21.05.2012
Un air penaud
La parité au sein du nouveau gouvernement: on en parlait vendredi. En revanche, l'UMP inaugure sa période d'opposition en se distinguant, une fois encore, par son non-respect des obligations légales en termes de parité hommes-femmes, pour les élections législatives de juin. Sur ses listes, ne figurent que 28% de femmes.
«Je plaide coupable avec regret», «Ce n'est pas de gaité de coeur»: le n°1 du parti sarkozyste, Jean-François Copé, était moins sûr et fier de lui que d'habitude ce lundi, alors qu'une matinale radio-télé l'interrogeait sur ce point. «C'est un arbitrage que nous avons eu à rendre et qui était difficile», a-t-il tenté de justifier, penaud. L'ex-parti majoritaire craint de perdre des dizaines de sièges, à l'Assemblée. Dès lors, dans nombre de circonscriptions, plutôt que de faire de la place à des femmes sur ses listes, il a réinvesti des candidats (mâles) sortants. «Il était extrêmement difficile de les sacrifier. Chacun doit comprendre que, dans la période qui est la nôtre, il nous faut absolument avoir le maximum de députés et que cela passe par le poids, l'ancrage local de beaucoup d'entre nous», dixit Jean-François Copé. Dont le parti, pour ne pas avoir respecté la loi, devra payer plusieurs millions d'euros de pénalités.
Globalement, les autres formations respectent mieux l'obligation légale de parité. Il n'empêche, selon le ministère de l'Intérieur, on ne compte que 40% de femmes parmi les 6.591 candidats en lice au premier tour. C'est moins qu'aux législatives de 2007, où elles avaient été 41,6%.
11:25 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes, elections législatives, personnalités, partis, copé
16.01.2012
Une comparaison (débile)
C'était sur une télé d'info continue, ce matin. Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, n'a rien trouvé de mieux que de comparer le candidat socialiste à l'Elysée, François Hollande, au capitaine du bateau de croisière «Costa Concordia», qui a fait naufrage ce week-end en Italie. Pour lui, «il y a des capitaines qui frôlent trop les côtes et qui conduisent leurs bateaux sur les récifs. Je trouve que François Hollande côtoie et tutoie les déficits publics avec beaucoup de complaisance».
Comparer le présidentiable du premier parti de l'opposition à un homme qui sera vraisemblablement poursuivi pour homicides involontaires. A un incompétent qui, d'après les témoignages des survivants de la catastrophe, sabrait le champagne avec son second dans un bar VIP alors que leur navire se dirigeait tout droit vers les récifs. A un couard qui, selon ces mêmes sources, a abandonné ses passagers et sauvé sa peau en s'enfuyant dans un des premiers canots de sauvetage.
Alors, on a parfaitement le droit de ne pas apprécier, et même de détester, François Hollande, son parti et son programme. Mais une comparaison de cet acabit est profondément débile. Et, s'il s'agit d'un trait d'humour, il est indigne d'un ministre de la République, sachant que des Français figurent parmi les disparus de la catastrophe.
Précédemment, déjà, des pontes de l'UMP avaient traité le présidentiable socialiste d'«homme dangereux». Comme on dit d'un criminel échappé de prison qu'il est considéré comme un homme dangereux. Et, l'autre jour, le président de l'Assemblée nationale en personne, l'UMP Bernard Accoyer, a estimé que, si François Hollande était élu à l'Elysée, les conséquences économiques et sociales, pour le pays, seraient comparables à celles d'«une guerre».
«Chez nous, c'est massacre à la tronçonneuse!», dans nos critiques envers le PS, s'était amusé, la semaine dernière, le n°1 de l'UMP, Jean-François Copé. Il a tort. Ce n'est même pas un film d'horreur de série B. C'est à la politique ce que Max Pecas doit être au cinéma: du grand n'importe quoi.
Encore bravo.
11:17 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : personnalités, gouvernement, parti socialiste, copé, hollande
13.10.2011
Une si grande finesse
Il est grand temps que ces primaires socialistes pour 2012 s'achèvent. Temps, pour... la droite. Qui, ces derniers jours, n'en finit plus de se ridiculiser avec des comparaisons particulièrement absurdes. Ainsi, ce jeudi, dans les rangs de l'UMP y compris, bon nombre n'en étaient toujours pas revenus de l'analogie faite la veille par le n°1 de ce parti, Jean-François Copé, avec le troisième candidat du premier tour de dimanche: Arnaud Montebourg.
Qui donc, dans la bouche du patron de l'UMP, a été comparé rien moins... qu'aux «bolcheviks de 1917». Car ces derniers, à en croire le parti sarkozyste, se seraient parfaitement retrouvés dans les deux marottes de ce socialiste: la mise sous tutelle des banques et le protectionnisme européen.
Alors, on peut bien sûr de ne pas du tout être convaincu par les thèses du héraut de la «démondialisation». On a parfaitement le droit de juger ce dernier concept fumeux, voire périlleux pour la France s'il venait un jour à y être mis en oeuvre. Il n'est même pas illégitime de s'interroger sur la crédibilité du travail de reprofilage d'image qui a été le sien: métamorphose qui, en gros, a transformé ce gentleman-farmer bourguignon en défenseur de la veuve et de l'orphelin. Tout cela, pourquoi pas, peut susciter d'intéressants débats.
Mais tout de même: les bolcheviks...
Vu la si grande finesse d'analyse qui semble de mise en ce moment à l'UMP, on ne serait pas autrement étonné si, dimanche soir, ce parti en venait à assimiler le candidat investi par le PS pour 2012 à... Pol Pot, le leader des khmers rouges qui, dans les années 70, génocidèrent le Cambodge.
Encore bravo.
11:25 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, personnalités, histoire, copé



