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17/05/2013

Une cachette originale

Police, Sécurité, Economie, TransportsCe ne sont pas moins de trois ministres qui, hier après-midi, ont annoncé la nouvelle. Les ministres de l’Economie, du Commerce extérieur et du Budget. Ils ont félicité les agents des Douanes, pour le joli coup de filet qu'ils ont réussi, mercredi: sur l'autoroute A10, dans la région de Tours.

En l'occurrence, plus de deux tonnes de résine de cannabis, dénichées dans un camion provenant d'Espagne. Précisément: «48 valises marocaines, 71 paquets de résine et 23 sacs de «pollen» de cannabis, pour un poids total de 2162 kg». La valeur de la prise est estimée à plus de 10 millions d’euros. Et son modus operandi mérite d'être détaillé. «C’est vers 18 heures que les agents ont sélectionné un ensemble routier frigorifique pour le contrôler. Selon le chauffeur et les documents présentés, il transportait 22 palettes de carottes. Les agents ont constaté que le camion n’était pas réfrigéré, alors que les marchandises étaient censées être transportées à 4 degrés. Le chien de l’équipe cynophile, quant à lui, a marqué l’extérieur de la remorque et les palettes de légumes. Le contrôle du chargement a permis de mettre rapidement au jour des valises marocaines, entre les palettes de carottes».

L'histoire ne dit pas ce que sont devenues les carottes.

16/05/2013

Une addition, salée

«ZNAK SUITE FERAY» et «PVC95». Ainsi signaient les tagueurs qui ont été arrêtés mardi, dans le Val d'Oise (banlieue de Paris). Leurs graffitis, ils les apposaient sur des trains stationnés dans des gares parisiennes ainsi que sur des métros. La police des transports, qui recense méticuleusement – en les photographiant – tous les tags dont elle recherche les auteurs, a plongé dans ses fichiers et fait ses comptes. Facture finale? Les trois jeunes sont accusés d'avoir causé à la SNCF et à la RATP un préjudice d'un montant total de ... 560 000€. Ils sont en voie d'être déférés au parquet. C'est peu dire qu'ils n'ont pas fini de payer.

Selon la préfecture de police de Paris, lors des perquisitions menées à leurs domiciles, a été retrouvé tout le matériel ad hoc: «bombes de peinture, croquis de tags, une nouvelle encre indélébile aux techniques de nettoyage», etc. Mais aussi «deux armes: l’une de type kalachnikov neutralisée, l’autre un pistolet». Ils n'ont pas fini de payer, décidément.

08/04/2013

Une apparition

François Hollande l'a confirmé, ce matin: un projet de loi va être présenté pour renforcer l'interdiction du port de signes religieux ostensibles. Jusqu'à présent, foulards musulmans, turbans sikhs ou autres kippas juives n'étaient prohibés que dans les services publics au sens strict. Bientôt, ils pourraient l'être également dans les établissements ou associations privés mais remplissant des missions de service public: les crèches privées, par exemple

En attendant, depuis 2011 en France, le port du voile intégral musulman (niqab, etc.) est censé interdit sur la voie publique en général. On s'en est souvenu samedi. Quand, en fin d'après midi, dans notre métro, à une station de la ligne 8 en plein Paris, est montée dans la rame une jeune femme habillée de la sorte. Couverte de la tête aux pieds, seuls les yeux visibles. Au vu des paquets qu'elle portait, elle venait de faire les boutiques. En la voyant entrer, on s'est dit que, peut-être, l'intéressée allait se prendre des remarques hostiles des usagers. Rien. Pas un mot. A peine quelques regards. Les gens ont fait comme si de rien n'était, le voyage s'est poursuivi sans encombres.

Et, le métro étant une fois de plus épouvantablement bondé, ses voyageurs collés-serrés à touche-touche, on n'a pu faire autrement qu'apercevoir ce que, sous notre nez – au propre, pas au figuré –, cette femme en noir textotait, sur son Blackberry dernier cri: «J'ai acheté une petite robe courte».

12/03/2013

Une fatalité, visiblement

68.000 foyers privés d'électricité. Des centaines d'automobilistes bloqués sur la route, qui ont été forcés d'y passer la nuit. Des TGV, des RER et des bus pour une bonne partie à l'arrêt. Un réseau routier complètement saturé. Les services de déneigement débordés. Le trafic aérien perturbé. Les transports scolaires suspendus. Comme à chaque «offensive hivernale», comme on dit, une bonne partie de la France est en pleine pagaille, ce mardi.

Météo France, pourtant, il y a plusieurs jours déjà, avait prévenu de cette brusque détérioration du climat, survenant à moins de dix jours du printemps. Et, depuis, n'a cessé de renouveler ses bulletins d'alerte, qui ont été amplement médiatisés. Manifestement, cela n'a pas permis aux autorités de prendre toutes les mesures nécessaires, pour éviter que, ce matin, un bon tiers du territoire national connaisse un chaos assez généralisé. On imagine qu'il faut en déduire que pareille galère relève de la fatalité.

Plutôt que de s'en étonner une énième fois (relire ici ou ), on profite de l'occasion pour saluer ces centaines voire milliers de personnes qui, pendant toute la nuit d'hier et sans doute une bonne partie de la journée aujourd'hui, dans des conditions de travail difficiles, ne ménagent pas leurs efforts, pour tenter d'apporter un peu de réconfort: électriciens, secouristes, pompiers, cheminots, agents des routes, des communes ou des préfectures, et l'on en passe. Leur rendre hommage, d'autant que ce sont eux probablement qui, sur le terrain, et même s'ils ne sont responsables de rien, doivent se coltiner toutes les récriminations des Français dans le pétrin. Légitimement énervés par cette nouvelle et gigantesque démonstration d'inefficacité de l'Etat – immuable et inévitable semble-t-il, hiver après hiver.

07/03/2013

Un vieux cliché à nouveau écorné

Femmes, Transports, Sécurité, ParisCe n'est pas la première fois que de tels chiffres sortent (relire ici), mais pourquoi pas les évoquer, en cette veille du 8 mars. Puisqu'ils tordent à nouveau le cou à un cliché sexiste. Non, définitivement non, les femmes ne conduisent pas forcément plus mal que les hommes. On en a encore eu la preuve l'an dernier, à Paris.

Ville où, d'après les propres chiffres de la préfecture de police, qu'elle a communiqués hier, très exactement 1.542 femmes ont été responsables d’accidents de la route, en 2012. Contre 4.787 hommes. Ce qui nous fait un ratio 75%-25%, défavorable aux mâles.

Sans doute est-il difficile d'en déduire que, d'office, les Parisiennes conduisent mieux que les Parisiens. En effet, le nombre plus élevé d'accidents causés par les hommes dans la capitale peut aussi découler du fait qu'on y dénombrerait davantage de conducteurs que de conductrices. Il n'empêche, certains indicateurs en disent long. Ainsi, toujours dixit la préfecture de police, «l’analyse de l’accidentologie 2012 met en lumière un écart encore plus grand entre hommes et femmes quant aux causes principales d’accidents: pour la vitesse 72% contre 28%, pour l’alcool 89% contre 11%, et pour les stupéfiants 91% contre 9%».

Voilà, en tout cas, un argumentaire tout trouvé: la prochaine fois qu'on se farcira des quolibets masculins éculés, moquant la prétendue inaptitude, voire dangerosité, des femmes au volant.

25/01/2013

Une «situation exceptionnelle»

Deuxième conséquence – après celle qu'on évoquait hier – du climat sécuritaire actuel, tendu, pour François Hollande. Il va désormais beaucoup moins la ramener, dans le registre du «Président normal», qui, comme tout le monde, prend le train plutôt que l'avion. C'est, en tout cas, ce que l'on entendait sur une radio, ce matin.

C'est donc en avion, et non en TGV, que l'homme de l'Elysée se rend à Lille, ce vendredi. La présidence assure (ici) qu'il ne s'agit que d'un changement ponctuel, motivé par une «situation exceptionnelle, qui nécessite de la souplesse», et non pas une doctrine nouvelle: «Dans un contexte de conflit international dans lequel sont engagées les troupes françaises, il est indispensable que le président de la République, chef des armées, puisse rentrer plus vite à Paris ou rester plus longtemps en déplacement, sans être dépendant des horaires d'un train».

On peut entendre l'argument. On peut aussi se dire qu'un Président prévoyant y aurait réfléchi à deux fois: avant, il y a neuf mois, d'en faire des tonnes médiatiques sur sa normalité alléguée, pas toujours forcément compatible avec les obligations liées à ses fonctions.

21/01/2013

Une jolie pagaille

Week-end blanc, à Paris. Joli. Pagailleux, aussi. Dans la capitale, hier, pas un bus n'a circulé, le tramway n'a guère mieux fonctionné, et les acheminements vers Roissy et Orly ont été quasi inexistants. Une panne spectaculaire a même frappé le métro: panne en plein ciel, deuxième du genre en quelques semaines seulement.

Elle a frappé la ligne 5, sur le pont enjambant la Seine entre le quai de la Rapée et la gare d'Austerlitz. Le gel d'un câble électrique a entraîné l'arrêt d'une rame au beau milieu du viaduc. Une bonne centaine de passagers ont dû être évacués: ont dû gagner la gare en marchant sur la voie pendant 200 à 300 mètres. Pendant ce temps, vingt mètres plus bas, les gros moyens nautiques avaient été mobilisés. Les sapeurs pompiers, en effet, craignaient que des passagers glissent sur le pont gelé, puis tombent à l'eau. Des hommes-grenouille avaient donc été positionnés sur le fleuve, de manière à pouvoir leur porter secours. L'évacuation, cependant, s'est déroulée sans encombre.

Début décembre, déjà, une rame avait été immobilisée en plein ciel au-dessus de la Seine. Cette fois, c'était sur le pont de Bercy, qu'emprunte la ligne 6. Un «accident grave de voyageurs» avait entraîné une coupure d'alimentation électrique et stoppé un métro au moment précis où il franchissait le fleuve. Là aussi, les passagers avaient fini par être débarqués, et priés de cheminer en plein ciel jusqu'à la station suivante.

Sur le moment, dans un cas comme dans l'autre, pas sûr que beaucoup aient profité du clou du spectacle: la vue que l'on a sur Paris, depuis ces deux ponts. Panorama sublime, se dit-on chaque fois qu'on y passe en métro – époustouflant même, dès la nuit tombée: une des plus belles vues qui soient sur la ville et le fleuve illuminés.

10/01/2013

Une colère, et une galère

Transports, Sécurité, Social, ActivismeGros embarras de circulation dans et autour de Paris ce matin, et plus particulièrement entre la capitale et les aéroports de Roissy et Orly. Ce jeudi, en effet, est la journée nationale de mobilisation des chauffeurs de taxi, qui organisent des opérations escargot dans tout le pays. Ils protestent tout à la fois contre la concurrence des moto-taxis et des taxis low-cost, et contre la volonté de la Sécu, toujours à la recherche d'économies dans l'assurance-maladie, de leur retirer la fonction de transport de malades.

La corporation, très remontée, promet (ici, notamment) de ne «pas mourir sans combattre», de «rentrer en résistance», et de «refuser la spoliation». En décembre, déjà, un rassemblement de plus de 150 taxis devant la gare de Paris-Nord avait provoqué des incidents, ainsi que des embouteillages d'anthologie dans une bonne partie de la capitale. A l'époque, il s'agissait de dénoncer notamment les verbalisations excessives dont les membres de cette profession s'estiment victimes.

Puisqu'on évoque les transports, signalons ce bilan énervé que vient de dresser () la fédération des usagers des transports publics. Il concerne la manière dont les transports ont fonctionné pendant la période des fêtes de fin d'année, et particulièrement les soirs de réveillon.

A Paris, les services spéciaux mis en place ont, comme chaque année, plutôt bien fonctionné. En revanche, dans quantité de villes de province, ce fut une galère sans nom pour les non-motorisés.

Transports, Sécurité, Social, ActivismeAinsi, dans des villes aussi nombreuses qu'Aix-en-Provence, Amiens, Angers, Annemasse, Arras, Bourges, Évry, Lens, Montbéliard, Mulhouse, Orléans, Rouen, Saint-Brieuc, Strasbourg, Tours ou Valenciennes, l'offre de transports publics a été réduite pendant cette période. Avec, cerise sur le gâteau, un «réseau complètement paralysé le 25 décembre» à Boulogne-sur-Mer, et «inexistant le 25 décembre et le 1er janvier» à Aubagne, Belfort et Pau. Alors que, paradoxe, à cette période de l'année, dans tous les médias, en boucle et à longueur de journées, tournent les messages officiels de prévention contre les accidents de la route, incitant les gens à privilégier les transports en commun.

Encore bravo.

20/12/2012

Une mobilisation, jusqu'à Paris

Environnement, Transports, Gouvernement, ActivismeQuand un dossier urbanistique et environnemental à l'origine purement local finit par s'immiscer dans le paysage de la capitale, après avoir joué les trouble-fêtes en politique nationale. On veut parler du méga-projet d'aéroport régional de Notre-Dame des Landes: dans le fief du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, près de Nantes (Loire atlantique). Depuis la formation de la majorité gouvernementale rose-verte, après la victoire présidentielle de François Hollande, ce dossier empoisonne les relations entre les socialistes (chauds partisans du projet) et les écologistes (farouches opposants à l'«Ayraultport», comme ses détracteurs l'ont rebaptisé).

Après avoir fait les choux gras des médias – qui, ces derniers mois, ont très largement parlé de cela –, le débat est en train de, très visiblement, se déplacer sur le terrain parisien. Ainsi, l'autre jour, les anti-aéroport ont maculé les panneaux publicitaires de plusieurs stations de métro de la capitale. Avec des slogans vindicatifs contre ce qui, selon eux, est le «nouveau Larzac» – par allusion à la mémorable bataille activiste contre le projet d'extension (finalement abandonné) du camp militaire du Larzac: dans l'Aveyron (Midi-Pyrénées), pendant les années 70. Même pour l'usager moyen du métro parisien, désormais très habitué aux barbouillages réguliers des panneaux de réclame par les militants anti-pub, cette opération était, par son ampleur, assez spectaculaire.

Mais, ce jeudi, la coalition anti-aéroport a franchi un pas de plus, dans la visibilité parisienne.

Ce matin, en effet, des militants de Greenpeace ont, sur la grande pyramide du Louvre, déployé une banderole jaune de 250 m2 (une photo ici), proclamant que la place de «Ayraultport» est «au musée». Comme toujours avec Greenpeace, le coup de force a été aussi télégénique qu'efficace. Sans crier gare, déjouant les contrôles de sécurité (renforcés à Paris en ce moment, comme chaque année à la période des fêtes), deux de ses militants alpinistes ont déployé le calicot en descendant en rappel le long d'une des façades de la célèbre tour.

Le succès médiatique sera, évidemment, au rendez-vous: les images de la scène vont être diffusées en boucle et pendant toute la journée, par le web et sur toutes les télés.

18/12/2012

Un ultime souvenir

Comme une longue relation amoureuse qui prendrait fin après avoir beaucoup agacé, mais qui, aussitôt achevée, susciterait néanmoins une certaine nostalgie. C'est un peu ce qu'il est attendu cet après-midi, à Paris: sur le parvis de la Cour de Rome, devant la gare Saint-Lazare.

En effet, une vente aux enchères va disperser les derniers souvenirs de celui qui, chaque jour et pendant plusieurs décennies, fut le compagnon de route quotidien de millions de Parisiens. On veut parler du «Petit gris». Ces trains en acier inoxydable qui, depuis la fin des années 60, ont marqué le paysage ferroviaire de la banlieue parisienne, et dont on a déjà eu l'occasion de parler, dans ce blog (relire ici).

La SNCF organise ce mardi, une vente aux enchères de «mobilier vintage» issu de ces «Petits gris» désormais déclassés. Des banquettes de skaï orangées, des porte-bagages en grillage, les mémorables portes-hublot qui séparaient les rames, des lavabos, des poignées de porte ou des marchepieds: qui sait les Parisiens vont-ils s'arracher les derniers souvenirs d'un modèle de train qui, à la fin de sa carrière, a totalisé pas moins de 2 milliards de passagers transportés. Dont tant de Parisiens et de banlieusards pestant contre son inconfort et sa vétusté.

Ces antiques et pataudes machines, bonnes filles finalement, rendront un ultime service avant de disparaître: la SNCF versera l'intégralité du produit de la vente aux Restos du Coeur.

29/11/2012

Une accumulation

Transports, Sécurité, PoliceSans du tout vouloir salir une profession – qui contient certainement des tas de gens faisant parfaitement bien et honnêtement leur travail – , cela commence tout de même à faire beaucoup. Le nombre de scandales qui se succèdent concernant les services de bagagerie des aéroports parisiens de Roissy et Orly.

 Ainsi, de nouveau hier mercredi, onze bagagistes et deux agents de maintenance de Roissy ont été interpellés, dans le cadre d'une enquête pour vols en bande organisée commis sur des bagages de voyageurs. C'est le dernier coup de filet fructueux en date signé GTA – non, pas le fameux jeu vidéo «Grand Theft Auto»: la gendarmerie des transports aériens. Ces dernières années, déjà, cette unité spécialisée de la gendarmerie nationale avait débusqué coup sur coup deux affaires similaires, qui avaient pas mal de bruit.

A Roissy, encore lui, une vingtaine de bagagistes avaient été interpellés: pour vol et recel de vols en bande organisée. Leur larcin avait une valeur de 300.000€, et l'enquête pour le retrouver avait découlé du dépôt de... 3000 plaintes, émanant de passagers spoliés. Quant à l'aéroport d'Orly, où manifestement le problème sévit aussi, dix bagagistes avaient été arrêtés après le vol de là carrément 800.000€ d'articles, toujours dans les bagages de voyageurs: flacons de parfum, iPads, bijoux, appareils photos, etc.

Voilà donc à présent, en quelques années seulement, qu'éclate une troisième affaire du même acabit. Comme on le disait: cela commence à faire beaucoup.

12/11/2012

Un débat enfiévré

Cela risque de chauffer à l'Hôtel de ville de Paris, ce lundi. En effet, les élus y débattent du plan de lutte anti-pollution automobile proposé par le maire, Bertrand Delanoë, et il est très controversé. Au passage, le sujet de la pollution atmosphérique dans la capitale demeure plus que jamais d'actualité. Vendredi encore, un épisode de pollution aux particules fines a été constaté, ayant déclenché la procédure d'information et d'alerte. Cela avait déjà été le cas à trois reprises pendant la dernière semaine d'octobre, pour le même polluant.

Le plan Delanoë n'y va pas de main morte. Il envisage d'interdire la circulation en ville des véhicules les plus anciens (plus de 10 ans d'âge pour les deux roues, à partir de 17 ans pour les autres véhicules), de réduire la vitesse de circulation sur le périphérique, de multiplier les zones 30, ou d'instaurer un péage sur les autoroutes encerclant la capitale. Les pro-voitures et l'opposition de droite sont, bien sûr, vent debout contre ce plan. Qui, selon eux, confirmerait plus que jamais la transformation de Paris en "boboland": repaire d'urbains aisés et non motorisés – par opposition aux banlieusards n'ayant d'autre choix que de prendre chaque jour le volant.

Tous les ingrédients sont donc réunis pour que se remette à mousser ce débat si enfiévré sur la place de la voiture dans la capitale – un sujet qui a déjà pas mal agité les esprits ici, dernièrement (relire ici ou ).

Cela dit, le plan Delanoë n'est doublement pas exempt de pures postures de com'. D'une part, nombre de mesures qu'il propose ne sont même pas de la compétence de la ville (mais de l'Etat). D'autre part, si d'aventure il est un jour mis en application, en tout ou en partie, le maire lui-même ne sera plus là pour essuyer les plâtres: ce sera après 2014, donc après les prochaines élections municipales, dès lors sans Bertrand Delanoë – puisqu'il a déjà annoncé qu'il ne briguerait pas un troisième mandat.

29/10/2012

Une invasion «agressive» et «irrespectueuse»

Paris, Transports, Métro, Publicité, ActivismeDans le métro de Paris, depuis plusieurs années déjà, sévissent «Les Déboulonneurs». Ces militants anti-pub mènent des opérations coup de poing, lors desquelles ils barbouillent les panneaux publicitaires. Ils ont déjà été plusieurs fois condamnés en justice, mais cela n'a pas empêché un nouveau collectif anti-pub, plus soft, de voir le jour dernièrement, dans la capitale.

Baptisé «Les Reposeurs», il milite tout autant contre l'invasion de la voie publique par la réclame. Mais il privilégie, lui, un mode d'expression moins susceptible de lui valoir des procès. Il colle «gentiment» des petits messages sur les panneaux publicitaires, avec de l'adhésif ou des autocollants repositionnables. Des messages avec des slogans comme «Publicité=pollution visuelle et mentale», «La pub fait dé-penser», ou «Faites l'amour, pas les magasins».

En ce moment à Paris, dans le réseau de la RATP, on voit un peu partout les petits papiers colorés des «Reposeurs». Les usagers du métro ne se pressent pas pour enlever ces slogans activistes des panneaux sur lesquels ils sont apposés. Pas étonnant, au vu du dernier sondage en date concernant la pub et les Français.

L'institut CSA, qui l'a réalisé, en tire comme principal enseignement la «légère amélioration de l’image de la publicité», dans l'opinion. Témoignerait notamment de cette «légère décrispation», la diminution de cinq points, en un an, du nombre de gens se disant publiphobes (32%). Une telle lecture de ce sondage est vraiment très lénifiante. Ce qui y est frappant, surtout, c'est la confirmation de l'ampleur du désamour des Français pour la pub. Ainsi, deux sondés sur trois la trouvent «banale» (66%), «envahissante» (76%), et «irrespectueuse des consommateurs» (64%). Et un Français sur deux la juge «agressive» (54%), voire «dangereuse» (50%).

Les militants anti-pub, «Déboulonneurs», «Reposeurs» ou autres, jouent donc sur du velours.

26/10/2012

Un progrès encore à faire

Les chauffeurs de taxi, à Paris. Comme les garçons de café, ils traînent depuis des lustres une réputation assez peu flatteuse, en termes d'amabilité notamment. A en croire un classement international publié cette semaine, ils ont, en effet, encore pas mal de des progrès à faire.

Les critères pour édifier ce palmarès étaient la propreté du véhicule, la gentillesse du chauffeur, sa connaissance de la ville, sa sociabilité, la qualité et la sécurité de sa conduite, la disponibilité du taxi, ainsi que ses tarifs. Au total, les chauffeurs de taxi parisiens ne sont arrivés qu'en 17ème position. En chute de sept places en deux ans. Et très loin derrière leurs homologues londoniens, qui ont remporté la palme pour la cinquième année consécutive. Les taxis de New York, de Tokyo, de Shanghaï ou de Bangkok seraient donc meilleurs que ceux de Paris.

On aurait été bien en peine de donner un avis pertinent, si on avait été invité à participer à cette enquête. Les taxis de Paris, en effet – hormis peut-être, de temps à autres, pour des trajets jusqu'à Roissy –, cela fait des années qu'on ne les prend plus. Après, pendant des années, les avoir cherchés mais le plus souvent en vain, quand on en avait besoin.

16/10/2012

Un symbole de saleté

C'est un sondage réalisé par l'institut BVA qui nous l'a appris hier: lundi qui était, paraît-il, la «Journée mondiale du lavage des mains» – mais oui, cela existe. De l'avis des Français, l'endroit le plus sale par excellence, ce n'est pas la cuvette des toilettes, mais... la barre fixe, la main courante, du bus ou du métro. Ils sont plus d'un Français sur deux (54%) à voir dans cette barre un véritable nid à microbes.

Transports, Métro, Paris, Propreté, Art de vivre, SantéCe sont surtout les habitants de la région parisienne qui en sont convaincus. D'où, sans doute, le fait que près de six Parisiens ou banlieusards sur dix ont l'habitude de se laver les mains après avoir pris les transports en commun. Un usage que n'a pas, en revanche, la majorité (55%) de la population française dans son ensemble – qui, en moyenne, est moins contrainte de prendre autant les transports publics que les Parisiens.

Au rayon hygiène toujours, plus de 20% des Français ne se lavent pas systématiquement les mains avant de passer à table. Et 12,5% ne le font pas même après un passage aux toilettes. 20% des Français ne prennent pas non plus de douche chaque jour, une proportion qui grimpe à 40% pour les plus de 65 ans.

On repensera à ces chiffres la prochaine fois qu'on se retrouvera compressé dans le métro aux heures de pointe: collé-serré, dans une atmosphère, c'est vrai, pas rarement malodorante.

Paris, ville glamour? Pas vraiment tous les jours.

01/10/2012

«Un curseur de plus en plus intrusif»

Publicité, Métro, Transports, Religion, Télévision, GouvernementElles sont déjà nombreuses, les campagnes de pub qui, à Paris,ont fait scandale: soit par leur contenu, soit par la mesure d'interdiction prise à leur encontre (relire ici, ,, ou et encore , pour ne prendre que ces exemples). Ces dernières années, Métrobus, la régie publicitaire de la RATP, a particulièrement fait parler d'elle à ce sujet, en interdisant la diffusion, dans le réseau de transports parisien, de campagnes de pub ou de promo jugées par elle politiquement incorrectes – se souvenir des caviardages de clope ou de pipe sur des affiches relatives à Gainsbourg et Mr Hulot-Jacques Tati, pour ne citer qu'elles.

La dernière controverse en date porte sur les affiches d'«Ainsi soient-ils»: la prochaine série de la chaîne de télé franco-allemande Arte, qui narre les tribulations d'hommes de foi. Métrobus a refusé ses affiches, redoutant que des croyants soient heurtés par leur visuel. Ce qui met en colère l'«Observatoire de la liberté de création». Dans un communiqué, ce collectif (qui dépend de la Ligue des droits de l'homme) vient de fustiger la RATP, et d'en appeler carrément au gouvernement.

A ses yeux, «la RATP voit dans cette main dans le dos (représentée sur l'affiche) une allusion sexuelle. Quelle que soit la pertinence de son interprétation, que chacun est libre de considérer ici comme excessive ou non, dès lors qu’il s’agit de l’espace public, ce gouvernement va-t-il continuer, comme le précédent, à laisser une régie privée décider de ce qui est choquant ou non, en censurant, selon un curseur de plus en plus intrusif, des images qui n’ont rien d’illégal?»

Histoire de modifier le positionnement de ce «curseur» moral, l’Observatoire a demandé à la ministre de la Culture de se saisir de ce dossier. Et «de s’engager dans la continuité des engagements de François Hollande pendant sa campagne, à protéger efficacement la liberté de création et de diffusion des œuvres».

28/09/2012

Un vacarme assourdissant

paris,banlieues,transports,santéLimiter la vitesse sur le périph', non à 70km/h (au lieu de 80km/h, aujourd'hui), mais... à 50km/h! La nuit, tout au moins. C'est la proposition assourdissante qui a été faite hier, et elle risque de mettre les automobilistes en fureur.

Elle émane de Bruitparif, l'organisme qui surveille les nuisances sonores en région parisienne. Selon ses relevés, «les niveaux sonores autour du boulevard périphérique sont particulièrement élevés, et excèdent systématiquement les valeurs limites réglementaires, de jour comme de nuit, lorsqu’aucune protection acoustique n’a été mise en place». Concrètement, sur les quelque 100.000 habitants vivant le long du périph', près de la moitié subissent des nuisances sonores exagérées. Dans la bande de 150m autour du boulevard, 41.000 personnes sont exposées à un niveau de bruit excédant la valeur limite journalière moyenne (68 décibels).

En plus, ce vacarme dû au trafic routier ne cesse jamais. «Les mesures ont montré des valeurs importantes dès 5 heures du matin, et jusqu’à minuit. En coeur de nuit, le bruit diminue un peu, mais il reste tout de même élevé. Les niveaux enregistrés sur la période allant de 2 à 4 heures du matin ne sont, ainsi, réduits que de 6 dB(A) en moyenne par rapport à l’heure la plus bruyante (créneau 6-7 heure)». Du coup, de nuit, 37.000 personnes subissent des nuisances sonores excédant la valeur limite (62 dB). En outre, il y a peu de variations en fonction du jour de la semaine («les niveaux nocturnes pouvant même être plus chargés le week-end»), ni même pendant les vacances scolaires («durant lesquelles nous n’avons enregistré qu’une diminution de 1 dB(A) en moyenne»).

Plusieurs pistes sont suggérées, pour que les riverains du périph' puissent enfin vivre, ou au moins dormir, tranquilles. Installer des panneaux anti-bruits, qui fonctionnent bien («deux sites sur trois bénéficiant d’un écran acoustique sont légèrement en dessous des seuils»). Mieux isoler accoustiquement les façades des immeubles jouxtant le boulevard. Ou opter pour des revêtements de chaussée répercutant moins le bruit du trafic.

Reste qu'il faudrait aussi «diminuer le bruit à la source», en premier lieu le bruit nocturne. «Ce pourrait être fait en diminuant la vitesse autorisée, ou en encourageant les conducteurs à ne pas dépasser 50 km/h la nuit». Cela «permettrait de diminuer de 26% environ le nombre de personnes exposées à des niveaux sonores nocturnes qui excèdent la valeur limite». Autre suggestion, mais guère plus consensuelle: «diminuer le taux de poids lourds» autorisés sur le périph'. Car «un poids lourd moyen équivaut, d’un point de vue acoustique, à environ 7 véhicules particuliers pour des vitesses de circulation de 80 km/h, 10 véhicules particuliers pour des vitesses de circulation de 50 km/h».

Les syndicats de transporteurs routiers vont apprécier.

27/09/2012

Une délinquance routière croissante

Paris, Transports, Sécurité, ¨PolicePuisqu'on évoquait le périph' hier, cet été encore, les policiers n'y ont pas chômé. Car certains des usagers de la rocade parisienne y ont été particulièrement pressés.

Ainsi, au cours de la seule nuit du 31 juillet au 1er août, un contrôle fixe installé porte d’Aubervilliers a permis de verbaliser 30 véhicules pour excès de vitesse, dont huit pour grand excès (+ de 50km/h de la vitesse autorisée). Les pointes constatées ont été jusqu'à 167km/h pour une voiture, et 185km/h pour une moto. Une saisie judiciaire de ces véhicules a été immédiatement opérée, en vue de leur confiscation en audience.

185 km/h: plus du double de la vitesse maximale autorisée. Il faut être soit inconscient, soit suicidaire pour se risquer à une telle allure; imagine-t-on les dégâts humains et matériels qu'à pareille vitesse, la moindre fraction de seconde d'inattention peut provoquer?

Mais encore n'est-ce rien par rapport au record de vitesse qui, depuis janvier, a été verbalisé sur le périph' parisien: 197 km/h.

Paris, Transports, Sécurité, ¨PolicePendant les six premiers mois de 2012, 408 permis de conduire d'usagers du périph' roulant trop vite ont été retenus. C'est une hausse de... 155% par rapport à la même période de 2011. De même, s'est envolé le nombre de constatations d'infractions dites de grande vitesse (176, sur la même période).

Malgré cette délinquance routière croissante sur le périph', et assez paradoxalement, a baissé le nombre d'accidents corporels qui y ont été déplorés. La moyenne pour 2012 se monte, à ce stade, à 52 accidents de ce type chaque mois, sur ce boulevard. Ce n'est pas rien. Cela a entraîné des heures d'embouteillages pour les automobilistes et motocyclistes eux respectueux du Code de la route. Mais c'est moins qu'en 2011 (68).

26/09/2012

Un gros débat, assez théorique

Grosse agitation des Parisiens, ces jours-ci. Ils ont l'air de ne parler que de cela, en ce moment. Du projet de réduction de 80 à 70km/h de la vitesse maximale autorisée sur le périphérique.

C'est la mairie de Paris qui, l'autre jour (ici), a relancé ce vieux serpent de mer, dont on parle depuis des années. A la différence que, cette fois, le dossier pourrait aboutir: vu l'alternance politique qui, au printemps, s'est jouée au gouvernement – à qui il revient de prendre une telle décision. En attendant, les pro et anti 70km/h sur le périph' débattent passionnément.

Les premiers invoquent «une urgence sanitaire». A les en croire, une telle réduction de la vitesse maximale autorisée «permettra d'améliorer la qualité de l'air et le niveau sonore autour du périphérique». Pas un luxe pour les riverains immédiats de la rocade, qui vivent dans des zones où les niveaux de pollution atmosphérique, «selon l'OMS, dépassent de quatre fois les normes mondiales de qualité de l'air». Les seconds dénoncent «une mesure démagogique et sans efficacité». Qui, «une fois de plus, va pénaliser ceux qui n'ont d'autre choix que d'utiliser leur voiture». Et qui «ne va que congestionner encore un peu plus» ce boulevard.

Le gouvernement décidera. Dans un sens ou dans un autre.

De toute façon, si, dans ce débat passionné, l'on peut se permettre de le noter, cela ne changera pas forcément énormément de choses, concrètement, pour les 1,3 million d'usagers quotidiens de ce boulevard. En effet, la vitesse moyenne de circulation y est de... 38km/h. Rares, dès lors, sont les occasions où l'on peut y appuyer sur le champignon, jusqu'à 70 ou 80 km/h...

25/09/2012

Une tradition de... «pigallerie»

Paris, Sécurité, Police, Transports, Métro, Langue françaiseContinuons sur le sujet de l'insécurité, qu'on évoquait hier. Sans, du tout, vouloir noircir le tableau – dix ans qu'on habite à Paris, et on n'y a jamais eu le moindre problème de cet ordre. Continuons, mais dans un registre de délinquance cette fois moins sanglant, même s'il doit être, évidemment, pénible pour les gens qui en sont victimes.

On avait parlé d'eux, avant les vacances d'été (relire ici): parlé de ces détrousseurs du métro, qui sévissent au petit matin sur le réseau de la RATP. Manifestement, le phénomène prend de l'ampleur. Pour preuve, la préfecture de police de Paris vient de lui consacrer (là) une bonne part de son dernier bulletin d'information.

Au passage, cela a renseigné sur la manière dont les pandores dénomment ce genre d'agissements. En jargon policier, on les appelle... des «pigalleries». Car «ce phénomène des détrousseurs du métro est ancien: il a toujours existé autour du monde de la fête et des quartiers animés nocturnes de la capitale (quartier de Pigalle, Grands Boulevards, République, Bastille…)».

Rien que le week-end dernier, cinq détrousseurs du métro ont successivement été interpellés par les policiers. Raconté par la préfécture, cela donne ceci.

Paris, Sécurité, Police, Transports, Métro, Langue française«Samedi, 7 heures 35, quai du RER A à "Châtelet-les-Halles", les policiers stoppent un homme de 24 ans qui, profitant du sommeil d’un passager endormi sur un banc, s’apprêtait à lui voler son téléphone. Dimanche, 7 heures 20, station "Nation", un voleur malhabile est surpris par sa victime qui ne dormait que d’un œil. Alors qu’il tente de prendre la fuite, l’homme de 20 ans est interpellé par des policiers en surveillance. Même jour, même heure, station "Père Lachaise", les policiers arrêtent un trio de détrousseurs, âgés de 22, 23 et 25 ans, commettant des vols au préjudice d’usagers en état d’ébriété».

Moralité: apprécier très sobrement et peu tardivement la «nightlife» de la «Ville lumière», si l'on veut ne pas avoir à faire aux «pigalleurs». Trop chouette, comme perspective.