Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

16/12/2014

Un intérêt assez relatif

Elections municipales, élections européennes, International, BelgiquePuisque François Hollande a évoqué hier soir le droit de vote des étrangers non-européens aux élections municipales françaises, ces chiffres qui viennent de sortir, et émanent de l'Institut de la statistique (Insee). Ils éclairent sur ce que fut la participation des ressortissants de l'Union européenne aux deux scrutins tenus en France en cette année 2014 qui s'achève: les élections municipales de mars et les européennes de mai. De ces données, l'on peut déduire que cette participation électorale des étrangers UE est finalement assez faible – même si elle progresse, au fil des ans.

Ainsi, sur les 1,2 million d'Européens résidant dans l'Hexagone, seuls 278.000 (23%) étaient inscrits pour l'élection municipale, et 245.000 (20%) pour les européennes. Près de 90% de ces électeurs européens inscrits venaient de six pays: le Portugal, le Royaume-Uni, l’Italie, la Belgique, l’Espagne et l’Allemagne. Le taux d’inscription en vue des municipales culminait pour les Danois (43%), suivis des Néerlandais (42%) et des Belges (41%). Selon l'Insee, «le fait que le vote soit obligatoire en Belgique et qu’il l’ait été jusque dans les années 1970 aux Pays-Bas pourrait expliquer les taux plus élevés pour ces deux nationalités. On observe, de même, des taux supérieurs à la moyenne pour les ressortissants du Luxembourg, pays où le vote est également obligatoire».

De façon symétrique, les Français résidant dans un pays étranger de l’UE peuvent participer à l'élection des eurodéputés de ce pays. Là aussi, à la faveur des scrutins de 2014, on est globalement resté dans le même étiage. Ainsi, sur les 473.000 Français remplissant les critères pour voter dans un autre pays de l’UE, seuls 20% étaient effectivement inscrits. Des disparités existaient toutefois, selon le pays de résidence (39% d'inscription pour les Français inscrits en Espagne, par exemple). En dehors de ces exceptions, ce taux moyen est donc, pareillement, assez faible. Il doit cependant être nuancé. Depuis 2014, en effet, les Français établis à l’étranger peuvent plus aisément qu'auparavant prendre part à l'élection européenne se déroulant dans leur propre pays, via un vote désormais autorisé dans les consulats de France.

26/05/2014

Un îlot, de plus en plus isolé

Plus que jamais, Paris fait figure d'exception, dans le paysage électoral français. En ce lendemain de scrutin européen que le Front national a remporté haut la main.

La capitale, en effet, est la seule de toutes les grandes villes de France (à la seule exception de Rennes) où le parti de Marine Le Pen n'a pas réussi à franchir la barre symbolique des 10%. Avec 9,3% de voix (soit quelque 60.000 suffrages), le candidat frontiste achève le scrutin en cinquième position seulement, derrière même les centristes. Ce qui confirme une fois de plus la tradition selon laquelle la «Ville lumière», si sociologiquement différente du reste du pays, est un terrain électoral difficile, pour l'extrême droite.

Il n'empêche, avec ce score de 9,3%, le parti de Marine Le Pen enregistre une nouvelle progression, dans la capitale. Après des élections municipales qui, il y a deux mois, lui avaient déjà permis de doubler son résultat précédent (relire ).

De manière pas du tout anodine, les frontistes ont remporté le meilleur résultat parisien, non dans des arrondissements populaires, mais dans des quartiers très cossus, qui sont traditionnellement des fiefs de la droite. Ainsi, dans le si chic 16e arrondissement, 10,9% des électeurs ont voté FN. Dans le tout aussi aisé 7e arrondissement aussi (celui dont la maire est l'ex-ministre sarkozyste Rachida Dati), le Front a atteint les 10%. En revanche, comme d'habitude, c'est dans les quartiers bobos du centre-Est parisien que les lepénistes ont enregistré leurs moins bons scores: 6,9% dans notre 11e arrondissement, et même 6,1% seulement chez nos proches voisins du 3e: le Haut-Marais.

23/05/2014

Un énervement (un peu) moindre

Personnalités, Sarkozy, Elections européennes, Presse, Publicité, LuxeNicolas Sarkozy est un peu moins énervé. Visiblement, l'état de l'Europe le met (un peu) moins en rogne que les juges qui sont à ses trousses. En témoignent les points d'exclamation contenus dans la tribune sur les élections européennes qu'il a publiée hier, dans le magazine «Le Point». On y dénombre sept signes de ponctuation de ce type. Ce n'est pas rien, mais c'est moins que les huit points d'exclamation de sa volcanique tribune dans «Le Figaro», à la fin mars: quand avait été révélée sa mise sur écoutes, par des juges (relire ).

L'ex-Président gagne donc (un peu) en tempérance. Ses électeurs apprécieront – ou pas, on verra.

En attendant, il est douteux qu'en ouvrant «Le Point», hier, Nicolas Sarkozy ait apprécié la facétie qu'a occasionnée le plan publicitaire de ce numéro du magazine. En effet, il a fait juxtaposer l'apothéose de cette tribune (L'Europe, «ne laissons ni aujourd'hui ni demain détruire ce trésor!») avec une grande pub. Vantant les dernières créations d'un horloger joaillier suisse, dont une montre («mouvement manufacture réalisé à la main») à 2790€. Soit, tout de même, plus de deux mois de salaire minimum.

Nicolas Sarkozy possède certainement des toquantes encore plus onéreuses. Il n'empêche, il a dû grimacer, à la vue d'un tel catapultage entre pub et rédactionnel. Lui qui n'a jamais réussi à faire oublier sa grande période Rolex, Ray-Ban, bling bling etc.

05/05/2014

Un fossé, confirmé

39% des Français se fichent des élections européennes prévues à la fin mai. C'est ce qu'est venu confirmer un sondage, ce week-end. Ce désintérêt se nourrit sans doute à la profonde désaffection de nombre d'habitants de ce pays à l'égard de ce qu'est devenu le projet européen. Selon un autre sondage, paru lui aujourd'hui, l'Union européenne évoque «quelque chose de négatif» pour 49% des sondés, et de «positif» pour 45%. Sur le plan économique, 58% des Français perçoivent l'Europe avant tout comme «une contrainte», pour leur pays. Idem sur le plan politique, l'Union est vue comme «une contrainte pénalisante» pour une majorité des sondés (52%).

Ces derniers mois, déjà, d'innombrables enquêtes d'opinion ont mis en lumière l'ampleur du fossé séparant désormais le citoyen et électeur français de l'Europe telle qu'elle fonctionne aujourd'hui – et c'est valable aussi dans d'autres pays. Ce n'est donc pas neuf. Mais, les semaines ont beau passer et ce désaveu sondagier se confirmer, les commentaires de la classe politique et du monde médiatique, face à ces enquêtes catastrophiques, restent dans une tonalité dominante de reproche et de culpabilisation. En substance: ce n'est pas bien, il faut y croire, il est impératif d'aller voter.

Cela rappelle un peu cette litanie de commentaires méprisants qui, en 2005, avait accueilli des mois de sondages pareillement désintéressés et désenchantés. A propos du référendum français sur le projet de traité constitutionnel européen. A l'époque, le même discours culpabilisant avait été tenu. Le petit peuple avait été sermonné de ne rien comprendre ou de se fourvoyer, et houspillé d'aller voter et de voter «Oui». On se souvient de ce qu'il en est advenu: la victoire du «Non», avec 55% des voix. Et une classe politico-médiatique durablement traumatisée par l'ampleur du désaveu populaire infligé au discours dominant.

On ne mettrait pas la main au feu que, quasiment dix ans plus tard, à la fin mai, le même fiasco sera évité.

25/04/2014

Une revendication, «comique»

Europe, Elections européennes, Famille Dans le programme de l'UMP pour les élections européennes, que ce parti a présenté hier, on trouve notamment la revendication d'«une Europe qui concentre son action là où elle est vraiment utile». En clair: «Il est indispensable de redéfinir la répartition des missions entre les États membres et l’Union européenne. Cette dernière ne doit agir que dans les domaines où une politique euro­péenne sera plus efficace qu’une politique nationale afin de défendre les intérêts des Européens. Nous pensons que l’Europe ne doit pas intervenir dans les politiques familiales et sur les ques­tions de société».

Il faut sans doute voir là un signal amical envoyé par les sarkozystes à la mouvance catholique conservatrice: les associations familiales, le collectif «La Manif pour tous», etc.. Qui ont toujours soupçonné l'Europe de vouloir propager, sur les questions de société, des projets, idées ou doctrines jugés exagérément libertaires, limite dépravés (la «théorie du genre», etc.).

Cette revendication de l'UMP est donc cousue de fil blanc, politiquement. Le problème? «Les politiques familiales ne sont pas de compétences européennes». C'est ce que nous assurait, hier, une très éminente consoeur de la rédaction européenne de «La Libre», à Bruxelles. Et qui, du coup, trouvait Jean-François Copé «comique»: «Il demande à l'Europe de ne pas faire quelque chose qu'elle ne fait pas!»

Cela en dit sans doute long sur le degré d'expertise des hommes politiques français, concernant les questions européennes.

16/04/2014

Un droit, par intermittence

Femmes, Institutions, Histoire, Elections municipales, Elections européennesFrançois Hollande prononcera un discours sur le sujet, ce mercredi soir: la France célèbre, ces jours-ci, le 70e anniversaire de l'octroi du droit de vote aux femmes. En effet, cette avancée démocratique historique a été consacrée par une ordonnance remontant au 21 avril 1944.

70 ans plus tard, dans l'Hexagone – mais c'est sans doute valable aussi dans d'autres pays où le vote n'est pas obligatoire –, les femmes, à l'instar des hommes, n'ont recours que par intermittence à ce droit. Certes, traditionnellement (lire ici), «la différence de participation (aux scrutins) entre hommes et femmes apparaît faible, au total». Car cette participation dépend surtout de l’âge: «Avant 40 ans, les femmes votent plus souvent que les hommes; entre 40 et 80 ans, il n’y a plus de différence; et après 80 ans, les femmes votent moins souvent que les hommes». Mais, en mars dernier, lors de ces fameuses élections municipales marquées par un record historique d'abstention, les femmes ont encore moins voté que les hommes (voir ). Et, aux élections européennes de la fin mai, le taux d'abstention qui est annoncé dans certaines catégories de l'électorat féminin français atteint des sommets astronomiques. Ainsi (voir ), 86% des femmes entre 18 et 24 ans pourraient bouder les isoloirs.

Le bilan de ce 70e anniversaire est donc très mitigé, en ce qui concerne l'usage qui est fait de ce droit. Ce serait d'ailleurs un utile sujet de réflexion et d'examen de conscience, pour une classe politique qui, nul besoin de le rappeler longuement, est toujours très majoritairement masculine.

13/11/2013

Un revirement, de mauvaise grâce

Sans tambour ni trompettes, à l'occasion du débat parlementaire en cours sur le projet de budget 2014, le gouvernement vient de revenir sur un projet très controversé d'économies, qu'on avait évoqué dans ce blog, dernièrement (relire ici). Il s'agissait de grappiller une bonne vingtaine de millions d'euros lors des campagnes électorales: en supprimant l'envoi postal, à tous les électeurs, des dépliants présentant les programmes des candidats. Ce nouveau régime aurait pu s'appliquer dès les européennes de mai 2014. Ce qui aurait probablement renforcé encore le désintérêt des Français pour ce scrutin – alors déjà qu'il subit habituellement une abstention record.

Pas très malin, donc. Les députés en ont convenu. L'autre jour, dès lors, ils ont, par amendement, supprimé ce dispositif envisagé. Visiblement pas content de ce revirement, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a fait savoir qu'il n'y consentait qu'«avec douleur». Et d'argumenter: «La France fait figure d'exception dans l'Union européenne, en étant un des deux seuls pays à envoyer au domicile des documents électoraux. Que je sache, cela n'empêche pas l'abstention d'être forte, dans notre pays». Idiot, un tel raisonnement. C'est précisément ce terreau de désaffection populaire qui, dès le départ, aurait dû inciter Manuel Valls et ses collègues à ne pas risquer de l'accroître encore, par une mesure d'un tel acabit.

Pas sûr, cela dit, que ce revirement suffira à faire se précipiter les Français aux urnes, en mai prochain. Ni qu'il permettra de réduire l'ampleur du vote protestataire qui est attendu à ce scrutin. Mais au moins les électeurs auront-ils eu la possibilité, préalablement, de s'informer. Et donc c'est en parfaite connaissance de cause qu'ils pourront, ou non, voter.

En démocratie, n'en déplaise à Manuel Valls et/ou aux soucis budgétaires de son gouvernement, cela paraît tout de même la moindre des choses.

19/09/2013

Une économie pas forcément judicieuse

Visiblement, c'est un des sujets d'énervement de la semaine, chez les politiques. Témoin, ce matin encore, sur une radio, l'écologiste Daniel Cohn-Bendit s'est tant emporté sur la chose qu'après quelques secondes, on a dû zapper: trop pénibles de grand matin, les braillements. Cela concerne un projet d'économie budgétaire que pourrait faire le gouvernement – à la recherche du moindre centime d'euro, comme chacun sait.

Le budget 2014, en cours d'élaboration, pourrait décider d'économiser une bonne vingtaine de millions d'euros en supprimant, lors des campagnes électorales, l'envoi postal, à tous les électeurs, des dépliants présentant les programmes des candidats. Leurs «professions de foi», comme on dit en France, ne seraient consultables que sur le net. Ce nouveau régime pourrait être d'application dès les élections européennes prévues l'an prochain.

Outre qu'il doit tout de même encore y avoir, dans l'Hexagone, des gens qui n'ont pas l'internet, ce n'est pas trop malin comme piste d'économie, trouve-t-on. Et a fortiori pour ce scrutin précis.

Les élections européennes, par tradition, désintéressent complètement les Français. Ces scrutins battent donc à chaque fois des records d'abstention (quasi 60%, au scrutin de 2009). Le fait, pour l'électeur moyen, de ne même plus recevoir de propagande électorale dans sa boîte aux lettres risque de réduire encore un peu plus le taux de participation. En plus, ces européennes de 2014 précisément s'annoncent comme très particulières. Les Français ont l'habitude de se servir de ce scrutin – dont ils se fichent assez des conséquences – comme d'un vote-défouloir. Or, vu le climat politique ambiant, il ne serait pas étonnant que, cette fois, ils profitent de cette élection pour faire un triomphe aux europhobes: lepénistes, ultra-souverainistes, etc. Du coup, ne pas amener chez les gens une littérature ayant un regard moins caricatural sur l'Europe n'est peut-être pas la meilleure idée qui soit.

09/06/2009

Un raz de marée

tournesol.jpgOn savait déjà que, sociologiquement, en habitant dans le onzième arrondissement à la frontière du troisième (côté Haut Marais), on vivait au cœur parisien de «Boboland»: la capitale des bobos. Dimanche soir, cela s’est confirmé politiquement également. Dans ces deux quartiers parisiens, le résultat des élections européennes est même saisissant. Et constitue un camouflet retentissant pour le maire de Paris, le socialiste Bertrand Delanoë.

 

En effet, les Verts sont désormais - et de loin - la première force politique dans ces deux arrondissements. Les Parisiens de notre quartier ont même voté massivement pour la liste de Daniel Cohn-Bendit: 34,8% dans le onzième et 36,7% dans le troisième. Ce sont les plus beaux scores réalisés par les Verts dans la capitale française. Sensation supplémentaire: avec respectivement 17,9% et 17,1% des voix seulement, le PS y est désormais historiquement rélégué à la troisième position, derrière l’UMP. Ajoutons que, dans notre quartier, la gauche radicale (la liste anticapitaliste d’Olivier Besancenot + celle du Front de gauche) a totalisé 10% des suffrages. Dimanche donc, à «Boboland», il restait décidément peu de progressistes pour voter socialiste.

 

C’est une triple gifle pour Bertrand Delanoë. D’abord, parce que c’était un de ses proches qui menait la liste socialiste en région parisienne: l’eurodéputé sortant (et réélu, tout de même…) Harlem Désir. A cet égard, peut-être le résultat socialiste aurait-il été moins mauvais dans la capitale si le casting avait été différent: si ce parti y avait investi à la tête de sa liste son porte-parole Benoît Hamon, qui la réclamait et est identifié comme étant plus à gauche qu’Harlem Désir. Ensuite, parce que les mairies d’arrondissement du onzième et du troisième sont aux mains de socialistes. Enfin, parce qu’aux dernières élections municipales à Paris, les Verts avaient lourdement régressé par rapport aux socialistes.

 

Comme quoi, en politique, rien n’est jamais définitivement acquis. Y compris dans les bastions, fiefs et autres baronnies.

08/06/2009

Un désert

On n’a pas du tout été étonné en apprenant hier soir le taux d’abstention record qui a caractérisé les élections européennes en France – et à Paris y compris. En milieu de journée, en effet, dans notre bureau de vote du onzième arrondissement, c’était… le désert. Dans la cour de la petite école réquisitionnée pour l’occasion, il y avait à peine un couple de petits vieux qui prenait paisiblement le soleil sur un banc. Tandis qu’à l’intérieur, à côté des isoloirs et derrière les grandes tables sur lesquelles s’alignaient sagement les piles de bulletins de vote, les préposés bâillaient aux corneilles.

 

Il faut dire que, pour le Parisien de la rue, ce week-end, l’événement était moins ce scrutin que… la visite si médiatisée de la famille Obama. En tant qu’habitant du centre ville, d’ailleurs, on a pu suivre l’évolution, heure par heure, de ce séjour présidentiel sans même devoir se brancher sur les infos à la radio: il suffisait d’écouter le vacarme plus ou moins important fait dans le ciel par les hélicoptères qui supervisaient la sécurité des déplacements de la famille présidentielle américaine.

 

Des hôtes de marque qui, pour des raisons de sécurité, ont eu droit à ce à quoi n’importe quel Parisien n’oserait jamais rêver. Visiter Notre-Dame, vidée de ses cohortes de touristes bruyants, dans un silence… de cathédrale. Et admirer les merveilles du Musée d’art moderne de Beaubourg puis du Louvre alors que ceux-ci, évacués également de leur foule habituelle, devaient ressembler à un désert de calme et de sérénité.

 

Pour cette famille, jouir de ces lieux magnifiques dans de telles conditions dut être vraiment formidable. Mais, pour le coup,  vu la quiétude qui y régnait, leur atmosphère n’était pas le moins du monde typiquement parisienne. Quelque part, cela doit être (un peu) frustrant.

05/06/2009

Une langue

esperanto.jpgOn a au moins appris une chose, au cours de cette campagne pour les élections européennes de ce dimanche. Appris qu’en 2009, il se trouve encore en France des gens pour militer en faveur… de l’espéranto, cette langue à vocation universelle inventée vers 1890 par le Dr Zamenhof. Pour preuve, sur la plupart des panneaux électoraux de Paris en ce moment, sont placardées les affiches du parti «Europe Démocratie Espéranto» (EDE), une liste qui prône l’instauration de cette «langue commune indépendante, riche, et équitable comme ciment de la citoyenneté européenne et comme clé de voûte d’un multilinguisme équilibré».

 

L’espéranto, selon ce parti, devrait être enseigné dans toutes les écoles européennes. Car, s’agissant du plus «équitable et accessible» des langages internationaux, cet idiome constituerait «la solution la plus adaptée pour rendre effectif l’accès à la communication internationale, qui est un droit pour tous les citoyens européens».

 

Aux élections européennes de 2004, la liste EDE avait recueilli très exactement 25.067 voix dans toute la France, soit un maigre 0,15% des suffrages. Cinq ans plus tard, a-t-on pu constater dans le quartier, les affiches d’EDE ne sont pas rarement la cible de graffitis hostiles. Ainsi, à l’endroit de l’affiche invitant les électeurs à favoriser, par leur vote dimanche, «une langue équitable, qui respecte nos langues et nos cultures», des opposants à l’espéranto ont pris l’habitude de rageusement griffonner: «le français».

 

Au passage, rappelons tout de même qu’en France, il n’y a pas que le français. On y compte aussi près de 80 langues régionales, dites «minoritaires» (l’alsacien, l’occitan, le breton, le corse, etc.). A l’école, elles sont étudiées (le plus souvent dans le cadre de cours à option) par près d’un demi-million d’élèves. Pourtant, le gouvernement Fillon tarde à respecter sa promesse d’inscrire d’une façon ou d’une autre ces langues dans la Constitution, ne serait-ce que pour reconnaître leur indéniable valeur patrimoniale. Ainsi, la ministre de la Culture, Christine Albanel, avait-elle jadis promis, mordicus, de faire procéder à cette inscription en 2009. Et s’était engagée à prendre des mesures pour promouvoir l’enseignement de ces langues, leur utilisation dans la création artistique, dans les médias, etc. Finalement, a-t-il été annoncé récemment, le tout vient d’être reporté à 2010 au plus tôt, officiellement pour cause d’«encombrement parlementaire».

 

Si déjà le picard ou le flamand passent si mal à Paris, c’est peut-être un brin utopique d’espérer y lancer l’espéranto.

04/06/2009

Un aperçu

Il n’y a pas que les affiches des partis politiques traditionnels que l’on voit en ce moment sur les panneaux électoraux de Paris, en prévision du scrutin européen de dimanche. L’un ou l’autre petit parti sollicite également les suffrages des électeurs. D’ailleurs, ces petites formations folkloriques disons originales, pour ne pas être dénigrant, sont très visibles sur les panneaux. Et pour cause: il s’agit souvent pour elles de la seule façon de se faire connaître. En effet, leur manque de moyens les empêche pour la plupart d’imprimer les tracts que l’administration, ces jours-ci, envoie aux électeurs. Vite fait, un petit aperçu de ces micro-listes s'affichant sur les panneaux de notre quartier.

 

La liste la plus visible, d’abord: on voit un peu partout le grand globe terrestre qui figure sur ses affiches. “La terre sinon rien” est son nom. «Ni de droite, ni de gauche: de la terre», est son slogan. Le programme? «D’avant-garde». Il a été conçu pour… les «amoureux de la vie». Et se place sous le patronage spirituel de rien moins que Léonard de Vinci, Einstein, Gandhi, Gorbatchev, Pythagore, Marguerite Yourcenar, Cioran ou Boris Cyrulnik. “La terre sinon rien” préconise l’établissement en Europe d’un «nouvel indicateur de croissance» en lieu et place du Produit intérieur bruit (PIB): «le Bonheur intérieur brut». A l’en croire, le remplacement d’un PIB «devenu obsolète sinon mortifère» par ce BIB «permettra de déclencher un cercle vertueux dans l’économie des 27 Etats membres». Car, «pour apaiser nos sociétés», il faut, outre créer des emplois, «créer du sens dans nos économies» et «reconsidérer la richesse».

 

Voisine idéologiquement, et tout aussi détonnante, est la liste du PPLD: le “Parti pour la Décroissance”. Cette liste – qui a choisi le sympathique animal qu’est l’escargot comme symbole – affirme vouloir «placer l'économie au service de l'homme et non pas l'inverse». Elle soutient qu’«une croissance infinie n’est pas possible dans un monde fini!» Et propose notamment aux électeurs d’opter pour «une société de la sobriété». En clair? «Il appartient à l’Europe,  dont la surconsommation nuit gravement à l’ensemble de l’humanité, de rétablir un équilibre qui commence par la sobriété de nos modes de vie: programmes d’économie d’énergie, relocalisation de l’ensemble de nos activités pour limiter les transports, réforme de l’agriculture, privilégier le durable au jetable, réduction des limites autorisées de pollution», etc.

 

Encore plus fumant: un «nouveau parti alternatif» baptisé “Cannabis sans frontières (alternative écologique) ”. Il milite «pour une nouvelle politique des drogues audacieuse et innovante». Et s’indigne: «Comme des milliards d’autres personnes pour des milliers d’autres raisons, les usagers de cannabis sont stigmatisés, marginalisés, discriminés, en étant désignés comme des criminels. Imaginerait-on qu’il faille se cacher pour déguster un verre de bon vin rouge? Que, l’alcool étant interdit, les gens se remettent à acheter sous le manteau de la gnôle frelatée, sans être capables de savoir de quoi elle est faite?» Ce parti  demande aux pouvoirs publics de «reconnaître ce que la culture du chanvre peut apporter comme alternative écologique dans le domaine de la construction, du textile, des soins médicaux, ou en termes d’impôts, de création d’emploi ou d’apaisement social».

 

Dans notre onzième arrondissement si bobo, et donc supposément libertaire, on est curieux de voir combien d’électeurs vont voter dimanche pour un tel programme.

03/06/2009

Un guignol

lalannedrevet.jpgUn visage connu ce matin au coin de la rue, émergeant de la grisaille des panneaux électoraux. Celui de Patrice Drevet, encore tout récemment Monsieur Météo sur France 2, dont il est désormais retraité. A ses côtés, un autre visage encore plus connu: celui du chanteur Francis Lalanne. Ces deux «people» s’affichent sur les panneaux électoraux de Paris en vue des élections européennes de dimanche, pour la liste de l’Alliance écologiste indépendante, un agglomérat de trois petits partis écologistes de droite. Mais ils sont candidats dans le Grand Sud-Ouest et dans le Grand Sud-Est. Aucun électeur parisien ne pourra donc voter pour eux dimanche. Dès lors, l’apparition de leurs visages sur les panneaux dans la capitale relève de la pure campagne de notoriété – et d’un gaspillage vraiment peu écologique de papier?

 

A propos, Francis Lalanne a publié dernièrement un petit livre-programme politique à mourir de rire. Ou à pleurer, c’est selon. Il s’agit d’une «Mise en demeure à Monsieur le Président de la République française», dont il critique la dérive «monarchique». Au fil d’une soixantaine de pages écrites, excusez du peu, entièrement en vers, le «poète engagé» adjure l’hôte de l’Elysée de n’être pas sourd. «Ecoutez-moi! Je vous en prie! Ecoutez la voix du poète! Entendez quand le peuple crie! Et ne détournez plus la tête!»

 

Se comparant  au «poète décapité par la fureur d’un Robespierre», le preux Lalanne somme le grand Sarkozy de mettre un genou en terre: «Prince dénommé Président! Dressant un constat de carence, Le citoyen indépendant Vous somme de rendre à la France Les pouvoirs qui, se confondant, sont d’un monarque entre vos mains!» Signant son adresse sous le nom de plume un rien ronflant d’Archilogue Magistophore, le barde le plus célèbre de France lance un avertissement solennel aux peuples probablement extatiques ainsi qu'au tyran certainement apeuré: «Je me battrai comme il se doit. Au nom de la Constitution. Car c’est mon devoir De résister à l’oppression». Et, que les choses soient claires, l’intéressé ne craint «ni Catilina, Ni les intérêts praticiens, Ni les proconsuls de l’ENA, Ni Antoine et ses miliciens!»

 

220 ans après 1789 et la prise de la Bastille, les murs du quartier parisien du même nom affichent donc Francis Lalanne comme candidat prêt à «monter la garde nationale Et mener la lutte finale». Il n’y a pas à dire, elle est vraiment en de belles mains, la Révolution.

02/06/2009

Une «amitié»

Les élections européennes, dimanche. Un scrutin dont, d’après tous les sondages, se contrefiche une majorité de Français. Et il est probable que la catastrophe aérienne ayant endeuillé hier les familles des 228 personnes à bord du vol Air France AF 447 Rio-Paris détournera encore un peu plus l’attention de l’opinion de ce scrutin européen.

 

Les partis semblent avoir intégré cette indifférence dans leur stratégie électorale. Leur propagande, en tout cas, ne lésine pas sur les moyens détournés pour créer une appétence. On se l’est encore dit ce matin au moment de quitter la maison pour aller au boulot, en découvrant dans la boîte aux lettres un courrier électoral qui, a-t-on trouvé, pour convaincre l’électeur de base, agissait sur des ressorts décidément un peu particuliers.

 

«Je vous dis ma confiance et, si vous le permettez, mon amitié», nous écrivait Marielle de Sarnez, bras droit de François Bayrou et médiatique chef de file de la liste centriste en région parisienne. Son «amitié», donc. D'emblée, on a trouvé ce «si vous le permettez» vraiment délicieux. Au demeurant, il n'est pas inutile. L'intéressée, en effet, ne nous connaît évidemment ni d’Eve, ni d’Adam. Tout au plus n’a-t-on dû que se croiser dans le cadre de nos activités professionnelles, ces dernières années. Son «amitié» proclamée est dès lors une pure figure de style. C’est un moyen de créer la connivence, une façon de susciter la complicité, une tentative de glisser du débat politique vers le registre affectif. On est ici dans l’ordre de la mondanité. Ce n’est pas trop le discours de fond convaincant et mobilisant qu’on attend d’un(e) candidat(e) à une élection? Si le Modem a recours à ce genre de formule épistolaire, c’est sans doute que ses communicants l’ont testée et jugée efficace.

 

Sa «confiance», en prime. C’est curieux, comme terme. D’abord, ce mot a une connotation, disons, si parentale: comme un père qui reproche à son fils adolescent d’avoir trahi sa confiance après qu’il a fait une connerie. Ensuite, si on prend ce terme dans son acception politique – l’Assemblée renouvelle sa confiance au gouvernement, etc. –, ici, il donne l’impression d’avoir été utilisé à l’envers. Habituellement, si on a bien compris, c’est l’électeur de base qui octroie sa confiance en l’élu pour lequel il vote, dans l'espoir que celui-ci le représente bien. Dans ce courrier-ci, en revanche, c’est l’élu qui dit sa confiance en l’électeur de base. Qui lui dit donc, stricto sensu, qu’il se fie à lui pour bien agir le jour J. Un peu comme si voter dimanche en faveur d'un autre candidat relevait de la connerie d’adolescent.

 

Enfin, en ouvrant ce courrier, on s’est demandé, sourire en coin, où diable Marielle de Sarnez avait-elle donc bien pu dénicher notre adresse privée. Vu qu’on ne l’a jamais donnée ni au Modem, ni à un autre parti, ni au moindre responsable politique de France ou de Navarre. Vu qu’on n’a jamais contacté ce parti ni un autre pour une démarche particulière et personnelle. Vu qu’on ne lui a jamais adressé le moindre chèque de soutien. Vu qu’on n’a jamais envoyé un petit mot de félicitations à François Bayrou, ni un bouquet de fleurs à Marielle de Sarnez. Vu qu'on n'a jamais invité l'un et/ou l'autre à prendre l'apéro un soir à la maison. On figure malgré tout dans les fichiers de l’état-major centriste. Par quel plus grand des hasards? Par quel biais est-on arrivé un jour là? Ce serait amusant de le savoir. Le courrier du bras droit de François Bayrou ne précise nulle part si la loi Informatique et libertés s’applique ou non aux partis politiques. Et donc si n’importe quel quidam recevant nommément de la propagande électorale dans sa boîte aux lettres peut ou non exiger d’accéder aux fichiers du parti expéditeur pour vérifier les données y figurant qui le concernent, et éventuellement les corriger. Dans l’affirmative, de toute manière, sans doute n’aurait-on jamais décroché notre téléphone et pris la peine d’appeler Marielle de Sarnez. On n’est pas flippé des fichiers. Et, comme elle, on n’a pas que cela à faire.

27/05/2009

Une sous-représentation (bis)

panneauxelectorauxparis.jpgDepuis lundi matin, ouverture de la campagne officielle oblige, les trottoirs de Paris (et du reste de la France) sont hérissés de panneaux électoraux. Et, petit à petit, ces panneaux se garnissent des portraits des candidats aux élections européennes du 7 juin prochain. Sans que cet affichage intéresse visiblement grand monde. On est loin des portraits de Nicolas Sarkozy, de Ségolène Royal ou d’Olivier Besancenot qui, aux élections présidentielles de 2007, n’étaient pas rarement lacérés par les partisans de leurs adversaires. Et encore plus loin des bagarres entre colleurs qu’on avait vues en France lors du référendum européen si passionné de 2005.

 

Comme à chaque campagne électorale, en voyant ces panneaux, on n’a pas pu s’empêcher de faire la même constatation. On va donc à nouveau y consacrer une note quitte, comme chaque fois, à se prendre des commentaires agacés de lecteurs pour qui le simple fait de souligner ce constat revient à prôner l’instauration de quotas. Donc, c’est frappant dès le premier coup d’œil jeté sur ces panneaux électoraux: en matière de représentation (politique, cette fois) de ces «minorités visibles» dont on parlait dans ce blog lundi, la situation en France ne semble pas avoir évolué d’un iota. Dans notre quartier, c’est bien simple, à l’une ou l’autre exception (alibi?) près – comme le socialiste Harlem Désir (*) ou bien sûr l’UMP Rachida Dati  –,  la majorité des visages affichés sont blancs.

 

La France occupe toujours la «position de lanterne rouge des pays développés pour la représentation des minorités visibles en politique», vient d’ailleurs de déplorer le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN), après avoir épluché les listes déposées dans l’Hexagone pour ce scrutin européen. Les Noirs de France considèrent qu’au point où on en est, «seules des mesures fortes sont de nature à lever les conservatismes en matière de diversité dans le champ politique». Entre autres dispositions, ils réclament «le conditionnement des remboursements des dépenses électorales aux partis politiques à des exigences minimales en matière de diversité».

 

Sûr que, si une telle mesure était prise, elle gênerait pas mal de partis.

 

 

 

(*) Harlem Désir qui, il y a quelques mois, était vendu par certains communicants du Parti socialiste comme étant «le Barack Obama français». Depuis, cependant, il semble que le PS la ramène un peu moins avec cette comparaison – il est vrai d’une prétention sans nom.

12/05/2009

Un raid

produitskasher.jpgDans les rayons des supermarchés de notre onzième arrondissement, on trouve des tas de produits ostensiblement labellisés kasher. C’est d’ailleurs le cas aussi dans les quartiers de Paris moins proches du Marais. Tout comme, dans la capitale française, des snacks de kebab servent de la viande exclusivement hallal. Et comme, en banlieue parisienne, des fast-food proposent uniquement des burgers certifiés par les autorités religieuses musulmanes. En région parisienne donc, cette diversité alimentaire est entrée dans les mœurs. Mais elle ne plaît visiblement pas à tout le monde.

 

Ainsi ce week-end, un hypermarché ‘Carrefour’ du Val d’Oise (banlieue parisienne) a été la cible d’un raid de militants d’associations et de partis pro-palestiniens, anti-capitalistes et écologistes, certains arborant un tee-shirt où était indiqué «Palestine vivra». Aux cris de «Boycott Israël!» et «Carrefour complice!», la soixantaine d’activistes participant à cette opération coup de poing ont vidé les rayons du supermarché de tous les produits en provenance d’Israël. Et exigé que ces produits n’y soient désormais plus mis en vente.

 

On est resté assez pantois en apprenant cela. On peut évidemment avoir été horrifié par les victimes civiles et la boucherie de la guerre de Gaza. On peut être catastrophé par le résultat des dernières élections législatives israéliennes. Et choqué par le fait que le chef de la diplomatie de ce pays, récemment reçu avec embarras à l’Elysée, est un leader de l’extrême droite habitué aux discours populistes et haineux. Mais en quoi retirer des tomates cerises ou des pomelos israéliens des rayons des ‘Franprix’ ou ‘Shopi’ de Paris va-t-il arranger cela? En quoi compliquer (un peu) l’achat, dans les magasins de proximité, de bougies pour Hanouka par la communauté juive du Marais et d’autres quartiers parisiens apaisera-t-il les souffrances des enfants de Gaza? En quoi ce boycott fera-t-il progresser le processus de paix israélo-palestinien? A moins qu’il s’agisse surtout de stigmatiser des consommateurs qui, en France, n’y peuvent rien? A moins qu’il s’agisse de jeter l’opprobre sur une communauté juive supposée être, de par le monde, d’office solidaire et complice des horreurs commises au Proche-Orient?

 

franprix.jpgCes activistes de supermarché justifient le boycott des produits israéliens en rappelant le précédent historique de l’embargo ayant jadis frappé l’Afrique du Sud de l’apartheid et ayant abouti à la chute de ce régime (qu'ils comparent à Israël). Mais il est aussi dans l'Histoire des sanctions commerciales qui ont spectaculairement échoué: l’embargo frappant Cuba depuis plus de 50 ans, singulièrement. Cela devrait donc inciter à la prudence dans le maniement de cette arme. A fortiori que, dans le cas d’Israël, une dimension communautaire vient clairement s’ajouter à la dimension politique. Dimension qui n'est pas anodine dans un pays comme la France, cycliquement en proie à des flambées d’antisémitisme.

 

Pour finir, les partisans français du boycott des produits israéliens invoquent également «la suspension et le gel des relations commerciales entre l’Union européenne et Israël», votée par le Parlement européen en 2002. Une disposition qui, dénoncent-ils, n’a été appliquée par «aucun pays». Rappeler ainsi, en pleine campagne électorale, que des décisions de Strasbourg restent toujours lettre morte sept ans après leur adoption, ce n’est pas forcément le meilleur argument pour inciter les Français à aller voter aux élections européennes du 7 juin.

 

 

 

PS : Remarquez la différence de traitement, médiatique notamment. Il y a quelques années, le gérant d’un ‘Franprix’ situé en banlieue parisienne avait fait scandale en annonçant qu’il allait vider ses rayons de tous les produits qui n’étaient pas hallal. A l’époque, la classe politique et les médias avaient tempêté contre cette initiative communautariste et excluante. Et l’intéressé avait dû reculer. Cette fois, ce sont tous les produits kasher qui ont été retirés des rayons d’un ‘Carrefour’. L’un dans l’autre, c’est donc assez voisin comme démarche. Mais, ici, à peine quelques mots dans l’un ou l’autre média et pas le moindre commentaire de leader politique.