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18/04/2016

Un écolier sur deux

Histoire de commencer la semaine en fanfare, une nouvelle entendue dernièrement sur une radio locale () et qu'on continue à trouver décidément effarante, malgré les jours passant. Cela concerne les enfants de Seine-Saint-Denis, le grand département populaire du Nord de Paris. Et, singulièrement, leurs aptitudes sportives.

Dans ce département, une piscine olympique sera construite, si Paris obtient l'organisation les JO de 2024. En attendant, pour le moment, un écolier sur deux... ne sait pas nager.

C'est beaucoup dû au manque criant d'équipements: on ne compte que 35 piscines dans le "9-3". Pour une population de plus d'un million et demi d'habitants. Ajoutons que la pénurie chronique d'enseignants qui affecte ce département, et fait se mobiliser les parents d'élèves (voir ), ne contribue probablement pas à l'éducation sportive des enfants.

Heureusement que François Hollande avait demandé à être jugé sur le critère de la jeunesse, à l'issue de son quinquennat. Sur la question de savoir si les jeunes seront en meilleure situation à la fin de son mandat par rapport à ce qu'était leur sort en 2012. Jugerait-on l'hôte de l'Elysée sur l'état, non de la jeunesse en général, mais de l'enfance en particulier, et singulièrement à l'aune du sort qui est réservé aux gosses des quartiers urbains les plus déshérités, que cette évaluation ferait mal.

Encore bravo.

 

PS: En revanche, s'il est besoin de le souligner, aucune carence en piscines à Paris même. Et a fortiori dans les quartiers bobos de la capitale, comme notre onzième arrondissement. Là, au contraire, l'évolution a été spectaculaire, ces dernières années. L'amplitude des heures d'ouverture des piscines est désormais telle qu'on peut sans problème s'y rendre dès très tôt le matin, et jusque tard après la nuit tombée.

Sans doute a-t-on les priorités que l'on se donne.

14/01/2016

«Un impact concurrentiel négatif»

Les langues régionales, oui. Mais le flamand, non. C'est, en substance, la position du gouvernement Valls, qui vient d'être rappelée () à l'Assemblée nationale. N'en déplaise aux éventuels lecteurs nordistes de ce blog. Ainsi qu'aux quelque 30.000 locuteurs estimés de cette langue régionale de la Flandre française, recensés dans la zone de Dunkerque-Armentières, en région Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

A ce jour, cet idiome n'est enseigné que dans trois collèges privés et six écoles de France. C'est beaucoup trop peu, pour le député du coin, Jean-Pierre Decool (droite souverainiste). Selon qui, «au-delà de l’outil éducatif et culturel, la connaissance du flamand est un outil de développement économique et de valorisation du territoire», ainsi qu'«un pont vers l’apprentissage de toutes les langues qui entourent le Nord: l’anglais, le néerlandais et l’allemand».

Oui, mais non, vient de lui répondre le gouvernement. Dixit le ministre en charge de la réforme territoriale, c’est «avec discernement» que l'Education nationale «conduit l’examen de la situation» de cette langue. Car «accepter son intégration dans un cursus classique pourrait créer un impact concurrentiel négatif avec le néerlandais, langue véhiculaire et de communication avec la Flandre belge et les Pays-Bas, dont il est un dialecte».

Pas cool, pour le député Decool. Selon qui cette position réaffirmée de l'exécutif Hollande-Valls «apportera de la tristesse dans la Flandre». Et s'explique par la méconnaissance qu'on a de ce dossier, à Paris: on y «confond flamand et flamingant», les régionalistes rabiques, or «le flamand occidental est une langue régionale sans connotation régionaliste».

Line Renaud et Dany Boon, les icônes de la région d'Armentières, n'ont pas encore réagi.

03/12/2015

Un certain relâchement (assez habituel)

 Terrorisme, Sécurité, Education, Tourisme, GouvernementOn n'est pas d'un naturel anxieux. Et encore moins du genre à voir le danger partout, dès qu'on met le pied dehors. Mais on s'est tout de même fait à nouveau la réflexion pas plus tard que ce matin. Et ce n'est pas la première fois, ces quinze derniers jours.

Devant faire une course en vitesse dans un grand magasin, on a pu constater qu'on y entrait comme dans un moulin. Pas la moindre fouille de sacs. Pas le moindre vigile en vue. Pas le moindre dispositif de contrôle apparent. Rien. Heureusement qu'on n'était pas venu avec une kalachnikov. Entre les rayons de décorations de Noël, les étalages de foie gras, et les empilements de jouets pour gamins, on aurait fait un carnage.

De même, hier, passant dans le Marais, on s'est demandé si le dispositif de sécurité entourant la grande synagogue de la rue Pavée n'était tout de même pas un peu léger. Un militaire en faction, un autre une dizaine de mètres plus loin. Juste deux hommes, donc. Les traits tirés, visiblement fatigués, qui avaient l'air de trouver le temps très long.

Manifestement, malgré l'état d'urgence, la priorité sécuritaire du moment est davantage au Bourget, autour des négociateurs de la COP 21, que dans les arrondissements centraux parisiens.

Sinon, hier, le gouvernement a mis fin prématurément () à l'interdiction des sorties et des voyages scolaires en région parisienne, qu'il avait décrétée au lendemain des attentats du 13 novembre. Après les tueries de janvier, déjà, il n'avait pas attendu très longtemps avant de prendre une même décision (relire ).

 Terrorisme, Sécurité, Education, Tourisme, GouvernementToutefois, les visites des lieux très touristiques avec des groupes d'écoliers sont déconseillées (*). Les chefs d'établissements devront informer préalablement l'Education de chaque sortie scolaire. Et les équipes encadrantes ont été invitées à faire preuve de la plus grande vigilance.

Dans la droite ligne de la teneur de la circulaire qui a été envoyée à tous les inspecteurs d'académie et directions d'école après les attentats. Elle leur impose «le déploiement systématique de l'ensemble des outils de prévention et de protection des élèves et des personnels».


(*) Les déplacements dans les lieux très touristiques qui sont déconseillés aux groupes d'écoliers, donc. Mais à part cela, et dans le même temps, Manuel Valls qui vient de lancer un «message à tous ces touristes qui ont annulé, ces derniers jours, leur déplacement à Paris»: «Venez à Paris, les conditions de sécurité sont assurées!». On comprend que les touristes aient un peu de mal à s'y retrouver, face à ces deux postures pour le moins contradictoires.

24/11/2015

Une vi(ll)e sous état d'urgence

Des magasins de jouets qui retirent les armes de leurs rayons – mais, tout de même, pas les sabres laser ou les pistolets à eau. A La Poste, plus moyen d'envoyer un petit colis pesant plus de 250 grammes sans décliner son identité: «pour la sécurité de nos postiers». A l'école, les parents d'enfants de maternelle qui ne se plus autorisés à pénétrer dans l'établissement pour conduire les mouflets jusqu'à leur classe: ils sont priés de leur dire au revoir sur le trottoir. Au lycée, les ados qui, lors des pauses, sont invités à ne pas fumer devant leur établissement, mais à aller le faire plus loin: plus aucun attroupement n'est toléré devant un bâtiment scolaire. Rideau donc, au passage, sur une vision si commune de la fin de l'après-midi parisien: les parents d'élèves qui, vers 17 heures, se regroupent devant les écoles et y socialisent en attendant la sortie de leurs enfants.

En gare de Paris-Nord, les passagers qui sont désormais tenus d'être présents sur le quai de leur Thalys au moins une demi-heure avant son départ, le temps d'effectuer les formalités de sécurité: contrôle des bagages et de l'identité. Et – Ségolène Royal, ministre des Transports, l'a confirmé, ce matin – des portiques qui, d'ici au 20 décembre, seront installés sur tous les quais d'accès à ces trains (à Paris comme à Lille), comme c'est le cas pour l'Eurostar.

Aussi, s'agissant de la Belgique, l'ambassade et le consulat de ce pays, situés au rond-point de l'Etoile, où l'on ne pénètre plus désormais qu'après avoir été fouillé et palpé sous tous les angles – mais dans la plus parfaite cordialité. Alors que, il y a une dizaine de jours encore, on y entrait à peu près comme dans un moulin.

31/08/2015

«Un nouveau pas», un peu lent

Paris, Education, Informatique, Communication, JeunesseRentrée demain en France, pour quelque 12 millions d'élèves. Dont près de 200.000 scolarisés dans les établissements de la Ville de Paris. Ces derniers bénéficieront notamment d'«un plan précurseur du numérique à l'école», dont la mairie est très fière.

Depuis plusieurs années, déjà, des tableaux numériques interactifs sont installés dans les salles informatiques des établissements parisiens. A la faveur de cette rentrée, «un nouveau pas» va être franchi. Dans les classes de 12 collèges de la capitale, les élèves de cinquième auront des tablettes à leur disposition, utilisées à des fins pédagogiques. Et leurs jeunes camarades de fin de primaire qui sont scolarisés dans 24 écoles situées en zone d’éducation prioritaire bénéficieront «de nouvelles classes mobiles avec des tablettes numériques». Au total, se félicite la mairie, «1.500 tablettes seront déployées» dans les établissements parisiens, à partir de cette rentrée.

Très bien. Mais tout de même un peu faiblard. Ainsi, pour s'en tenir à l'innovation relative aux collèges, en bénéficieront donc les élèves de cinquième de 12 de ces établissements. A titre de comparaison, au total très exactement 56.935 élèves sont scolarisés dans les collèges de la Ville.

Dès lors, dans les faits, la masse des collégiens parisiens scolarisés dans le public continuera à n'avoir accès à ces outils pédagogiques que dans les «espaces numériques de travail» de leur école – et encore, si leur établissement est équipé d'un tel espace. Et non en classe, dans le cadre de leur apprentissage quotidien.

15/04/2015

Un retour aux sources

Cette semaine, Harlem Désir, secrétaire d'État aux Affaires européennes, est retourné dans son ancien lycée, à Paris. Dans le cadre du programme européen "Back To School/Retour à l'École", auquel l'Hexagone participe pour la première fois. Ce programme consiste à faire revenir des fonctionnaires européens dans les écoles qu'ils ont eux-mêmes fréquentées, quand ils étaient gamins. Pour, dixit le quai d'Orsay, y «évoquer l'Europe de façon concrète, et raconter, de l'intérieur, l'aventure qu'est la construction européenne».

 

Voilà qui, au passage, nous permet d'apprendre qu'avant de devenir n°1 de SOS-Racisme puis du PS et ensuite ministre, le jeune Harlem fréquenta le Lycée Claude Monet. Cet établissement se situe dans le treizième arrondissement, pas loin de la place d'Italie. Il n'est pas mal classé, dans les palmarès annuels des lycées (voir ici ou ). Ce serait même le meilleur lycée du XIIIème. Et il pointe à la 63ème place, dans le dernier classement en date des quelque 110 établissements parisiens que le magazine "L'Etudiant" a réalisé, sur la base de leurs résultats au bac 2014.

 

Il ne fait pas partie des vingt meilleurs lycées de la capitale? Sa note globale est néanmoins de 16/20, ce qui est très honorable. Juste, cet établissement descend à 14/20 – note correcte, sans plus – sur le critère précis de sa «capacité à faire progresser les élèves», autrement dit sa «valeur ajoutée».

 

L'histoire ne dit pas si le parcours de l'ex-lycéen Désir au gouvernement – où c'est peu dire qu'il peine à cesser d'être transparent – doit être considéré comme, ou non, une confirmation de cette notation assez moyenne.

30/01/2015

Un mois qui s'achève

A Paris comme ailleurs, la page de ce dramatique mois de janvier s'apprête à être tournée: ce week-end. Ce n'est pas encore le cas place de la République, mais dans notre quartier du onzième arrondissement ensanglanté par les attentats, la vie reprend tout doucement son cours normal. Si l'on excepte la présence, toujours aussi massive, de policiers, de gendarmes et de militaires.

Rue Nicolas Appert notamment, les amoncellements de bouquets de fleurs, de bougies, et de messages ou dessins de sympathie ont cessé de grossir jour après jour. Les foules ne s'agglutinent plus à longueur de journées devant ces lieux de recueillement. On l'a encore constaté ce matin: on n'y croise plus guère que l'une ou l'autre personne – des touristes, notamment – en train de prendre des photos. Malgré tout, chaque soir, a-t-on pu remarquer, brûle toujours, à ces endroits, l'une ou l'autre bougie. Par le hasard des passants venus. Ou, qui sait, des riverains se chargent-ils de cette tâche vespérale quotidienne. Pour que, tout de même, malgré les jours passant, une flamme au moins demeure, dans la nuit.

L'autre jour, ce blog avait évoqué le relâchement des consignes de sécurité, en ce qui concerne l'envoi des écoliers parisiens en classes de neige. De la même manière, il est loin le temps où les piscines municipales du quartier Saint-Sabin étaient désertées par les écoliers, le plan Vigipirate à son degré d'alerte maximal prohibant toute sortie scolaire. Dorénavant, comme auparavant, les groupes scolaires s'y pressent à longueur de journées. Là aussi, donc, le relâchement est notable.

Nul, sans doute, ne fait grief aux directions d'écoles et à la mairie d'arrondissement de cet assouplissement, de facto, des consignes de sécurité. Chacun aspire à ce que la vie recommence comme avant. Mais très différente serait bien sûr la réaction populaire si, par malheur – qui peut promettre le contraire? –, un attentat survenait à nouveau. Là, illico, les autorités se verraient reprocher d'avoir été très inconscientes face au danger.

Cela n'arrivera peut-être jamais. Il n'empêche, en attendant, on ne trouve pas forcément adéquat ce fossé qui existe, dans notre onzième arrondissement – et ailleurs, à Paris –, et qui, de jour en jour, s'y creuse. Le fossé si visible entre, d'une part, un dispositif de vigilance antiterroriste qui est officiellement toujours à son degré maximal d'alerte (avec toutes les contraintes que cela implique, théoriquement), et, d'autre part, la façon, beaucoup plus décontractée, dont ce plan est appliqué, dans la vie de tous les jours.

Vigipirate maintenu au niveau «Alerte Attentat», ou pas? Dans tous ses aspects sans exception, ou pas? Dans les textes seulement, ou sur le terrain également?

A la faveur de ce changement de mois, les autorités pourraient peut-être trancher la question clairement.

27/01/2015

Un certain relâchement

Education, Sécurité, Terrorisme, Gouvernement, Paris, BanlieuesDemain mercredi, cela fera trois semaines, jour pour jour, que débutait la vague terroriste ayant endeuillé la France, y tuant à dix-sept reprises. Ces tueries poussèrent les autorités à relever, en région parisienne, le degré d'alerte du Plan «Vigipirate». Trois semaines plus tard, ce niveau de vigilance maximal (dit «Alerte Attentat») est toujours censé être en vigueur. Dans les faits, cependant, on note un certain relâchement dans l'application des consignes de sécurité.

Ainsi, cet hiver, les écoliers de Paris et de sa banlieue pourront bel et bien... partir en classes de neige. Cela paraît anecdotique, mais cela n'allait pas de soi.

Théoriquement, en effet, Vigipirate à son échelon maximal signifie notamment l'interdiction pure et simple de toute sortie scolaire, dont les voyages de ce genre. Dès lors, si l'on suivait strictement la règle, les écoliers de Paris et de sa région ne devraient être autorisés à participer à de telles classes de neige. Le ministère de l'Education a toutefois décidé de faire une entorse au règlement. Il a permis aux académies de Paris, de Versailles et de Créteil de donner leur feu vert à l'organisation de ces voyages, moyennant l'accord des chefs d'établissements concernés.

«Vigipirate» est coordonné directement à Matignon. Dès lors, ce sont les services du Premier ministre lui-même qui ont dû donner leur aval à une telle dérogation octroyée par l'Education. Sans doute Manuel Valls et son entourage ont-ils jugé peu probable que des attentats terroristes soient commis sur les pistes enneigées tricolores – de Haute-Savoie ou d'ailleurs.

22/12/2014

Une vache sacrée

Economie, Tourisme, Gouvernement, EducationUne note de saison, pour bien entamer la semaine – puisque c'est celle du début des vacances scolaires. Pour remarquer que, plus que jamais, le secteur touristique est décidément la vache sacrée par excellence, dans cette France qui, pourtant, se pique de réformer à tout va.

C'était déjà très patent depuis que le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, est devenu aussi le ministre du Tourisme. Lui qui n'a que les mots «diplomatie économique» à la bouche semble avoir désormais pour préoccupation première le sort des pauvres touristes chinois privés de shopping le dimanche à Paris, les boutiques Chanel y étant fermées ce jour-là. Mais le veau d'or touristique s'impose visiblement dans l'Education aussi. Ainsi, l'autre soir, à la télévision – et hier soir encore, sur une radio – , la ministre Najat Vallaud-Belkacem a fait comme si elle avait complètement oublié la promesse d'un de ses prédécesseurs, Vincent Peillon, de réformer dès 2015 le calendrier des vacances scolaires d'été. Et, en l'occurrence, de raccourcir un peu ces vacances, tous les experts s'accordant pour juger leur longueur inadaptée aux rythmes scolaires des enfants.

Mais voilà, cela fait bien vingt ans qu'aucun gouvernement n'ose s'attaquer à ce dossier. Apeuré à l'idée de se prendre les récriminations à la fois des hôteliers et des restaurateurs, des plagistes et des campings, des chemins de fer et des compagnies aériennes, des locations de vacances ou des festivals culturels. Sans oublier le lobby des associations familiales. Et les protestations de tous les offices départementaux et régionaux du tourisme que compte l'Hexagone.

Cette frilosité, s'agissant de ce dossier, gagne d'ailleurs y compris les Vallsistes purs et durs, censés pourtant grands réformateurs devant l'éternel. Pour preuve, l'autre jour, au Parlement, le sénateur Luc Carvounas, très proche du Premier ministre, y est allé de gémissements plaintifs. Il s'est ému des «craintes légitimes» que ce sujet «délicat» et «très  sensible» suscite chez les professionnels de l’industrie du tourisme. «Il ne faut pas opposer les uns aux autres de manière démagogique», a-t-il plaidé, prônant que l'amélioration des temps scolaires des élèves se fasse «sans pénaliser la première industrie de France». Le gouvernement l'a vite rassuré, précisant avoir parfaitement «entendu les interrogations et inquiétudes des professionnels du tourisme».

Economie, Tourisme, Gouvernement, EducationL'exécutif, dès lors, va veiller à «chercher l’équilibre entre le bien-être des élèves, l’organisation de la vie familiale, et certains impératifs économiques et sociaux». Certes, officiellement, c'est toujours «l'intérêt des élèves» qui le «guide prioritairement». Car «l’école doit privilégier l’intérêt des enfants sur celui des adultes», et cela passe notamment par «une bonne adaptation du calendrier scolaire aux besoins de repos des élèves». Dans les faits, cependant, pour ménager la vache sacrée touristique, une fois encore rien ne sera fait en la matière, d'ici à l'été.

Encore bravo.

03/12/2013

Un Parisien sur trois, quasiment

La publication, ce mardi matin, de l'enquête internationale PISA, réalisée par l'OCDE, sur les connaissances et compétences des jeunes de 15 ans, notamment en matière de lecture. La France perd deux places, chutant au 25e rang. Rien de très surprenant: c'est peu dire qu'il ne date pas d'hier, le constat du caractère très perfectible du système éducatif français.

Ses failles se retrouvent d'ailleurs dans la société. Vient encore d'en témoigner une étude, aux résultats assez effarants, consacrée aux difficultés qu'éprouvent les habitants de Paris et de sa région face notamment à l'écrit et à l'oral.

On y découvre que c'est dans la capitale et sa banlieue que l'on trouve les habitants «parmi les plus touchés en France métropolitaine par les difficultés à l’écrit en langue française». 13% de ces habitants sont «en difficulté importante dans un des trois fondamentaux de l’écrit en langue française: lire, écrire ou comprendre un texte simple». Et 29% (donc une personne sur trois, quasiment) «sont en difficulté importante dans au moins un des trois domaines de compétence» à l’écrit, à l’oral ou en calcul. Plus de la moitié (54%) de ces Parisiens en difficulté face à l’écrit exerçant une activité professionnelle, on estime que la lecture pose problème à 570 000 actifs, à Paris et dans sa région. Ainsi, par exemple, 44% des ouvriers, essentiellement dans le secteur de la construction, sont en difficulté importante face à l’écrit.

Mais ces difficultés causent de l'embarras au-delà du cadre professionnel: elles sont sources de gêne y compris dans les activités courantes de la vie quotidienne. Ainsi, toujours selon cette étude officielle, 43% des habitants de Paris et sa banlieue ayant des difficultés avec l'écrit en sont au point de ne pas parvenir à rédiger une lettre. Pour 29%, pose des difficultés le fait de faire ses courses. Et 21% ne parviennent pas à lire une carte routière ou un plan de ville.

17/06/2013

Un mot très ancien

«Le langage n’est-il qu’un outil?», «La science se limite-t-elle à constater les faits?», «Peut-on agir moralement sans s’intéresser à la politique?», «Le travail permet-il de prendre conscience de soi?», «Que devons-nous à l’Etat?» Tels sont quelques-uns des sujets de l'épreuve de philo qui a lieu en France ce lundi, et consacre l'ouverture de l'édition 2013 du baccalauréat – diplôme tenté cette année par 664.709 candidats.

"Baccalauréat": ce mot a une origine très ancienne, a-t-on appris hier, à la faveur d'un JT de 20 Heures. Il vient du latin médiéval, et est à rapprocher de "bacca laurea": les baies de laurier.

Les baies, avant la couronne de laurier du vainqueur? Bon courage aux candidats, en tout cas; on préfère être à notre place qu'à la leur...

27/03/2013

Un bilan «mi figue-mi raisin»

Education, Santé, Jeunes, Art de vivre, GastronomiePuisqu'on parlait de cuisine hier, il semble que la France ait encore des progrès à faire en ce qui concerne la qualité de la nourriture servie dans les cantines scolaires. C'est en tout cas l'avis de l'association de consommateurs UFC-Que Choisir. Qui, dans 606 communes et établissements scolaires du pays, a analysé la manière dont était respectée «l'obligation de qualité nutritionnelle» faite à ces établissements. Résultat? «Un bilan mi figue-mi raisin».

Côté pile: des progrès en ce qui concerne certains aliments: légumes, produits laitiers ou féculents. Et «une impressionnante montée en régime de la qualité» des repas servis à la cantine des écoles élémentaires. Côté face: la qualité n'est toujours pas au rendez-vous pour les ingrédients de menus tels que la viande rouge, le poisson, les crudités et les fruits frais. Et, autant les écoliers mangent désormais mieux, autant les collégiens et lycéens en sont souvent restés au stade de la malbouffe. «En cause, les menus avec choix, qui laissent les élèves consommer certains aliments à des fréquences très inférieures à la norme». Et le fait que, pas rarement,«la cantine traditionnelle se trouve en concurrence avec des stands de type cafétéria, fast-food ou sandwicherie, avec, en guise d’aliments, des produits fortement déséquilibrés».

Le gouvernement est donc invité à renforcer la réglementation. Par exemple, en interdisant, dans les écoles, «tout mode de restauration alternatif» aux cantines réglementées, et/ou en instaurant un «choix dirigé» quand les élèves ont la possibilité de «menus à choix multiples».

Les syndicats de lycéens, dont on doute a priori qu'ils soient d'office ravis, n'ont pas encore réagi...

05/03/2013

Une grande et belle cause

Société, Education, Langue française, Culture, Gouvernement, MédiasL'info est passée complètement inaperçue. Et c'est bien dommage, trouve-t-on. Depuis quelques jours, la France a une «Grande cause nationale». Ce label, en effet, vient d'être attribué par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Concrètement, il permet par exemple à des associations de diffuser gratuitement, sur les chaînes de radio-télé publiques, des campagnes de sensibilisation, appels à dons, etc. Le label «Grande Cause Nationale pour 2013» a été décerné à la lutte contre l’illettrisme.

On évalue à 2,5 millions le nombre d'adultes qui, en France aujourd'hui, sont illettrés. A savoir, des personnes qui ont été scolarisées mais qui, malgré tout, ne maîtrisent pas assez la lecture, l'écriture et le calcul pour être autonomes dans des situations de la vie courante. 2,5 millions de personnes, cela fait 7% de la population. Ce taux monte à 18% si, au-delà de cet illettrisme au sens strict, on englobe les personnes qui éprouvent de «graves ou fortes difficultés» quotidiennes dans au moins un des quatre domaines que sont la lecture, la compréhension, l'écriture et le calcul.

Quelque 9% des 18-25 ans sont considérés comme illettrés. Ce n'est pas rien, dans un pays dont le Président a, pour rappel, fixé deux priorités majeures à son quinquennat: la jeunesse et l'éducation.

Société, Education, Langue française, Culture, Gouvernement, Médias«L’illettrisme est un obstacle dans toutes les sphères de la vie familiale, citoyenne et professionnelle», a estimé le chef du gouvernement. Qui a émis le souhait que «chacun puisse acquérir les compétences fondamentales nécessaires pour accéder au savoir, à la culture, à l’emploi, à la formation professionnelle, et pour participer pleinement à la vie démocratique».

Y contribuerait déjà le fait que, tout au long de l'année 2013, les médias français daignent accorder à ce sujet de fond une place plus importante que les si maigres entrefilets ou brèves qu'ils lui ont consacrés, ces derniers jours. A peine quelques secondes d'attention à 2,5 millions de personnes, dans le tumulte en permanence hystérisé de l'actualité.

27/03/2012

Un slogan revisité

Elections présidentielles, Personnalités, Paris, Jeunes, Education, Langue françaiseJean-Luc Mélenchon, encore lui, à nouveau en vedette, ce mardi. Car, dans le dernier sondage Ipsos-Logica, publié ce matin, le tribun populiste progresse encore. Il est désormais crédité de 13% des voix (+1,5%). Sans doute est-ce notamment l'effet du succès de son grand rassemblement à Bastille, dimanche dernier.

Mélenchon, tiens. L'autre jour, dans notre onzième arrondissement, passant devant une ribambelle d'affiches vantant le candidat du Front de gauche, on tombe sur deux ados en arrêt devant sa bobine, et qui se grattent la tête. «Heu... Le verbe prendre, avec tu et à l'impératif, t'écris ça comment? Avec d ou ds, à la fin»?, entend-on l'un des deux demander à son copain. «Ds, je dirais. Mais pas sûr», hésite le deuxième. «Ds», leur confirme-t-on charitablement en passant, avant de poursuivre notre chemin. Vingt minutes plus tard, on repasse devant les affiches. Les deux gamins ont disparu. Le slogan emblématique du Mélenchon, «Prenez le pouvoir», a été rebaptisé au gros marqueur noir. Cela donne: «Prends DU FRIC!» Et ses affiches ont été maculées d'un énorme A en lettre capitale et entouré d'un cercle: la signature des anarchistes.

Les anars recrutent décidément bien jeunes, cette année – ces deux gamins n'avaient même pas l'âge d'être lycéens: tout juste collégiens. Et, au vu de leur maîtrise de la conjugaison, ils n'avaient pas encore tout lu de Bakounine ou de Proudhon.

Mais, qui sait, l'adage sur la valeur qui n'attend pas le nombre des années vaut-il aussi pour l'activisme.

23/03/2012

Une ambiance pesante

Paris, Police, Sécurité, Immigration, Racisme, Histoire, EducationRue des Rosiers, au coeur du Marais juif. Le monde et l'animation commencent à revenir, a-t-on constaté ce matin. Ces derniers jours, en revanche, au moment et dans la foulée de la tuerie antisémite de Toulouse, il était vraiment frappant de constater combien l'ambiance était pesante jusque et y compris dans ce quartier de Paris.

Des rues beaucoup moins fréquentées qu'en temps normal. Des queues beaucoup moins longues que d'habitude devant les comptoirs à falafel. Des policiers qui patrouillent. Des riverains qui, par petits groupes, conversent à voix basse, la mine grave. Rue Pavée, à deux pas, on était passé l'autre jour devant la synagogue au moment où y prenait fin une cérémonie de mariage. Ni flonflons, ni coups de klaxon, ni ostentation: là aussi, des mines graves. A leur sortie de la synagogue, le soleil printanier resplendissait, les jeunes mariés étaient beaux comme des coeurs. Mais on voyait bien que l'heure était à la retenue dans l'expression de leur bonheur.

Triste et pesante aussi, l'ambiance jusqu'à hier aux abords des écoles de notre onzième arrondissement. Des policiers en armes pour surveiller l'arrivée et la sortie des écoliers dans le quartier Oberkampf/Saint-Maur. Quartier sensible: une mosquée, une école juive, etc. Des fourgons de police aussi dans le quartier Saint-Antoine, aux abords de l'église réformée protestante. Pas un policier, par contre, devant l'école catholique à Bastille. Rien que cette répartition géographique des forces de l'ordre placées en état d'alerte maximum rappelait le caractère odieusement stigmatisant des attentats de Toulouse.

Paris, Police, Sécurité, Immigration, Racisme, Histoire, EducationRue des Rosiers encore, pour terminer. C'est là qu'il y a trente ans, le 9 août 1982, avait été perpétré un attentat antisémite meurtrier. Une fusillade et une grenade lancée devant le fameux restaurant juif Goldenberg. Six morts, une vingtaine de blessés.

Le restaurant a fermé. Comme tant de lieux symboliques de la mémoire juive du Marais, il a été remplacé par une boutique de fringues – une de plus. Mais la plaque commémorative en mémoire de cet attentat antisémite figure toujours sur l'immeuble.

Trente ans plus tard et particulièrement cette semaine, cela apparaît comme étant vraiment la moindre des choses.

23/06/2011

Une histoire mouvementée

Tout bouge décidément, en France. Puisque, depuis hier, y compris la si vénérable institution républicaine qu'est le baccalauréat est désormais sur la sellette – si vous aviez loupé cela, lire par exemple ici. En bossant sur ce sujet pour «La Libre» hier après-midi, on a retrouvé, dans le fin fond de notre documentation, deux petites anecdotes concernant ce bac.

D'abord, au cours de son histoire mouvementée, il a, en fait, toujours fait l'objet de tentatives de fraude. Dès 1830, des candidats bacheliers peu scrupuleux furent pincés pour avoir envoyé des élèves plus brillants qu'eux, qu'ils rémunéraient, passer l'oral à leur place. Jusqu'en 1920, en effet, les examinateurs ne demandaient pas aux candidats de présenter une pièce d'identité avant de présenter l'épreuve.

Ensuite, ce n'est pas toujours forcément évident pour tout le monde de décrocher ce sésame. Pour preuve, aux alentours de 1840, le futur célèbre scientifique Louis Pasteur dut s'y reprendre à deux fois pour réussir un bac ès sciences complet: s'il était très bon en sciences, il n'était que moyen en latin et en grec, et carrément médiocre en histoire-géo.

Cela vaut bien ce dont on parlait l'autre jour: Nicolas Sarkozy et son misérable 9/20 en philo.

 

PS: Cela n'a strictement rien à voir, mais on ne résiste pas au plaisir d'en parler vu que, pour nous, c'est LA bonne nouvelle de la journée. L'Elysée... nous respecte! On l'a constaté avec ravissement ce matin, au saut du lit. En prenant connaissance du mail arrivé à 5h59 très exactement ce jeudi, dans notre boîte électronique. C'était un communiqué envoyé par le SPI: le «Service Permanence et information» de la Présidence. Ce service est chargé de surveiller l'actualité pendant la nuit et les week-ends, pour que le chef de l'Etat  puisse y réagir à toute heure, en cas d'urgence. Là, l'urgence, c'était le discours d'Obama sur l'Afghanistan. Et ce mail élyséen si matinal disait ceci: «Bonjour. Veuillez trouver ci-joint un communiqué de la présidence de la République. Respectueusement. Le SPI». «Respectueusement»! Quelle belle journée et quel beau métier que le journalisme, assurément.

21/06/2011

Une violence inouïe (encore)

Cela s'est passé hier. Et cela renvoie assez bien – si l'on ose dire – à la sauvagerie contemporaine qu'on évoquait l'autre jour (ici), à propos de ces deux ados de 14 et 15 ans qui, début juin dans notre onzième arrondissement, avaient massacré à coups de marteau un passant qui venait de retirer 20 euros au distributeur. Cette fois, les faits se sont déroulés loin de Paris: devant un collège d'un village jusqu'à présent tranquille proche de Béziers, dans l'Hérault (Languedoc-Roussillon). Une écolière âgée de 13 ans a succombé après avoir été passée à tabac par le grand frère de sa copine avec laquelle elle s'était embrouillée pour une histoire de garçon – une broutille d'ado qui avait fini par s'envenimer sur Facebook. Son meurtrier présumé n'a même pas 15 ans.

Pour en revenir à la région parisienne, la préfecture de police a donné dernièrement quelques chiffres relatifs à la délinquance des mineurs. Selon ces statistiques, la part des mineurs impliqués dans les faits de délinquance recensés à Paris et dans sa banlieue a encore augmenté par rapport à l'an dernier: de 4,9%. Au cours des cinq premiers mois de 2011, près d'un crime et délit sur cinq (19%) a été commis par un mineur. Ce qui donne, sur la même période, près de 15.300 jeunes mis en cause dans des faits de délinquance.

La part prise par les filles dans cette délinquance juvénile est elle aussi en augmentation. Par exemple, la préfecture a noté l'implication de plus en plus grande de ces mineures dans des vols avec violence. C'est donc toujours ce si pénible processus vers l'égalité hommes-femmes, y compris dans la violence voire la sauvagerie, qui est en marche – on en avait parlé (ici), il y a deux mois.

17/06/2011

Une épreuve, des résultats

«Ressentir l'injustice m'apprend-il ce qui est juste?», «L'homme est-il condamné à se faire des illusions sur lui-même?», ou «L'art est-il moins nécessaire que la science?» Quelques-unes des questions existentielles qui figuraient donc parmi les sujets de dissertation du bac de philo, hier. Si vous voulez élire votre sujet préféré parmi ceux-ci et d'autres qui ont été proposés ces dernières années, une radio française organise une consultation: ici.

A l'occasion de ce bac 2011, la presse française, qui parfois peut être malicieuse, s'est amusée à aller retrouver les résultats qu'avaient obtenus à l'épreuve de philo les bacheliers qui, aujourd'hui, briguent ou pourraient briguer l'Elysée. Nicolas Sarkozy, décidément peu philosophe, n'a obtenu que 9/20 à cette épreuve. Jean-Louis Borloo, son ex-ministre et futur possible rival à droite pour 2012, a fait deux fois mieux: 18/20. Quant à François Hollande et Martine Aubry, aujourd'hui au coude à coude dans les sondages pour l'investiture socialiste, à l'époque déjà, ils étaient à égalité: 13/20.

Interrogé sur ses performances d'adolescent, le ministre de l'Education, Luc Chatel, a fait sangloter dans les chaumières en révélant qu'il n'avait pu passer cette épreuve de philo en juin, cette année-là. Car, à ce moment, il était hospitalisé pour une méningite foudroyante. Il passa donc le bac de rattrapage en septembre. Avec succès, mais cela ne l'a pas empêché, l'autre soir sur un plateau de télé, de sécher misérablement sur un problème figurant au programme des élèves de CM2 – pour les lecteurs non-français de ce blog: des écoliers âgés de 9 ou 10 ans. Ce n'était pourtant qu'une banale règle de trois.

Au moins ledit ministre sait ce qu'il lui reste à faire si d'aventure en 2012 il était, comme son Président, renvoyé dans l'opposition: un bon petit recyclage.

01/04/2011

Un message

séropo.jpgCoup d'envoi, ce vendredi, du Sidaction, huitième du nom. Les donateurs ont jusqu'au 4 avril pour aider la recherche et les malades. Pour avoir une idée, rien que 40€ – soit à peine le prix d'un resto moyen à Paris – permettent de financer «la prise en charge médicale et le traitement d’un enfant pendant un mois au Burundi».

A propos du sida, l'autre jour dans notre onzième arrondissement, on est tombé en arrêt devant une affiche. «Faites passer le message», disait-elle. Quel message? «On n'attrape pas le sida en embrassant une personne séropositive». En voyant cela, on s'est dit que cette campagne, prise dans un sens ou dans un autre, avait un côté assez déprimant.

Soit n'importe quel Français moyen sait parfaitement bien, comme cela nous paraît, à nous, si évident et depuis si longtemps, que le virus du VIH-sida ne se transmet bien sûr pas par un tel contact physique. Auquel cas, une campagne de ce genre, c'est vraiment de l'argent jeté par les fenêtres. De l'argent qu'on aurait mieux fait de consacrer à faire passer des messages sur d'autres aspects de l'épidémie: le dépistage, les traitements post-exposition, la coinfection VIH-VHC, ou les pratiques sexuelles à risques.

Soit, comme c'est plus probable, les concepteurs de cette campagne ont bien fait leur travail: ils l'ont fait précéder d'études précises et fouillées sur l'état des connaissances du grand public à propos de cette maladie. Auquel cas, si un tel message (*) a été choisi, c'est  parce que ce type d'idées reçues complètement débiles (=on peut choper le sida en embrassant un-e séropo) existe encore bel et bien en France – et probablement ailleurs également.

30 ans après le début de l'épidémie et 25 millions de morts plus tard, cette désinformation populaire a quelque d'assez affolant, a fortiori dans un pays comme la France, où le niveau d'éducation est élevé et l'accès aux moyens d'information généralisé. Affolant, car cela en dit long, et doublement.

Cela en dit long, d'abord, sur les carences de l'Etat français, dans sa politique d'éducation à la santé. En dit long, ensuite et surtout, sur un certain je-m'enfoutisme, et donc un manque d'altruisme, des gens, envers ce qui constitue pourtant un enjeu crucial de santé et de société à l'échelle de la planète toute entière.

(*) Un tel message, ou ses variantes, également visibles sur des affiches à Paris en ce moment: on n'attrape pas le sida «en serrant la main d'une personne séropositive», «en partageant le repas d'une personne séropositive», «en utilisant les mêmes toilettes qu'une personne séropositive».

12/05/2010

Une équité

«Travailler plus pour gagner plus». C’était un des slogans emblématiques sur lesquels Nicolas Sarkozy s’était fait élire à l’Elysée, en 2007. Avant que la crise mondiale vienne dynamiter cette promesse. «Payez plus si vous gagnez plus», lui a rétorqué hier le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë.

 

Mardi, en effet, le conseil municipal a voté un nouveau régime de facturation des repas des cantines scolaires, où déjeunent chaque midi 130.000 enfants parisiens. Auparavant, ces tarifs variaient d’un arrondissement à l’autre. Désormais, ils seront harmonisés. Surtout, ils varieront en fonction du revenu des parents et de la taille du ménage. Ce qui, selon la mairie, permettra aux parents les moins fortunés de ne payer que 13 centimes d’euro par repas et allégera la facture globale de 65% des familles. Pour la majorité, dès lors, il s’agit d’«une vraie réforme de justice sociale et d'égalité».

 

Les élus sarkozystes et néocentristes, cependant, ont voté contre. Parce que, selon eux, ce nouveau dispositif est «encore un coup porté aux classes moyennes, qui vont voir leur tarif monter de plus de 25%». Hier, à un JT du soir, on voyait un maire UMP d’arrondissement tempêter. On avait vraiment du mal à le suivre. Il ne mentionnait pas que la principale fédération de parents d’élèves aurait voulu (ici) que ces nouveaux tarifs soient plus progressifs encore. Il ne commentait guère l’argument de la mairie selon lequel, l'un dans l'autre, «cela fera 30 € d’augmentation par mois pour un couple qui touche 7500 €». Et ne s’étendait pas sur le fait que, dans tous les cas, même les parents parisiens les plus fortunés ne débourseraient jamais plus de 5€ par jour pour le repas de leur rejeton.

 

5€. Cela nous semblait un tarif maximum très raisonnable pour un repas, vu le prix du moindre sandwich ou McDo dans la capitale. Et on avait la faiblesse de croire que ces 5€ n’allaient tout de même pas mettre sur la paille les familles résidant dans le seizième arrondissement. Du coup, en écoutant cet élu, on se disait que, vraiment, il y avait des indignations moins légitimes que d'autres.