gouvernement, art de vivre
24.10.2011
Un comble (encore)
Pendant toute leur campagne des primaires, les présidentiables socialistes n'ont eu de cesse de railler Nicolas Sarkozy sur sa grande promesse de «République irréprochable», qu'il avait faite en 2007. Car, selon le PS, cinq ans plus tard en guise de République exemplaire, en haut lieu en France c'est le règne de l'argent facile, du copinage, des réseaux opaques et de l'impunité à tous les étages. Bref: «un système corrompu», comme l'a répété à l'envi Ségolène Royal – avec ce grand sens de la nuance qui l'a toujours caractérisée.
A cet égard, mentionnons le comportement irréprochable qu'a eu ce week-end, une semaine donc après l'issue des primaires, un des hiérarques de ce PS pour qui les dirigeants du pays ont un «devoir d'exemplarité».
Il s'appelle Jean-Paul Huchon. C'est le président socialiste de la Région Ile de France: ex-strauss-kahnien de choc ayant rallié Martine Aubry. Dimanche après-midi, sur l'autoroute A13 en direction de Paris, il circulait au volant d'une grosse Saab, véhicule de fonction du Conseil régional. Les gendarmes l'ont contrôlé. Résultat: il roulait à 171 km/h, au lieu des 130 km/h autorisés. Son permis de conduire lui a été confisqué sur le champ.
Encore bravo.
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07.10.2011
Une descente inattendue
Comme le diable se niche parfois dans le moindre détail, la politique sarkozyste de tolérance zéro à l'égard de l'insécurité s'applique parfois y compris à des domaines où, a priori, on ne l'attendait tout de même pas trop. Ainsi, ces derniers jours à Paris, les pandores ont-ils semé une fameuse pagaille parmi... les beautiful people. Dans le milieu si mondain des défilés de mode de la «Fashion week».
Raconté par la préfecture de police, cela donne ceci. «Le groupe des taxis et transports de personnes de la direction de l’ordre public et de la circulation a organisé des opérations de contrôle et de répression visant les véhicules assurant le transport de personnes, notamment des mannequins. Parmi les quelque 860 véhicules contrôlés, ont été relevées 148 infractions, principalement liées aux différentes réglementations s’appliquant au transport de personnes à titre onéreux. Près de la moitié d’entre elles sont des délits (39) – dont 26 procédures pour travail dissimulé – et des contraventions de 5e classe (33) – dont 14 défauts de carte professionnelle et 11 non-présentations de la copie conforme de la licence de transport».
Bigre.
L'histoire ne dit pas si les Uma Thurman, Sean Lennon ou autres Inès de la Fressange, quelques-unes des personnalités ayant assisté, par exemple, au défilé Chanel, ont été privées de limousines qui auraient été irrégulières, et donc ont dû rentrer chez elles en métro, comme le vulgum pecus. On ne sait non plus si Karl Lagerfeld, qui n'a pas l'air commode, a piqué une crise de nerfs outragée à la vue d'un tel déploiement policier dans un milieu aussi privilégié.
On espère juste que Bernadette Chirac, habituée des défilés, n'a pas été placée en garde à vue pour complicité de travail dissimulé.
11:38 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, sécurité, police, transports, mode, art de vivre
06.10.2011
Un opportunisme. De bon aloi?
Cela n'a sans doute pas échappé au taggueur qui, cet été dans notre quartier, a fait sourire pas mal de passants. En détournant le message d'avertissement («Souriez, vous êtes filmés») que l'on trouve habituellement dans les commerces vidéosurveillés de Paris. Il a bien dû remarquer, notre taggueur, que les autorités policières de la capitale n'avaient pas peu saisi l'occasion des pénibles faits-divers survenus ces derniers jours dans le métro parisien pour en remettre une couche dans leur lobbying en faveur de la vidéosurveillance.
A donc été très largement communiqué à l'opinion le fait que tel ou tel voyou avait pu être retrouvé puis arrêté grâce aux données fournies par telle ou telle caméra installée à tel ou tel endroit. A donc tourné en boucle, dans les médias, l'argument selon lequel, «incontournable à l'enquête judiciaire, la vidéo permet de résoudre plus d'affaires, et plus vite, dans l'intérêt des victimes». Ont donc été dits et répétés quelques chiffres censés sans doute impressionner le Parisien moyen. Comme ces 7000 séquences vidéo qui, en 2010, ont été réquisitionnées à la SNCF ou à la RATP par les policiers de Paris. Ou ces 53 «interventions (policières) vidéo guidées» qui, rien qu'en août dernier au Forum des Halles, «ont conduit au contrôle de 172 individus, dont 56 interpellations, une majorité liées aux stupéfiants».
Rebondir sur une actualité atroce pour taper sur le clou d'un argument sécuritaire: chacun jugera si cette réactivité, cet opportunisme finalement, est de bonne guerre ou de mauvais goût.
Quant aux Parisiens inconditionnels des caméras, ils apprendront avec ravissement que le grand «Plan de vidéoprotection» de la Ville lumière «se déroule conformément aux prévisions». Ainsi, l'été prochain, «la préfecture de police disposera de 1100 caméras de voie publique dans Paris. Les fonctionnaires de police auront aussi accès aux images des 15.000 caméras des partenaires comme la RATP, la SNCF, les grands centres commerciaux ou les stades».
A l'horizon 2016, rien que dans le réseau des transports publics en région parisienne, on trouvera 18.000 caméras, dont 600 embarquées dans des rames SNCF ou RATP.
Plus que jamais donc, à Paris dans les mois et années à venir, il conviendra, si l'on est soucieux de son image, d'arborer en permanence son plus beau sourire.
12:01 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, transports, sécurité, art de vivre
05.10.2011
Une (relative) amélioration
Un mot encore, aujourd'hui, sur l'insécurité dans les transports parisiens – pas pour inquiéter, mais pour être complet sur le sujet. Contrairement à ce qu'à pu penser le Parisien moyen vu les faits divers horribles qui y ont eu lieu ces derniers jours, l'insécurité, en fait, ne serait plus en explosion sur le réseau ferré de la capitale.
Du moins s'il faut en croire «Le Figaro», qui, l'autre jour, l'a comptabilisée. Selon lui, «le nombre de vols avec violence commis dans le métro et le RER, qui avait bondi de 36,7% l'année dernière, avec 11.665 faits constatés, marque un repli inédit, pour se stabiliser à 0,8% au cours du premier semestre 2011». Par exemple, «la courbe ascendante des vols simples et des vols à la tire mettant en scène des pickpockets a tendance à s'infléchir». A l'unisson avec les autorités, le quotidien attribue notamment cette (relative) amélioration à la vidéo-surveillance, qui s'est beaucoup répandue ces dernières années dans les transports publics, ici.
Pour Paris intramuros, les gares et stations «sous haute surveillance» sont, forcément, celles qui sont les plus fréquentées. Quelques chiffres, si vous aimez cela. Sans surprise, s'agissant d'un des noeuds de communication les plus fréquentés d'Europe, le gros point noir reste Châtelet-Les Halles. En 2010, y ont été recensés 1245 vols simples ou à la tire et 409 vols avec violence. Pour cette dernière catégorie de délit, la plus traumatisante pour les victimes, la gare de l'Est (130 cas en 2010) et la gare de Lyon (148) font mieux que la gare Saint-Lazare (232). Et beaucoup mieux que Paris-Nord (382).
382 vols avec violence par an, soit plus d'un par jour, à la gare du Nord. A la lecture de ce chiffre, les habitués du Thalys pourraient un peu s'inquiéter. Là aussi, donc, il importe de relativiser. Cette gare, une des plus grandes du monde, accueille chaque jour plusieurs millions d'usagers.
12:04 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : transports, métro, paris, sécurité, police
30.09.2011
Un appel à idées
Un peu d'humour, pour bien terminer la semaine. Car c'est «un ton volontairement décalé et humoristique» qu'a choisi la RATP pour sa dernière campagne de sensibilisation en date, qui s'étale en ce moment sur les panneaux publicitaires du métro de Paris et dans des pages de pub des journaux. Et on la trouve plutôt pas mal, cette campagne.
Elle vise les incivilités. Ce que la RATP définit comme «le non-respect de l’ensemble des règles du savoir voyager ensemble: manque de propreté, nuisances sonores, bousculade, absence de courtoisie, fraude». Dans les visuels de la campagne, les malotrus sont transformés... en animaux. Il y a donc un lama qui crache partout sur les quais du métro. Un gros buffle qui bouscule tout le monde en rentrant dans une rame. Une grenouille qui saute les portiques. Ou un paresseux qui se prélasse sur un strapontin alors que le wagon, en pleine heure de pointe, est bondé. Il y a une poule, aussi, qui jacasse à tue-tête sur son portable. Au passage, le choix d'un coq se pavanant avec son smartphone aurait moins alimenté le cliché sexiste de la femme incorrigiblement bavarde – comme si, dans le métro de Paris ou d'ailleurs, on ne croisait jamais de mâles insupportablement bruyants, pendus à leur téléphone...
«Cette communication veut souligner l’absurdité du comportement de celles et ceux qui commettent des incivilités dans les transports», explique la RATP. «Elle met en avant l’idée que, derrière tout acte d’incivilité, se cache une logique absurde, qui ne nuit pas seulement à la collectivité mais également à l’individu qui le commet».
C'est trop rare pour ne pas être souligné: chacun des 10 millions d'utilisateurs quotidiens des transports parisiens peut donner son avis: peut, sur le site web de la campagne, soumettre «une idée concrète à mettre en œuvre pour lutter contre les incivilités».
Si donc vous êtes usager, occasionnel ou régulier, de la RATP et êtes inspiré par le sujet, c'est ici.
11:35 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : transports, métro, publicité, art de vivre, paris
26.09.2011
Un appel à la vigilance
Au-delà des bouleversements affectant les hautes sphères de la politique – le basculement à gauche, hier, de cette vénérable et jusqu’à présent si conservatrice assemblée qu’est le Sénat –, sur le terrain quotidien parisien, beaucoup plus modestement, il y a aussi des changements. Ainsi, une grande nouveauté à signaler, depuis la rentrée, à la RATP. Un nouveau message a été ajouté à ceux qui, dans les stations du réseau, sont diffusés en boucle, par haut-parleur, à l’attention des voyageurs.
On avait, depuis longtemps déjà, en langues étrangères parfois même, les rappels incessants de ne pas fumer dans le réseau et de surveiller ses poches, sacs, bijoux ou portefeuilles, des pick-pockets étant «susceptibles d'agir dans cette station», selon l'expression consacrée. S'ajoute désormais un appel à la vigilance destiné plus particulièrement… aux utilisateurs de smartphones, tablettes tactiles et autres gadgets techno-chics et chers. Dorénavant, un message sonore leur conseille vivement de manipuler leurs appareils avec parcimonie et discrétion.
C'est, bien sûr, la conséquence de la vague de vols à la tire d'appareils de ce type, dont d'innombrables usagers de la RATP ont été victimes ces derniers mois – on a déjà beaucoup évoqué cela dans ce blog (ici, par exemple), on ne développera donc pas.
Et ceux qui sont accros aux smartphones au point de ne pouvoir les laisser en poche le temps de quelques stations de métro? Ils auraient intérêt à se rabattre sur… la géolocalisation. Car, dernièrement encore, dans notre onzième arrondissement, elle a grandement facilité la tâche des pandores.
Raconté par la préfecture de police, cela donne ceci:«15 septembre, 1h30, 11ème arrondissement, trois hommes encerclent un passant, le bousculent et lui volent son smartphone. La victime regagne son domicile, géolocalise son bien via son ordinateur, et transmet immédiatement la position des auteurs, dans le 3ème arrondissement, au «17-Police Secours». A 2 heures, les policiers de la brigade anti-criminalité locale interpellent le trio en possession du téléphone volé. Ils ont été déférés au parquet de Paris».
On n'arrête décidément pas le progrès.
09:29 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, métro, transports, sécurité, technologie



