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27/04/2010

Une descente

tracteur.jpgPuisqu’on parlait d’embouteillages dans la note d’hier, on s’était dit qu’aujourd’hui, on se féliciterait une fois de plus et plus que jamais d’être un Parisien non-motorisé. Ce mardi, en effet, une congestion automobile d’une ampleur historique est annoncée dans la capitale française. Où 10.000 agriculteurs céréaliers, juchés sur 1.300 tracteurs, ont décidé de converger pour dénoncer la dégradation de la situation économique de leur secteur. Nos quartiers de l’Est parisien sont particulièrement concernés par cette alerte noire aux embouteillages. Puisque cet immense cortège agricole est programmé, entre 10h30 et 15 heures, sur l’axe Nation-République-Bastille – axe déjà chroniquement saturé. Ce mardi, dès lors, s’annonçait comme une infernale journée de coups de klaxon, d’embouteillages, d’énervements et de pollution massive.

 

Et bien, non. Pas pour l’instant et pas dans notre quartier, en tout cas. C’était stupéfiant ce matin, dans les rues des environs de Bastille: elles étaient presque désertes et silencieuses comme un dimanche. N’était le vacarme des rotors des hélicoptères des forces de sécurité tournoyant déjà dans le ciel, on aurait presque entendu le chant des oiseaux. Sur le chemin du bureau, à peine a-t-on croisé quelques automobiles. Car nombre de Parisiens et de banlieusards, visiblement, ont laissé la voiture au garage aujourd'hui, de peur d’être coincés pendant des heures dans les inextricables embouteillages que promettait cette descente d’agriculteurs sur la capitale.

 

Au passage, ce défilé de tracteurs sera une merveilleuse leçon de choses pour les enfants de la capitale, dont la plupart n’ont l’occasion de voir ce genre de véhicules qu’une fois par an, au grand Salon de l’agriculture.

26/04/2010

Un sang chaud?

Non, les automobilistes circulant dans Paris n’y sont pas, à longueur de journées, coincés dans les embouteillages. C’est l’impression qu’on pourrait en avoir, vu du trottoir? En tant qui piéton, on confirme. Pas plus tard que ce matin, boulevard Voltaire, dans notre onzième arrondissement, on était effaré combien cela bouchonnait, polluait et klaxonnait. Mais non, s’il faut en croire une étude européenne sur la vitesse de circulation automobile dans une soixantaine de villes de plus de 500.000 habitants. Dans ce classement des cités les plus embouteillées, Paris ne pointe qu’à la neuvième position. Certes, on y roule plus mal qu’à Saragosse, Valence, Zaghreb ou Stockholm. Mais le calvaire du conducteur parisien moyen est infiniment moindre que celui d’autres automobilistes citadins, y compris de pays très voisins.

Ainsi, la Belgique. Selon ce classement – réalisé au départ des relevés de vitesse envoyés par les utilisateurs de GPS – , la ville la plus embouteillée d’Europe n’est autre que Bruxelles. L’automobiliste bruxellois rencontrerait quotidiennement des retards sur 37,7% du réseau routier de cette capitale. Derrière cette médaille d’or belge, on retrouve, sur ce podium européen de la congestion automobile, deux villes polonaises: Varsovie et Wroclaw. On remarque aussi qu’en France, cela bouchonne moins à Paris qu’à Marseille. Et qu’à l’échelle européenne, le cauchemar des automobilistes a pour noms Belfast, Dublin, Edimbourg ou Londres.

Les automobilistes parisiens ne sont donc pas si souvent coincés que cela dans les embouteillages. D’où, une question: pourquoi diable klaxonnent-ils autant? Klaxonnent en tout cas bien davantage que leurs voisins bruxellois, d’après le souvenir qu’on a gardé de nos deux dizaines d’années vécues dans la capitale belge. Le Parisien teigneux au sang chaud ne serait-il pas un cliché? Et le Bruxellois placide et bon vivant, pas une caricature?

20/04/2010

Une honte?

plaque75paris.jpgAprès un égarement hier, actualité du week-end oblige, dans les nuages d’altitude rendus inaccessibles par ces satanées cendres volcaniques, retour aujourd’hui au ras du bitume de Paris. Paris et sa mauvaise image chronique. Celle d’une grande ville peuplée de citadins invariablement perçus comme prétentieux, râleurs, hystériques et/ou bobos. Cette image, au fil des ans, n’a pas l’air de s’arranger. Le ministère de l'Intérieur vient à nouveau de le constater, en analysant les données fournies depuis l’entrée en vigueur du nouveau système d’immatriculation des véhicules. Pour rappel, l’automobiliste français est désormais libre de choisir à sa guise le numéro d’indentification du département qui figure sur sa plaque minéralogique. Or, les statistiques du ministère indiquent que le fameux chiffre 75 n'y a décidément plus la cote.

 

Sur les quelque 7 millions de véhicules enregistrés en vertu de ce nouveau dispositif, les  numéros de département qui font un tabac sont le 59 (Nord), le 13 (Bouches-du-Rhône), le 69 (Rhône), le 33 (Gironde) ou le 76 (Seine-Maritime). En revanche, particulièrement boudés par les automobilistes, ces derniers mois, ont été deux départements de banlieue parisienne à l’image très figée. A savoir le 93 (la Seine-Saint-Denis, l’un des plus pauvres de France) et le 92 (les richissimes Hauts-de-Seine). Mais le pompon national du désamour revient à notre cher 75, à Paris donc. Au point que, désormais, deux tiers des véhicules vendus dans la capitale française finissent sur les routes avec une plaque d’immatriculation se référant à un autre département.

 

Les automobilistes parisiens auraient-ils honte de leur département de domicile?

 

Sans doute faut-il nuancer. Nombre de conducteurs parisiens ayant choisi une plaque mentionnant un autre département ont pu ce faire non par honte de leur lieu de domicile, mais simplement par attachement affectif à leur région d’origine – étant entendu que relativement peu nombreux sont les Parisiens véritablement de souche, à savoir installés depuis plusieurs générations dans la capitale. Mais pas mal de ces Parisiens n’assumant pas leur 75 doivent tout de même avoir fait ce choix par lassitude. Lassitude de subir les récriminations et autres quolibets des automobilistes dès le périphérique franchi, et a fortiori à l’étranger.

 

Etre fier de ce que l’on est, s’assumer dans la vie, va-t-il jusqu’au "coming out", si l’on ose dire, puis à la revendication de son identité minéralogique? Ou, dans ce cas, l’humilité et la discrétion sont-ils de bon aloi, les automobilistes parisiens ayant souvent la réputation d’être d'assez mauvais conducteurs? On laissera à nos lecteurs parisiens et automobilistes le soin de répondre éventuellement à ces questions si existentielles. Vu que nous, la veille de s'installer à Paris, on a revendu la voiture et, depuis donc, on n'est plus motorisé –  jamais d'ailleurs on ne l'a regretté.

26/01/2010

Un réaménagement

placedelarepublique.jpgBertrand Delanoë sur les traces du baron Haussmann. En ce début d’année, est tombée une décision qui était très attendue dans notre quartier et y avait fait l’objet de débats passionnés. Elle concerne l’avenir d’une réalisation majeure, dans les années 1850, de l’urbaniste de Napoléon III, que le maire de Paris souhaite à présent remodeler: la place de la République – «Répu», comme les Parisiens surnomment affectueusement cet endroit. On est désormais fixé. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il va y avoir du changement aux pieds de la fameuse statue aux trois si belles allégories représentant la Liberté, l’Egalité et la Fraternité.

 

Cette place a une superficie de 3,5 hectares, ce qui en fait une des plus vastes de la capitale. Populaire, elle n’en a pas moins un certain cachet architectural vu la qualité de nombre d’édifices qui l’entourent. Mais elle pourrait mieux fonctionner. L’espace vert et la fontaine situés en son centre pourraient être plus soignés. Et les Parisiens, d’habitude, n’aiment guère la traverser vu le flux permanent de véhicules qui tournent autour de cet immense rond-point – où, aux heures de pointe, l’on compte paraît-il plus de 2500 véhicules à l’heure.

 

Précisément, le pari du projet urbanistique qui a été retenu par la mairie en ce début d’année consiste à remplacer cet anneau de circulation par un seul grand axe à double-sens, qui, sur un de ses côtés, serait flanqué par une vaste esplanade. Le périmètre dédié au piéton serait «agrandi de plus de 50%», une voie serait réservée aux vélos, bus et taxis, bref «une reconquête audacieuse de l’espace public» est promise aux Parisiens à l’horizon 2013.

 

Pourquoi pas. Il y a toutefois une chose, dans ce projet de réaménagement, qu’on ne comprend pas trop. Déjà, dans le schéma actuel de la place, la fluidité du trafic automobile est toute relative. Si demain l’espace public dédié à cette circulation est encore réduit, comment fera-t-on pour éviter que cela se traduise avant tout par davantage d’embouteillages et donc, pour les riverains, par davantage de vacarme et de pollution? A moins que les autorités tablent sur une diminution de la circulation automobile globale à Paris d'ici à 2013 – mais sur quelles bases, une telle prévision? Sauf à penser qu'il s'agirait de forcer cette diminution voulue du trafic en dégoûtant les automobilistes par des aménagements leur compliquant sans cesse la vie. Ce qui, politiquement, pourrait encore se justifier. Mais alors, et c'est un Parisien non-motorisé qui pose la question, ne serait-ce pas plus clair et plus courageux de le reconnaître franchement?

20/05/2009

Un vacarme

périphérique.jpgCe matin, dans le fin fond du réveil-radio, la voix sublime d’une «fipette»  – comme on appelle les animatrices de FIP, la station de radio FM réputée notamment pour la voix classieuse et apaisante de ses animatrices. Avec donc une douceur et une compassion infinies, ladite voix énumérait… les innombrables embouteillages qui, au même moment, étaient en train de pourrir la vie de milliers d’automobilistes dans Paris et sa région. Et, ce matin à nouveau, dans la liste des bouchons sur le périphérique, les portes de Bagnolet et de la Chapelle avaient l'air de décrocher le pompon..

 

En effet, depuis le test circulation dont on parlé il y a peu dans ce blog (ici), cela bouchonne plus que jamais sur le périph’ extérieur, entre ces deux portes. Selon les services parisiens de la voirie, la neutralisation le matin d’une des quatre voies de circulation de ce boulevard (pour pouvoir mieux accueillir les véhicules prioritaires de la «voie royale» expérimentée sur l’autoroute A1) a des conséquences néfastes sur le périph’. Le temps de parcours entre les portes de Bagnolet et de la Chapelle est passé de 20 à 30 minutes, et la vitesse moyenne de circulation y a chuté de 21 à 14km/h. La ville de Paris presse donc la préfecture de police de ne pas prolonger trop longtemps ce test.

 

Car ces embarras de circulation n’empoisonnement pas seulement la vie des automobilistes. Ils accroissent aussi les nuisances sonores subies par les quelques 100.000 habitants vivant le long de la rocade parisienne. Or, en temps normal déjà, cet axe circulaire de 35 kms – une des voies routières les plus fréquentées d’Europe: 1,2 million de véhicules l’empruntent chaque jour – est particulièrement bruyant. Les sirènes de véhicules de secours ou les coups de klaxon de poids lourds qui y retentissent à longueur de journées et de soirées (voire de nuits) imposent aux riverains un vacarme pouvant atteindre 90 décibels, soit un niveau sonore supérieur au seuil de danger de risque.

 

Depuis peu, d’ailleurs, une grande campagne de mesure du bruit est en cours sur le périph’. Huit stations fixes ainsi qu’une voiture laboratoire enregistrent les décibels produits par la circulation aux abords des habitations. L’objectif de cette étude est de dresser des cartes dynamiques (et non plus statiques) du bruit, de manière à savoir quel voisinage de ce boulevard reçoit quelle quantité de bruit, à quelle heure, et en fonction de quelle condition de circulation. Ces cartes guideront le choix des lieux d’installation des futurs murs anti-bruits.

 

silence.jpgEn ce moment, au demeurant, les protections phoniques de ce type semblent être à la mode en région parisienne. Ainsi, dernièrement, a débuté le programme d’installation de murs anti-bruits sur les autoroutes A4 et A86, à hauteur de villes comme Créteil ou Maisons-Alfort, dont les riverains souffrent particulièrement des nuisances sonores dues au trafic automobile. Ces travaux d’isolation s’étaleront jusqu’à la fin 2011.

 

Les riverains les plus mal lotis de ces environs ont donc encore deux longues années de vacarme à se coltiner. Sûr que, aux heures de pointe le matin, les mots doux des «fipettes » ne suffisent pas à les apaiser, eux.

 

 

PS: Au passage, pour celles et ceux que la ville et son univers sonore fascinent, une suggestion de lecture: «Tokyo Décibels» de l’écrivain japonais (vivant à Paris) Hitonari Tsuji, paru aux éditions Naïve.

22/04/2009

Un test

taxisparisiens.jpgA1. Cette autoroute, les touristes belges qui débarquent à Paris en voiture la connaissent bien. Et surtout son ultime tronçon avant d’arriver dans la Ville lumière par la porte de la Chapelle, qui est chroniquement embouteillé. Dès ce matin, cette partie de l’A1 fait l’objet d’un test de circulation. Son but est d’accroître le nombre de taxis à Paris. Mais les autres automobilistes risquent d'en baver.

 

Il s’agit en effet, le matin entre 7h et 10h sur le tronçon de 5 km de cette autoroute proche de l’entrée dans la capitale, de réserver une voie de circulation (celle de gauche) aux seuls taxis (et cars). L’objectif principal de cette voie dédiée est de faciliter l’accès de la capitale aux taxis transportant les voyageurs provenant de l’aéroport de Roissy. Ce n’est pas du luxe: seuls 23 kms séparent Charles de Gaulle de Paris, mais, vu le trafic sur l’A1 à cet endroit, l’entrée dans la capitale ne prend pas rarement jusqu'à une heure. La fluidification de cet axe de transit pour les taximen est censée inciter davantage ceux-ci à ne pas craindre les embouteillages et donc à redescendre à Paris après leurs courses à CDG. Selon les autorités, si ce dispositif marche, les Parisiens pourraient bénéficier chaque matin d’une offre supplémentaire «d’environ 500 à 600 taxis», ce qui n’est pas rien vu la pénurie de ce moyen de transport ici.

 

Reste que, évidemment, tous les véhicules chassés de cette voie de l’A1 désormais réservée aux taxis seront refoulés sur les autres voies. Qui, du coup, risquent d’être encore plus embouteillées que d’habitude. Ce matin, au premier jour de l’expérimentation, cela allait encore paraît-il, a-t-on entendu à la radio. Mais, pour la semaine prochaine, lorsque les vacanciers de Pâques seront rentrés, les spécialistes craignent le pire. D’autant que la préparation de ce test avait déjà été difficile. C’était en février et mars derniers. Une expérimentation de circulation similaire avait concerné cette fois le périphérique. Une de ses quatre voies y avait été neutralisée sur 500 mètres à la porte de la Chapelle, de façon à permettre aux véhicules arrivant de l’A1 de s’insérer plus facilement sur la rocade. Du coup, à l’heure de pointe jusqu’en milieu de matinée, un «effet entonnoir» avait engendré plusieurs kilomètres de bouchon sur le périph’ extérieur.

 

autorouteA1.jpgDès lundi matin donc, des dizaines de milliers de banlieusards estimant souvent n'avoir d'autre choix que leur voiture pour aller bosser à Paris risquent de pester. Eux qui, dans la configuration actuelle de l’autoroute A1 déjà, se tapent si fréquemment le matin d’interminables moments d'attente dans leurs véhicules ralentis voire carrément stoppés par les bouchons.

16/05/2008

Un bruit

71024d29c79edd22adb89d11b8ec0190.jpgTous les Parisiens ne sont pas chagrinés par le rafraîchissement de la météo intervenu dans la capitale depuis les orages de mercredi soir. Au contraire, ce rafraîchissement soulagera sans doute tous ces habitants des quartiers animés le soir et qui n’en peuvent plus du bruit des fêtards. Ce vacarme, en effet, va croissant avec la température ambiante, les clients des bars et bistros surchauffés ayant tendance à préférer la fraîcheur des trottoirs, où, en plus, on peut fumer librement. Dans certains quartiers de Paris, les soirs d’été les plus chauds, la tension est réelle entre les riverains qui essaient de dormir et les noctambules qui jouissent des plaisirs de la fête. Témoin notamment de cette tension, cette énorme banderole «LE BRUIT… CA SUFFIT!» vue l’autre jour aux abords du parc de Bercy: elle a été déployée par des riverains mécontents au sommet d’un immeuble à appartements qui surplombe plusieurs bars très fréquentés.

Le Conseil supérieur d’hygiène publique de France fixe à 60 décibels (dB) le seuil de nuisances sonores à ne pas dépasser sur une journée. C’est une recommandation purement théorique: une rue à fort trafic routier dégage un niveau sonore moyen de 80 dB. Et un coup de klaxon entendu à une distance de deux mètres fait carrément exploser l’intensité sonore à 100dB (Pourquoi croyez-vous que tous les piétons du monde fusillent du regard les abrutis d’automobilistes qui klaxonnent à leurs côtés?).

Fin 2007, une enquête épidémiologique menée par 78 médecins auprès de plus de 4000 malades de la région parisienne a montré qu’un tiers de ces patients se sont spontanément plaints du bruit. Elle a confirmé aussi que l’exposition au bruit a incontestablement un impact désastreux sur la santé. Dans Paris et sa région, la prise de médicaments contre l’hypertension artérielle est 5,6 fois plus fréquente chez les hommes de 40 à 69 ans dont le domicile est survolé par des avions à basse altitude. Les troubles du sommeil et les problèmes de santé sont deux fois plus fréquents chez les femmes subissant chaque jour plus d’une heure de transports en commun ou deux heures de trajet en voiture.

Un observatoire du bruit travaille depuis plusieurs années à quantifier et à tenter de réduire les nuisances sonores dans la capitale. Selon ses données, environ 360 000 habitants de la petite couronne subissent en journée, dans leur logement, une pollution sonore liée au trafic routier qui dépasse les 70 dB. L’on sait par ailleurs que plus de 2 millions d’habitants de la région parisienne sont affectés par des survols aériens à basse ou moyenne altitude.

Les cartes du bruit routier à Paris sont très colorées. Les espaces verts y apparaissent … en vert (intensité sonore faible, environ 50 dB). La Seine forme un long ruban jaune (bruit modéré, moins de 60 dB). Les voies sur berges et les grands boulevards sont en rouge (intensité élevée: de 65 à 75dB). Les Champs-Elysées et ses environs, les boulevards du quartier Opéra-Madeleine, le périphérique sur tout son pourtour, ainsi que les grandes gares de la capitale de même que leurs abords sont en bleu foncé (intensité sonore très élevée: plus de 75 dB) - et le demeurent y compris en soirée.

247809b26536e7e58878296a17a654a7.jpgFace à toutes ces nuisances, les conseils, rebaptisés «écogestes», donnés par la mairie de Paris pour réduire la pollution sonore liée à la vie quotidienne paraissent délicieusement dérisoires et décalés: «Je ne claque pas les portes dans l’immeuble», «J’amortis les bruits avec des meubles en bois, des tapis, des rideaux aux fenêtres», «Je pense à mes voisins: je baisse le son et je respecte le silence de la nuit». Surtout, ce merveilleux: «Je danse sans chaussures».

05/04/2007

Une journée

Ce jeudi à Paris comme dans tout le pays, on ne verra donc pas un seul appel de phare. On n’entendra pas un seul coup de klaxon. On ne sera pas témoin d’une seule queue de poisson. On ne rencontrera pas un seul stationnement sur le trottoir, sur une piste cyclable ou dans un couloir de bus. On ne surprendra pas un seul bras d’honneur. On ne sursautera pas à une seule insulte. Ce jeudi, en effet, c’est la «Journée nationale de la courtoisie au volant ».
On n’aura pas le temps d’aller voir ce soir, à l'heure de sortie des bureaux, ce que donne cette opération du côté de Madeleine ou de l’Etoile. Mais, on l’avoue, on est un peu sceptique sur le succès du mot d'ordre de courtoisie auprès des automobilistes parisiens.
A propos, c’est un peu passé inaperçu mais ce n’est pas inintéressant. Cette semaine, Jean-Marie Le Pen a donc lancé une grande opération séduction auprès des automobilistes, un électorat puissant s’il en est, en promettant s’il est élu une vaste amnistie des contraventions routières, une hausse du taux d'alcoolémie autorisé au volant, et la révision des limitations de vitesse (ainsi, on pourrait rouler à 150 km/h sur autoroute).
Le patron du FN a d’ailleurs donné l’exemple: l’autre jour, des journalistes d'un magazine automobile l'ont chronométré à 185 km/h sur autoroute, soit en excès de vitesse 55 km/h. Nicolas Sarkozy a encore fait mieux: à 130 km/h dans une zone limitée à 70 km/h, soit en excès de 60 km/h.
La campagne électorale n’attend pas. La courtoisie et le civisme non plus?
B.DL.