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12/06/2013

Une contrefaçon, pas banale

Police, Sécurité, Economie, Gastronomie, Art de vivreUn fameux «effet madeleine de Proust», ce matin. A la lecture d'un communiqué du ministère des Finances qui, pourtant, s'annonçait très anodin. Et bien non, puisqu'il a fait resurgir des (très) vieux souvenirs gustatifs: ceux de goûters d'enfance.

Car, dernièrement, ce ne sont pas moins de 10.000 paquets de biscuits contrefaisant la marque «BN» qui ont été saisis par les Douanes françaises. Précisément, «le 15 mai dernier, suite à un ciblage par la brigade maritime des douanes de Marseille, un poids lourds a été contrôlé à sa sortie du port de Marseille. A l’intérieur, les agents ont découvert 20. 000 paquets de biscuits fabriqués par une société alimentaire tunisienne et destinés à une société basée à Lyon. Après retenue douanière, la moitié du chargement, soit 10.000 paquets de 16 biscuits, a été reconnue comme contrefaisant la marque BN, en raison du visage souriant sur le biscuit».

L'histoire ne dit pas si ces imitations du fleuron de la Biscuiterie nantaise sont moins bonnes que les originales. Ni si ces contrefaçons seront détruites, ou plutôt données aux associations distribuant de l'aide alimentaire aux plus démunis. Ces associations qui, d'ailleurs, au passage, sont en train de recevoir, ces jours-ci, des kilos de «lasagne de cheval». Au moins cette vaste fraude à la consommation aura-t-elle servi à cela...

11/06/2013

Un budget pas énorme

Le Parisien moyen: un sorteur invétéré, qui passe ses journées à claquer son fric dans les boutiques et ses soirées à faire le beau en ville? Oubliez tout de suite ce cliché. Si l'on en croit une récente étude de l'institut TNS-Sofres consacrée au budget loisirs, l'habitant de Paris et de sa région va en moyenne moins d'une fois par mois au resto ou au ciné.

Et pour cause. Dans la région-capitale, le budget loisirs moyen tourne autour de 78,3€ par mois. Ce qui n'a rien d'énorme, quand on connaît les prix pratiqués ici. En gros: quasi 10€ la place de ciné achetée à l'unité, rarement beaucoup moins le ticket d'entrée à une grande expo, ou des restos où il n'est pas simple de manger quelque chose de correct à moins de 20-25€ (le soir, en tout cas, mais à midi, les formules-déjeuner réduisent l'addition). Sans parler des tarifs des consos dans les bars à la mode ou des adhésions aux salles de sport: exorbitants.

Ce budget loisirs stagne, pour la majorité des sondés (51%). Il a même régressé pour près d'un habitant sur cinq (19%). Très logiquement, dès lors, dans le classement des loisirs de prédilection à Paris et dans sa région, figurent nombre d'activités de détente qui coûtent peu cher, voire sont gratuites: le footing, les balades, les brocantes, ou le recours aux médiathèques, bibliothèques ou ludothèques municipales. L'on s'adapte comme on peut.

05/06/2013

Un bonheur, paradoxal?

Fameuse collision d'actus, en France hier. Sous la forme de la publication de deux vagues d'études qui, quand on les croisait, avaient de quoi laisser songeur.

D'un côté, dans l'après-midi, les résultats d'un sondage BVA assurant que «les Français sont Heu-reux!» Plus de huit sondés sur dix l'assurent. «Le bonheur personnel varie fortement selon le milieu social et culturel, mais il est nettement majoritaire dans toutes les catégories de population». Quelque 89% des sondés se sentent bien intégrés dans ce pays. Où 87% des gens sont persuadés qu'on y vit mieux que partout ailleurs.

D'un autre côté, dès le début de la matinée, les derniers indicateurs mensuels de conjoncture de l'Institut national de la statistique (Insee). Là, on n'est pas dans le sentiment, mais dans le concret. Pas dans le déclaratif, mais dans le chiffre. Et cela donne un climat des affaires dans le pays en général qui «reste morose», un climat conjoncturel qui même «se détériore à nouveau» dans certains secteurs (commerce de gros, bâtiment, services), une consommation des ménages qui «recule légèrement», et la confiance de ces mêmes ménages qui «se dégrade à nouveau».

Mais à part cela, donc, dans le même temps, «les Français sont Heu-reux!»

Ce peuple est décidément formidable. Ou paradoxal, c'est selon.

03/06/2013

Un relent xénophobe

Désagréables. Désagréables, ces commentaires entendus pendant tout le week-end, sur les suites de la vente aux enchères, jeudi et vendredi à l'Hôtel Drouot, d'une partie de la cave à vins de l'Elysée – ce dont on avait parlé dans ce blog, l'autre jour (ici). Des enchères qui ont rapporté 718.800€ à l'Etat, soit beaucoup plus que prévu. Certaines bouteilles ont trouvé acquéreurs à des prix astronomiques: 7.625€ par exemple pour un Petrus 1990, ou 4.625€ pour deux bouteilles de Château Latour, 1er grand cru classé, Pauillac, 1982.

Le problème, selon certains? Parmi les acheteurs, on a compté nombre de Chinois (voir ici, par exemple). C'était couru d'avance, vu la grande popularité des vins français dans ce pays et le pouvoir d'achat florissant de sa nouvelle bourgeoisie – moins frappée par la crise que son homologue en Europe. Du coup, en France, dans le camp de la droite souverainiste, des esprits chagrins ont d'autant plus maugréé contre cette dilapidation d'une partie du patrimoine vinicole national qu'elle est tombée en de telles mains. A les comprendre: des mains de nouveaux riches qui n'en seraient pas dignes.

Désagréables, décidément, les relents xénophobes de telles jérémiades.

15/05/2013

Une piste, pas forcément adéquate?

Santé, Economie, Jeunes, Art de vivreQuelques jours après l'étude préoccupante sur la consommation d'alcool en France (dont on parlait mardi dernier), cette piste fiscale que le Parlement explore. Le vin pourrait être soumis à une taxe spéciale, comme la bière depuis l'an dernier, et les alcools forts depuis 2011.

Ce prélèvement serait «mesuré»: quelques centimes d'euro supplémentaires par bouteille de vin. Alors que ce produit a toujours bénéficié d'une fiscalité avantageuse par rapport aux autres alcools: 4 centimes de taxe par bouteille, contre 36 centimes pour la bière et 1,90€ pour les spiritueux.

Une telle mesure, toutefois, risque de ne pas passer comme une lettre à la poste. En France, le secteur du vin au sens large occupe 500.000 emplois. C'est donc, outre un puissant lobby, un secteur économique important. Et exportateur (7,6 milliards d'euros d'excédents annuels), ce qui n'est pas rien dans un pays dont la balance commerciale est lourdement déficitaire.

Cette taxe éventuelle risque de passer d'autant plus mal que, comme l'a rappelé le rapport cité plus haut, la réduction de plus de la moitié de la consommation d'alcool enregistrée en France ces cinquante dernières années est «essentiellement imputable à la baisse de la consommation de vin». Certes, ce produit domine toujours le marché: 58% du total des alcools consommés (contre 22% pour les spiritueux et 17% pour la bière). Mais, «depuis le début des années 2000, sa part a légèrement régressé (-3 %), principalement au profit des spiritueux (+2,5 %)».

En outre, chez les 18-25 ans, depuis 2005, la part de consommateurs hebdomadaires de vin n’a pas significativement augmenté, à l'inverse de celle d'autres alcools. Chez les jeunes hommes, le vin (22,4%) est désormais dépassé par les alcools forts (29,5%) et la bière (39,3%). Chez les jeunes femmes, il reste la boisson la plus courante (14,3%), mais sa consommation augmente moins vite que celle d'alcools tels le cidre, le champagne, ou le porto.

Santé, Economie, Jeunes, Art de vivreGlobalement, donc, pour ce qui concerne leur consommation d'alcool, les jeunes en restent au «régime TGV», comme l'on dit dédaigneusement dans les milieux viticoles français: le régime tequila, gin, vodka.

Pas sûr, dès lors, qu'augmenter les taxes frappant le vin contribuera forcément à réduire la consommation juvénile d'alcool.

 

07/05/2013

Une consommation déraisonnable

Dans le pays du vin, du pastis et de la Kro qu'est la France, sans doute est-ce assez naturel que l'on apprécie les plaisirs de l'alcool. Mais ce n'est pas sans poser de problèmes. Ainsi, un ensemble d'études scientifiques publié (ici) hier soir, sous l'égide de l'Institut de veille sanitaire, a lancé un cri d'alarme. Il juge «urgent d’agir pour réduire encore la consommation d’alcool en France, afin de réduire la mortalité, et notamment la mortalité prématurée».

Car chaque Français (adulte, évidemment) consomme en moyenne 27 grammes d’alcool pur par jour. C'est infiniment moins qu'au siècle dernier (65 grammes, à la fin des années 1930). Mais cela reste beaucoup trop: l'Hexagone affiche «une des consommations d’alcool les plus élevées des 48 pays d’Europe, après l’Estonie, la République tchèque et l’Irlande». Conséquence: chaque année, 49000 décès survenant en France sont à attribuer à cette consommation excessive.

Particulièrement préoccupante est l'alcoolisation croissante des jeunes. Ainsi, «l’expérimentation de boissons alcoolisées est déclarée par 59% des élèves de 6e (primaire), elle progresse en fréquence au cours des années du collège jusqu’à concerner 83% des élèves de 3e, puis 93% des élèves en terminale». Et «la part de ceux qui déclarent avoir déjà connu une ivresse progresse nettement, passant de 17% en 4e à 69% des élèves de terminale. De même, l’usage régulier d’alcool (au moins dix fois lors du dernier mois précédant l’enquête) passe de 3% en 4e à 27% en terminale». Et il n'y a pas seulement qu'en Angleterre que l'on est confronté au «binge drinking»: «Les 18-25 ans se distinguent des personnes plus âgées par des consommations d’alcool moins régulières, mais plus excessives». Si l'on note chez eux «une stabilisation de la consommation quotidienne d’alcool», on remarque aussi «une augmentation des alcoolisations ponctuelles importantes et des épisodes d’ivresses». Concrètement, «les ivresses répétées concernent près de deux fois plus d’étudiants en 2010 qu’en 2005, et plus du double parmi les femmes».

C'était sans doute utile à rappeler, à l'approche des vacances d'été: période comme chacun sait propice aux libations – enfin se lâcher, se laisser aller: après tant et tant de mois laborieux.

03/05/2013

Une goutte d'eau dans la mer

On vit bien, décidément, à l'Elysée. Puisque, dans la cave à vins du palais présidentiel français, figurent des bouteilles dont la valeur souvent dépasse celle d'un salaire minimum – ainsi, ce Petrus de 1990 évalué à 2 200 €.

Si l'on peut se faire une idée de la richesse du patrimoine oenologique de l'Elysée, c'est parce que François Hollande a décidé de mettre en vente aux enchères (ici) une partie de la cave présidentielle: 1200 bouteilles, soit un dixième de la collection élyséenne. Cette vente, qui a été annoncée cette semaine, permettra le renouvellement de la cave, et en l'occurrence le réinvestissement «dans des vins plus modestes». Ce qui restera du produit des enchères «sera reversé au budget de l'État».

C'est sans doute de bonne guerre, en ces temps d'austérité budgétaire extrême.

Mais c'est peu dire que les quelques milliers ou dizaines de milliers d'euros qui retourneront ainsi dans les caisses de la Nation n'y pèseront que de peu de poids, face à l'ampleur de son déficit actuel (pour rappel: 87,2 milliards d'euros, en 2012). Une goutte d'eau – et non de grand cru, pour le coup –, dérisoire somme toute, dans la mer déficitaire budgétaire.

02/04/2013

Une (luxueuse) page qui se tourne

Une page de l'histoire du grand luxe parisien se tourne. Sur la place de la Concorde, en effet, l'«Hôtel de Crillon» a fermé ses portes, ce week-end. Ces deux prochaines années, il subira de lourds travaux de rénovation visant notamment à installer une piscine et un spa en sous-sol. Cela permettra au vénérable établissement 5 étoiles, lorsqu'il rouvrira (au printemps 2015), de prétendre au label officiel de «palace». Samedi soir, le restaurant étoilé de l'hôtel, «Les Ambassadeurs», avait choisi d'immortaliser l'événement avec un menu gastronomique. Caviar, coquilles Saint-Jacques contisées à la truffe noire et autre dacquoise à la mousse chocolat, pour la modique somme de 280€ (hors boissons, cela va de soi).

Ces derniers jours, le propriétaires de l'hôtel (un prince saoudien) et ses communicants ont beaucoup mis en scène les adieux émouvants, si télégéniques, des fidèles clients. Ainsi que tous les à-côtés de cette fermeture, telle cette vente aux enchères de 2.000 des 7.000 bouteilles de la cave à vin de l'établissement. Ils ont peu rappelé, en revanche, un épisode moins glamour de cette saga de fermeture.

Quand, en janvier dernier, la justice française avait ordonné au «Crillon» de revoir le plan social rendu nécessaire par sa fermeture temporaire. Présenté en novembre 2012, ce plan était considéré comme nettement insuffisant par les syndicats. Un nouveau dispositif a donc vu le jour, en février. Il laisse le choix aux 360 membres du personnel de l'hôtel. Soit ils profitent de l'occasion pour rendre leur tablier et vont voir ailleurs, moyennant un chèque de deux mois de salaire par année d'ancienneté. Soit ils voient leur salaire maintenu pendant les travaux, en échange de quoi, pendant deux ans, ils suivent des formations et/ou sont détachés dans d'autres établissements.

Au pire moment de tension entre la direction et les syndicats sur ce dossier, une bruyante manifestation d'employés mécontents avait eu lieu devant l'établissement. Ce qui, avant même la fermeture de cette fin de week-end, était déjà assez historique.

29/03/2013

Une inexorable progression

Pauvreté, Social, Santé, Art de vivre130 millions. C'est le chiffre de la semaine, et de la saison. Lors de leur campagne d'hiver, qui vient de s'achever, Les Restos du Coeur ont servi un total de 130 millions de repas, dans toute la France. Chaque jour de cet hiver, ce sont 960.000 personnes qui ont été aidées par l’association. Soit 11% de plus que l'an dernier. «Depuis l’hiver 2008 et le début de la crise, les Restos ont été amenés à soutenir 40% de personnes de plus», s'alarme l'association. Qui, durant l'hiver 2013-2014 à nouveau, devra sans doute venir en aide à encore plus de gens.

Et ainsi de suite, année après année. Un hiver après l'autre, donc, rien ne change: toujours plus de précarité, en France.

Rien ne change, si ce n'est, tout de même, une petite chose. De tous temps, c'est chez les personnes démunies qu'on trouve la plus porte prévalence de surpoids, d'obésité et des maladies associées (diabète, hypertension, etc.). Non pas, évidemment, parce qu'elles mangent davantage que les classes moyennes ou les personnes aisées. Mais parce que la nourriture de pauvres, puisqu'il faut bien appeler les choses par leur nom, fait plus grossir. Or, la situation a l'air d'évoluer (un peu), en la matière. Si l'on en croit une étude publiée cette semaine, relative à l'état nutritionnel des bénéficiaires de l’aide alimentaire, en France.

Ce document note que, dans ce domaine, «de légères améliorations ont été observées, depuis 2004-2005». Pas d'euphorie: «l’état de santé des usagers de l’aide alimentaire demeure préoccupant». Mais l'examen clinique et biologique de 422 de ces personnes a permis de constater «l’évolution favorable de certains marqueurs biologiques de l’état nutritionnel, comme la baisse de l’anémie par carence en fer».

On va prendre cela comme la petite bonne nouvelle de la semaine. Ce pays a bien besoin de bonnes nouvelles, en ce moment.

27/03/2013

Un bilan «mi figue-mi raisin»

Education, Santé, Jeunes, Art de vivre, GastronomiePuisqu'on parlait de cuisine hier, il semble que la France ait encore des progrès à faire en ce qui concerne la qualité de la nourriture servie dans les cantines scolaires. C'est en tout cas l'avis de l'association de consommateurs UFC-Que Choisir. Qui, dans 606 communes et établissements scolaires du pays, a analysé la manière dont était respectée «l'obligation de qualité nutritionnelle» faite à ces établissements. Résultat? «Un bilan mi figue-mi raisin».

Côté pile: des progrès en ce qui concerne certains aliments: légumes, produits laitiers ou féculents. Et «une impressionnante montée en régime de la qualité» des repas servis à la cantine des écoles élémentaires. Côté face: la qualité n'est toujours pas au rendez-vous pour les ingrédients de menus tels que la viande rouge, le poisson, les crudités et les fruits frais. Et, autant les écoliers mangent désormais mieux, autant les collégiens et lycéens en sont souvent restés au stade de la malbouffe. «En cause, les menus avec choix, qui laissent les élèves consommer certains aliments à des fréquences très inférieures à la norme». Et le fait que, pas rarement,«la cantine traditionnelle se trouve en concurrence avec des stands de type cafétéria, fast-food ou sandwicherie, avec, en guise d’aliments, des produits fortement déséquilibrés».

Le gouvernement est donc invité à renforcer la réglementation. Par exemple, en interdisant, dans les écoles, «tout mode de restauration alternatif» aux cantines réglementées, et/ou en instaurant un «choix dirigé» quand les élèves ont la possibilité de «menus à choix multiples».

Les syndicats de lycéens, dont on doute a priori qu'ils soient d'office ravis, n'ont pas encore réagi...

26/03/2013

Un corvée, à force

Habiter à Paris et dans sa région, c'est vivre dans un univers ultra-urbanisé et donc, comme tout citadin de grande ville, être censé ouvert à la modernité. Dans certains domaines d'activités, pourtant, le Parisien ou banlieusard moyen reproduit des schémas on ne peut plus traditionnels. C'est le cas en ce qui concerne l'activité culinaire, à en croire une recherche en sciences sociales que vient de publier l'Institut français de la recherche agronomique.

Elle concerne les modalités de préparation du repas du soir, et a été réalisée auprès de 818 ménages vivant dans la région-capitale. Il en ressort que, à Paris et dans sa région tout autant qu'ailleurs, Monsieur remplace très peu fréquemment Madame aux fourneaux, après la journée de boulot: «Avec plus des deux tiers (68%) de femmes chargées de la cuisine quotidienne au sein des ménages interrogés, ces dernières occupent toujours une place centrale en cuisine».

Les femmes en cuisine, donc, à Paris aussi. Pour le plaisir des intéressées? Pas franchement. L'étude confirme que la répétition lasse, que la routine d'une tâche en soi pas désagréable au départ peut la rendre assommante, à force d'être trop fréquemment accomplie. A cet égard, le clivage hommes-femmes est frappant. Au sein des couples parisiens, les hommes qui mettent la main à la pâte «sont 8 sur 10 à déclarer aimer faire la cuisine au quotidien». En revanche, «la moitié des femmes qui cuisinent n’apprécient pas cette activité».

Elle n'en ont que plus de mérite de se la coltiner.

19/03/2013

Une délinquance ordinaire

Société, Art de vivre, JusticeSe souvenir, en regardant un JT de 20 Heures, qu'on est un délinquant ordinaire. C'était hier soir. Quand, retour du boulot, on se faisait le replay de tous les JT de la journée: comme tous les soirs, pour s'assurer qu'on n'avait pas loupé d'actualités. Au 20 Heures de TF1, en l'occurrence, figurait un sujet a priori très anodin: consacré aux Français et à l'institution de la pause-déjeuner. On savait déjà, de longue date, qu'à cet égard, on n'était pas du tout dans la norme: hormis peut-être deux ou trois fois l'an (la veille de Noël ou au mois d'août, quand l'actu est en veilleuse), on n'a vraiment pas le temps pour cela. Ce dont on s'est souvenu, grâce à ce JT, c'est que, en zappant cette pause, on était en infraction avec le Code du travail.

Hier soir, TF1 parlait d'un repos minimum obligatoire de 45 minutes. Ce matin, ce n'est pas exactement ce qu'on a trouvé et lu (ici), dans ledit Code: il parle d'«un temps de pause d'une durée minimale de vingt minutes», «dès que le temps de travail quotidien atteint six heures». Mais peu importe le nombre de minutes: légalement, donc, en France, tout travailleur est tenu de faire une pause, à la mi-journée. On ne manquera pas de signaler cela aux innombrables autres délinquants ordinaires que l'on connaît: travailleurs qui ne demanderaient pas mieux que de ce faire, mais qui n'en ont vraiment pas la possibilité matérielle.

Sinon, autre chiffre cité par TF1: la durée moyenne de la pause-déjeuner des Français s'est effondrée. Elle est passé d'1h38 il y a vingt ans à 22 minutes à présent.

Le ministre Arnaud Montebourg aurait dû le signaler, dans la réponse qu'il fit, l'autre jour, au PDG de la firme américaine Titan. Qui avait caricaturé les travailleurs français comme étant juste bons à travailler pendant trois heures par jour.

12/03/2013

Une fatalité, visiblement

68.000 foyers privés d'électricité. Des centaines d'automobilistes bloqués sur la route, qui ont été forcés d'y passer la nuit. Des TGV, des RER et des bus pour une bonne partie à l'arrêt. Un réseau routier complètement saturé. Les services de déneigement débordés. Le trafic aérien perturbé. Les transports scolaires suspendus. Comme à chaque «offensive hivernale», comme on dit, une bonne partie de la France est en pleine pagaille, ce mardi.

Météo France, pourtant, il y a plusieurs jours déjà, avait prévenu de cette brusque détérioration du climat, survenant à moins de dix jours du printemps. Et, depuis, n'a cessé de renouveler ses bulletins d'alerte, qui ont été amplement médiatisés. Manifestement, cela n'a pas permis aux autorités de prendre toutes les mesures nécessaires, pour éviter que, ce matin, un bon tiers du territoire national connaisse un chaos assez généralisé. On imagine qu'il faut en déduire que pareille galère relève de la fatalité.

Plutôt que de s'en étonner une énième fois (relire ici ou ), on profite de l'occasion pour saluer ces centaines voire milliers de personnes qui, pendant toute la nuit d'hier et sans doute une bonne partie de la journée aujourd'hui, dans des conditions de travail difficiles, ne ménagent pas leurs efforts, pour tenter d'apporter un peu de réconfort: électriciens, secouristes, pompiers, cheminots, agents des routes, des communes ou des préfectures, et l'on en passe. Leur rendre hommage, d'autant que ce sont eux probablement qui, sur le terrain, et même s'ils ne sont responsables de rien, doivent se coltiner toutes les récriminations des Français dans le pétrin. Légitimement énervés par cette nouvelle et gigantesque démonstration d'inefficacité de l'Etat – immuable et inévitable semble-t-il, hiver après hiver.

01/03/2013

Un «lieu de romance»

Art de vivre, Société, FemmesUn peu de légèreté, pour bien terminer la semaine. Et cette info relative aux moeurs amoureuses des Parisiens. Figurez-vous que les habitants de la capitale et de sa région ont plus fréquemment des liaisons amoureuses avec des collègues de bureau que la moyenne générale des Français. A l'échelle du pays, 12% des Français ont déjà vécu une idylle née dans le cadre professionnel, mais ils sont 16% dans ce cas en région parisienne.

C'est une étude sur les Français au bureau, sortie récemment, qui nous l'apprend. Et donne des tas d'infos sur des sujets aussi essentiels que les caractéristiques du pire voisin de bureau, le style d'illu préférée pour le fond d'écran d'ordinateur, ou le nombre de Français apportant au bureau un mug provenant de la maison.

12% des Français donc ont déjà vécu une histoire d'amour au bureau, et 13% ont déjà été témoins d'une liaison entre deux collègues. «Le bureau peut devenir lieu de romance», en déduit l'étude. Mais, au fond, qu'est-ce qui fait craquer les Français, en termes d'apparence extérieure? On en sait un peu plus sur cette question elle aussi capitale, depuis qu'une autre étude est parue, l'autre jour: à l'époque de la St-Valentin.

Art de vivre, Société, FemmesAinsi, à l'en croire, ce que le Français moyen trouve séduisant chez une femme, c'est «un regard charbonneux (39%), sans autre maquillage (28%). Des sous-vêtements sexy, en dentelle ou en satin (67%). Là où vous préférez de loin les jeans (à 80%), les hommes l’apprécient aussi à 48%, mais vous aiment autant en robe ou en jupe (48%), et aiment découvrir vos jambes (42%), sans toutefois être totalement portés sur la mini-jupe (seulement 12%). Mettez plutôt des boots ou des bottines. Un look à la Kate Moss en robe bustier, voire en cat-woman en combi-pantalon, là où vous pensez que la jouer Marilyn marche à tous les coups. A garder en tête : presque un homme sur deux confirme que le style vestimentaire de sa conjointe a eu une influence au début de leur relation, contre seulement une femme sur trois».

Ne reste plus qu'à tester par sondage le taux de séduction, au bureau, du «look cat-woman en combi-pantalon», et on aura fait le tour de la question.

28/02/2013

Une préférence nationale

Faisons écho tout de même à cette petite nouvelle agro-alimentaire tombée en début de semaine, qui a été un peu éclipsée par tout le buzz autour des tribulations politico-judiciaires de ce petit cochon littéraire, qu'on évoquait dans ce blog hier et avant-hier. Une nouvelle qui concerne la France, mais aussi la Belgique. Et qui n'est pas trop bonne pour l'agriculture de ce dernier pays.

Puisque McDonald's-France vient d'annoncer que, d'ici à la fin 2013, dans ses 1 260 fast-food de l'Hexagone, on ne servirait plus que des frites 100% françaises. Aujourd'hui, 70% seulement de ces frites viennent de France, les 30% restants provenant de Belgique.

Ce changement entraînera la plantation en France – principalement dans les départements du Nord et du Pas de Calais – de 4 000 hectares supplémentaires de cultures dévolus à la pomme terre. Et fera passer de 250 à 350 le nombre d'agriculteurs français sous contrat avec Mc Cain: le groupe qui fournit les frites surgelées à la filiale française du géant américain du burger. En revanche, ce sera une perte sèche pour les cultivateurs belges concernés.

A moins que cela nous ait échappé, l'ambassadeur de France à Bruxelles n'a pas été convoqué au ministère belge des Affaires étrangères, pour y être sermonné.

22/01/2013

Un grand classique, à Paris aussi

Paris, Economie, Energie, Art de vivre, MétéoUn grand classique de l'hiver, n'en déplaise aux partisans du tout-nucléaire – dans le deuxième pays le plus nucléarisé au monde qu'est la France. Quand les températures plongent, la consommation d'électricité s'envole, et le réseau en vient à vaciller. Cela vaut aussi, parfois, pour Paris

Ainsi, hier, dans notre bon vieux quartier du onzième arrondissement, les premiers signes de faiblesse du réseau ont commencé à se manifester en début de soirée: des lumières à l'intensité par moments vacillante à partir de 19h30, soit à l'heure où les Parisiens commencent à rentrer du boulot et, arrivés chez eux, rallument le chauffage. Cela a continué comme cela pendant un petit temps. Jusqu'au grand noir, vers 20h15. C'est à ce moment que l'on mesure les joies du tout-électrique français: plus d'éclairage ni de chauffage ni le moindre appareil qui fonctionne, bien sûr, mais aussi plus d'eau chaude et y compris plus de digicode pour entrer ou sortir de chez soi – bref, plus rien. Il a fallu attendre plus d'une heure avant que le courant soit rétabli.

En province, l'hiver, à peu près à chaque grosse chute de neige ou à chaque coup de vent un peu important, des milliers de gens se retrouvent privés d'électricité, parfois même pendant des jours entiers. Rien d'inhabituel. Moins fréquent, en revanche, est le fait qu'une partie de la capitale, en son hyper-centre en plus, se retrouve ainsi plongée dans le noir. Par des températures extérieures qui, si elles étaient fraîches, n'étaient tout de même pas non plus exceptionnelles pour la saison.

Qui sait cela jette-t-il un froid – au propre comme au figuré –, sur l'image de ce pays, censé être la cinquième puissance économique mondiale.

09/01/2013

Une certaine confusion

L’argent ne fait pas le bonheur. C'est ce qu'assure l'adage, et c'est que que vient de confirmer le très sérieux Institut français de la statistique. Qui a enquêté (ici) sur la question auprès de 10 000 Français, en leur demandant d'évaluer leur degré et critères de satisfaction par rapport à leur existence quotidienne.

Résultat? Une note moyenne de 6,8 sur 10, pour l'ensemble de la population. Et davantage d'insatisfaits chez les personnes socio-économiquement aisées (23,4%) que chez les moins favorisées (22,5%). L'Insee en déduit que «d'autres aspects de la qualité de vie, comme la faiblesse des liens sociaux ou le stress dans la vie courante, jouent autant voire davantage que les contraintes financières», dans le degré de satisfaction que l'on a envers sa propre existence.

L'argent ne fait pas le bonheur, mais, selon un sondage Ifop publié ce matin, dans «L'Humanité», «à l’heure actuelle, la lutte des classes est une réalité» en France. C'est ce que pensent 64% des Français. «La lutte des classes n’est pas un mythe», se réjouit le quotidien communiste: «malgré les apparences et le discours dominant, ce jugement a pris de l’ampleur depuis les années 1960: en 1964, seuls 40% des Français interrogés jugeaient qu’elle était une réalité, et 44% en 1967».

En somme, si l'on s'autorise à rapprocher ces deux études publiées au même moment, ce pays a le sentiment d'être le théâtre d'une lutte, mais pour un objectif collectif d'ascension sociale vers un niveau socio-économique où, à titre particulier, on n'est pas forcément plus heureux. Une bataille pour quelque chose de pas d'office folichon, pour le dire autrement – cherchez l'erreur.

Décidément, rien n'est jamais simple.

08/01/2013

Une inexorable évolution

Paris, Economie, Culture, Art de vivreIl se joue en ce moment: le sort du Virgin Megastore des Champs-Elysées. Il se joue au comité d'entreprise extraordinaire du groupe Virgin, qui se déroule ces deux jours-ci à Paris. Et il faudrait vraiment un miracle pour que la procédure de dépôt de bilan entamée par Virgin épargne la grande surface de produits culturels qui, depuis son ouverture en 1988, au numéro 52-60 de la célèbre artère, était devenue un des symboles des Champs.

Si tout se passe comme il est attendu, les 27000 m2 de surfaces du Megastore devraient être occupées prochainement soit par un show-room de Volkswagen, soit par l'enseigne londonienne Harrod's. L'affaire sera sans doute très profitable pour le propriétaire du bâtiment: le fonds d'investissement qatari QIA, qui a racheté l'édifice (pour la bagatelle d'environ 500 millions d'euros) à la mutuelle française d'assurances Groupama – qui, après la crise de la dette grecque, avait un besoin urgent de liquidités. Très profitable, car le nouveau locataire se verra probablement imposer un loyer beaucoup plus élevé que son prédécesseur; on parle de 6 millions d'euros par an.

Outre qu'une disparition du Megastore serait fatale à ses 185 employés actuels, elle constituerait un nouveau mauvais coup porté à la place de la culture dans la «Ville lumière». Après, déjà, la fermeture du centre Virgin du Louvre, la reconversion de la FNAC Bastille en Club Med Gym, et la disparition ou les menaces pesant sur les cinémas «UGC Triomphe», «Le Balzac» ou «Le Lincoln».

Paris, Economie, Culture, Art de vivreEn revanche, sur les Champs, l'univers de la fripe mondialisée (Gap, Levi's, Abercrombie, Adidas, etc.) continue de se porter à merveille, merci pour lui. Tout comme à Saint-Germain des Prés il est parvenu à phagocyter une bonne part des surfaces culturelles, ce qu'il est en train de réussir aussi dans le Marais – dans une indifférence quasi-générale.

Sans doute a-t-on la capitale que l'on mérite.

07/01/2013

Une si belle victoire

Impossible de commencer la semaine sans mentionner cette bonne nouvelle, d'une importance capitale, survenue en France ce week-end. L'Hexagone, cinquième puissance économique de la planète, vient de conquérir un titre de champion du monde.

Cela s'est passé à Nantes. La compétition a opposé des sportifs venus de 33 pays, d'horizon aussi divers que la République démocratique du Congo ou la Bulgarie. La Belgique, aussi, cela dit: pays qui, paraît-il, avait été sacré champion, l'an dernier.

Cette année donc, c'est à la France qu'est revenu le titre. Celui de pays champion du monde de... baby-foot: de football de table, autrement dit – oui, il existe une coupe du monde pour cette activité.

Sans doute est-ce déjà cela.

04/01/2013

Une étourderie fatale

Police, Sécurité, Paris, Art de vivreUne anecdote futile et légère, pour bien terminer la semaine. Elle relate des faits qui se sont déroulés à Paris il y a une dizaine de jours déjà, mais, comme on n'a pas encore eu le temps, depuis, d'en parler dans ce blog, allons-y. D'autant que cela a trait à un péché capital (la gourmandise) et à un trait de caractère (l'étourderie), pour lesquels on a toujours eu une certaine sympathie.

L'affaire a été rendue publique par la préfecture de police de Paris. On livre tel quel son communiqué de presse officiel – le ton utilisé par les pandores est au moins aussi farce que le fond dont il est question.

«A l’heure où le carrosse de Cendrillon se transforme en citrouille, les policiers ont suivi les traces du Petit Poucet et ont interpellé Hansel et Gretel…
Samedi 22 décembre, peu avant minuit, un appel «17 police secours» signale le cambriolage d’une boulangerie-pâtisserie: rue Henri Duvernois, dans le 20ème arrondissement. Les policiers de la brigade anti-criminalité (BAC) locale se rendent immédiatement sur place.
A leur arrivée, ils constatent que la porte d’entrée a été dégondée, les lieux fouillés, et la caisse enregistreuse dérobée. Les voleurs ont disparu, mais leur gourmandise va leur être fatale. En effet, en plus de ce butin, ils se sont emparés de friandises dont ils ont répandu bon nombre dans la rue. Les policiers suivent la piste qui les conduit jusqu’à un stade situé à proximité, où ils découvrent plusieurs personnes qui se dispersent à leur vue; six d’entre elles sont néanmoins interpellées et placées en garde à vue.
La caisse a été retrouvée, de même que des pièces de petite monnaie et de nombreux emballages de sucreries».