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24/02/2016

Un «cap emblématique franchi»

Paris, International, Communication, TechnologiesC'est la conséquence des attentats de janvier et de novembre 2015: Paris dégringole, dans la dernière édition en date du classement annuel des villes les plus agréables du monde, rendue publique hier par l'institut Mercer.

La capitale reste la première ville française classée, mais elle perd dix places en un an, ne pointant plus qu'en 37e position. Loin derrière Vienne, Zurich, Auckland ou Munich. Et devancée même par Bruxelles, qui se hisse au 21e rang (+1).

Sans doute, dans ces conditions, faut-il bien se trouver des motifs de consolation. Hier, la mairie en a fait des tonnes (, notamment) sur la première place qu'elle vient de décrocher dans un autre palmarès international. Celui de la mégapole la plus suivie sur Twitter. Elle est la première capitale à compter plus d'un million d'abonnés, sur cette plateforme de microblogging. Ce matin, on dénombrait très exactement 1.002.437 "followers" du compte officiel de la mairie. A titre de comparaison, la ville de New York en a deux fois moins.

Pour fêter ce «cap emblématique franchi», l'Hôtel de ville a lancé un concours visant à récompenser les plus beaux messages mentionnant le hashtag #1MillionParis. Les lauréats verront leur prose diffusée sur la centaine d'écrans tactiles qui équipent les arrêts de bus. Et, en l'honneur de ce millionième abonné, une vidéo en "timelapse" a été réalisée.

2,06 minutes plutôt pas mal. Très très cliché: visiblement, pour ses concepteurs, Paris se limite aux seuls quartiers Notre-Dame, Louvre-Conciergerie et tour Eiffel – les Parisiens de Belleville, de Ménilmontant, de Saint-Lazare, de la Goutte d'or ou d'ailleurs apprécieront. Mais vidéo sans doute parfaite pour alimenter à l'étranger l'image d'Epinal de la "Ville lumière".

Mise en scène de la sorte, en effet, la capitale française paraît la cité plus agréable du monde. Mais donc, au-delà de ces images formatées et si l'on en croit cette étude internationale, c'est loin d'être le cas.

Chacun jugera.

21/12/2015

Une première place, évidemment

Paris, Terrorisme, Communication, InternationalC'était couru d'avance, vu cette année si dramatiquement historique que viennent de vivre la France et sa capitale: au total tout de même plus de 150 morts, à la suite d'attentats terroristes (130 tués le 13 novembre + une vingtaine en janvier et depuis).

L'Hexagone et la "Ville lumière" trônent en bonne place dans tous les palmarès de fin d'année qui sont dressés par les moteurs de recherche et les réseaux sociaux.

Ainsi, "Charlie Hebdo" ont été les termes les plus recherchés dans le monde en 2015, sur le moteur de recherches Google. Et c'est probablement pareil sur les autres moteurs. Jamais auparavant un media français n'avait vu sa notoriété internationale propulsée à de tels niveaux, à la suite d'une actualité si tragique le concernant. Pareillement, sur Twitter, c'est le hashtag #JesuisCharlie qui caracole en tête: il a été partagé cinq millions de fois dans la seule semaine qui a suivi la tuerie du 7 janvier. Et les hashtags #PrayforParis et #JesuisParis ont pris le relais dès le soir du 13 novembre: ce sont eux qui, dans le monde entier, ont été les plus relayés. Quant à Facebook, dans les dix sujets qui ont été les plus discutés sur ce réseau social en 2015, on trouve évidemment, aux côtés de l'élection présidentielle américaine, les attentats parisiens tant de novembre que de janvier.

En espérant que, à la fin de l'an prochain, Paris et le pays ne se retrouveront pas à nouveau, pour une raison aussi sinistre, en tête des palmarès de ce type – et le pire, c'est qu'on ne peut même pas écarter l'éventualité d'emblée.

26/11/2015

Un élan «dans la durée» souhaité

Dans toute la la presse, ces jours-ci, un placard publicitaire de l'Etablissement français du Sang (EFS). Il remercie (voir ) tous les protagonistes de l'«élan citoyen sans précédent» qui a suivi les attentats du 13 novembre. Les dizaines de milliers de donneurs de sang «qui se sont présentés partout en France» ont «rendu possible la collecte dans des conditions exceptionnelles», salue-t-il. «Votre mobilisation, vos dons, ont sauvé des vies», assure la pub, en lettres capitales rouges et noires.

La réalité est un peu différente. Dans les faits, tout au long de ce mémorable week-end, l'afflux inopiné et si massif de tant de donneurs a complètement pris de court l'EFS et ses centres de collecte, voire les ont pas mal désorganisés. Dès le lendemain des tueries, d'ailleurs, l'organisme s'est empressé de faire savoir (ici) que «le niveau satisfaisant des réserves en produits sanguins a permis de faire face à la situation exceptionnelle de cette nuit». Et de bien préciser qu'il n'avait «pas aujourd’hui de besoins urgents», alors qu'on aurait pu imaginer que le carnage l'avait conduit au bord de la rupture de stock.

Comme il lui fallait rapidement réduire un peu ce flux de généreux donateurs peu commode à gérer vu son ampleur, l'EFS a aussitôt fait passer le message aux autorités. Raison pour laquelle, par exemple, dès le samedi après-midi qui a suivi les attentats, l'ensemble des panneaux lumineux d'information de la mairie de Paris, répartis dans toute la ville, ont exhorté la population à donner son sang «la semaine prochaine aussi». L'information, amplement relayée par tous les médias, a fini par passer dans l'opinion.

A présent, l'enjeu est que cette mobilisation se poursuive «dans la durée». Et particulièrement «en décembre et en janvier, périodes particulièrement sensibles pour les réserves» de l'EFS. Car, au-delà des périodes de crises majeures et ponctuelles, «10.000 dons de sang par jour» sont nécessaires, pour faire face à la demande.

Et c'est particulièrement vrai alors que, demain vendredi, on sera à deux semaines de cette si sinistre nuit. Puisque, selon les chiffres que la ministre de la Santé a donnés cette semaine, 161 blessés sont toujours hospitalisés, dont 26 en services de réanimation.

12/10/2015

Un procédé un peu cavalier

Ce n'est pas tous les jours que notre boîte mails perso reçoit un message d'un PDG d'une société de plus de 50.000 salariés, mais c'est ce qu'il lui est arrivé ce week-end. Un message du grand patron d'Air France.

Frédéric Gagey, c'est son nom, y fait savoir que les fameux incidents ayant émaillé le comité d'entreprise de lundi dernier – lors duquel deux cadres de la compagnie ont été molestés –, «ce n’est pas Air France». «Soyez en convaincus, ces violences ont été le fait d'individus isolés et ne reflètent ni la réalité ni l’ambition de votre compagnie». Et de vanter les «mesures courageuses» envisagées pour «assurer son avenir dans le peloton de tête des compagnies aériennes à vocation mondiale». Nulle part, il n'est fait mention des 2900 emplois menacés: à l'origine de la colère syndicale qui a dérapé de la sorte, il y a une semaine.

Pour diffuser cette communication de crise, Frédéric Gagey a donc utilisé le fichier clients d'Air France. Soit plusieurs millions d'adresses électroniques, habituellement réservées à l'envoi d'offres commerciales de la compagnie ou au suivi de dossiers de voyages de particuliers ou de sociétés. Un procédé un peu curieux, voire cavalier: en tant que client lambda d'Air France, on n'a pas le souvenir de lui avoir donné notre accord pour recevoir également ce genre de communications-là.

Mais on ne doute bien sûr pas que, par souci d'équité, Frédéric Gagey va à présent autoriser les syndicats des pilotes de ligne, du personnel navigant, et des agents au sol d'Air France à utiliser, à leur tour, ce fichier. Histoire de bien veiller à ce que, sur ce conflit social, la clientèle bénéficie d'une information absolument complète, et non du tout unilatérale.

 

PS. Dans le cadre de cette communication de crise, la compagnie a réalisé une vidéo de promo. Un petit film parfaitement aimable, délicieusement souriant, mais qui se prend pas mal de commentaires acerbes, voire carrément teigneux. Du genre: «Ca coûte combien de faire une vidéo aussi vide que ça?», «C'est une honte, de la pure propagande d'une autre époque», «Putain même sur les photos officielles de Corée du Nord, les sourires sont moins grincants», ou même... «Aucun DRH n'a été maltraité durant ce tournage».

31/08/2015

«Un nouveau pas», un peu lent

Paris, Education, Informatique, Communication, JeunesseRentrée demain en France, pour quelque 12 millions d'élèves. Dont près de 200.000 scolarisés dans les établissements de la Ville de Paris. Ces derniers bénéficieront notamment d'«un plan précurseur du numérique à l'école», dont la mairie est très fière.

Depuis plusieurs années, déjà, des tableaux numériques interactifs sont installés dans les salles informatiques des établissements parisiens. A la faveur de cette rentrée, «un nouveau pas» va être franchi. Dans les classes de 12 collèges de la capitale, les élèves de cinquième auront des tablettes à leur disposition, utilisées à des fins pédagogiques. Et leurs jeunes camarades de fin de primaire qui sont scolarisés dans 24 écoles situées en zone d’éducation prioritaire bénéficieront «de nouvelles classes mobiles avec des tablettes numériques». Au total, se félicite la mairie, «1.500 tablettes seront déployées» dans les établissements parisiens, à partir de cette rentrée.

Très bien. Mais tout de même un peu faiblard. Ainsi, pour s'en tenir à l'innovation relative aux collèges, en bénéficieront donc les élèves de cinquième de 12 de ces établissements. A titre de comparaison, au total très exactement 56.935 élèves sont scolarisés dans les collèges de la Ville.

Dès lors, dans les faits, la masse des collégiens parisiens scolarisés dans le public continuera à n'avoir accès à ces outils pédagogiques que dans les «espaces numériques de travail» de leur école – et encore, si leur établissement est équipé d'un tel espace. Et non en classe, dans le cadre de leur apprentissage quotidien.

09/04/2015

Une ambiance assurément glaciale

Le communiqué restera dans les annales de la communication partisane française, pour sa brièveté. Une quinzaine de mots. Diffusé ce matin par le FN, il informe que «la rumeur d'un bureau exécutif (du parti) qui se déroulerait cet après-midi est totalement infondée». Ce ne sera donc pas dès ce jeudi que Marine Le Pen et son paternel, depuis hier officiellement en «rupture», laveront leur linge sale en famille.

L'ambiance doit assurément être glaciale en ce moment, au siège du parti – situé à Nanterre, en banlieue parisienne. Sans doute que chaque camp y compte les siens, et que le moindre cadre ou même simple employé se sent obligé de faire allégeance à l'un ou l'autre duelliste.

Dans tout cela, les communicants du FN essaient de sauver la face. Quitte à devoir jouer les mercenaires. Pour preuve hier, c'est le même directeur de la communication, Alain Vizier (originellement plus proche de Jean-Marie Le Pen que de sa fille), qui a envoyé aux médias les deux communiqués fatidiques de la journée. Celui du matin, dans lequel Marine Le Pen rompt avec un «Jean-Marie Le Pen (qui) semble être entré dans une véritable spirale, entre stratégie de la terre brûlée et suicide politique». Puis, en fin d'après-midi, le communiqué dans lequel le paternel reproche à sa fille et à son clan d'avoir «ouvert au Front National une crise qui pourrait être grave de conséquences». Et annonce à «la Présidente du Front National» qu'il entend bien rester jusqu'au bout «un homme politique responsable, libre, qui a toujours marché tête haute et mains propres».

On ignore si le processus frontiste de validation des communiqués officiels du parti prévoient ou non, avant leur envoi aux médias, leur relecture systématique par la présidente et sa garde rapprochée, y compris lorsqu'il s'agit des communiqués paternels. Si une telle règle existe, son application éventuelle a dû être glaciale, hier. Tant, en l'occurrence ici, «le drame familial rejoint le drame politique. C'est à la fois le Roi Lear et Dallas» – comme l'a assez bien résumé le documentariste Serge Moati, hier.

20/03/2015

Une tentative sans doute vaine

Communication, Gouvernement, Elections départementales Les Français votent dimanche, ainsi que dimanche prochain. Les Français, mais – pour des raisons institutionnelles dont on vous fait grâce – pas les Parisiens, pas les Lyonnais, ni d'ailleurs les Martiniquais et les Guyanais. Tous les autres Français votent pour renouveler leurs assemblées départementales. Enfin, tous les autres Français... ceux qui le veulent bien. Et ils risquent d'être très peu nombreux. Une fois de plus, l'on s'attend à des records d'abstention.

Aussi, ces derniers temps, le gouvernement a tenté un peu tout et n'importe quoi pour donner aux électeurs potentiels l'appétit de voter.

Samedi dernier, dans la soirée, le compte twitter du ministère de l’Intérieur a profité de la diffusion du télé-crochet «The Voice» pour publier un message d’appel aux urnes parodiant ce programme. «Il y a ceux qui donnent de la voix et ceux qui peuvent au moins la faire entendre. La plus belle voix, c'est forcément la vôtre», disait-il. Précédemment, la communication gouvernementale avait déjà saisi une autre accroche d'actualité décalée: le «Mondial du tatouage», qui battait son plein à Paris. Un message officiel avait alors été lancé, sous la forme d'une photo de biceps tatoué des mots «Oui je vote»: l'intitulé du site web gouvernemental dédié à ce scrutin.

Pourquoi pas. Ces gadgets de com' électorale ne peuvent sans doute pas faire de mal. Et peut-être auront-ils fait sourire l'un ou l'autre électeur. De là à motiver des abstentionnistes à aller voter, c'est déjà beaucoup plus illusoire.

10/03/2015

Une machine bien huilée

Institutions, Présidence, Communication, Médias, PersonnalitésC'est vers 3 heures du matin qu'a été diffusé le communiqué officiel de François Hollande rendant hommage aux huit Français – dont trois sportifs de haut niveau – victimes hier de l'accident d'hélicoptère qui a endeuillé le tournage de la prochaine émission de téléréalité de TF1, en Argentine.

Cela ne signifie toutefois pas forcément que le chef de l'Etat lui-même ait été tiré du lit par cette actualité, cette nuit.

A l'Elysée, un «Service permanence et information» se charge de la veille des actualités survenant tardivement. Il a pour référent celui ou celle de la dizaine de hauts conseillers du Président qui, à tour de rôle, est d'astreinte cette nuit-là. C'est ce conseiller qui reçoit les premières alertes provenant des aides de camp chargés de surveiller en continu les actualités, puis qui lance la machine à communiquer.

Le conseiller de François Hollande qui coordonne sa communication (Gaspard Gantzer) est tenu d'être joignable et mobilisable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Un communiqué officiel signé par le chef de l'Etat ne doit pas nécessairement être relu et approuvé par lui, avant d'être envoyé aux médias. Le secrétaire général de la présidence (Jean-Pierre Jouyet), son adjoint (Boris Vallaud), le chef d’Etat-major particulier (le général Benoît Puga) et le directeur de cabinet (Thierry Lataste) ont reçu mandat de ce faire.

De manière impérative, l'hôte de l'Elysée est bien sûr systématiquement réveillé si et quand, la nuit, surviennent des événements qui engagent la sécurité nationale (attentats, etc.), des actualités graves concernant des Français à l'étranger (prises d'otages, détournements d'avion, etc.) ou des événements diplomatiques majeurs (décès de chefs d'Etat, etc.). Dans les autres cas (disparitions de personnalités, etc.), c'est au haut conseiller de permanence cette nuit-là qu'il revient de décider de reveiller ou non le grand patron, après en avoir référé à l'un ou l'autre des quatre membres de sa garde rapprochée.

Institutions, Présidence, Communication, Médias, PersonnalitésSous François Hollande, toutefois – comme c'était déjà le cas sous Nicolas Sarkozy –, ces règles habituelles de fonctionnement sont régulièrement bousculées par l'intéressé lui-même. Boulimique de travail, ultra-connecté, drogué d'actualité, il ne se coupe jamais complètement d'elle, quelle que soit l'heure. Très souvent, dès lors, quand survient le coup de fil du permanencier de l'Elysée censé l'informer de tel ou tel événement nocturne, il en est déjà au courant.

Cette nuit, donc, François Hollande lui-même a très bien pu piloter la réaction de l'Elysée au tragique événement.

18/02/2015

Un pataquès, divertissant

Gouvernement, Communication, Parlement, EconomieGros bug de com', décidément, commis hier par le cabinet du ministre Emmanuel Macron. Si par extraordinaire vous n'en aviez pas entendu parler – l'affaire a fait beaucoup jaser, pendant toute la journée.

Au moment même où, à l'Assemblée nationale, Manuel Valls constatait qu'il n'avait pas de majorité pour voter la grande loi de son ministre de l'Economie, le cabinet de celui-ci envoyait un communiqué de presse à toutes les rédactions, communiqué... se félicitant du vote de ce texte. «Emmanuel Macron salue la qualité et l’intensité du travail parlementaire qui a permis l’adoption du projet de loi», se réjouissait-il.

Ce cocorico si prématuré, factuellement erroné, et politiquement très déplacé est parvenu vers 10h50, dans les boîtes électroniques des journalistes. Il a tout de même fallu plus d'1/2 heure pour que, à Bercy, quelqu'un se rende compte de la bévue, et corrige le tir. Un communiqué «RECTIFICATIF» est parvenu vers 11h30 aux rédactions.

On imagine l'énervement du ministre, l'engueulade qu'il a dû prendre de la part du chef du gouvernement, et, par conséquent, le savon monumental qui été passé à la petite main qui, au service de com' de Bercy, a malencontreusement envoyé cette communication ministérielle intempestive à tous les médias de France.

Tous nos remerciements à l'intéressé(e), néanmoins. Pour ce pataquès de com' qui fut l'unique moment de divertissement d'une journée très laborieuse.

13/10/2014

Un canular (d'un goût douteux)?

Paris, Communication, ActivismeDes jours et des jours que l'on voit son visage, placardé un peu partout dans notre onzième arrondissement. Dans certains quartiers même, son portrait est systématiquement affiché sur tous les feux de signalisation. Pas plus tard que ce matin, d'ailleurs, apercevant une nouvelle fois dans les rues les images de cette bonne bouille rieuse, on s'est pris à compatir à son sort. Mais peut-être s'est-on fait du souci pour rien.

Loïc Demarais. Présenté comme étant âgé de 25 ans et porté disparu depuis début septembre. Sur les avis de recherche qui ont été placardés dans tout Paris le concernant, destinés à retrouver sa trace, figure un numéro de portable. Selon le journal «Le Parisien» de ce matin, le portrait de ce Loïc a été affiché dans d'autres villes que Paris. Pareillement, des avis de recherche pour d'autres jeunes disparus (une Aurélie, une Olivia, une Angélique, un Julien, etc.) sont également apparus dernièrement, un peu partout dans le pays. Tous ces avis de disparition renvoient au même portable mais qui ne répond jamais, et qui serait même un faux numéro. Et pour cause: tout cela, en fait, pourrait n'être... qu'un vaste canular.

Le point commun de tous ces jeunes présumés disparus est qu'ils exercent une profession dans le monde des arts de la scène. Ainsi, l'affichette relative à Loïc Demarais précise qu'il est technicien lumières. Du coup, l'hypothèse qui circule est que ces avis de disparition en cascade émanent, en fait, de la remuante Coordination des intermittents et des précaires – les activistes qui luttent sans relâche (là) contre la dernière réforme en date du régime d'indemnisation du chômage. Les personnes présentées sur ces avis de recherche seraient fictives. La mise en scène de leur prétendue disparition viserait à sensibiliser l'opinion à la menace de disparition que la réforme du statut des intermittents ferait peser sur tous ces métiers du spectacle.

A ce stade, la Coordination dément toute initiative de la sorte. Si d'aventure elle venait à être confirmée – les autorités sont en train d'enquêter –, on serait en droit de la trouver d'assez mauvais goût. Le contexte social et économique du moment est déjà assez anxiogène et déprimant comme cela, pour en plus venir inquiéter les gens pour rien, en propageant de telles fausses nouvelles.

25/09/2014

Une macabre liste qui s'allonge

Avec l'assassinat hier soir du touriste niçois qui avait été enlevé par des islamistes en Algérie, elle commence à dramatiquement s'allonger, la macabre liste des Français ayant perdu la vie après avoir été pris en otage par des islamistes. Au mois d'avril, déjà, le groupe jihadiste Mujao avait annoncé la mort du touriste Gilberto Rodriguez Leal, qu'il avait enlevé à la fin 2012 au Mali. Et l'été dernier, c'était l'homme d'affaires Philippe Verdon qui avait été assassiné par Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi). Trois ans après la mort en détention, possiblement pour raison de santé, de l'otage Michel Germaneau, que le même Aqmi avait enlevé dans le Nord du Niger au printemps 2010.

A cela, il faut encore ajouter la mort de trois otages tués lors d'opérations manquées de libération. Denis Allex: agent des services secrets, décédé en 2013 à la suite de l'assaut donné aux islamistes somaliens des shebabs qui le détenaient depuis quatre ans. Antoine de Leocur et Vincent Delory: les deux jeunes qui, début 2011, avaient péri lors ou en marge du raid aérien mené par l'armée française contre les islamistes les ayant enlevés à Niamey. Sans oublier – même si les circonstances et le motif exacts de leur mort restent à préciser par la justice française – la jeune photographe de presse qui fut victime d'un guet-apens en République centrafricaine au mois de mai, et les deux journalistes de RFI assassinés au Nord-Mali, peu après leur enlèvement, à la fin 2013.

Mais il y a une différence entre tous ces décès tragiques et celui qui vient d'endeuiller la France. Hier soir, pour la première fois s'agissant d'un Français, cet assassinat a été sciemment mis en scène, des images ont été enregistrées sur une vidéo, et celle-ci a été diffusée dans le monde entier à des fins assumées de propagande. Ces images sont donc visibles en France aussi, et y compris par les proches de l'otage assassiné. Jamais auparavant on n'avait connu cela. Jusqu'à présent, même dans les cas les plus anciens et mémorables d'otages ayant trouvé la mort en détention (Michel Seurat par exemple: au Liban au milieu des années 80), le supplice qui leur avait été infligé n'avait pas donné lieu à la moindre image (hormis de ponctuelles preuves de vie), n'avait en tout cas jamais été mis en scène de la sorte.

D'où l'immensité du choc, à Paris et dans tout le pays.

03/07/2014

Un étonnement ou l'autre

Personnalités, Sarkozy, Valls, Langue française, Justice, Communication«Dans les yeux». Le grand retour radiotélé de Nicolas Sarkozy, hier soir, nous a fait sursauter au moins sur un point. Quand, regardant ses intervieweurs bien droit «dans les yeux», il leur a assuré qu'il n'avait rien à se reprocher. On aurait été lui qu'on se serait bien gardé d'utiliser une telle expression. Si connotée en politique française, depuis que, «les yeux dans les yeux» de toute la classe politique et médiatique, pendant des mois, l'ex-ministre PS Jérôme Cahuzac assura ne pas détenir un compte bancaire non-déclaré à l'étranger. Avant de finir par devoir reconnaître les faits, mettant piteusement son mensonge sur sa «part d'ombre». Pas sûr, dès lors, que Nicolas Sarkozy avait vraiment intérêt à proclamer son innocence «dans les yeux» de ses interlocuteurs, et à travers eux dans ceux des Français

Le matin même, déjà, on avait au moins autant sursauté, à l'écoute cette fois de Manuel Valls. En entendant le Premier ministre lâcher, à propos de Nicolas Sarkozy: «Les faits sont graves». Or, à ce stade, il n'y a pas de «faits»: juste des présomptions pesant sur l'ex-Président, des indices graves et concordants. Ce dérapage faisait furieusement penser à celui qu'avait commis, en juillet 2003, un certain... Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur. Quand il avait annoncé «l'arrestation de l'assassin» en cavale du préfet de Corse, Claude Erignac. Alors qu'Yvan Colonna, à ce moment-là et par la force des choses, n'avait pas encore été jugé et encore moins condamné, donc était présumé innocent. Manuels Valls a beau détester être comparé à Nicolas Sarkozy, là, pour le coup, il lui a fameusement ressemblé, dans son écart de langage.

A la fin de cette journée, d'ailleurs, il était assez stupéfiant de constater que ces deux étrangetés de communication avaient été le fait de deux hommes politiques qui sont pareillement censés être de très grands experts en com', et qui sont à longueur de journées entourés et conseillés par des hauts communicants supposés de choc.

C'est à n'y plus rien comprendre.

06/06/2014

Une mise au goût du jour

Paris, Transports, Métro, Sécurité, CommunicationUne fois n'est pas coutume, un sujet très léger. Pour bien terminer la semaine. Mais un sujet qui concerne tout de même une icône de Paris, dans son genre. Un petit personnage qui a été vu par des générations entières de bambins parisiens, et par au moins autant d'enfants de touristes venus du monde entier visiter la capitale française. On veut parler de Serge, le lapin de la RATP. Celui qui, en sticker sur toutes les portes des métros et des RER, depuis 1977, invite les mômes à prendre garde de ne pas s'y «faire pincer très fort».

Le lapin Serge a donc été relooké (ici). Sans doute était-il temps, lui qui ne l'avait plus été depuis 1986. Un concours a même été lancé () sur Facebook (quasi 100.000 «J'aime»!), pour élaborer la nouvelle légende qui accompagnera ce visuel plus moderne. Et, histoire d'être totalement dans le vent, Serge a ouvert un compte Twitter (https://twitter.com/SergeLapinRATP (@SergeLapinRATP), «pour dialoguer avec ses fans».

On n'arrête décidément jamais la modernité.

08/04/2014

Un air de déjà-vu

Personnalités, Communication, VallsLe grand jour de Manuel Valls, ce mardi. Cet après-midi, le nouveau Premier ministre prononce son discours de politique générale, devant l'Assemblée nationale. Qui, ensuite, procédera au vote de confiance.

A Paris, aux devantures des kiosques à journaux, on ne voit plus que lui, depuis sa nomination à Matignon. Dans les magazines de papier glacé, il s'affiche même bras dessus, bras dessous avec Madame. En apercevant cela, on s'est souvenu de ce dimanche après-midi où, sur le divan rouge de Michel Drucker, il avait cru bon de s'épancher, devant des millions de téléspectateurs, sur les conditions dans lesquelles il avait rencontré son épouse, sur son «coup de foudre immédiat» ce jour-là, etc. A l'époque déjà, comme cette semaine à la vue de ces «Unes» de magazines, on a poussé un identique soupir d'agacement: ce déballage est-il vraiment nécessaire?

Il rappelle furieusement, en tout cas, un certain Nicolas Sarkozy s'affichant en «Une» de Match, au début du quinquennat précédent. D'abord avec son épouse Cécilia, puis au bras de celle qui lui succéda, Carla Bruni. A l'époque, les Français n'avaient pas du tout aimé cela. Et ce qu'ils avaient considéré comme de l'exhibitionnisme déplacé avait même sonné le début de la dégringolade de la popularité de l'alors Président – dont il ne se remit jamais, avec les suites que l'on connaît.

Quelques années plus tard, donc, Manuel Valls – censé grand communicant – fait d'emblée le choix analogue de l'étalage de sa vie privée. On verra ce que, cette fois, cela donnera.

07/04/2014

Un moment d'hésitation, révélateur

Un sondage de popularité assez moyen pour l'exécutif Hollande-Valls, publié ce matin (ici). Le hasard a voulu qu'on ait fait partie du panel des personnes interrogées. A dû jouer aussi le fait que nos téléphones n'étant pas sur liste rouge, on est sollicité à longueur de journées par des démarcheurs de toutes sortes, dont des sondeurs. Comme chaque fois, cela a été assez comique de répondre aux questions de la petite main qui, samedi matin, pour l'institut OpinionWay, nous a appelé en vue de cette enquête d'opinions.

Ainsi, la formulation d'une de ses questions en disait long sur l'ambiance anti-politique du moment, dans la population: «De quel parti politique vous sentez-vous le plus proche, ou, disons, le moins éloigné?» Parmi les formations qui étaient suggérées comme réponses à cette question, on a même eu droit au petit parti «Chasse, Pêche, Nature et Traditions», qui, pourtant, a depuis longtemps disparu de la circulation. Parmi les personnalités dont on était prié de dire si on était satisfait («assez ou très») ou mécontent («assez ou très»), figurait un certain... Nicolas Sarkozy. Qui a théoriquement quitté la politique active. On a aussi découvert que, parmi les questions destinées à établir le profil socio-économique du sondé (nécessaire, s'agissant d'une enquête par quotas), figurent, outre les interrogations habituelles (taille et composition du ménage, dernier diplôme obtenu, etc.), une question relative... au permis de conduire: la possession ou non de ce titre, et le nombre de points y figurant – on n'a pas bien vu le rapport.

Surtout, comme chaque fois qu'on a en ligne quelqu'un d'un institut de sondages, on a eu droit à ce délicieux petit moment d'hésitation de notre interlocuteur, après l'énoncé de notre profession. Puis à une requête de sa part de bien vouloir patienter quelques secondes, suivie d'un blanc. Soit sans doute le moment, pour lui, d'interroger son supérieur: sur la catégorie socio-professionnelle dans laquelle il pouvait bien classer cette occupation de journaliste (employé? cadre? profession supérieure?).

En ces temps de précarisation grandissante de la corporation journalistique (relire , par exemple), on n'est jamais assez prudent.

10/12/2013

Un jugement plus accommodant

International, Armée, Défense, Hollande, CommunicationOn a peut-être la mémoire courte, mais, a priori, on n'a pas le souvenir qu'une opération militaire française à l'étranger ait ainsi été endeuillée aussi rapidement après son lancement. Ce matin, a été confirmée la mort de deux soldats français faisant partie du contingent déployé en Centrafrique depuis vendredi. Ces deux jeunes gens appartenaient au huitième régiment de parachutistes d’infanterie de marine, basé à Castres (Midi-Pyrénées). C'est ce même régiment qui, un jour dramatique d'août 2008, avait vu d'un coup dix de ses hommes tués, en Afghanistan.

Les deux décès de Bangui ont été confirmés vers 9 heures, ce matin, par un communiqué de l'Elysée. Qui, quarante minutes plus tôt, dans un autre communiqué, avait annoncé la visite surprise de François Hollande en Centrafrique, ce mardi en fin de journée. Probablement ce déplacement improvisé a-t-il été décidé dans la nuit: alors que l'info sur ces deux décès n'avait pas encore été rendue publique, mais que le palais présidentiel, lui, la possédait déjà.

François Hollande s'investit beaucoup sur le terrain international, a fortiori ces derniers mois (Centrafrique, crise du nucléaire iranien, libération des otages français détenus au Sahel, etc.). Il ne lui a pas échappé que c'est un des très rares volets de son action présidentielle qui est salué par l'opinion. Dix-neuf mois après son accession à l'Elysée, son bilan en général et sa personnalité en particulier sont conspués par les Français: à peine un sondé sur cinq se déclare satisfait. En revanche, un sondage  vient encore de le montrer, le jugement populaire est plus accommodant sur la politique étrangère du Président.

Sans doute l'intéressé y a-t-il songé, au moment de décider de se rendre au débotté, cet après-midi, aux côtés de ses troupes endeuillées.

22/11/2013

Une «transhumance forcée»?

Communication, Technologies, Economie, Transports, ParisVoilà peut-être la réponse à une question que l'on se posait depuis un petit temps. Comme, sans doute, nombre de Parisiens usagers de la téléphonie mobile.

La qualité du réseau ne cesse de se dégrader, dans la capitale en tout cas. C'était notable depuis pas mal de semaines, mais, là, cela devient assez spectaculaire. Pas un jour quasiment sans échouer à envoyer des SMS depuis le métro. Alors que cela marchait très bien, auparavant. Pas une semaine ou presque sans se retrouver, en plein centre de Paris, en «zone blanche»: sans accès au moindre réseau. Comme dans le fin fond de la Creuse ou de la Corrèze. Comment expliquer cela? Une grande association de consommateurs (régulièrement en contentieux avec les opérateurs de téléphonie) vient de jeter (ici) un pavé dans la mare. Outre que, chiffres à l'appui, elle confirme la dégradation de ce réseau, elle s'est demandée si, en fait, cette dégradation n'était pas ... délibérée: voulue par les opérateurs eux-mêmes.

Explication. En ce moment, ils sont en pleine campagne de promo pour la 4G. Les voilà donc suspectés de «manœuvre»: accusés de «dégrader les conditions d’utilisation de la 3G, pour valoriser artificiellement la 4G». Afin que davantage d'usagers, dégoûtés par les difficultés actuelles du réseau, optent pour la génération suivante de téléphonie. En d'autres termes, on serait en pleine «transhumance forcée des consommateurs, de la 3G à la 4G». Et «il est à craindre que les opérateurs, faisant de la 4G un enjeu stratégique, généralisent la pratique, ainsi qu’une baisse des investissements sur les réseaux 3G». Du coup, s'il faut en croire cette thèse (complotiste? réaliste?), la qualité du réseau mobile traditionnel pourrait continuer à se dégrader.

On n'arrête décidément pas le progrès. Même et y compris à l'insu de son plein gré?

14/10/2013

Un curieux message

Parti socialiste, Communication, GouvernementReçu ce week-end, sur notre téléphone personnel, un SMS venant... d'un membre du gouvernement. Il disait ceci: «Ce dimanche, votez aux primaires citoyennes pour mettre fin au clientélisme et à l'immobilisme. Je compte sur vous!» Signé: la ministre Marie-Arlette Carlotti. Qui, à Marseille, avec cinq autres candidats, briguait l'investiture socialiste pour les élections municipales de mars prochain – et qui, au passage, a été lourdement défaite, au premier tour hier.

Curieux message. On n'a jamais communiqué notre numéro de téléphone à cette dame, ni donné au PS notre accord pour recevoir des textos de propagande électorale. Sans doute l'équipe de campagne de Marie-Arlette Carlotti a-t-elle retrouvé ce numéro, et probablement quantité d'autres de confrères, dans le fichier presse du candidat Hollande, l'an dernier. Puisque, lors des campagnes présidentielles, les journalistes et communicants des candidats échangent souvent par SMS: pour avertir des changements de programme de dernière minute, etc. Il n'empêche, aller retrouver des numéros de téléphone dans des fichiers de journalistes, puis solliciter ces derniers en tant qu'électeurs, cela paraît un peu cavalier, comme procédé.

En outre, quand bien même, par extraordinaire, aurait-on souhaité participer à ce scrutin partisan d'hier, qu'on n'aurait évidemment pas pu le faire. Puisqu'on vit à Paris, et non à Marseille. C'était donc, clairement, un SMS envoyé pour rien, quelques centimes d'un budget de campagne jetés par les fenêtres.

Espérerons donc, pour la bonne marche de l'Etat, que les dossiers de la ministre Carlotti sont plus en ordre que son fichier d'électeurs présumés.

12/09/2013

Un manquement, si manifeste

Médias, Radio, Journalisme, CommunicationLa décision remonte à fin juillet, mais elle vient seulement d'être rendue publique. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a adressé une mise en demeure assez sèche à «Radio Courtoisie»: la sulfureuse «radio libre du pays réel et de la francophonie». La radio préférée du Front national est réprimandée pour avoir manqué à plusieurs de ses obligations déontologiques: «le respect du pluralisme des courants de pensée et d’opinion», «l’obligation de ne pas encourager les comportements discriminatoires», la promotion des «valeurs d’intégration et de solidarité qui sont celles de la République», et «la nécessité d’assurer la maîtrise de l’antenne».

En cause, une émission diffusée en mai dernier. A l'antenne, l'animateur d'un débat avait jugé le «mariage pour tous» «abject», «contre-nature», et attentatoire aux fondements de l’identité nationale française. Il avait ensuite assimilé cette union à l’islam, présenté comme «dangereux et radicalement incompatible» avec les valeurs de la République. Aucun des invités présents en plateau n'avait réagi ni exprimé la moindre opinion contraire ou plus nuancée.

Dans l'arsenal juridique du CSA, la mise en demeure sanctionne un média jugé responsable d'«atteinte caractérisée» à ses obligations. C'est le deuxième degré d'intervention de cet organisme, après l'envoi d'un simple courrier de rappel à l'ordre. Le CSA adresse une dizaine de mises en demeure chaque année, en moyenne. Lorsqu'elles ne sont pas suivies d'effets et que sont réitérés les manquements graves qu'elles visent, le média fautif s'expose à des sanctions.

«Radio Courtoisie» n'en est pas à son premier rappel à l'ordre. Elle qui, depuis plus de vingt ans (elle est née en 1987), déverse à longueur de journées sur les ondes son fiel haineux. Rebaptisé «pensée libre, authentique, attachée à la patrie et aux traditions», «oasis de santé morale dans un désert de désinformation et d’intoxication intellectuelle»: «résistance française aux poisons de la décadence».

Pénible.

09/09/2013

Une grande muette, plus que jamais

Le Congrès américain se réunit à partir de ce lundi, avec, à l'ordre du jour de ses débats, une éventuelle intervention en Syrie. S'agissant de la France, quelles sont les forces armées qu'elle a prépositionnées, en vue de cette possible opération? Quelle est la dimension maximale que ce dispositif pourrait prendre? Combien d'hommes, de navires et d'appareils sont mobilisés? Quel est, jusqu'à présent, le coût de ces préparatifs militaires, pour le budget français?

Autant de questions que les médias pourraient légitimement se poser, et poser au ministère français de la Défense. A fortiori ce lundi. Et bien non.

Pour preuve: lors de son dernier briefing de presse, fin de la semaine dernière, le porte-parole de ce ministère a fait preuve d'une très martiale concision. En trois secondes à peine, il a fait le tour de la question. Cela a donné: «La réponse à toute question sur le dispositif opérationnel est qu’aucune indication ne peut être donnée».

Au moins cela a le mérite d'être clair.