Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

11/04/2007

Un tribun

medium_Olivier_besancenot-2.jpgNote rédigée en quatrième vitesse et d’une main, tandis que l’autre expédie un petit-déjeuner avant de sauter dans le premier train Corail pour Paris.
Un petit-déj… limousin. On est à Limoges, en effet, où on a passé la soirée d’hier à un meeting d’Olivier Besancenot pour un prochain sujet sur "La France des extrêmes": ces quelque 35 pc d’électeurs qui, en 2002, ont stupéfié le monde entier en votant pour des candidats d’extrême droite ou d’extrême gauche.
Le petit facteur trotskiste a fait fort hier soir. Il attendait 500 personnes, il en a accueilli plus de 1200. Plusieurs centaines de ses fans – le plus souvent vraiment très jeunes – ont suivi son discours debout et dehors dans le froid.
On avait déjà pu le constater lors de précédentes campagnes électorales: le jeune homme est un redoutable orateur. Il n’a pas son pareil pour emballer les foules. Il parvient à improviser pendant deux heures sans la moindre note. Il joue avec sa voix, varie son rythme d’élocution, a une gestuelle très efficace, multiplie les images, fait preuve d'humour, jongle avec les exemples concrets et parlants, fait vibrer les gens avec ses exhortations. Résultat: ses meetings sont le plus souvent des grands moments de communion gauchiste, et il recueille à tous les coups un triomphe. C’est vraiment ce qu’on peut appeler un tribun.
Dans le genre – et on continue évidemment à ne parler que de la forme, sans donc porter la moindre appréciation sur le fond –, Jean-Marie Le Pen est lui aussi un extraordinaire bateleur de foire. Philippe de Villiers, on l’a constaté pendant la campagne sur le référendum de 2005, n’est pas mal non plus, même si avec son timbre de voix si caractéristique, quand on l’entend, on se demande toujours si c'est lui ou un de ses innombrables imitateurs qui s'exprime.
Exceptés Nicolas Sarkozy donc (qui, en meeting, est cent coudées au dessus de la si professorale et raide Ségolène Royal), les meilleurs orateurs de la campagne sont positionnées aux extrêmes. Ce n'est probablement pas un hasard.
B.DL.