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09/07/2014

Un exemple de bonne gestion

Partis, UMP, PersonnalitésEtre endetté jusqu'au cou. Mais, malgré tout, donner à autrui, à longueur de journées, des leçons de bonne gouvernance. C'est le paradoxe qu'incarne l'UMP. Puisque, hier soir, l'audit mené sur ses finances a confirmé que le parti sarkozyste était endetté à hauteur de plus de 70 millions d'euros. Après cela, chacun jugera si la première formation de l'opposition est vraiment bien qualifiée pour critiquer à tout bout de champ le gouvernement sur sa gestion des déficits et la réduction des dépenses publiques.

Le plan financier qu'a approuvé l'UMP hier prévoit «un pilotage resserré» de ses dépenses. Toutefois, le «début du désendettement du parti» n'est pas attendu avant la fin 2017. Avec une double réserve. D'abord, à cette période, l'UMP sera encore dans le rouge de 55 millions, ce qui n'est tout de même pas rien. Ensuite, admet-il lui-même, ces «projections s'appuient sur une hypothèse où les perspectives de recettes (adhésions, dons) demeurent incertaines».

C'est le moins que l'on puisse dire. Donner de l'argent, en tant que mécène ou simple adhérent, à une organisation qui, visiblement, le jette par les fenêtres, il faut vraiment avoir envie.

23/11/2011

Un hommage (doublement) laborieux

personnalités,parti socialiste,sarkozy,umpToujours à propos du décès de Danielle Mitterrand, on a beaucoup ri mardi à Paris, dans le microcosme médiatico-politique. Ri d'une grosse bévue commise par l'Elysée.

En effet, dans la dizaine de lignes que contenait le communiqué d'hommage de Nicolas Sarkozy à la défunte, figuraient... une demi-douzaine de fautes d'orthographe ou de syntaxe. Depuis, le texte officiel (ici) a été corrigé. Reste la leçon que l'on peut tirer de cet incident: soit Nicolas Sarkozy ne relit pas, avant leur envoi, les communiqués censés porter sa parole (qui sont évidemment rédigés par des petites mains), soit il les relit, mais alors il maîtrise assez imparfaitement la langue française.

Autre curiosité du jour: l'UMP a mis une dizaine d'heures avant de rendre hommage à la défunte. Il a fallu attendre 19 heures pour que tombe le communiqué du parti présidentiel. Son n°1, Jean-François Copé, y saluait «une femme qui a porté, avec dignité et courage, de nombreux combats tout au long de sa vie», une «figure de la Vème République et du militantisme» – dont, néanmoins, l'«intransigeance» était soulignée.

Un délai de réaction dû à une surcharge de travail ou à une désorganisation du grand parti sarkozyste? C'est oublier le fait que l'UMP dispose d'une réelle force de frappe médiatique. Quand il le veut, il se débrouille parfaitement pour inonder de sa prose les boîtes électroniques des journalistes – chaque jour et à longueur de journées, en fait. Plus vraisemblablement, l'UMP hier matin n'avait pas prévu de saluer publiquement cette personnalité qui, il est vrai, lui était si diamétralement opposée. Mais il s'est ravisé en fin de journée, soucieux sans doute de ne pas être en total décalage avec l'afflux d'innombrables hommages rendus à la défunte – y compris à droite, Bernadette Chirac par exemple.

Dès lors, les louanges sarkozystes de Danielle Mitterrand sont très vraisemblablement opportunistes. Voire carrément hypocrites.

Mais sans doute est-ce de bonne guerre.

29/03/2011

Un grand vide

shadock.jpgPour compléter et achever cette évocation des dix ans de règne de la gauche à Paris, cet avis de l'opposition sur le bilan de Bertrand Delanoë. Comme on a pu le lire l'autre jour dans une tribune dans «Le Figaro», signée par le ministre et conseiller de Paris Pierre Lellouche, ce n'est que du bout des lèvres que la droite crédite le maire de quelques réussites. «Des initiatives nouvelles ont été prises, telles que le tramway ou Vélib', qui ont ouvert des perspectives en matière de transport urbain». Et «la convivialité (a été) accrue dans notre ville, par l'instauration notamment de rendez-vous festifs dont l'exemple le plus notoire est Paris-Plages». Mais, pour le reste, tout serait à jeter.

La propreté? «Très médiocre». La gestion financière? «Tout sauf optimale». L'urbanisme? «Des caprices tels le chantier pharaonique des Halles», et «des dépenses mégalomanes». Sans oublier une «politique antivoiture idéologique» et «l'absence totale d'une réflexion sur le développement économique de notre capitale». Conclusion (ici)? Delanoë, ce sont «dix ans, dix flops»  –  et peu importe que les sondés parisiens ne soient pas de cet avis.

Ce sur quoi la droite parisienne ne s'étend pas, c'est sur l'énorme vide que l'on peut constater en son sein, dix ans après le basculement à gauche de la capitale. En effet, à ce jour, Bertrand Delanoë n'a, face à lui, toujours pas la moindre personnalité de l'opposition faisant l'unanimité dans son camp et donc susceptible d'incarner l'alternance.

Françoise de Panafieu, l'adversaire malheureuse du maire aux dernières municipales? Disparue de la circulation parisienne: en attente d'être recasée à l'échelon national – on parle d'elle pour le futur poste de Défenseur des droits. L'ex-Garde des Sceaux Rachida Dati? Ce n'est pas demain qu'elle arrivera à faire l'unanimité. Le député-médecin Bernard Debré? Pareil. La ministre de l'Economie Christine Lagarde? On en a parlé, un moment, et puis on n'en parle plus du tout. Jean-Marie Cavada, l'ex-star de la télé ? Disparu de la circulation, lui aussi. Le ministre Pierre Lellouche? Il a déjà eu toutes les peines du monde à entrer au gouvernement... Sa jeune collègue des Sports, Chantal Jouanno? Pas sûr qu'elle soit très connue à Paris en dehors du microcosme politico-médiatique.

clown.jpgDu coup, pour (tenter de) faire oublier (un peu) ce vide abyssal, l'UMP en est réduite à agiter régulièrement l'épouvantail sarthois du Premier ministre François Fillon. Et, en attendant, la régence des troupes sarkozystes parisiennes est assurée par l'ex-ministre des Sports Jean-François Lamour. Qui est le seul toléré par ses pairs pour cet interrègne, parce qu'il semble évident qu'il ne s'imposera jamais comme rival de Bertrand Delanoë.

Ce dernier donc, en dix ans, a fait le vide face à lui. Pratiquement, cela n'améliore en rien le vécu quotidien des Parisiens. Mais, politiquement, ce n'est pas le moindre des acquis du maire de Paris.

22/07/2008

Une trouvaille

dda483bd9e434ea643336e512f1e5bb2.jpgLa réforme institutionnelle enfin votée hier au Congrès de Versailles – par une seule et unique petite voix de majorité: parfois décidément, ce qui est ténu arithmétiquement est énorme politiquement – , la classe politique s’achemine tout doucement vers la plage, et on ne va d’ailleurs plus trop tarder à l’imiter.

Comme chaque été depuis trois ans, «les Jeunes Populaires», à savoir la section jeunesse de l’UMP, autrement appelés «Jeunes Pops» en jargon sarkozyste, partent aujourd’hui de Paris pour leurs «Caravanes de l’Eté». Il s’agit d'aller «à la rencontre des Français sur leurs lieux de vacances», afin de «revenir sur les réformes en cours ou à venir et faire participer les citoyens au débat: ‘Avec Nicolas Sarkozy, faisons bouger la France’». Dans les semaines à venir, deux caravanes de «Jeunes Pops» parcourront 54 villes du pays: sillonneront l’Alsace, écumeront les plages du Nord-Pas de Calais, de Normandie et de Bretagne, traverseront le Poitou-Charentes, l’Aquitaine et le Languedoc et, bien sûr, séviront sur le littoral de Provence et de Côte d’Azur.

Cet été donc, entre deux bains de mer, deux apéros au camping, deux slows collants, deux randos ou deux visites de cloîtres romans, parler niches fiscales, TIPP sur les carburants, économies dans l'assurance-maladie ou recours en inconstitutionnalité: quel bonheur - on est sûr que les Français vont se précipiter à ces grands débats des «Caravanes de l’Eté». Pour encore mieux les y inciter, les Jeunes UMP vont ressortir cet été ce merveilleux accessoire qu’ils avaient naguère inventé, brillantissime trouvaille de marketing politique: la tong de plage. Griffée sur sa semelle au sigle du parti, elle permet de laisser des empreintes logotées sur le sable. L’édition 2008 de la tong sarkozyste est bleue (évidemment): courroie bleu clair et plante des pieds bleu foncé parsemée de petits bonhommes rouges et jaunes. C’est décidément merveilleux, l’UMP l’été.

10:50 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : UMP, Politique, Jeunes

03/12/2007

Un procédé

Cela faisait quelques soirs déjà que le téléphone sonnait à la maison, qu’on décrochait, puis qu’on tombait sur un automate nous priant de patienter, un correspondant cherchant à nous joindre. Comme on trouvait un peu goujat qu’on nous fasse poireauter au téléphone après nous avoir dérangé, on raccrochait chaque fois illico en pestant, sans même donc savoir qui était ce mystérieux correspondant. Un commercial de bas étage sans doute, s’était-on dit chaque fois. Un pauvre travailleur qui, pour gagner (sans doute mal) sa vie, en est réduit à passer ses journées à essayer de fourguer aux gens par téléphone des assurances vie ou des abonnements ADSL, avait-on compati.

Le manège s’était reproduit plusieurs fois. Puis, un soir, voulant tout de même en avoir le cœur net, on s’était résolu de ne pas raccrocher et à suivre les conseils dudit automate: on avait patienté donc.

Au bout de quelques longues minutes de musak innommable, on avait fini par tomber sur un message enregistré. Au bout du fil, la voix non d’un obscur vendeur d’aspirateurs mais…. de la candidate UMP à la mairie du onzième arrondissement: Claude Annick-Tissot, épouse de l’ancien ministre de l’Education Alain Devaquet (qui, dans les années 80, fit descendre dans la rue des centaines de milliers d’étudiants) et proche du Premier ministre François Fillon. La dame nous invitait, par automate interposé, à une réunion de quartier avec Françoise de Panafieu, qui brigue le fauteuil de Bertrand Delanoë à l’Hôtel de Ville. Et, en nous appelant, procédait à une «grande consultation publique pour identifier les priorités qui seront celles de (son) projet municipal».

Si, à trois mois seulement des élections municipales (qui auront lieu début mars), les pontes de l’UMP en sont toujours à sonder les gens par téléphone pour établir leur programme, Bertrand Delanoë peut dormir sur ses deux oreilles.

Si, en plus, ce parti racole ses électeurs avec un démarchage aussi peu sympathique, il risque surtout de se mettre pas mal de Parisiens à dos.

Lors de la campagne pour les dernières élections présidentielles et législatives, d’ailleurs, les organes de contrôle avaient conseillé aux candidats de ne pas recourir au démarchage téléphonique (appels par automates, envois automatiques de textos, etc.), jugé exagérément intrusif. En vertu du Code électoral, ce démarchage est même, depuis samedi,  rigoureusement interdit à tous les candidats aux élections municipales, sous peine d'une amende de 3750 euros et d'un an de prison.

Peut-être faudrait-il rappeler la loi à cette dame ainsi qu’à l’UMP.

19/07/2007

Un attirail

Les rues qui commencent à se vider, les employés qui prennent le temps d’allonger leur pause déjeuner, les queues moins longues dans les supermarchés, le trafic automobile un peu moins dense, les gens qui s’attardent en terrasse le soir, et des touristes par paquets à chaque coin de rue: cela sent furieusement les vacances approchant, à Paris en ce moment.

Dans les partis politiques aussi, d’ailleurs, flottent des odeurs de plage et d’ambre solaire. Ainsi, l’UMP relance aujourd'hui sa si belle opération «Caravane de l’été», qui la verra arpenter jusqu’à la fin août 28 plages des côtes atlantique et méditerranéenne.

L’été dernier, les estivants aux anges croisés par la caravane s’étaient vus offrir de splendides tongs aux couleurs du parti du Président, avec le logo de l’UMP habilement gravé en relief sur la semelle de manière à ce que son empreinte soit laissée à chaque pas sur le sable. Après le succès électoral mémorable dudit parti aux présidentielles et aux législatives, on était donc vraiment très impatient de découvrir la collection 2007 de ces gadgets de plage.

Cet été, en fait, les fans de l’UMP auront droit au «gratuit de l’été, un petit journal ludique proposant des jeux, un quizz et un bulletin d’adhésion», ainsi qu’à des «sucettes, crayons, freesbies et surtout le ballon de rugby de plage, clin d’œil à la Coupe du Monde, l’événement sportif de la rentrée».

C’est tout? Même pas de ballons de plage à l’effigie du Président? De shorts de jogging estampillés NYPD? De crème solaire bleu blanc rouge? De matelas gonflables rehaussés du portrait de François Fillon?

Les sarkozystes qui veulent vraiment emballer cet été sur la plage devront donc se rabattre sur la magnifique boutique en ligne de l’UMP. Où y trouve toujours de vraies merveilles. Comme cette serviette de plage «rayures blanches/bleues, broderies arbre blanc- 140 x 90 com, 20€», ce ballon de foot «cuir blanc, motif arbre blanc et rouge, 20€ » ou ce porte-clés «cristal lumineux, gravure 3D, lumière bleue 10€».

En attendant déjà avec excitation la rentrée pour frimer au bureau avec cette ineffable calculatrice «gomme souple bleu- gravée logo UMP » - 8 €, ce n’est pas cher, Madame.

11:10 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Politique, UMP, Sarkozy

05/09/2006

Une foire d'empoigne

On finirait par en avoir pitié. Le brave Johnny Hallyday n'en finit plus de se faire incendier depuis qu'il est apparu, mutique, grimaçant, presque momifié sous ses lunettes solaires aux côtés de Nicolas Sarkozy dimanche, sur la scène de l'université d'été de l'UMP.
Ces derniers soirs, sur Canal, les Guignols se sont violemment payé la tête du papy de la chanson française, dont la marionnette ne parvient plus qu'à ânonner quelques monosyllabes issues d'un cerveau manifestement lobotomisé.
Dans la foulée hier soir, chez Denisot, Emmanuelle Béart en rajouta une couche. Mise au courant en pleine interview du ralliement de Johnny à Nicolas Sarkozy, l'actrice afficha à la caméra un regard d'un mépris et d'une violence inouïs. Puis promit qu'elle ferait exactement l'inverse que l'idole des jeunes. Qualifia d'"abjecte" la politique d'immigration du ministre de l'Intérieur. Lança de but en blanc "Je l'emmerde!" (sic) pour son opposition au mariage et à l'adoption gays.
Ce matin, enfin, dans "Le Parisien", c'était au tour de Renaud de se payer Johnny. "J'ai entendu qu'il ne voulait pas s'exprimer. Il n'a pas d'idées? Ou il ne sait pas les défendre? C'est du Johnny classique. Il veut être sur la photo qui fait vendre. C'est le degré zéro de l'engagement".
Pour justifier la "peopelisation" de Nicolas Sarkozy, son entourage ne cesse, depuis ce week-end, de répéter la même maxime: "On n'est pas élu grâce aux stars. Mais on ne peut pas être élu contre eux". Peut-être. Mais si le grand débat de fond entre candidats est remplacé par un débat entre Johnny et Renaud (sans parler du si affligeant Doc Gynéco), le pays n'est vraiment pas sorti de l'auberge.
B.DL.

13/07/2006

Un été sarkozyste

medium_tong-ump-nice.jpgAoût approchant, des dizaines de millions de Français s'apprêtent à partir à la plage. Cet été encore, ils y croiseront "les Jeunes Populaires", qui écumeront quelque 80 stations balnéaires de l'Hexagone pour inviter les vacanciers à "imaginer la France d'après" et à adhérer à l'UMP.
Dans le sac de plage que ces jeunes sarkozystes distribueront aux estivants, on trouve de tout: des bonbons, un repose-tête et même des tongs dont la semelle a été conçue pour laisser l'empreinte du sigle du parti sur le sable. On va certainement se les arracher à Six-Fours-les Plages, Palavas-les-Flots et Cavalaire-sur-Mer.
Dans ce kit de plage, on trouve aussi un magnifique "petit journal ludique". Après des mots fléchés, un jeu des 7 erreurs, une page de coloriage pour les gosses et des grilles de Sudoku, figure un "quizz UMP". Treize questions permettent à l'estivant moyen de mesurer son degré de sarkophilie. Si le vacancier obtient une majorité de cercles à ses réponses, il est fin prêt pour "imaginer et construire la France d'après" avec Nicolas et Cecilia. S'il obtient une majorité de triangles, il partage, malgré quelques divergences, "une majorité de points de vue" avec l'UMP. S'il obtient une majorité de carrés, il a hélàs "des idées différentes" des sarkozystes.
Pour obtenir une majorité de carrés, il faut faire très fort. Il faut avoir répondu par exemple que l'amélioration de l'apprentissage des langues étrangères à l'école et l'accroisssement du budget de la Culture sont inutiles, que le chômage ne peut pas baisser, que l'écologie est sans intérêt, que la régularisation de tous les sans-papiers s'impose et que la Justice doit être plus lente. Il faut donc être très peu sarkozyste.
Mais, précise le "petit journal ludique", l'UMP ouvre grand ses portes à ces estivants y compris. Car avoir "des idées différentes" est "une richesse". Et car "l'UMP reste une formation populaire et ouverte à tous, où chacun a le droit de s'exprimer".
A neuf mois des élections présidentielles, que ne ferait-on pas pour ratisser large. Y compris le sable des plages.
B.DL.