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12/01/2016

Une réouverture (encore)

La vie reprend tout doucement, dans les quartiers de Paris endeuillés par les attentats de la mi-novembre. Pour preuve, demain mercredi – soit deux mois jour pour jour après les tueries –, c'est au tour du café "Le Carillon" de rouvrir ses portes. Quinze personnes avaient été tuées, à la terrasse de ce bar du dixième arrondissement.

En face, le resto "Le Petit Cambodge" est en travaux. Sa réouverture devrait être pour la fin de ce mois. Entre-temps, dans le onzième arrondissement, cela devrait avoir été fait pour la pizzeria de la rue de la Fontaine-au-Roi. A côté, le "Café Bonne Bière" fut, lui, le premier à redémarrer: dès début décembre. Il fut suivi par le "Comptoir Voltaire".

Restent "La Belle Equipe" (19 morts), rue de Charonne, ainsi que, bien sûr, le Bataclan (90 tués). Les concernant, aucune date de réouverture n'a encore été fixée. Et, s'agissant de la salle de spectacles, ce blog l'a déjà écrit (ici), le délai risque d'être extrêmement très long.

Mais c'est tout un quartier qui espère ce moment. Voire qui, confiant, l'attend: persuadé que, sans aucun doute, il viendra.

L'avenir le dira.

23/12/2015

Un classique de fin d'année

Art de vivre, Gastronomie, Economie, Sécurité, PoliceLes années passent, mais certaines choses tardent visiblement à s'améliorer, en France. C'est ce qui ressort des résultats de la campagne de contrôles menée en ce moment par la direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

Chaque hiver, à la période des fêtes de fin d'année – temps de bonne bouffe nationale, s'il en est – , les pandores de cet organisme effectuent des descentes dans les commerces de bouche et les restaurants. Ils y traquent à la fois les défauts d'hygiène alimentaire (vérification des températures de conservation, des dates limite de consommation, de la propreté des locaux, etc.) et les informations déloyales données aux consommateurs (relatives aux appellations d’origine, aux promotions, aux labels etc.). Et cet hiver, une nouvelle fois, un taux pas négligeable d'anomalies ou de manquements a été mis au jour: 26%. Autrement dit, un aliment sur quatre vendu en cette période ne respecte pas les normes – normes qui, il est vrai, en France particulièrement, sont innombrables et tatillonnes. Ce taux de 26% est dans l'étiage de ceux relevés les hivers précédents (relire , par exemple), donc aucun progrès en la matière, visiblement.

Les vérifications ne sont pas inutiles non plus dans un autre secteur, tout aussi de saison: celui des jouets et jeux d'enfants. Là, les inspections ont montré que le taux de produits non conformes et dangereux s’élevait à 10,3%. Ont notamment été épinglées des peluches-bouillottes «qui peuvent occasionner de graves brûlures sur la peau des enfants» et des «planches à roulettes transversales dotées de moteurs électrique type hoverboard» dangereuses (on a un peu de mal à imaginer ce que c'est, mais on prend note).

Malgré ces résultats peu emballants, les Français vont tenter de passer d'excellentes fêtes ils en ont bien besoin, après l'année qu'ils viennent de vivre.



PS: Ceci étant dit/écrit, ce blog lui aussi va prendre ses quartiers d'hiver, et donc faire une petite pause. Il rouvrira ses portes en janvier. Bonnes fêtes à toutes et tous.

22/12/2015

Une sobriété, compréhensible

«Paris est une fête», comme Hemingway l'écrivait. Elle doit le rester. Et il est essentiel (en termes d'attractivité touristique internationale, singulièrement) que le monde entier sache que la "Ville lumière" s'y emploie. Mais, après les événements qu'elle a vécus, la capitale française ne peut pas non plus faire la fête comme si de rien n'était. Un peu de retenue s'impose. C'est le raisonnement qui a conduit la mairie et le ministère de l'Intérieur à maintenir les habituelles festivités du 31 décembre sur les Champs-Elysées, mais à leur donner une configuration particulière.

Outre que les mesures de sécurité y seront, bien sûr, renforcées, ce réveillon 2015-2016 sera sobre. «Pas de grand show», ni de feu d'artifices. Des projections vidéos en 3D plus courtes que d’ordinaire, sur l’Arc de triomphe. Une heure ou deux de rassemblement, pas plus, et l'avenue rendue à la circulation automobile dès minuit et demie. Quant à la thématique de l'événement, elle a été adaptée. Avant les attentats du 13 novembre, il était question qu'il tourne autour de l'Europe. Finalement, il célébrera le vivre ensemble.

«Ce sera plus symbolique que festif», a déjà prévenu la mairie. Il faudra voir, dès lors, si l'événement attirera la grande foule.

Le 31 décembre 2014, 600.000 fêtards avaient célébré l'an neuf sur "la plus belle avenue du monde". Un an après, ils pourraient être moins nombreux, les attroupements de masse suscitant l'appréhension de beaucoup, en cette période d'alerte terroriste maximale. Ou, au contraire, qui sait, nombre de Parisiens, de Français et de touristes étrangers pourraient décider qu'après cette année si difficile qu'a vécue Paris, il est symboliquement important, par solidarité, de la clore en étant physiquement sur place, en un de ses lieux les plus emblématiques.

04/12/2015

Une réouverture, déjà

On ne dira pas que c'est «the place to be» de ce vendredi: ce serait d'un goût douteux, vu les circonstances. Mais enfin, c'est l'événement du jour, dans notre 11ème arrondissement. La réouverture ce matin, rue de la Fontaine-au-Roi, du "Café Bonne Bière". Cette brasserie qui, il y a trois semaines, avait fait partie des établissements frappés par les terroristes. Cinq de ses clients avaient trouvé la mort, dans la fusillade qui avait visé sa terrasse. «Il est temps pour nous de nous retrouver ensemble unis et d'avancer, pour ne pas oublier», expliquent (ici) les gérants de l'établissement, pour justifier sa réouverture aussi rapide.

Les lieux ont été remis à neuf. Plus aucun impact de projectiles n'est visible. La mairie de Paris a fait un peu de nettoyage et de rangement dans le "mausolée" qui, depuis la tuerie, s'était accumulé devant cet établissement.

"La bonne bière" se remet donc à couler à flots, à la Fontaine-au-Roi. En revanche, il faudra attendre encore un bon mois, au minimum, pour que les autres établissements endeuillés le 13 novembre ("Le Carillon", "Le Petit Cambodge", et "La Belle équipe") fassent éventuellement de même.

Et le "Bataclan"? Alors, là, ce sera certainement beaucoup plus long. Un an d'attente carrément, sans doute.

D'abord, les lieux ont été complètement dévastés, et ils sont aujourd'hui totalement impraticables (impacts de balles, dégâts causés par les explosions des kamikazes, etc.). Ensuite, si la volonté des gérants de la salle ne fait aucun doute («Nous sommes dans un besoin de vie. Il est nécessaire de revoir les portes ouvertes. Les équipes, les artistes, le public veulent une reconstruction. Il y a un désir de Bataclan»), le pas, dans ce cas-là, est infiniment plus difficile à franchir, d'un point de vue psychologique. Il y a trois semaines, 90 personnes ont trouvé la mort, dans cette salle. Il va donc falloir du temps. Du temps avant que les Parisiens, par hypothèse, se fassent à l'idée de retourner écouter de la musique, danser, boire et faire la fête, dans un cadre qui est désormais, et à jamais, si dramatiquement connoté.

01/12/2015

«Un luxe non tapageur»

Art de Vivre, Gastronomie, Personnalités, ParisPas mal de commentaires évidemment, et pas toujours très aimables, à propos du restaurant parisien où Barack Obama, François Hollande et quelques happy few (Manuel Valls, etc) ont dîné, hier soir. "L'Ambroisie", le triple étoilé de la place des Vosges. Il se targue de proposer «une cuisine sans fioriture, d’un luxe non tapageur, d’un respect inconditionnel de la tradition et de l’élégance, qui combine avec brio classicisme et modernité». Une cuisine absolument «divine», si l'on en croit le guide Michelin : «hymne à la tradition revisitée avec grâce, des produits soigneusement choisis, des cuissons d'une précision horlogère, des alliances de goûts sans faille».

Pas mal de commentaires notamment sur les à-côtés de ces agapes. Le lundi, ce restaurant est habituellement fermé. Ses deux patrons et le personnel ont donc été priés de rappliquer fissa, pour accueillir cette si honorable assemblée. L'histoire ne dit pas s'ils ont dû eux-mêmes aller faire leur marché, comme tant de restaurateurs de Paris qui, hier, ont été privés de livraisons – à cause des restrictions de circulation dues à l'ouverture de la COP 21.

La carte de l'établissement ne mentionne aucun tarif. C'est généralement le signe qu'ils sont exorbitants. D'après le Michelin (), il faut compter entre 160 et 360€ le couvert. Hier soir, ils étaient douze à table. Si l'on suppose que les convives ont porté leur choix sur des mets situés dans le niveau médian de ces tarifs, cela nous fait, à la grosse louche, une addition totale d'un montant aux alentours de trois SMIC – mais fallait-il s'attendre à ce que ces convives aillent se sustenter au kebab du coin? On ne sait si c'est l'Elysée ou la Maison Blanche qui a invité.

Art de Vivre, Gastronomie, Personnalités, ParisBarack Obama semble décidément aimer les arrondissement du centre-Est parisien. Puisque, pas plus tard que la veille au soir, il était de l'autre côté du boulevard: devant le Bataclan. Pour sa deuxième venue consécutive, les riverains ont à nouveau eu droit à tout le déploiement sécuritaire habituel aux déplacements de l'Américain, et à tous les désagréments induits (rues bloquées, etc.). L'hélicoptère de police, toutefois, a nettement moins tourné dans le ciel que la veille au soir. Un peu vers 20 heures, puis en fin de soirée, et c'est tout.

Pas trop de tapages, donc. En marge d'un dîner d'«un luxe non tapageur». Sans doute était-ce la moindre des choses.

15/11/2015

Un impact économique, aussi

Vision frappante ce matin, boulevard Richard Lenoir. Sur le terre-plein central où d'habitude, chaque dimanche dès tôt le matin, se tient l'immense marché qui s'étend jusqu'à Bastille. Rien. Pas un étal ouvert. Personne, ou presque. Pas un client en vue, juste l'un ou l'autre joggueur, promeneur de chien, ou passant. Jamais, depuis bien quinze ans qu'on habite cette partie du onzième arrondissement de Paris, on n'avait vu cela.

Comme tous les marchés à Paris depuis samedi, celui de Richard Lenoir a été interdit d'ouvrir ce dimanche, sur ordre des autorités. Pareillement, dans toute la ville, il est frappant de voir combien la vie habituelle est perturbée. Là aussi, sauf erreur, c'est sans précédent: les écoles, les bibliothèques, les centres sportifs, les piscines, les musées, tout est absolument fermé. Des cinémas et des grands magasins sont même restés volets baissés, hier. Idem, bien sûr, pour la tour Eiffel et Le Louvre.

Le dimanche, d'habitude, des milliers de gens, au minimum, font leurs courses au marché Richard Lenoir, qui est vraiment le lieu dominical de socialisation de tout le quartier. Même si les considérations d'ordre économique ne sont pas forcément les plus prioritaires du moment, en ce temps de recueillement, l'arrêt de ce marché – jusqu'à quand ? – va lourdement peser sur l'économie locale.

Idem pour le Bataclan. Cette salle de spectacles était le poumon économique du quartier. Plusieurs soirs par semaine, depuis des lustres, elle attirait des centaines de spectateurs. Ouvreurs, serveurs, vestiairistes, techniciens, éclairagistes, vigiles, régisseurs, administrateurs: tous ces emplois sont désormais mis entre parenthèses, jusqu'à ce que la salle rouvre (quand?). Sans compter autant d'emplois induits (traiteurs, fournisseurs, etc.), tout autant précarisés par cette dramatique actualité. De même, la grande brasserie attenante à la salle de spectacles, le Bataclan Café, ne désemplissait pas, à longueur de journées. Là aussi, sa fermeture va créer un vide, non seulement en termes de convivialité et d'animation, mais aussi pour l'économie du quartier.

Paris, Terrorisme, Economie, Art de vivreEt cela ne vaut pas seulement pour cette partie de l'arrondissement. A Charonne hier soir, c'était saisissant. Avant les tueries de vendredi, c'était, avec Bastille ou Oberkampf, un des quartiers les plus animés et festifs de l'Est parisien. Mais là, hier, Charonne la noctambule n'était plus que l'ombre d'elle-même. La foule y était au minimum deux fois moins dense qu'en temps normal. De nombreux bistrots n'avaient même pas ouvert. Et, dans les restos, on trouvait facilement une table même sans réservation préalable – là aussi, on n'avait jamais vu cela dans ce quartier, un samedi soir.

C'est l'évidence – même si, on le répète, ce ne doit pas être la préoccupation majeure de l'instant – : les attentats perpétrés vendredi dans ces quartiers de l'Est de Paris vont lourdement peser sur leur économie. Et il leur faudra du temps, pour se relever.

21/10/2015

Un budget considérable

59 milliards d'euros. C'est le montant que les Français dépensent chaque année dans les restaurants, cafés, brasseries, traiteurs, snacks, sandwicheries, kebabs, fast-food et autres cantines. Le chiffre est cité par une étude publiée cette semaine, relative à l'évolution de la consommation alimentaire dans l'Hexagone. 59 milliards d'euros: cela confirme le poids économique énorme que pèse la consommation dans le secteur de la restauration. Et cela permet de comprendre pourquoi ce secteur a si souvent été cajolé par les gouvernements. Voir, pour ne citer que ce seul exemple, la baisse très controversée (car ruineuse pour les finances publiques) de la TVA sur la restauration, que Nicolas Sarkozy décida en 2009 – avec des effets nettement moindres qu'espéré sur l'emploi.

Ces 59 milliards d'euros dépensés chaque année par les Français dans les snacks et restaurants représentent plus du quart (26%) de leur budget alimentaire. A titre de comparaison, en 1960, cette part du budget n'était que de 14%. Ces cinquante dernières années, le budget resto des Français s'est donc envolé, «sous l'effet des hausses de prix successives». Car, comme tout le monde l'aura sans doute remarqué – et à Paris a fortiori – , «manger à l'extérieur coûte de plus en plus cher. Depuis 1960, les prix y ont augmenté de 5,9% par an en moyenne, soit davantage que les prix de l'alimentation au domicile (+4,0% par an)».

Au risque d'enfoncer des portes ouvertes, l'étude confirme que «de fortes disparités de dépenses existent» évidemment dans ce secteur, en fonction de la catégorie socio-professionnelle à laquelle appartiennent les clients qui le fréquentent. Ceux qui consacrent une plus grande part de leur budget aux repas pris à l'extérieur sont, sans surprise, «les ménages dont la personne de référence est cadre ou exerce une profession libérale, a moins de 35 ans, habite une grande ville ou a un niveau de vie élevé». Et c'est encore plus vrai en période de crise économique et en ces temps de précarisation sociale grandissante. Car «les évolutions annuelles de l'alimentation hors domicile sont très volatiles: plus facilement arbitrable, cette dépense est sensible aux variations de prix et aux fluctuations de revenus».

16/10/2015

Un quart d'heure de travail

Paris, International, Economie, Art de vivre, TechnologiesParis, première ville du monde en termes de qualité de vie et d'accessibilité. C'est, en tout cas, ce qu'atteste une étude internationale publiée hier. Elle se fonde notamment sur la densité des sites culturels, historiques et traditionnels parisiens situés en plein centre-ville et donc rapides et faciles d’accès. Cette étude positionne également la capitale française au troisième rang mondial en termes d'attractivité économique.

Puisqu'on en est aux classements internationaux, cette autre étude, parue dernièrement, qui, elle, compare les prix, les salaires et le pouvoir d’achat dans 71 villes mondiales. Il en ressort que, si l'on prend en compte un panier standardisé de 122 biens et services, Zurich, Genève et New York sont les cités les plus chères de la planète. On y découvre aussi combien de temps il faut travailler, selon que l'on réside dans telle ou telle capitale, pour acheter un kilo de pain et de riz, ou... un Big Mac et un iPhone 6.

Résultat? Trois heures de travail nécessaires à Nairobi pour acheter un burger, contre neuf minutes à peine à Hong Kong. A Paris, c'est 15 minutes. Pour le smartphone à plus de 600 euros de la marque à la pomme, c'est 21 heures de travail à Zurich, trente fois plus à Kiev, et 42 heures à Paris. Ville où il ne faut bosser que 9 minutes pour pouvoir se payer un kilo de riz, à comparer aux 4 minutes nécessaires à Oslo et aux 73 minutes de New Delhi. Quant à un kilo de pain, aliment de base pour 98% des Français, il coûte 10 minutes de travail au Parisien moyen – comme au Lyonnais, d'ailleurs. C'est le double des 5 minutes seulement qu'il requiert à l'habitant de Genève. Mais c'est huit fois moins que les 83 minutes de travail requises à Manille.

L'étude, émanant d'une grande banque suisse – donc par nature pro-consumériste –, ne se hasarde pas à se prononcer sur la question de savoir si, dans ce si merveilleux monde contemporain, un burger de McDo ou un joujou branché d'Apple sont désormais à considérer comme des produits de première nécessité, à l'égal du riz ou du pain.

01/10/2015

Un prix désormais à payer

Paris, Propreté, Santé, Tabac, Art de vivre, Police68€. Le prix à payer pour une fraction de seconde d'insouciance/d'incivisme. Ce n'est vraiment pas donné, mais c'est la règle à Paris, à partir de ce jeudi.

Ce 1er octobre, en effet, entre en vigueur le règlement municipal qui punit d'une contravention d'un tel montant le jet de mégot sur la voie publique. Ce sera même 180€, si la prune n'est pas payée dans les délais. Jeter son mégot à terre est «un geste qui a de sérieuses conséquences sur l’environnement», justifie la mairie. «Un mégot met entre 4 et 12 ans pour disparaître. Il dégage des métaux lourds et des polluants comme la nicotine, le cadmium et le plomb. Ces substances toxiques sont nuisibles à la flore et à la faune. Jetés dans les caniveaux, les mégots polluent l’eau et les égouts. Sur les grilles en pied d’arbre, ils sont aussi nocifs et réduisent sérieusement la vie des arbres».

Pourquoi pas. La tolérance zéro ambitionnée par la mairie de Paris paraît d'autant moins choquante que, ces derniers mois, elle a fait un réel effort pour disposer un peu partout, dans les rues, des poubelles d'un nouveau modèle, qui sont équipées d'éteignoirs. Et c'est vrai que, au fil des ans, cette pollution commençait à prendre des proportions d'ampleur: les agents parisiens de la propreté ramassent chaque année... 350 tonnes de mégots.

Juste, si on peut se permettre, a priori, on doute un peu que les pandores auront vraiment le loisir et le temps de verbaliser les fumeurs négligents. Alors que, dans la capitale, restent quotidiennement impunies tant d'infractions ayant des conséquences elles autrement plus immédiates et potentiellement gravissimes: les feux de signalisation franchis au rouge ou à l'orange par les automobilistes, par exemple.

27/08/2015

Un quart d'«anomalies» estivales

Consommation, Tourisme, Economie, Sécurité, Art de vivre, GastronomiePuisque ce blog évoquait hier la saison touristique, un premier bilan de la grande «Opération Interministérielle Vacances 2015», que fait mener le gouvernement de la mi-juin à la mi-septembre. Elle vise à s'assurer que les vacanciers bénéficient de «prestations commerciales sûres et loyales», ce qui «contribue à la confiance des consommateurs envers les professionnels et à l’attractivité de l’offre touristique française».

Concrètement, il s'agit de vérifier notamment que les règles de sécurité applicables aux produits et aux services sont respectées et que le consommateur est bien informé sur la nature des prestations qui lui sont offertes. Tous les corps de contrôle de l’Etat sont mobilisés: policiers, gendarmes et douaniers bien sûr, mais aussi agents de la répression des fraudes, services vétérinaires, inspecteurs du ministère de la Jeunesse et des Sports (pour les colonies de vacances, par exemple), etc. Cet été, sont particulièrement inspectés les «nouvelles formes de consommation, notamment celles de l’économie collaborative» (hébergement chez l’habitant, location de voitures entre particuliers, etc.) ainsi que, bien sûr, «les commerces soumis à un pic saisonnier d’activité» (restaurants, festivals, événements sportifs ou culturels, etc.).

Résultat? Moyen. Précisément, 21.660 entreprises ont, à ce jour, été inspectées. Dont 6.800 restaurants, 2.200 grandes et moyennes surfaces, 3.700 marchés, 2.600 sites d’hébergements, et un millier de sites de réservation en ligne. Quelque 22% de ces contrôles ont mis au jour des «anomalies», et donc ont donné lieu à des «mesures pédagogiques, correctives ou répressives». C'est dans l'étiage habituel pour ce genre d'opérations de protection des consommateurs (relire par exemple ).

Deux manières de lire ce bilan. Trois quarts de l'offre de produits et de services proposés cet été aux vacanciers en France respectent parfaitement la réglementation. Mais dans quasiment un cas sur quatre, des problèmes se posent. Ce qui n'est tout de même pas rien.

02/07/2015

Un mets très en vogue

Les dernières nouvelles du «pays de l'exception culturelle» que se targue d'être la France, y compris et a fortiori en matière gastronomique. Des nouvelles à propos d'un mets qu'on ne trouve pas trop de saison, par ces temps de canicule, mais, après tout, chacun ses goûts.

A en croire une étude parue dernièrement, en 2014, il s'est vendu 1,07 milliard de burgers dans l'Hexagone. C'est près de 10% de plus qu'en 2013. Analyse des professionnels de la restauration: «Traditionnellement perçus comme emblématiques de la cuisine américaine, les burgers représentent aujourd'hui un marché important de la restauration rapide en France. À l'opposé du phénomène de la malbouffe, les points de vente de burgers se multiplient, appuyés par la création de réseaux de franchise dont certains se démarquent par leurs qualités gustatives haut de gamme et l'efficacité de leur concept».

Populaires, donc, les burgers. Cela n'a pas empêché les élus de Paris, mardi, de se prononcer contre le projet d'installation d'un McDonald's en plein coeur du Boboland parisien: à l'angle des rues Réaumur et des Petits-Carreaux, dans le quartier Montorgueil (2e arrondissement). Pour le maire (écologiste) de cet arrondissement, «avec l'arrivée d'un restaurant de 160 places, c'est tout le travail qui a été fait dans le quartier sur la qualité alimentaire et la protection de l'artisanat qui risque de s'effondrer comme un château de cartes».

Par trois fois, déjà, la Ville a refusé les demandes de permis de construire déposées par McDo pour ce projet. Et, en mai, une centaine de riverains ont manifesté contre son arrivée dans le quartier.

L'histoire ne dit pas si les gamins de ces manifestants, qui passent sans doute leurs journées au MacDo ou au Burger King, faisaient partie, ou non, du cortège.

18/06/2015

Une invitation «à partager»

Quittant la maison ce matin, découvert dans la boîte aux lettres une invitation. Signée "Les voisins de Charlie".

Il s'agit d'«un collectif d'habitants créé à la suite des attaques de janvier», qui ont endeuillé notre quartier Saint-Sabin, dans le onzième arrondissement. Il regroupe des riverains notamment de la rue Nicolas Appert. A savoir, la ruelle derrière chez nous, dont toute la France, sous le choc, découvrit l'existence, le 7 janvier. Car c'était là qu'était installée la rédaction de "Charlie Hebdo". Elle a déménagé, depuis, mais, plus de cinq mois plus tard, les gendarmes stationnent toujours en permanence dans cette allée, et des touristes du monde entier continuent de venir la visiter.

Cet attentat a évidemment traumatisé, et durablement, tous les habitants du quartier. Il n'en a pas moins laissé les membres de ce collectif bien «décidés à réinsuffler de la vie, de la joie et de la citoyenneté dans notre village». Ce dimanche, donc, ils invitent «avec joie» les riverains à participer à un «brunch de quartier», à «partager» autour d'«une grande table commune». Cela se déroulera dans cette même rue Nicolas Appert.

A en juger aux logos figurant sur le bristol des "Voisins de Charlie", plusieurs commerces du quartier sont partenaires de l'opération, et elle a reçu le soutien de la mairie de Paris.

Bien. A la fois cette solidarité de tous, et ce désir de recréer du lien.

10/06/2015

Une (autre) idée reçue, contredite

Le petit commerce se porte mal. C'est ce qu'on entend dire et répéter depuis des années, à Paris en particulier. Singulièrement dans notre onzième arrondissement, où, dans certains quartiers (Saint-Ambroise, Chemin vert, etc.), le commerce de proximité a beaucoup souffert de l'extension de la mono-activité du textile de gros. Et bien non, il ne se porte pas si mal, ce petit commerce, dans Paris et sa région en tout cas.

C'est ce que montre une étude, publiée dernièrement. Elle indique que, depuis 2002, le nombre de commerces de proximité n'a pas baissé à Paris et dans les trois départements de la petite couronne, mais a légèrement augmenté (+2%). La région totalise précisément 107.825 boutiques, ce qui n'est pas rien, le pompon de la densité commerciale revenant bien sûr à la capitale (31,1 commerces pour 1000 habitants: près du double qu'en banlieue).

Alors, évidemment, tout n'est pas uniformément rose. Certains types de commerces ont flambé: les supérettes alimentaires (+148%!), les services à la personne (écoles de conduite, aide aux personnes âgées, coaching scolaire, etc.), la restauration rapide, ou les commerces des soins du corps. A contrario, a régressé le nombre de boutiques dédiées au jardinage, à l'équipement de la maison, au secteur automobile et deux roues, ou à la culture et aux loisirs. Dans ce dernier secteur, cette baisse (de 12%) du commerce de proximité (petites librairies, etc.) est due à la fois au développement des grandes enseignes et à la concurrence d'internet (vente de musique et de livres en ligne, etc.)

Cela dit, les retournements de situation peuvent être très rapides, voire brutaux.

On l'a bien vu avec les boutiques de téléphonie mobile. Dans les années 2000, leur nombre a explosé, à Paris: +24,7%. Cela a été très frappant notamment dans notre 11e arrondissement. Mais, depuis un an ou deux, la suroffre a conduit nombre de ces boutiques à fermer. Ou à se reconvertir dans le dernier eldorado en date du petit commerce urbain de proximité: la cigarette électronique et ses produits dérivés.

19/05/2015

Un privilège à relativiser

paris,banlieues,logement,social,art de vivreHabiter à Paris et dans sa région: le rêve. C'est souvent l'idée qu'on s'en fait quand on n'y réside pas, et a fortiori quand on voit cela depuis l'étranger. Une étude statistique publiée ce matin vient relativiser ce privilège supposé.

Ainsi, en région parisienne, 19,5% des logements sont considérés comme surpeuplés, soit trois fois plus qu'en province (6%). C'est bien sûr dû au fait que la capitale et sa banlieue se distinguent par l'exiguïté de leurs habitations: elles «accueillent en moyenne 2,3 habitants, soit autant qu’au niveau national, alors que le nombre moyen de pièces et la surface habitable moyenne y sont nettement plus faibles». N'en déplaise au cliché de Paris et ses grands appartements haussmanniens, dans la «Ville lumière», «la part des logements surpeuplés dépasse 25%».

Des logements trop petits, donc. Et, en plus, pas forcément en très bon état. Ou, du moins, pas toujours confortables.

Ainsi, un quart des résidences principales situées en région parisienne ont un problème d’humidité. A Paris intra muros, ce taux monte à 28,6%, «du fait de l’ancienneté et de la vétusté d’une partie du parc» résidentiel. Dans la capitale, 6% des logements connaissent également des soucis d'infiltrations d’eau, soit davantage que dans le reste du pays.

Enfin, en 2013, près d'un Parisien sur quatre (23,4%) a déclaré avoir eu froid dans son logement. Ce n'est pas seulement dû au fait que, cette année-là, la France a connu «l’un des hivers les plus froids depuis vingt ans». Cet inconfort thermique est aussi la conséquence des qualités des logements: en région parisienne, «les deux causes du froid (dans l'habitation) les plus souvent citées par les ménages sont la mauvaise isolation et les installations de chauffage insuffisantes».

Mais à part cela, bien sûr, habiter à Paris est un bonheur permanent.

10/04/2015

Un ministre un brin décalé

Télévision, International, Art de vivre, Gouvernement, Personnalités, Fabius, TerrorismeL'agenda ministériel toujours délicieusement décalé de Laurent Fabius – sujet éternel d'émerveillements, pour ce blog (relire par exemple ici ou ).

Quelques heures à peine avant que TV5 Monde, hier, soit attaquée par les hackers du groupe Etat islamique – qui ont réussi à la paralyser pendant près d'une journée –, le ministre des Affaires étrangères était au siège de cette télé francophone internationale. Il lui rendait une petite visite, pour rehausser de sa présence le lancement, par ce groupe, d'une nouvelle chaîne thématique. Dédiée... à l'art de vivre.

Mais oui. Baptisée «TV5MONDE Style HD», sous-titrée en anglais, en mandarin et en arabe, cette chaîne sera diffusée dans un premier temps au Moyen-Orient/Maghreb et en Asie-Pacifique. «Sa programmation sera consacrée à l'art de vivre français et francophone dans toutes ses dimensions», s'extasie le quai d'Orsay. Pour qui cette télé, «vitrine de nos savoir-faire et de l'excellence de nos créateurs et de nos entreprises, s'inscrit pleinement dans les objectifs du ministère des Affaires étrangères, en termes d'influence, de diplomatie économique et d'attractivité touristique de la France».

C'est merveilleux. Et cela détend assurément l'atmosphère, dans ce contexte d'actualités internationales si délétères.

Sauf que, donc, les égorgeurs d'Irak et de Syrie ont complètement parasité le lancement de ce bijou télévisuel HD, que le monde entier envie certainement à la France.

L'histoire ne dit pas si, du coup, Laurent Fabius va une nouvelle fois se rendre au siège de TV5, pour y faire la promo du bon goût hexagonal. Ou si, non, une fois mais pas deux, il va à présent se consacrer à des matières diplomatiques et internationales plus essentielles.

24/03/2015

Une amélioration, paraît-il

transports,paris,banlieues,métro,art de vivreC'est supposé être la bonne nouvelle de la semaine: les incivilités sont en diminution, dans les transports publics parisiens. Du moins, s'il faut en croire le dernier rapport en date que réalise chaque année la RATP sur ce sujet, et qui a été publié hier. «Le nombre de voyageurs ayant constaté des incivilités au cours du derniers mois a diminué de 2 points», se réjouit-il.

Mais, car on ne vit pas dans le monde des Bisounours, ce rapport lui-même relativise d'emblée ce léger progrès. Et triplement.

D'abord, ce chiffre en régression du nombre d'incivilités constatées demeure à un niveau très élevé: 95%, contre 97%. Seuls 5% des usagers des transports parisiens n'y ont donc pas croisé, ces derniers mois, de malotrus qui hurlent au téléphone, pénètrent dans les rames avant que les gens aient eu le temps d'en sortir, ou gênent le cheminement dans les escalators en y stationnant n'importe comment. Ensuite, «bien que les incivilités diminuent, la gêne reste importante. 85% des voyageurs se déclarent toujours extrêmement ou vraiment gênés par les incivilités rencontrées. Ce chiffre demeure stable sur quatre ans». Enfin, l'incivilité la plus fréquente et qui est jugée la plus incommodante, elle, a progressé. Il s'agit de l'usage du portable à un niveau sonore intempestif. Ce comportement a été infligé à 82% des voyageurs (+9%). au moins une fois au cours du dernier mois.

transports,paris,banlieues,métro,art de vivreBref, c'est peu dire qu'il y a encore du progrès à faire en matière d'art de vivre et de respect de l'autre, dans les transports en commun de la «Ville lumière» et de sa banlieue. Mais certainement aucun usager régulier de ces transports n'en doutait-il, avant la publication des résultats de cette étude annuelle et de cette note de blog.

19/03/2015

Une première place mondiale

Cela tombe bien – ou mal, c'est selon. Puisque, pas plus tard que lundi, ce blog évoquait la question de la qualité de la vie à Paris, à l'aune notamment de la pollution qui affecte cette ville. Ne passons donc pas sous silence ce triste record mondial qu'aurait battu la «Ville lumière», hier.

Pendant quelques heures, la capitale française aurait carrément été... la ville la plus polluée du monde (voir ). Plus polluée encore que Shangai, Londres, New Delhi, Pékin, Hong Kong ou Los Angeles.

Les autorités ont d'ailleurs envisagé d'imposer la circulation automobile alternée, pour ce jeudi. Mais elles ont fini par y renoncer. En effet, depuis, la situation atmosphérique s'est un peu améliorée (voire ici ou ). Même elle reste évidemment mauvaise. Et un nouvel épisode de pollution est d'ores et déjà annoncé (là) pour demain vendredi.

Quelle belle et saine semaine, décidément, pour les 2 millions de Parisiens. Sans oublier, bien sûr, les 8 millions d'habitants de la banlieue.

16/03/2015

Une envie de départ

Paris, Art de vivre, Economie, EnvironnementHuit habitants sur dix de Paris et de sa région rêveraient d'habiter ailleurs: aimeraient déménager dans une autre région de l'Hexagone. C'est l'enseignement majeur, assez choc, d'une étude qui vient d'être rendue publique. Cela fait à peu près 8 millions d'habitants qui souhaiteraient aller voir ailleurs – ce qui n'est tout de même pas rien.

Ce qui motive principalement ces Parisiens et banlieusards qui sont candidats au déménagement? Une double envie: un coût de la vie moindre, et une qualité de vie meilleure. Rien d'étonnant, cela dit, à ce dernier égard, au-delà d'une certaine image de carte postale, largement surfaite, dont ont toujours bénéficié la «Ville lumière» et – moins – sa région. Dans les faits et au quotidien, la qualité de la vie y est très perfectible. Pour ne prendre que ce seul exemple – mais il y en a tant d'autres qu'on pourrait mettre en avant – , un épisode de pollution atmosphérique est à nouveau prévu (ici) pour la capitale française, demain mardi. Si l'on compte bien, ce n'est jamais que... le huitième, en moins d'un mois.

D'ailleurs, dans la dernière édition en date d'un classement annuel international sur la qualité de vie dans 230 villes du monde, publiée il y a peu, Paris n'apparaît qu'à la 27e position. Certes, elle devance nettement sa grande rivale européenne, Londres (40e). Mais elle arrive aussi très loin derrière des cités comme Vienne, Zurich, Munich, Düsseldorf, Francfort, Genève ou Copenhague.

Et on serait le dernier à parier que l'année prochaine, la «Ville lumière» occupera une position plus avantageuse, dans ce palmarès.

03/03/2015

Un «impact moral négatif»

Tout comme notre onzième arrondissement, le neuvième (le quartier des grands boulevards, en gros) a vu, ces dix dernières années, se multiplier les commerces d'un genre particulier: les salons de massage. La chambre de commerce dénombre 115 établissements de ce type dans ce seul quartier de Paris, et pas seulement aux abords des places Pigalle, Blanche et de Clichy. Cela commence à faire beaucoup trop, aux yeux de la maire (UMP) du neuvième. Hier, donc, elle a fait voter un voeu par le Conseil d'arrondissement. Il prie la maire de Paris et le préfet de police de mettre au point une «campagne de labellisation des salons de massage respectant une charte éthique de bonne conduite».

«Un grand nombre de ces établissements sont suspectés d’être en réalité des lieux de prostitution dissimulée», justifie l'exécutif local. Qui en veut pour preuve que, rien que depuis octobre dernier, dans le neuvième, quatre établissements supposément dédiés aux soins de beauté ont été sanctionnés par les policiers de la brigade de répression du proxénétisme. Invoquant notamment la prochaine Journée internationale de la femme, le 8 mars, la maire d'arrondissement juge «intolérable» que, «dans une capitale comme Paris, des femmes soient exploitées et maltraitées par des réseaux mafieux».

Elle s'alarme aussi de l'«impact économique et moral très négatif» de ces pratiques dissimulées sur «les établissements respectables, offrant des services de massage de relaxation de qualité». Et s'inquiète de «la confusion» créée, dans l'esprit du consommateur moyen.

Sans doute. Cela dit, il ne faudrait pas non plus exagérer l'ampleur du problème. Du moins, si l'on en juge aux informations qu'avait données sur le sujet – il y a quelques années de cela, il est vrai – la préfecture de police elle-même. A l'époque (relire ), elle avait jugé bon de communiquer sur le fait que les salons de massage n'étaient «pas, contrairement aux idées reçues, des repères de prostitution». Sur les quelque 400 établissements de ce type qu'elle avait alors recensés, «moins d’une vingtaine» se livraient à une activité prostitutionnelle.

03/02/2015

Une réplique, bien trouvée

C'est la réponse du petit peuple de Paris à «Fox News»: l'ultra-conservatrice chaîne de télé américaine. Qui donc, le mois dernier, à l'époque des attentats, avait osé décrire des quartiers entiers de la capitale française comme étant des «no go zones». Des zones de non-droit, pas loin d'être des zones de guerre, où nul, hormis les fondamentalistes musulmans, n'oserait s'aventurer. Un regard journalistique si caricatural et à l'emporte-pièce qu'il vaut à «Fox» une plainte en justice, de la mairie de Paris.

Après les édiles, c'est au tour des habitants des quartiers concernés de réagir. Ils ont bien sûr été très choqués d'être stigmatisés de la sorte. Mais, pour autant, n'ont pas perdu ce sens si parisien de l'humour potache. Ils proposent donc désormais (ici) aux touristes étrangers des visites de ces zones urbaines présumées si périlleuses. Des tours de ville en toute convivialité, effectués en compagnie des habitants de ces quartiers.

La proposition s'adresse bien sûr avant tout aux Américains qui sont de passage à Paris. Selon des échos, elle rencontrerait un certain succès auprès d'eux, nombre de ces visiteurs venus d'outre-Atlantique ayant eux-même été estomaqués par cette si grossière propagande télévisuelle.

Bien.

 

PS: On ignore si un avatar russe de la formule est en préparation. Puisque, au même moment, une chaîne de télévision publique de ce pays avait, dans un reportage, présenté Barbès comme un quartier où «pratiquement personne ne parle français», et où «une femme sur deux porte la burqa et le niqab».