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18/04/2016

Un écolier sur deux

Histoire de commencer la semaine en fanfare, une nouvelle entendue dernièrement sur une radio locale () et qu'on continue à trouver décidément effarante, malgré les jours passant. Cela concerne les enfants de Seine-Saint-Denis, le grand département populaire du Nord de Paris. Et, singulièrement, leurs aptitudes sportives.

Dans ce département, une piscine olympique sera construite, si Paris obtient l'organisation les JO de 2024. En attendant, pour le moment, un écolier sur deux... ne sait pas nager.

C'est beaucoup dû au manque criant d'équipements: on ne compte que 35 piscines dans le "9-3". Pour une population de plus d'un million et demi d'habitants. Ajoutons que la pénurie chronique d'enseignants qui affecte ce département, et fait se mobiliser les parents d'élèves (voir ), ne contribue probablement pas à l'éducation sportive des enfants.

Heureusement que François Hollande avait demandé à être jugé sur le critère de la jeunesse, à l'issue de son quinquennat. Sur la question de savoir si les jeunes seront en meilleure situation à la fin de son mandat par rapport à ce qu'était leur sort en 2012. Jugerait-on l'hôte de l'Elysée sur l'état, non de la jeunesse en général, mais de l'enfance en particulier, et singulièrement à l'aune du sort qui est réservé aux gosses des quartiers urbains les plus déshérités, que cette évaluation ferait mal.

Encore bravo.

 

PS: En revanche, s'il est besoin de le souligner, aucune carence en piscines à Paris même. Et a fortiori dans les quartiers bobos de la capitale, comme notre onzième arrondissement. Là, au contraire, l'évolution a été spectaculaire, ces dernières années. L'amplitude des heures d'ouverture des piscines est désormais telle qu'on peut sans problème s'y rendre dès très tôt le matin, et jusque tard après la nuit tombée.

Sans doute a-t-on les priorités que l'on se donne.

15/04/2016

Un prix à payer

Paris, Banlieues, Economie, Social, Art de vivreParis, ville magnifique. Ville agréable à vivre, aussi, globalement. Mais ville chère, décidément. Une étude vient de quantifier cela de manière précise.

8,8%. Selon les calculs de l'Institut de la statistique (Insee), c'est le surcoût moyen des prix pratiqués en région parisienne, par rapport à la moyenne nationale. C'est dû en grande partie au coût des loyers, qui y sont supérieurs de près de 50% par rapport au reste du pays. Plus largement, les dépenses relatives au logement (eau, entretien, gaz, électricité, etc.) sont plus élevées de 24,7% à Paris et et dans sa banlieue qu'en province. Cet écart vaut aussi pour la santé (des dépassements d'honoraires médicaux plus fréquents dans la capitale qu'ailleurs, par exemple), pour les loisirs, la culture et l’hébergement. Ainsi que, dans une mesure un peu moindre, pour l’alimentation, la restauration, les transports, les meubles et les vêtements.

Ce coût de la vie moins abordable est toutefois pondéré. Par la différence de rémunération: «le salaire horaire net moyen d’un ouvrier ou d’un employé est de l’ordre de 8% à 10% plus élevé» dans la région-capitale qu’en province.

Oui, mais cela ne vaut que pour les Parisiens et les banlieusards qui bénéficient d'une rémunération digne de ce nom. En revanche, pour les exclus, les précaires, les chômeurs en fin de droit, les travailleurs condamnés aux petits boulots à temps partiel, les jeunes peu aidés par leurs parents, les seniors ne touchant que de petites retraites, et pour tous ceux qui peinent à boucler leur fin de mois, le coût de la vie dans la capitale et sa région devient rapidement prohibitif. D'où, sans doute, le succès de la mobilisation actuelle contre la précarité, à Paris. Où, proportionnellement, ce mouvement semble rencontrer davantage d'écho qu'en province – même s'il y a fait tache d'huile.

12/04/2016

Une amélioration qui tarde

Cela ne se dégrade pas vraiment. Mais cela ne s'améliore pas non plus considérablement.

C'est, en gros, la conclusion que l'on peut tirer du dernier rapport annuel en date sur la qualité de l'air à Paris et dans sa banlieue, qui a été rendu public il y a peu. Malgré tous les efforts entrepris, près d'1,5 million d'habitants de cette région restent quotidiennement exposés à une pollution atmosphérique qui excède les normes réglementaires. Il s'agit essentiellement des riverains qui résident à proximité des grands axes de circulation (le périph', etc.).

Si l'on regarde la situation polluant par polluant, cela s'améliore un peu en ce qui concerne le dioxyde d'azote. En revanche, la pollution aux particules fines, à l’ozone et au benzène stagne à des niveaux préoccupants.

Ce n'est évidemment pas un hasard politique: le jour même où ce bilan annuel – très moyen, donc – a été rendu public, la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal a fait un peu de com'. Elle a annoncé la publication de l'arrêté qui est censé gérer de manière plus réactive et efficace les épisodes de pollution atmosphérique, dans la capitale imposition moins compliquée qu'avant de la circulation automobile alternée, etc. Et, comme cela semble une habitude désormais, la mairie de Paris (voir ici ou ) a réagi tièdement à cette com' ministérielle. Pour l'Hôtel de ville, en effet, le gouvernement ne va toujours pas assez loin, en la matière.

L'Etat et la Ville qui continuent à se chamailler. Et, en attendant, les Parisiens et les banlieusards qui respirent toujours aussi souvent un air empesté. Pas grand-chose ne change, donc, dans les faits.

23/02/2016

Un mauvais bilan, forcément

Puisque ce blog évoquait les transports hier, relater ces mauvais chiffres qui viennent de sortir, relatifs à la ponctualité des transports publics parisiens en 2015.

Décidément, cela ne s'arrange pas. Pas la moindre ligne de RER n'a rempli les objectifs qui lui avaient été assignés. La palme de l'irrégularité revient encore et toujours au RER A, qui n'a affiché que 84% de trains à l’heure – encore moins bien qu'en 2014. S'agissant des lignes de trains SNCF "Transilien", une seule sort du lot.

Dans le métro, en revanche, cela va mieux. Hormis, bien sûr, pour la satanée ligne 13, plus saturée que jamais. Globalement, l'objectif de 95% de métros à l'heure a été respecté. Le taux de 100% qu'affichent la 1 et la 14 est, bien sûr, artificiel, puisque ce sont des lignes entièrement automatisées – ce qui, cela dit, ne les met pas à l'abri de gros couacs (cfr )

Ce très mauvais bilan est dû en partie à l'année si dramatiquement particulière que Paris et sa banlieue ont vécue, en 2015: les attentats de janvier puis de novembre, et le renforcement considérable du dispositif d'alerte anti-terroriste. Cela a entraîné nombre d'interruptions et de ralentissements de trafic, dus par exemple à la multiplication des alertes pour colis suspects (relire par exemple ici ou ).

15/01/2016

Une diversification bienvenue

Paris, Culture, Musique, BanlieuesUn peu de culture, pour bien terminer la semaine. Et, en l'occurrence, le constat du succès remporté par la Philharmonie de Paris, qui fête son premier anniversaire cette semaine. Et qui, visiblement, a remporté un pari pourtant pas gagné d'avance. Celui d'élargir un peu les origines sociologiques du public de la culture musicale de haute volée.

La Philharmonie a succédé à la salle Pleyel. Celle-ci, située dans les beaux quartiers parisiens, fonctionnait beaucoup dans l'entre-soi. Le pari a été de faire rentre l'institution dans une zone nettement plus populaire de la capitale: porte de la Villette, en bordure du périphérique. Coup de poker gagnant. En un an, confirmant ses débuts fulgurants, le nouveau temple parisien de la musique classique a accueilli 1,2 million de visiteurs, soit bien davantage que les 800.000 escomptés au départ. Près de la moitié (42%) de ces visiteurs vient des arrondissements du Nord et de l'Est parisiens: pas les plus aisés de la capitale. Surtout, alors que 60% des spectateurs de Pleyel étaient des Parisiens, les habitants de la capitale sont désormais minoritaires (48%) à la Philharmonie. Le public en provenance de l'étranger (21%) a doublé. Et près d'un spectateur sur trois (31%) vient de banlieue. Dont 19% de la Seine-Saint-Denis: le département le plus défavorisé de la région capitale.

La nouvelle institution, malgré sa naissance dans la douleur (relire ici, notamment), a donc fini par remplir sa promesse de diversification et d'ouverture de son horizon. C'est sans doute le plus bel hommage posthume qu'elle pouvait rendre à son père spirituel: Pierre Boulez, qui vient de disparaître.

11/12/2015

«Une immense fierté»

Elections régionales, Paris, Banlieues, TerrorismeLe second tour des élections régionales, ce week-end en France.

Donc, comme ce blog n'a pas encore eu l'occasion de le faire, depuis le premier tour, il est plus que temps de revenir rapidement sur la manière dont, dimanche dernier, ont voté les Parisiens (voir ) habitant le dixième et le onzième arrondissements. A savoir, les deux quartiers qui ont été endeuillés par les attentats du 13 novembre: il y a quatre semaines jour pour jour, ce vendredi.

Deux enseignements, pas inintéressants.

D'une part, les quelque 70.000 votants de ces deux quartiers ont fait partie des Parisiens qui ont le moins voté Front national. Alors que, dans tout le pays, ce parti a vu sa dynamique électorale renforcée, après les tueries. Le FN n'a recueilli que 7,3% et 7,5% des suffrages dans ces deux arrondissements, respectivement,. C'est très inférieur au score qu'il a réalisé dans l'ensemble de la capitale (9,7%). «Le peuple de Paris a défié la peur en répondant dans les urnes avec une dignité qui déjoue la stratégie des terroristes et qui m’inspire une immense fierté», a commenté la maire (PS), Anne Hidalgo, dimanche dernier.

D'autre part, les Verts – critiques à l'égard du virage ultra-sécuritaire de l'exécutif Hollande-Valls, après les attentats (l'état d'urgence, etc.) – ont réalisé leurs meilleurs scores parisiens notamment dans ces deux arrondissements ensanglantés, le mois dernier. 15,9% d'électeurs écologistes dans le dixième, 14,7% dans le onzième: loin devant le piètre score des Verts à l'échelon national. Du coup, au final, dans la capitale, le FN n'arrive qu'en quatrième position, derrière la droite sarkozyste, les socialistes et les écologistes.

Le Front n'en a pas moins recueilli plus de 18% des suffrages dans l'ensemble de la région parisienne. C'est deux fois plus qu'aux élections régionales de 2010. Et il a culminé jusqu'à plus de 30% en grande couronne parisienne: dans les zones rurales de la banlieue Est.

10/12/2015

Une régularité perturbée, à nouveau

La sécurité dans les transports ferroviaires en cette période d'alerte terroriste maximale – que ce blog évoquait hier , c'est l'actualité de ce jeudi, à Paris et dans sa banlieue. En effet, le trafic est fortement perturbé sur le RER A (1,2 million de voyageurs chaque jour), à la suite du dépôt d'un préavis de grève concernant précisément ce sujet.

Quatre syndicats contestent les consignes qui leur ont été données par la direction, relatives à la réaction à avoir face à des colis abandonnés et suspects. Ils jugent ces directives inadaptées, insuffisamment claires et précises, voire dangereusement laxistes. Ainsi, selon le syndicat CGT-RATP, «certaines valises laissées sur les quais sont ouvertes sans prévenir la police» (ni donc les démineurs), sur ordre des directeurs de stations. Plusieurs témoignages émanant de conducteurs du RER, relayés aujourd'hui par les médias, vont dans ce sens. La direction de la société de transports, elle, nie catégoriquement tout laxisme.

Depuis les attentats du 13 novembre, le nombre de signalements de colis suspects ou bagages abandonnés a été quadruplé, dans les transports urbains parisiens. Ce phénomène avait déjà été noté après les tueries de janvier (relire ). Parfois, les désagréments occasionnés par ces fausses alertes sont considérables. Par exemple, fin novembre, pas moins de cinq lignes de métro (cinq!) ont vu leur fonctionnement interrompu pendant près d'une heure, à cause d’une fausse alerte due à un colis suspect découvert à la station "République". D'où, des dizaines de milliers d'usagers plongés dans la galère.

Pareillement, comme au début de l'année, ce contexte sécuritaire et anxiogène ambiant a pour effet de faire dégringoler la ponctualité des transports, à Paris. En effet, chaque déploiement du dispositif de sécurité en cas d'alerte implique en moyenne (et au minimum) une heure d’interruption de trafic dans la station ou gare concernée, ainsi que sur les lignes en correspondance.

20/11/2015

Un réflexe habituel

Sans communiquer officiellement sur le sujet, la RATP a fait savoir que, depuis lundi, elle avait enregistré une baisse de fréquentation de près de 10% sur son réseau métro et RER. Le phénomène serait plus marqué dans les stations desservant les lieux touristiques. La SNCF, pour sa part, fait état d'une réduction, samedi dernier, de 50% de son nombre habituel de passagers en région parisienne. Le début de semaine qui a suivi, le trafic a enregistré une baisse limitée à 5-10%. Depuis mercredi, les choses sont revenues à la normale.

Cette chute de fréquentation est sans doute en partie mécanique: due à la fermeture temporaire de grands monuments et sites touristiques parisiens qui attirent nombre de visiteurs utilisant les transports publics (tour Eiffel, Louvre, Invalides, château de Versailles, etc.). Ces points d'attraction n'étant plus accessibles, cela a automatiquement joué sur l'intensité du trafic. Mais un réflexe de peur collective a aussi pu jouer. En effet, il n'est pas rare que, en période sécuritaire extrêmement tendue, les gens hésitent à emprunter les transports publics, qu'ils considèrent comme des cibles potentielles faciles pour les terroristes. Les sociétés de transport, pourtant, depuis les tueries de vendredi et comme à chaque alerte terroriste, ont renforcé leur dispositif de sécurité (voir ici, par exemple).

Mardi matin, en tout cas, un pic historique de 521 km de bouchons a été enregistré en région parisienne. Le précédent record, qui était pourtant récent, a donc été battu haut la main. Ce n'est qu'au fil des des jours suivants que la situation s'est globalement stabilisée, avec une moyenne quotidienne de 300 km de retenues.

En janvier, déjà, dans la foulée des attentats, le nombre de km de bouchons sur les routes de Paris et sa région avait connu de brusques et brèves envolées (relire ), avant de se stabiliser.

28/10/2015

Un changement si lent

Banlieues, Jeunesse, Histoire, Police, Sécurité, TransportsOn serait bien allé à Clichy-sous-Bois, hier. Ville de la banlieue de Paris qui a commémoré la mort, il y a dix ans, de Zyed Benna et Bouna Traoré. Les deux ados qui ont péri électrocutés dans un transformateur EDF le 27 octobre 2005, à l'issue d'une course-poursuite avec des policiers – le drame déclencha une vague mémorable d'émeutes urbaines, dans toute la France. On serait bien allé relater les cérémonies commémoratives de cet événement marquant, mais l'actualité par ailleurs en a décidé autrement.

Aurait-on eu le temps d'aller à Clichy qu'on aurait pu à nouveau remarquer combien, dix ans plus tard, tous les problèmes soulevés par cette crise des banlieues n'ont pas encore été réglés – loin s'en faut.

Ainsi, pour ne prendre qu'un seul exemple – mais bien concret, et qu'on trouve assez parlant – , l'enclavement de cette ville. Qui est dénoncé depuis des lustres par ses habitants, et qui les préjudicie fortement: pas simple, quand on vit dans une municipalité très mal desservie par les transports publics, de trouver un emploi, un stage, une formation, une crèche, une bonne école, ou tout le reste. C'était déjà le cas en 2005, et cela n'a pas changé en 2015. Il faut toujours compter au moins 1h30 de trajet si l'on veut se rendre en transports en commun à Paris, au départ de Clichy. Ville pourtant distante d'une vingtaine de kilomètres à peine de la capitale. Dix ans plus tard, on attend toujours que se concrétise le projet d'extension de la ligne de tramway T4 jusqu'aux villes de Livry-Gargan, Clichy-sous-Bois et Montfermeil. Ce tramway prolongé ne sera pas opérationnel avant 2018, au mieux.

Un délai si long. Un changement si lent. Il ne faut dès lors pas s'étonner que subsiste un sentiment très fort de relégation, chez ces habitants.

27/10/2015

Une bonne nouvelle, annonciatrice?

Une hirondelle ne faisant jamais le printemps – a fortiori en plein automne... – ne pas s'emballer. Mais, tout de même, ne pas passer cela sous silence.

La bonne nouvelle a surpris tout le monde, hier soir. En septembre, la France a connu sa plus forte baisse mensuelle du chômage (-24000 chômeurs) depuis... huit ans. Ce n'est vraiment pas anodin. En 2015, ce n'est que la troisième fois que de tels chiffres mensuels positifs tombent. Et c'est le sixième mois seulement de baisse du chômage depuis que François Hollande est arrivé à l'Elysée, il y a 41 mois. En plus, et concernant là plus précisément l'objet de ce blog, une fois n'est pas coutume, la tendance à Paris et dans sa région est encore meilleure que dans le reste du pays.

Une baisse d'1,2% du nombre de demandeurs d'emplois y a été enregistrée, à comparer à la diminution de 0,7% à l'échelle nationale. Ce qui titille surtout les analystes, c'est l'envolée de l'intérim, dans la "Ville lumière" et sa banlieue. Or, les chiffres de ce type d'emploi sont généralement considérés comme prédictifs de l'évolution à venir, à quelques mois de distance, de l'emploi au sens large. Si tel le cas, la région parisienne peut avoir tous ses espoirs. Le mois dernier, en effet, l'intérim y a crû carrément de 6%. Cela a concerné aussi bien l'industrie (+10%) que le commerce (+9%) et les transports (+6%). Le mouvement a bénéficié à la fois aux travailleurs non-qualifiés (+13%) et aux cadres et professions intermédiaires (+9%). Surtout, il n'a pas laissé de côté les départements parisiens les plus frappés par le chômage, le chômage des jeunes en particulier. Ainsi, l'intérim a bondi de 21% le mois dernier en Seine-Saint-Denis, et de 12% en Essonne.

Malgré cette bonne nouvelle nationale – et donc parisienne encore plus – , la France compte toujours 5,7 millions de chômeurs, toutes catégories confondues. Ce qui n'est tout de même pas rien.

22/10/2015

Une ségrégation résidentielle (suite)

Paris, Banlieues, Social, Pauvreté, LogementLa région parisienne concentre à elle seule près de la moitié de la population installée dans des bidonvilles en France, écrivait ce blog, l'autre jour (), sur foi du dernier rapport en date de la Fondation Abbé Pierre. Selon la préfecture de région, qui vient de faire le point sur la question, il serait plus juste de parler d'un tiers des bidonvilles du pays qui se situent en banlieue et à Paris. Les autorités ont d'ailleurs quantifié de manière assez fine la population Rom qui (sur)vit dans la région-capitale.

7144 personnes, très précisément, dont un tiers d'enfants. Soit un chiffre à peine moins élevé que celui de l'an dernier, malgré les opérations d'évacuation forcée et de démantèlement ayant visé de très nombreux campements, ces derniers mois – mais ils se reforment aussitôt, à un autre endroit.

Ces Roms sont de nationalité roumaine ou bulgare principalement, donc bénéficient d'un titre de séjour en règle. Ils s'amassent dans 132 campements qui, eux, sont pour la plupart illégaux: 80% font l'objet d'une procédure judiciaire d'expulsion. Le plus vaste de ces bidonvilles Roms parisiens se trouve à Saint-Denis: il regroupe 880 personnes. Viennent ensuite les campements de Wissous (680 occupants), Champs-sur-Marne (372), Montreuil (347) et Grigny (213).

La "Ville lumière" elle même compte un bidonville Rom sur son territoire, depuis le printemps. Il est situé dans le 18e arrondissement, porte des Poissonniers, sur les voies de chemin de fer désaffectées de la Petite ceinture. Quelque 70 familles y résident, si l'on ose dire, soit 400 personnes environ. Le tribunal de grande instance a été saisi par SNCF Réseau, propriétaire de la parcelle, pour qu'il ordonne l’évacuation des lieux.

Paris, Banlieues, Social, Pauvreté, LogementLa préfecture vient de charger deux groupes de travail de lui remettre des propositions d'ici à la fin de l'année, concernant à la fois les possibilités d'insertion de ces populations et les solutions qui permettraient de leur assurer un logement pérenne. Une fois rendu, ce document sera soumis aux autorités européennes, afin que les actions qui en découlent puissent être financées (en partie) par l'Union.

On attend de voir cela.

05/10/2015

Une indépendance freinée

logement,jeunes,paris,banlieues,social,economieC'est une des conséquences de la crise du logement à Paris et dans sa région, que ce blog évoquait vendredi. Le "syndrome Tanguy", comme l'on pourrait le dénommer. En référence au film français à succès d'il y a une dizaine d'années.

Dans la capitale et sa banlieue, les jeunes tardent de plus en plus à quitter le domicile parental. Les 20-29 ans subissent de plein fouet l'envolée des loyers des petites surfaces. Ainsi, à en croire l'Observatoire des loyers, entre 2001 à 2011, les loyers des studios ont bondi de 49% à Paris et de 44% en banlieue. Plus globalement, la crise économique de 2008 a «freiné l'indépendance résidentielle» de ces jeunes. C'est ce que confirme une étude qui vient de sortir.

Aujourd’hui, un jeune de plus de 25 ans sur deux vivant et né en région parisienne habite toujours chez ses parents. En moyenne, ces jeunes de la capitale ne quittent papa et maman qu'à l'âge de 24 ans et neuf mois, soit beaucoup plus tardivement que les jeunes de province (22 ans).

Ces "Tanguy" sont, pour beaucoup, des étudiants (76% des étudiants de la région parisienne sont dans ce cas) et des chômeurs (62%, + 10 points par rapport à 1999). Mais beaucoup de jeunes actifs en emploi se retrouvent également dans la situation du héros du film d'Etienne Chatiliez. C'est même le cas de près de quatre de ces jeunes actifs sur dix (39%, +6) .

C'est évidemment dû à la précarité de l'emploi que ces jeunes occupent: difficile, sinon quasi impossible, de voir son dossier de candidat locataire retenu, quand on ne bénéficie pas d'un contrat à durée indéterminée. Pour preuve, deux tiers des jeunes actifs parisiens travaillant en CDI ont leur propre logement, alors qu'un jeune en CDD (contrat à durée déterminée) sur deux habite toujours chez ses parents. C'est aussi le cas de deux jeunes intérimaires, apprentis ou stagiaires sur trois.

02/10/2015

Une «ségrégation résidentielle»

950.000. Le chiffre a été donné hier, par la Fondation Abbé Pierre (). Au moins 950.000 personnes, en région parisienne, sont en situation de mal-logement. Parmi elles, de 60.000 à 70.000 utilisateurs quotidiens du réseau d'hébergement d'urgence ou d'insertion, 79.000 personnes qui n'ont d'autre choix que de loger chez des tiers, 460.000 qui vivent dans des habitations surpeuplées, et 404.000 habitant un logement privé de confort.

Ce mal-logement découle notamment de la pénurie d’offres de logements accessibles ainsi que de la flambée des prix et des loyers. A cet égard, la Fondation a calculé que, sur une période dix ans, les loyers avaient augmenté de 40 à 60%, en région parisienne.

La capitale et sa banlieue constituent la région la plus riche du pays? Elle concentrent néanmoins «entre 30 et 44% des logements repérés comme potentiellement indignes en France». De même, «près de la moitié de la population installée dans des bidonvilles en France» réside en région parisienne. Ces campements de fortune ne se développent plus seulement en périphérie, dans des terrains vagues, des friches industrielles ou sous des échangeurs autoroutiers, mais également au cœur des villes (à Saint-Denis, par exemple). Dans le même temps, autre illustration concrète et très visible du mal-logement, les squats, «phénomène autrefois épisodique, constituent dorénavant une forme de mal-logement pour de nombreux ménages, avec un déploiement sensible sur certains départements. Centrés auparavant majoritairement sur l’habitat ancien inconfortable, ce phénomène touche dorénavant l’habitat social (logement en cours de réfection entre deux locataires, etc.)».

Un peu comme Manuel Valls avait dénoncé «un apartheid» territorial régnant en France, la Fondation fait le constat d'une «ségrégation résidentielle» frappant la région parisienne. Une ségrégation qu'elle juge «porteuse de lourdes conséquences sur la capacité à "faire société" et à donner à chacun une place digne». Elle exhorte donc les autorités à mettre en place, dans la région capitale, une politique du logement «plus attentive aux plus défavorisés».

25/09/2015

Une pierre, deux coups

Transports, Sécurité, Social, Emploi, Paris, Banlieues20 milliards d'euros. Ce n'est pas rien, et c'est le montant total de l'engagement financier que la Région parisienne va prendre, sur cinq ans, envers la SNCF et la RATP. Le chiffre a été rendu public hier, à l'occasion de la présentation des projets de contrats de plan que ces instances s'apprêtent à signer.

Un gros volet de ce plan est consacré au renforcement de la présence humaine dans l'ensemble du réseau de transports publics de Paris et sa région. Un demi-millier d'agents supplémentaires vont y être déployés «pour renforcer l’accueil et la sécurité des voyageurs». Concrètement, des «équipes d’accompagnement» vont patrouiller dans les bus de nuit, des dizaines de médiateurs vont être embauchés, et une «présence humaine effective jusqu’au dernier train» est promise dans les grandes gares. Dans les petites gares, cette présence sera assurée par des «équipes mobiles attitrées à 4 à 6 gares maximum». Au total, espèrent la SNCF et la RATP, tout cela ne pourra que rehausser le «niveau de sécurité sur l’ensemble du réseau».

En tout cas, cette gestion de la sécurité avec l'accent mis sur le personnel – et non plus seulement sur le matériel: caméras de vidéosurveillance, portiques, grillages, etc. – ne pourra pas faire de mal à l'emploi, dans la capitale et sa région. C'est d'autant moins superflu que la situation en la matière n'est pas terrible. Les derniers chiffres mensuels en date, rendus publics hier soir, l'ont encore confirmé: le nombre de chômeurs continue à croître, à Paris et en banlieue. A un rythme mensuel de 1,6%, pour une hausse de près de 5% (4,6%) en un an.

24/09/2015

Une commémoration qui approche

Dans un peu plus de trois mois, Paris commémorera les attentats de janvier. On commence à en savoir un peu plus sur la manière dont cela va se passer.

Des plaques commémoratives en mémoire aux victimes seront apposées aux endroits où elles ont été tuées. Dans notre onzième arrondissement, donc: rue Nicolas Appert (où se situait la rédaction de "Charlie Hebdo") et boulevard Richard Lenoir (où a été abattu le policier du commissariat du onzième). On fera de même devant l'épicerie casher de la porte de Vincennes. En outre, place de la République, 17 arbres devraient être plantés, en hommage aux 17 victimes. Enfin, une grande marche silencieuse pourrait se tenir dans le courant de la première semaine de janvier 2016 – soit un an jour pour jour après la terrible semaine.

Puisque, à ce stade de la préparation des commémorations, pas grand monde ne semble se souvenir d'elle, évoquons celle qui, parmi toutes les victimes de janvier, fut le plus rapidement oubliée – par les médias, en tout cas. A savoir, la jeune policière municipale Clarissa Jean-Philippe. Abattue par Amedy Coulibaly le lendemain de la tuerie à "Charlie" et la veille de la prise d'otages à l'hypercasher.

Elle fut assassinée en lisière immédiate de Paris, à Montrouge. Ce serait donc le minimum que, dans trois mois, la mémoire de cette jeune femme soit tout autant honorée, par la population mais aussi par les édiles de la capitale, que celles de toutes les autres victimes de ces dramatiques événements.

23/09/2015

Une évolution qui semble se confirmer

Culture, Arts, Paris, BanlieuesParis et sa région se décoincent, décidément, dans leur rapport à l'art urbain – qui y fut si longtemps méprisé, dénigré et pénalisé. Au printemps, on avait eu/vu des premiers signes de cette évolution (relire ici ou ). En ce début l'automne, ce mercredi, le mouvement, lentement mais sûrement, semble se confirmer.

Ainsi, en gare de Paris-Nord – une fois de plus –, précisément face à la voie 7, un artiste de rue, Nowart, a reçu carte blanche pour célébrer le 125ème anniversaire de la mort de Vincent Van Gogh. Sa fresque en hommage au grand peintre a été créée sur les palissades du kiosque Thalys. Van Gogh ayant passé sa vie entre la France, la Belgique et les Pays-Bas, «nous voyons cette fresque comme un cadeau fait à nos voyageurs», a commenté la direction de Thalys. «Il est dans notre ADN de favoriser les rencontres et la créativité: le démontage de notre kiosque nous a donné une belle opportunité de sortir des sentiers battus».

L'art urbain fait tout autant parler de lui, ces jours-ci, dans un lieu nettement plus éloigné du centre de Paris. En effet, le record de la plus grande fresque murale d'Europe est désormais détenu par Evry, la ville préfecture du département de l’Essonne.

Culture, Arts, Paris, BanlieuesCette fresque a 95 mètres de long et 16 mètres de haut. Signée par l'artiste de street art Speedy Graphito, elle a été réalisée en deux semaines, sur l'enceinte de l'agora de la ville. Et s'inscrit dans le cadre d'un festival que la communauté d'agglomération Evry Centre Essonne consacre à l'art urbain. A cette occasion, pendant deux ans, cinquante artistes locaux mais aussi des créateurs «d’envergure nationale et internationale» se relaient dans les six villes regroupées au sein de cette agglomération. Afin d'y enraciner la pratique culturelle et de souligner la diversité de ce territoire.

Bien.

06/07/2015

Un si «beau voyage»

Près de six trains sur dix (59%) qui circulent en région parisienne sont dépourvus de système de climatisation ou de réfrigération. C'est valable aussi pour à peu près la même proportion de RER. Du coup, évidemment, en ces temps où, à Paris et en banlieue, la température extérieure oscille entre 30° (aujourd'hui) et 40° (certains jours de la semaine dernière), c'est peu dire que les usagers dégustent.

Une association d'utilisateurs de la ligne L a invité les voyageurs à se munir d'un thermomètre, afin de mesurer la température dans la rame qu'ils utilisent, puis de diffuser leurs mesures. Résultat? Là aussi, très souvent, on a dépassé les 35° voire approché les 40°. Cela a donné lieu, sur les réseaux sociaux (voir par exemple ), à pas mal de coups de gueule.

Contre cette «chaleur suffocante», qui «liquéfie» des «usagers à bout». Et contre ce mode de déplacement décidément «pas humain», qui leur est imposé. «Quel beau voyage, digne des Indes de Kipling», a ironisé un voyageur. «Merci pour ce moment», a renchéri un autre. Le sommet du cri du coeur, entre exaspération et suffocation, allant à ce «PUTAIN, DÉMARREZ CE PUTAIN DE TRAIN QUI NOUS SERT DE SAUNA, LES GARS!»

C'est dans ces moments qu'on se sent vraiment ultra-privilégié d'habiter dans l'hyper-centre de Paris, et donc de ne pas avoir à se coltiner chaque jour un enfer pareil.

03/07/2015

Un air de Midi méditerranéen

Paris, Banlieues, Environnement, Météo, Médias Cela ne se passe pas dans le Midi méditerranéen, mais aux portes de Paris. Dans des localités de ses départements limitrophes, situées à quelques dizaines de kilomètres à peine de la «Ville lumière».

Plusieurs hectares de forêts et de cultures partis en fumées depuis le week-end dernier, en Seine et Marne. Pas plus tard qu'hier encore, des feux de chaume et de récolte sur pied dans l'Essonne. Dans ce seul département, complètement à sec – les dernières grandes pluies remontent à début avril –, une centaine de départs de feu rien que ces dernières semaines. Les pompiers en état d'alerte, à cause d'un «risque élevé» de propagation des incendies vers les zones habitées. Feux qui, selon l'Office national des forêts, ont déjà dévasté 13 hectares boisés en région parisienne, cet été.

A Paris même, la nuit dernière et cette nuit, cinq grands parcs (Monceau, Buttes-Chaumont, Martin-Luther-King, Montsouris et André-Citroën) ne ferment désormais plus leurs portes. Ils sont accessibles y compris la nuit, pour permettre aux riverains d'«accéder à des espaces de fraîcheur, indispensables en période de canicule». De mémoire de Parisien, on n'avait jamais vu cela. Selon les écolos, à l'origine de la mesure, dans ces espaces verts, il n'est pas rare que la température soit «inférieure en moyenne de 2 ou 3°», ce qui «compense l'effet d'îlot de chaleur urbain à Paris».

Paris, Banlieues, Environnement, Météo, Médias Sinon, en boucle sur toutes les chaînes de radio et de télé, à la demande du Conseil supérieur de l’audiovisuel et du ministère des Affaires sociales et de la Santé, sont diffusés des messages de prévention sanitaire, qui recommandent de prendre garde aux fortes chaleurs et d'être attentif à autrui. Ils sont notamment destinés aux millions d'automobilistes et d'usagers des transports publics qui, dès ce soir, premier week-end de juillet oblige, prendront le chemin des vacances.

On ne va bien sûr pas trop plaindre ces chanceux qui partent à la plage, mais enfin, c'est peu dire qu'ils vont avoir chaud, très chaud, avant d'y arriver: sur les autoroutes et dans les gares et trains bondés.

01/07/2015

Une troisième peine

Paris, Banlieues, Transports, Météo, TerrorismeLa pollution atmosphérique, la canicule, et... les problèmes de RER. C'est la troisième plaie de la semaine, pour les Parisiens et les banlieusards.

Le réseau a été perturbé hier, et le sera jusqu'à la fin de la semaine. C'est dû à la météo. Quand la température dépasse les 45° au niveau des voies de chemin de fer, les rails courent le risque de se dilater. Sous peine que les voies dévient de leur tracé originel, ces rails doivent donc être régulièrement inspectés, mais aussi ménagés. Raison pour laquelle, dès hier, le flux du trafic a dû être adapté et la vitesse de circulation des trains réduite – à 40 ou 100 km/h, selon le tronçon et le train concernés. Cela occasionne des retards pouvant aller jusqu'à 15 minutes.

Les usagers du RER n'avaient sans doute pas besoin de cela. A fortiori vu la chaleur épouvantable qui règne dans tant de stations et de rames de ce réseau – qui n'est pas marginalement vétuste, donc pas climatisé.

Dans leur malchance, toutefois, ces usagers rendront grâce (un peu) au hasard du calendrier. En effet, ces perturbations seraient-elles survenues il y a quinze jours qu'elles se seraient encore plus mal passées. En revanche, en cette première semaine de juillet, une partie de la ville a déjà commencé à se vider: direction la plage. La pression du nombre des usagers est donc (un peu) moindre.

Ce matin, d'ailleurs, et sans attendre le grand exode d'août, le changement de physionomie de la ville était frappant, par rapport à hier 30 juin. Déjà (un peu) moins de monde, de trafic, de bruit et d'agitation. Nul sans doute ne s'en plaindra, vu la température ambiante.

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PS: Rien à voir, mais tout de même. Un petit air de vacances également pour le dispositif de vigilance anti-terroriste, en tout cas dans notre quartier du onzième arrondissement. Pour preuve, ce matin, pas le moindre policier, gendarme ou militaire n'était de faction devant l'ex-rédaction de "Charlie Hebdo", rue Nicolas Appert. C'est la première fois que cela arrive depuis le meurtrier attentat qui y a été perpétré, le 7 janvier.

02/06/2015

Une idée reçue, contredite

Voilà une étude qui tord le cou à un cliché que l'on applique souvent à la France. Pays dont on a coutume de dire qu'il concentrerait ses pauvres en périphérie – dans les banlieues, pour parler clair –, les centres urbains étant, eux, plus favorisés. Pays qui, donc, serait dans une situation exactement inverse de celle de la Belgique. Où les centres urbains sont fréquemment plus dégradés que les banlieues, elles pas rarement vertes et aisées.

Concernant la France, en tout cas, cette idée reçue est très largement à relativiser.

Ainsi, les dernières données en date de l'Institut de la Statistique (Insee) sur le niveau de vie des Français attestent que la pauvreté est également «très présente dans les villes-centres des grands pôles urbains». En effet, ces zones concentrent des catégories de population qui sont souvent les plus rapidement frappées par la crise et par le déclassement social: familles monoparentales, familles nombreuses et ménages jeunes. En termes de chiffres, voilà le tableau: «C'est généralement dans les villes-centres des grands pôles urbains, ainsi que dans les moyens et petits pôles, que la pauvreté pour ces catégories de ménages est la plus fréquente. Elle y concerne en moyenne autour de 27% des personnes parmi les ménages jeunes, 35% parmi les familles monoparentales, et, parmi les ménages de cinq personnes ou plus, respectivement 37% des personnes dans les villes-centres et autour de 27% dans les moyens et petits pôles» urbains.

C'est notamment en région parisienne que les disparités de niveaux de vie sont les plus marquées. C'est là que «se trouvent à la fois les départements ayant le plus fort et le plus faible taux de pauvreté». Paris, bien sûr, n'échappe pas à cette très grande dualité. Dans la «Ville lumière», «le niveau de vie au-dessus duquel se situent les 10% de personnes les plus aisées est en moyenne près de 6,7 fois supérieur à celui en dessous duquel se trouvent les 10% les moins aisés, contre un rapport de 3,5 en moyenne sur l'ensemble de la population» nationale.

Au passage, lors des élections régionales de décembre, il sera intéressant de voir comment la gauche va se débrouiller pour tenter de défendre un si piètre bilan, en termes de dualisation sociale de la région parisienne. Puisque ce sont les socialistes et leurs alliés qui gèrent cette région, depuis maintenant près de vingt ans (1998).