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02/09/2015

Une péripétie judiciaire, fût-ce pas banale

Justice, Sécurité, Politique, Front national, Elections municipales Pas mal d'agitation médiatique autour d'un procès – il est vrai pas banal – qui se tient ce mercredi, en banlieue de Paris. Devant le tribunal correctionnel de Meaux (Seine-et-Marne), comparaissent une demi-douzaine de personnes devant répondre d'association de malfaiteurs et de dégradation de biens. Parmi eux, un ex-responsable local du Front national. Avec ses amis, il menait des virées nocturnes dans sa ville, lors desquelles notamment il mettait le feu à des voitures. Pour ensuite mieux dénoncer l'insécurité ambiante.

Une activité criminelle (présumée) menée à des fins politiques: le FN est évidemment un peu gêné par l'affaire, même s'il a exclu l'intéressé de ses rangs et a lui-même informé la police de ses méfaits. A contrario, les adversaires du Front se réjouissent de l'embarras dans lequel le plonge ce dossier. Qui, effectivement, illustre que la "dédiabolisation" alléguée par ce parti connaît, pour le moins, quelques failles locales.

Il ne faudrait toutefois pas déduire de ce rocambolesque fait divers que les responsables locaux du FN sont tous des zozos s'empêtrant dans des agissements qui, comme cela semble le cas ici, relèvent plus de la pathologie que de la politique. Ce serait trop simple. Pour s'en convaincre, il suffit de se reporter au sondage qui, un an après les élections municipales de mars 2014, analysa le sentiment des habitants de la dizaine de villes qui sont désormais régies par le Front.

Il montra que sept habitants sur dix de ces localités étaient satisfaits de leur maire, «score supérieur à la moyenne constatée auprès de l’ensemble des habitants des communes de 10.000 à 100.000 habitants (66%)». Cette enquête confirma aussi la banalisation du FN, aux yeux d'une part grandissante de l'opinion: un «sentiment d’indifférence éprouvé par une majorité relative des personnes interrogées (42%) à l’égard du fait de vivre dans une commune dirigée par un maire frontiste» – indifférence que l'on retrouve y compris chez les sondés de gauche (37%).

Dès lors, la "lepénisation des esprits" semble bel et bien réelle. Et, au-delà de l'émoi médiatique du moment, elle ne devrait pas fondamentalement être affectée par cette péripétie judiciaire ponctuelle que le FN doit gérer – même si, évidemment, il s'en serait volontiers passé.

16/12/2014

Un intérêt assez relatif

Elections municipales, élections européennes, International, BelgiquePuisque François Hollande a évoqué hier soir le droit de vote des étrangers non-européens aux élections municipales françaises, ces chiffres qui viennent de sortir, et émanent de l'Institut de la statistique (Insee). Ils éclairent sur ce que fut la participation des ressortissants de l'Union européenne aux deux scrutins tenus en France en cette année 2014 qui s'achève: les élections municipales de mars et les européennes de mai. De ces données, l'on peut déduire que cette participation électorale des étrangers UE est finalement assez faible – même si elle progresse, au fil des ans.

Ainsi, sur les 1,2 million d'Européens résidant dans l'Hexagone, seuls 278.000 (23%) étaient inscrits pour l'élection municipale, et 245.000 (20%) pour les européennes. Près de 90% de ces électeurs européens inscrits venaient de six pays: le Portugal, le Royaume-Uni, l’Italie, la Belgique, l’Espagne et l’Allemagne. Le taux d’inscription en vue des municipales culminait pour les Danois (43%), suivis des Néerlandais (42%) et des Belges (41%). Selon l'Insee, «le fait que le vote soit obligatoire en Belgique et qu’il l’ait été jusque dans les années 1970 aux Pays-Bas pourrait expliquer les taux plus élevés pour ces deux nationalités. On observe, de même, des taux supérieurs à la moyenne pour les ressortissants du Luxembourg, pays où le vote est également obligatoire».

De façon symétrique, les Français résidant dans un pays étranger de l’UE peuvent participer à l'élection des eurodéputés de ce pays. Là aussi, à la faveur des scrutins de 2014, on est globalement resté dans le même étiage. Ainsi, sur les 473.000 Français remplissant les critères pour voter dans un autre pays de l’UE, seuls 20% étaient effectivement inscrits. Des disparités existaient toutefois, selon le pays de résidence (39% d'inscription pour les Français inscrits en Espagne, par exemple). En dehors de ces exceptions, ce taux moyen est donc, pareillement, assez faible. Il doit cependant être nuancé. Depuis 2014, en effet, les Français établis à l’étranger peuvent plus aisément qu'auparavant prendre part à l'élection européenne se déroulant dans leur propre pays, via un vote désormais autorisé dans les consulats de France.

16/04/2014

Un droit, par intermittence

Femmes, Institutions, Histoire, Elections municipales, Elections européennesFrançois Hollande prononcera un discours sur le sujet, ce mercredi soir: la France célèbre, ces jours-ci, le 70e anniversaire de l'octroi du droit de vote aux femmes. En effet, cette avancée démocratique historique a été consacrée par une ordonnance remontant au 21 avril 1944.

70 ans plus tard, dans l'Hexagone – mais c'est sans doute valable aussi dans d'autres pays où le vote n'est pas obligatoire –, les femmes, à l'instar des hommes, n'ont recours que par intermittence à ce droit. Certes, traditionnellement (lire ici), «la différence de participation (aux scrutins) entre hommes et femmes apparaît faible, au total». Car cette participation dépend surtout de l’âge: «Avant 40 ans, les femmes votent plus souvent que les hommes; entre 40 et 80 ans, il n’y a plus de différence; et après 80 ans, les femmes votent moins souvent que les hommes». Mais, en mars dernier, lors de ces fameuses élections municipales marquées par un record historique d'abstention, les femmes ont encore moins voté que les hommes (voir ). Et, aux élections européennes de la fin mai, le taux d'abstention qui est annoncé dans certaines catégories de l'électorat féminin français atteint des sommets astronomiques. Ainsi (voir ), 86% des femmes entre 18 et 24 ans pourraient bouder les isoloirs.

Le bilan de ce 70e anniversaire est donc très mitigé, en ce qui concerne l'usage qui est fait de ce droit. Ce serait d'ailleurs un utile sujet de réflexion et d'examen de conscience, pour une classe politique qui, nul besoin de le rappeler longuement, est toujours très majoritairement masculine.

03/04/2014

Un fonctionnement quasi-dynastique

Puisqu'on évoquait hier le nouveau maire de notre onzième arrondissement de Paris, François Vauglin, il a été élu très confortablement, dimanche. Par 64,4% des voix. Or, il y a six mois encore, c'était un parfait inconnu. Neuf Parisiens sur dix des quartiers Bastille-Nation-République qu'on aurait interrogés auraient probablement été complètement incapables de le situer.
 
Ce n'est pas faire injure à ses compétences et talents (éventuels: on ne le connaît pas du tout) que de le signaler: l'homme ne doit son ascension qu'au fait que son prédécesseur a renoncé à son poste, et lui a transmis les clés de la mairie. Ce précédent maire du onzième, le député PS Patrick Bloche, contraint par la nouvelle règle du non-cumul, a préféré conserver son siège de député plutôt que sa mairie d'arrondissement. En 2008, lui-même avait hérité de la mairie à la suite de combinaisons et de tractations politiques opaques, ayant abouti au retrait de son prédécesseur, depuis 1995: l'ancien ministre Georges Sarre. Qui, pour l'anecdote, en 2014, soutenait une liste dissidente   il faut suivre... 
 
Tout cela pour dire que ce mode de fonctionnement partisan quasi-dynastique, dans les bastions socialistes que sont les arrondissements de l'Est parisien, n'a pas contribué à motiver beaucoup l'électeur. Dimanche, dans notre arrondissement, ils ont été 42% à ne pas voter, soit encore davantage que le taux national d'abstention (38%).

31/03/2014

Une victoire, sans euphorie

Paris, Elections municipales, Personnalités, Hidalgo, Kosciusco-MorizetCela nous a peut-être échappé – vu qu'on est resté coincé au bureau, à travailler jusqu'a minuit –, mais, a priori, dans les rues de Paris hier soir, l'annonce de la victoire de la socialiste Anne Hidalgo n'a suscité aucune euphorie. Dans notre onzième arrondissement, en tout cas, nul concert de klaxons ni mouvement de foules, et encore moins de feux d'artifice d'extase populaire. Ce qui a fameusement tranché avec la mémorable nuit qui, à Bastille, avait suivi l'élection de François Hollande à l'Elysée, il y a moins de deux ans (relire ).

Il faut dire que le petit peuple de gauche avait de quoi être KO, avec la claque magistrale qu'ont prise les socialistes dans le reste du pays.

Hier soir, la victoire de la gauche parisienne a été assez nette. Au prochain Conseil municipal de la capitale, elle disposera de vingt sièges de plus que la droite. Cette dernière n'a réussi à conquérir ni le douzième arrondissement, ni le quatorzième, qui lui étaient indispensables pour décrocher la mairie. A 500 voix près (sur 23.000 votants), elle a même failli perdre son fief du cinquième arrondissement, le Quartier latin. Elle ne l'a conservé qu'au prix d'une alliance avec le sulfureux clan Tiberi, du nom de l'ex-maire de Paris, Jean Tiberi (1995-2001). L'UMP peut néanmoins doublement se consoler. Avec la prise du neuvième (en gros, les quartiers Opéra, Cadet, Chateaudun). Et avec l'humiliation qu'elle a infligée aux socialistes dans le quatrième (Beaubourg, Saint-Paul, place des Vosges): ils n'ont conservé cet arrondissement qu'avec une misérable avance de 55 voix (sur 10.000 votants).

Mine de rien, c'est tout de même la troisième fois consécutive qu'une personnalité de droite est mise en déroute, dans la capitale. Nathalie Kosciusko-Morizet en 2014, comme Françoise de Panafieu en 2008, comme Philippe Séguin en 2001.

Rétrospectivement, il y en a un qui, ce matin, doit se dire qu'il a bien fait d'être prudent: l'ex-Premier ministre François Fillon, qui, un temps, avait pensé à briguer l'Hôtel de Ville.

28/03/2014

Une «surinterprétation» qui tombe mal

Des embouteillages d'anthologie dans une grande partie de Paris, hier. Ils coûteront encore quelques voix supplémentaires à la gauche aux élections de dimanche, si les automobilistes parisiens qui en ont fait les frais les mettent sur le compte de la municipalité sortante. Or, en l'occurrence, elle n'y était strictement pour rien.

Puisque la cause de tous ces troubles était la visite d'Etat du Président chinois. La venue de cet hôte de marque – qui a signé pour 18 milliards d'euros de contrats – , a donné lieu à la mise en place d'un dispositif de sécurité rarement vu auparavant. Comme l'intéressé logeait dans un palace des Champs-Elysées, une bonne partie de l'ouest parisien a été bouclée, et donc la circulation considérablement perturbée. Pour ne rien arranger, la RATP a complètement dysfonctionné, ce qui n'a fait qu'ajouter à la confusion générale.

La régie, en effet, a fermé au trafic une quinzaine de stations de métro, et ce pendant plusieurs heures: jusqu'en début d'après-midi, parfois. Or, la préfecture de police n'en demandait pas tant. Elle exigeait les fermetures de stations seulement pendant la demi-heure entourant le moment du passage, dans le quartier, du cortège officiel chinois. Dès lors, la responsabilité du chaos que ces fermetures ont causé aux usagers, la préfecture l'a entièrement rejetée sur la RATP. Qui aurait «surinterprété» ses consignes de sécurité.

Une partie du réseau du métro paralysée pour rien, donc. Le jour même où, pour cause d'alerte à la pollution, les Parisiens était invités à délaisser la voiture, au profit précisément des transports en commun. Encore bravo.

27/03/2014

Une différence de traitement

Paris, Santé, Environnement, Elections municipalesLes semaines passent et rien ne change, à Paris. Ce jeudi encore, la capitale française connaît ce que le jargon technocratique dénomme «un épisode de pollution avec un possible dépassement du seuil d'information de la procédure d'information et d'alerte». En clair, l'air sera une nouvelle fois ultra-pollué, et une fois de plus par les PM10: ces satanées particules fines.

Le stationnement résidentiel est donc gratuit jusqu'à ce soir, dans la «Ville lumière». Et les poids-lourds en transit sont invités à la contourner. La circulation alternée n'a cependant pas été imposée, contrairement à il y a dix jours.

Au gouvernement, on justifie cette différence de traitement par le fait qu'une telle régulation du trafic ne se justifie que quand plusieurs journées consécutives de pollution ont été déplorées, ce qui n'est pas le cas ce jeudi. Les mauvaises langues auront néanmoins vite fait d'avoir une lecture électorale de la chose. Après la claque que le gouvernement a déjà subie dimanche, il ne va tout de même pas prendre le risque d'énerver encore un peu plus les automobilistes-électeurs, ceux venant de banlieue parisienne singulièrement. A trois jours d'un second tour qui, pour lui, pourrait bien être pire encore que le premier.

26/03/2014

Un moyen de pression

Cela tombe mal, pour France Télévisions. Moins de cinq jours avant le dénouement des élections municipales, le syndicat Force ouvrière a déposé un préavis de grève pour dimanche. Du coup, si, d'ici à la fin de la semaine, ce syndicat et la direction du groupe audiovisuel ne sont pas parvenus à s'entendre, c'est carrément la grande soirée électorale de dimanche qui pourrait ne pas pouvoir être diffusée. Le syndicat motive ce moyen de pression par son mécontentement concernant les modes de rémunération des intermittents du spectacle employés par le groupe audiovisuel.

Une soirée électorale annulée à la télévision: ce serait, sauf erreur, une grande première, en France. Dimanche dernier, plus de 8 millions de Français avaient suivi la soirée électorale du premier tour, sur les chaînes du service public.

Cela dit, au vu du taux de participation historiquement bas qui caractérise ce scrutin, on doute un peu que, en cas d'annulation de la soirée de dimanche prochain, le téléspectateur-électeur moyen s'en trouve durablement inconsolable.

25/03/2014

Un facteur aggravant?

Dimanche, au premier tour des élections municipales, plus de quatre Parisiens sur dix n'ont pas voté. C'est encore plus que la moyenne nationale d'abstention (36,45%), qui a pourtant été historiquement élevée.

A dû contribuer à cette démobilisation civique le fait que, cette année, les électeurs parisiens ont reçu très tardivement, dans leurs boîtes aux lettres, les dépliants électoraux des candidats se présentant dans leur arrondissement. Par exemple, les habitants de notre quartier du onzième ont reçu ces prospectus samedi matin . Soit vingt-quatre heures seulement avant l'ouverture des bureaux de vote. Or, qui sait, les électeurs auraient-ils eu le temps de prendre connaissance à leur aise des «professions de foi», comme on dit, des partis en lice que, peut-être, cela les aurait-il incité à davantage aller voter.

A moins que ce soit La Poste qui ait dysfonctionné, l'Etat, pour le coup, dans la capitale en tout cas, ne s'est pas acquitté au mieux de mission d'information électorale. Comme s'il avait traîné les pieds, lui qui, l'an dernier, avait vainement tenté de faire supprimer cette obligation lui incombant (relire ici).

Le ministère de l'Intérieur a beau avoir à sa tête un des membres du gouvernement les plus populaires, Manuel Valls, c'est à se demander, parfois, s'il est géré.

24/03/2014

Une progression, ici aussi

Elections municipales, ParisLe Front national a progressé à Paris y compris, hier: au premier tour des élections municipales. Certes, le parti frontiste a réalisé dans la capitale, comme le veut la tradition électorale, des scores infiniment moindres que dans le reste du pays. Et, bien sûr, il n'a nullement confirmé ces quelques sondages ineptes qui, pendant la campagne, l'avaient vu dépasser les 10% des voix, voire lui avaient promis de devenir le troisième parti de Paris. Mais tout de même, avec quelque 6% des suffrages, le FN a doublé son résultat parisien par rapport aux élections municipales de 2008 (3%).

Comme c'était prévisible, le parti de Marine Le Pen a réalisé ses meilleurs scores parisiens dans les arrondissements les moins aisés, ceux du Nord de la ville: le 18e (6,8%), le 19e (7,9%) et le 20e (7,5%). Mais il a aussi réussi à percer dans des arrondissements de classe moyenne (comme le 13e: 7,5%), ainsi que dans le Paris «bobo» (6,8% dans le 12e).

Et les quartiers les plus chics de la «Ville lumière» ont également, et pas marginalement, voté Le Pen. Ainsi, les listes FN ont recueilli 6% tant dans le 16e arrondissement que dans le 7e (celui de l'ex-ministre Rachida Dati).

19/03/2014

Une intrusion électorale

Un petit parti hétérodoxe, voire iconoclaste, qui se tape l'incruste dans les locaux d'un grand média de la place, pour une conférence de presse électorale. C'est la curiosité à laquelle on pourrait assister ce midi, à Paris. Du moins, si les vigiles de la radio Europe1 y consentent – ce qui, a priori, n'est pas gagné.

Le Parti pirate, en effet, a annoncé son intention d'investir le siège de cette station, situé dans les beaux quartiers: à deux pas du George V et des Champs-Elysées. Pour la petite formation, c'est une façon de réagir à l'occupation de ses panneaux électoraux par la radio privée. Ces derniers jours, en effet, Europe avait collé des affiches de pub en faveur de ses animateurs et émissions favoris, sur des panneaux officiels de campagne pourtant censés réservés aux affiches des candidats aux élections municipales de ces deux prochains dimanches.

Les flibustiers n'ont pas du tout apprécié ce «détournement d'espace d'expression démocratique, pour des fins publicitaires». Et espèrent que la justice sanctionnera un tel «manque de respect de la chose publique», révélateur d'un «mépris marqué pour le moment démocratique que sont les élections municipales». Et attendant, ce midi, ces pirates comptent rendre la pareille à la radio: «Puisque Europe1 s'est invité unilatéralement sur nos panneaux d'affichage, nous donnons rendez-vous à la presse dans les locaux d'Europe1 pour présenter les propositions de notre parti. Puisque Europe1 invoque l'humour et la transgression, nous partons vérifier sur place jusqu'à quel point ils savent rire. Nous ne doutons pas qu’Europe1 saura faire preuve d’ouverture et d’humour en nous accueillant dans ses locaux pour cette conférence de presse et en nous donnant accès à l’antenne».

Les auditeurs d'Europe 1 seront-ils informés en direct, par leur radio préférée, de cette action de protestation et tentative d'occupation la visant? Dans la négative, cela ferait un peu Corée du Nord. Ce qui serait piquant, venant d'un média qui est politiquement étiqueté très à droite.

18/03/2014

Un slogan, peu dans l'air du temps

Paris, Environnement, Santé, Transports, Personnalités, Kosciusko-Morizet«Un nouveau souffle» pour Paris. A en croire les myriades d'affiches qui viennent d'être placardées par les militants UMP dans notre onzième arrondissement, c'est ce que promet la candidate de la droite sarkozyste à la mairie, Nathalie Kosciusko-Morizet. Le slogan a de quoi faire sourire.

En effet, le hasard de la météo printanière vient d'infliger dix jours de pollution atmosphérique d'anthologie à la «Ville lumière». Ce qui a fameusement contrasté avec ce «nouveau souffle» vanté par ces affiches. D'autant que, tout en promettant de l'air frais, l'ex-ministre de l'Environnement a fait la fine bouche devant les mesures anti-pollution. Rien qu'un «cache-misère» électoraliste, selon elle.

Tout de même, on doute un peu que NKM, dans le très hypothétique cas de figure où elle devenait maire, pousserait son «nouveau souffle» promis jusqu'à prendre séance tenante des mesures contre les véhicules ou les carburants polluants. On n'a pas le souvenir que, quand elle était au gouvernement, elle bataillait contre le diesel.

Sinon, a-t-il été précisé hier, la gratuité des transports publics parisiens (en vigueur ces derniers jours, dans le cadre des mesures anti-pollution) a coûté 4 millions d'euros par jour aux sociétés de transports. Dont 2,5 millions à la seule RATP. Ces sociétés, dès lors, comptent sur «un geste» de l'Etat, pour compenser ce manque à gagner.

Paris, Environnement, Santé, Transports, Personnalités, Kosciusko-MorizetDu coup, c'est le contribuable qui risque bien, au bout du compte, de devoir payer. A moins que ce soit l'usager lui-même, à la prochaine hausse des tarifs. Au moment de passer à la caisse, ils pourront utilement se souvenir que la RATP a vu son bénéfice net bondir de 14,3% ( à plus de 300 millions d'euros), l'an dernier.

12/03/2014

Un gadget, dérisoire

Elections municipales, Personnalités, Hidalgo, TechnologiesEn marge des «affaires d'Etat» qui plongent la classe politico-médiatique dans l'effervescence, la campagne pour les élections municipales de la fin du mois poursuit son petit train-train. Complètement décalée par rapport à ces agitations, et sans visiblement passionner les foules.

Aussi, les candidats tentent comme ils peuvent de capter l'attention de l'électeur moyen, au besoin avec des gadgets improbables.

Ainsi, cet «AnneStagram» () qu'Anne Hidalgo, la candidate socialiste à la mairie de Paris, vient de lancer. «Plus fort qu'Instagram, l'application AnneStagram est désormais disponible pour votre smartphone Android!», a exulté son équipe de campagne, très fière d'avoir trouvé cette forme «fun et décalée» de propagande politique. «La première application pour smartphone de la campagne permet de poser virtuellement en photo avec Anne Hidalgo, de personnaliser un message de soutien, ou de prendre ses amis en photo avec un bandeau de soutien. Ces messages peuvent ensuite être partagés sur les réseaux sociaux!» Et les sympathisants socialistes d'êtres houspillés: «Diffusez un maximum, pour mobiliser vos amis, votre famille, et vos followers!»

En découvrant cela, on a ressenti le même agacement que celui éprouvé dimanche soir, à l'écoute d'un passage de l'intervention de l'intéressée à une grande émission politique radio-télé. Parmi ses arguments, elle s'extasiait que la météo du jour ait été aussi radieuse, rappelait aux électeurs que c'était grâce aux socialistes qu'ils avaient pu profiter d'une journée de flâneries au soleil sur les voies sur berges débarrassées de leur trafic automobile, et mettait en garde contre, en cas de victoire de la droite, la remise en cause de cette «merveilleuse» invention.

En entendant cela, on s'est dit qu'on avait dû louper un épisode. Vu qu'on en était resté au fait que ce que le Parisien moyen trouverait «merveilleux», c'est surtout d'avoir un boulot, un logement pas trop cher, une ville propre et sûre, un air moins perpétuellement pollué, des places en crèche, des emplacements de stationnement, et des transports publics fonctionnant bien. Tout le reste (faire joujou avec le smartphone, se balader au soleil le long de la Seine, etc.) passe après, et n'est que très accessoire. Voire si dérisoire.

10/02/2014

Une page qui se tourne

Une page politique est en passe de se tourner, à Paris. Ce lundi, en effet, s'ouvre le dernier Conseil municipal de Paris qui sera présidé par le socialiste Bertrand Delanoë. Puisque celui qui est le maire de la capitale depuis 2001 a décidé de ne pas se représenter, aux élections municipales de mars.

«J'ai dirigé Paris pendant 13 ans, c'est lourd», a commenté l'intéressé, l'autre jour. Affichant l'air de celui qui n'est pas mécontent de tourner la page.

paris,personnalités,delanoë,elections municipalesSans doute le temps viendra, dans les deux mois, pour un bilan plus détaillé et argumenté de son action de maire.

Si néanmoins il faut l'esquisser d'emblée, en résumé, et de manière très impressionniste, on dira qu'on le trouve moyen. Passable. Mais guère plus, finalement.

Côté pile? Contrairement à son cliché de «belle endormie» (par rapport à d'autres capitales censées plus dynamiques, comme Londres, etc.), Paris est une ville qui bouge bien: en matière d'activités culturelles, de loisirs, de création, d'animation, de convivialité ou de proximité. Pas mal de bonnes choses ont été faites, depuis 2001, dans les domaines de l'urbanisme, de l'aménagement, du patrimoine ou des déplacements. Et la mairie s'est vraiment activée pour atténuer (à défaut d'avoir encore réussi à les régler) quelques gros problèmes structurels, tels le manque de logements à prix accessible ou la pénurie de places en crèches. Côté face, la pauvreté est encore plus visible dans le Paris de 2014 qu'elle l'était déjà dans le Paris de 2001. La ville est toujours aussi chroniquement polluée et embouteillée. La propreté ne s'y est pas spectaculairement améliorée. La sécurité quotidienne reste un sujet controversé. Et, globalement, la dualité s'est aggravée. Pour le formuler autrement: un art de vivre exquis, oui, demeure à Paris, mais, pour y avoir accès, il faut, plus que jamais, être nanti. Ceux qui ne le sont pas continuent donc à galérer. Avec, peut-être, la (maigre) consolation de le faire dans une ville qui, sans doute, reste l'une des plus belles du monde.

C'est peu dire, donc, que la prochaine équipe au pouvoir aura du pain sur la planche.

20/01/2014

Un très faible intérêt

A propos des élections municipales du mois de mars, qu'on évoquait dans la dernière note, on peut noter le désintérêt d'une bonne part de l'électorat français. Ainsi, dans le dernier sondage relatif à ce sujet, seuls 55% des Français déclarent être intéressés par ce scrutin. A comparer avec les 62% de sondés qui, deux mois avant les élections municipales de 2008, avaient dit leur intérêt. Six ans plus tard, à la même époque, l'institut de sondages TNS Sofres enregistre même «le plus faible résultat sur cette question», depuis que a, en 1983, il pris l'habitude de la poser, à l'approche d'un tel scrutin.

Parmi les 45% de sondés désintéressés (+7, par rapport à 2008), figurent, comme c'est souvent le cas, beaucoup de jeunes (28%) et d'ouvriers (37%).

17/01/2014

Un sujet doublement sensible

Paris, Tourisme, International, Sports, Personnalités, Elections municipales, Hidalgo, Kosciusko-MorizetVif agacement à la mairie de Paris, hier. A la constatation du grand écho donné par les médias à une note de l'office du tourisme britannique, publiée le matin même par «Le Figaro». Elle indique que Londres pourrait bientôt détrôner Paris, au rang de ville la plus visitée au monde, par les touristes. Une allégation que la mairie a nuancée, hier soir: dans un communiqué un peu énervé.

Enervé, parce que ce sujet est doublement sensible, ici.

D'abord, pour une raison psychologique. La capitale française n'a jamais digéré l'affront d'avoir été battue, et sèchement, par son homologue britannique, pour l'attribution des derniers JO. Or, ce sont précisément ces Jeux, et l'afflux de visiteurs qu'ils occasionnèrent à Londres, qui pourraient permettre à cette ville de battre Paris, en termes de fréquentation touristique. Cela retourne donc, et douloureusement, le couteau dans une plaie jamais cicatrisée.

Sensible aussi, parce que le sujet a clairement une dimension politique. Dans le sens où ce nouvel épisode dans la vieille guerre Londres-Paris survient dans un contexte politique parisien bien particulier: celui de la campagne, musclée, en vue des élections municipales de mars.

Paris, Tourisme, International, Sports, Personnalités, Elections municipales, Hidalgo, Kosciusko-MorizetHier, dans les couloirs de la mairie, on n'a cessé de pester contre Nathalie Kosciusko-Morizet. La candidate de la droite à la mairie est accusée d'avoir, avec la complicité du très sarkozyste «Figaro», été à l'origine de ce buzz médiatique. Qui, en boucle et pendant toute la journée, a tapé sur le clou des points faibles touristiques de la «Ville lumière», face à Londres: magasins ouvrant peu le dimanche, ville «bonnet de nuit» avec ses bars fermant à 2 heures du matin, insécurité, saleté, etc. Or, ce sont autant de thèmes de campagne de NKM, et d'arguments qu'elle utilise pour descendre en flammes le bilan de la municipalité sortante.

Mais sa rivale socialiste, Anne Hidalgo, n'a pas tardé à réagir. Ce matin, son équipe de campagne a frontalement accusé NKM d'avoir minablement basculé dans un «Paris bashing» déloyal et très peu patriote, motivé par de basses considérations électoralistes.

Cela promet, pour le ton du reste de cette campagne, dans la capitale. Pendant les 64 jours qui séparent encore du premier tour.

06/01/2014

Une récupération, misérable

Début d'année, à Paris. Et semaine pénible, puisque placée sous le signe de la douleur. Ces prochains jours, en effet, auront lieu les obsèques du jeune Antoine. Qui, la nuit du 31 décembre, dans le quartier du Trocadéro, fut tué d'un coup de couteau en pleine poitrine – alors qu'il tentait de récupérer le sac qui venait d'être dérobé à une de ses amies. Le jeune homme n'était âgé que de 20 ans. Originaire de Massy, dans l'Essonne (banlieue parisienne), il était venu dans la capitale avec un groupe de copains, pour y célébrer le Nouvel An. Il n'en est donc jamais revenu.

Fin de la semaine dernière, le Front national – surfant sur l'émoi qu'a suscité ce meurtre dans les milieux identitaires, sur les réseaux sociaux de cette mouvance, etc. – a organisé une cérémonie d'hommage au jeune homme. Le candidat de ce parti pour les prochaines élections municipales à Paris a déposé une gerbe à l'endroit où il avait été poignardé à mort. Pour la formation de Marine Le Pen, ce «jeune héros» est le symbole d'«une génération qui est née et a grandi avec une insécurité de tous les moments».

La propre famille du jeune Vincent a refusé de participer à cette cérémonie. Son père y a vu une «récupération politique» par le FN. Et il s'est clairement démarqué des lépénistes: «Je ne suis pas du tout dans ce genre d'idées, et il ne faut pas se servir de ce drame pour raviver la flamme de cette idéologie». Aux frontistes qui, bien sûr, pointent du doigt les jeunes basanés des banlieues comme étant les responsables de cette mort, le père du jeune homme a eu ces mots: «Vincent avait des amis de toutes les confessions, donc on ne va pas mettre sa mort sur le dos des uns ou des autres». Mais le FN a fait la sourde oreille et a maintenu sa manifestation, estimant de son «devoir d’honorer Antoine».

Décidément tout est bon, pour tenter de grappiller quelques voix supplémentaires aux élections.

05/12/2013

Un satisfecit, et sa conséquence

Neuf Parisiens sur dix aiment leur ville, à en croire un sondage publié ce jeudi. Pour 56% des habitants interrogés, vivre à Paris leur semble même «une évidence»: ils ne pourraient «pas vivre ailleurs».

Certes, fidèles à leur réputation/leur caricature, les Parisiens râlent beaucoup. Et principalement contre la circulation et les problèmes de stationnement, contre l'exiguïté et le coût des logements, et contre la pollution de l'air ambiant. Ils s'inquiètent aussi de la montée du nombre de cambriolages. Mais ils sont enchantés de l’offre et des équipements culturels, de l'abondance et de la variété des commerces, et de l'animation régnant en ville. De même, les projets d'extension et de déclinaison de Vélib', le développement du tramway, ou l'énorme chantier de réaménagement des Halles: tous ces projets de la municipalité trouvent majoritairement grâce aux yeux des sondés.

Assez logiquement, dès lors qu'ils apprécient leur cadre de vie et ses perspectives d'évolution, les Parisiens ont «plutôt une bonne opinion» de la majorité sortante. 45% des sondés voient d'un bon oeil Anne Hidalgo: bras droit du maire socialiste, Bertrand Delanoë, et qui ambitionne de lui succéder. Le score de sa rivale de droite, l'ex-ministre sarkozyste Nathalie Kosciusko-Morizet, est moindre (41% de bonnes opinions).

Cela dit, cet écart 45%-41% n'est tout de même pas énorme. Et, vu la si laborieuse campagne électorale que mène NKM, ces 41% constituent plutôt une bonne surprise, pour elle. Dès lors, serait-on Anne Hidalgo qu'on ne dormirait pas sur nos deux oreilles.

Verdict de ces élections municipales en mars prochain.

04/10/2013

Un défi pas insurmontable

Elections municipales, Paris, PersonnalitésUn Belmondo candidat aux prochaines élections municipales. Et, en plus, sur les listes du Front national.

Ce fut la sensation «people» de la semaine, dans la capitale. Elle a été annoncée hier par le parti lepéniste, qui, décidément, après le coming out de l'humoriste-imitateur Jean Roucas, l'autre jour (relire ici), semble avoir décidé de recruter des personnalités, pour ce scrutin à venir.

Un Belmondo jeune, mais évidemment pas «Bébel» lui-même. Ce candidat FN se prénomme Jean-François et non Jean-Paul. C'est un neveu du comédien: le fils du producteur Alain Belmondo, frère de l'acteur. Dans la vie, il est pharmacien. Et, aux municipales de mars prochain, il figurera donc sur les listes du Front national, plus précisément dans le troisième arrondissement de Paris (le Haut Marais, en gros).

Le candidat réussira-t-il, rien que par son patronyme connu, à récolter des voix d'électeurs perdus? On verra. En même temps, la barre n'est pas fixée très haut, et le défi ne lui est donc pas insurmontable, pour engranger un meilleur résultat. Dans ce quartier très bobo de Paris, en effet, aux élections municipales de 2008, le Front national avait récolté très exactement... 258 voix. Sur 12.000 votants. Soit un très maigre 2,15%.

Jean-François Belmondo pourra donc difficilement faire plus mal.

24/09/2013

Un homme comme les autres

Paris, Personnalités, Elections municipales, Femmes, Kosciuko-Morizet, HidalgoFinalement, c'est la déclinaison à l'envers, et appliquée à la politique, du mémorable titre de ce vieux film français «L'homme est une femme comme les autres» (avec Antoine de Caunes, Elsa Zylberstein, etc.)

C'est ce qu'a conclu ce matin, en mode doux-amer, entre déception et ironie, le journaliste Guillaume Durand. L'animateur de la tranche matinale de «Radio Classique» parlait du duel féminin en cours à Paris, en vue des élections municipales de mars prochain – qu'on évoquait hier, dans ce blog. En substance, cela donnait ceci: «A droite, on caricature Anne Hidalgo en doublure amoindrie (du maire sortant, Bertrand Delanoë). A gauche, on réduit Nathalie Kosciuko-Morizet à une Marie-Antoinette ambitieuse. En fait, ce duel de femmes dont on nous promettait monts et merveilles, il ne vole pas beaucoup plus haut que si cela avait été un duel d'hommes». En politique, la femme est un homme comme les autres.

C'est aussi cela, l'égalité hommes-femmes. Les deux genres au même niveau. Ni plus, ni moins. Donc ni moins, bien sûr. Mais ni forcément plus. Car, outre qu'elles sont femmes, Anne Hidalgo et Nathalie Kosciuko-Morizet sont surtout des professionnelles de la politique. Et donc, à ce titre, elles reproduisent tous les codes de ce métier, y compris, parfois, les moins glorieux: attaques ad hominem (si l'on ose dire), petites phrases ne volant pas très haut, etc.

Du reste, si l'on peut se permettre, exiger l'exemplarité totale de deux femmes pour la seule raison de leur appartenance à ce genre, cela paraît pour le moins sexiste, non?