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13/01/2012

Une double palme

S'il y avait une palme hebdomadaire de la déclaration à l'emporte-pièce, le député-maire UMP de Nice (et ex-ministre) Christian Estrosi la remporterait haut la main, cette semaine. L'autre jour, sur une radio, ce sarkozyste de choc n'a rien trouvé de mieux que de s'emporter de la sorte, revenant sur un certain dimanche soir de mai 2007: «C'est indigne de reprocher au Président de la République d'être allé dans une brasserie populaire des Champs-Elysées, ce soir-là!»

Populaire, donc, le «Fouquet's». Vu l'énormité de cette assertion, nombre de médias ont pris un malin plaisir, ces derniers jours, à se pencher sur la carte de cet établissement. Cela donne «28€ le saumon fumé de Norvège en entrée», «54€ le ris de veau braisé», ou «des menus à 80€». A l'UMP, semble-t-il, on n'a pas la même notion que dans le reste du pays de ce qui est, ou pas, accessible au peuple.

La socialiste Martine Aubry, elle aussi, a cru bon d'évoquer la brasserie parisienne préférée des sarkozystes, cette semaine. En vilipendant les «maux» d'un «quinquennat Fouquet's».

Il nous semblait que, depuis une certaine affaire Strauss-Kahn (la Porsche place des Vosges, la suite la plus chère du Sofitel, les pâtes aux truffes dans un resto chic de Manhattan, etc.), le PS n'était définitivement plus le mieux placé pour faire la leçon à la droite, question train de vie. Depuis le cas DSK, le parti à la rose a compris l'image désastreuse qu'un tel affichage de luxe a pu donner, dans l'électorat «populaire» par exemple? Les barons de ce parti la jouent modeste, à présent? Et bien pas tous, semble-t-il; on en a eu confirmation (ici) cette semaine.

Aux prochains scrutins, l'électorat «populaire» va adorer cela: la «droite-Rolex» contre la «gauche-Porsche».

Encore bravo.

17/10/2011

Une défaite (parisienne)

Paris, Personnalités, Aubry, Hollande, RoyalFrançois Hollande, donc, pour représenter le PS à la présidentielle de 2012. On a beaucoup vu ses affiches dans notre onzième arrondissement, dernièrement. Car le vainqueur de la primaire avait choisi de faire son ultime meeting, jeudi dernier, au Bataclan: la grande salle de spectacles du boulevard Voltaire. Ce week-end, on a aussi beaucoup vu des «hollandais» tracter en sa faveur, entre Bastille, République et Nation: dans les rues, aux entrées de grands magasins, ou sur les marchés.

Un activisme en pure perte: hier à Paris, leur champion a de nouveau été battu par Martine Aubry. D'un cheveu, certes: 50,38%. Mais ce n'était pas gagné d'avance pour la maire de Lille, les quatre candidats éliminés au premier tour ayant tous rallié son adversaire.

Dimanche dernier également, au premier tour, elle avait battu François Hollande à Paris: 37% contre 32%. Cela avait particulièrement été le cas dans notre quartier. Dans le onzième, avec 42% des voix, la Lilloise avait carrément devancé son concurrent de 13 points. Succès similaire dans le troisième, le Haut Marais: 38% contre 31%. Succès toujours dans le quatrième arrondissement, voisin: 37% contre 30%. Au vu de ces chiffres, les Parisiens de nos quartiers n'ont pas dû spécialement faire la fête hier soir, à l'annonce de l'investiture de François Hollande.

Une chose encore, à propos du comportement électoral des Parisiens. Dimanche dernier, ils ont infligé une véritable gifle à ... Ségolène Royal.

Dans la capitale, en effet, la candidate socialiste aux présidentielles de 2007 n'a terminé qu'au cinquième rang (6%): devancée par Manuel Valls (8%). Et, dans notre onzième arrondissement particulièrement, elle a mordu la poussière, ne récoltant que 5% des suffrages. Soit très exactement 642 petites voix, sur plus de 13000 votes enregistrés.

14/10/2011

Un lot de consolation?

Comment et dans quelle mesure les présidentiables socialistes ont-ils utilisé les réseaux sociaux pour faire campagne et faire du buzz autour d'eux? Une étude a été consacrée à ce sujet. Même si elle n'aborde cette primaire que par le petit bout, techno, de la lorgnette, elle vient bien à point, trouve-t-on, pour achever la séquence socialiste de ce blog, cette semaine.

 

On y découvre que, sur Twitter, Martine Aubry l'emporte en termes de popularité. Qui, sur ce média, «est calculée à partir du nombre de followers, de reprise dans des listes et le nombre d'abonnés à ces listes». Elle est huit points devant Ségolène Royal, qui elle-même devance d'un point François Hollande. Martine Aubry est de nouveau sur la première marche du podium en termes d'influence: variable calculée «à partir du nombre de followers, de reprise (RT) et de la capacité à démarrer des conversations». Là, elle devance Arnaud Montebourg et Ségolène Royal. En tête toujours, Aubry (devant cette fois François Hollande Hollande et Ségolène Royal) en ce qui concerne l'engagement, «calculé à partir du nombre de tweet, de réponses aux followers et du ratio followers/réponses». La rivale de François Hollande ne cède sa première place (à Arnaud Montebourg) qu'en ce qui concerne la confiance, «calculée à partir du nombre de retweet (RT), du nombre de mentions (via @)».

 

Conclusion ? «Le team Aubry est celui qui a le mieux utilisé la toile et qui ressort en tête de presque tous les critères de l'influence. A noter notamment l'indice de popularité qui est très nettement supérieur à ceux de ses concurrents: sans doute le résultat de sa position de leader de l'opposition de fait et ancienne secrétaire générale du PS. Elle focalise, à ce titre, l'attention, et la suivre devient une sorte de passage obligé».

 

Le succès sur les réseaux sociaux ne se traduisant pas forcément dans la vraie vie, tout cela, bien sûr, n'assure ni n'annonce d'office la victoire de Martine Aubry dimanche: au second tour de cette primaire, où elle affronte François Hollande. Mais au moins, pour elle, cela constituera-t-il, probablement, un lot de consolation.

 

PS: Et puis aussi, si vous êtes branchés réseaux sociaux, cette autre étude, elle consacrée à Facebook. Elle analyse l'impact, pour les présidentiables socialistes, de leur participation aux débats télé: sur leur compte Facebook, etc.

11/07/2011

Un caractère bien trempé

Elle est cash, Martine Aubry, que cela plaise ou pas. Elle s'embarrasse assez peu des conventions. Au passage, ce caractère bien trempé lui vaut la mésestime de pas mal de journalistes – qu'à plusieurs reprises, elle a envoyé balader sans ménagement. Pour ses détracteurs, son côté brut de décoffrage illustre son caractère revêche, teigneux, voire acariâtre. Pour ses partisans, cette singularité de ton est rafraîchissante à l'heure où la parole politique est en permanence si formatée au consensuel par les communicants.

Toujours est-il qu'on vient encore d'avoir une illustration de son tempérament. Avec l'avis, très peu dans l'air du temps, qu'elle a donné sur les réseaux sociaux. Même si elle reconnaît qu'ils ont été utiles lors des révolutions arabes, Martine Aubry ne les aime pas. «Facebook et Twitter, j'ai horreur de ça. C'est typique de cette société où chacun pense à son nombril. Et puis, tous ces faux amis... Ce n'est pas mon truc d'expliquer mes états d'âme». Et son entourage de renchérir: elle «ne va pas utiliser Twitter pour raconter sa vie. Elle est en adéquation avec son identité politique. Aubry n'est pas dans l'autoglorification».

Ce week-end, toute la galaxie tweetée et facebookée de l'UMP a moqué cette tirade. Qui confirmerait l'incroyable ringardise d'une socialiste déjà accusée par la droite d'avoir un projet politique digne des années 80.

Une chose est sure: qu'elle les aime ou pas, Martine Aubry ne pourra faire sans les réseaux sociaux, d'ici à la présidentielle de 2012. On l'entendait ce matin encore, sur une radio, à propos de la dernière livraison du «Twittoscope»: ce baromètre mensuel des personnalités en fonction du nombre de leurs citations sur les réseaux sociaux: «C'est l’explosion de la twittosphère politique! En juin, les 140 personnalités suivies dans ce baromètre ont suscité plus de 675.000 tweets, soit 250% de plus qu’en décembre!» Neuf mois avant le scrutin, donc, les réseaux sociaux sont d'ores et déjà, et plus que jamais, «en ébullition». Et cela ne fait sans doute que commencer.

29/06/2011

Une immunité

On aurait pu parler d'une femme, aujourd'hui dans ce blog. De Christine Lagarde par exemple: première femme à être désignée hier directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). Ou de Martine Aubry, qui, le même jour, a officialisé son entrée en campagne pour les primaires socialistes pour l'Elysée. Voire de Ségolène Royal, dont l'équipe de campagne, au même moment, a envoyé un communiqué de presse titré de la sorte: «Venez votez et vous saisir des primaires» – mais, sans doute, si elle est élue en 2012, son entourage gérera-t-il mieux la France qu'il ne maîtrise l'orthographe...

Et puis non. On avait plutôt envie de parler d'un homme. D'un homme qui, ce mercredi, retrouve son immunité parlementaire alors qu'il vient d'être mis en examen pour «viols en réunion et viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité».

Il s'agit de Georges Tron. Un ex-ministre assez discret et peu connu des Français, jusqu'à ce qu'il soit poussé à la démission après avoir été accusé par des employées de sa mairie de les avoir violées. Il dément catégoriquement, crie même au complot, et a bien sûr droit à la présomption d'innocence. Si, malgré les charges gravissimes qui pèsent sur lui, il retrouve aujourd'hui son immunité, c'est en vertu de la dernière modification en date de la Constitution. Qui prévoit que les ministres ayant perdu leur portefeuille retrouvent désormais automatiquement leur siège de député, sénateur ou eurodéputé un mois après avoir quitté le gouvernement.

Une immunité donc, malgré des soupçons de viols et agressions sexuelles en réunion.

Il s'agit de l'application stricte, mécanique pour ainsi dire, de la loi. Ni plus, ni moins. Il n'empêche, on ne nous ôtera pas de l'idée qu'une telle pratique ne va pas précisément contribuer à redorer l'image des élites dans cette opinion française où, déjà, la classe politique dans son ensemble ne jouit pas d'un très grand crédit.

17/06/2011

Une épreuve, des résultats

«Ressentir l'injustice m'apprend-il ce qui est juste?», «L'homme est-il condamné à se faire des illusions sur lui-même?», ou «L'art est-il moins nécessaire que la science?» Quelques-unes des questions existentielles qui figuraient donc parmi les sujets de dissertation du bac de philo, hier. Si vous voulez élire votre sujet préféré parmi ceux-ci et d'autres qui ont été proposés ces dernières années, une radio française organise une consultation: ici.

A l'occasion de ce bac 2011, la presse française, qui parfois peut être malicieuse, s'est amusée à aller retrouver les résultats qu'avaient obtenus à l'épreuve de philo les bacheliers qui, aujourd'hui, briguent ou pourraient briguer l'Elysée. Nicolas Sarkozy, décidément peu philosophe, n'a obtenu que 9/20 à cette épreuve. Jean-Louis Borloo, son ex-ministre et futur possible rival à droite pour 2012, a fait deux fois mieux: 18/20. Quant à François Hollande et Martine Aubry, aujourd'hui au coude à coude dans les sondages pour l'investiture socialiste, à l'époque déjà, ils étaient à égalité: 13/20.

Interrogé sur ses performances d'adolescent, le ministre de l'Education, Luc Chatel, a fait sangloter dans les chaumières en révélant qu'il n'avait pu passer cette épreuve de philo en juin, cette année-là. Car, à ce moment, il était hospitalisé pour une méningite foudroyante. Il passa donc le bac de rattrapage en septembre. Avec succès, mais cela ne l'a pas empêché, l'autre soir sur un plateau de télé, de sécher misérablement sur un problème figurant au programme des élèves de CM2 – pour les lecteurs non-français de ce blog: des écoliers âgés de 9 ou 10 ans. Ce n'était pourtant qu'une banale règle de trois.

Au moins ledit ministre sait ce qu'il lui reste à faire si d'aventure en 2012 il était, comme son Président, renvoyé dans l'opposition: un bon petit recyclage.

22/04/2011

Un champion (du gazouillis)

twittoscope.jpgIl a beau être impopulaire comme jamais un Président français ne l'a été à un an d'un scrutin présidentiel, dans ce domaine au moins, il demeure le n°1. Nicolas Sarkozy reste, et de loin, la personnalité politique la plus tweetée de France. Il totalise à lui seul un petit tiers (82.500) des 280.000 tweets enregistrés dans le dernier «Twittoscope» de la Sofres. Le chef de l'Etat fait quasiment deux fois mieux que la deuxième du classement, la frontiste Marine Le Pen (45.000).

Dominique Strauss-Kahn décroche la médaille de bronze (17.600 tweets). Six personnalités dépassent les 10.000 tweets mensuels: les socialistes Ségolène Royal et Martine Aubry, le leader de l'UMP Jean-François Copé, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, son collègue des Affaires étrangères Alain Juppé, et le bon vieux Jacques Chirac.

Nuance: un nombre élevé de tweets ne signifie pas automatiquement une forte adhésion. Car, a calculé la Sofres, quatre cinquième des tweets analysés sont de simples échanges d'information: ils se bornent à évoquer la personnalité concernée ou son actualité, sans contenir d'opinion positive ou négative à son égard. Seul un sixième (16%) des tweets sont critiques. Sans surprise, les personnalités suscitant beaucoup de tweets critiques sont les si sulfureux ministres Claude Guéant ou Eric Besson. Particularité: «les personnalités qui obtiennent des scores de tweets positifs sensiblement plus élevés que la moyenne sont toutes issues de formations de gauche». Un hasard? Non, se hasarde la Sofres. Cela «pourrait laisser à penser que l'e-démocratie trouverait plus facilement sa place à gauche, du fait d'une culture partisane plus discursive et/ou d'un personnel politique plus accoutumé au dialogue horizontal».

Ce qui est sûr, en tout cas, c'est qu'il y a de l'effervescence dans tout cela. «A un peu plus d'un an de la présidentielle, l'agora politique que constitue Twitter a largement dépassé le demi-million de tweets mensuels, sur les 140 personnalités suivies». Plus que jamais, donc, la vie politique française suscite un intense gazouillis. Et, bien sûr, cela ne fait que commencer.

17/02/2011

Un langage

nombril.jpgComme tous les métiers combinant une forte notoriété publique et une grosse charge de travail, la politique nécessite une fameuse dose d'ego. Et un certain nombrilisme? C'est ce qu'on pourrait déduire d'une étude sortie il y a quelques jours, consacrée au langage des personnalités politiques françaises. On y découvre qu'en France, le mot préféré des politiques – mais sans doute est-ce la même chose dans tous les pays et dans toutes les langues – n'est autre que le terme... “je” .

Pour cette étude, les discours, interviews et autres interventions de 35 personnalités politiques françaises, prononcés entre janvier 2000 et juin 2010, ont été disséqués. Au bas mot, c'est le cas de le dire, 500.000 termes de chacune de ces personnalités ont été passés au peigne fin. Il en ressort donc que c'est le “je” qui y revient le plus souvent. A raison de 22,97 occurrences par 1000 mots, très précisément. Nicolas Sarkozy est le champion toutes catégories de l'utilisation du “je” –  comme du “moi”, d'ailleurs. Le suivent la socialiste Ségolène Royal et le centriste François Bayrou. Rien d'étonnant à cela: comme le signalent les auteurs de cette étude, ce nombrilisme lexical est «le reflet, sans doute, d'une présidentielle 2007 très axée sur la personnalité même des candidats, avec un besoin d'incarner sans doute plus fort encore qu'auparavant dans la Ve République».

Sinon, on trouve davantage de confirmations que de révélations dans ce travail. Et même quelques constatations qui enfoncent des portes ouvertes. Ainsi, rien d'étonnant à ce que les termes “immigration” ou “sécurité” soient beaucoup utilisés par les ministres de l'Immigration et de l'Intérieur respectivement. Quelques petites informations pas totalement inintéressantes, tout de même.

Ainsi, pendant la période étudiée, c'est le tribun souverainiste Philippe de Villiers qui a le plus utilisé le plus le mot “France”. La socialiste Martine Aubry, elle, est de loin celle qui emploie le plus souvent le mot “social”. La mère de la loi sur les 35 heures a aussi le plus fréquent recours au terme “travail”, mot qu'emploie beaucoup aussi Nicolas Sarkozy («réhabiliter la valeur travail», etc). Jean-Marie Le Pen adore évoquer "l'Europe" et la "nation". François Bayrou ne cesse de parler de la "démocratie" et des "citoyens". Jacques Chirac a un tic verbal – si par extraordinaire cela vous avait échappé, c'est le terme "naturellement". L'écologiste Cohn-Bendit met surtout en avant des "problèmes". Et Marine Le Pen utilise énormément le qualificatif "national" alors que son père, lui, parlait plus volontiers du "peuple".

mots.jpgEt, pour conclure sur le sujet, cette anecdote prouvant à merveille, une fois de plus et si besoin en était, combien le langage traduit/trahit décidément le locuteur. Les termes "Nicolas Sarkozy" ont été cités le plus souvent par... le jeune trotskiste Olivier Besancenot, jadis couronné dans les sondages comme étant le meilleur opposant au Président. Et ils ont été cités le moins souvent par, on vous le donne en mille, le meilleur ennemi-ami de 30 ans de l'hôte de l'Elysée: un certain Jacques Chirac.

03/12/2010

Une boutique épatante

Reparlons aujourd'hui du PS, qu'on évoquait hier, mais sur un mode infiniment plus léger – pour bien terminer la semaine. Ces jours-ci, période de shopping de Noël oblige, le parti de Martine Aubry a annoncé l'ouverture de sa nouvelle boutique en ligne. On s'y est évidemment précipité, et on y a découvert des tas de choses épatantes.

Ainsi, au rayon «La gamme militante», cet assortiment de 100 ballons de baudruche multicolores, «pour toutes les manifestations socialistes». Ou ce «fanion plastifié PS»: «indispensable pour une meilleure visibilité». Ce ravissant «parasol PS avec socle», aussi: «pour les marchés, les rassemblements». Surtout, ce renversant «clap-clap applaudisseur»: «Faites-vous entendre, applaudisseur, je suis aussi une pancarte 680 mm x 310 mm».

Nos deux articles préférés, toutefois, sont sans conteste ce lot de préservatifs masculins sur la pochette desquels figure ce slogan essentiel: «Il ne peut y avoir révolution que là où il y a conscience». Au moment du passage à l'acte, cela doit motiver. Ainsi que, repéré au rayon appelé «La boîte à bidules», ce mug orné du slogan «What would Jaurès do?»: «à collectionner et à utiliser! Matière porcelaine 10 cm x 8 cm Haute résistance lave vaisselle et micro-onde, contenu: 25 cl. Livré dans sa boîte individuelle. Fabriqué en Europe». 12 euros le mug militant, tout de même. Mais on peut l'assortir avec un «tee-shirt à message» garni du même slogan. Blanc ou noir, «100% coton bio», oui madame. Cela doit donner envie de changer le monde que de prendre son petit-déj' avec, face à soi, le/la/ militant(e) de sa vie en train de boire son café dans un tel mug et arborant un tel tee-shirt en guise de pyjama.

Mais désolons illico nos lecteurs bien bâtis en précisant que le modèle «homme XXXXXL» (bigre) n'est déjà plus disponible. Sans doute, en ces temps de rivalités croissantes entre camarades présidentiables, ces tee-shirts ont-ils déjà tous été achetés par les gros bras du service d'ordre du PS.

02/12/2010

Un silence peu glorieux

logo_ps.jpgSix lignes. C'est tout ce que le Parti socialiste de Martine Aubry, ces jours-ci, a réussi à pondre sur la situation en Côte d'Ivoire, pays à nouveau au bord du chaos. Abidjan est très loin de Paris? L'on s'éloigne beaucoup, ce jeudi, de l'objet de ce blog? Oui, mais ces six lignes sentent tant la langue de bois et contiennent tant silences révélateurs qu'elles en disent long.

Ainsi, on n'y trouve pas un mot sur les dix ans de règne du si contestable Président Gbagbo, au bilan aussi lourd en ce qui concerne les droits humains par exemple. Pas un mot non plus sur les manoeuvres de l'intéressé ces derniers jours, pour différer voire empêcher la proclamation des résultats de l'élection présidentielle. Pas davantage un mot de justification sur les compromissions du PS français – et, au-delà, de l'Internationale socialiste dans son ensemble – avec cet autocrate. Ainsi, l'autre jour, Jack Lang s'est discrètement rendu en Côte d'Ivoire et a fait meeting avec Laurent Gbagbo. Qu'il a qualifié de «candidat du coeur, de l'amitié, de la fidélité», de «camarade socialiste» et de «progressiste» – on croit rêver/cauchemarder. Pas non plus un mot du PS, bien sûr, sur l'incohérence existant entre ce soutien si appuyé de Jack Lang et la ligne des socialistes français, qui, depuis 2004, officiellement jugent Laurent Gbagbo «infréquentable».

Beaucoup de silences peu glorieux, donc.

C'est notamment dû à des problèmes de personnes. Comme s'en est vanté Jack Lang a Abidjan, Laurent Gbagbo «eut naguère des liens personnels avec François Mitterrand». Le même Gbagbo est aussi un vieux copain de fac, à la Sorbonne, de celui qui fut très longtemps le «Monsieur Afrique» du PS: un homme de l'ombre totalement inconnu du grand public, mais omnipotent dans son parti et influent à l'Internationale socialiste. En outre, l'opposant n°1 au Président ivoirien, l'ex-Premier ministre Allasanne Ouattara, est plutôt proche de Nicolas Sarkozy. «Il prend l'apérifif à l'Elysée à chacun de ses séjours à Paris», rappelait hier encore le spécialiste de l'Afrique, Antoine Glaser. En revanche, la relation entre Laurent Gbagbo et Nicolas Sarkozy, et surtout avant lui avec Jacques Chirac, a toujours été plus difficile.

A contrario, tout cela sufffit sans doute au PS pour, sans le dire et donc probablement sans en être très fier, faire la cour à l'autocrate ivoirien. Mais cela ne rend pas la politique africaine de ce parti très honorable, ou même simplement crédible et sérieuse. Et, sauf progrès dans les 17 mois à venir, cela promet pour la diplomatie de la France si, en 2012, les socialistes reviennent à l'Elysée.

26/11/2008

Une disparition

Cela doit être la première mesure prise par Martine Aubry, qui a été proclamée hier soir nouvelle patronne du Parti socialiste.

 

Hier encore, en fin d’après-midi, sur le site d’enchères eBay.fr, on pouvait trouver un objet intitulé «Parti socialiste, peu utilisé, vendu sans capitaine» mis en vente par un petit plaisantin. Il était classé dans la catégorie «Sports collectifs». Annoncé «de couleur rouge» ainsi qu’à l’«état d’occasion». «Le vendeur n'accepte pas les retours pour cet objet», était-il précisé dans l’annonce. Mais la livraison était entièrement gratuite. L’objet avait été mis en vente le 16 novembre, soit au lendemain du calamiteux congrès de Reims. Son prix, à l’époque, avait été fixé à un euro. Depuis, il avait suscité 20 enchères, qui avaient fait grimper sa valeur jusqu’à 10 millions d’euros.

 

Rebondissement. Ce matin, sur la même page d’eBay, plus rien. Plus de PS mis aux enchères. Disparu. Volatilisé comme par enchantement. N’y subsistent que de misérables et cafardeux jeux de cartes, pin’s, cravates et autres gadgets logotés socialistes. Autant d’objets qui, visiblement, n’intéressent personne. Ce matin,  les 22 articles référencés socialistes proposés sur eBay n’avaient totalisé qu’une demi-douzaine d’enchères. Et personne ne surenchérissait même sur de merveilleux pin’s de la fédération du Nord, le fief de Martine Aubry, proposés 3 euros la pièce. Si ça tombe bien demain matin, pour laver cet affront, les grands communicants de la rue de Solférino les auront dicrètement fait disparaître d’eBay.