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27/11/2015

Une évolution marquante

 Attentats, Politique, Personnalités Une journée bleu-blanc-rouge, ce vendredi, à Paris comme dans l'ensemble du pays. Puisque François Hollande a recommandé aux Français de pavoiser, en l'honneur de la Journée nationale d'hommage aux victimes des attentats du 13 novembre.

L'initiative tricolore de l'Elysée a été très bien accueillie en général, et au Parti socialiste en particulier. Il n'y a pas si longtemps, pourtant, ce parti n'était pas si à l'aise que cela, sur un tel sujet.

Ainsi, quand, en 2007, dans la dernière ligne droite de sa campagne présidentielle, la candidate PS Ségolène Royal avait sorti de son chapeau, à l'occasion d'un meeting, la proposition que chaque chaumière de France dispose d'un drapeau tricolore à domicile. Pour pouvoir fièrement l'arborer, lors des grandes occasions de communion nationale et républicaine. A l'époque, en coulisses, tout le monde ou à peu près, au sein de l'état-major du PS, avait grimacé. Une telle incursion du parti à la rose dans le registre patriotique-cocardier – jusqu'à présent l'apanage de la droite gaulliste ou souverainiste et de l'extrême droite –, ce n'était pas précisément dans sa tradition. Mais très peu de socialistes avaient osé publiquement s'émouvoir de la trouvaille de Ségolène Royal. Tout au plus les "camarades" les plus critiques l'avaient-ils mise sur le compte du caractère décidément imprévisible de la candidate, et de son socialisme si baroque.

Il n'empêche, ce vendredi donc, moins de dix ans plus tard, François Hollande à son tour convie la nation à se retrouver autour du drapeau tricolore. Et cela ne suscite plus le moindre débat, au Parti socialiste.

Depuis deux ans, on parle beaucoup de l'évolution du socialisme au pouvoir en ce qui concerne sa politique socio-économique (son "coming out" social-libéral). Bien placé dans le palmarès des ventes d'essais politiques en ce moment, le livre d'un confrère du "Monde" qui est entièrement consacré au tournant «militaro-sécuritaire» des socialistes, depuis que François Hollande est à l'Elysée – jamais avant lui un Président de la Ve République, à ce stade de son mandat, n'avait autant envoyé la troupe guerroyer à l'étranger. Ce vendredi, donc, illustre une autre évolution marquante du premier parti de la gauche française, cette fois dans son rapport à la Nation, à ses symboles et au patriotisme.