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14/04/2016

Un contraste qui perdure

Un aller-retour rapide en Belgique par le Thalys, et donc l'opportunité de constater la persistance d'un contraste frappant. Entre la façon dont, de part et d'autre de la frontière, sont appliquées les mesures de vigilance antiterroriste, dans les chemins de fer.

On l'avait déjà remarqué en février (relire ), et cela continue à être vrai aujourd'hui: c'est décidément le jour et la nuit, entre les gares de Paris-Nord et de Bruxelles-Midi. Alors que, à la fin de l'an dernier, une vigilance analogue était de mise dans ces deux grandes stations (relire ici). 

Des contrôles renforcés  et donc des queues longuettes à Paris-Nord. L'obligation même, à nouveau, d'ouvrir son manteau et de sortir les mains de ses poches avant de passer les portiques de sécurité. En revanche, toujours aucun contrôle apparent à Bruxelles-Midi, où on continue visiblement à entrer et à sortir comme dans un moulin. Que ce soit sur le quai ou en station, ni vérification du titre de transport, et encore moins de la pièce d'identité, ni palpation de sécurité, ni fouille des bagages. Rien. Alors que la capitale belge est censée être en état d'alerte maximale, moins d'un mois après les terribles attentats du 22 mars.

Ce contraste bruxello-parisien saute d'autant plus aux yeux quand on sort de l'espace de Bruxelles-Midi dédié au Thalys et qu'on fait ne serait-ce que quelques pas dans la gare ou à ses alentours. Là, c'est la profusion de militaires lourdement armés. Et en nombre encore plus important qu'à Paris.

Comprenne qui pourra la logique.

31/03/2016

Une éternité à attendre

Transports, Economie, Social, BelgiquePlus de 400 km cumulés de bouchons en région parisienne, ce matin. En ce jeudi qui est un jour de grèves et de manifestations contre le projet de réforme du Code du travail.

L'occasion de faire écho à cette étude parue dernièrement, qui a calculé le temps que les automobilistes parisiens perdent chaque année dans les embouteillages.

Plus de 45 heures, en moyenne. Soit deux jours entiers à ronger son frein derrière son volant.

En la matière, Paris est championne de France, devant Lyon, Toulon, Bordeaux, Toulouse et Strasbourg. Dans le classement des capitales européennes les plus embouteillées, la "Ville lumière" pointe à la quinzième place, Londres trônant en tête (101 heures passées chaque année dans les bouchons, par ses automobilistes). Si l'on examine la situation pays par pays, la France est le septième Etat européen dont le réseau routier est le plus saturé, ses conducteurs perdant chaque année 28 heures dans les bouchons. C'est la Belgique qui, triste privilège, arrive en tête de ce palmarès (44 heures d'embouteillages).

En France, cela dit, comme dans nombre de pays européens, l'an dernier, la congestion routière a globalement diminué, si l'on en croit cette étude. «Cela peut s’expliquer en partie par une économie européenne ralentie», explique-t-elle. Généralement, en effet, «le ralentissement de l’économie et le taux de chômage élevé réduisent le nombre de conducteurs, et donc conduisent à un trafic moindre».

Vu sous cet angle, donc, il n'y aurait pas lieu de trop se plaindre des bouchons: ils seraient juste le signe que l'économie va plutôt bien. Sûr que cela ira droit au cœur des centaines de milliers d'automobilistes qui, en région parisienne aujourd'hui, vont pas mal s'énerver.

23/03/2016

Un large soutien

On a cru qu'on rêvait encore. Ce matin, tôt, quand le radio-réveil, branché sur l'une ou l'autre station française, s'est mis en marche. Nous tirant des limbes du sommeil, au son de... "La Brabançonne" – à savoir, précision à l'attention des lecteurs français de ce blog, "La Marseillaise" de la Belgique. Mais non, on ne rêvait pas. Ces quelques notes faisaient partie de l'hommage rendu par ce média aux victimes des attentats de Bruxelles.

 Terrorisme, BelgiqueDes hommages qui, à Paris hier, ont été aussi bien physiques (rassemblement silencieux place de l'Hôtel de Ville, fleurs déposées devant l'ambassade de Belgique, etc.), que visuels (la tour Eiffel illuminée en noir-jaune-rouge) ou virtuels. Ainsi, y compris les réseaux sociaux officiels ont manifesté leur solidarité avec le plat pays.

Assez rapidement après la catastrophe, la Ville de Paris a changé la photo de profil de son compte Twitter (plus d'un million de followers, tout de même), y affichant le drapeau belge. Et ce message de sympathie: «Nous sommes de tout coeur avec le peuple belge. Paris pense à vous #Bruxelles». De même, le compte officiel du gouvernement français a troqué son habituel fond tricolore pour une Marianne proclamant «We stand together with Belgium».

Ces petites attentions, cela ne mange évidemment pas de pain. Mais, qui sait, à certaines personnes, font-elles du bien. Donc pourquoi pas.

21/03/2016

Un "Belgian bashing", évidemment

Tout au long du week-end, pas mal de "Belgian bashing", évidemment, dans les commentaires politico-médiatiques français. Après l'arrestation, vendredi soir à Bruxelles, de Salah Abdelslam.

Principale cible de ces leçons données, Molenbeek et autres quartiers bruxellois assimilés, amalgamés à un «Djihadistan» (variante également entendue: un «Bruxellistan»), donc à un Etat où les terroristes feraient la loi. Il est vrai, si on dresse la liste, qu'en sont originaires, ou y sont passés, les auteurs et complices à la fois des attentats de janvier et de novembre 2015 à Paris, de l'attaque de cet été contre le Thalys, de la tuerie au musée juif de Bruxelles, des attentats de Madrid en 2004, ou de l'assassinat du commandant Massoud, en 2001. Cela fait beaucoup.

Pour autant, cela ne permet pas de mettre dans le même sac djihadiste les quelque 100.000 habitants de cette commune. Dont tant de braves gens qui n'ont rien demandé à personne et qui n'aspirent qu'à vivre en paix, sans qu'un tel stigmate, en plus, pèse sur eux. Cela n'autorise pas non plus les comparaisons les plus caricaturales. «Molenbeek, c'est la bande de Gaza de l'Europe occidentale!», a-t-on entendu, ainsi, samedi. Dans la bouche d'un chroniqueur sévissant sur une grande radio privée française – on ne nommera ni l'un, ni l'autre, par charité. Il faut vraiment n'être jamais allé à Gaza pour proférer une telle ineptie. On n'est donc là pas loin, dans les commentaires de cet acabit, du niveau plancher, à la Eric Zemmour (son mémorable «La France devrait bombarder Molenbeek»).

Pas mal de critiques françaises également sur le fait que Salah Abdelslam se planqua visiblement longtemps à Molenbeek même, y bénéficiant donc de complicités en dépit de la gravité des crimes dont il est accusé. Assez peu de commentaires parisiens, en revanche, rappelant que cela avait été le cas aussi pour le Corse Yvan Colonna. Avant sa condamnation pour l'assassinat, en 1998, du préfet Erignac, il avait passé le plus clair de sa cavale dans son île.

Enfin, assez peu d'éloges français sur le fait que Salah Abdelslam a pu être capturé vivant. Ce n'est pourtant pas rien, puisque cela devrait permettre son procès. Or, une telle étape judiciaire est généralement considérée comme très importante, pour la reconstruction des victimes. Il aurait été élégant que davantage de voix françaises, ce week-end, soulignent ce succès policier belge. Près de quatre ans jour pour jour après la mort, à Toulouse, du djihadiste Mohammed Merah, tdans l'assaut policier qui lui a été donné. Ses victimes, elles, n'auront jamais droit à un procès.

22/02/2016

Un contraste frappant: curieux

Transports, Sécurité, Police, Terrorisme, BelgiqueOù en est-on dans l'application des mesures de sécurité renforcées concernant les trains Thalys? Deux mois après l'apparition des premiers portiques en gare de Paris-Nord. L'autre jour, un aller-retour express en Belgique a été assez éclairant.

Côté français, le dispositif d'accès aux trains semble désormais rôdé. Quelque 260.000 voyageurs et leurs bagages sont déjà passés sous ces fameux portiques. Le public a intégré le fait que, désormais, il faut être présent en gare au moins vingt minutes avant l'heure de départ du train. Globalement, donc, le dispositif de sécurité semble appliqué sans causer d'agitation et/ou de désorganisation majeures.

Le contrôle des pièces d'identité n'est plus qu'aléatoire, mais il est très fréquent; des agents des douanes et de la police sont présents sur les quais à chaque départ et arrivée de train. Seul accommodement apparentdestiné sans doute à assurer une certaine fluidité de l'embarquement –: les voyageurs ne subissent plus que très rarement des palpations de sécurité. Ils sont même dispensés d'ouvrir leur manteau au moment de passer sous le portique.

Par rapport aux contrôles effectués à Bruxelles-Midi, en revanche, c'est le jour et la nuit – du moins, cela l'était le jour où on est passé dans cette gare.

Transports, Sécurité, Police, Terrorisme, BelgiqueLà, pas de portique, pas d'inspection de bagages, pas de fouille, pas de vérification d'identité. Rien. Juste, tout de même, le billet à montrer avant de monter dans le train. Et pas mal de militaires qui patrouillent.

Fin décembre (relire ), au-delà de nuances dans leur style, la rigueur des contrôles était analogue, d'une gare à l'autre. Deux mois ont passé, et ce n'est plus le cas. Qui sait, donc, pas mal d'usagers du Thalys se posent-ils des questions, en constatant un contraste aussi frappant entre la Belgique et la France.

Alors que, à Paris, en boucle et à longueur de journées (voire par exemple ici ou ), les responsables politiques continuent d'insister sur le maintien de la menace à un niveau extrêmement élevé.

14/01/2016

«Un impact concurrentiel négatif»

Les langues régionales, oui. Mais le flamand, non. C'est, en substance, la position du gouvernement Valls, qui vient d'être rappelée () à l'Assemblée nationale. N'en déplaise aux éventuels lecteurs nordistes de ce blog. Ainsi qu'aux quelque 30.000 locuteurs estimés de cette langue régionale de la Flandre française, recensés dans la zone de Dunkerque-Armentières, en région Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

A ce jour, cet idiome n'est enseigné que dans trois collèges privés et six écoles de France. C'est beaucoup trop peu, pour le député du coin, Jean-Pierre Decool (droite souverainiste). Selon qui, «au-delà de l’outil éducatif et culturel, la connaissance du flamand est un outil de développement économique et de valorisation du territoire», ainsi qu'«un pont vers l’apprentissage de toutes les langues qui entourent le Nord: l’anglais, le néerlandais et l’allemand».

Oui, mais non, vient de lui répondre le gouvernement. Dixit le ministre en charge de la réforme territoriale, c’est «avec discernement» que l'Education nationale «conduit l’examen de la situation» de cette langue. Car «accepter son intégration dans un cursus classique pourrait créer un impact concurrentiel négatif avec le néerlandais, langue véhiculaire et de communication avec la Flandre belge et les Pays-Bas, dont il est un dialecte».

Pas cool, pour le député Decool. Selon qui cette position réaffirmée de l'exécutif Hollande-Valls «apportera de la tristesse dans la Flandre». Et s'explique par la méconnaissance qu'on a de ce dossier, à Paris: on y «confond flamand et flamingant», les régionalistes rabiques, or «le flamand occidental est une langue régionale sans connotation régionaliste».

Line Renaud et Dany Boon, les icônes de la région d'Armentières, n'ont pas encore réagi.

17/12/2015

Une réutilisation, de bon aloi

Transports, Sécurité, Terrorisme, Police, Gouvernement, BelgiqueSégolène Royal en visite en gare de Paris-Nord, ce jeudi matin. Jusque là, pas grand-chose de très intéressant, on vous l'accorde.

Si ce n'est que la ministre des Transports s'y rend afin de «féliciter la SNCF pour la mise en place du premier portique de sécurité». Dans le cadre du renforcement de la sécurité ferroviaire, en ces temps d'état d'urgence.

La ministre avait promis que de tels portiques seraient installés sur les voies du Thalys avant les fêtes de fin d'année. Etant encore passé à cette gare l'autre jour et n'ayant rien vu qui s'apparentait à des travaux d'installation de tels portiques, on commençait à se demander si cette promesse allait bien être tenue dans les temps. Et bien oui, donc. La ministre assure même que, «dès le 20 décembre, les premiers portiques de sécurité et des scanners seront en état de marche pour les trains Thalys, en gares du Nord et à Lille».

Cela a été rendu possible, en fait, par une petite entourloupe qu'a trouvée le gouvernement. Qui va faire... de la récup'. En clair, comme l'explique Ségolène Royal, «cette mise en œuvre opérationnelle et rapide du dispositif a pu être réalisée grâce à la réutilisation de l'équipement de sûreté ayant servi dans le cadre de la COP 21 organisée au Bourget», la conférence de l'Onu sur le réchauffement climatique.

Il suffisait d'y penser.

09/12/2015

Un renforcement visible, de part et d'autre

 Transports, Sécurité, Police, Belgique, TerrorismeUn aller-retour inopiné en Thalys, et donc l'opportunité d'expérimenter les mesures de sécurité renforcée qui y ont cours, depuis les attentats du 13 novembre.

La société de transports recommande instamment à ses clients d'être présents sur le quai au minimum trente minutes avant le départ du train, en gares de Paris-Nord comme de Bruxelles-Midi. Dans les faits, y compris aux heures de pointe, vingt minutes paraissent suffire.

Les modalités de vigilance varient, selon le pays. De part et d'autre de la frontière, est de mise le contrôle à la fois de l'identité du voyageur (long regard droit dans les yeux, puis vérification de la conformité du visage scruté avec celui figurant sur la pièce d'identité) ainsi que du nom imprimé sur le billet. Des deux côtés, aucune palpation de sécurité, ni fouille des poches, ni passage des bagages au scan. Voilà pour les points communs. L'inspection visuelle du contenu des bagages, en revanche, varierait-elle? En tout cas, hier soir à Paris, on y a échappé. Mais pas ce midi, à Bruxelles.

Le style avec lequel ces mesures de sécurité renforcée sont appliquées diffère, aussi. Plus tendu (mais parfaitement courtois) à Paris. Plus souriant (mais pareillement professionnel) à Bruxelles.

En France comme en Belgique, une différence notable par rapport à auparavant: la présence ostensible des agents de la police aux frontières (de la police française, dans notre cas), à bord des trains. Ainsi que celle des Douanes, à l'arrivée. Ces derniers, toutefois, paraissent opérer selon un mode aléatoire. En somme, ils pratiquent ce qu'on appelle des «contrôles au faciès».

Notre physionomie bien européenne et notre mise soignée nous ont permis d'échapper à ces formalités. Ce qui tombait bien, parce qu'on n'avait pas précisément que cela à faire. Mais d'autres usagers de nos trains, eux, n'ont pu passer à côté. Ils étaient, disons, plus basanés, et vêtus de manière plus décontractée.

Chacun jugera.

06/05/2015

Une «maladresse», on va dire

Une chaîne de télé française rappelée à l'ordre à propos d'un commentaire déplacé relatif à des citoyens belges. Ce n'est pas si fréquent, et pourtant cela vient de se passer.

Hier soir, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a fait savoir () qu'il était intervenu auprès de LCI: la chaîne d'info continue du groupe TF1. En cause, un sujet qu'elle a diffusé en boucle, relatif au scandale d'évasion fiscale qui éclabousse la banque suisse HSBC. Le journaliste de LCI, évoquant le type de clients de la banque impliqués dans cette affaire, a cru bon de les énumérer de la sorte: «Dans cette banque-là, il y avait des trafiquants d’armes internationaux, des trafiquants de drogue. Il y avait des gens qui ont financé Al-Qaïda. Il y a des diamantaires juifs d’Anvers qui avaient des comptes très importants à Genève».

Pour le "gendarme de l'audiovisuel", «faire état de la judéité des personnes mises en cause, dans une énumération faisant référence à des trafiquants d’armes, de drogue et des personnes ayant financé Al Qaïda, peut contribuer à alimenter les amalgames et à encourager les discriminations». Or, LCI et toutes les radios et télés françaises en général sont contractuellement tenues de «respecter les différentes sensibilités politiques, culturelles et religieuses du public» de «ne pas encourager des comportements discriminatoires en raison de la race, du sexe, de la religion ou de la nationalité», et de «promouvoir les valeurs d’intégration et de solidarité».

Le CSA attribue cet écart, non à une volonté délibérée, mais à la «maladresse» du commentateur concerné. Préférons, en effet, pour le bon moral de tout le monde dans ce pays, voir les choses sous cet angle.

16/12/2014

Un intérêt assez relatif

Elections municipales, élections européennes, International, BelgiquePuisque François Hollande a évoqué hier soir le droit de vote des étrangers non-européens aux élections municipales françaises, ces chiffres qui viennent de sortir, et émanent de l'Institut de la statistique (Insee). Ils éclairent sur ce que fut la participation des ressortissants de l'Union européenne aux deux scrutins tenus en France en cette année 2014 qui s'achève: les élections municipales de mars et les européennes de mai. De ces données, l'on peut déduire que cette participation électorale des étrangers UE est finalement assez faible – même si elle progresse, au fil des ans.

Ainsi, sur les 1,2 million d'Européens résidant dans l'Hexagone, seuls 278.000 (23%) étaient inscrits pour l'élection municipale, et 245.000 (20%) pour les européennes. Près de 90% de ces électeurs européens inscrits venaient de six pays: le Portugal, le Royaume-Uni, l’Italie, la Belgique, l’Espagne et l’Allemagne. Le taux d’inscription en vue des municipales culminait pour les Danois (43%), suivis des Néerlandais (42%) et des Belges (41%). Selon l'Insee, «le fait que le vote soit obligatoire en Belgique et qu’il l’ait été jusque dans les années 1970 aux Pays-Bas pourrait expliquer les taux plus élevés pour ces deux nationalités. On observe, de même, des taux supérieurs à la moyenne pour les ressortissants du Luxembourg, pays où le vote est également obligatoire».

De façon symétrique, les Français résidant dans un pays étranger de l’UE peuvent participer à l'élection des eurodéputés de ce pays. Là aussi, à la faveur des scrutins de 2014, on est globalement resté dans le même étiage. Ainsi, sur les 473.000 Français remplissant les critères pour voter dans un autre pays de l’UE, seuls 20% étaient effectivement inscrits. Des disparités existaient toutefois, selon le pays de résidence (39% d'inscription pour les Français inscrits en Espagne, par exemple). En dehors de ces exceptions, ce taux moyen est donc, pareillement, assez faible. Il doit cependant être nuancé. Depuis 2014, en effet, les Français établis à l’étranger peuvent plus aisément qu'auparavant prendre part à l'élection européenne se déroulant dans leur propre pays, via un vote désormais autorisé dans les consulats de France.

09/12/2014

Un «produit toxique»

Un coup d'éclat à Paris hier, lié à un fleuron de la culture belge. La bande dessinée, en l'occurrence. Et en particulier Tintin, et le débat lancinant sur les relents racistes que d'aucuns prêtent aux premiers albums que publia Hergé chez Casterman, dans les années 30.

Au magasin FNAC du Forum des Halles, le «Groupe d’intervention contre le racisme» a mené un raid contre «Tintin au Congo». Une cinquantaine de ses militants ont, sur tous les albums de cette BD qui figuraient en rayons, apposé des stickers où l'on pouvait lire: «Produit toxique, relents racistes, peut nuire à la santé mentale». Le fait que cette action militante survienne à ce moment de l'année ne doit bien sûr rien au hasard: il s'agit de toucher le plus de consommateurs possibles, en cette période de fêtes «où l’on vend le plus d’albums pour la jeunesse».

Depuis deux ans, les anti-«Tintin au Congo» français réclament aux éditions Casterman et à la société Moulinsart qu'elles insèrent dans cette BD un encart avertissant les lecteurs de son caractère «raciste et colonialiste». Leur requête s'est toujours heurtée à un mur. Les éditeurs de Tintin basent leur refus sur une décision de la justice belge, qui, en 2012, a débouté un étudiant congolais porteur de la même demande. Au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, en revanche, les albums «Tintin au Congo» sont vendus précédés d'une préface ou accompagnés d'un bandeau avertissant les lecteurs du contexte historique et idéologique particulier de l'époque où ils ont été créés.

A moins que, par extraordinaire, cela nous ait échappé, la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, n'a pas réagi à cette action, ni à cette requête. Elle se tait même dans toutes les langues. Evidemment, s'agissant en France d'un sujet bien trop brûlant pour permettre des postures politiques consensuelles.

03/11/2014

Un engouement, dans l'entre-soi

Arts, Culture, Musique, Belgique, Paris, SocialUn peu de culture, pour bien débuter la semaine. Constater que, décidément, les années ont beau passer, une certaine culture belge reste tout de même furieusement à la mode, à Paris. Hier soir encore, c'est ce qu'on s'est dit.

A Garnier. Au vu de la ferveur, impressionnante, de l'ovation qui a salué – comme tous les soirs, paraît-il – «Rain»:  le spectacle que la danseuse et chorégraphe flamande Anne Teresa De Keersmaeker avait jadis créé à La Monnaie de Bruxelles, et que l'Opéra de Paris reprend, en ce moment. Un talent fou, une maestria technique hallucinante, une vitalité époustouflante, et une beauté totale (musique de Steve Reich, costumes signés Dries Van Noten, etc.). L'engouement parisien pour cette chorégraphie est tel qu'il n'y a évidemment plus une place de libre, et ce malgré des tarifs absolument prohibitifs.

A ce sujet, sans doute est-ce enfoncer une porte ouverte que d'en faire le constat, mais cela ne fait jamais de mal non plus de le souligner: à l'Opéra de Paris, cela continue à fonctionner terriblement dans l'entre-soi. A Garnier, en tout cas (c'est moins forcément systématique à Bastille), comme si souvent dans les grandes institutions culturelles parisiennes (Théâtre des Champs-Elysées, etc.).

arts,culture,musique,belgique,paris,socialOn n'a pas pu, hier, observer tous les visages de tout le public, mais, d'après ce qu'on en a vu, outre qu'il y avait très peu de jeunes (quelques trentenaires, tout au plus), il n'y avait... que des blancs. Sur un bon millier de spectateurs, à moins que cela nous ait échappé, pas un black, pas un beur. Quelques touristes asiatiques, oui, mais, pour le reste, tous des blancs.

Cela aussi, c'était assez saisissant.

02/06/2014

Un clivage, si caricatural

Marine Le Pen plus énervée que jamais, ce matin. Au lendemain – c'est bien sûr lié – de l'annonce de l'arrestation, vendredi à Marseille, du jeune jihadiste qui fait figure de suspect n°1 de la tuerie antisémite perpétrée au Musée juif de Bruxelles, le week-end dernier. Sur une radio, la patronne du Front national a vitupéré contre la politique pénale, carcérale et antiterroriste du gouvernement, qu'elle juge à peu près digne des Bisounours. Et de réclamer notamment la création de centres de détention de haute sécurité, où seraient systématiquement enfermés tous les jihadistes avérés ou en devenir. Ce n'était pas dit, mais cela y faisait un peu penser: créer des sortes de Guantanamo, en somme.

D'un autre côté, le même matin, dans un autre média (les colonnes du journal «Le Parisien»), la ministre de la Justice, Christiane Taubira, défend sa réforme pénale. Que les députés commencent à examiner demain – dans un débat qui sera forcément incandescent. A l'inverse, la garde des Sceaux ambitionne, elle, de sortir du tout carcéral. Car, aux yeux du gouvernement, imaginer, dans certains cas, des alternatives à la prison permettra, précisément, d'éviter que des petits délinquants s'y islamisent et radicalisent. Comme ce fut le cas du tueur présumé de Bruxelles.

Le contraste entre ces deux visions des choses, si diamétralement opposées, est décidément saisissant. C'est noir ou blanc. Alors que, sans doute, l'approche idéale doit se situer quelque part dans une zone grise: nuancée, pragmatique, loin des positions de principe clivées et intangibles. Et au-delà des agitations médiatiques du moment.

Ce que l'actualité enfiévrée ne permettra probablement pas, et c'est assez dommage.

15/05/2014

Un trésor, précieux

Paris, Economie, Tourisme, International, BelgiqueC'est le chiffre de la semaine. 29,3 millions. Soit le nombre de touristes que Paris a accueillis, en 2013. Parmi eux, 12,1 millions de visiteurs étrangers. Dont, pour l'anecdote, 281.300 Belges, en recul (-5%) par rapport à 2012. Selon l'office du tourisme de la capitale française, qui vient de publier ces données, cela confirme que la «Ville lumière» demeure bel et bien la première destination touristique mondiale. Il y a quelques mois, la question avait agité la campagne électorale pour les municipales (relire ici).

Alors, on est le premier à avoir toujours trouvé un peu agaçant, voire puéril, que Paris insiste sans cesse, aussi lourdement, et sur un ton aussi cocardier, sur son leadership mondial, sur le plan touristique. Mais, si cette ville est obligée en permanence d'en faire autant, en la matière – et notamment en termes de communication –, c'est parce que le tourisme est un secteur absolument vital, pour l'économie locale. Cette attractivité touristique mondiale et l'énorme manne financière qui en découle sont un trésor précieux, que la ville doit veiller en permanence à entretenir.

En guise d'illustration, ce chiffre, qui est généralement peu connu à l'étranger, mais que les Parisiens, eux, et au premier chef leurs élus, ne perdent jamais de vue: dans la capitale française, un emploi sur six – ce qui n'est pas rien, a fortiori en cette période de crise – dépend directement du tourisme. En d'autres termes, l'attractivité touristique mondiale de Paris viendrait à baisser, des dizaines de milliers d'emplois seraient directement menacés. Et probablement davantage encore d'emplois indirects.

13/02/2014

Un «débat désagréable»

Une matinée belge ce jeudi, à la Cour d'assises de Paris. Où donc – et c'est une première en France –, est jugé un Rwandais accusé de complicité de génocide. Toute la matinée, en effet, a été consacrée à l'audition comme témoin du Belge Filip Reyntjens: professeur à l'université d'Anvers et spécialiste reconnu du Rwanda.

L'homme était cité à comparaître, et n'a donc eu d'autre choix que de venir témoigner. Mais, a-t-il précisé à la Cour, il l'a fait sans gaieté de coeur.

Notamment car, pour lui, le débat sur le Rwanda est, en France, «désagréable, voire détestable». Car il est «extrêmement polarisé», est «devenu un enjeu franco-français», et a pris une tournure «très émotionnelle, voire passionnelle». Dans ce débat hexagonal, a déploré le professeur anversois, «on n'écoute jamais les autres» et on caricature ses opposants en allant jusqu'à s'envoyer à la tête des accusations de négationnisme ou de révisionnisme. Et l'on schématise à outrance les faits. Car «on aime les histoires simples, avec les bons d'un côté et les méchants de l'autre. Mais ce n'est pas une histoire simple».

04/07/2013

Une certaine approximation

Léger sursaut, ce matin. En entendant, sur une radio française, ce titre tonitruant: «La Belgique sous le choc!». A priori, la formule du confrère nous paraissait approximative, voire excessive. Alors, peut-être que, à 300 kilomètres de distance, on ne se rend pas du tout compte de l'impact de l'annonce, hier, de l'abdication du roi Albert II. Mais, sauf erreur, il ne nous semble pas que le plat pays soit «sous le choc», depuis hier 18 heures. Il est sans doute surpris par la nouvelle, il s'interroge peut-être, mais il ne nous semble pas «sous le choc». Comme, par exemple, il l'avait été il y a vingt ans, le jour de juillet 1993 où la mort inopinée de Baudouin Ier avait été annoncée. Là, pour le coup, cela avait été un choc.

Une légère approximation aussi, dans les médias français depuis hier, en ce qui concerne les pouvoirs du souverain. Ainsi, au 20 Heures de France 2, David Pujadas a cru bon de corriger un quidam qui, dans un sujet «micro-trottoir» réalisé depuis la place des Palais à Bruxelles, venait de déclarer que le Roi n'avait pas fondamentalement de pouvoirs, sa parole officielle devant avoir été préalablement validée par un membre du gouvernement. Et le présentateur vespéral de France 2 d'assurer, en substance, que, non non, contrairement à ce qu'il venait d'être dit, le souverain belge a bel et bien de grands pouvoirs.

Quelques (très) rapides précisions, donc. A l'attention des lecteurs de ce blog qui viendraient de France et cafouilleraient un peu, vu l'approximation médiatique ambiante dans ce pays, sur le sujet.

En effet, en vertu de la Constitution belge (là), le Roi règne mais ne gouverne pas. Un contreseing ministériel est indispensable au moindre discours royal. Le souverain sanctionne et promulgue les lois, et ce n'est pas toujours qu'une formalité: voir l'impossibilité temporaire de régner qu'avait jadis auto-décrétée le roi Baudouin, pour ne pas devoir valider la loi dépénalisant l'IVG. C'est aussi le chef de l'Etat qui, au lendemain des élections, désigne les formateurs ou négociateurs des gouvernements – et, là, il peut, dans une certaine mesure, peser. Mais, de facto, l'essentiel du pouvoir royal nous semble plutôt résider dans le magistère d'influence, indéniable, qu'il exerce. Et dans le poids symbolique de sa fonction, l'institution royale, habituellement considérée comme le ciment de la nation, bénéficiant globalement d'une grande popularité, dans ce pays.

19/06/2013

Une enfilade de clichés

Le Belge moyen est «sensible aux formules de politesse», «en recherche de convivialité», et aime les «ambiances authentiques». On ne sait pas trop où elles ont été cherchées, mais ces assertions en forme de clichés figurent en toutes lettres dans la fiche consacrée aux touristes belges, contenue dans la brochure «Do you speak touriste?». Depuis hier, cette brochure est distribuée à tous les professionnels du tourisme de Paris et de sa région: taximen, hôteliers, etc. Dans le cadre d'une «opération d'envergure» (là) destinée à améliorer la qualité de l'accueil fait aux visiteurs étrangers, ici.

Dans la même veine, celle des clichés enfilés comme des perles, l'Américain y est décrit comme «très direct» et ayant «le contact facile». L'Allemand et le Japonais sont diagnostiqués comme étant en grand besoin respectivement «de constance», et d'être «rassuré». Le Brésilien est défini comme une personne au «contact chaleureux», voire «facilement tactile». On imagine la tête et le désarroi du réceptionniste d'hôtel ou garçon de café de Paris qui, après avoir lu pareille brochure, tomberait par hasard sur un Américain taciturne, un Brésilien réservé, un Belge qui détesterait le cérémonial, un Allemand ou un Japonais qui adorerait l'imprévu – cela doit bien exister.

Sinon, au registre des clichés, on en a entendu pas mal, hier. En boucle, pendant toute la journée, et dans tous les médias français qui ont – amplement – relayé cette opération. Des clichés à l'encontre de ces Parisiens qui, au contact des touristes étrangers, seraient forcément désagréables et unilingues. C'était péniblement insultant pour les si nombreux habitants de cette ville qui, mais oui, sont aimables, accueillants, et ouverts au monde.

Le Parisien forcément teigneux: là encore, on retombe dans le cliché. A moins, bien sûr, que le fait d'habiter cette ville constitue d'office, vu de l'étranger, un stigmate infamant. Parfois, à dire vrai, on se pose la question.

25/03/2013

Une vie de palace? Pas vraiment

Paris, Tourisme, Economie, Social, Belgique, FemmesA Paris, le secteur du tourisme résiste bien à la crise. En 2012, avec, selon le dernier bilan en date (ici), 29 millions d'hébergements touristiques, la «Ville lumière» a encore battu tous ses records. Ce qui n'exclut pas quelques reculs particuliers. Les visiteurs provenant de Belgique, par exemple, ont été moins nombreux, l'an dernier: -2,6% pour les arrivées (au nombre 295.000) et -3,9% pour les nuitées (637.000). Plus intéressant que ces chiffres de fréquentation: qu'en est-il des conditions de travail des quelque 52000 salariés qui, en région parisienne, sont occupés dans ce secteur touristique? Elles n'ont rien de mirobolant. C'est ce que vient de rappeler (là) l'Institut français de la statistique (Insee).

Ainsi, dans l'hôtellerie, «les salariés exercent fréquemment leur métier en horaires décalés, et perçoivent plutôt de faibles salaires». Certes, le salaire horaire net y est plus élevé que dans la restauration. Et les hôtels situés à Paris paient mieux leur personnel que les établissements situés en banlieue. Reste que, globalement, le salaire net dans l'hôtellerie en région parisienne, «quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle», «est plus faible que dans l’ensemble des (autres) secteurs (professionnels): 11,08€ de l'heure, contre 16,58€». Et c'est particulièrement vrai «pour les métiers qui nécessitent le plus de personnel, comme les employés d’étage ou les réceptionnistes». Sans oublier que, pour les métiers de plongeurs, de serveurs ou de personnels d’étage, «les contrats de travail intermittents représentent plus d’une offre sur deux à Paris». Au demeurant, dans ce secteur hôtelier, «de nombreuses embauches (41%) s’effectuent via des contrats de très courte durée, de moins de 8 heures par semaine».

Et, bien sûr, dans le tourisme comme dans tant d'autres secteurs de l'économie française, «les hommes sont mieux rémunérés que les femmes, y compris pour des métiers identiques».

Bref: pas forcément une vie de palace, pour les petites mains de ce si renommé tourisme parisien.

28/02/2013

Une préférence nationale

Faisons écho tout de même à cette petite nouvelle agro-alimentaire tombée en début de semaine, qui a été un peu éclipsée par tout le buzz autour des tribulations politico-judiciaires de ce petit cochon littéraire, qu'on évoquait dans ce blog hier et avant-hier. Une nouvelle qui concerne la France, mais aussi la Belgique. Et qui n'est pas trop bonne pour l'agriculture de ce dernier pays.

Puisque McDonald's-France vient d'annoncer que, d'ici à la fin 2013, dans ses 1 260 fast-food de l'Hexagone, on ne servirait plus que des frites 100% françaises. Aujourd'hui, 70% seulement de ces frites viennent de France, les 30% restants provenant de Belgique.

Ce changement entraînera la plantation en France – principalement dans les départements du Nord et du Pas de Calais – de 4 000 hectares supplémentaires de cultures dévolus à la pomme terre. Et fera passer de 250 à 350 le nombre d'agriculteurs français sous contrat avec Mc Cain: le groupe qui fournit les frites surgelées à la filiale française du géant américain du burger. En revanche, ce sera une perte sèche pour les cultivateurs belges concernés.

A moins que cela nous ait échappé, l'ambassadeur de France à Bruxelles n'a pas été convoqué au ministère belge des Affaires étrangères, pour y être sermonné.

07/01/2013

Une si belle victoire

Impossible de commencer la semaine sans mentionner cette bonne nouvelle, d'une importance capitale, survenue en France ce week-end. L'Hexagone, cinquième puissance économique de la planète, vient de conquérir un titre de champion du monde.

Cela s'est passé à Nantes. La compétition a opposé des sportifs venus de 33 pays, d'horizon aussi divers que la République démocratique du Congo ou la Bulgarie. La Belgique, aussi, cela dit: pays qui, paraît-il, avait été sacré champion, l'an dernier.

Cette année donc, c'est à la France qu'est revenu le titre. Celui de pays champion du monde de... baby-foot: de football de table, autrement dit – oui, il existe une coupe du monde pour cette activité.

Sans doute est-ce déjà cela.