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02/07/2015

Un mets très en vogue

Les dernières nouvelles du «pays de l'exception culturelle» que se targue d'être la France, y compris et a fortiori en matière gastronomique. Des nouvelles à propos d'un mets qu'on ne trouve pas trop de saison, par ces temps de canicule, mais, après tout, chacun ses goûts.

A en croire une étude parue dernièrement, en 2014, il s'est vendu 1,07 milliard de burgers dans l'Hexagone. C'est près de 10% de plus qu'en 2013. Analyse des professionnels de la restauration: «Traditionnellement perçus comme emblématiques de la cuisine américaine, les burgers représentent aujourd'hui un marché important de la restauration rapide en France. À l'opposé du phénomène de la malbouffe, les points de vente de burgers se multiplient, appuyés par la création de réseaux de franchise dont certains se démarquent par leurs qualités gustatives haut de gamme et l'efficacité de leur concept».

Populaires, donc, les burgers. Cela n'a pas empêché les élus de Paris, mardi, de se prononcer contre le projet d'installation d'un McDonald's en plein coeur du Boboland parisien: à l'angle des rues Réaumur et des Petits-Carreaux, dans le quartier Montorgueil (2e arrondissement). Pour le maire (écologiste) de cet arrondissement, «avec l'arrivée d'un restaurant de 160 places, c'est tout le travail qui a été fait dans le quartier sur la qualité alimentaire et la protection de l'artisanat qui risque de s'effondrer comme un château de cartes».

Par trois fois, déjà, la Ville a refusé les demandes de permis de construire déposées par McDo pour ce projet. Et, en mai, une centaine de riverains ont manifesté contre son arrivée dans le quartier.

L'histoire ne dit pas si les gamins de ces manifestants, qui passent sans doute leurs journées au MacDo ou au Burger King, faisaient partie, ou non, du cortège.

18/06/2015

Une invitation «à partager»

Quittant la maison ce matin, découvert dans la boîte aux lettres une invitation. Signée "Les voisins de Charlie".

Il s'agit d'«un collectif d'habitants créé à la suite des attaques de janvier», qui ont endeuillé notre quartier Saint-Sabin, dans le onzième arrondissement. Il regroupe des riverains notamment de la rue Nicolas Appert. A savoir, la ruelle derrière chez nous, dont toute la France, sous le choc, découvrit l'existence, le 7 janvier. Car c'était là qu'était installée la rédaction de "Charlie Hebdo". Elle a déménagé, depuis, mais, plus de cinq mois plus tard, les gendarmes stationnent toujours en permanence dans cette allée, et des touristes du monde entier continuent de venir la visiter.

Cet attentat a évidemment traumatisé, et durablement, tous les habitants du quartier. Il n'en a pas moins laissé les membres de ce collectif bien «décidés à réinsuffler de la vie, de la joie et de la citoyenneté dans notre village». Ce dimanche, donc, ils invitent «avec joie» les riverains à participer à un «brunch de quartier», à «partager» autour d'«une grande table commune». Cela se déroulera dans cette même rue Nicolas Appert.

A en juger aux logos figurant sur le bristol des "Voisins de Charlie", plusieurs commerces du quartier sont partenaires de l'opération, et elle a reçu le soutien de la mairie de Paris.

Bien. A la fois cette solidarité de tous, et ce désir de recréer du lien.

10/06/2015

Une (autre) idée reçue, contredite

Le petit commerce se porte mal. C'est ce qu'on entend dire et répéter depuis des années, à Paris en particulier. Singulièrement dans notre onzième arrondissement, où, dans certains quartiers (Saint-Ambroise, Chemin vert, etc.), le commerce de proximité a beaucoup souffert de l'extension de la mono-activité du textile de gros. Et bien non, il ne se porte pas si mal, ce petit commerce, dans Paris et sa région en tout cas.

C'est ce que montre une étude, publiée dernièrement. Elle indique que, depuis 2002, le nombre de commerces de proximité n'a pas baissé à Paris et dans les trois départements de la petite couronne, mais a légèrement augmenté (+2%). La région totalise précisément 107.825 boutiques, ce qui n'est pas rien, le pompon de la densité commerciale revenant bien sûr à la capitale (31,1 commerces pour 1000 habitants: près du double qu'en banlieue).

Alors, évidemment, tout n'est pas uniformément rose. Certains types de commerces ont flambé: les supérettes alimentaires (+148%!), les services à la personne (écoles de conduite, aide aux personnes âgées, coaching scolaire, etc.), la restauration rapide, ou les commerces des soins du corps. A contrario, a régressé le nombre de boutiques dédiées au jardinage, à l'équipement de la maison, au secteur automobile et deux roues, ou à la culture et aux loisirs. Dans ce dernier secteur, cette baisse (de 12%) du commerce de proximité (petites librairies, etc.) est due à la fois au développement des grandes enseignes et à la concurrence d'internet (vente de musique et de livres en ligne, etc.)

Cela dit, les retournements de situation peuvent être très rapides, voire brutaux.

On l'a bien vu avec les boutiques de téléphonie mobile. Dans les années 2000, leur nombre a explosé, à Paris: +24,7%. Cela a été très frappant notamment dans notre 11e arrondissement. Mais, depuis un an ou deux, la suroffre a conduit nombre de ces boutiques à fermer. Ou à se reconvertir dans le dernier eldorado en date du petit commerce urbain de proximité: la cigarette électronique et ses produits dérivés.

19/05/2015

Un privilège à relativiser

paris,banlieues,logement,social,art de vivreHabiter à Paris et dans sa région: le rêve. C'est souvent l'idée qu'on s'en fait quand on n'y réside pas, et a fortiori quand on voit cela depuis l'étranger. Une étude statistique publiée ce matin vient relativiser ce privilège supposé.

Ainsi, en région parisienne, 19,5% des logements sont considérés comme surpeuplés, soit trois fois plus qu'en province (6%). C'est bien sûr dû au fait que la capitale et sa banlieue se distinguent par l'exiguïté de leurs habitations: elles «accueillent en moyenne 2,3 habitants, soit autant qu’au niveau national, alors que le nombre moyen de pièces et la surface habitable moyenne y sont nettement plus faibles». N'en déplaise au cliché de Paris et ses grands appartements haussmanniens, dans la «Ville lumière», «la part des logements surpeuplés dépasse 25%».

Des logements trop petits, donc. Et, en plus, pas forcément en très bon état. Ou, du moins, pas toujours confortables.

Ainsi, un quart des résidences principales situées en région parisienne ont un problème d’humidité. A Paris intra muros, ce taux monte à 28,6%, «du fait de l’ancienneté et de la vétusté d’une partie du parc» résidentiel. Dans la capitale, 6% des logements connaissent également des soucis d'infiltrations d’eau, soit davantage que dans le reste du pays.

Enfin, en 2013, près d'un Parisien sur quatre (23,4%) a déclaré avoir eu froid dans son logement. Ce n'est pas seulement dû au fait que, cette année-là, la France a connu «l’un des hivers les plus froids depuis vingt ans». Cet inconfort thermique est aussi la conséquence des qualités des logements: en région parisienne, «les deux causes du froid (dans l'habitation) les plus souvent citées par les ménages sont la mauvaise isolation et les installations de chauffage insuffisantes».

Mais à part cela, bien sûr, habiter à Paris est un bonheur permanent.

10/04/2015

Un ministre un brin décalé

Télévision, International, Art de vivre, Gouvernement, Personnalités, Fabius, TerrorismeL'agenda ministériel toujours délicieusement décalé de Laurent Fabius – sujet éternel d'émerveillements, pour ce blog (relire par exemple ici ou ).

Quelques heures à peine avant que TV5 Monde, hier, soit attaquée par les hackers du groupe Etat islamique – qui ont réussi à la paralyser pendant près d'une journée –, le ministre des Affaires étrangères était au siège de cette télé francophone internationale. Il lui rendait une petite visite, pour rehausser de sa présence le lancement, par ce groupe, d'une nouvelle chaîne thématique. Dédiée... à l'art de vivre.

Mais oui. Baptisée «TV5MONDE Style HD», sous-titrée en anglais, en mandarin et en arabe, cette chaîne sera diffusée dans un premier temps au Moyen-Orient/Maghreb et en Asie-Pacifique. «Sa programmation sera consacrée à l'art de vivre français et francophone dans toutes ses dimensions», s'extasie le quai d'Orsay. Pour qui cette télé, «vitrine de nos savoir-faire et de l'excellence de nos créateurs et de nos entreprises, s'inscrit pleinement dans les objectifs du ministère des Affaires étrangères, en termes d'influence, de diplomatie économique et d'attractivité touristique de la France».

C'est merveilleux. Et cela détend assurément l'atmosphère, dans ce contexte d'actualités internationales si délétères.

Sauf que, donc, les égorgeurs d'Irak et de Syrie ont complètement parasité le lancement de ce bijou télévisuel HD, que le monde entier envie certainement à la France.

L'histoire ne dit pas si, du coup, Laurent Fabius va une nouvelle fois se rendre au siège de TV5, pour y faire la promo du bon goût hexagonal. Ou si, non, une fois mais pas deux, il va à présent se consacrer à des matières diplomatiques et internationales plus essentielles.

24/03/2015

Une amélioration, paraît-il

transports,paris,banlieues,métro,art de vivreC'est supposé être la bonne nouvelle de la semaine: les incivilités sont en diminution, dans les transports publics parisiens. Du moins, s'il faut en croire le dernier rapport en date que réalise chaque année la RATP sur ce sujet, et qui a été publié hier. «Le nombre de voyageurs ayant constaté des incivilités au cours du derniers mois a diminué de 2 points», se réjouit-il.

Mais, car on ne vit pas dans le monde des Bisounours, ce rapport lui-même relativise d'emblée ce léger progrès. Et triplement.

D'abord, ce chiffre en régression du nombre d'incivilités constatées demeure à un niveau très élevé: 95%, contre 97%. Seuls 5% des usagers des transports parisiens n'y ont donc pas croisé, ces derniers mois, de malotrus qui hurlent au téléphone, pénètrent dans les rames avant que les gens aient eu le temps d'en sortir, ou gênent le cheminement dans les escalators en y stationnant n'importe comment. Ensuite, «bien que les incivilités diminuent, la gêne reste importante. 85% des voyageurs se déclarent toujours extrêmement ou vraiment gênés par les incivilités rencontrées. Ce chiffre demeure stable sur quatre ans». Enfin, l'incivilité la plus fréquente et qui est jugée la plus incommodante, elle, a progressé. Il s'agit de l'usage du portable à un niveau sonore intempestif. Ce comportement a été infligé à 82% des voyageurs (+9%). au moins une fois au cours du dernier mois.

transports,paris,banlieues,métro,art de vivreBref, c'est peu dire qu'il y a encore du progrès à faire en matière d'art de vivre et de respect de l'autre, dans les transports en commun de la «Ville lumière» et de sa banlieue. Mais certainement aucun usager régulier de ces transports n'en doutait-il, avant la publication des résultats de cette étude annuelle et de cette note de blog.

19/03/2015

Une première place mondiale

Cela tombe bien – ou mal, c'est selon. Puisque, pas plus tard que lundi, ce blog évoquait la question de la qualité de la vie à Paris, à l'aune notamment de la pollution qui affecte cette ville. Ne passons donc pas sous silence ce triste record mondial qu'aurait battu la «Ville lumière», hier.

Pendant quelques heures, la capitale française aurait carrément été... la ville la plus polluée du monde (voir ). Plus polluée encore que Shangai, Londres, New Delhi, Pékin, Hong Kong ou Los Angeles.

Les autorités ont d'ailleurs envisagé d'imposer la circulation automobile alternée, pour ce jeudi. Mais elles ont fini par y renoncer. En effet, depuis, la situation atmosphérique s'est un peu améliorée (voire ici ou ). Même elle reste évidemment mauvaise. Et un nouvel épisode de pollution est d'ores et déjà annoncé (là) pour demain vendredi.

Quelle belle et saine semaine, décidément, pour les 2 millions de Parisiens. Sans oublier, bien sûr, les 8 millions d'habitants de la banlieue.

16/03/2015

Une envie de départ

Paris, Art de vivre, Economie, EnvironnementHuit habitants sur dix de Paris et de sa région rêveraient d'habiter ailleurs: aimeraient déménager dans une autre région de l'Hexagone. C'est l'enseignement majeur, assez choc, d'une étude qui vient d'être rendue publique. Cela fait à peu près 8 millions d'habitants qui souhaiteraient aller voir ailleurs – ce qui n'est tout de même pas rien.

Ce qui motive principalement ces Parisiens et banlieusards qui sont candidats au déménagement? Une double envie: un coût de la vie moindre, et une qualité de vie meilleure. Rien d'étonnant, cela dit, à ce dernier égard, au-delà d'une certaine image de carte postale, largement surfaite, dont ont toujours bénéficié la «Ville lumière» et – moins – sa région. Dans les faits et au quotidien, la qualité de la vie y est très perfectible. Pour ne prendre que ce seul exemple – mais il y en a tant d'autres qu'on pourrait mettre en avant – , un épisode de pollution atmosphérique est à nouveau prévu (ici) pour la capitale française, demain mardi. Si l'on compte bien, ce n'est jamais que... le huitième, en moins d'un mois.

D'ailleurs, dans la dernière édition en date d'un classement annuel international sur la qualité de vie dans 230 villes du monde, publiée il y a peu, Paris n'apparaît qu'à la 27e position. Certes, elle devance nettement sa grande rivale européenne, Londres (40e). Mais elle arrive aussi très loin derrière des cités comme Vienne, Zurich, Munich, Düsseldorf, Francfort, Genève ou Copenhague.

Et on serait le dernier à parier que l'année prochaine, la «Ville lumière» occupera une position plus avantageuse, dans ce palmarès.

03/03/2015

Un «impact moral négatif»

Tout comme notre onzième arrondissement, le neuvième (le quartier des grands boulevards, en gros) a vu, ces dix dernières années, se multiplier les commerces d'un genre particulier: les salons de massage. La chambre de commerce dénombre 115 établissements de ce type dans ce seul quartier de Paris, et pas seulement aux abords des places Pigalle, Blanche et de Clichy. Cela commence à faire beaucoup trop, aux yeux de la maire (UMP) du neuvième. Hier, donc, elle a fait voter un voeu par le Conseil d'arrondissement. Il prie la maire de Paris et le préfet de police de mettre au point une «campagne de labellisation des salons de massage respectant une charte éthique de bonne conduite».

«Un grand nombre de ces établissements sont suspectés d’être en réalité des lieux de prostitution dissimulée», justifie l'exécutif local. Qui en veut pour preuve que, rien que depuis octobre dernier, dans le neuvième, quatre établissements supposément dédiés aux soins de beauté ont été sanctionnés par les policiers de la brigade de répression du proxénétisme. Invoquant notamment la prochaine Journée internationale de la femme, le 8 mars, la maire d'arrondissement juge «intolérable» que, «dans une capitale comme Paris, des femmes soient exploitées et maltraitées par des réseaux mafieux».

Elle s'alarme aussi de l'«impact économique et moral très négatif» de ces pratiques dissimulées sur «les établissements respectables, offrant des services de massage de relaxation de qualité». Et s'inquiète de «la confusion» créée, dans l'esprit du consommateur moyen.

Sans doute. Cela dit, il ne faudrait pas non plus exagérer l'ampleur du problème. Du moins, si l'on en juge aux informations qu'avait données sur le sujet – il y a quelques années de cela, il est vrai – la préfecture de police elle-même. A l'époque (relire ), elle avait jugé bon de communiquer sur le fait que les salons de massage n'étaient «pas, contrairement aux idées reçues, des repères de prostitution». Sur les quelque 400 établissements de ce type qu'elle avait alors recensés, «moins d’une vingtaine» se livraient à une activité prostitutionnelle.

03/02/2015

Une réplique, bien trouvée

C'est la réponse du petit peuple de Paris à «Fox News»: l'ultra-conservatrice chaîne de télé américaine. Qui donc, le mois dernier, à l'époque des attentats, avait osé décrire des quartiers entiers de la capitale française comme étant des «no go zones». Des zones de non-droit, pas loin d'être des zones de guerre, où nul, hormis les fondamentalistes musulmans, n'oserait s'aventurer. Un regard journalistique si caricatural et à l'emporte-pièce qu'il vaut à «Fox» une plainte en justice, de la mairie de Paris.

Après les édiles, c'est au tour des habitants des quartiers concernés de réagir. Ils ont bien sûr été très choqués d'être stigmatisés de la sorte. Mais, pour autant, n'ont pas perdu ce sens si parisien de l'humour potache. Ils proposent donc désormais (ici) aux touristes étrangers des visites de ces zones urbaines présumées si périlleuses. Des tours de ville en toute convivialité, effectués en compagnie des habitants de ces quartiers.

La proposition s'adresse bien sûr avant tout aux Américains qui sont de passage à Paris. Selon des échos, elle rencontrerait un certain succès auprès d'eux, nombre de ces visiteurs venus d'outre-Atlantique ayant eux-même été estomaqués par cette si grossière propagande télévisuelle.

Bien.

 

PS: On ignore si un avatar russe de la formule est en préparation. Puisque, au même moment, une chaîne de télévision publique de ce pays avait, dans un reportage, présenté Barbès comme un quartier où «pratiquement personne ne parle français», et où «une femme sur deux porte la burqa et le niqab».

24/12/2014

Un paradoxe culinaire

art de vivre,gastronomie,folkloreUn sujet sur un mets bien de saison, pour aborder comme il se doit le réveillon. Près d'un Français sur deux (47%) serait donc favorable à l'interdiction du gavage des canards et des oies, dans la production de foie gras. C'est ce qu'a assuré, cette semaine, un sondage très médiatisé. Les femmes (56%) et les jeunes (51%) seraient même majoritairement favorables à une telle interdiction. Et près d'un sondé sur trois (29%) refuserait d’acheter du foie gras pour des raisons éthiques, liées à la souffrance animale.

Grand bien leur fasse. Sauf que...

Sauf que les résultats de ce sondage sont tout de même peu compatibles avec d'autres études sur le même thème, qui ont été publiées auparavant.

Ainsi, ces données faisant état () de ce que 63,2% des Français compteraient manger du foie gras en entrée au repas de Noël, loin devant le saumon (43,9%) ou les huîtres (33,9%). La part d'amateurs de palmipèdes monterait même à 80%, selon d'autres sources (ici). A les en croire, ce mets serait très largement considéré par la population comme «festif» (96%) et «de bon goût» (94%). Ajoutons que le leader du marché français du foie gras, le groupe Labeyrie, a tablé cette semaine sur une progression de 5% de ses ventes de ce produit. “Il semble que cette année, les Français aient décidé de ne pas se priver de foie gras”, s'est réjoui, en écho, son concurrent et n°2 du secteur, le groupe Delpeyrat.

Bref, sur ce sujet délicat du foie gras, les Français – sondeurs ou sondés – donnent l'impression de dire à peu près tout et n'importe quoi.

Cela ne devrait probablement pas leur couper l'appétit.

23/12/2014

Un rapport très inégal

En cette période de fêtes de fin d'année où les Français, comme tous les peuples de la terre, vont manger et boire plus qu'à l'accoutumée, ces données récemment publiées, qui confirment l'inégalité du rapport à l'alcool, selon la catégorie socio-professionnelle à laquelle on appartient.

Ainsi – et c'est l'Institut de la Statistique (Insee) qui le dit (ici) – , les Français les plus modestes consomment davantage d'alcool (51 litres par an et par personne, en moyenne) que leurs concitoyens plus aisés (41 litres). Mais ils lui consacrent un budget moindre. C'est évidemment dû au type de boissons alcoolisées consommées. Ainsi, «30% des dépenses de boissons des ménages les plus aisés concernent les boissons alcoolisées les plus chères (champagne et autres apéritifs) contre seulement 13% pour les ménages les plus modestes». Tous les Français se rejoignent, cela dit, sur les boissons alcoolisées qu'ils préfèrent. «Le vin et le cidre sont le premier poste de dépenses de boissons alcoolisées, quel que soit le niveau de vie des ménages».

L'alcool est donc davantage consommé dans les foyers les plus modestes, où l'on se distingue également «par une consommation plus importante de boissons non alcoolisées (respectivement 10% des dépenses alimentaires, contre 7%)». Encore qu'il faille nuancer: ces ménages boivent moins d’eaux minérales que les consommateurs plus aisés, mais davantage de boissons sucrées (boissons gazeuses, jus de fruits, sirops).

Davantage de boissons sucrées, donc celles qui, globalement, font grossir. Et moins d'eau minérale, les boissons les meilleures pour la santé. Cela renvoie à une autre inégalité qui, elle, est depuis longtemps documentée (relire , par exemple). A savoir, le rapport inégal, en fonction de la catégorie socio-professionnelle, avec les affections liées à la malbouffe. A savoir, le surpoids, l'obésité et les maladies associées (diabète, hypertension, etc.), qui, s'il est encore nécessaire de le rappeler, touchent en premier lieu les populations les moins aisées.

Bons réveillons à toutes et tous, néanmoins. Avec ou sans modération, c'est selon.

12/12/2014

Une réapparition

Femmes, Hommes, Art de vivreUne nouvelle très légère, une fois n'est pas coutume et pour bien terminer la semaine. Miss France 2015 ayant à peine été élue, le week-end dernier, voilà à présent le grand retour de Mister France.

Cette compétition était en sommeil depuis 2011. La voilà donc qui renaît. L'objectif est d'élire «un homme responsable, avec des projets, des idées qu'il va pouvoir faire partager. Il va pouvoir exprimer sa vision de l'avenir et être le représentant d'une génération ambitieuse, énergique et volontaire». Avis aux lecteurs de ce blog qui seraient tentés: le casting est ouvert (). Conditions pour candidater: être célibataire, de nationalité française, âgé de 18 à 35 ans et mesurer plus d'1m78. Sont également requis le sens de l'humour, le goût de l'expression en public, le fait d'avoir «une passion, des projets, un talent» ainsi que «du charme». Et, bien sûr, il convient d'être «irrésistible».

Il y a quelques semaines, un sondage () avait décrit l'homme idéal, tel que les Françaises l'imaginent. L'attention à l'autre (caractéristique plébiscitée par 46% des sondées), le sens de l'humour (28%) ainsi que la capacité d'écoute (27%) avaient été cités très largement avant les qualités liées au physique. Les termes «viril» et «sexy», par exemple, n'avaient remporté que 3% des suffrages. «Finies la virilité et l'ère du macho bling-bling, place à l'homme sensible et attentionné!», en avait déduit la Sofres. «La personnalité prime très largement le physique», s'était extasié l'institut de sondage.

Mais bien sûr. Comme si le concours Miss France venait de couronner une femme au physique complètement anecdotique, mais à la personnalité absolument éblouissante. Et comme si les votants pour ce titre de Mister France réapparaissant allaient élire un candidat à la plastique très moyenne, mais aux neurones prodigieux.

17/11/2014

Une première en vue, à Paris

Paris, Transports, Environnement, Santé, Sécurité, Patrimoine, Art de vivreLa décision a été prise sans tambours ni trompettes, il y a peu, mais elle pourrait bien faire date, dans la petite histoire de Paris. Dès l'an prochain, en effet, c'est tout un arrondissement qui pourrait basculer en zone 30, ce qui serait une première pour la capitale française.

En plus, ce n'est pas le moindre des vingt arrondissements, puisqu'il fait partie du centre historique de la «Ville lumière». Le troisième, en l'occurrence. Le Haut Marais, autrement dit, soit toute la zone allant des Arts & Métiers à la Place des Vosges. Une zone très densément peuplée, ses quelque 35.000 habitants se pressant sur une superficie d'à peine un peu plus d'1 km², et traversée par des voies de circulation souvent très étroites.

L'autre jour, prenant notamment en compte ces deux spécificités, les élus parisiens ont acquiescé au voeu de leurs homologues du troisième, prônant la mise à l'étude du passage de l'ensemble de l'arrondissement en zone 30. L'expérimentation sera doublée par l'autorisation du double sens de circulation pour les vélos. Aux yeux des promoteurs du projet, cette réduction de 50 à 30 km/h de la vitesse maximale autorisée – hormis sur les grands axes – permettra de «sécuriser les circulations douces» (piétons et cyclistes) et sera «un levier» dans la lutte contre la pollution atmosphérique, au bénéfice de la population mais aussi du patrimoine bâti.

Paris, Transports, Environnement, Santé, Sécurité, Patrimoine, Art de vivreLes élus socialistes et écologistes ont voté avec enthousiasme cette décision, qui a été saluée par les associations de lutte contre la délinquance et l'insécurité routières.

En revanche, la droite UMP s'y est opposée, et les groupements d'automobilistes ont hurlé. Ainsi, selon l'Automobile Club de France, si Paris continue à gérer de la sorte les circulations motorisées, elle «risque de devenir bientôt une ville où il sera devenu complètement impossible de rouler» en voiture.

Un «Bobo-land» en somme, et plus que jamais – pour reprendre le sobriquet par lequel est si souvent surnommé le Haut Marais.

24/10/2014

Un géant, bienvenu?

Gastronomie, Art de vivre, Santé, ParisNe pas achever la semaine sans mentionner ce qui en a sans doute été l'événement majeur, pour tous les ados de Paris. L'ouverture de ce qui fait figure de temple mondial – ou européen, en tout cas – du whopper.

L'enseigne Burger King, en effet, a inauguré en grandes pompes son vaisseau amiral français: un fast food géant (1000 mètres carrés, 250 places assises) situé à Alésia, dans le quatorzième arrondissement. C'est le plus grand Burger King du continent. Il fait suite au retour en fanfare de cette marque en France, il y a bientôt un an (relire ). Retour couronné de succès: les Burger King de la gare Saint-Lazare et de la Villette ne désemplissent pas, paraît-il.

On vous laisse juges si c'est, ou non, une bonne nouvelle. Au moment où, selon la dernière étude nationale en date (), pour la première fois depuis quinze ans, l'obésité progresse un peu moins qu'avant, en France. Entre 1997 et 2000, elle a augmenté de plus de 18 %. Entre 2006 et 2009, ce fut de 10,7 %. Depuis 2009, on serait plutôt dans la zone des 3% de croissance.

Un Français adulte sur trois (32 %) n'en reste pas moins en surpoids, dont 15 % souffrent d'obésité, soit près de 7 millions de personnes. Ce qui n'est tout de même pas rien.

02/10/2014

Une si magnanime bienveillance

Puisqu'on parlait hier du secteur de la grande distribution, la distinction «Enseigne préférée» des Français vient d'être attribuée, concernant l'année 2014. Pour élaborer ce palmarès des «Enseignes de l'année», 6000 consommateurs ont été interrogés. Ils ont été invités à se prononcer sur l'attractivité d'une centaine d'enseignes, en prenant en compte des critères comme les prix de vente, le service et le choix disponible dans les magasins, etc. Le lauréat pour l'année 2014 est Picard. Le n°1 français du surgelé – plus de 900 magasins dans l'Hexagone – détrône la filiale française du géant américain de la vente en ligne Amazon. En 2010 et en 2011 déjà, Picard avait occupé la première place de ce classement.

On ne ne permettra pas de railler la mémoire courte du consommateur français moyen. Puisqu'il n'a sans doute pas oublié la retentissante affaire des lasagnes supposément de boeuf, mais qui étaient en fait à base de viande de cheval. En 2013, cette vaste fraude alimentaire avait fait grand bruit, en France comme dans nombre de pays européens On remarquera donc juste que ce consommateur est visiblement aussi magnanime que bienveillant. Lui qui, un an après, semble avoir déjà totalement pardonné à une des enseignes qui, à l'époque, avaient été éclaboussées par le scandale – on se souvient bien des écriteaux penauds qui étaient alors affichés dans tous les magasins Picard, se confondant en excuses d'avoir dû retirer des rayons de tels produits alimentaires, aussi improbables mais ayant échappé à tous les contrôles y compris dans une maison se disant pourtant très soucieuse de la qualité de ses produits.

15/09/2014

Un prix à payer

25 degrés attendus aujourd'hui à Paris. Qui, décidément, en ce mois de septembre, jouit d'une météo radieuse. Il y a juste un prix à payer, pour ces beaux jours de fin d'été: la pollution atmosphérique. Ce lundi, dans la capitale française, le taux de particules fines présentes dans l'air pourrait dépasser le seuil déclenchant la procédure d'information et d'alerte de la population. Mardi dernier, déjà, cela avait été le cas.

Pas plus que la semaine dernière, pourtant, les médias ni les autorités n'évoquent beaucoup la chose: on entend peu, en ce moment, les habituelles recommandations à l'attention des personnes les plus fragiles – dissuadées de trop sortir de chez elles, pendant ces épisodes de pollution. Comme si, après ces mois de juillet et d'août où la météo fut si souvent pourrie, il y avait quelque scrupule à demander aux gens de s'abstenir de profiter, enfin, du beau temps.

02/09/2014

Un mauvais classement, un de plus

Paris, Tourisme, International, Art de vivre Ils se succèdent, décidément, les classements internationaux mauvais pour Paris, dans le domaine touristique. Après la destination de voyages pas trop sympa – on évoquait cela hier –, voilà la ville aux hôtels crasseux.

Un classement rendu public hier, établi sur la base des avis rendus par des voyageurs, place la «Ville lumière» au sixième rang des cités mondiales dont les hôtels sont les plus sales – Bruxelles n'affiche pas un score beaucoup plus fameux, cela dit. En la matière, si on est un peu à cheval sur la propreté, rien ne vaudrait Tokyo, Varsovie ou Seoul. Et rien ne serait pire que Rio, Londres ou Oslo.

Sans doute y a-t-il, en effet, des hôtels peu ragoutants, voire miteux carrément, dans la capitale française. On est très mauvais juge, vu que, forcément, habitant cette ville, on n'y descend jamais à l'hôtel. Il n'empêche, on imagine la tête qu'ont dû tirer hier, à la découverte de ce classement, les hôteliers parisiens qui – il doit bien y en avoir – essaient de bien faire leur boulot. Et tout le petit personnel de chambre et d'entretien qui, malgré des conditions sociales et salariales pas mirobolantes (relire ici), tente de faire de son mieux, quotidiennement. Ce doit être bien difficile d'être accusé comme ça, du jour au lendemain, de détenir quasiment le record mondial de la crasse.

01/09/2014

Une réputation perfectible?

A Paris, la saison touristique qui s'achève a été aussi moyenne que la météo – la capitale a connu un été assez pourri. En juillet et en août, dans la «Ville lumière» et sa région, la fréquentation touristique a été stable, sans plus. Et, sur l'ensemble du premier semestre, elle a été en retrait par rapport à l'an dernier. Un bilan pas trop fameux, donc. Traduit dans la com' de l'Office du tourisme, cela donne: une fréquentation qui «tire son épingle du jeu, dans un contexte difficile». Encore heureux que s'est poursuivie la croissance des visiteurs en provenance des Proche et Moyen Orient (+26,2% d’arrivées hôtelières dans Paris intra-muros). Sans cette clientèle, le bilan touristique parisien aurait été pire encore.

Au fond, la France en général et sa capitale en particulier auraient-elles un problème d'image? En tout cas, auprès de certains publics étrangers? Cet été, un sondage a fait un certain bruit dans les milieux touristiques parisiens. Il portait sur les villes mondiales les plus sympas («friendly») envers leurs visiteurs étrangers, et était réalisé auprès des lecteurs (américains, essentiellement) du magazine «Conde Nast Traveler». Dans ce classement, Cannes, Paris et Marseille (tout comme Monaco) figuraient parmi les villes du monde les moins sympas.

Marseille se voyait reprocher ses «trop nombreuses zones peu recommandables» et son «atmosphère menaçante pour les touristes». Cannes était reléguée au rang d'«anecdotique Las Vegas européen». Quant à Paris, les Américains continuent à la trouver «fabuleuse» et «romantique», mais ils ont visiblement un problème avec ses habitants. «Personne ne vous viendra en aide, si vous êtes perdus», notait ainsi le magazine.

L'été dernier, une grande campagne de sensibilisation («Do you speak touriste?») avait été menée auprès des Parisiens, visant précisément à améliorer l'accueil des touristes étrangers. Visiblement, donc, s'il faut en croire ce sondage, des progrès restent à faire, dans ce domaine.

10/07/2014

Un temps de repos assez bref

«Reposez-vous. Si on peut éviter d’avoir des zombies à la rentrée de septembre, c’est aussi bien. Le repos, c’est normal». C'est, d'après des échos, la consigne que l'entourage de Manuel Valls aurait donnée aux ministres, à l'approche des vacances d'été. Malgré cette invitation à la détente, les membres du gouvernement ne prendront que peu de congés, sitôt achevé le dernier Conseil des ministres de la saison, le 4 août. Quatorze jours maximum, la rentrée du gouvernement étant programmée le 18 août. C'est deux jours de vacances en moins que durant l'été 2013, et six de moins qu'en 2012.

En plus, pendant cette pause estivale, les ministres devront se conformer à une double obligation. Rester en permanence joignables, bien sûr. Et séjourner à 2h30 maximum de Paris, pour être en mesure de regagner rapidement la capitale en cas de crise majeure. Comme chaque été, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, bénéficiera d'une dérogation, qui lui permettra de rentrer dans sa famille en Guyane.

Puisqu'on parle des vacances des éminences, s'il faut en croire un récent sondage (mais oui, on consacre des sondages à cela...), deux Français sur trois (67%) ne partiraient pour rien au monde à la plage avec une personnalité politique. La minorité de sondés qui n'est pas rétive à cette idée jetterait son dévolu sur, évidemment, la jeune et avenante ministre Najat Vallaud-Belkacem (8%), plus populaire en cette matière que sa collègue Ségolène Royal (3%) et même que le duo Valls-Hollande (2% chacun). Nicolas Sarkozy (6%) et même Marine Le Pen (5%) font un score meilleur que celui du tandem exécutif.

L'histoire ne dit pas si ces personnalités seraient ravies, elles, de partager leurs si courtes vacances avec des Français moyens.