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05/12/2012

Un imbroglio diplomatique

International, Diplomatie, HollandeUn peu de politique étrangère, aujourd'hui: une fois n'est pas coutume, dans ce blog. Pour évoquer cet imbroglio diplomatique auquel est confrontée la France, en ce moment. Concernant la Syrie. Un pataquès que le porte-parole des Affaires étrangères a détaillé, lors d'un de ses derniers briefings de presse quotidiens.

A la mi-novembre, le Président Hollande a innové sur la scène internationale. En annonçant (ici) que, pour la France, «le seul représentant légitime du peuple syrien» n'était désormais plus Bachar el-Assad. Mais le chef de l'opposition qui le combat: le président de la Coalition nationale syrienne, Ahmad Moaz al-Khatib. Conséquence de sa reconnaissance officielle par Paris, «il y aura un ambassadeur de la Syrie en France qui sera désigné par le Président de la Coalition».

Pourquoi pas. Il n'empêche qu'en attendant, le régime officiel syrien est toujours représenté à Paris, par un ambassadeur en titre. Mais alors, quel est donc le statut de ce diplomate? C'était la question, pas idiote, qu'a posée un confrère l'autre jour, au porte-parole du quai d'Orsay. Et ses explications valent leur pesant d'or.

«Nous avons déclaré l'ambassadeur de Syrie à titre bilatéral à Paris persona non grata», a-t-il confirmé. Mais, pour autant, l'Hexagone n'a «pas rompu les relations diplomatiques» avec la Syrie du dictateur. Dès lors, son «ambassade reste ouverte». «Des diplomates accrédités (y) travaillent encore, notamment des personnels consulaires». En outre, ce fameux ambassadeur «persona non grata» est... toujours à Paris. Car, jusqu'à nouvel ordre, il est ambassadeur de son pays auprès de l'Unesco: l'agence onusienne, qui a son siège dans la capitale française. Du coup, ce diplomate indésirable ne peut être expulsé par la France.

Décidément, rien n'est jamais simple.