Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

12/12/2014

Une réapparition

Femmes, Hommes, Art de vivreUne nouvelle très légère, une fois n'est pas coutume et pour bien terminer la semaine. Miss France 2015 ayant à peine été élue, le week-end dernier, voilà à présent le grand retour de Mister France.

Cette compétition était en sommeil depuis 2011. La voilà donc qui renaît. L'objectif est d'élire «un homme responsable, avec des projets, des idées qu'il va pouvoir faire partager. Il va pouvoir exprimer sa vision de l'avenir et être le représentant d'une génération ambitieuse, énergique et volontaire». Avis aux lecteurs de ce blog qui seraient tentés: le casting est ouvert (). Conditions pour candidater: être célibataire, de nationalité française, âgé de 18 à 35 ans et mesurer plus d'1m78. Sont également requis le sens de l'humour, le goût de l'expression en public, le fait d'avoir «une passion, des projets, un talent» ainsi que «du charme». Et, bien sûr, il convient d'être «irrésistible».

Il y a quelques semaines, un sondage () avait décrit l'homme idéal, tel que les Françaises l'imaginent. L'attention à l'autre (caractéristique plébiscitée par 46% des sondées), le sens de l'humour (28%) ainsi que la capacité d'écoute (27%) avaient été cités très largement avant les qualités liées au physique. Les termes «viril» et «sexy», par exemple, n'avaient remporté que 3% des suffrages. «Finies la virilité et l'ère du macho bling-bling, place à l'homme sensible et attentionné!», en avait déduit la Sofres. «La personnalité prime très largement le physique», s'était extasié l'institut de sondage.

Mais bien sûr. Comme si le concours Miss France venait de couronner une femme au physique complètement anecdotique, mais à la personnalité absolument éblouissante. Et comme si les votants pour ce titre de Mister France réapparaissant allaient élire un candidat à la plastique très moyenne, mais aux neurones prodigieux.

17/11/2014

Une première en vue, à Paris

Paris, Transports, Environnement, Santé, Sécurité, Patrimoine, Art de vivreLa décision a été prise sans tambours ni trompettes, il y a peu, mais elle pourrait bien faire date, dans la petite histoire de Paris. Dès l'an prochain, en effet, c'est tout un arrondissement qui pourrait basculer en zone 30, ce qui serait une première pour la capitale française.

En plus, ce n'est pas le moindre des vingt arrondissements, puisqu'il fait partie du centre historique de la «Ville lumière». Le troisième, en l'occurrence. Le Haut Marais, autrement dit, soit toute la zone allant des Arts & Métiers à la Place des Vosges. Une zone très densément peuplée, ses quelque 35.000 habitants se pressant sur une superficie d'à peine un peu plus d'1 km², et traversée par des voies de circulation souvent très étroites.

L'autre jour, prenant notamment en compte ces deux spécificités, les élus parisiens ont acquiescé au voeu de leurs homologues du troisième, prônant la mise à l'étude du passage de l'ensemble de l'arrondissement en zone 30. L'expérimentation sera doublée par l'autorisation du double sens de circulation pour les vélos. Aux yeux des promoteurs du projet, cette réduction de 50 à 30 km/h de la vitesse maximale autorisée – hormis sur les grands axes – permettra de «sécuriser les circulations douces» (piétons et cyclistes) et sera «un levier» dans la lutte contre la pollution atmosphérique, au bénéfice de la population mais aussi du patrimoine bâti.

Paris, Transports, Environnement, Santé, Sécurité, Patrimoine, Art de vivreLes élus socialistes et écologistes ont voté avec enthousiasme cette décision, qui a été saluée par les associations de lutte contre la délinquance et l'insécurité routières.

En revanche, la droite UMP s'y est opposée, et les groupements d'automobilistes ont hurlé. Ainsi, selon l'Automobile Club de France, si Paris continue à gérer de la sorte les circulations motorisées, elle «risque de devenir bientôt une ville où il sera devenu complètement impossible de rouler» en voiture.

Un «Bobo-land» en somme, et plus que jamais – pour reprendre le sobriquet par lequel est si souvent surnommé le Haut Marais.

24/10/2014

Un géant, bienvenu?

Gastronomie, Art de vivre, Santé, ParisNe pas achever la semaine sans mentionner ce qui en a sans doute été l'événement majeur, pour tous les ados de Paris. L'ouverture de ce qui fait figure de temple mondial – ou européen, en tout cas – du whopper.

L'enseigne Burger King, en effet, a inauguré en grandes pompes son vaisseau amiral français: un fast food géant (1000 mètres carrés, 250 places assises) situé à Alésia, dans le quatorzième arrondissement. C'est le plus grand Burger King du continent. Il fait suite au retour en fanfare de cette marque en France, il y a bientôt un an (relire ). Retour couronné de succès: les Burger King de la gare Saint-Lazare et de la Villette ne désemplissent pas, paraît-il.

On vous laisse juges si c'est, ou non, une bonne nouvelle. Au moment où, selon la dernière étude nationale en date (), pour la première fois depuis quinze ans, l'obésité progresse un peu moins qu'avant, en France. Entre 1997 et 2000, elle a augmenté de plus de 18 %. Entre 2006 et 2009, ce fut de 10,7 %. Depuis 2009, on serait plutôt dans la zone des 3% de croissance.

Un Français adulte sur trois (32 %) n'en reste pas moins en surpoids, dont 15 % souffrent d'obésité, soit près de 7 millions de personnes. Ce qui n'est tout de même pas rien.

02/10/2014

Une si magnanime bienveillance

Puisqu'on parlait hier du secteur de la grande distribution, la distinction «Enseigne préférée» des Français vient d'être attribuée, concernant l'année 2014. Pour élaborer ce palmarès des «Enseignes de l'année», 6000 consommateurs ont été interrogés. Ils ont été invités à se prononcer sur l'attractivité d'une centaine d'enseignes, en prenant en compte des critères comme les prix de vente, le service et le choix disponible dans les magasins, etc. Le lauréat pour l'année 2014 est Picard. Le n°1 français du surgelé – plus de 900 magasins dans l'Hexagone – détrône la filiale française du géant américain de la vente en ligne Amazon. En 2010 et en 2011 déjà, Picard avait occupé la première place de ce classement.

On ne ne permettra pas de railler la mémoire courte du consommateur français moyen. Puisqu'il n'a sans doute pas oublié la retentissante affaire des lasagnes supposément de boeuf, mais qui étaient en fait à base de viande de cheval. En 2013, cette vaste fraude alimentaire avait fait grand bruit, en France comme dans nombre de pays européens On remarquera donc juste que ce consommateur est visiblement aussi magnanime que bienveillant. Lui qui, un an après, semble avoir déjà totalement pardonné à une des enseignes qui, à l'époque, avaient été éclaboussées par le scandale – on se souvient bien des écriteaux penauds qui étaient alors affichés dans tous les magasins Picard, se confondant en excuses d'avoir dû retirer des rayons de tels produits alimentaires, aussi improbables mais ayant échappé à tous les contrôles y compris dans une maison se disant pourtant très soucieuse de la qualité de ses produits.

15/09/2014

Un prix à payer

25 degrés attendus aujourd'hui à Paris. Qui, décidément, en ce mois de septembre, jouit d'une météo radieuse. Il y a juste un prix à payer, pour ces beaux jours de fin d'été: la pollution atmosphérique. Ce lundi, dans la capitale française, le taux de particules fines présentes dans l'air pourrait dépasser le seuil déclenchant la procédure d'information et d'alerte de la population. Mardi dernier, déjà, cela avait été le cas.

Pas plus que la semaine dernière, pourtant, les médias ni les autorités n'évoquent beaucoup la chose: on entend peu, en ce moment, les habituelles recommandations à l'attention des personnes les plus fragiles – dissuadées de trop sortir de chez elles, pendant ces épisodes de pollution. Comme si, après ces mois de juillet et d'août où la météo fut si souvent pourrie, il y avait quelque scrupule à demander aux gens de s'abstenir de profiter, enfin, du beau temps.

02/09/2014

Un mauvais classement, un de plus

Paris, Tourisme, International, Art de vivre Ils se succèdent, décidément, les classements internationaux mauvais pour Paris, dans le domaine touristique. Après la destination de voyages pas trop sympa – on évoquait cela hier –, voilà la ville aux hôtels crasseux.

Un classement rendu public hier, établi sur la base des avis rendus par des voyageurs, place la «Ville lumière» au sixième rang des cités mondiales dont les hôtels sont les plus sales – Bruxelles n'affiche pas un score beaucoup plus fameux, cela dit. En la matière, si on est un peu à cheval sur la propreté, rien ne vaudrait Tokyo, Varsovie ou Seoul. Et rien ne serait pire que Rio, Londres ou Oslo.

Sans doute y a-t-il, en effet, des hôtels peu ragoutants, voire miteux carrément, dans la capitale française. On est très mauvais juge, vu que, forcément, habitant cette ville, on n'y descend jamais à l'hôtel. Il n'empêche, on imagine la tête qu'ont dû tirer hier, à la découverte de ce classement, les hôteliers parisiens qui – il doit bien y en avoir – essaient de bien faire leur boulot. Et tout le petit personnel de chambre et d'entretien qui, malgré des conditions sociales et salariales pas mirobolantes (relire ici), tente de faire de son mieux, quotidiennement. Ce doit être bien difficile d'être accusé comme ça, du jour au lendemain, de détenir quasiment le record mondial de la crasse.

01/09/2014

Une réputation perfectible?

A Paris, la saison touristique qui s'achève a été aussi moyenne que la météo – la capitale a connu un été assez pourri. En juillet et en août, dans la «Ville lumière» et sa région, la fréquentation touristique a été stable, sans plus. Et, sur l'ensemble du premier semestre, elle a été en retrait par rapport à l'an dernier. Un bilan pas trop fameux, donc. Traduit dans la com' de l'Office du tourisme, cela donne: une fréquentation qui «tire son épingle du jeu, dans un contexte difficile». Encore heureux que s'est poursuivie la croissance des visiteurs en provenance des Proche et Moyen Orient (+26,2% d’arrivées hôtelières dans Paris intra-muros). Sans cette clientèle, le bilan touristique parisien aurait été pire encore.

Au fond, la France en général et sa capitale en particulier auraient-elles un problème d'image? En tout cas, auprès de certains publics étrangers? Cet été, un sondage a fait un certain bruit dans les milieux touristiques parisiens. Il portait sur les villes mondiales les plus sympas («friendly») envers leurs visiteurs étrangers, et était réalisé auprès des lecteurs (américains, essentiellement) du magazine «Conde Nast Traveler». Dans ce classement, Cannes, Paris et Marseille (tout comme Monaco) figuraient parmi les villes du monde les moins sympas.

Marseille se voyait reprocher ses «trop nombreuses zones peu recommandables» et son «atmosphère menaçante pour les touristes». Cannes était reléguée au rang d'«anecdotique Las Vegas européen». Quant à Paris, les Américains continuent à la trouver «fabuleuse» et «romantique», mais ils ont visiblement un problème avec ses habitants. «Personne ne vous viendra en aide, si vous êtes perdus», notait ainsi le magazine.

L'été dernier, une grande campagne de sensibilisation («Do you speak touriste?») avait été menée auprès des Parisiens, visant précisément à améliorer l'accueil des touristes étrangers. Visiblement, donc, s'il faut en croire ce sondage, des progrès restent à faire, dans ce domaine.

10/07/2014

Un temps de repos assez bref

«Reposez-vous. Si on peut éviter d’avoir des zombies à la rentrée de septembre, c’est aussi bien. Le repos, c’est normal». C'est, d'après des échos, la consigne que l'entourage de Manuel Valls aurait donnée aux ministres, à l'approche des vacances d'été. Malgré cette invitation à la détente, les membres du gouvernement ne prendront que peu de congés, sitôt achevé le dernier Conseil des ministres de la saison, le 4 août. Quatorze jours maximum, la rentrée du gouvernement étant programmée le 18 août. C'est deux jours de vacances en moins que durant l'été 2013, et six de moins qu'en 2012.

En plus, pendant cette pause estivale, les ministres devront se conformer à une double obligation. Rester en permanence joignables, bien sûr. Et séjourner à 2h30 maximum de Paris, pour être en mesure de regagner rapidement la capitale en cas de crise majeure. Comme chaque été, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, bénéficiera d'une dérogation, qui lui permettra de rentrer dans sa famille en Guyane.

Puisqu'on parle des vacances des éminences, s'il faut en croire un récent sondage (mais oui, on consacre des sondages à cela...), deux Français sur trois (67%) ne partiraient pour rien au monde à la plage avec une personnalité politique. La minorité de sondés qui n'est pas rétive à cette idée jetterait son dévolu sur, évidemment, la jeune et avenante ministre Najat Vallaud-Belkacem (8%), plus populaire en cette matière que sa collègue Ségolène Royal (3%) et même que le duo Valls-Hollande (2% chacun). Nicolas Sarkozy (6%) et même Marine Le Pen (5%) font un score meilleur que celui du tandem exécutif.

L'histoire ne dit pas si ces personnalités seraient ravies, elles, de partager leurs si courtes vacances avec des Français moyens.

07/07/2014

Un sujet de discorde? Pas vraiment

Sports, Télévision, Art de vivre, Femmes, HommesLes Bleus de retour à la maison, la France ayant été battue par l'Allemagne. Un malheur n'arrivant jamais seul, les Français ne peuvent même pas se consoler de leur élimination en se disant qu'au moins, la diminution de la frénésie footeuse à la télé, qu'elle va entraîner, ramènera la paix dans les ménages. La fin, donc, du plan: Monsieur rivé devant sa télé et surtout à ne pas déranger, Madame se morfondant en rêvant de regarder un autre programme. Et bien non. Car, s'il faut en croire un sondage (mais oui, on fait même des sondages là dessus...), cette compétition n'a pas spécialement tendu les relations de couple, dans l'Hexagone.

Ainsi, avant l'entame de ce tournoi, seules 8% des femmes françaises en couple disaient le redouter, et 73% des couples estimaient que cette compétition n'allait changer en rien leur quotidien. Ce serait surtout les célibataires, en fait, qui s'imagineraient que cet événement sportif et télévisuel perturbe la vie des ménages. Encore mieux: 64% des hommes en couple assurent préférer passer une soirée en amoureux plutôt qu'être scotché seul devant la télé, à regarder du foot.

On est, toutefois, un peu sceptique sur ce dernier chiffre. Au vu de l'hystérie, très majoritairement masculine, dont on a été témoin à Paris, ces dernières semaines – pas grand-chose ne semblait être en mesure de détourner les mâles du petit écran.

13/05/2014

«Un nouvel élan»

Paris, Métro, Transports, Sécurité, Art de vivrePuisqu'on évoquait hier le métro de Paris, l'insécurité n'y progresse pas – contrairement à ce que claironnent les Identitaires –, et, en plus, le sentiment de ses usagers est que les incivilités y sont en diminution. C'est ce qu'a indiqué la RATP, à l'occasion du lancement, lundi, de sa nouvelle campagne de sensibilisation sur le sujet.

Frauder. Ne pas céder son siège à une personne âgée. Rester assis sur son strapontin ou garder son sac à l'épaule, y compris en cas d'affluence. Ne pas laisser descendre les voyageurs avant de soi-même monter. Mettre les pieds sur la banquette. Ecouter son baladeur à un volume sonore gênant pour les autres usagers, etc. Tous ces comportements seraient en diminution, dans les transports publics de la «Ville lumière» et de sa région. Du moins, c'est le sentiment majoritaire qu'en ont les voyageurs, qu'a interrogés (là) l'institut de sondages TNS-Sofres. Cette diminution, toutefois, est légère: 8%. Et des points noirs d'incivilité subsistent, comme dans le Noctilien (les lignes de bus de nuit).

Plus important pour le long terme, peut-être, est «l'acceptation d'une coresponsabilité dans les incivilités», les voyageurs se disant «prêts à agir sur leur propre comportement ainsi que sur celui de leur entourage», pour que progresse encore le climat de courtoisie et de respect d'autrui. La RATP salue donc «un nouvel élan» collectif dans la lutte contre les incivilités.

Outre qu'on imagine assez mal une personne interrogée revendiquer de but en blanc, devant un sondeur, le droit à l'incivilité et à l'indifférence à son égard, au vu du nombre d'usagers du métro que, chaque jour, on croise en train de franchir les portillons sans payer ou de hurler dans leur téléphone, on est un peu sceptique, on l'avoue. Mais – soyons fous, faisons un rêve –, on accepte bien volontiers l'augure qu'un jour, qui sait, les transports publics de Paris seront peuplés de gens non teigneux ou grossiers, mais aussi courtois et respectueux d'autrui que ceux de Londres.

Dans quelques décennies?

30/04/2014

Un portrait peu flatteur

Stressé, teigneux, imprévisible, de mauvaise foi, irrespectueux des règles et/ou dangereux pour autrui: le Parisien moyen a toujours eu la réputation d'être particulièrement pénible, quand il prend le volant. Ce n'est pas l'étude publiée hier qui va améliorer son image.

Elle indique que les automobilistes de la région parisienne n'ont, en dix ans, pas du tout progressé. Seuls 51% peuvent être considérés comme de bons conducteurs, soit 10 points de moins qu’en 2004. 37% des Parisiens avouent téléphoner quand ils conduisent, quinze points de plus qu'il y a dix ans. Dans la capitale, on roule aussi trop vite, et on ne respecte pas les distances de sécurité. Alors que, dans les autres régions du pays, ces deux comportements s'amenuisent. Cerise sur le gâteau: 79% des automobilistes parisiens franchissent les feux de signalisation à l'orange (72% à l'échelle du pays).

Un double bémol: les conducteurs de la capitale sont moins nombreux que les autres Français à rouler très vite (160-170 km/h) sur l'autoroute (24%, contre 33% en 2004), et ils ne sont que 5% à prendre le volant après avoir bu quatre ou cinq verres d'alcool (c'est trois fois moins qu'il y a dix ans).

La préfecture de police de Paris n'a pas l'air de se contenter de ces deux seuls points positifs. Ce matin, elle a annoncé qu'à l'occasion du pont du 1er mai, elle avait "prévu de déployer 984 policiers sur 245 points de contrôle dans l’ensemble de l'agglomération parisienne". Et de prévenir: "Une surveillance toute particulière sera portée aux infractions liées aux comportements dangereux: alcoolémie, excès de vitesse, franchissement de feux rouges, usage du téléphone portable etc., ainsi qu’à celles liées aux équipements des véhicules tels pneumatiques, optiques, contrôle technique, etc."

Un Parisien averti en vaut deux.

11/03/2014

Un triptyque, inhabituel

Aimer. Boire. Chanter. Hier soir, tel a été le programme, plutôt sympa, de François Hollande. Non pas que des photos volées aient abouti chez «Closer», montrant le Président en train de se livrer à ces trois activités. Plus sagement, le chef de l'Etat s'est rendu à l'«UGC-Normandie», le grand ciné des Champs-Elysées. Où il a assisté à la projection en avant-première d'«Aimer, boire et chanter»: le dernier film d'Alain Resnais, le cinéaste français récemment décédé.

C'était sans doute, pour lui, une occasion de se rattraper et de s'associer à l'hommage national au grand homme, alors qu'il n'avait pu assister à ses funérailles, le matin même. En effet, au moment où elles se déroulaient, à l'église St-Vincent de Paul, dans le dixième arrondissement de Paris, le chef de l'Etat, lui, était en province. Dans le Lot, à Cahors, il assistait aux obsèques de l'ancien ministre Maurice Faure. Il avait donc chargé son chef de gouvernement, Jean-Marc Ayrault, de le représenter aux funérailles du cinéaste.

Aimer, boire, chanter. La romance, les libations, les ritournelles. L'espace d'une soirée, cela a dû fameusement changer François Hollande. De ce qui est son triptyque habituel: l'impopularité, les vaches maigres de la rigueur budgétaire, la complainte de l'austérité.

28/02/2014

Une tradition devenue très minoritaire

Un sondage particulièrement de saison, pour terminer cette semaine située en plein congé de février. Et cette enquête d'opinions confirme qu'elle est bien révolue, la tradition française des vacances de février à la neige – l'époque «Les Bronzés font du ski», en somme.

D'après l'institut Ifop, «près de huit Français sur dix (78%) n’ont pas le projet de partir en vacances pour les congés scolaires de février/mars». C'est quatre points de plus que les deux saisons précédentes. De même, 74% des sondés assurent qu'ils n'ont pas l'intention de partir à l'occasion des prochains congés scolaires de Pâques. C'est deux points de plus que l'an dernier.

Le manque d'argent (26%) et le souhait d'économiser en vue d'autres dépenses (18%) ne reviennent pas marginalement, dans les motivations citées par les sondés pour expliquer leur choix de ne pas partir au ski, ces deux semaines. Les privilégiés qui partent ont un budget moyen (962 euros) en baisse de 100 euros par rapport à l'an dernier à la même époque.

Parmi ces chanceux, la montagne reste une destination privilégiée. Cette année encore, 46% de ces vacanciers de février s'offrent les joies des sports d’hiver, contre seulement 17% et 18% qui leur préfèrent un séjour à la campagne ou à la mer, respectivement.

Bonnes vacances, où que ce soit, si vous avez la chance d'en prendre.

04/02/2014

Une tradition, en péril?

Santé, Art de vivre, Social, Folklore, Gouvernement, TabacCe mardi, François Hollande présente un grand plan anti-cancer. A deux mois des élections municipales, l'on peut a priori douter que ce plan s'attaque frontalement au lobby du tabac, à la corporation des buralistes, et à l'électorat fumeur. En revanche, s'agissant d'une autre assuétude, l'alcool, les autorités semblent moins timorées. En témoigne le dernier plan gouvernemental en date, visant à combattre «les drogues et les conduites addictives». Ce plan, présenté fin janvier, est passé assez inaperçu médiatiquement, alors qu'il contient quelques mesures très symboliques.

Ainsi, cette ambition affichée de lutter contre l'alcool au bureau. Qui, à terme, pourrait menacer une tradition bien française: celle du pot entre collègues (pot de départ à la retraite, etc.). Le plan prévoit de modifier l'article du Code du travail relatif à l’alcool en milieu professionnel. Cette modification viserait à «permettre aux entreprises de mettre en place, via le règlement intérieur, des mesures de limitation de consommation de boissons alcoolisées».

Actuellement, cet article du Code se limite à stipuler qu'«aucune boisson alcoolisée autre que le vin, la bière, le cidre et le poiré n'est autorisée sur le lieu de travail». Dès lors, y sont théoriquement illégaux les habituels pots d'entreprise autour d'un (mauvais) mousseux, et encore plus les pots de fin d'année où, pas rarement, sont servis des alcools forts. Demain, donc, on pourrait serrer la vis, à la fois dans les textes et dans la pratique. Et, in fine, en arriver à ne plus tolérer la moindre goutte d'alcool sur le lieu de travail, y compris lors des festivités conviviales? On a quelques doutes.

Santé, Art de vivre, Social, Folklore, Gouvernement, TabacAuquel cas, cela ne remontererait pas le moral des Français – moral si bas, en ce moment: on l'écrivait hier. Puisque, c'est bien connu, faire la fête permet d'oublier (un peu).

Mais au moins cela ferait-il le bonheur des tenanciers de bistrots, lieux où migreraient illico toutes les fêtes de bureau.

03/02/2014

Un moral pas folichon

Lecteurs et lectrices de ce blog, si vous êtes Français(e) et n'avez pas trop le moral, en ce moment, vous êtes parfaitement en accord avec l'humeur ambiante. Qui, effectivement, est à la morosité. Vient de le confirmer la dernière édition en date du «Baromètre du moral des Français» – oui, cela existe (voir ici).

Près de sept sondés sur dix (69%), carrément, s'y déclarent pessimistes sur «l'avenir de la société française». Les femmes, les âgés, les classes populaires et les électeurs de droite sont proportionnellement moins enclins à l'optimisme que les sondés masculins, les jeunes, les catégories socio-professionnnelles plus élevées, et les électeurs de gauche. En ce qui concerne leur état d'esprit relatif à leur avenir personnel, les pessimistes (+9 points par rapport à décembre) sont désormais aussi nombreux que les optimistes (-8). Jamais, depuis la création de ce baromètre, il y a trois ans, les niveaux d’optimisme et de pessimisme n'avaient ainsi atteint le même score.

Commentaire de l'institut CSA: «Alors que les raisons expliquant les différentes variations du moral des Français étaient particulièrement diffuses au cours des dernières vagues et ne reposaient pas nécessairement sur un événement en particulier, mais davantage sur un contexte général morose, suscitant un sentiment de désarroi général, ce mois-ci, un événement en particulier est cité à de très nombreuses reprises par les personnes interrogées, pour justifier leur état d’esprit: la hausse du chômage». De même, la «chute plus abrupte» du moral des Français en ce qui concerne leur avenir personnel «s’explique surtout, ce mois-ci, par la forte influence du contexte économique national». Et la baisse est «générale dans l’ensemble des catégories sociales, de manière sensiblement égale».

Qu'ajouter à cela? Que ça va aller. Ou, en tout cas, que c'est sans doute ce qu'il faut se dire, dans un tel climat.

21/01/2014

Un inversement de tendance

PARISjet'aime.jpgCela a très longtemps été une tendance lourde, pour Paris. Mais il se confirme qu'à présent, cette tendance s'est résolument inversée. La «Ville lumière» a bel et bien cessé de perdre, année après année, ses habitants. Le très sérieux Institut de la statistique (Insee) vient de le confirmer, dans des études (ici ou) basées sur les résultats du dernier recensement (*).

Ces données confirment – outre que la région parisienne (11,8 millions d'habitants) reste la plus peuplée de France – que Paris a désormais une «contribution massive» dans la croissance démographique de la région, depuis 2006. Car «c’est au centre de l’agglomération parisienne que le solde naturel progresse le plus et le déficit migratoire s’accentue le moins». En chiffres, la capitale a gagné 68.600 habitants entre 2006 et 2011, ce qui représente plus de 21% de la croissance de la population régionale. Alors que, sans interruption depuis le milieu du XXe siècle jusque dans les années 80, Paris n'avait cessé de perdre des habitants. Puis, à partir de 1982, avait vu sa population tout au plus stagner (une augmentation annuelle moyenne de 0,1%).

Ce sujet est totalement absent des débats de la campagne pour les élections municipales de mars prochain. Curieusement, trouve-t-on. Cet inversement de tendance ne dit-il pas des choses, sur l'attractivité retrouvée de la ville?

 

(*) Recensement dont, cela dit, on espère qu'il s'est mieux déroulé pour les autres Parisiens que pour notre petite personne. Pour l'anecdote, en guise d'entretien avec notre agent recenseur, imposé par la procédure, on a juste eu droit... à un avis de son passage: avis trouvé un soir dans la boîte aux lettres, en rentrant du boulot. Le document nous invitait à passer à la mairie pour un entretien avec l'intéressé, celui-ci n'ayant pu nous rencontrer à domicile (sans rendez-vous préalable, et pendant les heures de bureau). Trouvant le procédé un peu léger, surtout ayant d'autres choses à faire, on n'avait jamais donné suite à cet avis. Et le recensement, nous concernant, en était resté là.

On n'est pas sûr, du coup, de faire effectivement partie des 2,274 millions de personnes qui sont désormais officiellement comptabilisés comme habitant dans les 20 arrondissements de Paris intra muros.

20/12/2013

Une fin d'année

Paris, Gastronomie, Art de vivreEst-ce bien raisonnable? Une photo de burger bien gras, alors que toute la France s'apprête à déguster des mets de réveillon autrement plus raffinés? Mais c'est bel et bien ce burger qui, et oui, à Paris, fait l'actualité, en cette période de fêtes de fin d'année.

Pas n'importe quel burger: un whopper, estampillé Burger King. Car c'est cette semaine que l'enseigne américaine de restauration rapide a fait son grand retour dans la «Ville lumière», après quinze ans d'absence. Comme cela avait été annoncé il y a quelques mois (relire ). Et, manifestement, cela a marché du tonnerre. L'établissement n'a pas désempli de toute la semaine: n'a cessé d'être bondé de Parisiens avides de retrouver l'incomparable saveur, paraît-il, de ce fameux whopper.

Le saumon, la dinde, le chapon. Ou le whopper. C'est Noël, donc admettons de bonne grâce qu'il en faut pour tous les goûts. Même et y compris dans la capitale d'un pays qui est réputé dans le monde entier pour la qualité de sa gastronomie.

 

Ces (petites) choses étant dites, ce blog va prendre quelques jours de congé. Il reprendra son cours normal, quotidien, début janvier. En attendant, à toutes et tous, merci pour, cette année encore, votre fidélité. Passez de belles fêtes.

19/12/2013

Un secteur particulièrement surveillé

Une nouvelle bien de saison, à l'heure où toute la France s'hystérise dans les magasins pour le rituel annuel des courses de Noël. Les services chargés de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes ont été priés de se bouger: d'intensifier leurs contrôles. Afin d'éviter que, comme on dit (ici) au gouvernement, les consommateurs «soient victimes de négligences ou d’abus, durant cette période d’activité commerciale intense».

La surveillance a été renforcée notamment dans le secteur des produits alimentaires des réveillons de fin d’année. Dans le viseur des contrôleurs, à la fois les fabricants, les grossistes, les importateurs et les distributeurs. Pour les amateurs de chiffres, 13.500 vérifications ont déjà été effectuées sur des foies gras, des huîtres, des bûches, etc. Elles ont porté à la fois sur le respect des règles d’hygiène (dates limites de consommation, températures de conservation ou propreté des locaux) et sur «la loyauté de l’information mise à disposition des consommateurs» (étiquetage, véracité des labels et appellations d’origine, réalité des annonces promotionnelles, etc.). Résultat? 3.000 manquements ont déjà été relevés, soit un «taux d’anomalie» de 22 %.

L'an dernier, à cette époque, il n'était que de 18,5%. L'histoire ne dit toutefois pas (encore) si ce taux cette année plus élevé d'infractions constatées traduit un relâchement des professionnels de la filière alimentaire, ou simplement une plus grande efficacité des opérations de surveillance les concernant.

05/12/2013

Un satisfecit, et sa conséquence

Neuf Parisiens sur dix aiment leur ville, à en croire un sondage publié ce jeudi. Pour 56% des habitants interrogés, vivre à Paris leur semble même «une évidence»: ils ne pourraient «pas vivre ailleurs».

Certes, fidèles à leur réputation/leur caricature, les Parisiens râlent beaucoup. Et principalement contre la circulation et les problèmes de stationnement, contre l'exiguïté et le coût des logements, et contre la pollution de l'air ambiant. Ils s'inquiètent aussi de la montée du nombre de cambriolages. Mais ils sont enchantés de l’offre et des équipements culturels, de l'abondance et de la variété des commerces, et de l'animation régnant en ville. De même, les projets d'extension et de déclinaison de Vélib', le développement du tramway, ou l'énorme chantier de réaménagement des Halles: tous ces projets de la municipalité trouvent majoritairement grâce aux yeux des sondés.

Assez logiquement, dès lors qu'ils apprécient leur cadre de vie et ses perspectives d'évolution, les Parisiens ont «plutôt une bonne opinion» de la majorité sortante. 45% des sondés voient d'un bon oeil Anne Hidalgo: bras droit du maire socialiste, Bertrand Delanoë, et qui ambitionne de lui succéder. Le score de sa rivale de droite, l'ex-ministre sarkozyste Nathalie Kosciusko-Morizet, est moindre (41% de bonnes opinions).

Cela dit, cet écart 45%-41% n'est tout de même pas énorme. Et, vu la si laborieuse campagne électorale que mène NKM, ces 41% constituent plutôt une bonne surprise, pour elle. Dès lors, serait-on Anne Hidalgo qu'on ne dormirait pas sur nos deux oreilles.

Verdict de ces élections municipales en mars prochain.

28/11/2013

Une campagne, contestée

Santé, Art de vivre, Publicité, Métro, ParisPuisqu'on parlait de publicité hier, un mot tout de même de cette campagne qui, dans le métro parisien, figure parmi les plus remarquées de l'année – le nombre de collégiennes qu'on a vues, ces dernières semaines, pouffer de rire à la découverte de ces affiches, sur les quais de stations. Le visuel, à notre avis plutôt bien trouvé, représente deux allumettes sur un lit, dont une vient de prématurément s'enflammer. Un slogan invite à «garder le contrôle». Garder le contrôle, dans le cadre... de rapports sexuels. Puisque c'est d'éjaculation précoce dont il s'agit ici, mais oui.

Cette démarche publicitaire a été doublement contestée. D'abord, parce qu'elle a toutes les apparences d'une campagne officielle d'éducation à la santé. Or, il s'agit d'un message à caractère strictement commercial, émanant d'un labo pharmaceutique proposant un médicament contre ce trouble. Contestée, ensuite (, notamment), parce que cette campagne prend semble-t-il des libertés avec les chiffres relatifs à la part de la population masculine qui souffre d'un tel problème sexuel. Du coup, la campagne est soupçonnée de vouloir donner une proportion démesurée à ce souci de santé, et ce à des fins purement mercantiles.

Au-delà de ces controverses, reste le contraste, cocace. Cela faisait bien longtemps que, dans les couloirs et stations de la RATP, n'avait plus été traité en un format aussi géant (des affiches de 3 mètres sur 4) un sujet aussi intime.