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11/03/2014

Un triptyque, inhabituel

Aimer. Boire. Chanter. Hier soir, tel a été le programme, plutôt sympa, de François Hollande. Non pas que des photos volées aient abouti chez «Closer», montrant le Président en train de se livrer à ces trois activités. Plus sagement, le chef de l'Etat s'est rendu à l'«UGC-Normandie», le grand ciné des Champs-Elysées. Où il a assisté à la projection en avant-première d'«Aimer, boire et chanter»: le dernier film d'Alain Resnais, le cinéaste français récemment décédé.

C'était sans doute, pour lui, une occasion de se rattraper et de s'associer à l'hommage national au grand homme, alors qu'il n'avait pu assister à ses funérailles, le matin même. En effet, au moment où elles se déroulaient, à l'église St-Vincent de Paul, dans le dixième arrondissement de Paris, le chef de l'Etat, lui, était en province. Dans le Lot, à Cahors, il assistait aux obsèques de l'ancien ministre Maurice Faure. Il avait donc chargé son chef de gouvernement, Jean-Marc Ayrault, de le représenter aux funérailles du cinéaste.

Aimer, boire, chanter. La romance, les libations, les ritournelles. L'espace d'une soirée, cela a dû fameusement changer François Hollande. De ce qui est son triptyque habituel: l'impopularité, les vaches maigres de la rigueur budgétaire, la complainte de l'austérité.

28/02/2014

Une tradition devenue très minoritaire

Un sondage particulièrement de saison, pour terminer cette semaine située en plein congé de février. Et cette enquête d'opinions confirme qu'elle est bien révolue, la tradition française des vacances de février à la neige – l'époque «Les Bronzés font du ski», en somme.

D'après l'institut Ifop, «près de huit Français sur dix (78%) n’ont pas le projet de partir en vacances pour les congés scolaires de février/mars». C'est quatre points de plus que les deux saisons précédentes. De même, 74% des sondés assurent qu'ils n'ont pas l'intention de partir à l'occasion des prochains congés scolaires de Pâques. C'est deux points de plus que l'an dernier.

Le manque d'argent (26%) et le souhait d'économiser en vue d'autres dépenses (18%) ne reviennent pas marginalement, dans les motivations citées par les sondés pour expliquer leur choix de ne pas partir au ski, ces deux semaines. Les privilégiés qui partent ont un budget moyen (962 euros) en baisse de 100 euros par rapport à l'an dernier à la même époque.

Parmi ces chanceux, la montagne reste une destination privilégiée. Cette année encore, 46% de ces vacanciers de février s'offrent les joies des sports d’hiver, contre seulement 17% et 18% qui leur préfèrent un séjour à la campagne ou à la mer, respectivement.

Bonnes vacances, où que ce soit, si vous avez la chance d'en prendre.

04/02/2014

Une tradition, en péril?

Santé, Art de vivre, Social, Folklore, Gouvernement, TabacCe mardi, François Hollande présente un grand plan anti-cancer. A deux mois des élections municipales, l'on peut a priori douter que ce plan s'attaque frontalement au lobby du tabac, à la corporation des buralistes, et à l'électorat fumeur. En revanche, s'agissant d'une autre assuétude, l'alcool, les autorités semblent moins timorées. En témoigne le dernier plan gouvernemental en date, visant à combattre «les drogues et les conduites addictives». Ce plan, présenté fin janvier, est passé assez inaperçu médiatiquement, alors qu'il contient quelques mesures très symboliques.

Ainsi, cette ambition affichée de lutter contre l'alcool au bureau. Qui, à terme, pourrait menacer une tradition bien française: celle du pot entre collègues (pot de départ à la retraite, etc.). Le plan prévoit de modifier l'article du Code du travail relatif à l’alcool en milieu professionnel. Cette modification viserait à «permettre aux entreprises de mettre en place, via le règlement intérieur, des mesures de limitation de consommation de boissons alcoolisées».

Actuellement, cet article du Code se limite à stipuler qu'«aucune boisson alcoolisée autre que le vin, la bière, le cidre et le poiré n'est autorisée sur le lieu de travail». Dès lors, y sont théoriquement illégaux les habituels pots d'entreprise autour d'un (mauvais) mousseux, et encore plus les pots de fin d'année où, pas rarement, sont servis des alcools forts. Demain, donc, on pourrait serrer la vis, à la fois dans les textes et dans la pratique. Et, in fine, en arriver à ne plus tolérer la moindre goutte d'alcool sur le lieu de travail, y compris lors des festivités conviviales? On a quelques doutes.

Santé, Art de vivre, Social, Folklore, Gouvernement, TabacAuquel cas, cela ne remontererait pas le moral des Français – moral si bas, en ce moment: on l'écrivait hier. Puisque, c'est bien connu, faire la fête permet d'oublier (un peu).

Mais au moins cela ferait-il le bonheur des tenanciers de bistrots, lieux où migreraient illico toutes les fêtes de bureau.

03/02/2014

Un moral pas folichon

Lecteurs et lectrices de ce blog, si vous êtes Français(e) et n'avez pas trop le moral, en ce moment, vous êtes parfaitement en accord avec l'humeur ambiante. Qui, effectivement, est à la morosité. Vient de le confirmer la dernière édition en date du «Baromètre du moral des Français» – oui, cela existe (voir ici).

Près de sept sondés sur dix (69%), carrément, s'y déclarent pessimistes sur «l'avenir de la société française». Les femmes, les âgés, les classes populaires et les électeurs de droite sont proportionnellement moins enclins à l'optimisme que les sondés masculins, les jeunes, les catégories socio-professionnnelles plus élevées, et les électeurs de gauche. En ce qui concerne leur état d'esprit relatif à leur avenir personnel, les pessimistes (+9 points par rapport à décembre) sont désormais aussi nombreux que les optimistes (-8). Jamais, depuis la création de ce baromètre, il y a trois ans, les niveaux d’optimisme et de pessimisme n'avaient ainsi atteint le même score.

Commentaire de l'institut CSA: «Alors que les raisons expliquant les différentes variations du moral des Français étaient particulièrement diffuses au cours des dernières vagues et ne reposaient pas nécessairement sur un événement en particulier, mais davantage sur un contexte général morose, suscitant un sentiment de désarroi général, ce mois-ci, un événement en particulier est cité à de très nombreuses reprises par les personnes interrogées, pour justifier leur état d’esprit: la hausse du chômage». De même, la «chute plus abrupte» du moral des Français en ce qui concerne leur avenir personnel «s’explique surtout, ce mois-ci, par la forte influence du contexte économique national». Et la baisse est «générale dans l’ensemble des catégories sociales, de manière sensiblement égale».

Qu'ajouter à cela? Que ça va aller. Ou, en tout cas, que c'est sans doute ce qu'il faut se dire, dans un tel climat.

21/01/2014

Un inversement de tendance

PARISjet'aime.jpgCela a très longtemps été une tendance lourde, pour Paris. Mais il se confirme qu'à présent, cette tendance s'est résolument inversée. La «Ville lumière» a bel et bien cessé de perdre, année après année, ses habitants. Le très sérieux Institut de la statistique (Insee) vient de le confirmer, dans des études (ici ou) basées sur les résultats du dernier recensement (*).

Ces données confirment – outre que la région parisienne (11,8 millions d'habitants) reste la plus peuplée de France – que Paris a désormais une «contribution massive» dans la croissance démographique de la région, depuis 2006. Car «c’est au centre de l’agglomération parisienne que le solde naturel progresse le plus et le déficit migratoire s’accentue le moins». En chiffres, la capitale a gagné 68.600 habitants entre 2006 et 2011, ce qui représente plus de 21% de la croissance de la population régionale. Alors que, sans interruption depuis le milieu du XXe siècle jusque dans les années 80, Paris n'avait cessé de perdre des habitants. Puis, à partir de 1982, avait vu sa population tout au plus stagner (une augmentation annuelle moyenne de 0,1%).

Ce sujet est totalement absent des débats de la campagne pour les élections municipales de mars prochain. Curieusement, trouve-t-on. Cet inversement de tendance ne dit-il pas des choses, sur l'attractivité retrouvée de la ville?

 

(*) Recensement dont, cela dit, on espère qu'il s'est mieux déroulé pour les autres Parisiens que pour notre petite personne. Pour l'anecdote, en guise d'entretien avec notre agent recenseur, imposé par la procédure, on a juste eu droit... à un avis de son passage: avis trouvé un soir dans la boîte aux lettres, en rentrant du boulot. Le document nous invitait à passer à la mairie pour un entretien avec l'intéressé, celui-ci n'ayant pu nous rencontrer à domicile (sans rendez-vous préalable, et pendant les heures de bureau). Trouvant le procédé un peu léger, surtout ayant d'autres choses à faire, on n'avait jamais donné suite à cet avis. Et le recensement, nous concernant, en était resté là.

On n'est pas sûr, du coup, de faire effectivement partie des 2,274 millions de personnes qui sont désormais officiellement comptabilisés comme habitant dans les 20 arrondissements de Paris intra muros.

20/12/2013

Une fin d'année

Paris, Gastronomie, Art de vivreEst-ce bien raisonnable? Une photo de burger bien gras, alors que toute la France s'apprête à déguster des mets de réveillon autrement plus raffinés? Mais c'est bel et bien ce burger qui, et oui, à Paris, fait l'actualité, en cette période de fêtes de fin d'année.

Pas n'importe quel burger: un whopper, estampillé Burger King. Car c'est cette semaine que l'enseigne américaine de restauration rapide a fait son grand retour dans la «Ville lumière», après quinze ans d'absence. Comme cela avait été annoncé il y a quelques mois (relire ). Et, manifestement, cela a marché du tonnerre. L'établissement n'a pas désempli de toute la semaine: n'a cessé d'être bondé de Parisiens avides de retrouver l'incomparable saveur, paraît-il, de ce fameux whopper.

Le saumon, la dinde, le chapon. Ou le whopper. C'est Noël, donc admettons de bonne grâce qu'il en faut pour tous les goûts. Même et y compris dans la capitale d'un pays qui est réputé dans le monde entier pour la qualité de sa gastronomie.

 

Ces (petites) choses étant dites, ce blog va prendre quelques jours de congé. Il reprendra son cours normal, quotidien, début janvier. En attendant, à toutes et tous, merci pour, cette année encore, votre fidélité. Passez de belles fêtes.

19/12/2013

Un secteur particulièrement surveillé

Une nouvelle bien de saison, à l'heure où toute la France s'hystérise dans les magasins pour le rituel annuel des courses de Noël. Les services chargés de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes ont été priés de se bouger: d'intensifier leurs contrôles. Afin d'éviter que, comme on dit (ici) au gouvernement, les consommateurs «soient victimes de négligences ou d’abus, durant cette période d’activité commerciale intense».

La surveillance a été renforcée notamment dans le secteur des produits alimentaires des réveillons de fin d’année. Dans le viseur des contrôleurs, à la fois les fabricants, les grossistes, les importateurs et les distributeurs. Pour les amateurs de chiffres, 13.500 vérifications ont déjà été effectuées sur des foies gras, des huîtres, des bûches, etc. Elles ont porté à la fois sur le respect des règles d’hygiène (dates limites de consommation, températures de conservation ou propreté des locaux) et sur «la loyauté de l’information mise à disposition des consommateurs» (étiquetage, véracité des labels et appellations d’origine, réalité des annonces promotionnelles, etc.). Résultat? 3.000 manquements ont déjà été relevés, soit un «taux d’anomalie» de 22 %.

L'an dernier, à cette époque, il n'était que de 18,5%. L'histoire ne dit toutefois pas (encore) si ce taux cette année plus élevé d'infractions constatées traduit un relâchement des professionnels de la filière alimentaire, ou simplement une plus grande efficacité des opérations de surveillance les concernant.

05/12/2013

Un satisfecit, et sa conséquence

Neuf Parisiens sur dix aiment leur ville, à en croire un sondage publié ce jeudi. Pour 56% des habitants interrogés, vivre à Paris leur semble même «une évidence»: ils ne pourraient «pas vivre ailleurs».

Certes, fidèles à leur réputation/leur caricature, les Parisiens râlent beaucoup. Et principalement contre la circulation et les problèmes de stationnement, contre l'exiguïté et le coût des logements, et contre la pollution de l'air ambiant. Ils s'inquiètent aussi de la montée du nombre de cambriolages. Mais ils sont enchantés de l’offre et des équipements culturels, de l'abondance et de la variété des commerces, et de l'animation régnant en ville. De même, les projets d'extension et de déclinaison de Vélib', le développement du tramway, ou l'énorme chantier de réaménagement des Halles: tous ces projets de la municipalité trouvent majoritairement grâce aux yeux des sondés.

Assez logiquement, dès lors qu'ils apprécient leur cadre de vie et ses perspectives d'évolution, les Parisiens ont «plutôt une bonne opinion» de la majorité sortante. 45% des sondés voient d'un bon oeil Anne Hidalgo: bras droit du maire socialiste, Bertrand Delanoë, et qui ambitionne de lui succéder. Le score de sa rivale de droite, l'ex-ministre sarkozyste Nathalie Kosciusko-Morizet, est moindre (41% de bonnes opinions).

Cela dit, cet écart 45%-41% n'est tout de même pas énorme. Et, vu la si laborieuse campagne électorale que mène NKM, ces 41% constituent plutôt une bonne surprise, pour elle. Dès lors, serait-on Anne Hidalgo qu'on ne dormirait pas sur nos deux oreilles.

Verdict de ces élections municipales en mars prochain.

28/11/2013

Une campagne, contestée

Santé, Art de vivre, Publicité, Métro, ParisPuisqu'on parlait de publicité hier, un mot tout de même de cette campagne qui, dans le métro parisien, figure parmi les plus remarquées de l'année – le nombre de collégiennes qu'on a vues, ces dernières semaines, pouffer de rire à la découverte de ces affiches, sur les quais de stations. Le visuel, à notre avis plutôt bien trouvé, représente deux allumettes sur un lit, dont une vient de prématurément s'enflammer. Un slogan invite à «garder le contrôle». Garder le contrôle, dans le cadre... de rapports sexuels. Puisque c'est d'éjaculation précoce dont il s'agit ici, mais oui.

Cette démarche publicitaire a été doublement contestée. D'abord, parce qu'elle a toutes les apparences d'une campagne officielle d'éducation à la santé. Or, il s'agit d'un message à caractère strictement commercial, émanant d'un labo pharmaceutique proposant un médicament contre ce trouble. Contestée, ensuite (, notamment), parce que cette campagne prend semble-t-il des libertés avec les chiffres relatifs à la part de la population masculine qui souffre d'un tel problème sexuel. Du coup, la campagne est soupçonnée de vouloir donner une proportion démesurée à ce souci de santé, et ce à des fins purement mercantiles.

Au-delà de ces controverses, reste le contraste, cocace. Cela faisait bien longtemps que, dans les couloirs et stations de la RATP, n'avait plus été traité en un format aussi géant (des affiches de 3 mètres sur 4) un sujet aussi intime.

22/10/2013

Un martyr pour un autre

Paris, Histoire, Humour, Art de vivreUne petite curiosité, dans notre quartier du onzième arrondissement. Qui a fait sourire pas mal d'habitants. Notre bonne vieille rue Saint-Sébastien a été rebaptisée par des petits plaisantins. Qui y ont apposé de fausses plaques en l'honneur de Thérèse d'Avila. Avec la mention «Jouissons en extase».

Dans le quartier, nul ne comprend pourquoi donc le saint agonisant, au très mâle corps transpercé de flèches, soudain s'est ainsi fait évincer par la mystique Espagnole. Celle qui, de mémoire, était à ce point exaltée qu'elle arrivait à écrire «Je meurs parce que je ne meurs pas; je ne meurs pas parce que je meurs». La désespérance de ne pas succomber suffit à me faire trépasser; le plaisir si intense que me procure la perspective de mourir me revitalise tant qu'il m'en devient impossible d'en finir.

Un martyr pour un autre, dans le onzième. Qui sait les gais lurons à l'origine de cette substitution ont-ils voulu, par cette exhortation de rue à la jouissive extase, adresser un message à tous les partisans contemporains du retour à l'ordre moral.

Les catholiques ultras, en tout cas, n'ont pas encore réagi à cette cocasse apparition de «la folle de Dieu», sur les murs de Paris.

17/10/2013

Une «source de fatigue et d'usure»

Les transports publics parisiens sont plus sûrs qu'avant – ce qu'on évoquait dans la note d'hier – , mais leur utilisation quotidienne reste pénible. Ou, en tout cas, est vécue comme telle chaque jour, par des millions d'usagers. C'est ce que confirme une étude qui vient de sortir.

Elle indique que 63% des Parisiens et des banlieusards se sentent fatigués par les trajets qu'ils effectuent quotidiennement pour se rendre au travail. En région parisienne, près d'un actif sur deux (46%) voit même ces transports comme une «source de fatigue, d'usure ou d’altération de la santé». Ce sont surtout la chaleur du voyage, la durée du transport, et la position debout durant le trajet qui sont vues comme les principales causes de fatigue. Ce taux de pénibilité est beaucoup plus élevé que celui enregistré à l'échelle du pays (28%). Et pour cause: là où les Français dans leur ensemble mettent en moyenne une demi-heure pour aller travailler, dans la capitale et sa région, cette durée grimpe à trois quarts d'heure le matin, et à 1h30 par jour.

On essaiera de se souvenir de ces chiffres, la prochaine fois – très rapidement, certainement – que, dans le métro ou le RER, on trouve que les gens, décidément, font la tête. Ce n'est donc pas, n'en déplaise au cliché, parce qu'ils sont Parisiens, et donc teigneux de nature. C'est juste parce qu'ils sont épuisés: usés.

08/10/2013

Un bonheur, pas flagrant

Paris, Social, Economie, Art de vivre, Personnalités, Kosciuko-MorizetLes habitants de Paris et de sa région sont plus heureux que la moyenne des Français.

Ce n'est pas flagrant, vu la tête qu'ils tirent dans les transports en commun? Et/ou, vu leur amabilité en général? Peut-être. Mais cela ressort d'une étude divulguée hier, patronnée par la Fondation pour l'innovation politique et la Fondation Jean-Jaurès – merveilleux oeucuménisme politique, cela dit: le premier de cet organisme est proche de l'UMP, et le second est lié au PS.

Donc, les Parisiens et les banlieusards gardent le moral, malgré la crise. Et ils sont plus optimistes que la moyenne des Français. Ils sont 84% à convenir que le monde contemporain ne va pas bien, mais 79% jugent qu'eux-mêmes, personnellement, parviendront à s'en sortir – contre 67%, pour la moyenne nationale. Comme le disait hier une analyste de l'institut TNS Sofres, recourant à un mot si à la mode depuis quelques années: il y a chez les Parisiens «une aptitude à la résilience» qui est plus forte qu'ailleurs. Cela se voit notamment dans le fait qu'ils sont moins préoccupés par le chômage que le reste des concitoyens. Les sociologues attribuent ce différentiel d'attitude entre Paris et le reste du pays au fait que la population parisienne (comme, la plupart du temps, les population des capitales, dans les pays en général) est proportionnellement plus jeune, plus diplômée, et d'un niveau socio-professionnel un peu plus élevé que la moyenne des Français. Ce qui est censé aider pour affronter les difficultés de la vie.

Néanmoins, comme quoi tout n'est pas rose dans la capitale et sa banlieue, deux habitants sur trois ont des difficultés à finir le mois, le pouvoir d'achat étant la préoccupation n°1 – normal: dans une ville où le coût de la vie est plus élevé qu'ailleurs. Le niveau d'imposition figure aussi dans le peloton de tête des préoccupations, bien plus que dans le reste du pays: le souci classique des gens un peu plus aisés que la moyenne, et donc qui ont le douloureux privilège d'être imposables.

Paris, Social, Economie, Art de vivre, Personnalités, Kosciuko-MorizetSinon, au passage, notons un enseignement de cette étude qui pourrait bien intéresser plus particulièrement les stratèges de Nathalie Kosciuko-Morizet: la candidate de la droite UMP à la mairie de Paris, pour les élections municipales de mars prochain.

Ainsi, cans la capitale et sa région, l'insécurité et l'immigration préoccuperaient beaucoup moins que dans le reste du pays. C'est vraiment pas de chance pour la candidate sarkozyste. Qui, jusqu'à présent, a axé l'essentiel de sa campagne sur, précisément, ces deux thèmes (les Roms, etc.).

01/10/2013

Une double arrivée, appétissante?

Quelques jours déjà que l'info a été confirmée, mais qu'on n'a pas encore eu l'occasion de l'évoquer, dans ce blog. Il est donc plus que temps. D'autant que la nouvelle est sans doute signifiante, dans ce grand pays d'exception culturelle gastronomique que se targue d'être la France.

Pour la première fois depuis seize ans, Burger King va ouvrir un établissement à Paris. Ce sera dans le centre commercial de la gare Saint-Lazare, et c'est programmé pour décembre. Les fans de whoppers seront aux anges d'apprendre que ce resto sera doté à la fois d'une double ligne d'assemblage, d'une salle intérieure de plus de 160 m², et de six grands écrans numériques sur lesquels seront affichés tous les menus. C'était en 1997 que le géant américain du fast-food, n°2 mondial du secteur derrière McDonald's, avait fermé ses 39 restaurants en France, qu'il estimait pas assez rentables.

Dans le même registre, mais cette fois en dehors de la «Ville lumière», et, lui, nettement plus controversé, les ambitions de Mc Donald’s en grande banlieue verte de Paris n'en finissent plus de faire débat. Ainsi, son projet (voir ici, notamment) d'ouvrir un resto en plein cœur du parc naturel de la Haute Vallée de la Chevreuse, dans les Yvelines, suscite la colère de collectifs de riverains. Une pétition (là) a été lancée, et des recours en justice introduits. Ces opposants craignent que ce poumon vert régional, de grande valeur, s'en trouve souillé par la circulation et la pollution automobiles, les déchets, et les enseignes publicitaires tapageuses. McDo, lui, fait miroiter la création de 50 emplois à temps plein. Ce qui, pour la localité concernée, n'est tout de même pas rien, a fortiori par ces temps de crise et de chômage.

En attendant de savoir qui remportera le bras de fer, prudemment, «pour notre santé, évitons de manger trop gras, trop sucré, trop salé» – selon la formule consacrée.

09/07/2013

Un vieux clivage, balayé

La crise a beau ne pas empêcher les adhérents et sympathisants de l'UMP à faire preuve de générosité envers leur parti préféré – ce qu'on évoquait hier – , cet été, elle va avoir un impact très visible et concret.

Jamais, en effet, la France ne comptera autant de gens renonçant à partir en vacances.

Selon les estimations, qu'ont abondamment relayées les médias français (notamment ici), ces derniers temps, seul un Français sur deux compte partir en vacances, cet été. Cela donnera encore plus de 30 millions de vacanciers, mais c'est carrément 900.000 de moins que l'été dernier.

Art de vivre, Tourisme, Economie, SocialEn outre, les Français vont partir moins longtemps. La crise va même balayer le clivage traditionnel des juillettistes vs les aoûtiens. Puisque, en cet été 2013, la durée moyenne de vacances dépassera rarement 15 jours.

Autre impact de la situation économique: moins d'un Français sur trois passera ses vacances à l'étranger, la toute grosse majorité des nationaux choisissant de demeurer au pays – en villégiature dans un quatuor de régions touristiques de prédilection qui, lui, été après été, demeure inchangé: Provence-Côte d'Azur, Corse, Languedoc-Roussillon et Littoral atlantique. Enfin, toujours dans l'optique de limiter le budget-vacances, et en l'occurrence les dépenses d'hébergement, un vacancier français sur trois partira en famille ou chez des amis.

19/06/2013

Une enfilade de clichés

Le Belge moyen est «sensible aux formules de politesse», «en recherche de convivialité», et aime les «ambiances authentiques». On ne sait pas trop où elles ont été cherchées, mais ces assertions en forme de clichés figurent en toutes lettres dans la fiche consacrée aux touristes belges, contenue dans la brochure «Do you speak touriste?». Depuis hier, cette brochure est distribuée à tous les professionnels du tourisme de Paris et de sa région: taximen, hôteliers, etc. Dans le cadre d'une «opération d'envergure» (là) destinée à améliorer la qualité de l'accueil fait aux visiteurs étrangers, ici.

Dans la même veine, celle des clichés enfilés comme des perles, l'Américain y est décrit comme «très direct» et ayant «le contact facile». L'Allemand et le Japonais sont diagnostiqués comme étant en grand besoin respectivement «de constance», et d'être «rassuré». Le Brésilien est défini comme une personne au «contact chaleureux», voire «facilement tactile». On imagine la tête et le désarroi du réceptionniste d'hôtel ou garçon de café de Paris qui, après avoir lu pareille brochure, tomberait par hasard sur un Américain taciturne, un Brésilien réservé, un Belge qui détesterait le cérémonial, un Allemand ou un Japonais qui adorerait l'imprévu – cela doit bien exister.

Sinon, au registre des clichés, on en a entendu pas mal, hier. En boucle, pendant toute la journée, et dans tous les médias français qui ont – amplement – relayé cette opération. Des clichés à l'encontre de ces Parisiens qui, au contact des touristes étrangers, seraient forcément désagréables et unilingues. C'était péniblement insultant pour les si nombreux habitants de cette ville qui, mais oui, sont aimables, accueillants, et ouverts au monde.

Le Parisien forcément teigneux: là encore, on retombe dans le cliché. A moins, bien sûr, que le fait d'habiter cette ville constitue d'office, vu de l'étranger, un stigmate infamant. Parfois, à dire vrai, on se pose la question.

12/06/2013

Une contrefaçon, pas banale

Police, Sécurité, Economie, Gastronomie, Art de vivreUn fameux «effet madeleine de Proust», ce matin. A la lecture d'un communiqué du ministère des Finances qui, pourtant, s'annonçait très anodin. Et bien non, puisqu'il a fait resurgir des (très) vieux souvenirs gustatifs: ceux de goûters d'enfance.

Car, dernièrement, ce ne sont pas moins de 10.000 paquets de biscuits contrefaisant la marque «BN» qui ont été saisis par les Douanes françaises. Précisément, «le 15 mai dernier, suite à un ciblage par la brigade maritime des douanes de Marseille, un poids lourds a été contrôlé à sa sortie du port de Marseille. A l’intérieur, les agents ont découvert 20. 000 paquets de biscuits fabriqués par une société alimentaire tunisienne et destinés à une société basée à Lyon. Après retenue douanière, la moitié du chargement, soit 10.000 paquets de 16 biscuits, a été reconnue comme contrefaisant la marque BN, en raison du visage souriant sur le biscuit».

L'histoire ne dit pas si ces imitations du fleuron de la Biscuiterie nantaise sont moins bonnes que les originales. Ni si ces contrefaçons seront détruites, ou plutôt données aux associations distribuant de l'aide alimentaire aux plus démunis. Ces associations qui, d'ailleurs, au passage, sont en train de recevoir, ces jours-ci, des kilos de «lasagne de cheval». Au moins cette vaste fraude à la consommation aura-t-elle servi à cela...

11/06/2013

Un budget pas énorme

Le Parisien moyen: un sorteur invétéré, qui passe ses journées à claquer son fric dans les boutiques et ses soirées à faire le beau en ville? Oubliez tout de suite ce cliché. Si l'on en croit une récente étude de l'institut TNS-Sofres consacrée au budget loisirs, l'habitant de Paris et de sa région va en moyenne moins d'une fois par mois au resto ou au ciné.

Et pour cause. Dans la région-capitale, le budget loisirs moyen tourne autour de 78,3€ par mois. Ce qui n'a rien d'énorme, quand on connaît les prix pratiqués ici. En gros: quasi 10€ la place de ciné achetée à l'unité, rarement beaucoup moins le ticket d'entrée à une grande expo, ou des restos où il n'est pas simple de manger quelque chose de correct à moins de 20-25€ (le soir, en tout cas, mais à midi, les formules-déjeuner réduisent l'addition). Sans parler des tarifs des consos dans les bars à la mode ou des adhésions aux salles de sport: exorbitants.

Ce budget loisirs stagne, pour la majorité des sondés (51%). Il a même régressé pour près d'un habitant sur cinq (19%). Très logiquement, dès lors, dans le classement des loisirs de prédilection à Paris et dans sa région, figurent nombre d'activités de détente qui coûtent peu cher, voire sont gratuites: le footing, les balades, les brocantes, ou le recours aux médiathèques, bibliothèques ou ludothèques municipales. L'on s'adapte comme on peut.

05/06/2013

Un bonheur, paradoxal?

Fameuse collision d'actus, en France hier. Sous la forme de la publication de deux vagues d'études qui, quand on les croisait, avaient de quoi laisser songeur.

D'un côté, dans l'après-midi, les résultats d'un sondage BVA assurant que «les Français sont Heu-reux!» Plus de huit sondés sur dix l'assurent. «Le bonheur personnel varie fortement selon le milieu social et culturel, mais il est nettement majoritaire dans toutes les catégories de population». Quelque 89% des sondés se sentent bien intégrés dans ce pays. Où 87% des gens sont persuadés qu'on y vit mieux que partout ailleurs.

D'un autre côté, dès le début de la matinée, les derniers indicateurs mensuels de conjoncture de l'Institut national de la statistique (Insee). Là, on n'est pas dans le sentiment, mais dans le concret. Pas dans le déclaratif, mais dans le chiffre. Et cela donne un climat des affaires dans le pays en général qui «reste morose», un climat conjoncturel qui même «se détériore à nouveau» dans certains secteurs (commerce de gros, bâtiment, services), une consommation des ménages qui «recule légèrement», et la confiance de ces mêmes ménages qui «se dégrade à nouveau».

Mais à part cela, donc, dans le même temps, «les Français sont Heu-reux!»

Ce peuple est décidément formidable. Ou paradoxal, c'est selon.

03/06/2013

Un relent xénophobe

Désagréables. Désagréables, ces commentaires entendus pendant tout le week-end, sur les suites de la vente aux enchères, jeudi et vendredi à l'Hôtel Drouot, d'une partie de la cave à vins de l'Elysée – ce dont on avait parlé dans ce blog, l'autre jour (ici). Des enchères qui ont rapporté 718.800€ à l'Etat, soit beaucoup plus que prévu. Certaines bouteilles ont trouvé acquéreurs à des prix astronomiques: 7.625€ par exemple pour un Petrus 1990, ou 4.625€ pour deux bouteilles de Château Latour, 1er grand cru classé, Pauillac, 1982.

Le problème, selon certains? Parmi les acheteurs, on a compté nombre de Chinois (voir ici, par exemple). C'était couru d'avance, vu la grande popularité des vins français dans ce pays et le pouvoir d'achat florissant de sa nouvelle bourgeoisie – moins frappée par la crise que son homologue en Europe. Du coup, en France, dans le camp de la droite souverainiste, des esprits chagrins ont d'autant plus maugréé contre cette dilapidation d'une partie du patrimoine vinicole national qu'elle est tombée en de telles mains. A les comprendre: des mains de nouveaux riches qui n'en seraient pas dignes.

Désagréables, décidément, les relents xénophobes de telles jérémiades.

15/05/2013

Une piste, pas forcément adéquate?

Santé, Economie, Jeunes, Art de vivreQuelques jours après l'étude préoccupante sur la consommation d'alcool en France (dont on parlait mardi dernier), cette piste fiscale que le Parlement explore. Le vin pourrait être soumis à une taxe spéciale, comme la bière depuis l'an dernier, et les alcools forts depuis 2011.

Ce prélèvement serait «mesuré»: quelques centimes d'euro supplémentaires par bouteille de vin. Alors que ce produit a toujours bénéficié d'une fiscalité avantageuse par rapport aux autres alcools: 4 centimes de taxe par bouteille, contre 36 centimes pour la bière et 1,90€ pour les spiritueux.

Une telle mesure, toutefois, risque de ne pas passer comme une lettre à la poste. En France, le secteur du vin au sens large occupe 500.000 emplois. C'est donc, outre un puissant lobby, un secteur économique important. Et exportateur (7,6 milliards d'euros d'excédents annuels), ce qui n'est pas rien dans un pays dont la balance commerciale est lourdement déficitaire.

Cette taxe éventuelle risque de passer d'autant plus mal que, comme l'a rappelé le rapport cité plus haut, la réduction de plus de la moitié de la consommation d'alcool enregistrée en France ces cinquante dernières années est «essentiellement imputable à la baisse de la consommation de vin». Certes, ce produit domine toujours le marché: 58% du total des alcools consommés (contre 22% pour les spiritueux et 17% pour la bière). Mais, «depuis le début des années 2000, sa part a légèrement régressé (-3 %), principalement au profit des spiritueux (+2,5 %)».

En outre, chez les 18-25 ans, depuis 2005, la part de consommateurs hebdomadaires de vin n’a pas significativement augmenté, à l'inverse de celle d'autres alcools. Chez les jeunes hommes, le vin (22,4%) est désormais dépassé par les alcools forts (29,5%) et la bière (39,3%). Chez les jeunes femmes, il reste la boisson la plus courante (14,3%), mais sa consommation augmente moins vite que celle d'alcools tels le cidre, le champagne, ou le porto.

Santé, Economie, Jeunes, Art de vivreGlobalement, donc, pour ce qui concerne leur consommation d'alcool, les jeunes en restent au «régime TGV», comme l'on dit dédaigneusement dans les milieux viticoles français: le régime tequila, gin, vodka.

Pas sûr, dès lors, qu'augmenter les taxes frappant le vin contribuera forcément à réduire la consommation juvénile d'alcool.